Reina Kamisu ~ Français : Volume 1 Épilogue

From Baka-Tsuki
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Épilogue[edit]

Je pourrais tout aussi bien mettre une lettre d'amour dans une bouteille et la jeter à la mer : cette dernière a peu de chance d'atteindre qui que ce soit, sans parler de la personne à qui elle est destinée.

Voilà à quel point mon amour est sans espoir.

Il est entièrement dévoué à une autre fille, et si ça ne suffisait pas, ma meilleure amie Hozumi-chan se trouva être ma rivale.

Pour être franche, je crois que je suis au bout du rouleau.

Je n'ai pas envie d'abandonner, vraiment, mais la situation est sans espoir quoi qu'on en dise. Je sens vraiment qu'il y a plus de chance que je conquiers le Japon toute seule que mon amour soit réciproque. J'ai du mal à parler aux garçons, je suis loin d'être aussi belle que Wakui-senpai ou Hozumi-chan, j'ai toujours eu la tête ailleurs, et je ne suis même pas intelligente. Je suis plutôt riche, mais ce n'est pas une qualité en soi.

Oui. Je ne suis rien. Juste une sale gosse.

Comment une fille comme moi, qui passe le plus clair de son temps avec Hozumi-chan, ait pu la poignarder dans le dos et chasser l'ombre de Wakui-senpai qui le hantait ? C'est comme dire à un coureur amateur de rattraper les meilleurs sprinteurs du monde qui sont sur le point de passer la ligne d'arrivée.

Mais ma situation a beau être désespérée, mes sentiments pour lui sont réels.

Je peux dire avec conviction que je l'aime plus que n'importe qui. Vraiment. Je suis certaine que mes sentiments sont encore plus forts que ceux de Wakui-senpai et Hozumi-chan.

C'était le coup de foudre. Ma mère se moquerait de moi et me dirait que ce n'est pas le véritable amour, mais si des sentiments qui me tiennent éveillée et qui me font pleurer toutes les nuits ne sont pas vrais, alors je suis sûre que je dois moi-même être une énorme blague.

Je me fiche s'il ne m'appartient pas à moi toute seule.

Je suis heureuse de pouvoir profiter du fait que je sois amie avec Hozumi-chan pour de temps en temps pouvoir discuter avec lui, ou le toucher.

Je prie pour que notre quotidien reste comme ça. Une relation chaleureuse et confortable entre Hozumi-chan, senpai et moi.

Si jamais il me prête une quelconque attention sur le chemin, je ne pourrais pas être plus heureuse. Et si par miracle on devenait plus intimes, je pourrais mourir sans regrets.


J'arrive dans notre classe, et remarque qu'il y a de l'agitation. Je suis curieuse de savoir ce qui se passe, mais j'hésite à parler aux autres sans Hozumi-chan.

Surtout, je veux voir senpai. Mais visiblement, Hozumi-chan n'est pas encore là, même si elle arrive tôt d'habitude comme elle veut également le voir dès que possible.

Une panne d'oreiller ? Elle est du genre à se lever tard après tout.

... Peut-être que je devrais me contenter d'y aller sans elle ?

Je secoue fermement la tête quand cette pensée me traverse. Je ne suis pas si courageuse ! Ah, ce garçon-là m'a vue secouer la tête. Ah... il va croire que je ne suis pas nette si ça continue...

Mais oui ! Je me sens courageuse aujourd'hui !

Il me faut juste le saluer. Il le fait toujours, lui aussi. Peut-être que je vais réussir à engager une conversation avec lui ? Au sujet de mon collège, peut-être ? Ou de ma sœur ? Il y a beaucoup de sujets possibles. Il sait écouter les gens, alors je suis sûre qu'on va bien s'amuser même malgré ma faible éloquence.

Après un moment d'hésitation, je pose mon sac et sors de la classe.

Je suis désolée, Hozumi-chan. Je pense que je vais en profiter.

Mais... tu ne m'en veux pas, n'est-ce pas ? Je ne te mets pas de bâtons dans les roues, après tout. Et puis, je n'ai parlé à personne de mes sentiments pour que tu ne t'en veuilles pas. Alors tu ne m'en veux pas, pas vrai ?

