Date A Live:Tome 5 Chapitre 3

From Baka-Tsuki
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Chapitre 3: Double approche[edit]

Partie 1[edit]

Le temps passa et il était, à présent, 18h50.

Le soleil s’était couché et la chaleur et l’humidité, qui étaient oppressantes au cours de la journée, devinrent bien plus supportables. Comme pour se rajouter à tout ça, les sons des cigales, qui se firent entendre tout au long de l’après-midi, laissèrent place à ceux des criquets.

Plus tard, le groupe se rendit à l’hôtel, après avoir attendu que Tohka se réveille, et chacun porta ses bagages dans sa chambre respective. Ils finirent leurs dîners avant de pouvoir profiter de leur temps libre.

Oui… tous sauf Shidou.

« Haa… Pourquoi les choses doivent-elles finirent comme ça à nouveau… ? »

Shidou posa ses mains sur le mur du couloir de l’hôtel alors qu’il marchait exténué.

C’était normal puisque 2 Esprits non-scellés s’étaient montrés et qu’ils s’étaient englués tous les deux sur lui. Tout cela s’était terminé par une situation où personne n’avait eu besoin d’évacuer.

Kaguya et Yuzuru étaient toutes les deux devenues étonnamment obéissantes après avoir reçu quelques explications de la part de Reine, au musée. Mais… ce n’était pas assez pour faire disparaître son anxiété.

« Je dois, d’une manière ou d’une autre… faire quelque chose à ce propos. »

Il afficha un visage renfrogné tout en grommelant ces mots, puis il continua de traîner ses jambes.

A l’instant, Shidou faisait face à la chambre de Reine. Il s’y rendait afin d’avoir une discussion concernant leurs nouveaux objectifs. Lorsqu’il avait quitté le musée, elle lui avait demandé de venir la voir dans sa chambre.

Néanmoins, Shidou s’arrêta alors qu’il était sur le point d’atteindre le carrefour en T.

… Deux têtes émergèrent du coin de chaque côté de celui-ci et elles dirigeaient clairement leurs regards vers lui.

Immédiatement, il prit conscience de ces formes de vie. Après qu’il eut nerveusement avalé sa salive, il prit la parole :

« Que, qu’est-ce que vous faites, Kaguya, Yuzuru ? »

Sur ces mots, les deux s’avancèrent hors des zones d’ombres où elles se trouvaient.

« Kuku… pas mal de remarquer ma présence. Ou devrais-je dire, que je n’en attendais pas moins venant de toi ?»

« Remarque. C’est simplement que celle qui se cache est nulle. »

« … ! J, je ne veux pas m’entendre dire ça par toi, Yuzuru ! Je me cache mieux que toi ! »

« Objection. Il n’y a aucune raison que Kaguya se cache mieux que Yuzuru. »

… toutes les deux étaient, bien entendu, en plein dans le champ de vue de Shidou, il se retint de le leur dire.

« Du coup, toutes les deux, qu’est-ce que vous faisiez ? »

Lorsque Shidou posa cette question, elles se regardèrent l’une l’autre pendant un instant avant de porter leurs yeux sur lui.

« Fu… Laisse-moi te le dire. Tu devrais me suivre. »

« Garantie. Viens par-là, s’il te plait. »

De manière parfaitement simultanée, elles prirent respectivement un bras de Shidou.

« Qu, qu’est-ce qui se passe, vraiment ? »

Alors qu’il regardait à gauche et à droite avec un sentiment perplexe, il fut emporté… et, sous peu, ils arrivèrent tous les trois à un certain endroit.

Il y avait deux rideaux suspendus de chaque côté de l’entrée avec brodés dessus les kanjis « Homme » et « Femme ».

C’était les fameux bains en extérieur de l’hôtel.

« … Les bains ? »

Lorsque Shidou pencha sa tête, Kaguya acquiesça exagérément.

« Kuku… Les ténèbres impures se sont trop accumulées dans ton corps. Je te permets de les purifier. »

« Huh ? »

« Traduction. ‘S’il te plait, entre dans les bains et étanche ta sueur’, c’était ce qu’elle voulait dire. »

« Aah… c’était ce que ça voulait dire. Le moment des bains est un peu plus tard, non ? En plus, je n’ai pas encore préparé de vêtements de rechange ou de serviette. Et il y a un endroit où il faut que j’aille maintenant-même… »

Alors qu’il s’expliqua de la sorte et qu’il était sur le point de faire demi-tour, ses deux bras furent saisis encore plus fermement.

« Ouch ouch… pourquoi vous faites ça ? »

« Est-ce que tu penses être le genre de personne à avoir le choix ? Arrête de te plaindre à propos de choses triviales et purifie ces impuretés. »

« Charme. Avance, s’il te plait. Les préparatifs pour le bain sont achevés. »

Yuzuru baissa son regard en direction des serviettes de bain, de serviettes et d’un yukata[1] qui se trouvaient-là.

« Pou, pourquoi vous devez aller aussi loin… que diable avez-vous prévu ? »

« Fu… il est impossible que mes nobles et mystérieuses pensées puissent être comprises et saisies par une personne ordinaire. »

« Proposition. Un grand bain public avec personne dedans est une bonne chose. »

« … »

Après que Shidou ait alterné son regard dubitatif entre les deux, *Haaa* il soupira profondément.

Ce n’était pas comme si Reine avait fixé un planning spécifiquement strict et, en plus, il y avait une probabilité qu’elles deviennent violentes s’il venait à refuser leurs instructions.

« … J’ai compris. Du coup, je vais y aller en premier. »

« Kuku… aussi longtemps que tu as compris… »

« Prière. Yuzuru respecte la décision de Shidou. »

Bien qu’il n’avait aucun indice concernant les intentions ces deux-là, il était vrai qu’il voulait se baigner pour laver sa fatigue et sa sueur. Il prit les serviettes et tout ce qui avait été préparé, puis il entra dans le bain des hommes.

A cet instant, lorsqu’il regarda derrière lui, pour diverses raisons, les joues de Kaguya étaient rouges, comme si elle était un peu timide, et Yuzuru avait mis ses mains devant sa bouche.

Tout en se sentant perplexe concernant leurs attitudes, Shidou retira ses vêtements dans les vestiaires ; il prit une serviette dans une main et ouvrit la porte coulissante qui était embuée par la vapeur.

« Ooh… c’est surprenant. »

Ainsi, involontairement, il se prit d’admiration devant cette scène qui se déroulait devant ses yeux.

Le gigantesque bassin formé par les pierres était rempli avec une eau chaude légèrement brune alors qu’une mince vapeur s’en dégageait. En outre, la mer était juste un peu plus loin, le clapotis du bassin et le remous des vagues faisaient écho.

Puisque ce n’était pas encore l’heure du bain, il n’y avait personne d’autre que Shidou.

Je vois, ce doit être le meilleur emplacement au vue de ce qu’a dit Yuzuru.

Shidou se lava rapidement la tête et le corps, il posa sa serviette sur sa tête et plongea dans l’eau chaude.

« Aah… »

C’est ainsi qu’il poussa cette exclamation qui donnait l’air d’un vieillard. Tout en étendant ses bras et ses jambes, il allongea son corps tout entier dans l’eau légèrement chaude.

Et, à ce moment-là, *Roll*, ce son se fit entendre et la porte coulissante de la salle de bain s’ouvrit.

Il tourna son regard vers l’entrée en se demandant si quelqu’un entrait… il se raidit dans l’eau.

« Quo… »

C’était probablement une réaction normale. En effet, Kaguya et Yuzuru, qui devaient être actuellement dans le couloir, se tenaient-là à présent, avec une serviette autour de leur corps.

« Les, les filles, qu’est-ce que vous faiiiiiiites ! C’est le bain des hommes, vous savez ?! »

Incapable de se retenir, Shidou s’écria alors que toutes les deux plongèrent leurs pieds dans le bassin et s’avancèrent vers Shidou.

A cause de la vapeur, leurs serviettes de bain collaient à leur peau. Leurs silhouettes se dessinèrent distinctement. Involontairement, le visage de Shidou tourna au rouge, il plongea encore plus profondément dans l’eau.

Face à la réaction de Shidou, Kaguya croisa les bras tout en rougissant.

« Ku, kukuku… à, à ce sujet… Comme je te disais, tu n’as d’autres choix que ramper sous mon charme. »

Sur ces mots, Yuzuru se tint dans une position de confrontation face à Kaguya. *Fusu*, soupira-t-elle.

« Sneer. Charme (rire). C’est la première fois que Yuzuru entend dire que Kaguya possède quelque chose comme ça. »

« … Fuun, je vais immédiatement te faire pleurer. Ce faisant, Shidou, ci-présent, tombera sous mon charme ! »

« Défi accepté. Yuzuru va l’accepter. »

Après avoir dit ça, toutes deux plièrent lentement leurs jambes et entrèrent dans le bassin afin de se rapprocher de Shidou.

« … ?! »

A la base, entrer dans le bain en portant une serviette de bain était une violation des bonnes mœurs, mais, à l’instant, il ne pouvait pas vraiment leur reprocher quelque chose comme ça.

Le corps de Shidou se raidit nerveusement et, instinctivement, il ferma les yeux.

« Kuku… tu devrais te résoudre Shidou. Permets-moi de faire que tu ne sois satisfait que par moi. »

« Objection. Shidou deviendra la victime du corps de Yuzuru. »

« Qu, qu’est-ce que tu… »

Face à leurs mots, le corps de Shidou se raidit encore plus.

Je me demande quel genre de choses surprenantes, elles vont me faire.

Son esprit s’enfuit, victime d’une petite anticipation, d’une peur inconnue.

Néanmoins…

« … hmm ? »

Après un petit instant, rien ne se passa. Shidou ouvrit lentement ses yeux.

Toutes les deux se placèrent d’un côté et de l’autre de Shidou et croisèrent leurs regards comme si elles se provoquaient.

« Fu… Oh gentille Yuzuru, je te permets d’y aller en première. »

« Objection. C’est inutile. C’est plutôt Kaguya qui a besoin d’un handicap. Je vais au moins te laisser le droit de débuter. »

« Kaka, tu es quelqu’un qui ne comprends pas. Les yeux de Shidou vont être cloués sur moi au moment-même où je poserais mes mains sur lui. Essaye donc de comprendre mes intentions de te laisser une chance ! »

« Doute. En réalité, tu n’as aucune idée de la bonne chose à faire, n’est-ce pas ? »

Lorsque Yuzuru prononça ces mots, *Twitch*, les épaules de Kaguya tressaillirent.

