Apprendre le japonais avec OreImo : Titre

From Baka-Tsuki
Jump to: navigation, search


Le texte de cette page peut être difficile à lire.
Aussi, vous avez la possibilité de lire la page en couleur en cliquant ici.


Le titre[edit]

Traduire le titre est bien évidemment la première chose à faire lorsque l'on commence la traduction d'une série :


俺の妹がこんなに可愛いわけがない。

Ore no imouto ga konna ni kawaii wake ga nai


Vocabulaire :

俺 – ore – je, moi (généralement utilisé par les hommes)
妹 – imouto – petite sœur
可愛い – kawaii – mignon(ne)
わけ – wake – raison
ない – nai – négation, inexistence


Beaucoup d'entre vous connaissent sûrement la traduction anglaise de ce titre – My little sister can't be this cute. Et parmi eux, un certain nombre arriverait facilement à traduire cette phrase en français. Cependant, je suis sûr que très peu d'entre vous savent pourquoi cette phrase a été traduite de cette façon. Alors notre premier exercice sera de traduire le titre de cette série.

Eh bien, commençons par le commencement. Les trois premiers mots ore no imouto sont assez simples à traduire, à condition de comprendre le no qui se trouve au milieu.
Ce qui nous amène à la première partie,

Nouveaux objets grammaticaux – les particules (Introduction)[edit]

Les particules sont l'ossature de la langue japonaise. Elles n'existent pas à proprement parler en français. Les prépositions (dans, en, avec, par, etc.) y ressemblent, mais ne sont pas aussi abondantes que les particules.

Chaque particule nous indique la fonction d'une certaine partie d'une phrase, et vient toujours après la partie de la phrase qu'elle modifie. Par exemple, la particule de sujet ga, que l'on verra plus en détail plus tard, vient juste après le sujet d'une phrase. Dans une phrase qui commence par X ga…, on sait que X est le sujet de la phrase.

En continuant de lire, on rencontrera beaucoup, beaucoup de particules différentes. Une compréhension complète de toutes les différentes particules est essentielle pour devenir compétant en japonais, alors faites très attention à chaque fois qu'une nouvelle particule pointe le bout de son museau, exactement comme maintenant :


Nouvel objet grammatical – la particule no[edit]

No est une particule qui marque la possession. À bien des égards, no est similaire au 's anglais, et il est souvent utilisé précisément de cette manière.

Dans les trois mots ore no imouto, la particule no coincée au milieu nous dit que ce qu'il y a avant elle (rappelez-vous que les particules modifient toujours ce qui est placé avant elles), le ore, possède ce qui vient après elle, le imouto. Comme ore signifie je et imouto désigne la petite sœur, ces trois mots se traduisent par Ma petite sœur.

Il convient de noter que no est bien plus polyvalent que le 's anglais. Par exemple, il peut être utilisé pour insister (Imouto no Kirino signifierait Ma petite sœur, Kirino), utilité que n'a pas le 's.

Ce qui nous amène au mot suivant, ga.


Nouvel objet grammatical – la particule ga[edit]

Comme je l'ai mentionné plus tôt, ga indique le sujet d'une phrase. Pour le moment, je ne dirai pas grand chose de plus à son propos. Dans le cas présent, il nous informe que ore no imouto, qu'on traduit par Ma petite sœur, est le sujet de cette phrase.

Il y a une autre particule qui marque le sujet d'une phrase, wa, qui donne beaucoup de soucis aux étrangers qui souhaitent apprendre le japonais. Les subtilités entre wa et ga sont épouvantablement compliquées à assimiler, et c'est pourquoi nous allons remettre l'explication à plus tard, pour le moment où ne le rencontrerons dans le texte (ce qui ne prendra pas longtemps, croyez-moi).

Ceci étant dit, penchons-nous sur les trois prochains mots, konna ni kawaii.


Nouveaux objets grammaticaux – les particules kore, sore, are, et leurs dérivés[edit]


Attention, je sais que cette partie peut être difficile à comprendre pour nous autres francophones, et c'est pourquoi j'y fais de nombreuses comparaisons avec l'anglais. Même si j'essaie d'expliquer convenablement, connaître les bases de la langue de Shakespeare (surtout concernant this et that) est très vivement conseillé.


Ces mots sont si utilisés dans la langue japonaise qu'il serait bien de s'y intéresser dès maintenant. Pour faire simple, ils sont les équivalents des mots anglais this (ceci) et that (cela). En gros, si vous voulez vous référer à un objet qui est proche de vous, vous utiliseriez this. Par exemple, look at this (regarde ceci), ou listen to this (écoute ceci). Et bien, en japonais, this se traduit par kore.

Parallèlement, si vous parlez de quelque chose qui est loin de vous, vous diriez that en anglais. C'est légèrement différent pour le japonais, puisque that est divisé en deux catégories chez les Nippons : sore est utilisé pour désigner une chose éloignée de celui qui parle, mais d'une distance raisonnable de la personne à qui cette personne parle, tandis que are est réservé à ce qui est très loin. Donc pour traduire ce bateau, vous utiliseriez sore s'il est là-bas, à côté de toi, ou are s'il est là-bas, en Amérique.

Il y a plusieurs variantes de ces trois mots.

Koko, soko et asoko servent pour la localisation, et se traduisent respectivement par ici (tout près), (à une certaine distance) et là-bas (au loin).

Kono, sono, et ano sont les formes adjectives (démonstratives) de kore, sore et de are. Donc, kono neko pourrait se traduire par ce chat (vous devriez savoir qu'en japonais, neko signifie chat). Notez que ces mots se terminent tous par la syllabe no, qui devrait (légitimement) vous rappeler la particule possessive no dont on a parlé un peu plus tôt.

