Date A Live:Tome 5 Chapitre 2

From Baka-Tsuki
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Chapitre 2: Filles du Cyclone[edit]

Partie 1[edit]

« Un voyage scolaire ? Aah, j’en ai entendu parler. C’est à Okinawa, non ? »

Itsuka Kotori se trouvait alors sur le pont du vaisseau volant, <Fraxinus>, elle faisait rouler le bâtonnet de sa Chupa Chups dans sa bouche tout en répondant au rapport de sa subordonnée.

C’était une fille aux longs cheveux attachés en couettes par le biais de rubans noirs, un veston cramoisi était posé sur ses épaules. Ses yeux étaient ronds tel des glands et ses traits de visage étaient encore enfantins. Quoi qu’il en soit, elle avait l’allure d’une jeune fille qui n’avait pas sa place sur le pont d’un tel vaisseau.

« … Non, la destination initiale a été changée à la hâte. La nouvelle est, à présent, l’île d’Arubi. »

La femme qui portait un uniforme militaire et qui avait des cernes sous les yeux, Murasame Reine, poursuivit sur ces mots tout en balançant sa tête, comme si elle était ivre.

« Un changement ? En ce moment ? Pourquoi ? »

« … Aah. Il y a un mois, une compagnie touristique du nom de Cross Travel a contacté les autorités de l’école. Il semblerait que, dans le cadre de leur campagne promotionnelle, ils choisissent une école au hasard et leur donnent des invitations pour cette île. La compagnie a imposé une seule condition : celle qu’elle prenne des photos pour faire des brochures. Apparemment, tous les frais seront pris en charge par elle. »

« Ha… ils sont bien généreux, n’est-ce pas… ? Mais, aussi bonnes les conditions puissent-elles paraître, il n’y a pas de problèmes pour eux de changer si tard la destination ? La question des logements avait déjà été décidée, non ? »

« … Il semblerait que l’auberge que l’école avait réservée se soit effondrée et qu’elle soit, à présent, inutilisable. A cause de ça, lorsqu’ils ont eu la nouvelle proposition, les autorités de l’école ont immédiatement sauté dessus. »

« Effondrement ? »

Ce n’était pas une discussion paisible. Kotori sourcillait suspicieusement.

« … Aah. Bien que je n’en connaisse pas tous les détails, j’ai bien peur que la raison ne soit l’usure. »

« Fuun… Eh bien, je pense quand même que le timing est trop parfait… Y’a-t-il vraiment un problème si l’école donne son accord ? Pourquoi est-ce que tu n’y participerais pas et relâcherais un peu de stress également ? »

Kotori leva légèrement les épaules tout en prononçant ces mots.

Murasame Reine était un officier analyste de l’organisation <Ratatoskr> et, en même temps, elle était le vice-professeur principal de la classe 4 des 2èmes années au lycée Raizen. Il était bien prévu qu’elle accompagne la classe, au cours de ce voyage scolaire, en tant que professeur.

Mais, Reine baissa soudainement la tête et grommela avec un visage complexe.

« Quel est le problème ? »

« … Non, je réfléchis peut-être trop, mais la compagnie de voyage Cross Travel… en cherchant ses origines, il semblerait qu’elle soit affiliée à la société DEM. »

« Qu’est-ce que tu viens de dire ? »

Lorsqu’elle entendit ce nom, le visage de Kotori se déforma de manière suspicieuse.

La société DEUS EX MACHINA… il s’agissait du leader mondial dont le siège social se situait aux Royaumes Unis. Si on enlevait de l’équation Asgard Electronics, qui est la maison-mère de <Ratatoskr>, DEM était la seule compagnie au monde capable de produire des Realizer.

Les principes de cette organisation s’opposent à ceux de Kotori et de l’unité <Ratatoskr>, ces derniers préfèrent employer la manière douce pour sceller les Esprits.

Ce qui voulait dire que DEM élimine les Esprits.

« … D’une certaine façon, ça semble suspect. »

Kotori dressa bien droit le bâtonnet de sa Chupa Chups alors qu’un pli se dessina entre ses sourcils.

Parmi les nombreuses personnes du lycée Raizen prenant part à la sortie scolaire, il y avait également Shidou et Tohka. Ils n’étaient sûrement pas prêts pour le pire des scénarios.

« Bien que ce puisse être simplement une coïncidence, je vais rajouter le <Fraxinus> au programme du voyage scolaire, juste au cas où. Il se tiendra prêt à intervenir au cas où une crise surgirait. Au mieux, ce ne sera probablement que des vacances nécessaires. »

« … Hmm, c’est vrai. Ce serait bien. Si le moindre problème arrive, je vous contacterai sur place. Ce serait bien si vous restiez en attente jusque-là. »

« Il dure combien de jours déjà le voyage scolaire ? »

« … A partir du 17 juillet, il durera 3 jours et 2 nuits. »

« Geh. Vraiment ? Ce jour-là, je vais au quartier général. Ça tombe plutôt mal. »

Lorsque Kotori plaça sa main sur son menton, démontrant par là qu’elle était préoccupée, *Zan*, derrière elle, des sons de pas se firent entendre et un homme aux cheveux longs arriva.

C’était le vice-commandant du <Fraxinus>, Kannazuki Kyouhei. Il arborait un sourire frais et levait son pouce. Ses dents totalement blanches brillaient.

« J’abandonne. Qu’est-ce que tu me conseillerais de faire ? »

Mais Kotori ne le regarda pas et poursuivit sur ces mots.

« … Fumu, ne pouvons-nous pas simplement changer le planning ? »

« C’est probablement impossible. Les membres de la Table Ronde ne se réunissent qu’une seule fois par an. »

Sur ces mots, Kannazuki, qui se trouvait derrière elle, s’avança d’un pas et Kotori crut entendre des sons dramatiques tel un *BOOOOOOM* ou encore un *Dodododo* venant de son dos.

« … Vraiment ? Si tel est le cas... »

« Oui, il n’y a aucun autre choix que de déléguer ça à quelqu’un d’autre à bord. Si possible j’aurais aimé te laisser ça à toi, mais… »

« … Je vais être sur le terrain. Ça n’aurait pas de sens si l’agent de contact n’était pas sur zone. »

« Tu as raison. Je me demande s’il y aurait quelqu’un d’autre ? »

Lorsqu’elle soupira tout en grommelant ces mots, *Spin**spin*, Kannazuki surgit en dansant devant elles. Et, tel un cygne, il écarta ses bras dans une attitude élégante…

« Tu es pénible. »

« Ces yeux sont des rayons à particules ?! »

Kotori referma ses paupières et il fut frappé sur place ; il s’écroula après avoir exécuté un saut périlleux arrière.

« Qu’est-ce qui cloche chez toi à nous tourner autour de façon aléatoire ? Si tu tentes de développer une nouvelle danse, pourquoi est-ce que tu ne le ferais pas ailleurs ? »

« Non, non, non, qu’est-ce que tu dis ? De ce que j’ai entendu de la conversation, tu cherches un remplaçant pour s’occuper du <Fraxinus> pendant le voyage scolaire de Shidou. »

Immédiatement, il écarta ses bras et poursuivit :

« C’est une lourde responsabilité. Y a-t-il un autre humain plus disposé que moi pour ça ? Non, il n’y en a pas ! Ta réponse ?! »

« Donc, puisqu’il en est ainsi, comme prévu, ce sera plutôt Mikimoto ou Kawagoe. »

« … Je me pose des questions. Même s’ils sont d’excellents membres d’équipage, je me demande s’ils sont capables d’assumer le commandement. »

« Tu joues à m’ignorer ?! C’est quelque chose du genre, n’est-ce pas ? »

Puis, elles l’ignorèrent et poursuivirent leur conversation. Kannazuki commença à expirer avec des *haaa* * haaa* particulièrement exagérés. Comme on pouvait s’y attendre, Kotori claqua sa langue, puis elle le tourna fixement son regard vers lui.

« … La dernière fois que je suis partie, j’ai entendu dire que tu avais causé des problèmes ? »

« Ah, c’est bon ! La dernière fois, l’amour du Commandant m’avait transformé, moi, l’être abjecte que je suis ! Oink ! Je vous montrerai, je dévoilerai certainement une nouvelle page de la jeunesse de Shidou-kun! »

« … Reine. »

« … Eh bien, je serais également sur place, de toute manière. Ça se passera sûrement bien. »

Pour se débarrasser du sentiment d’incertitude en elle, Kotori soupira.