« C’est, c’est pas vrai ! Je suis super ero ero ! Qu, qu’est-ce que tu dis ! J’ai beaucoup de techniques d’adulte auxquelles quelqu’un comme toi ne penserait jamais ! »

« Suspicieuse. Eh bien, montre-moi s’il te plait. »

« Que… ah, fu, fuun ! Très bien, regarde attentivement ! »

Depuis la position où elle se tenait, Kaguya tourna son regard en direction de Shidou, posa sa main droite sur sa tête et posa sa main gauche sur sa hanche, puis…

« … U, ufuuun. »

Elle prit une pose que même les gravures antiques n’auraient pas prise.

A ce moment-là, Yuzuru posa ses mains sur sa bouche et, *Puukusukusu*, poussa un soupir.

« Errr… »

Shidou se gratta les joues sans savoir quelle était la bonne chose à dire… Non, ce n’était pas comme si elle n’était pas sexy. La serviette mouillée collant à sa peau était clairement sexy.

Néanmoins… comparée à avant, un sentiment insurmontable emplissait son cœur.

Face à ces deux réactions, le visage de Kaguya vira au rouge et, une fois de plus, elle plongea dans le bassin.

« Qu’est, qu’est-ce qu’il y a tous les deux ?! »

« Ricanement. Comme attendu de la part des charmes de Kaguya (Rire), c’est différent. »

« Qu, qu’est-ce que tu as dit ?! Kuh, je veux dire, c’est pas ça ? Et qu’en est-il de toi, en réalité, n’es-tu pas celle qui n’a aucune idée sur quoi faire ?! »

Kaguya pointa son doigt vers elle en prononçant ces mots. En réaction, *twitch*, le bord des sourcils de Yuzuru se levèrent.

« … Objection. Ce n’est pas possible qu’une telle chose soit vraie. »

« Haa, je me demande ?! Alors pourquoi ne pas me montrer ça et l’exécuter tout de suite ?! »

« Reconnaissance. Comme tu veux. »

Sur ces mots, Yuzuru se retourna et fit face à Shidou…

« Envoûtement. Chuu. »

Elle envoya un baiser de sa main avec une position d’idole des anciens temps.

« … Ah, un. »

Et, une fois de plus, tout en se demandant comment avoir une réaction appropriée, Shidou laissa une goutte de sueur s’écouler de son front tout en arborant un sourire crispé.

Kaguya, en conséquence, se tint l’estomac avec ses mains et rigola.

« Kyahahahaha ! Qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que c’est que ça ?! As-tu vraiment l’intention de l’envoûter avec ça ? »

« Déception. Je n’ai pas envie de m’entendre dire ça par Kaguya. »

« Haan, ça vaut pour toi aussi ! »

« Objection. Avec le visage enfantin de Kaguya, la séduction n’était pas possible à la base. »

« … ! Le, le tien n’est pas très différent du mien ! »

« Objection. Même si l’usage de l’arithmétique définit ça comme une marge étroite, la sensation de massage n’est pas la même. »

« Ku, kuku… il semblerait que tu ne comprennes pas le charme d’un corps mince. »

« Ricanement. Mince (Rire). La réalité ne changera pas peu importe à quel point tu l’édulcores. »

« Fu, fuun… ! Un objet tel que celui-là n’est rien de plus qu’une masse de gras après tout ! »

« Ressentiment. Yuzuru ne peut pas prétendre ne pas avoir entendu ça. J’en conclus à de la jalousie de Kaguya. »

« N’en conclus rien ! Je ne suis pas envieuse ou quoi que ce soit ! C’est évident que Shidou pense que je suis plus mignonne que la grasse Yuzuru ! »

« Objection. C’est un handicap fatal pour une femme de ne pas avoir de poitrine lorsqu’elle essaye de séduire un homme. Un os de poulet tel que Kaguya n’a rien dessus. »

« Qu, QUI EST UN PUTAIN D’OS DE POULET ! »

« Défi accepté. Qui est la grosse ? »

« Qu’est-ce qui cloche, à part avoir plus de fourches que moi ?! Hoora ! Shidou, tu n’aimes pas une fille de ce genre-là, pas vrai ? »

« Remarque. Kaguya est celle qui sent le plus la transpiration comparée à Yuzuru. Tu passes en deuxième en termes de charme féminin. »

« Qu, que diable ?! Même si tu as plus de pourcentage de gras que moi ! »

« Pitié. Au final, actuellement, Yuzuru a de la pitié pour Kaguya qui ne sait qu’attaquer sur cet aspect-là. »

« Tais-toi ! Puyo Puyoo ! Puyo Puyoo[2] ! »

« Contre-attaque. Peta Petaa ! Peta Petaa[3] ! »

Toutes les deux commencèrent à se disputer. Puis…

« … ?! »

Les épaules de Shidou tressaillirent. La porte coulissante se fit entendre à nouveau ; c’était probablement quelqu’un d’autre qui venait.

« O, oi… quelqu’un est entré. Ne devriez-vous pas vous cacher toutes les deux ? »

En effet, c’était le bain des hommes. Et, logiquement, le nouvel arrivant devait en être un.

Kaguya et Yuzuru répondirent d’une voix calme et d’une façon relaxée.

« Kuku… qu’est-ce que tu racontes, Shidou ? »

« Objection. Il n’y a aucun problème, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. »

« Huh… ? »

Sans comprendre ce que les deux voulaient dire, Shidou pencha la tête.

« Toryaa… »

C’est avec cette voix dynamique que le nouvel arrivant sauta vigoureusement dans le bassin.

C’est là que Shidou, qui se trouvait déjà dans le celui-ci, put voir la dite personne.

Il s’agissait d’une voix digne qui lui était familière. Ces longs cheveux noirs comme la nuit et ces formes généreux et magnifiques qui ne pouvaient absolument pas être celles d’un homme… Oui, cette silhouette était celle de…

Cette silhouette n’était autre que celle de Yatogami Tohka.

« Hm ? »

A cet instant, Tohka remarqua également le précédent occupant. Du coup, elle regarda Shidou avec un regard ahuri.

« … »

« … »

Et ainsi…

« Gyaaaaaaaaa ?! »

« Gyaaaaaaaaa ?! »

Leurs deux visages s’étaient entrecroisés et, avec un timing parfait, les deux avaient crié.

Tohka agita ses mains prestement sous l’effet de la panique et, immédiatement, elle cacha ses seins et ses parties basses.

« Qu, ququququququ… Qu’est-ce que tu fais ici, Shidou ?! »

« N, nononononon. Pourquoi es-tu entrée ici ?! C’est le bain des hommes ! »

« Qu’est-ce que tu dis ! J’ai fait exactement ce que tout le monde m’a dit, je suis entrée dans celui en rouge ! »

« Huh… ?! »

A ce moment-là, le corps de Shidou frémit, un frisson glacial parcourut sa colonne vertébrale.

« Les filles, ne me dites pas que… ! »

Lorsqu’il prononça ces mots et porta son regard à gauche puis à droite, Kaguya et Yuzuru lui renvoyèrent des regards ahuris.

« Umu, j’ai changé les rideaux juste avant ton arrivée, Shidou. Comme on pouvait s’y attendre de ma part, je suis un tel stratège. »

« Question. Est-ce que, par hasard, il y aurait un problème ? »

« TOUTES les deux…. ! »

La voix de Shidou était emplie d’un ressentiment alors qu’il fixa chacune d’elle.

Il en aurait presque nourrit une rancune, mais ce n’était pas le bon moment pour cela. Il se retourna pour faire face à Tohka et baissa vigoureusement sa tête comme s’il voulait la planter dans le bassin.

« Tohka, crois-moi. Je le jure, je ne prévoyais pas de faire quelque chose comme ça ! »

« O, oo… »

Alors que Shidou tentait désespérément de lui demander quelque chose, Tohka afficha un visage confus.

« Al, alors qu’est-ce que tu fais ici, dans un endroit comme celui-ci… ? »

« J’ai été piégé ! Désolé, je vais immédiatement sortir… ! »

« Ah… Shidou ! »

Lorsque Shidou fut sur le point de sortir du bassin, tout en faisant de son mieux pour ne pas regarder le corps de Tohka, cette dernière, contre toute attente, lui saisit la main. C’était comme si elle tentait de le retenir.

« Qu, qu’est-ce qui ne va pas, Tohka ? »

« Non… de cette façon, je pense que c’est une mauvaise idée. »

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« Heh ? »

En même temps que les yeux de Shidou devinrent ronds tels des points, la porte coulissante s’ouvrit à nouveau et un groupe de filles entra.

« Quo… »

Paniqué, il se rassit rapidement dans le bassin et se cacha dans l’ombre des rochers.

Si on y réfléchissait attentivement, c’était tout à fait normal. Il était à présent l’heure du bain, Tohka venait d’entrer, ça voulait donc dire que les autres filles allaient toutes arriver en même temps.

« Yaa… n’est-ce pas énorme ?! La mer est juste à côté, lààà~~! »

« Ah, les étudiantes transférées, vous êtes déjà là ? Rapides~~ »

« *Are*, Tobiichi-san, tu ne viens pas dans le bain ? »

« … Il y a quelque chose que je dois faire, quoi qu’il en soit. »

« Je, je vois… Bonne chance. »

Il entendit la voix aiguë des filles, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne soit découvert.

« C’est, c’est, c’est carrément mauvais… ! Que, que dois-je faire… ?! »

Face à un pincement qu’il n’avait jamais ressenti auparavant, Shidou mit sa tête entre ses mains alors que ses yeux furetaient tout autour de lui.

Si, par hasard, elles le trouvaient ici en train de se cacher, il était probable qu’elles se liguent contre lui et le ruent de coups.

Non, si ce n’était que cela, ça irait encore. Se voir coller l’étiquette de délinquant sexuel, étiquette qui ne disparaîtrait pas toute sa vie durant, il n’y avait pas de doute qu’il passerait le reste de sa scolarité à s’entendre dire que c’était une erreur de jeunesse ou qu’il serait catalogué en tant que pervers, ou bien même serait-il appelé l’incarnation du désir sexuel. Ou alors, au lieu de tout ça, dans le pire scénario, il y avait une possibilité que cet évènement impliquerait la police…

Alors que Shidou tremblait, Tohka se déplaça comme si elle cherchait à le cacher.

