Date A Live:Akihabara FR

From Baka-Tsuki
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Tohka[edit]

« Oohh… »

Un certain après-midi…

De la sueur se formait sur le front de Shidou, qui couvrait sa bouche en marchant lentement le long du chemin.

Les deux côtés de la rue étaient remplis de magasins d’appareils électroniques, de mangas, de game centers[1] et autres. Et sur la façade des immeubles, il y avait des bannières et des enseignes avec des filles mignonnes, choses rarement présentes dans les autres rues.

Akihabara. C'est sans aucun doute la terre sacrée des otakus.

Shidou avait dû prendre le train pour se rendre précisément là-bas, mais il n’était pas encore entré dans un seul magasin ; il ne faisait que fixer avec condescendance chaque restaurant de curry ou de ramen qu'il voyait, et même la vieille échoppe qui s'était faite un nom en vendant des soba[2] et du sukiyaki[3].

La raison en était très simple.

« Nuu ? Qu’est-ce qu’il y a Shidou ? Tu as l’air de souffrir. »

Disant cela, Tohka, qui marchait devant Shidou, se retourna.

Cette fille avait des cheveux aussi sombres que la nuit et des yeux aussi clairs que des cristaux, si bien qu'il était difficile de croire qu’elle était née avec. Son attitude dynamique et son sourire enjoué rendaient l’atmosphère mystérieuse qui régnait autour d’elle plus agréable et chaleureuse.

Voilà. Depuis ce matin, Shidou accompagnait ce gourmet dans de nombreux restaurants qu'elle avait choisis.

« … Peu importe à quel point c’est bon, j’ai vraiment atteint ma limite. »

« Uwuu… Vraiment ? Je suppose que nous allons devoir arrêter... Mais, il y a encore un endroit où je veux aller. On peut ? »

« Ahhh… D'accord, mais je vais juste boire de l’eau. »

« Enn ! »

Tohka acquiesça énergiquement de la tête et mena Shidou dans un certain bâtiment. Et ainsi...

« Bienvenue ! Ojou-sama, Goshujin-sama[4] ! »

« Oooh ! »

Lorsqu'il vit qu'il était accueilli si courtoisement à l’entrée par une fille habillée en maid, Shidou ne put retenir sa surprise.

Après qu'ils aient été amenés à une table par la maid, Shidou attendit que Tohka fasse son choix pour appeler.

« Heh… il règne ici une ambiance vraiment particulière. Mais, c'est étonnant. Je n’aurais jamais imaginé que tu veuilles aller dans un maid café. »

« Nwu. Leur omurice[5] moe-moe[6] semble être le meilleur du coin. »

« … Ahhh, Ah bon. Ce n’était donc pas une coïncidence après tout. »

Shidou sourit âprement en prononçant ces mots. Quelques instants plus tard, une maid revint avec l’omelette de riz.

« S’il vous plaît, régalez-vous avec notre omurice spécial moe-moe ! Vous pouvez choisir votre mot préféré pour qu'il soit écrit dessus. Que souhaitez-vous écrire ? »

« Nu… ? Je ne sais pas. Vous pouvez choisir pour moi ? »

« Laissez-moi faire, s'il vous plaît ! »

Après avoir prononcé ces mots, elle souleva le bouchon d’une bouteille de ketchup et écrivit habilement le mot "moe" à l'intérieur d'un cœur.

« Oooh ?! Qu’est-ce que c’est ? Je veux essayer ! »

Après que Tohka eut formulé ces mots, la maid sembla troublée alors qu’elle souriait avec gêne[7].

« Ça ne me dérange pas, mais il a déjà été écrit… »

« Uu ! »

Alors que la maid parlait toujours, Tohka prit sa cuillère et mangea l’omurice d’une seule bouchée.

« Mogu mogu… Nuuu ! C’est délicieux ! Vraiment délicieux ! »

En se léchant les lèvres, elle tendit l’assiette vide à la maid après avoir fini de manger.