Partie 2[edit]

Lundi, 17 juillet. Après 3 heures à être secoué à l’intérieur d’un avion, Shidou et les autres étudiants de la classe de 2ème année du lycée Raizen avaient survolé l’Océan Pacifique et étaient arrivés sur l’île en question.

« O, ooh… ! »

Tohka, qui venait de sortir de l’aéroport, secouait légèrement ses deux mains tout en écarquillant des yeux pleins d’interrogations.

C’était inéluctable. En effet, à l’instant-même, une scène spectaculaire se déployait dans son champ de vision et elle ne pouvait la percevoir dans son intégralité, à moins de bouger sa tête de droite à gauche.

L’océan se déployait le long du sable et le long de la route, alors que l’horizon traçait une ligne séparant le ciel et la terre. Le ciel était dégagé.

Le soleil brillait avec magnificence et colorait l’océan d’un splendide dégradé.

« C, C’est donc… l’océan ?! »

S’écria-t-elle tout en essayant de mesurer l’étendue de sa taille à l’aide de ses bras grands ouverts.

Mais, bien sûr, l’océan n’était pas petit au point de tenir dans ces derniers. De plus, dans son état d’excitation, ses épaules tremblèrent un peu et son corps s’infléchit.

« Haha… tu es pleine d’énergie, huh. »

En parlant de ça, Tohka n’avait probablement jamais vraiment vu l’océan auparavant. Shidou afficha un sourire narquois et leva ses épaules face à l’attitude exagérément excitée de Tohka.

L’île d’Arubi est située entre l’île de Izu et celle de Osagawara ; sa surface totale est plus ou moins de 70 km².

A cause des déchirures spatiales répétées depuis ces 30 dernières années, la partie nord-est de l’île avait été dévastée. Lors des récentes années, l’île avait été réaménagée pour en faire un nouveau site touristique. En un sens, ce lieu avait une histoire similaire à celle de la ville de Tenguu où Shidou et les autres habitaient.

Toutes les villes, que ce soient celles plus récemment bâties au nord de l’île, ou les autres dans les zones redéveloppées, étaient équipées de mesures anti-déchirures. La beauté et la rareté de la plage avaient été magnifiquement sculptées par les déchirures spatiales. Qui plus est, le Japon était déjà à la base un lieu à forte attraction touristique.

Il aurait été évidemment effronté que de penser aux victimes ayant perdu leurs vies à cause de ces déchirures spatiales… Mais, sur cette île en constant dépeuplement, il n’était pas exagéré de dire que les déchirures spatiales ont contribué à la création d’un puissant attrait touristique.

« Unn… »

Contrairement à Tohka, Shidou manquait de la sensibilité de ressentir quoi que ce soit face à ce superbe spectacle. Il contempla le paysage et prit une profonde inspiration tout en étirant son corps.

Et, contre toute attente, il bailla.

« Fua…aa. »

Probablement à cause de l’heure prématurée d’embarquement, ses paupières étaient étonnamment lourdes. Même pendant le vol, il avait été à deux doigts de s’endormir.

Néanmoins…

Shidou secoua ses bras, toujours sans aucune excitation, et, tout en expirant, il regarda Tohka et Origami, qui quittaient toutes deux l’entrée de l’aéroport.

Par chance ou malchance, les places à l’intérieur de l’avion étaient par lignes de 3 sièges, Shidou s’était donc retrouvé pile au milieu, entre Tohka et Origami…

« Shidou regarde ! La vue était belle. »

« Shidou ! De ce côté, la vue est très belle aussi… achk ! La fenêtre est loin ?! Tobiichi Origami, tu m’as bien eue ! »

« C’est de ta faute de ne pas avoir effectué de réservation pour la place. »

« Gununu… »

« Shidou. Regarde, on peut voir l’horizon. »

« Kuh…, Shi-Shidou ! De ce côté-là aussi, err… Ça ! C’est incroyable ! L’allée de l’avion est tellement bien ! Sa beauté ne peut pas être comparée à celle de l’horizon ! »

« Regarde. Tu peux voir les montagnes au loin. Viens plus près. »

« Unuu… Par ici aussi… ! Shidou, regarde ! Il y a des montagnes géantes sur le torse de Reine ! »

« Nous venons de passer par-dessus les nuages. Regarde la mer de nuages. Elle ressemble à un tapis. »

« De… de ce côté…errr… Uh, ugahhh ! »

… A cause du boucan produit par les voix en stéréo, il n’aurait pu dormir, même s’il l’avait voulu.

« Nu… ? »

Soudainement, Tohka, qui faisait tout un chahut, laissa échapper ce son étrange et regarda avec attention autour d’elle.

« ? Qu’est-ce qui ne va pas, Tohka ? »

« … Non, j’ai senti comme quelque chose ou quelqu’un me regarder. »

« Eh ? »

Et, alors que Shidou penchait sa tête, *Clic* *Clac*, ces sons se firent entendre et un flash les engloba.

« Wah ! »

A cause de la surprise, il se couvrit involontairement le visage avec ses mains. Lorsqu’il regarda dans la direction d’où provenait la lumière, tout en plissant les yeux, il vit une femme se tenant en position avec un gros appareil photo.

C’était une femme aux cheveux blonds platine flottant aux vents ; ce qu’on devait appeler une blonde nordique.

Elle avait des traits de visage qui étaient clairement différents des asiatiques et la pâleur de sa peau était caractéristique.

« Errr… Qu’est-ce qu’il y a ? »

Lorsque Shidou lui posa cette question d’un air perplexe, la fille baissa son appareil photo et porta son regard sur lui.

« Veuillez m’excuser. Je m’appelle Ellen Mathers, une assistante photographe désignée et engagée par Cross Travels. A partir d’aujourd’hui et pendant 3 jours, je vais m’appliquer à prendre les photos souvenirs de tout le monde… Je m’excuse pour la photo surprise. Permettez-moi de m’excuser d’avoir heurté votre sensibilité. »

« Aah, non, c’est pas ça. »

En parlant de cela, il se rappela avoir entendu qu’un photographe serait envoyé pour prendre des clichés du voyage. Mais de là à penser qu’il s’agirait d’une étrangère… et, qui plus est, une fille qui paraissait avoir un âge similaire au leur.

« Désolé de vous avoir pris de votre temps. Bon, bon… »

Et, après avoir regardé Shidou et Tohka avec un air de curiosité, Ellen s’inclina une fois de plus et s’en alla vers quelqu’un d’autre.

« Qu’est-ce qu’il y a de mal avec ça ? »

Tout en croisant ses bras, Tohka pencha sa tête de manière interrogative.

« Je me le demande également… mais, tu avais raison à propos de ton impression que quelqu’un t’observait. »

« Mu, umu. »

Elle s’exclama de la sorte tout en regardant à gauche et à droite, puis elle finit par lever la tête et regarder le ciel.

« … Malgré tout, j’ai encore l’impression que quelqu’un me regarde. »

« Eh ? »

Il sourcilla face à ces mots et dirigea ses yeux vers l’endroit où Tohka regardait… mais, il n’y avait qu’un ciel bleu et rafraichissant qui semblait souhaiter la bienvenue à Shidou et au groupe.

Partie 3[edit]

« Des communications reçues en provenance de l’Adeptus 1. La cible est arrivée sur l’île. »

« Cible confirmée, caméra numéro 6, bâtiment nord de l’aéroport Akaru. »

« Nous confirmons sa présence ici. Il s’agit bien de <Princesse>. »

Les voix provenant du pont inférieur du vaisseau s’élevèrent ensemble et ne firent qu’une, alors que sur l’écran la silhouette d’une fille se dessina.

Il s’agissait de celle d’un Esprit de rang AAA, celle répondant au nom de code <Princesse>, une fille à l’allure et à l’apparence assez proche de son titre.

« Fumu… »

L’<Arbatel>, un vaisseau de 500 mètres appartenant aux Industries DEM.