« To, Tohka… ? »

« C’est pas comme si c’était de ta faute, non… ? Du coup, dépêche-toi et enfuis-toi en utilisant mon corps pour te cacher. »

« … ! Dé, désolé. Je t’en dois une… ! »

Heureusement, grâce à la vapeur de cette eau brune-rougeâtre, il devenait plus difficile de remarquer la silhouette de Shidou. En plus, avec Tohka agissant comme un mur, il avait une possibilité de s’enfuir du bain des filles.

« Ok… allons-y alors. »

« O, ou… »

Il acquiesça la proposition de Tohka. Sur ces mots, cette dernière, tout en restant plongée dans le bassin, commença à s’avancer en crabe.

Il resta caché dans son dos et commença à s’avancer dans l’eau…

Néanmoins…

« Ah, Tohka-chan détectée~! »

« Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi restes-tu sur les bords ? »

« Plus important, *uwaah*, ta peau est si belle. Putain, laisse-moi la masser ! »

En face de Tohka, le trio Ai, Mai, Mii apparut. Dans la tête de Shidou, le BGM[4] d’un combat de RPG s’enclencha.

« Hi… »

« N, non… tout va bien ! Ne vous inquiétez pas ! »

Malgré ces mots, le trio Ai, Mai, Mii s’intéressait à elle. Si ça continuait, elles pourraient remarquer la silhouette de Shidou derrière elle.

A ce moment-là…

« Haaa… ! Qu’est-ce qu’un pain aux champignons géant fait ici ?! »

S’écria soudainement Tohka tout en désignant un endroit au loin. A cet instant, les 3 tournèrent leurs regards dans la direction désignée.

« … ! »

Une chance ! Shidou se tourna et il plongea dans la mer en passant par-dessus la bordure de rochers.


En même temps, quelques gentlemans s’étaient réunis dans un coin du bassin des hommes en formant un cercle. Ils échangeaient une conversation à basse voix.

« Oi, Tonomachi, ça a intérêt à être vrai, non ? »

Face à cette question posée par un camarade de classe, *Grin*, le coin des lèvres de Tonomachi se levèrent.

« Aah, il n’y a pas de doute. Déjà qu’en général c’est imperceptible lorsque quelqu’un entre dans les bains, mais, en plus, une partie de la palissade qui sert de mur entre les bains des hommes et des femmes, dispose d’une ouverture douteuse ! »

« Ooo… ! »

Les frères d’armes, qui disposaient des mêmes motivations, élevèrent leur voix en même temps. *Un**Un*, après que Tonomachi ait acquiescé, au milieu du groupe, il leva soudainement sa main. Bien sûr, les mains de tout le monde se joignirent à la sienne.

« Avez-vous tous achevé vos préparatifs et vos résolutions ?! »

« Bien sûr ! »

« Compris ! Eh bien, suivez-moi ! Je vais vous montrer ce paradis terrestre… ! »

« OOOHHH ! »

Des voix irrégulières se soulevèrent et tout le monde leva sa main également.

Après que Tonomachi ait jeté ses yeux vers le bas comme pour goûter ce mince sentiment persistant et enivrant, il s’avança lentement. Ainsi, il se dirigea vers la palissade des bains tout en faisant le moins de bruit possible jusqu’à atteindre l’objectif.

« Ok, donc maintenant… »

Tonomachi regarda ses frères d’armes, tout le monde hocha de la tête.

« Toi, passe devant, Tonomachi. »

« Tu nous as donné à tous du courage. Tu nous as tous guidés. »

« Mets le feu à la baraque, dans tes yeux et dans ton âme. »

« Les gars… »

Tonomachi essuya énergiquement ses larmes avec ses bras et répondit par un grand hochement de tête.

« Eh bien, allons-y… regardez bien, mon style de vie ! »

Sur ces mots, Tonomachi s’étira le dos pour paraître plus grand ; puis, il fureta en direction de du petit trou dans la clôture.

Et…

« … »

« … »

… Il croisa un œil.

En regardant plus attentivement du côté des femmes, cet œil appartenait à Tobiichi Origami.

« … Dé, désolé de te déranger. »

Tonomachi exprima ces mots d’une voix sèche et fit demi-tour en direction de son lieu d’origine.


« … Hm ? »

Reine, qui travaillait sur un petit ordinateur dans sa chambre, tordit inexplicablement sa nuque. Provenant de dehors, *step**step*, elle entendit des bruits de pas.

Suite à quoi, ils s’arrêtèrent en face de la porte, *toc**toc, quelqu’un toqua.

« … Entrez. »

Sur ces mots, la porte s’ouvrit lentement. Shidou, vêtu d’une serviette de bain enroulée sur ses hanches, entra dans la pièce. Pour diverses raisons, son corps tout entier était trempé, *clac**clac*, et il tremblait avec ses mains posées sur ses épaules.

En regardant son état, Reine fut submergée de pensées pendant quelques secondes, avant de… *Poc*, elle frappa son poing dans le creux de son autre main comme si elle venait de comprendre.

« … N’est-ce pas un peu trop tôt pour que tu viennes me rendre une visite nocturne ? »

Partie 2[edit]

« Kuku… vous autres êtres humains inférieurs. Pensez au privilège de vous trouver dans la même pièce que moi. Il serait bon que vous graviez mon nom dans vos cœurs. Le nom de la fille de la tempête, Yamai Kaguya. »

La fille qui était venue dans la chambre 40, la chambre de Tohka et des autres filles, se tenait actuellement assise sur la table et présentait ces salutations arrogantes.

Même si elle était extrêmement impolie, état probablement dû à sa voix aigüe et à son visage fier, son dédain n’était pas oppressant. Elle dégageait une sensation agréable comme un petit enfant qui imiterait son personnage préféré.

« Umu, soyons amies. Enchanté de vous connaître ! »

*Yup**yup*, Tohka acquiesça tout en croisant les bras. Le groupe composé de Ai, Mai et de Mii, toutes trois assises derrière Tohka, sourirent en même temps, comme pour s’harmoniser avec cette dernière.

Lorsque Reine avait subitement dit : « Gardez cette fille avec vous toute la nuit », les trois étaient restées choquées, mais, fondamentalement, puisqu’elles aimaient toutes ce qui est mignon et amusant, elles avaient immédiatement approuvé. *Kyaaa !* Elles affichèrent des visages souriants, comme si ça les rendait heureuses, et elles commencèrent à toucher du doigt les joues de Kaguya et à tapoter sa tête.

« Ahhh, ohhh, kawaaaaaiiii. Elle est tellement adorable ! »

« Ses cheveux sont si soyeux. Ses joues sont molles. »

« Est-ce que tu aimes les choses sucrées ? Est-ce que tu aimes les Mikado[5]? »

« Ar, arrête, pouffiasse ! Vous êtes si irrespectueuses ! *munch**munch*… »

Kaguya poussa sans retenue ce cri. Mais, bien sûr, elle mangea un Mikado.

« Ah ! Mii, je veux aussi un Mikado ! »

« Ouais~ ouais~ d’accord, Tohka-chan… Ah, je suis si désolée. Celui que je viens de donner à Kaguya-chan à l’instant était le dernier. Est-ce que tu veux manger un Nutella Go[6] à la place ? »

« Que… Qu’est-ce que c’est que ça ?! »

Sur ces mots, Tohka adopta un visage sérieux et regarda avec attention l’objet cylindrique qu’on lui tendait. Ai, Mai, Mii posèrent une autre question à Kaguya. « Dis…dis… du coup, d’où tu viens Kaguya-chan ? »

« C’est rare d’être transférée à l’école à cette époque de l’année. »

« Ça convient au groupe 4 que tu arrives avant le prochain trimestre ? »

Ai, Mai, Mii enchaînèrent rapidement les questions les unes après les autres. *Swish*, Kaguya croisa les jambes.

« Ou… huh. Fuu, c’est une bonne question. L’endroit duquel je viens se trouve au sommet des cieux, mais également au bout du monde. C’est la partie la plus éloignée de l’outre-monde et juste à côté du monde actuel. Ce n’est pas un royaume que des gens aux pensées telles que les vôtres sont capables de comprendre. »

« Au-delà… monde actuel… ? »

Tohka pencha sa tête. Néanmoins, elle se rendait bien compte que quelque chose d’incroyable venait d’être dit.

« Muu, je vois. Kaguya est incroyable, elle connait des mots si compliqués ! »

« Kuku… il semblerait que vous compreniez. Je commence à vous apprécier. Quels sont vos noms ? »

« Umu, c’est Yatogami Tohka. »

« Tohka… huh… kuku, c’est un joli nom. Laisse-moi te tapoter. »

Pour diverses raisons, l’humeur de Kaguya s’adoucit et, *rub**rub*, elle tapota la tête de Tohka.

« Nu ? Qu, qu’est-ce que c’est…ça chatouille. »

« Tu sembles prometteuse. Par les ténèbres du baptême, je vais t’inclure à ma parenté. »

« Parenté ? Qu’est-ce que c’est ? »

« Kuku… C’est la condition d’admission à être sur le champ de bataille que je dirige en tant que général. Ça signifie que tu peux inclure ton nom à la liste du plus puissant clan au monde. »

« OOu… ! Bien que je ne comprenne pas, tu es prête à faire quelque chose d’incroyable pour moi ?! »

Lorsque Tohka prononça sincèrement ces mots, le doigt de Kaguya trembla comme si elle était submergée d’émotions. D’une certaine façon, c’était comme si elle rencontrait pour la première fois quelqu’un qui la comprenne. Un peu comme un inventeur ou un artiste.

« Oh, bien sûr ! Je vais employer mon corps et mon âme pour te protéger ! Pense-y comme un honneur ! »

« Umu, je me sens honorée ! »

En regardant ces deux, Ai, Mai, Mii placèrent leurs mains sur leurs joues et *Yaan~!*, s’écrièrent-elles.

« Uwah, je ne peux vraiment plus m’en empêcher. Tohka-chan et Kaguya-chan sont si mignonnes. »

« Attends, je vais prendre une photo ? Regardez par ici, s’il vous plait ! »

« Ça me laisse à penser que les genres sont seulement une trivialité. »

Sur ces mots, quoi qu’il en soit, elles entortillèrent leurs corps, prirent des poses avec leurs appareils digitaux et léchèrent même leurs lèvres tout en les fixant avec des yeux pétillants.

Kaguya fronça des sourcils sous le coup de ces regards avant que ses propres yeux devinrent interrogatifs, comme si elle réalisait quelque chose.

« Tu dis t’appeler Tohka, n’est-ce pas ? Ne me dis pas que tu… es la fille que Shidou portait sur son dos cette fois-là ? »

« ? Est-ce que quelque chose est arrivée à Shidou ? »

Lorsque Tohka posa cette question, Kaguya écarquilla des yeux, prit les mains de cette dernière et s’avança vers un coin de la pièce.