La maid resta stupéfaite un instant, puis s’inclina en guise de « J'ai compris », avant de retourner à la cuisine.

Après quelques minutes, elle revint.

« Désolée pour l’attente ! »

« Oooh ! Oui ! »

Les yeux de Tohka brillèrent avec éclat quand elle cria cela. La maid posa l’assiette sur la table et, cette fois, donna le tube de ketchup à Tohka.

« Le secret, c'est d’écrire le mot en une seule fois. Faites de votre mieux, Ojou-sama ! »

« Un ! »

Après que Tohka ait acquiescé, elle commença à dessiner des lignes rouges sur le haut de l’omurice.

Toutefois, la sauce tomate gicla hors de l’assiette alors qu'elle écrivait.

« Uuuuh… »

Tohka fronça les sourcils, ramassa sa cuillère et mangea l’omurice.

« Un autre ! »

« C-Compris ! »

La maid reprit l’assiette, stupéfaite.

« Hé, Tohka. »

« Ne t'en fais pas, Shidou. La prochaine fois, je vais vraiment réussir ! »

« N-Non, je ne me parlais pas de ça… »

Alors que Shidou disait ça, l’omurice suivant arriva.


« ... J’y suis arrivée ! »

Quand Tohka s’exclama de joie bruyamment, c’était après avoir fini dix assiettes d’omurice. Des sueurs froides s'étaient formées sur le visage choqué de la maid. Une foule avait commencé à se rassembler sans qu'ils ne s'en aperçoivent[8].

Toutefois Tohka ignorait les regards qu'on lui lançait, et regardait avec satisfaction l’omurice où était écrit "Tohka".

« Regarde Shidou ! Comment tu le trouves ? Je l’ai écrit comme il faut ! »

« O-Ouais… c’est vrai. »

Comme Shidou souriait âprement en disant ça, Tohka retourna l’assiette d’omurice et la dirigea vers Shidou.

« Ahh, c’est bon. Je peux la voir comme il faut d’ici. »

Après que Shidou ait formulé ces mots, Tohka secoua sa tête.

« Ce n’est pas ça... Celle-là, je voudrais que Shidou la mange. Je l’ai écrit… exprès pour ça. »

« Ehh… ? A-Aah, je suis désolé. Même si tu as fait tout… »

Shidou s’arrêta au milieu de sa phrase. Après avoir vu les yeux de Tohka remplis d’impatience, il ne pouvait plus rien dire.

« … Bon appétit. »

« Mm ! Régale-toi, s'il te plaît ! » dit Tohka joyeusement.

Shidou, qui tenait son estomac sur le pont d'éclater, attrapa sa cuillère.



Yoshino[edit]

« Wow… »

En sortant de la gare, Yoshino ouvrit grand ses yeux saphir tandis qu'elle s’engouffrait dans cette rue pleine de magasins d’électronique.

Vêtue d’une robe de couleur claire, cette petite fille portait sur la tête un chapeau de paille à larges bords. Ses cheveux étaient aussi bleus que ses yeux et sa peau aussi blanche que la neige. Elle portait également une marionnette de lapin plutôt unique à sa main gauche.

« Ouu... Alors c’est ça, Akihabara... ! C’est vraiment impressionnant... ! »

Après avoir dit ça, la marionnette que la jeune fille portait à sa main gauche, Yoshinon, ouvrit la bouche pour manifester des cris aigus.

« Il y a tellement… tellement de gens… » répliqua pour sa part Yoshino, tout en regardant autour d’elle.

C’est vrai. Tous deux (accompagnés d'une autre personne) allaient passer leur week-end à visiter Akihabara.

Shidou, qui se tenait à côté de Yoshino, tapota légèrement sa tête.

« Bien, allons-y. »

« O-Oui… ! »

Yoshino acquiesça de la tête. Pour que Yoshino puisse rattraper sa vitesse, il marchait délibérément plus lentement que d’habitude.