Un homme d’âge moyen se tenait dans le siège du capitaine ; il hochait légèrement de la tête tout en caressant la barbe naissante de son menton.

Il s’agissait de James A. Paddington, un colonel de la seconde branche exécutive des Industries DEM, mais également le capitaine de l’<Arbatel>, désigné par Westcott en personne.

« C’est une déception contre toute attente. Il s’agit réellement d’un Esprit ? »

« … Faites attention à ne pas baisser votre garde. »

Comme pour répondre à sa question, la voix d’une jeune fille se fit entendre à travers les communicateurs du vaisseau.

C’était la voix de l’Adeptus 1, le second officier de DEM qui se trouvait directement sur le terrain, la dénommée Ellen.

« Elle pourrait être un Esprit. C’est une raison suffisante pour être en niveau d’alerte 1. »

Sur l’écran de droite, l’image de Ellen était affichée, c’était bien elle qui avait prononcé ces mots, mais elle y avait répondu en levant ses épaules.

« Je vais garder ça à l’esprit. »

Probablement peu convaincue de la réponse de Paddington, Ellen leva légèrement ses sourcils.

« … tsk. »

Il claqua sa langue, suffisamment bas pour qu’Ellen ne put l’entendre.

Il s’en fichait qu’elle fût ou non la plus puissante des magiciennes, ou quoi que ce soit du genre, mais recevoir des ordres d’une fille n’était pas du tout à son goût ; d’autant plus que leur différence d’âge était proche de celle d’un père et de son enfant. Qui plus est, il y avait des rumeurs affirmant qu’elle était la maîtresse de Westcott.

Paddington n’était pas incompétent au point de ne pas comprendre la position et la situation. Il avait prévu de ne pas être enfantin et de ne pas utiliser de paroles laissant mauvaise impression sans raison. Après avoir éclairci sa gorge, il répondit à la fille sur l’écran.

« Qu’allons-nous donc faire ? C’est pas grave qu’il s’agisse d’un Esprit, puisqu’on parle de l’équipe <Bandersnatch>, ils ne devraient pas avoir de problème à maîtriser une fille seule, n’est-ce pas ? »

« C’est pas aussi simple que ça. Allons-y prudemment. Avant toute chose, éteins la transmission radio. »

« Roger. Procédez à un démarrage parallèle du <Ashcroft Beta> sur les machines numéros 25 à 40 et activez le Territory Permanent. La cible est… l’île d’Arubi tout entière. »

Faisant réponse à la voix de Paddington, l’équipage agita rapidement ses mains et exécuta les ordres.

Sur l’image de l’ile de Arubi, qui était affichée à l’écran, on put voir se modéliser un fin dôme aux motifs informatisés autour de l’île.

Il ne pouvait pas être détecté à l’œil nu ; il ne pouvait même pas l’être par le toucher, c’était un mur invisible, un Territory en somme.

A l’instant-même, l’<Arbatel> stationnait à 20000 mètres dans le ciel au-dessus de l’île d’Arubi.

Là, il activa le Realizer <Ashcroft-Beta>, installé sur le vaisseau, et un Territory, dont l’échelle ne pouvait même pas être comparée à celle des membres de l’AST, s’érigea tout autour de l’île.

Ce qui voulait dire que les transmissions de l’extérieur ou de l’intérieur de l’île ne pouvaient plus passer et qu’uniquement les appareils préparés par Ellen et son groupe fonctionnaient. Une fois cela fait… peu importe ce qui se passerait sur l’île, l’AST ne mettrait pas ses pieds dans l’affaire.

« … Et, en parlant de cela, qu’en est-il de cette Magicienne particulière ? »

Paddington posa cette question tout en caressant son menton. En effet, il s’avérait qu’au sein de la même classe que la cible, la rumeur disait qu’une Magicienne de l’AST s’y trouverait. Bon, il semblait également qu’à cause de son actuel statut d’assignation à domicile elle ait été interdite d’utiliser son Realizer, elle n’était donc pas une menace pour eux, mais… le problème était bien plus que la dite Magicienne avait précédemment rencontré Ellen.

« Ça ne devrait pas poser de problème puisque nous ne nous sommes rencontrées que quelques secondes et que cette fois-là, je portais des lunettes de soleil. Elle ne semblait pas avoir réalisé que… »

Ses paroles furent interrompues en plein milieu de sa phrase. Lorsque Paddington regarda sur l’écran, il lui sembla que le visage d’Ellen était couvert par un vent soudain.

« Tout va bien, Mademoiselle l’Officier en chef ? »

« Oui. Néanmoins… c’est un peu étrange. »

Après qu’elle ait formulé cette phrase, elle fixa le ciel.

En même temps, l’image affichée sur le grand écran du pont commença à changer.

Involontairement, Paddington sourcilla.

La raison en était simple : à une allure qui était normalement impensable…

…le ciel, les nuages, comme s’ils étaient remués par une main invisible, tout cela commença à leur tourner autour.

« Aahh, euh, nous avons été laissé en arrière par les autres. Allez, dépêche-toi, Tohka. »

Shidou pressa le pas tout en se retournant, puis il projeta sa voix en direction de Tohka, qui secouait toujours sa tête.

« Mu… Désolée mais j’ai vraiment eu l’impression que quelqu’un me regardait. »

Tout en trottant, Tohka avait prononcé ces mots en guise d’excuse. Shidou soupira comme s’il jetait l’éponge.

« C’est évident que tu as dû être regardée après avoir fait tout ce remue-ménage. »

« Muuu, est-ce que quelque chose comme ça… »

Tohka prononça ces mots en grommelant, puis se tut.

« Errr… si je me souviens bien, ça devrait être comme par-là ? »

Il essaya de se remémorer dans sa tête la carte qu’il avait vu juste avant son départ et prit à gauche à l’intersection. Si je me souviens bien, le musée que nous sommes censés visiter en premier devrait être par-là. Et, à cet instant-là, il toucha son oreille droite pour confirmer la présence de l’appareil miniature dont il était équipé.

On lui avait demandé de le porter, juste au cas où l’humeur de Tohka chuterait pendant le voyage.

Il semblerait que Kotori ait dit qu’elle devait se rendre au Quartier Général et qu’elle ne pouvait pas être là aujourd’hui, mais le <Fraxinus> flotterait, pour sa part, au-dessus de l’île. Dans le pire des scénarios, ils s’en sortiraient quand même si Shidou devait les contacter avec son communicateur.

« Nu… ? »

Lorsque Shidou entendit la voix hésitante de Tohka juste derrière lui, il s’arrêta de marcher.

Quand il se retourna, Tohka regardait à nouveau le ciel.

« Oi, arrête de jouer dans les alentours. Peu importe combien de fois tu le regardes… »

« Non, c’est différent. Est-ce que tu ne sens pas quelque chose d’étrange ? »

« Huh… ? »

Il répondit tout en levant ses yeux au ciel… Shidou en perdit ses mots.

« Qu, qu’est-ce que c’est que… ça ? »

Dans le ciel, qui était clair et dégagé un instant avant, il y avait des nuages gris qui commençaient à tourner tout autour.

Progressivement, à une vitesse hallucinante, les environs changèrent complètement.

Le ciel dégagé se remplissait de nuages sombres. Le vent calme devint une tempête. La surface de l’eau plane se transforma en grandes vagues.

Il ne se passa probablement qu’une seule minute, pour être précis.

Durant ce laps de temps, le monde autour de Shidou et les autres avait drastiquement changé.

Le bruit du vent grondant au sol pouvait être entendu tout autour d’eux. Les arbres qui avaient poussés dans le secteur s’entrechoquèrent dans un bruit de *Fruu* *Fruu*. La tempête pouvait être classée en tant qu’ouragan de grande échelle. Une poubelle avait probablement roulé dans les alentours, parce que des journaux et des cannettes vides se trouvaient dans son champ de vue.

Shidou attrapa immédiatement l’épaule de Tohka et la jeta à terre. S’il ne l’avait pas fait, ils auraient été emportés par le vent.

« Qu’est-ce que c’est… que ce bordel… ?! »

Il sourcilla tout en protégeant son visage avec son bras.

Selon le bulletin météo, le temps devait être dégagé pendant toute la durée du voyage scolaire. Bien sûr, Shidou ne l’avait pas pris en tant que prédiction fiable à 100%, mais quoi qu’on en dise, la situation était étrange.