« Arere, Kaguya-chan, où est-ce que tu vas ? »

« Maintenant-même, j’essaye de partager des informations importantes avec ma parenté. Ces mots portent une malédiction qui ne peut pas être supportée par des humains normaux, si leurs oreilles venaient à les entendre, elles deviendraient douloureuses et finiraient par tomber. Mais, si cela vous convient, vous êtes autorisées à écouter. »

« Ah, une discussion secrète. Ahaha, nous ne nous permettrions pas d’écouter aux portes. »

Dit Aii avec un large sourire. Néanmoins, Tohka n’y prêta pas attention, alors qu’elle appuya sur ses lobes d’oreille, son corps tout entier trembla.

« Mes, mes oreilles vont tomber… ? »

«  Ne t’inquiètes pas. C’est pas quelque chose qui m’affecte moi ou une parente telle que toi, puisque nous avons en nous un mystérieux pouvoir. »

« Je vois… un parent est quelque chose d’incroyable ! »

Lorsque Tohka murmura cette phrase, Kaguya acquiesça avec satisfaction et lui demanda en baissant le volume de sa voix :

« Tohka, tu… tu sembles proche de Shidou. »

« Nu ? Umu, je sais beaucoup de choses sur lui. »

« ! Je voix. Kuku… Puisque tel est le cas, j’ai un tas de question que j’aimerais te poser. »

Sur ces mots, Kaguya tendit ses doigts vers elle et elle lui posa ses questions…


« Demande. Je me nomme Yamai Yuzuru, je serai sous votre bienveillance pour cette nuit. Ravi de faire votre connaissance. »

C’est par ces mots que la fille aux yeux apathiques se présenta tout en appuyant trois doigts de chaque main sur le sol et tout en baissant la tête.

« N, non, ça ira, pas besoin d’être aussi formelle… ! »

En réaction à l’excès de courtoisie inutile de Yuzuru, tout le monde dans la chambre 42 lui rendit la politesse.

Elle agita ses mains de manière paniquée et nerveuse et afficha un sourire maladroitement sec.

Ce groupe était composé, à la base, des étudiants qui n’en avaient pas trouvé d’autre, il était centré autour des éléments les plus calmes de la classe. Puisque les membres du groupe n’avaient pas eux-mêmes beaucoup de sujets de conversation, la discussion n’avançait pas plus que ça.

« … »

Origami ne s’encombra pas du tout de l’atmosphère maladroite. Au lieu de ça, elle demeura calme comme elle l’était toujours. En raison de son habitude de ne pas mener de discussions inutiles, elle semblait avoir pris d’affection ce groupe.

Assise au coin de la pièce, elle poussait des soupirs de regrets tout en regardant dehors par la fenêtre.

Elle entendit qu’un des membres, probablement incapable de garder le silence, appela Yuzuru.

« E, euh… tes jambes ne te font pas mal ? Si ça te va, nous avons un zabuton[7]…»

«  Reconnaissance. Je vais te prendre au mot. »

Elle dit cela brièvement, puis elle s’avança vers les membres du groupe.

Grâce à ça, le groupe se mit finalement à l’aise. L’atmosphère de la pièce devint un petit peu moins pesante.

« Je suis sûre que tu as beaucoup de mal à cause de ton soudain transfert. Demande-nous s’il y a quelque chose dont tu n’es pas sûre, ok ? »

« Mille remerciements. Je suis votre obligée à l’égard de votre considération. »

Tout en prononçant ces mots, Yuzuru inclina à nouveau sa tête. L’étudiante qui portait des lunettes eut un sourire à la fois sec et confus.

Tout en relevant sa tête, Yuzuru dit :

« Question. Il y aurait bien une question que je voudrais te poser si cela te convient ? »

« Oui, bien sûr. Laquelle ? »

« Eh… !? »

En entendant la question posée par l’inexpressive Yuzuru, les membres du groupe se raidirent.

« E,errr… ? Qu’est-ce que tu viens de dire à l’instant ? »

« Répétition. Les moyens de provoquer l’affection d’un mâle. J’espère que vous pourrez m’instruire sur l’art d’amadouer un homme au point qu’il ne puisse plus le supporter et laisse tombé les chaînes de la raison. »

« … ! »

Les visages des membres du groupe devinrent rouges. C’était un rassemblement de rien d’autre que des filles qui étaient relativement simples même en classe. Elles n’avaient sûrement pas d’immunité à ce genre de sujets.

Néanmoins, probablement incapable de faire marche arrière après avoir dit qu’elle pouvait tout le lui demander, la première fille, qui avait interpellé Yuzuru, s’exprima de la sorte :

« Voyons voir… quelque chose du genre prétendre toucher involontairement la main quelqu’un d’autre… ? »

« N, non, ce genre de shoujo manga est… »

« Eeh… du coup, qu’est-ce que je suis censée dire ? »

« Errr, voyons voir…quelque chose comme récupérer le jus de fruit qu’il a partiellement bu auparavant ? »

« … Naïve. »

Dans cette discussion, Origami lança cette interjection depuis l’autre côté de la pièce. Les filles la regardaient avec une expression de surprise.

« Eh ? To, Tobiichi-san … ? »

« Qu’est-ce que tu veux dire par naïve… ? »

« Ça ne vaut même pas la peine d’en parler. Tu serais bien incapable de faire tomber la cible amoureuse de toi avec des stratagèmes aussi vains. »

Sur ces mots d’Origami, elle put percevoir que les yeux de Yuzuru brillaient silencieusement.

« Demande. Yuzuru peut voir que tu n’es pas quelqu’un d’ordinaire. S’il te plait, apprends-moi. »

« … »

Après avoir soupiré, elle tourna son corps vers Yuzuru et pointa de son index devant elle.

Yuzuru se leva immédiatement et s’assis à l’endroit désigné par Origami.

« Avant tout, la chose la plus importante est… »

Suite à quoi, Origami commença à lui parler à basse voix.

Partie 3[edit]

D’une certaine manière, Shidou était parvenu à atteindre la chambre de Reine après être ressorti de la mer, il avait emprunté un yukata de rechange et bu une tasse de thé avant de soupirer bruyamment.

« Je suis désolé pour la demande d’aide… »

« … Non, il semblerait que ce fut un désastre. »

Sur ces mots, Reine leva les épaules.

Involontairement, Shidou évita ses yeux. Reine portait un yukata fourni par l’établissement mais… probablement parce que son obi avait été serré négligemment, il avait une vue sur sa poitrine séduisante à chaque fois qu’elle bougeait. Pour ses yeux d’étudiant en pleine santé, c’était semblable à un puissant poison.

« … ? Quelque chose ne va pas ? »

« N, non. Plutôt que de parler de ça… les communications avec le <Fraxinus> ont été restaurées ? »

« … Non, ça ne marche toujours pas. »

« Je… vois. Errr, à propos de ces deux… Kaguya et Yuzuru… »

Reine eut un petit hochement de tête et commença à pianoter sur le petit ordinateur posé sur la table. Sur l’écran était affiché une image prise de loin, elle dévoilait les silhouettes de 2 humains dansant dans la bourrasque, ainsi que de nombreux autres détails, et des enchaînements de mots y étaient également affichés.

Néanmoins, les physionomies de ces personnes ne pouvaient pas être reconnues sur cette image…

« C’est… Kaguya et Yuzuru ? »

« … Aahh, très probablement. »

Lorsque Shidou désigna l’écran et éleva la voix, Reine avança légèrement sa tête.

« … En réalité, ces filles sont bien célèbres parmi nous. Juste avant, lorsque j’ai entendu que tu avais vu deux Esprits humanoïdes dans la tempête, j’ai cru deviner de qui il s’agissait. »

« Que veux-tu dire par… fameux ? »

Lorsque Shidou posa cette question, Reine retira ses mains du clavier comme pour parler en rythme.

« … Ces filles sont appelées <Berserk>. Tout comme tu l’as vu, c’est un Esprit qui contrôle le vent. »

« <Berserk>… »

« … Aah. Ce sont les deux Esprits dont on a entendu parler à travers différentes régions du monde entier. Lorsqu’elles apparaissent sur le monde, elles ne font que s’amuser, mais… le problème c’est l’échelle de leurs plaisanteries. »

« Aah… »

Shidou se gratta les joues tout en se rappelant ce qui s’était passé cette après-midi. Il y avait eu une puissante tempête qui avait abattu plusieurs arbres et qui avait agité terriblement la mer.

Ce genre de choses devait être insupportable si elle se produisait un grand nombre de fois.

« C’est probablement à cause de ces filles, les nombreuses tempêtes contre-nature qui sont apparues à travers le monde. De plus, le nombre de témoins oculaires est inhabituellement élevé. Elles ont eu leurs photos dans un magazine people américain, il semblerait qu’il y ait une controverse sur le fait qu’elles soient des anges, un UFO ou bien même des spaghetti volants. »

« Témoins oculaires… ah… »

A cet instant, Shidou se rendit compte que même s’il y avait eu l’apparition d’un Esprit à proximité, l’alarme de déchirure spatiale n’avait pas sonné.

Dans la partie nord de l’île d’Arubi, il y a un endroit avec un abri à fort taux de diffusion qui n’a rien à envier à celui de Tenguu city où Shidou et les autres vivent. S’il y avait eu une prédiction d’une déchirure spatiale, il n’y avait aucun doute qu’une alarme aurait retenti.

« Ne me dis pas que ces deux sont venues sur ce monde silencieusement ? »

Lorsque Shidou formula avec frayeur cette idée, Reine secoua la tête de côté.

« … Non, il semblerait que leur apparition ait été confirmée… mais, c’était loin dans le ciel au-dessus de l’Océan Pacifique. »

Involontairement, Shidou la fixa avec un regard interrogateur.

« Le ciel… de l’Océan Pacifique ? »

« … Aah. Les déchirures spatiales produites par les deux <Berserk > sont de classe A… ce sont des explosions incomparables à celle de Tohka ou des autres. Mais, pour une raison inconnue, elles se sont toujours confirmées dans les cieux, au milieu de nulle part. »

« Eh, donc, pourquoi ces deux sont venues sur cette île… ? »

« … C’est simple. Elles sont venues ici après être apparues dans les cieux de ce monde. Alors que toutes les deux étaient prises dans un combat semblable à un cyclone, elles ont parcouru quelques centaines de kilomètres en seulement quelques minutes. »

« Qu… »

« … C’est un cyclone qui a pour nature de ravager le monde. Même s’il démontre des intentions notables de blesser des humains, ce n’est pas parce qu’il les déteste ; c’est une simple répercussion de la querelle entre ces deux Esprits, -des berserkers égocentriques,- une répercussion qui dévaste des forêts, des montagnes, des rivières et des villes.»