Enfin, il y a konna, sonna, et anna. Ils signifient à peu près quelque chose comme ceci/cela. Ils sont utilisés pour accentuer la mesure dans laquelle quelque chose est vrai. Pour les très nombreux qui n'auraient pas compris, konna imouto se traduirait par une petite sœur comme ceci, alors que anna neko voudrait dire un chat comme cela. Si vous ajoutez un ni à la fin de ces mots, ils deviendront des adverbes. On verra cette particule ni plus en détail plus tard, donc arrêtons-nous en là pour l'instant. Cependant, vous aurez compris que konna ni est un adverbe formé sur konna, et que par conséquent, dans la phrase

konna ni kawaii,

le ni est obligatoire parce que konna ni modifie l'adjectif kawaii. Ainsi, cette phrase se traduirait par mignonne comme ceci. Pas très joli hein ? Nous préférerons utiliser l'expression aussi mignonne pour des raisons d’esthétisme. Et cela nous mène tout droit à la partie sur les adjectifs.


Nouveaux objets grammaticaux – les "vrais" adjectifs en -i et leur présent[edit]

« Quand tu dis "vrais" adjectifs, tu veux dire qu'il y en a des faux ?! »
Eh bien... oui, et on est arrivés là ou se trouve le premier que l'on a rencontré jusqu'à présent. Ici, l'adjectif dont je vous parle est kawaii (mignon(ne)), qui est un "vrai adjectif en -i". J'appelle ces adjectifs "adjectifs en -i" parce que leurs formes au présent finissent toutes par la syllabe i.

Nous allons voir comment exprimer les adjectifs au passé plus tard, mais pour l'instant, gardez seulement à l'esprit qu'en japonais, les adjectifs peuvent être utilisés pour qualifier des noms de deux façons différentes :

  1. L'adjectif vient juste avant le nom (on dit en français qu'il est épithète) ; l'expression devient alors un groupe nominal : kawaii imouto (petite sœur mignonne)
  2. L'adjectif est après la particule de sujet ga (situés après le nom) (il est attribut du sujet) ; l'expression devient alors une phrase : imouto ga kawaii ((Ma) petite sœur est mignonne)

Dans notre cas, c'est la deuxième possibilité qui nous intéresse. Pour l'instant, on lit la phrase :

Ore no imouto ga konna ni kawaii (Ma petite sœur est aussi mignonne)

Notez qu'il y a un autre adjectif dans le titre, nai, qui signifie inexistant.

Et c'est sur cette magnifique transition que nous commençons la partie portant sur les trois derniers mots, wake ga nai.


Nouveaux objets grammaticaux – les propositions subordonnées relatives (Introduction) et wake[edit]

Les propositions subordonnées relatives (que j'abrégerai en relatives) sont un sujet qui pose souvent quelques problèmes aux Français qui apprennent le japonais, tout simplement à cause de l'ordre des mots. Je pense qu'un peu de grammaire s'impose... Une proposition subordonnée relative est une partie de phrase plus ou moins longue qu'on utilise pour qualifier un nom. Par exemple, dans la phrase la voiture rouge que j'ai vue tout à l'heure était belle, la relative que j'ai vue tout à l'heure modifie le nom voiture, au même titre que l'adjectif rouge. En un sens, elles agissent presque comme des adjectifs.

Comme dans l'exemple ci-dessus, en français, les relatives se situent la plupart du temps après ce qu'elles qualifient, et commencent généralement par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, , lequel (et ses dérivés)).
Eh bien à l'inverse, en japonais, les propositions subordonnées relatives viennent avant ce qu'elles modifient, et il n'y a pas de pronom relatif. Les relatives japonaises finissent par un adjectif ou par un verbe, qui est immédiatement suivi par ce que la proposition qualifie. On doit encore rencontrer un verbe (qui ne soit pas dans la relative), et la subordonnée relative dans la phrase que l'on traduit est :

ore no imouto ga konna ni kawaii,

qui se termine par l'adjectif kawaii. Rappelons que cette phrase se traduit par ma petite sœur est aussi mignonne. Cette proposition modifie donc le prochain mot, wake.
Le mot wake est un nom normal, qui peut être traduit par raison, et qui est en fait généralement utilisé à la fin des phrases, quand la personne qui parle tient à souligner qu'elle est parvenue à une conclusion. Kirino utilise elle-même souvent ce mot à la fin de ses phrases pour ajouter un air narquois et confiant à ses répliques.

Pour en revenir à notre traduction, nous savons que ma petite sœur est aussi mignonne modifie le nom wake, qui signifie raison. Ore no imouto ga konna ni kawaii wake se traduit donc par La raison pour laquelle ma petite sœur est aussi mignonne.

Nous en savons maintenant assez pour terminer la traduction. Après wake, on peut voir la particule de sujet ga encore une fois, qui nous indique que la raison pour laquelle ma petite sœur est aussi mignonne est le sujet de cette phrase. Pour finir, nai est un adjectif qui signifie inexistant. X ga nai se traduirait par X n’existe pas. On reverra un peu mieux nai plus tard, mais pour l'instant, on se contentera de terminer notre traduction :

Ore no imouto ga konna ni kawaii wake ga nai
La raison pour laquelle ma petite sœur est aussi mignonne est inexistante

Et dans un français un peu plus fluide,

Impossible que ma petite sœur puisse être aussi mignonne


Remarque : L'expression wake ga nai est en fait souvent utilisée, et peut être traduite par impossible que, ou plus familièrement pas moyen que.

Pas moyen que ma petite sœur puisse être aussi mignonne !


Félicitations ! Vous savez maintenant comment traduire le titre d'OreImo.


Revenir à l'écrit Retourner au sommaire Passer à la première phrase (version couleur)