« Tohka, est-ce que tu vas bien ?! C’est dangereux, allons rapidement au musée… »

« Shidou ! Regarde là-haut ! »

Et, en plein pendant leur conversation, Tohka projeta Shidou.

« Que… »

L’instant d’après, une poubelle métallique fonça droit sur eux et frappa de plein fouet la tête de Tohka.

« Gyapfuu ?! »

Elle poussa un tel cri comique avant de tomber au sol.

« Eh, eh, Tohka ! Tohka ! »

Il cria sous l’effet de la panique et secoua les épaules de Tohka, mais les yeux de cette dernière étaient totalement retournés.

« Kuh… Je n’ai pas d’autres choix. »

Shidou, malgré son état de fatigue, parvint, d’une manière ou d’un autre, à porter Tohka sur son dos et marcha en direction du musée.

Lentement, mais sûrement, il s’avança pas à pas.

« Nous y sommes presque, Tohka… ! »

… et, il se demanda combien de temps s’était écoulé depuis qu’il avait commencé à marcher.

« Ah… ? »

Shidou, involontairement, sourcilla.

Au cœur de ces nuages furieux…

… Juste là, il y avait vu 2 formes humaines.

« C’est… »

A la vue de formes humaines volant dans le ciel, il n’y avait que de 2 possibilités qui s’imposèrent dans l’esprit de Shidou : il s’agissait soit d’Esprits, soit de magiciennes de l’AST.

« Ne me dis pas… »

Une mauvaise impression s’imposa en lui.

C’était comme l’explosion d’un énorme orage normalement impensable en des circonstances normales. Si à tout hasard, il s’agissait de quelque chose déclenché par le pouvoir d’un Esprit alors…

« Non, mais… l’alarme de Déchirure Spatiale n’a pas encore retenti. Alors, qu’est-ce que… »

Après qu’il se soit lui-même submergé de pensées pendant un laps de temps, il reprit sa marche dans la direction qu’il avait décidé auparavant.

Si par chance, la silhouette humaine appartenait réellement à un Esprit alors il ne pouvait pas la laisser toute seule. Mais ce n’était pas comme s’il avait la moindre preuve de ses dires et la chose la plus importante pour le moment était de mettre Tohka en lieu sûr, tout comme il l’avait décidé au début. Il remit correctement en place Tohka, toujours évanouie, sur son dos avant de se diriger vers le musée.

Mais...

« … ! »

Shidou haleta. En cet instant, les ombres qui s’étaient entrechoquées l’une l’autre à maintes reprises dans le ciel, produisirent deux grands chocs notables qui en se heurtant dégagèrent un vent extrêmement violent, incomparables aux précédents, qui souffla sur lui.

« U, Uwah… ! »

Pour éviter d’être emporté, il se tint fermement et adopta une position incurvée.

Et ainsi, les deux ombres, qui se battaient dans les airs, furent soufflées et tombèrent chacune au sol.

… L’une et l’autre se retrouvèrent exactement à gauche et à droite de Shidou.

« Que… »

Des gouttes de sueur perlèrent sur le front de Shidou. La nervosité contracta son cœur jusqu’à son extrême limite et sa gorge devint rapidement sèche.

A ce moment-là, le grand orage qui frappait violemment la zone s’affaiblit.

« Eh… ? »

Involontairement, il sourcilla et regarda autour de lui.

La tempête se calma… Cela dit, c’était une remarque significativement fausse, des vents forts continuaient de souffler sur l’île d’Arubi.

Seul les alentours de Shidou et de Tohka étaient… non… ce serait plus juste de dire que seuls les environs des deux ombres tombées au sol étaient dans une sorte de condition de calme sans vent, comme dans l’œil de la tempête.

« Kukuku… »

A sa droite, la fille aux longs cheveux tressés s’avança avec un sourire sans peur.

Elle semblait avoir le même âge que Shidou et les autres. Elle avait des cheveux de couleur orange et les iris de ses yeux étaient de la couleur du mercure. A l’instant, sur la surface de ce visage à la structure bien faite se dessina un sourire méprisant.

Sa caractéristique la plus remarquable, c’était les vêtements qu’elle portait : elle avait un manteau de couleur sombre et diverses parties de son corps étaient nouées par des sortes de ceintures. En plus de tout cela, des verrous étaient disposés sur son cou, sa main droite et sa jambe droite, comme s’ils avaient été tout juste arrachés à des chaînes. Elle ressemblait à une criminelle ayant commis un crime incroyable… Ou alors, ça avait l’air d’un grotesque costume masochiste.

« … On dirait que tu peux mener un bon combat après tout, Yuzuru. Ou devrais-je dire, comme on pouvait s’y attendre de la part de mon autre moitié. C’était prévisible venant de quelqu’un qui a un score de 25 victoires, 25 défaites et 49 matches nuls avec moi. Mais… ça va prendre fin aujourd’hui. »

De là à dire que c’était exagéré, ou alors un peu trop dramatique… en tout cas, c’était une fille qui utilisait des mots étranges.

Et, cette fois, répondant à ces paroles, l’autre ombre s’avança depuis le côté gauche.

« Objection. Celui qui dirige le compte de ces 100 batailles n’appartient pas à Kaguya mais à Yuzuru. »

C’était une fille qui avait ses cheveux tressés en 3. Bien qu’elle ait le même visage que la fille dénommée Kaguya, son expression arborait des yeux mi-clos qui lui donnait en quelque sorte un air apathique.

Cette fille, qui avait été appelée Yuzuru, portait le même costume étrange, elle avait les mêmes vêtements restrictifs que Kaguya.

Mais, les verrous étaient positionnés sur son cou, sa main gauche et sa jambe gauche. Ils étaient sur la côté opposé par rapport à cette dernière.

« Fu, tu bavardes beaucoup. Que dirais-tu d’abandonner et d’admettre que je suis l’Esprit le plus apte à devenir la vraie Yamai. »

« Refus. Celle qui vivra sera Yuzuru. Kaguya n’est pas adaptée à porter le nom de Yamai. »

« Fuu… quel affrontement inutile. Mon œil magique capable de voir l’avenir a déjà aperçu ce qui se passerait depuis un bon moment. Dans la prochaine attaque, j’ai eu une vision de ton corps transpercé par ma Sturm Lanze ! »

« Remarque. Il n’y a aucun exemple de prédiction avérée de l’œil magique de Kaguya. »

Lorsque Yuzuru prononça ces mots, Kaguya hésita et s’écria comme si elle avait oublié l’état exagéré quand lequel elle se trouvait à l’instant :

« Tais, tais-toi ! Mes prédictions se sont déjà vérifiées auparavant ! Ne te moque pas de moi ! »

« Revendication. Yuzuru demande l’exposition d’un exemple spécifique de la déclaration de Kaguya. »

« Kuku… c’est à propos de ça. Regarde… J’ai prédit le temps du lendemain, n’est-ce pas ? »

« Ricanement. Les résultats de ton œil magique ne sont pas si différents du mauvais côté d’un geta[1]. Rire ridicule (Rire) Yuzuru ne peut réprimer ses ricanements. »

Yuzuru plaça ses mains devant sa bouche… *Fusu*, et laissa échapper un halètement. Il semblait qu’elle était en train de rire.

« Si, silence ! Je te condamne à mort pour avoir ridiculisé ma technique de l’œil démoniaque ! J’aurais ton corps en guise de dédommagement pour m’avoir mis en copère ! »

Il semblait que c’était plutôt insultant aux yeux de Kaguya. Elle avait pris la pose tout en criant ces mots, mais, puisqu’elle avait raté la prononciation de la fin de la phrase, elle n’avait eu aucun effet cool.