Sur ces mots, Reine appuya sur la touche entrée de son ordinateur. Lorsqu’elle s’exécuta, l’image d’une ville réduite en ruines s’afficha sur l’écran.

« … Les dégâts produits par ces filles sont vraiment terribles. En plus, avoir leurs visages exposés à l’attention du public, c’est dérangeant pour les organisations qui souhaitent cacher l’existence des Esprits. A cause de ça, Kaguya et Yuzuru sont désignées comme des cibles prioritaires par <Ratatoskr> et par l’AST… Cela dit, il n’y a eu que peu de personnes qui ont été aussi proches d’elles jusqu’à présent. »

« Pou, pourquoi ça ? »

« … c’est à cause de leur vitesse et l’étendue de leurs mouvements. Il n’y a personne qui soit capable de les pourchassées une fois qu’elles sont arrivées sur ce monde. Néanmoins, on peut dire que c’est une chance parmi toutes les chances que tu aies été capable de rencontrer ces deux-là. »

« Je, je vois… »

Reine reprit après avoir fait onduler sa tête légèrement :

« … C’est vrai que jusqu’à maintenant, nos communications avec le <Fraxinus> étaient coupées et nous ne pouvions avoir aucun soutien de la part de <Ratatoskr>. Je ne peux pas mener une analyse détaillée avec l’équipement dont je dispose maintenant. Si nous devions procéder à une capture, maintenant, ce serait probablement plus risqué que d’habitude. Mais… tout n’est pas si négatif. »

« Et que veux-tu dire par-là… ? »

« … Est-ce que ce ne sont pas ces filles qui tentent de gagner ton affection actuellement ? »

« Aah… »

Des gouttes de sueur s’écoulèrent le long de ses joues. C’était à cause des moments difficiles dont il avait fait précédemment l’expérience.

« …Vu la probabilité extrêmement faible de rencontrer avec <Berserk>, c’est une situation que ne pouvions qu’espérer. Si nous venions à rater cette chance, sans blague, nous ne serions plus jamais capables de rencontrer Kaguya et Yuzuru. C’est pourquoi, je voudrais que le sceau soit posé avant que ces filles ne changent d’avis. »

« Eh bien, les capturer sans l’aide du <Fraxinus>… c’est ça que tu veux dire ? »

Sur ces mots, Shidou avala sa propre salive comme s’il était nerveux face aux paroles qu’il avait lui-même prononcées.

Même si les choix était 50% du temps utiles, mais… c’était pénible de ne pas connaître l’état mental de la cible. Et, par-dessus tout, le fait d’avoir une équipe de soutien derrière lui et d’avoir la certitude de ne pas être seul, rendait son état psychologique incroyablement plus calme.

« … Je suppose que tu as raison. En réalité, il y a encore une chose qui va poser problème dans la capture de ces filles. »

« Quelque chose qui va poser problème…il s’agit de ? »

« … C’est simple. <Berserk> est composé de deux personnes. De plus, elles sont maintenant en compétitions l’une l’autre afin de savoir qui te séduira. Si par chance, tu venais à embrasser une des deux… que penses-tu qu’il se passerait ? »

« Ah… »

S’il venait à donner le baiser du sceau, elles penseraient probablement que celle choisie serait le vainqueur du duel.

Mais, ce même vainqueur perdrait son mana au moment-même de sa victoire.

Si le perdant n’était pas d’accord avec la conclusion du duel et venait à se déchaîner… il n’y aurait personne capable de l’arrêter.

« … Bien que je n’ai pas de doute sur leur fierté et leur morale, mais… je ne peux pas me baser là-dessus et exposer les habitants de l’île d’Arubi et les étudiants à ce danger. »

« Je suppose… que tu as raison. Eh bien, eh bien, est-ce que ça veut dire que je n’ai d’autre choix que d’embrasser l’une d’entre elle tout en la cachant à l’autre ? »

Reine émis un grognement ardu suite à cette proposition.

« … Je ne peux pas le dire avec certitude. Il semblerait que ces deux étaient à la base un seul Esprit. Tout comme entre toi, Tohka et les autres, il y a une chance qu’un lien de mana circule entre elles. Dans ce cas, l’autre remarquera probablement le moment où l’autre sera scellée. »

« Bon, bon, que diable dois-je faire… ? »

Lorsque Shidou posa cette question, une expression complexe se dessina sur son visage. Reine baissa la tête vers l’avant tout en croisant les bras :

« … C’est pas comme si ce n’était pas possible de le faire. Il y aurait bien un plan sur lequel j’ai travaillé. »

« Un plan ? »

« … Aah. Cette après-midi, pendant qu’on marchait, j’ai établi un accord avec elles. Le dernier jour du voyage scolaire, -ce qui veut dire après-demain matin,- elles devront te faire choisir laquelle est la plus charmante des deux. »

«  Après-demain… d’accord. »

« … Aah. Même si elles sont capables d’attendre les résultats sans faillir pendant deux jours, ces filles ne vont pas oublier la rancune si facilement, n’est-ce pas ? Mais au moins, nous avons gagné une rallonge d’un jour. Pour nous, c’est un temps très précieux pour… se préparer aux rendez-vous. »

Suite à ces mots, Shidou suffoqua.

« Ce qui signifie… un jour… demain, tu veux dire que… je dois séduire Kaguya et Yuzuru ? Mais… »

« …Non, c’est un peu différent. »

En plein milieu de la phrase de Shidou, Reine balança sa tête de côté.

« … Cette fois, je serai celle qui te fera tomber amoureux de moi. »

« … Huh ? »

« … C’est pourquoi tu vas passer par-dessus tout ça et tu vas les faire tomber amoureuses de toi. »

Pendant un instant, il n’avait pas compris ce qu’avait dit Reine, il ouvrit grand ses yeux et sa bouche. Néanmoins, il ne pouvait pas comprendre par lui-même, il devait probablement avoir une expression idiote on ne peut plus appropriée.

Quoi qu’il en fût, Reine ne rit pas face à l’état amusant de Shidou, elle continua à la place avec une voix douce :

« … Je vais remettre des caméras à Kaguya, Yuzuru et à toi. Je vais les aider et leur donner des coups de mains pour te séduire. Tout ce que tu auras à faire c’est de répondre favorablement et agir en fonction de la fille à qui je donnerais des ordres… ‘C’est une personne sur qui je peux compter pour me soutenir.’ C’est ainsi que je veux qu’elles pensent. »

« Eh, non, attends, je n’ai pas saisi ce que tu as dit… »

« … Si toutes les deux arrivent à la conclusion que les conseils que je leur donne sont exacts…il y a une chance que je puisse contrôler jusqu’à un certain niveau leurs actions. Oui, par exemple… Je peux faire en sorte que toutes les deux t’embrassent en même temps, quelque chose comme ça. »

« … ?! »

Immédiatement, Shidou haussa des épaules.

Embrasser toutes les deux en même temps.

Naturellement, il n’avait jamais essayé ça auparavant, mais… si c’était pour sceller leur mana à toutes les deux en même temps, il était probablement possible d’amoindrir les préoccupations de Reine.

« … Ce n’est pas différent d’un plan désespéré. Malgré tout… si cela permet de les sceller toutes les deux, alors je pense que c’est le seul plan dont nous disposons. Alors, qu’est-ce que tu en penses ? »

Reine prononça ces mots tout en fixant Shidou.

« Comme tu dis… »

Tout en regardant derrière elle sur les yeux décorés de l’ours, Shidou humidifia sa gorge à l’aide de sa salive.

Il est vrai que c’était une mission extrêmement difficile. Une seule erreur et non seulement lui, mais aussi Tohka, Origami, tous les étudiants de l’école et les résidents de l’île allaient se retrouver impliquer.

Toutefois… si Shidou ne s’en occupait pas, il y aurait un autre cataclysme sous la forme d’un cyclone apparaissant quelque part sur la surface du monde.

… Qui plus est. Il mordilla légèrement ses lèvres.

Après avoir appris la nature de la relation entre Kaguya et Yuzuru, Shidou éprouva un insupportable sentiment de dégoût.

Elles se querellaient dans le but d’asseoir leur place en tant que personnalité principale… celle qui perdrait serait absorbée par l’autre et disparaîtrait.

Pour des raisons de survie, elles n’avaient pas d’autres choix que de tuer leur rivale, le pire des scénarios.

Au moment-même de leur naissance, toutes les deux avaient été chargées d’un destin extrêmement déraisonnable, celui de savoir qu’une des deux disparaîtrait.

Mais, si Shidou parvenait à les sceller leur mana à toutes les deux, il y aurait une possibilité qu’il puisse le changer.

« … »

Dans la tête de Shidou, les souvenirs des Esprits avec lesquels il était entré en contact jusqu’à maintenant refirent surface.

Tohka. Yoshino. Kurumi. Et également… Kotori.

Que ce soit dangereux ou pas, ou que de tels ravages puissent advenir sur le monde, il n’établissait de telles choses qu’en deuxième ou troisième priorité dans son esprit.

… Les Esprits. Il voulait sauver ces filles emprisonnées et livrées à la pire des destinées.

Cette raison était plus que suffisante du point de vue de Shidou pour leur tendre la main.

« Je comprends… Je vais essayer. »

« … Je suis désolée. Essayons-ça. »

Suite aux paroles de Shidou, Reine détourna son regard de lui et baissa lentement la tête.

Il se sentait gêné qu’elle fût si formelle, il eut un sourire sec alors qu’il agita les mains :

« Pas possible. Même si je veux sauver les Esprits… »

Alors qu’il allait poursuivre sa phrase…

« … Achkkchoo ! »

Il eut un petit éternuement et il trembla des épaules. En parlant de ça, il constata qu’il faisait un peu frais même si c’était l’été. Il semblait qu’on l’ait maudit d’avoir plongé dans la mer tout à l’heure.

« … Il fait froid ? »

« Non… Je ne pense pas que ce soit le problème. »

Répondit-il en reniflant.

A cet instant, *Pon*, Reine frappa ses mains ensemble comme si elle venait de penser à quelque chose.