« Désolé, Shidou-san… C’est à cause de mon obstination… »

Alors qu’ils marchaient, Yoshino s’adressa à lui avec une voix faible.

« Tu n’as pas à t’en vouloir. En fait, je suis plutôt content que tu sois capable de parler honnêtement de ce que tu ressens. »

« Ah, hau… »

Après avoir entendu la réponse de Shidou, Yoshino baissa le bord de son chapeau, embarrassée. Shidou souriait avec ironie en continuant d’avancer.

Shidou, Yoshino et Yoshinon étaient ici pour trouver un certain livre.

Apparemment, un fanbook collector de l’animé de magical girls préféré de Yoshino, qui était diffusé le matin une fois par semaine, avait été publié… Le magasin de livres du coin n’en avait plus en stock, aussi fut-elle incapable d’en acheter un.

Bien que ce soit un animé destiné aux petites filles, il n’en restait pas moins un animé. S’il y avait un seul endroit où il pouvait en rester, c’était sûrement Akihabara. C'est pour ça qu'ils étaient venus là.

« Mm, celle-là me semble pas mal. Entrons et jetons un œil. »

Shidou s’arrêta en face de ce qui semblait être un magasin spécialisé dans la vente de produits dérivés d’animés.

« O-Ok. »

« Oou... Il semblerait que les affaires marchent plutôt bien ici... »

Il attrapa la main de Yoshino, et s’avancèrent tous deux dans ce magasin chaotique.

Empilé parmi les livres exposés au comptoir, ils trouvèrent le fanbook collector qu’ils cherchaient.

« Ah… ! »

« Oh, nous l’avons trouvé. N’est-ce pas génial, Yoshino. »

« Oui… ! »

Yoshino approuva avec joie d’un mouvement de tête.

« Bien, je vais le payer, alors attendez ici. »

« Très bien… compris. »

Après qu'il ait reçu la réponse de Yoshino, Shidou marcha en direction du comptoir.


« Regarde, regarde Yoshino... Regarde ça... »

Après que Shidou se soit dirigé vers le comptoir, Yoshinon, toujours à la main gauche de Yoshino, s'adressa soudainement à elle.

« Ça ? ... Ah. »

Quand elle regarda dans la direction que Yoshinon désignait, ses yeux s’écarquillèrent.

À l’intérieur du magasin, elle avait vu plusieurs livres de magical girls qu’elle adorait.

Et la couverture de l'un de ces livres lui était étrangère.

« Est-ce que c'est un collector lui-aussi ? Nous devrions aller y jeter un œil... »

« Eh… Mais Shidou-san nous a dit de rester ici et de l’attendre… »

« Ça va, il est toujours dans la file d’attente pour payer, allons y jeter un rapide coup d’œil. »

« Mm… Juste un rapide alors. »

En disant ça, Yoshino marcha vers l’intérieur du magasin.


« Eh… Yoshino, où est-elle allée ? »

Shidou, revenu après avoir payé le livre, constata que Yoshino et Yoshinon avaient disparu.

Après l'avoir cherchée autour, confus, il trouva Yoshino, le visage complètement rouge, debout devant une étagère, en train de lire un livre.

« Mm… ? Est-ce que tu as trouvé quelque chose d’intéressant ? »

En disant cela, il regarda sur l’étagère... le corps de Shidou se paralysa immédiatement.

Au-dessus se trouvait une mise en garde annonçant "Doujinshi[9] (Interdit au moins de 18 ans)".

« Yo-Yoshino… ?! »

Shidou se précipita vers elle, et l'agrippa par l’épaule.

L’épaule de Yoshino produisit une secousse qui ferma le livre qu’elle lisait jusque-là. C’était un fin volume en format B5. Sur la couverture se trouvait l’illustration d’une magical girl que Yoshino aimait beaucoup… dans une position assez sensuelle.

Yoshino tremblait légèrement, elle leva la tête pour regarder Shidou.