Néanmoins, Yuzuru ne se laissa pas importuner et poursuivit en posant une question :

« Question. Yuzuru exige une autre explication concernant la Sturm Lanze de Kaguya ? »

« Fu… dans ma Sturm Lanze, il n’y a pas de notion lié par une logique existante. C’est tangible et intangible. C’est visible et invisible. Mais son pouvoir et son concept général est d’être spécialisée dans le fait de transpercer. »

« Résumé. Ce qui veut dire qu’elle n’a pas vraiment de raison spéciale pour le faire. »

« F, faux ! Il y a une raison ! Yuzuru, tu es une idiote pour ne pas l’avoir compris ! »

« Interrogation. Alors fournit une explication qui permette à Yuzuru de comprendre. Ça devrait être possible pour le génie qu’est Kaguya. »

« C’est… sou, soudain. Mais ne sois pas triste du fait que les cellules noires de mon cerveau accèdent à un niveau de compréhension que tu ne pourras jamais atteindre. Oui, c’est comme dire qu’un lion ne puisse expliquer ses intentions à une fourmi… »

« Compris. Ce que tu es en train de dire c’est que tu ne peux pas le faire. »

« Kuku, tu… ferais mieux de ne pas me mettre en colère. »

« Ricane. Sturm Lanze (Rire). »

« Ne, ne rigole paaaas ! »

Le visage complètement rouge, Kaguya cria et, immédiatement, elle écarta ses mains. Les chaînes reliées à son cou et à sa main droite tintèrent avec un son de *clank**clank* et les vents violents aux alentours devinrent encore plus forts.

Cette fois, Yuzuru aussi se mit en position comme si elle s’apprêtait à répondre à la provocation.

Puis, toutes les deux croisèrent leurs regards sans pour autant baisser leur garde.

« Sombre dans les ténèbres ! Haaa ! »

« Charge. Eiyaaa… »

Mêlant à la fois un cri d’esprit combattif et une voix plate, toutes les deux frappèrent le sol exactement en même moment.

« Kuh… »

Shidou haleta. A cette distance, ils étaient probablement sans défense s’ils étaient pris au sein d’un affrontement entre deux Esprits. Même s’il était probablement capable de régénérer ses blessures grâce au mana qu’il prenait à Kotori, il n’était pas difficile d’imaginer ce qui arriverait à Tohka qui venait de perdre conscience.

Même s’il s’était pressé, les deux se rapprochaient dans son champ visuel à une vitesse fulgurante.

Il n’y avait pas le temps de nonchalamment penser à quoi que ce soit. Shidou prit une bonne et grosse inspiration. Puis…

« STOOOOOOPPPPPP. »

« … !? »

A cause du cri de Shidou, les deux filles se figèrent sur place.

« Qu’est-ce que c’était que cette voix à l’instant… ahh, oui, c’est quelque chose de semblable à la plainte d’un mort remontant à travers le Cocytus[2] … »

« Rapport. Kaguya, s’il te plait, regarde ça. »

Yuzuru désigna Shidou et Kaguya leva ses sourcils. Il semblait qu’elles n’avaient vraiment pas pris conscience de Shidou et de Tohka jusqu’à ce moment-là.

« Un humain… tu dis ? Impossible. Que quelqu’un puisse mettre le pied dans notre champ de bataille, qui es-tu ? »

« Admiration. Yuzuru ne peut réprimer sa surprise. »

Sur ces mots, elle avait porté son regard suspicieux sur Shidou.

« Ah, non… »

Shidou devint nerveux et recula d’un pas.

Néanmoins, il avait réussi à arrêter le combat entre les deux, mais en retour il avait attiré leur attention.

Il avala sa salive tout en étant scruté par 2 paires d’yeux acerbes.

Bien qu’il n’ait eu d’autre choix, c’était une action irréfléchie. En effet, il avait volontairement attiré l’attention de ces Esprits (qui plus est, elle était deux) alors qu’il n’avait aucune idée de ce que pouvait bien être leurs personnalités et leurs caractères. S’il s’avérait qu’elles étaient des Esprits amoureux de la guerre, alors la situation venait de prendre une tournure incroyablement mauvaise.

A ce moment-là, une sorte de bruit statique frappa son oreille droite et, ensuite, il put entendre une voix endormie s’élever.

« … Shin, est-ce que tu m’entends ? Shin ? »

« Reine-san ! »

« … Aah, il semblerait que nous soyons enfin connectés. Où es-tu à l’instant ? »

« C’est, c’est… »

Shidou baissa la voix tout en expliquant la situation en des termes simples… il lui expliqua qu’il y avait actuellement 2 Esprits en face de lui.

« … Qu’est-ce que tu viens de dire ? A l’intérieur de la tempête il y a… Ne me dis pas… »

« Je…Est-ce que tu sais quelque chose à propos de… ? »

Et, comme pour interrompre la conversation entre Shidou et Reine, Kaguya, qui lui jetait un regard virulent, prit la parole :

« … Toi, pour être entré et avoir interféré dans notre duel sacré, quels sont tes intentions ? Sur la base de ta réponse, je vais…errrr, utiliser Schatten Lanze et te perforer. »

« Remarque. Le nom est différent d’auparavant. »

« Qu…quoi qu’il en soit ! Yuzuru, toi, tu restes tranquille ! »

« Question. Yuzuru ne comprend pas pourquoi elle devrait rester tranquille. »

Lorsque Yuzuru prononça ces mots avec un visage rafraichissant, *Growl*, ce son similaire à celui d’un prédateur… sortit de la gorge de Kaguya.

Il y avait beaucoup de choses qui préoccupaient Shidou, mais il ressassait le mot inconvenant qui l’avait perturbé le plus :

« Du, duel… ? »

Demanda-t-il alors que le regard de Kaguya devint acerbe.

« C’est correct. Comment oses-tu interrompre le duel sacré qui déterminera de notre destinée ? Qu’est-ce que tu comptes faire pour assumer la responsabilité de tout ça ? »

« Retenue. Kaguya, c’est une menace si tu le dis de cette façon-là. »

« Tais-toi ! Et en plus, cette fois, je pensais que ça se passerait bien… »

« Confirmation. As-tu dis quelque chose ? »

« R, rien ! »

Kaguya expira avec un *Fuun* et détourna son regard de Yuzuru.

« Quoi qu’il en soit, si ça continue je ne pourrais pas stabiliser mon esprit. Qu’est-ce que je vais faire avec ce… »

Mais, comme si Kaguya venait de penser à quelque bonne idée, elle ouvrit grand ses yeux.

« Aah ! Je vois ! Si c’est comme ça alors… »

Elle fit face à Yuzuru, une nouvelle fois, et, comme si elle l’évaluait, elle la scruta de la tête au pied.

« Question. Qu’est-ce qu’il y a, Kaguya ? »

« Kuku… J’ai pensé à une bonne méthode, Yuzuru. Nous avons eu plusieurs types de batailles et nous en sommes au point où je ne pourrais plus penser à aucuns autres évènements pour nous départager. »

Comme si elle s’exhibait dans un opéra, Kaguya entreprit des gestes exagérés alors qu’elle poursuivit :

« Mais… ne penses-tu pas que nous avons besoin d’un match de plus pour déterminer à qui la victoire appartiendra ? »

« Question. Quel est ce match qui déterminera à qui appartiendra la victoire ? »

Yuzuru pencha la tête et Kaguya poussa un gloussement, *kukuku*, avant de regarder Shidou.

« Heh… ? »

Se demandant pourquoi… Shidou sentit une sensation plutôt glaciale provenir de ce regard-là.

Partie 4[edit]

Alors qu’il marchait, un vent violent souffla soudainement et, en instant, il s’accrut et se changea en une tempête.

Puisque les choses avaient pris cette tournure, ils n’avaient plus le loisir de se promener nonchalamment. Tous les étudiants de 2ème année du lycée Raizen suivirent les instructions de leur professeur et ils évacuèrent jusqu’au musée, le lieu le plus proche de l’aéroport…

« Shidou… »

Face à la puissante tempête, qui faisait grincer les vitres épaisses des fenêtres, Origami serrait ses poings tout en clamant ce nom.

Shidou (ainsi qu’un scarabée au sol) ne figurait pas dans la liste des étudiants qui avaient évacués à l’intérieur du bâtiment. Ils avaient été séparés sur le chemin et, visiblement, ils avaient été laissés en retrait.

Naturellement, elle avait essayé de se précipiter dehors pour le rechercher mais, à la dernière minute, elle avait été arrêtée par les professeurs.

Non… en fait, si elle était partie dehors, elle n’aurait probablement pas pu se déplacer au sein de cette tempête.