« Reine-san ? Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« … Aah. Comme on pouvait s’y attendre, c’est pas bon si tu ne prends pas soin de toi-même. Repose-toi pour aujourd’hui. »

« Eh ? Non, quoi qu’il en soit c’est un peu… »

« … Demain, si par chance tu venais à descendre, que comptes-tu faire pour Kaguya et Yuzuru ? »

*Muu*, Shidou grommela lorsqu’il s’entendit dire ça.

« Je comprends. Eh bien, je vais me reposer jusqu’à demain. »

Pour diverses raisons, Reine attrapa la main de Shidou alors qu’il prononça ces mots et qu’il était sur le point de se lever.

« … Désolé, attends, Shin… Tu vas dormir ici. »

« Heh ? »

Sans comprendre les paroles de Reine, Shidou la fixa de manière interrogatrice.

Partie 4[edit]

Plus ou moins 2 minutes s’étaient écoulées. Shidou avait parfaitement compris les intentions de Reine.

« Kuku… Oh, Shidou, j’ai entendu dire par Reine qu’il paraîtrait que tu aies pris froid. Kaka, un être humain est une chose si fragile. Que vos corps puissent tomber malade pour si peu. »

« Déclaration. Mets-toi à l’aise, s’il te plait. Si tu choisis l’infirmerie Yuzuru, tu seras en pleine forme demain. »

Tout en prononçant ces mots, les silhouettes de Kaguya et de Yuzuru, toutes deux vêtues de yukatas, entrèrent dans la chambre.

« … Ahh, désolé pour ça. »

Sur ces mots, Shidou arbora un sourire sec. Il se trouvait à l’intérieur d’un futon et avait une serviette humide sur son front.

Pendant un instant, il voulut laisser échapper de sa bouche les paroles suivantes : « Vous pensez que c’est la faute à qui ? Qui ?!» Mais, il les retint au plus profond de son cœur.

Il avait entendu l’idée générale de la part de Reine. L’idée était d’accroître ses points d’intimité en les poussant à le soigner et, en même temps, il essayerait de comprendre leurs modèles de comportement.

Avec l’intention d’éviter de contaminer les autres étudiants, le corps enseignant avait vidé la pièce et Shidou y avait dormi tout seul. Accidentellement, une caméra cachée avait été installée dans l’ombre des objets et enregistrait le moindre détail des mouvements des deux Esprits.

Kaguya et Yuzuru allaient d’une manière ou d’une autre essayer de gagner des points en ce lieu et elles étaient probablement enthousiastes à l’idée de le faire enfin choisir. Elles étaient dans état de motivation inhabituel.

« Kuku… eh bien, je vais te déranger. »

« Discourtoisie. Yuzuru se permet d’entrer. »

Toutes les deux enlevèrent leurs pantoufles, entrèrent dans la pièce et s’assirent à la gauche et à la droite de Shidou comme pour l’interposer entre elles.

Puis, elles baissèrent fixement leurs regards sur le visage de ce dernier.

« … Err, qu’est-ce qu’il y a ? »

Lorsque Shidou posa cette question, Kaguya et Yuzuru levèrent immédiatement leurs visages et croisèrent leurs regards.

« Kuku… oh, Yuzuru. J’allais le dire en première. Tu vas te blesser si tu penses que je sois la même Yamai Kaguya qu’avant. J’ai un excellent parent et, grâce à elle, je suis devenue une nouvelle moi. »

« Soupir. Le bluff de Kaguya qui recommence à nouveau. »

Face aux paroles de Yuzuru, Kaguya leva les épaules comme si elle abandonnait. Il s’agissait d’une attaque frontale, mais Kaguya ne tomba pas dans le panneau et elle déforma ses lèvres alors qu’elle afficha un sourire intrépide.

Yuzuru sentit également le sang-froid de Kaguya. Elle plissa des yeux légèrement.

« Admiration. Il semblerait que ce ne soit pas du tout un mensonge éhonté… Néanmoins, cela vaut pour Yuzuru également. Yuzuru a obtenu un merveilleux professeur. Tu n’es plus du tout l’ennemi de Yuzuru. »

« Oh… ? Intéressant. Eh bien, battons-nous à la régulière ! »

Dit-elle alors qu’elle baissa une fois de plus son regard sur Shidou.


« Mu »

Après avoir pris un bain et après avoir mis sa tenue pour dormir, Tohka marcha le long du couloir de l’hôtel et elle rencontra Origami juste avant d’atteindre l’intersection.

Elle portait des vêtements de nuit assez simples, ainsi qu’une sorte de petit sac qu’elle portait au poignet et, pour une raison méconnue, elle tenait une assiette avec un film plastique dessus. Il semblait qu’il y avait des onigiris dans l’assiette en question.

Même si Tohka était ennuyée quant à savoir pourquoi elle les portait, honnêtement, Origami n’était pas quelqu’un dont la rencontre la rendait heureuse. Mais, il y avait quelque chose de précis dont elle souhaitait s’entretenir avec elle. *Pui*, Tohka détourna son visage et marcha vers sa cible… mais…

« … Nu ? »

Tohka sourcilla d’un air dubitatif. Origami la suivait silencieusement.

« Mu, pourquoi est-ce que tu me suis ? »

« Je ne te suis pas ou quoi que ce soit. Nous empruntons simplement la même route. »

Répondit Origami sans altérer la moindre part de son expression. La ride entre les sourcils de Tohka devint plus profonde.

« … Tu, ne me dis pas que tu comptes te rendre dans la chambre de Reine ? »

Lorsque Tohka prononça ces mots, Origami sourcilla pour la première fois.

Oui, en effet, Tohka se rendait aussi vers la chambre de Reine… Ou pour être plus précis, elle prévoyait de rendre visite à Shidou qui se reposait dans cette chambre-là.

Un peu auparavant, elle avait voulu jouer avec Shidou et lorsqu’elle s’était rendue dans sa chambre, on lui avait dit qu’il se reposait dans une autre chambre parce qu’il avait pris froid.

Néanmoins… de penser qu’Origami avait accédé à la même information qu’elle…

« Je suis plus que suffisante pour m’occuper de Shidou. Tu peux retourner dans ta chambre. »

« Ne me fais pas rire, je suis celle qui va s’occuper de Shidou ! »

« Je ne crois pas que ce soit possible pour toi. »

« Qu’est-ce que tu as dit ?! »

« Eh bien, tu comptes faire quoi précisément ? »

« Ce genre de choses sont déjà déterminées. Avant tout… »

Tohka commença à s’expliquer avec une entière confiance en elle.


*Hii*, Shidou laissa échapper un tel soupir. Après que Kaguya ait inspecté son visage lentement, elle se pinça les joues comme pour renforcer sa résolution, puis elle entra dans le futon de Shidou d’un air tout bonnement joyeux.

« Att, attends une seconde ! Qu’est-ce que tu… ?! »

« Kuku… Lorsque quelqu’un attrape froid, tout ce que tu as besoin de faire c’est de le réchauffer, pas vrai ? Et Shidou, à propos de ce genre de choses, il semblerait que tu aimes partager ton lit avec une fille. »

« Ha…haah ?! »

Tout en s’exclamant de la sorte, Shidou saisit son futon avec ses deux mains. Il était bien un garçon, maintenant qu’il y pensait. Naturellement, ce n’était pas quelque chose qu’il aurait détesté, mais…

« Qu, qu’est-ce qu’il y a avec ça ? Je ne me souviens pas avoir dit quelque chose comme ça… »

« Je me trompe ? Mon parent m’a dit qu’un certain matin elle t’avait trouvé dans son futon à son réveil... »

« … Désolé, c’est vrai. »

Les joues de Shidou tressaillirent suite à cette réponse. Il n’y avait pas de doute, le plus probable était que celle que Kaguya appelait son « parent » n’était autre que Tohka. La dernière fois, à cause de Kotori, il y avait certainement eu un moment où il avait été jeté dans le futon de Tohka alors qu’il était encore endormi.

Après avoir entendu la réponse de Shidou, *Fufun*, Kaguya arbora un sourire triomphal en direction de Yuzuru et elle hocha de la tête avec satisfaction. C’est ainsi qu’elle poursuivit son entrée dans le futon de Shidou.

« N, non, c’est parce que… »

Lorsque Shidou se coinça dans le futon dans l’intention de la rejeter, *Ugu*, les épaules de Kaguya prirent la forme du kanji八.

« Je, je ne te… plait pas? »

« … ! Ce, ce n’est pas la… Aahhh ! Moo !? »

Il eut une expression confuse alors qu’il plaça sa main sur son front.


« …Dans l’idée générale, tu dois le réchauffer en dormant avec lui ! »

Tohka, *Fufun*, laissa échapper ce son de son nez alors qu’elle croisa ses bras avec confiance.

Oui, elle se rappelait que Reine et Kotori lui avait dit que c’était une chose importante pour se réchauffer lorsqu’on attrape froid.

En plus de ça, elle avait aimé la chaleur lorsque Shidou avait rampé dans son futon et qu’elle avait dormi avec lui. Néanmoins, elle avait été surprise de cet évènement soudain. Mais, maintenant dans son état physique affaibli… eh bien, c’était spécial maintenant.

Origami pencha sa tête de côté dans un état d’abandon.

« Comme prévu, tu es indigne pour ce rôle. Tu devrais retourner calmement dans ta chambre. »

« Qu, Qu’est-ce que tu as dit ?! »

«  C’est une évidence, tu n’as rien préparé. »

« Quoi ? »

Lorsque Tohka la fixa tout en s’exclamant de la sorte, Origami baissa son regard vers le sac qu’elle portait au poignet.

«  Un thermomètre médical, des lingettes froides et également une serviette pour essuyer la sueur de son corps. Il n’y a rien de secret. »

« Fu, fuun ! J’ai aussi préparé la serviette dans la chambre ! Même que je… »

Sur ces mots, Origami secoua sa tête.

« Il n’y aucun intérêt à faire ça. Même si j’éponge la sueur avec beaucoup de mal, puisqu’il s’agit de la serviette préparée, je ne peux pas la ramener. »

« Mu, Muu… ? »

Elle n’avait pas compris le moindre mot de ce qu’avait dit Origami. Elle avait laissé échapper ce son de sa gorge comme si elle l’avait grommelé.

« De plus, tu ignores quelque chose de très important. »

« Une chose très importante ? »

« Oui. L’utilisation de la serviette n’est qu’en dernier recours. »

« Quoi ? Du coup, tu ne peux pas essuyer sa sueur comme ça ? »

« Puisqu’il s’agit de moi, je le peux. »

Origami commença à s’exprimer plus clairement.


Alors que la bataille entre Shidou et Kaguya se déroulait, Yuzuru s’avança vers lui d’un pas calme et léger.