« Shi-Shidou-san… M-Misty… elle… était par ces hommes… »

« N-Non ! C’était… C’est ça ! C’était simplement quelqu’un qui ressemblait à Misty ! »

« Quelqu… Quelqu’un qui lui ressemblait… ? »

« C-C’est ça. N’y a-t-il pas un dicton qui dit qu’il y a toujours deux personnes en ce monde qui te ressemblent parfaitement ? C’est exactement ça ! »

« A-Ah bon... »

Bien que cela paraisse incroyable, Yoshino avait l'air bien plus calme qu’auparavant. Elle devait sûrement chercher elle-même une excuse pour s’évader de la réalité qu’elle avait eu sous les yeux.

« B-Bon alors, on devrait y aller maintenant. C’est d’accord ? »

« O-Oui… »

Yoshino acquiesça de la tête, et suivit Shidou vers la sortie de la boutique.

Cependant, à ce moment-là, Yoshino demanda timidement à Shidou :

« À propos, Shidou-san… à propos de cette personne qui ressemblait à Misty… Elle… qu’est-ce qu’elle faisait… ? »

« … »

Une sueur froide commença à se former sur le visage de Shidou, il prit la main de Yoshino sans rien dire, et quitta rapidement le magasin.



Kurumi[edit]

« ... »

Shidou marchait le long de la rue tandis qu’une sueur froide coulait le long de sa joue.

La raison en était simple : une certaine fille était accrochée à son bras.

Il jeta un coup d’œil dans sa direction. À ses côtés se trouvait une fille, tout de noir vêtue, terrifiante mais pourtant très belle.

Ses cheveux noirs étaient attachés en deux couettes, sa peau était blanche comme la porcelaine. Lorsque sa frange se balançait pendant qu’elle marchait, son œil gauche au motif d’horloge pouvait être entrevu.

Tokisaki Kurumi. L’ancienne camarade de classe de Shidou ainsi que l’esprit le plus violent, et ennemie de l'humanité.

Évidemment, Shidou n’était pas accompagné d’une personne aussi dangereuse seulement parce qu’il le voulait. Kurumi est soudainement arrivée alors que Shidou marchait seul dans la rue, et l'avait amené de force là ou ils étaient en ce moment.

Shidou regarda autour de lui. Les murs des immeubles étaient couverts d’illustrations d’animés ainsi que d'enseignes de magasins d’électronique.

Oui. Shidou a été amené à Akihabara.

« ... Eh bien, m’amener dans un tel endroit, qu’est-ce que tu mijotes ? »

Après lui avoir nerveusement poser la question, Kurumi révéla un sourire aguicheur.

« Kihi, ne sois pas si tendu s’il te plaît. Aujourd’hui, je souhaite seulement que Shidou-san se fasse absorber... Euh, je veux seulement jouer avec Shidou-san. »

« … Tu viens de dire le mot "absorber", n’est-ce pas ? "Absorber". »

« Ara ara ara. »

Après que Shidou lui ait fait la remarque en plissant les yeux, Kurumi ricana comme si elle essayait de changer de sujet.

La méfiance de Shidou s’accrut lentement... mais il était incapable de s’enfuir. S’il décidait de le faire, il était possible que les ombres l’absorbent. Puisqu'il serait fichu au moment même où il y serait entraîné, il n’avait pas d’autre choix que d’accompagner Kurumi jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite.

Après cela, peu de temps après, Kurumi s’arrêta devant un certain magasin.

« C’est ici. »

« C’est… »

« Kihihi, tu comprendras une fois que tu seras entré. »

« Ah… Hé, hé ! »

Tiré de force par le bras, il entra dans le magasin.

À l’intérieur, divers vêtements et accessoires étaient exposés.

« Un magasin de costume… huh ? »

Bien que Shidou dit cela d’un seul coup d’œil, il réalisa rapidement que ce n'était pas tout à fait vrai.

Parmi les divers costumes qui était fermement emballés et exposés, il pouvait vaguement remarquer qu’il y avait quelques conceptions qui lui étaient familières… les matériaux semblaient être extraordinairement lisses… il aurait dit que chacune des conceptions dégageait une singularité particulière.