« Kuh… »

A l’instant, la seule chose que Origami pouvait faire c’était de prier pour la sécurité de Shidou. La sensation d’être impuissante se transforma en impatience et s’agita en elle.

« … Oi, d’une certaine manière, est-ce que le ciel ne paraît pas s’être éclairci, maintenant ? »

Un étudiant, qui se trouvait proche d’une fenêtre, avait formulé ces mots de manière inattendue. Les étudiants motivés se réunirent à la fenêtre et commencèrent à regarder dehors.

Origami leva la tête comme si elle avait été frappée par cette voix, elle zigzagua à travers la foule d’étudiants et courut vers l’entrée du musée.

« Ah… ! To, Tobiichi-san ! C’est toujours dangereux dehors ! »

Origami ignora la mise en garde de Tamae et ouvrit la porte. Lorsqu’elle fut sur le point de… sortir…

« … ? »

Contre toute attente, Origami s’arrêta.

En face du musée se trouvait la silhouette de la personne qu’elle voulait rechercher.

« O, ou… Origami. »

Shidou, réalisant probablement que Origami se tenait devant lui, avait pris la parole. Probablement à cause du vent, ses cheveux et ses vêtements étaient en désordre, mais, par chance, il n’était aucunement blessé.

Origami, au lieu d’être rassurée, sourcilla et aiguisa son regard.

L’apparence de Shidou était étrange…c’était comme si d’étranges options[3]le suivaient.

La première de ces choses était Tohka que Shidou portait sur son dos. Il semblait qu’elle avait perdu conscience.

Bon, tout était en ordre… Non, en fait, ce n’était pas bon du tout, mais ce n’était pas le genre de situation où Origami pouvait vraiment prédire pour quelle raison.

Le problème était…

« Qu’est-ce qu’il en est, Shidou ? Plutôt que cette Yuzuru, j’ai bien plus de charmes, n’est-ce pas ? Si tu venais à me choisir, je ne verrais aucun problème à te laisser porter le baiser du contrat sur chaque partie de mon corps. »

« Séduction. S’il te plait, choisis plutôt Yuzuru. Je ferais quelque chose de bien pour toi. C’est une chose vraiment incroyable. Kaguya ne la connait même pas. »

Il avait, à sa droite et à sa gauche, deux filles avec le même visage et portaient un uniforme. Pour diverses raisons, elles touchaient ultra-familièrement le corps de Shidou et elles essayaient de le séduire de manière exagérée.

Lorsque Shidou se sentit désespéré, son corps était ciblé par les regards des autres étudiants, il se souvint de l’incident qui était survenu il y a 10 minutes environ.

A l’intérieur de la zone couverte par la tempête, ce que Kaguya avait formulé avec un sourire intrépide… c’était justement à propos de ce genre de choses.


« … La chose que nous devons encore déterminer, c’est qui est le vainqueur. Il va sans dire que… [Charme] ! »

Kaguya déclara tout haut ces faits tout en prenant soudainement une pose cool.

« Yamai, le vrai Esprit et l’enfant des tempêtes, ne doit pas seulement avoir du pouvoir et de l’intelligence, mais aussi suffisamment de charisme et de beauté pour rendre le créateur de l’univers jaloux, ne penses-tu pas que c’est nécessaire ? »

« Réflexion… »

Après quelques secondes où elle garda le silence, Yuzuru porta également son regard sur Kaguya. Elle la regarda lentement de la tête au pied, comme si elle l’évaluait.

Et, après avoir fait ceci, *Fumu*, elle acquiesça.

« Réponse. Je vois, c’est ce que je répondrais. C’est sûr que nous ne nous sommes pas encore affrontées sur ce domaine-là. »

« Kuku… N’est-ce pas ? C’est tout simplement normal. Le nombre de gens qui ont réussi à se frayer un chemin dans notre conflit est inexistant… c’est parce qu’il n’est pas censé y avoir une troisième personne à laquelle confier la décision du conflit… mais, c’était jusqu’à maintenant. »

Tout en lâchant un petit gloussement, *Point*, Kaguya pointa du doigt Shidou.

« … Toi, quel est ton nom ? »

« Eh ? I-Itsuka… Shidou. »

« Shidou. Fumu. Un frêle nom désigné pour le sacrifice. Donc, très bien ! A partir de maintenant, tu seras chargé du rôle de juge. »

« Huh… ? Eh, non… »

Ne pouvant pas saisir la teneur de ce qu’elle avait dit, ses yeux devinrent des sortes de points.

Mais de son côté, Kaguyae ne perçut pas la volonté de Shidou de cette manière. Elle leva son menton comme pour rire et poursuivit sur un ton provocateur :

« Qu’est-ce que tu en dis, Yuzuru ? Auras-tu le courage d’accepter ce duel ? Kuku, eh bien, je peux déjà entrevoir qui sera le vainqueur. S’il s’agit d’utiliser mes charmes, je serais capable de soumettre le créateur de l’univers. Si tu prenais tes jambes à ton cou, maintenant, tu ne recevrais pas la calomnie d’être traitée de lâche. »

« Négatif. Ce genre de chose est impossible. Il n’y a aucune raison pour laquelle Kaguya gagnerait. Yuzuru a toujours été la plus charmante des deux. Tous les hommes tomberaient facilement à ses pieds. »

« Kuku, seul ton entrain est correct. »

« Déclaration. Yuzuru est la plus mignonne. Honnêtement, la valeur de Kaguya n’est que la partie supérieure de son corps. »

« Que… QUE CE QUE TU RACONTES, SALOOOOPE ?! »

A ce moment-là, Kaguya avait abandonné son air de victoire dans un coin de sa mémoire et s’était écriée sur un ton vraiment menaçant.

Cela dit en passant, bien que Shidou avait sa propre opinion sur la question, Kaguya était vraiment belle. Si sa valeur ne se résumait qu’à la partie supérieure de son corps, alors ça voulait dire que les femmes de ce monde était contrainte à entamer une lutte vraiment terrible.

« Ton visage n’est-il pas le même que le mien ?! Pourquoi nos évaluations sont différentes ?! »

« Pitié. Les caractéristiques faciales ne sont pas suffisantes pour déterminer le charme d’une personne. Même si les matériaux sont les mêmes, l’aura découlant de chacune de nous est très différente. Mais, ne t’inquiètes pas. Dans le monde des moches, tu as un niveau très élevé. »

« Quel monde des moches ?! Est-ce que ton attitude n’est pas la plus horrible des choses pour dire ça ? En plus sur un ton si calme ?! »

« Reconsidération. J’ai oublié que la réalité ne devient pas nécessairement concrète pour la personne concernée. »

« C’EST PAS VRAAAAAAAAAIII ! »

Alors que Kaguya était sur le point de se gratter la tête de manière désordonnée, elle se rappela de la présence de Shidou. Immédiatement, elle leva ses épaules et *Kohon* toussota.

« Qu, quoi qu’il en soit ! Si tu es capable de parler autant alors je n’ai pas d’objections ! »

Kaguya pointa son doigt en direction de Yuzuru.

« … C’est notre dernier duel ! Celle qui le gagne absorbera l’autre et deviendra la véritable Yamai ! Les règles pour ce match sont simples et claires ! Cet homme… Shidou… la première qui le fera tomber sous son charme aura gagné ! »

« Accord… je l’accepte volontiers. »

« Att… ATTENDS UNE MINUUUTE ! »


…Et sur ce, revenons au présent…

Shidou avait consulté Reine à ce sujet, puisqu’il était dangereux de franchement refuser leur demande. C’était devenu le prétexte pour les amener avec lui au musée, mais… les regards en provenance de ses camarades de classe faisaient mal, comme on aurait pu s’y attendre.

« I, Itsuka-kun ? Qui sont ces filles à ta gauche et à ta droite ? Je ne les ai jamais vues auparavant… »

« Eh ? Draguer des filles locales et les cosplayer ? Itsuka, es-tu allé te promener avec ces filles en uniformes à tes bras ? »

« J’ai pensé à un bon job, Itsuka. Marcher à travers l’école avec un panneau où il serait écrit : ‘1 minute 1000 yens, Frappez ce que vous vous voulez.’ Nous serons rapidement assez riches pour bâtir une maison. »

*Blabla* *Blabla* *Blabla*. Les étudiants étaient en plein vacarme. C’était sûrement normal, c’était à cause du prétendument disparu, Shidou, qui revenait avec deux filles inconnues collées à lui.