Puis, *Bazaa*, elle retira le futon.

« Uwaah ?! Qu’est-ce que tu fais, Yuzuru ? »

« ! C’est vrai, c’est injuste de ta part de m’interrompre dans ma tentative de dormir avec lui. »

Comme si elle approuvait Shidou, Kaguya, qui essayait d’entrer dans le futon, prit une voix critique. Néanmoins, Yuzuru n’était pas d’humeur à s’arrêter et à se soucier de tout ça, *twitch**twitch*, elle bougea légèrement son nez.

« Confirmation. Yuzuru peut voir de la sueur. »

« Eh ? Aah… Ah, ouais, un peu je suppose. »

Shidou eut un petit hochement de tête en guise de réponse. En vue d’agir comme s’il avait attrapé froid, même si c’était la nuit, il s’était couvert d’un épais futon en pleine été. C’était normal qu’il transpire.

« Indication. La température de ton corps va baisser à cause de la vaporisation si tu laisses la sueur comme ça. Tu dois rapidement l’éponger. »

« Non… eh bien, c’est peut-être le cas, mais… »

Alors que Shidou la fixait de manière interrogatrice avec des yeux ahuris, Yuzuru attrapa soudainement l’awase[8] de son yukata et le lui arracha, exposant de fait sa poitrine.

« Ha… »

Ensuite, Yuzuru lui tomba dessus, elle tira sa langue et lécha le torse de Shidou.

Doux et chaud, cette sensation humide se faufilait sur sa poitrine comme pour le chatouiller. A cause de ce soudain évènement, Shidou poussa involontairement un *Kyan !* d’une voix de jeune fille.

« Yu, Yuzuru ?! Att… ! »

« Qu, ququququququ qu’est-ce que tu fais, Yuzuru ?! »

La voix de Kaguya s’ajouta à celle de Shidou, elle cria de la sorte. Yuzuru s’écarta d’elle-même de ce dernier qui lui avait attrapé la tête.

Puis, Yuzuru lécha ses lèvres et arbora une expression perplexe.

« Question. Pourquoi est-ce que tu m’as arrêtée ?! »

« Pou, pourquoi, qu’est-ce que tu fiches ?! »

« C’est la meilleur chose à faire pour essuyer la sueur, c’est ce que mon professeur m’a appris. »

Shidou haussa les épaules en entendant ces mots… D’une certaine façon, il n’y avait qu’une seule personne capable de penser comme ça.

Mais quoi qu’il en fut, à l’instant-même, sa première priorité était de trouver une solution à cette situation. Après qu’il ait porté son regard sur sa poitrine nue, il se couvrit avec le futon qui lui avait été volé.


« … Et c’est comme ça, en utilisant la langue pour essuyer la sueur. »

« Qu, quel est l’intérêt de ça ?! »

Tout en s’écriant, des gouttes de sueur s’écoulèrent le long de ses joues. *Hou*, Origami soupira.

« J’éprouve de la pitié pour ton manque de sensibilité. »

« Guh… »

Tohka se demanda pourquoi, alors qu’elle était celle supposée avoir raison. Elle grinça des dents avec un sentiment de défaite indescriptible. Malgré tout, elle ne pouvait pas être défaite par son adversaire ici. *Bun**bun*, après qu’elle ait balancé sa tête, elle éclaircit sa gorge comme pour faire objection.

« Mai, mais à la fin, il faut quand même dormir avec lui après avoir essuyé la sueur, non ?! »

« C’est vrai, tu marques un point. Dormir ensemble est un facteur très important. »

« Tu vois ! Moi aussi je suis utile ! »

Toutefois, Origami afficha une certaine négation à nouveau.

« Même comme ça, je serais plus que suffisante. »

« Ne, ne te moque pas de moi ! Je suis la meilleure pour dormir avec quelqu’un ! »

Les regards de Tohka et d’Origami se croisèrent et, *baoum**baoum*, des feux d’artifices explosèrent tout autour d’elle.


Après que Shidou se soit recouvert de son futon, et comme si elle n’attendait que le moment où cela se produise, Kaguya se mit à quatre pattes tout en soulevant le dit futon.

« Kuku… Il semblerait que Shidou préfère dormir avec moi. »

« Objection. Yuzuru est vraiment supérieure à Kaguya même dans la tâche de dormir avec quelqu’un. Si tu veux te réchauffer, laisse donc faire Yuzuru, s’il te plait. »

« Non, c’est bizarre ! Quelque chose me semble bizarre ! »

Lorsque Shidou devint désespéré et les arrêta, Kaguya et Yuzuru le regardèrent avec des regards ahuris et interrogateurs.

« Quoi… ? Le contact de la peau n’est-il pas le meilleur moyen de se réchauffer ? »

« Approbation. Yuzuru a également entendu que c’est le cas. »

« Ce, ce n’est pas non plus une montagne enneigée ici, je vais très bien tout seul… »

Shidou agrippa fermement son futon sur sa poitrine et prononça ces mots comme s’il essayait de leur échapper. Dans la scène, il avait l’air d’une héroïne attaquée par des voyous.

Sur ces faits, Yuzuru, *Pon*, frappa ensemble ses mains comme si elle était convaincue de quelque chose et elle eut un petit acquiescement.

Puis, elle se leva lentement et défit l’obi qui retenait son yukata.

« Que… ?! »

L’état de confusion de Shidou et de Kaguya se superposèrent magnifiquement.

Mais, Yuzuru ne s’en préoccupa nullement et elle regarda Shidou calmement. A la vue de sa peau captivante, cumulée à la vue de ses sous-vêtements visibles à travers les pans de son yukata défait, le cœur de Shidou accéléra étrangement.

« Qu, que, que, qu’est-ce que… »

« Compréhension. En parlant de ça, le professeur m’a dit que pour réchauffer ça n’avait pas de sens à moins d’avoir un contact direct avec la peau. »

« Qu’est-ce que c’est que cette super théorie ?! »

Même si Shidou adopta une voix proche d’un cri, Yuzuru ne s’en soucia pas et entra dans le futon.

Puis, elle prit le bras gauche tremblotant de Shidou et le plaça en plein centre de son yukata.

« Huaa ?! »

Le visage de Shidou devint rouge alors qu’il s’exclama. Même s’il ne pouvait pas le constater de lui-même, il devait probablement y avoir de la fumée sortant de ses oreilles et de sa tête.

« Att, que, qu’est-ce que tu entortilles comme ça ! »

« Ignorance. C’est bien que Kaguya ne le sache pas. C’est un espace d’adulte à l’intérieur du futon. »

Sur ces mots de Yuzuru, Kaguya grinça des dents sous le coup de la frustration.

« Ne, ne me porte pas tes yeux sur moiii !! »

Puis, elle plaça ses mains sur son obi et avec vigueur, *BASAAM*, elle le retira.

« Que… ?! »

Les yeux de Shidou la fixaient avec interrogation. Puisqu’elle avait dénoué son obi plus vigoureusement que Yuzuru, son yukata s’était retourné pendant un instant. De plus…

« Pou, pourquoi est-ce que tu es nue, Kaguya ?! »

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Oui, même Yuzuru portait un soutien-gorge et des sous-vêtements sous son yukata, mais, là, à l’instant-même, Kaguya ne portait rien du tout. Il ferma ses yeux sous l’effet de la panique.

« … ! Choc. Aller aussi loin… »

Sous le choc et l’interrogation, les yeux de Yuzuru devint également ronds. Après avoir vu leurs réactions à tous les deux, Kaguya dit d’une voix confuse :

« Eh ? Les yukatas ne sont-ils pas supposés être portés comme ça ? C’est parce que Tohka m’a dit… »

« Non, c’est effectivement la façon correcte, mais malgré tout ! »

« Eh, eei, je ne m’en soucie plus… ! »

Après qu’une Kaguya excitée cria désespérée de la sorte, elle s’engouffra dans le futon.

Puis, elle le prit de la même façon que Yuzuru l’avait fait précédemment et elle utilisa ses deux jambes pour entrelacer le corps de Shidou.

« Bon, bon… Shidou. Sens mon pouvoir de guérison… ! Je suis plus chaude que ceux de Yuzuru. Constate, Yuzuru a une sensation quelque peu froide ! »

« Objection. Kaguya est celle qui a une poitrine pitoyable, il devrait y avoir moins de valeur calorifique. »

« Kuha… ?! »

Pris dans leur dispute, le corps de Shidou se raidit alors qu’il exhala.

Mais, aussi longtemps qu’il serait emprisonné dans le futon, son corps serait pressé des deux côtés. La douce sensation de leur peau contre la sienne, la sensation procurée par leurs souffles dans son oreille, ou encore l’odeur légère de leurs sueurs, s’il devait encore sentir tout cela, ça finirait mal. Comme prévu, il semblait qu’il ne pût en supporter d’avantage.

« Contrôle. Kaguya, le visage de Shidou est en train de virer au rouge. »

« Qu’est-ce que tu dis ? Même si toutes les deux nous sommes en train de le réchauffer ? Tu veux dire qu’on empire sa condition ? »

« Hypothèse. La raison est probablement due à une allergie à Kaguya. Essaye de prendre quelques distances. »

« N, ne dis pas ça comme si j’étais de la poussière domestique ! »

« Proposition. Laissons les plaisanteries de côté, nous devons faire quelque chose pour lui. »

« Faire quelque chose… Qu’est-ce que tu proposes ? »

« Proposition. En parlant de ça, lorsqu’on parle de contact direct, ne penses-tu pas que la zone de contact de la peau est limitée ? »

Et ainsi, alors qu’il réfléchissait à ce qu’avait dit Yuzuru, elle lui lâcha, contre-toute attente, la main droite qu’elle tenait.

*Houu*… Il eut un profond soupir de soulagement. Mais, l’instant d’après, son corps se raidit à nouveau.

La raison était très simple, les mains de Yuzuru commencèrent à défaire l’obi qui retenait son yukata.

« Att, arr, que, que ?! »

Shidou eut la larme à l’œil et cria, mais la main de Yuzuru ne semblait pas vouloir s’arrêter. Au contraire, même Kaguya remarqua à mi-chemin les actions de cette dernière, son visage devint rouge alors qu’elle lui retira vaillamment son yukata.

« Ki, Kyaaaaaa ! Kyaaaaaa ?! »

« Tais-toi, silence ! Tu rends la chose difficile à enlever! »

« Consentement. Ce n’est pas comme si tu étais un bébé innocent, de toute manière. »

Le futon remua avec acharnement alors que, *Poi*, le yukata que portait Shidou s’en échappa.