« C’est… c’est ce qu’on appelle du cosplay… hein ? »

« C’est exactement ça. »

C’est vrai. Exposés tout autour d’eux se trouvaient des vêtements de personnages d’animés et de mangas transposés dans la réalité.

« Pourquoi m’as-tu… amené dans un tel endroit ? »

« Kihihi, parce que cela me semblait intéressant. »

Kurumi afficha un léger sourire et finalement relâcha son bras.

« Puisque nous sommes autorisés à les essayer gratuitement, laisse-moi en tenter quelques-uns. Attends-moi ici un moment s'il te plaît... Si tu t’enfuis, je vais m'énerver, tu sais ? »

Le ton de sa voix changea subtilement, les coins de la bouche de Kurumi commencèrent à se déformer.

Bien sûr qu'il n’essaierait pas de s’enfuir. Des sueurs froides se formèrent sur le front de Shidou tandis qu’il acquiesçait à maintes reprises.

Après que Kurumi fit signe de la tête en guise de satisfaction, elle sélectionna quelques habits et entra dans la cabine d’essayage.


Quelques minutes plus tard, le rideau de la cabine s’ouvrit avec vigueur.

Avec une chemise argentée qui révélait ses épaules nues mise en valeur par une cravate verte et une robe noire à volants, Kurumi, qui portait une perruque verte (ainsi que deux couettes qui semblaient trop longues), prenait la pose.

« Qu’est-ce que tu en penses ? »

« À propos de... »

« Tu veux que je te fasse le miku miku ? »

« Même si tu lui ressembles, ça ne te va vraiment pas de dire ça ! »


Après quelques minutes encore, le rideau de la cabine s’ouvrit à nouveau.

Cette fois, Kurumi était bien enfermée dans une combinaison moulante blanche. Une perruque bleu clair sur la tête, elle avait des bandages sur plusieurs parties de son corps pour une raison inconnue.

« Même si je meurs, je peux être remplacée. » (Ce qui est vrai !)

« Ce n’est pas drôle du tout ! »


Après quelques minutes supplémentaires.

Kurumi portait un tablier avec une grande quantité de dentelles. Ses deux mains étaient sous de larges gants. Outre le port d’une perruque verte, deux clochettes étaient suspendues à son nekomimi[10].

« Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Pourquoi le son de ta voix paraît si similaire à l’original ?! » (La doubleuse de Kurumi est la même que celle du personnage de Di Gi Charat !)



… Bien que rien ne se soit passé, Shidou était particulièrement fatigué. Il laissa s’échapper un profond soupir.

Kurumi, qui portait les oreilles de chat et le tablier, prit un autre costume. Il était composé d'une jupe de style "Gothic Lolita" similaire à celle qu’elle portait habituellement.

« Euh… As-tu l’intention d’essayer celle-là maintenant ? »

« Non. Celle-là c’est... »

Kurumi tendit les vêtements qu'elle tenait à Shidou.

« Pour toi, Shidou-san. »

« ... Haaa ? »

Les yeux de Shidou écarquillèrent.

« Non, non non non. Attends une minute. Pourquoi est-ce que je devrais porter ça ? En plus, ce costume-là est clairement pour femme ! »

« Kihihi, tu n’as pas à te soucier des petits détails. À présent, viens par là s'il te plaît. Prenons une photo ensemble une fois que tu te seras changé. »

« Ah… non, attends, ar-arrête ! »

Les cris de Shidou résonnèrent dans le magasin.



Kotori[edit]

« … Franchement, pourquoi suis-je obligée de venir dans ce genre d’endroit… ? »

Les deux bras croisés devant elle, Kotori, mécontente, râlait en suivant bruyamment Shidou.

Cette jeune fille attachait ses longs cheveux en deux couettes avec deux rubans noirs. Sa silhouette était menue, ses yeux ronds comme des glands, et son expression remplie d’impatience.