Après m'être convaincue de cette façon, je descends les escaliers et me dirige vers la classe de senpai. En arrivant là, je jette un coup d'œil dans sa classe tout en évitant les regards persistants des autres lycéens.

Le voilà.

Je sens le sang me monter à la tête.

Il est d'une beauté aujourd'hui. D'une incroyable beauté.

En remarquant mon regard, il s'approche de moi et me fait un salut de la main. Il sort même de la classe pour moi ! Alors que je suis seule cette fois-ci !

Je crois que je deviens folle ! J'ai envie de m'enfuir en courir et me cacher dans un coin.

— Salut, Yoshino-chan.

— B-Bonjour, marmonné-je tout en baissant les yeux, malgré que je voulais vraiment le saluer avec un sourire.

Beeeuh... Idiote, idiote ! Il va en avoir marre de moi si je continue !

— T'es pas avec Hozumi-chan aujourd'hui...?

— Ah... oui. Elle n'est pas encore arrivée.

J'ai soudain l'impression d'avoir une arrête coincée dans la gorge. Non, cette étrange sensation est comme un poisson entier.

Mais cette impression inconfortable est chassée par sa phrase suivante.

— Yoshino-chan, je peux te parler en privé ?

— Hein ?! Quoi ?! bégaie-je inconsciemment. E-En privé ?

— Ouais.

— P-Pourquoi—?

Je n'en reviens toujours pas quand il s'approche de moi pour me murmurer à l'oreille. S-Senpai, pas si près... c-c'est gênant.

— ... Parce que j'ai remarqué tes sentiments.

— Hein ? HEEIIIIN ?! dis-je d'une voix rauque ce qui attire l'attention des autres.

C'est gênant, mais c'est le cadet de mes soucis maintenant.

Mon dieu... J'ai envie de pleurer. Je ne vais plus pouvoir être avec lui maintenant. Même si j'ai toujours souhaité que notre relation reste comme elle était il y a quelques minutes !

Je lève la tête, décidée à dire quelque chose pour maintenir le statu quo. Non pas que je sache déjà quoi.

Mais en voyant son visage, je suis surprise, mais d'une autre façon.

Il est extrêmement calme.

Pourquoi ? Ce n'est le genre de personnes à repousser quelqu'un avec ce genre de visage. Mais alors... Qu'est-ce que ça signifie ?

— S-Senpai...?

— Hm ?

— C-Corrige-moi si... je me trompe, mais... Ah ! Tu dois te dire que je raconte n'importe quoi, mais... est-ce que mes, hum, sentiments ne sont... pas un problème pour toi...?

J'ai rassemblé environ l'équivalent d'une vie de courage pour lui poser la question. Je suis prête à mourir sur le champ si je l'ai mal compris.

Mais il me répond avec un sourire.

— Mais bien sûr que ce n'est pas un problème. Ça me touche beaucoup !

Aah...

Je n'en reviens pas. Je n'en reviens pas !

S'il dit vrai, je ne peux m'empêcher de penser que la Terre ne tourne pas rond. Le soleil a dû se lever à l'ouest aujourd'hui et va se coucher à l'est.

Mais c'est vraiment la réalité.

Il me sourit gentiment :

— Alors, Yoshino-chan ? Est-ce que je peux te parler en privé ?

— O-Oui, bien sûr.

Après avoir dit ça, il me prend la main et m'emmène quelque part.

Emmène-moi où tu voudras. Je me fiche où tant qu'on est ensemble.

J'ai toujours cette drôle de sensation de tout à l'heure, mais je décide de ne pas y prêter attention. Je me fiche si j'ai oublié quelque chose. Plus rien n'a d'importance tant que je suis avec lui.

Il remarque mon regard insistant sur lui et me lance un sourire d'une beauté absurde.

Alors que je sens la chaleur de sa main, je prie :

Seigneur, faites que mon senpai adoré—

... faites que Reina Kamisu soit toujours .