A franchement parler, il n’avait pas idée de ce qu’on lui faisait. C’était un peu comme un tour de magie.

Toutefois, le cauchemar ne s’arrêta pas là. La chose suivante sur laquelle Yuzuru et Kaguya placèrent leurs doigts, ce fut son ultime bastion, son caleçon.

« Eh bien, eh bien… C’est le dernier. »

« Affirmation. Faisons ça en une fois. »

Bien que leurs respirations fussent dans un état d’excitation, elles devinrent irrégulières, puis toutes les deux mirent de la force dans leurs mains.

« I, Iyaaaaaaa ?! »

Shidou poussa un cri très aigu qui traversa la chambre.


Alors que Tohka faisait face à Origami et alors qu’elle avait été acculée dans l’impasse d’un couloir de l’hôtel, de manière inattendue, elle leva ses sourcils en entendant une sorte de cri provenant de quelque part.

« … Nu ? Est-ce que tu as entendu quelque chose ? »

« Ce doit être une hallucination auditive. Tu devrais prendre soin de toi et retourner dans ta chambre. Laisse-moi m’occuper de Shidou. »

« Tu me répète encore ça… »

Tohka désigna du doigt l’assiette qu’Origami portait.

« C’est pour le dîner de Shidou. Lorsque tu es refroidi, tu n’as pas d’autre choix que de récupérer de l’énergie. »

« Fu, Fuun ! Tu révèles ta véritable personnalité ! La personne qui est enrhumée doit manger du porridge ! »

Oui, c’est vrai, elle avait entendu Reine et Kotori dire ça la dernière fois.

Mais, Origami n’était pas si surprise que ça, elle répondit de manière désintéressée :

« Lorsque tu te refroidis, manger quelque chose de bon pour la digestion, c’est quelque chose de normal. »

« Que… ? Du coup, pourquoi voudrais-tu… »

« Ce sera sous un état de pâte en moi, puis je vais directement lui l’insérer dans la bouche. Il n’y a aucun problème. »

« Qu, qu’est-ce que c’est que ça… ? »

Tohka pencha sa tête. Elle ne voyait aucun outil sur Origami lui permettant de faire ça, elle se demanda comment Origami comptait en faire de la pâte. Et directement qu’est-ce que… ?

Alors que Tohka s’immergea dans ses pensées, Origami commença à se déplacer silencieusement. Immédiatement, Tohka ouvrit grand ses yeux et attrapa paniquée le bras de celle-ci.

« Att, attends ! Je suis celle qui va s’occuper de Shidou ! »

« Laisse-moi faire. Shidou m’attends. »

« Ne plaisante pas avec moi, il n’y a pas moyen que… »

Alors qu’Origami et Tohka se querellaient en plein dans un couloir, trois ombres s’approchèrent rapidement par derrière et s’agglutinèrent autour d’elles tout en essayant de les calmer.

« Qu, qu’est-ce que c’est… ? »

*Twitch*, Tohka secoua ses épaules et regarda les étudiantes qui s’étalaient dans leurs alentours. C’était des visages qu’elle reconnaissait.

C’était le trio Ai, Mai, Mii qui dormait dans la même chambre que Tohka.

« Hey~, Hey~, toutes les deux. Aujourd’hui encore vous pétez la forme~ »

« Mais, dans un couloir comme celui-ci, ça risque de poser des problèmes autres personnes. »

« Si ça vous va, que diriez-vous de nous confier ce match ? »

Ai, Mai, Mii prirent des positions de coureurs visant un record, elles prononcèrent ces mots comme un ordre tout en se déplaçant à gauche et à droite petit à petit.

« Nu… ? »

« … »

Tohka et Origami, encerclée par les trois, se regardèrent l’une l’autre dans les yeux avec une certaine curiosité.

Partie 5[edit]

Ellen se tenait à un mur d’un couloir de l’hôtel comme si elle était en train d’espionner. Après avoir confirmé que sa cible, Yatogami Tohka, entrait dans la chambre, elle utilisa son doigt et appuya sur l’Incam.

« … Ici, Adeptus 1. Je confirme que la cible est entrée dans la chambre. »

« Compris. Devrions-nous envoyer les <Bandersnatch> ? »

« Je demande au moins 3 unités hors de la chambre, juste au cas où. Toutefois, il semblerait que le sergent-chef Tobiichi Origami soit également dans la chambre. Juste pour être sûrs, soyez prudents, s’il vous plait, sur l’utilisation d’un Territory dans la zone. »

« Compris. <Bandersnatch> unité 1 à 3, activation. »

Obéissant aux ordres d’Ellen, l’Opérateur suivit les instructions.

Et, alors qu’Ellen était sur le point de donner un nouvel ensemble d’instructions…

« … HeBuu ?! »

Soudainement, elle reçut en pleine figure quelque chose qui vola depuis la chambre et qui la renversa sur place.

« Uh… qu’est-ce que c’est que ça ? »

Elle se releva en appuyant sur son nez et alors que son corps se raidit en un instant.

« Ne me dis pas que j’ai été remarquée… ? »

Même si elle n’avait pas subit tellement de dégâts, ce simple tir avait été sans aucun doute dirigé vers elle.

… Ça ne devrait pas être possible. Ellen secoua sa tête à cette pensée. Le <Bandersnatch> n’avait encore entrepris aucune action qui aurait pu les démasquer et ce n’était pas comme si Ellen avait fait non plus quoi que ce soit. Non, d’une certaine façon, si c’était une capacité perceptive d’Esprit alors… Ce genre de pensées emplit l’esprit d’Ellen pendant un instant.

Quoi que ce puisse être, ça ne changeait pas le fait que c’était une situation critique. Ellen essaya de s’extraire de cette endroit et…

« Ah, Miss la Caméraman trouvée~ »

Au vue de la voix insouciante qui provenait de la chambre, elle était certainement la cible de plusieurs regards.

« Oh, c’est vrai, c’est vrai. Tu es bien Ellen-san, n’est-ce pas ? »

« Ne la laissez pas s’échapper, sécurisez-laaaaaa ! »

Tout en criant ce genre d’ordres, alors qu’Ellen était encore en plein dans ses pensées, ces trois filles sortirent de la chambre et s’approchèrent d’elle ; elles commencèrent à faire le tour comme pour l’encercler.

« Que… »

… Je suis encerclée ! Ellen grinça des dents.

Elle se souvenait de ces filles, c’était les étudiantes qui logeaient dans la même chambre que la cible.

Ellen détesta sa propre insouciance. Ces filles avaient été probablement dépouillées de leur libre arbitre par l’Esprit. Elles étaient très probablement dans une sorte d’état de contrôle mental. Il n’y avait aucune autre explication quant à cet étrange comportement.

Pendant qu’elle réfléchissait à tout ça, ses jambes et ses mains furent saisis par Ai, Mai, Mii et elle fut emportée dans la chambre.

« Kuh… Qu’est-ce que vous… ?! »

« Oi~, la caméraman a dit qu’elle voulait participer également ! »

Au moment où Ai prononça ces mots, une autre voix provenant du plus profond de la chambre répondit : « Ooh ! » C’était la voix de Tohka.

« Je comprends. Je vais vous enterrer toutes en même temps ! »

« Bon courage ! »

Cria-t-elle avec un grand balancement et alors que Tohka et Origami, qui se fixaient dans la partie la plus éloignée de la chambre, semblaient avoir lâché quelque chose.

« Je ne vous laisserais pas faire ! Caméraman barrière ! »

A cet instant, Ai, qui portait une jambe d’Ellen, lâcha rapidement prise et s’accroupit derrière Ellen comme si elle essayait de se cacher. En même temps, un objet semblable à un vêtement solide heurta directement le visage de cette dernière.

« Kahaa… ! »

Ellen expira comme si elle toussait du sang puis elle tomba au sol.

« E, Elleeeeeeennn ! »

« Est-ce que tu vas bien ? Tes blessures sont légères, tu sais ? »

« Reprends-toi, tu as une famille qui t’attend à la maison, n’est-ce pas ? »

Elles prononcèrent de telles paroles alors que les réels coupables, qui l’avaient utilisé comme un bouclier, se montraient en train d’essuyer leurs larmes suite à cette action.

A l’intérieur d’Ellen, sa conscience était confuse, elle confirma la véritable nature de l’objet qui l’avait directement frappée au visage.

« … Un coussin ? »

En même temps que le grommellement d’Ellen… la guerre commença.

Partie 6[edit]

Après avoir achevé la réunion du personnel, le professeur principal de la classe n°4 de 2ème année, Okamine Tamae, fut arrêtée par le professeur Murasame Reine, qui avait été placée dans la chambre voisine à la sienne.

De ce qu’elle savait, il semblerait qu’un étudiant de sa classe, Itsuka Shidou, était soudainement tombé malade et qu’il ait dû être mis au repos.

Il serait préférable de ne pas le réveiller s’il dormait, mais… juste au cas où, elle devait au moins veiller sur lui et confirmer sa situation, c’était son rôle en tant que professeur principal. *toc**toc*, Tamae toqua classiquement à la porte.

« Itsuka-kun ? J’ai entendu dire que tu avais de la fièvre, tu vas bien ? »

Et, tout en posant cette question, elle ouvrit lentement la porte.

Lorsqu’elle s’exécuta, à cet instant précis…

« Arr, Arrêêêêêêêêêêteeeeeezzzzzzzz ! »

Tout en poussant un cri si misérable, le dit Itsuka Shidou bondit hors de la chambre.

… Pour diverses raisons, il était nu.

« … »

« Heh… ? »

Shidou venait d’apercevoir le visage de Tamae et eut une expression choquée.

Rapidement…

« KYAAAAAAAAAAAA ?! »

Les cris de Shidou et de Tamae s’élevèrent dans tout l’hôtel.


Notes de traduction[edit]

  1. Un kimono léger porté après le bain.
  2. Puyo: onomatopée japonaise pour la gelée, une attaque directe à ses seins.
  3. Peta: onomatopée japonaise pour la planéité, une nouvelle fois une attaque à ses seins.
  4. Background Music. Terme utilisé dans les jeux vidéo pour le fond sonore.
  5. Pokki(ポッキー) dans la version originale du texte. Il s’agit d’un produit proche de nos Mikado français.
  6. YanYanTsukeboo (やんやんつけぼー) dans la version originale. C’est un équivalent du Nutella Go.
  7. « Un zabuton (座布団?) est un coussin japonais pour s'asseoir. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Zabuton
  8. Partie où les deux pans du yukata se superposent l’un à l’autre.