« Non, non, ne dis pas ça comme ça ! N’est-ce pas sympa de faire ça de temps en temps ? »

Shidou souriait âprement en prononçant ces mots pour essayer de la calmer. Kotori pointa le bâtonnet de la sucette qu’elle avait en bouche vers le ciel.

L’endroit où Shidou et Kotori se dirigeaient était la salle polyvalente du quartier d’Akihabara : la Belle Salle d'Akihabara[11].

Le premier étage de cet immeuble massif avait des espaces librement accessibles au public. Il semblait qu’un événement allait avoir lieu ici, au vu de la foule imposante qui s’y était rassemblée.

« Oh, nous y sommes. Voyons voir, le stand est au… ah. »

« Très bien, c’est par ici. Ne sois pas si traînard. »

Kotori pointa du doigt la direction d’une énorme foule. Les yeux de Shidou étaient grands ouverts.

« Quoi ? Tu étais donc déjà au courant, Kotori. »

« Hmph, il suffisait de faire des reche... Hum, ce n’est qu'une question de bon sens ! Allez, dépêchons-nous et faisons ce qu’on a à faire, puis rentrons à la maison ! »

En disant ces mots, Kotori, qui était passée devant Shidou, attrapa ses vêtements et le tira.

« Wah, arrête de tirer ! »


Shidou perdit presque son équilibre pendant un moment, mais se reprit rapidement et se laissa entraîner par Kotori.

Eux-deux avaient une raison extrêmement simple de visiter cette rue où ils ne venaient que rarement : la série de light novel préférée de Kotori allait être adaptée en feuilleton télévisé et, pour l’occasion, un événement y était organisé.

En dépit de ça, Kotori n’avait pas beaucoup d’intérêt pour l’événement lui-même… cependant elle changea immédiatement d’avis lorsqu’elle vit la liste des objets en vente.

C’était parce que la sucette qu’un certain personnage de la série aime manger était vraisemblablement vendue en édition limitée.

Bien que se joindre à un tel événement lui semblait embarrassant, Kotori, qui fixait avec envie son écran d’ordinateur, ne tint plus... et traîna, presque de force, Shidou à Akihabara.

Alors qu’ils rejoignaient la file d’attente, ils regardèrent autour d’eux. Les membres du personnel vêtus de vestes bleues vendaient des T-shirts et distribuaient des affiches publicitaires. Au beau milieu de la foule, un objet massif en forme de trône pouvait être aperçu. C'était apparemment un objet du roman. il ressemblait à <Sandalphon>.

« Hé… Kotori, c’est quoi le titre du light novel que tu lis ? »

« Date Alive. »

« … »

Pourquoi ? Il avait un mauvais pressentiment. Bien qu’il ignorait pourquoi, il ressentait une étrange sensation de danger.

Après que la file ait avancé, ce fut au tour de Shidou et de Kotori.

« Bienvenue ! Veuillez, s’il vous plaît, regarder nos produits. »

Les membres du personnel au stand articulèrent ces mots en souriant.

Toutefois, Kotori affichait une expression d’ennui, tout en regardant les produits exposés... ses sourcils se serrèrent un moment.

« … ? Où est la sucette ? »

Après que Kotori ait posé cette question, la femme du personnel baissa la tête en guise d’excuse.

« Je suis navrée. La dernière sucette a été vendue il n’y a pas très longtemps… »

« Eh… »

Kotori écarquilla les yeux, et garda le silence pendant un certain temps.

Peu après, elle tira à nouveau Shidou par ses vêtements tout en quittant la file d’attente.

« Hé, Kotori ? Est-ce que tout va bien ? »

« … Hmph, on ne peut rien y faire s'il n'y en a plus. De toute façon, je n’avais aucun intérêt pour ça, je suis venue juste parce que tu le voulais. »

« … »

En regardant le dos de Kotori, il plissa ses lèvres.

Refusant de la suivre, il retira la main de Kotori qui serrait ses vêtements.