A ce propos, suivant les instructions de Reine, il avait fait en sorte que les deux enlèvent leurs Tenues Astrales et qu’elles portent chacune un uniforme d’été du lycée Raizen. Tout comme cette fois-là avec Tohka, elles les avaient créés à sa demande sur la base d’informations visuelles.

Malgré tout il était dans une situation critique, mais s’il leur avait laissé leurs Tenues Astrales, qui ressemblaient à des tenues d’emprisonnement, elles auraient probablement engendrées un malentendu et il aurait été classé comme ayant un fétichisme spécial.

Origami, qui se tenait devant tous les étudiants de la classe, après avoir examiné Kaguya et Yuzuru, demanda :

« Shidou, qui sont-elles ? »

« Errr, à ce propos… »

Tout en évitant son regard, Shidou avait laissé échapper ces paroles maladroites. Il pouvait timidement admettre qu’il avait des sueurs froides flottant près de son visage.

A ce moment-là, comme pour prendre le contrôle du brouhaha, une voix endormie s’éleva de derrière la foule :

« … Aah, je vous attendais. Ce sont les étudiantes transférées Yamai Kaguya et Yamai Yuzuru… n’est-ce pas ? »

Le vice-professeur principal du groupe 4 des deuxièmes années, Murasame Reine, se tenait-là en remuant sa tête.

« Des étudiantes transférées ? »

Lorsque Origami posa cette question, Reine consentit avec un : « Aah ! ».

« … A la base, elles devaient être transférées à la fin des vacances, mais… puisqu’elles voulaient assister au voyage scolaire, il a été prévu qu’elles nous rejoignent sur place. Je les ai contactées lorsque nous sommes arrivés à l’aéroport, à l’instant, du coup j’ai envoyé Shidou les chercher. »

En entendant les explications de Reine, Tamae, qui se tenait derrière, porta un regard ahuri et interrogateur.

« Eh ? Des étudiantes transférées ? Murasame-sensei, je n’en ai pas entendu parler du tout… »

« … Puisque ça s’est fait sur un court délai, ils n’ont probablement dû pas avoir le temps de vous contacter à ce sujet. »

« Ha, haaa… »

Tout en affichant un visage perplexe, Tamae se retira. Un tel visage n’était pas si étrange puisque Reine, le vice-professeur principal, avait été informée de ce transfert à la place du professeur principal lui-même.

Après que Origami ait porté sur Reine un regard dubitatif, elle reporta son attention sur Shidou.

« Vraiment ? »

« C, c’est vrai… »

Avait-il répondu avec une voix nerveuse. Comme pour s’accorder avec ça, Kaguya et Yuzuru, qui étaient plantées de chaque côté de Shidou, acquiescèrent.

« Kuku… c’est tout à fait vrai. Humains, prenez-ça comme un privilège d’accueillir la fille de la tempête que je suis. »

« Affirmatif. Il n’y a aucune mésentente quant à ce qu’elle dit. »

Juste au cas où, aussi longtemps qu’elles seraient avec lui, sous la condition qu’il serve de juge à leur duel, il leur avait demandé d’accorder leurs discours aussi souvent que possible.

« … »

Origami était toujours dans un état où d’incompréhension face à cette situation, mais, puisque les deux professeurs et les personnes concernées approuvaient, elle décida probablement qu’il était inutile de dire quoi que ce soit.

Une fois de plus, Origami affûta son regard et dit :

« … du coup, pourquoi vous êtes toutes les deux collées à Shidou ? »

« Aah, c'est-à-dire. »

« Réponse. C’est-à-dire. »

« E, écoute ! Puisque c’était un vent violent, elles ont fait ça pour ne pas être emportées ! »

Shidou avait élevé sa voix comme pour couvrir les réponses de Kaguya et de Yuzuru face à la question de Origami.

Si elles venaient actuellement à dire quelque chose qui manquerait de tact, la fausse information, qu’elles déclameraient avec grande difficulté, perdrait tout son sens. Pour faire en sorte que cette réponse fonctionne correctement, il poursuivit :

« Au, au lieu de parler de tout ça, Sensei, Tohka a été frappée à la tête par une poubelle volante et elle est actuellement dans les pommes. Y a-t-il un endroit où je pourrais la laisser dormir ? »

« … Ooh, je vois, c’est un gros problème. Viens par là. Les étudiantes transférées également, il y a plusieurs points importants que je dois vous expliquer à toutes les deux. S’il vous plait, suivez-nous. »

Reine avait dit cela comme si elle avait lu un monologue et, pour leur dire de venir, elle leur fit signe d’approcher.

Shidou essuya les regards de tout le monde aux alentours alors qu’il suivait Reine vers le coin le plus reculé du musée.


Guidé par Reine, Shidou entra dans ce bureau situé dans la zone la plus lointaine du musée, il coucha Tohka sur le canapé, puis il leva le regard en direction du professeur.

« Je suis désolé que tu aies dû m’aider comme ça. »

« … Non, ne t’inquiète pas pour ça. Au lieu de ça… »

Reine regarda Shidou… Pour être précis, elle porta ses yeux sur les deux filles qui étaient accrochées à chacun de ses bras.

Elles s’étaient décrochées lorsqu’il avait posé Tohka, mais elles s’étaient collées à lui à nouveau.

Et, sans prendre réellement conscience du changement d’environnement autour d’elle, elles commencèrent à chuchoter à Shidou :

« Eh bien, Shidou. Tout ce que tu as à faire, c’est de me choisir. En jurant fidélité à cette Yamai Kaguya, ce corps et même ce cœur, tout cela te sera offert si tu me donnes ton vote. »

« Negatif. Rien de bon n’arrivera si tu choisis Kaguya. Absolument, tu dois donner un vote net à Yuzuru. »

Comme si elles n’avaient pas Reine et Tohka sous les yeux, toutes les deux soufflaient à l’oreille de Shidou. Et, à chaque fois, des sueurs froides s’écoulaient sur le visage de celui-ci et son corps tout entier en aurait frétillé.

« … Il semblerait que ce soit devenu quelque chose d’ennuyeux. »

« … Oui. »

Il avait répondu avec une voix lourde et avait acquiescé. Reine se gratta la joue.

« Kuku… c’est plutôt bénéfique pour toi, n’est-ce pas ? Pour un humain tel que toi, même si ce n’est que temporaire, tu reçois mon affection. Va et crie ta bonne fortune, il est nécessaire de pleurer. »

« Sceptique. S’il s’agit de Yuzuru, je peux comprendre, mais y a-t-il vraiment des gars qui seraient heureux de recevoir des avances de Kaguya ? »

« Fu, fun… C’est inutile, peu importe le nombre de fois où tu tenteras de me provoquer de la sorte. Tout cela sera très clair lorsque tu verras la conclusion du duel. Eh bien, Shidou, c’est bon, tu peux le dire. Yuzuru ou moi, laquelle de nous deux est la femme la plus charmante ? »

« Question. Yuzuru ou Kaguya la gâtée. Laquelle des deux est la plus mignonne ? »

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« Attends, qu’est-ce qu’il y a avec cet étrange sens de l’insulte !? »

« Ignorance. Plutôt que les pleurs enfantins de Kaguya, Yuzuru est la meilleure. »

« Est-ce que, d’une manière ou d’une autre, tu tentes de rendre ça pire ?! »

Tout en se querellant, elles se rapprochaient de plus en plus de Shidou. Afin d’essayer de les calmer toutes les deux, il agita ses mains, *MaaMaa*, et dit :

« Att, attendez un instant. Toutes les deux vous parlez de ‘duel et de duel’ depuis un moment à présent…pourquoi avez-vous commencé à vous battre d’abord ? »

« … Hmm ? Aah… »

Lorsqu’il avait prononcé ces mots, Kaguya avait dressé exagérément son menton.