« … Quoi, qu’est-ce qui ne va pas ? »

« C’est juste… Attends-moi ici ! »

« Hein ? Attends, où est-ce que tu vas ?! »

Malgré la voix de Kotori l’appelant dans son dos, Shidou courut à travers les rues d’Akihabara.


Près d'une heure plus tard…

« Haa…, haa… »

Haletant péniblement, Shidou revint aux côtés de Kotori.

« Qu’est-ce qui cloche avec toi, me faire attendre si longtemps ! Où étais-tu donc passé ? »

L’humeur de Kotori semblait s’être énormément empirée depuis qu'il était parti. Elle croisa les bras et le regarda intensément. Shidou sourit avec ironie en sortant quelque chose de sa poche.

... C’était une sucette avec un personnage d’animé imprimé dessus.

« Hein... »

Kotori devint immédiatement silencieuse.

« C-Comment l’as-tu eue ? »

« Ah… J’ai juste pensé que quelqu’un pouvait en avoir acheté plus d’une… »

« Tu es donc parti chercher ce quelqu’un et tu l’as supplié de t’en vendre une ?! E-Est-ce que t’es idiot ?! »

« Uguh… »

Considérant honnêtement la situation, il était incapable de le nier. Il pensait lui-même que faire ça était complètement irréfléchi.

Toutefois, il était rare que Kotori désire quelque chose à ce point. S’il avait été incapable de la satisfaire sur ce coup-là, il aurait été disqualifié en tant que grand frère.

« Tout va bien maintenant, non ? Prends-la. »

« … Un. »

Il lui remit la sucette, et Kotori l’accepta en rougissant un peu.

Après l’avoir examinée un petit moment, elle l’enveloppa de son mouchoir, comme si c’était quelque chose de précieux, et la mit ensuite dans son sac.

« Quel est le problème, tu ne vas pas la manger ? »

« T-Tu es bruyant ! C'est moi qui décide de ce que je dois faire avec ce qui m’a été donné ! »

« E-Eh bien, même si ce que tu dis est vrai… »

« … Comment puis-je me résoudre à la manger ? »

« Quoi ? »

« C’est rien… Bon, rentrons à la maison. »

Tout en disant cela, Kotori commença à marcher en direction de la gare.

Ses pas semblaient plus légers qu’auparavant…




Notes de traduction[edit]

  1. Boutiques de jeux sociaux en ligne où les joueurs peuvent se retrouver pour jouer entre eux.
  2. Les soba sont des nouilles japonaises faites à base de farine de sarrasin.
  3. Le sukiyaki est une sorte de fondue japonaise où l'on trempe des légumes et du bœuf.
  4. Les maids, ou soubrettes, accueillent généralement les clients en les appelant par ces termes, le premier signifient "Maîtresse" et le second "Maître". Plus de détails ici.
  5. Ou omu-rice ou encore omu raisu. Il s'agit d'une omelette farcie de riz frit qui est ensuite décorée avec du ketchup. C'est un des plats emblématiques des maid cafés.
  6. Terme japonais désignant "un sentiment d'affection envers un personnage fictif", il est très utilisé dans l'univers des otakus. Réf : ici.
  7. Dans les maid cafés, les clients ne sont pas censés écrire eux-même sur l'omurice, ce qui explique la gêne de la maid.
  8. Dans la plupart des maid cafés, le client est limité à une certaine durée. Il faut donc comprendre que Tohka empêche la venue d'autres clients.
  9. Le doujinshi est une oeuvre amatrice, qui généralement parodie ou rend hommage à des ouvrages plus célèbres. Pour un grand nombre d'entre eux, il s'agit de versions érotiques du manga ou de l'animé connu. Pour plus d'informations, dirigez-vous ici
  10. Nekomimi est le terme japonais désignant les serre-têtes à oreilles de chat. Pour plus d'informations : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nekomimi
  11. Lieu dans Akihabara où se passe de nombreux événements en rapport avec la culture otaku.