« Je ne te l’ai pas dit... Toutes les deux, nous étions à l’origine un seul Esprit nommé Yamai. »

« Consentement. Néanmoins, à force de venir sur ces mondes à plusieurs reprises, Yamai a fini par se séparer en deux. »

« En deux… comment quelque chose comme ça… »

Il sourcilla tout en regardant chacune des deux alternativement. A part la différence de coiffure et d’expression faciale, elles étaient vraiment similaires. Elles l’étaient à tel point que plutôt que de les appeler jumelles, il aurait paru plus crédible de les appeler des clones.

« Pour, pourquoi est-ce que quelque chose comme ça est arrivé ? »

« La seule personne capable de le savoir est la déesse du destin qui siège dans les cieux. *Fuun*, cette déesse de mauvais caractère a décidé sûrement de nous tourmenter pour tromper son ennui et sa fatigue. A l’occasion, il y a des fois où elle utilise des dés aléatoires pour prendre des décisions et refuse de suivre la vérité et la raison. »

« Heh… ? »

« Résumé. Je ne suis pas vraiment sûre de ce que Kaguya a voulu dire. »

« Aah… Je vois. »

Lorsque Shidou hocha de la tête suite à l’explication de Yuzuru, la seule qu’il avait comprise, Kaguya éleva la voix peu satisfaite :

« Il n’y a pas de raison à tout ça. »

Pour retrouver son état normal, elle toussota, *Kohon*, et poursuivit les explications :

« C’est ainsi que nous avons été séparées en deux et que nous nous sommes retrouvées en face à face. Dans nos corps, nous en sommes venues à la révélation que notre mission et notre destinée était établie dans notre propre sang. Oui… nous avons saisis qu’il ne pouvait y avoir qu’un seul vrai Esprit Yamai ! »

« Explication. Nous avons compris que Yuzuru et Kaguya, qui ont été séparée en deux, redeviendraient éventuellement une seule. »

« J’ai compris… donc… »

« Complément. Nous l’avons fait, serait probablement la meilleure façon de le dire. Au moment où nous avons été séparées, Yuzuru et Kaguya, toutes les deux, nous avons compris ce qu’allait devenir nos corps. »

Après que Yuzuru ait pointé son doigt en direction de sa tête, elle poursuivit :

« Explication. Néanmoins, la Yamai originale a déjà perdu sa personnalité. Ce qui signifie que lorsque l’occasion adviendra, l’une ou l’autre deviendra la personnalité principale de Yamai. »

« Uh, c’est donc ça… le duel. »

Toutes les deux acquiescèrent en même temps. Une goutte de sueur suinta le long de sa joue alors qu’il prit la parole :

« En d’autres termes, cette tempête a été causée par votre combat… »

Suite à cette question, Kaguya croisa fièrement les bras.

« C’est en effet le cas… Notre compétition a duré un long moment. Actuellement, nous en sommes à 99 batailles. »

« 99 batailles… Vous avez combattu autant de fois que ça ?! »

« Correction. Même si nous les appelons batailles, ça ne signifie pas vraiment que nous nous sommes battues avec nos poings à chaque fois. Il y a eu beaucoup de types de confrontations au cours de nos duels : course, gendama, concours de nourriture, etc. »

« … »

D’une certaine façon, elles avaient eu des duels paisibles.

Non, si ces deux-là avaient eu un concours de course, des dommages collatéraux avaient dû survenir dans les alentours.

« Evidemment, le résultat est de 25 victoire, 25 défaites et 49 matchs nuls. Le vainqueur de ce 100ème duel est supposée devenir la véritable Yamai… du moins, c’est ce qui était prévu. »

Kaguya lui jeta une œillade et Shidou répondit par un bref : « Je vois. » Il semblait avoir interrompu leur très important duel final.

Mais, il n’avait pas eu d’autres choix, bien qu’on lui ait dit l’inverse. Si Shidou ne les avait pas arrêtées à ce moment-là, il n’avait aucune idée de ce qui serait arrivé à Tohka.

Shidou garda le silence, du coup Kaguya et Yuzuru entrelacèrent leurs bras autour de lui, une fois de plus.

« Fu… C’est bon, ne t’inquiètes pas pour tout ça. Je devrais te remercier, bien au contraire. Grâce à toi, nous sommes capables de finir un duel que nous n’avions pas fini auparavant. »

« Positive. C’est vrai que Yuzuru n’aime pas l’idée que notre combat final soit à mains nues car ces combats-là se finissent toujours par un match nul. Yuzuru n’a aucune objection pour que ce soit notre duel final. »

Sur ces mots, comme pour le séduire, toutes les deux continuèrent d’entrelacer leurs bras autour des siens.

« N, non, même si tu me dis quelque chose comme ça… »

Shidou sentit son visage devenir bouillant alors que, à la recherche d’aide, il envoya des regards à Reine.

Mais, la sollicitée, Reine, était assise sur une chaise où elle pianotait sur un petit terminal. Elle émit un *Fumu* difficile et grommela :

« … comme attendu, c’est inutile. »

« Qu, qu’est-ce qui est inutile ? »

Lorsque Shidou posa cette question, Reine eut un petit hochement de tête avant de tourner son visage vers lui.

« … Aah, les communications du <Fraxinus> ont été arrêtées. »

« Eh ? Pou, pourquoi à nouveau… »

« … la raison actuelle n’est pas identifiée. Je vais essayer d’enquêter un peu. »

Sur ces mots, Reine ferma le terminal et se leva.

Après avoir envoyé un regard paisible à Kaguya et Yuzuru, qui étaient toutes deux collées à Shidou, elle dit calmement :

« … Vous avez dit que vous êtes, Kaguya et Yuzuru, n’est-ce pas ? Chacune de vous essaye de séduire Shidou au cours d’un duel qui déterminera qui deviendra le véritable Esprit Yamai… il n’y a pas d’erreur, c’est bien ça ?»

Lorsque Reine prononça ces mots, Kaguya et Yuzuru tournèrent leurs yeux vers Reine pour la première fois depuis le début.

« Aah, c’est exactement ça. Je m’en fiche que vous visitiez, mais si vous tentez de nous faire obstacle alors je ne vais pas me retenir, vous savez ? »

« Question. Vous êtes ? »

« … Un professeur. »

Après qu’elle ait répondu avec un mensonge quelconque, elle se retourna.

« …Shin, prends soin de Tohka… Kaguya, Yuzuru, je voudrais avoir une petite discussion avec vous deux. S’il vous plait, suivez-moi. »

« Uh, Reine-san. »

« C’est dangereux », il projeta vers Reine un regard emplis de ce genre de signification. Même pour rire, c’est deux-là étaient des Esprits.

Néanmoins, Reine leva ses mains comme pour lui renvoyer un : « Pas besoin de s’inquiéter. »

« Kuku… Lorsque je pense à ce que vous venez de dire. Pourquoi est-ce que quelqu’un comme moi suivrait les ordres d’une simple humaine ? »

« Rejeté. Yuzuru veut rester avec Shidou. »

Toutes les deux refusèrent obstinément. Néanmoins, Reine haussa les épaules comme si c’était au-delà de ses attentes et parla comme pour le leur laisser penser :

« … Malgré son apparence, Shin est une tête de mule. En écoutant votre conversation, j’ai pensé que ce n’était pas à votre avantage à toutes les deux. »

« Quoi… ? »

« … A en juger par ses réactions, c’est clair, non ? A mes yeux, vous êtes toutes les deux charmantes et mignonnes. Mais, malgré tout, il n’a toujours pas choisi l’une de vous deux. »

« … »

Kaguya et Yuzuru la fixaient avec un air d’interrogation, puis elles se regardèrent l’une l’autre.

« … Qu’est-ce que vous allez faire maintenant ? De mon point de vue, je n’ai pas de préférence entre vous deux. »

Elle prononça ces mots et ouvrit la porte du bureau.

Toutes les deux se regardèrent, une fois de plus, et, à contrecœur, elle se séparèrent de Shidou et suivirent Reine.


Notes de traduction[edit]

  1. (下駄): Les geta sont les chaussures traditionelles au Japon. A présent, elles sont plus rares. Pour plus d’informations : http://fr.wikipedia.org/wiki/Geta_%28chausses%29
  2. Dans l’Enfer de Dante, c’est un lac gelé se trouvant dans la dernière strate de l’enfer, la strate réservée aux pires crimes.
  3. En anglais dans le texte original.