Date A Live : Tome 5

From Baka-Tsuki
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Illustrations[edit]


Prologue : Conquête Inverse[edit]

« ... Comment j’en suis arrivé là ? »

Après avoir désespérément marmonné cela, Shidou cligna ses yeux pour savoir dans quelle situation il s’était retrouvé à cet instant.

Il confirma qu’il y avait deux filles dans son champ de vision.

L’une d’elles avait attaché ses cheveux luisants en chignon. Elle semblait être une fille à la détermination sans faille.

Les extrémités de ses jolies lèvres pointaient légèrement vers le haut, et un beau sourire audacieux se dessinait sur son visage. D’exquises courbes allaient de ses clavicules apparentes jusqu’à son cou, contrastant avec son attitude démesurée. Un certain charme émanait d’elle, remuant quelque chose au fond de Shidou.

« Kuku... Oh, Shidou. Qu’est-ce qui te gêne ? Tout ce que tu as à faire, c’est me choisir, Yamai Kaguya. Si tu le fais, je tâcherai d’exaucer tous tes rêves. »

Après avoir dit cela, celle qui se prénommait Kaguya tendit sa main avec élégance, telle une cantatrice d’opéra, puis elle leva le menton de Shidou. Ce n’était qu’un geste banal, et pourtant, il avait l’impression que des décharges électriques attaquaient et envahissaient son cerveau.

Mais... ce n’était pas tout.

L’autre fille ressemblait étrangement à Kaguya, au point où l’on pouvait se demander si elle était un Doppelgänger, car son apparence lui était quasiment similaire.

Ses cheveux étaient coiffés en trois mèches, et ses yeux étaient dénués de toute énergie. Malgré cela, les yeux de Shidou étaient instinctivement rivés sur ses formes, charmé par cette sensualité qui s’en dégageait.

« Tentation. Shidou, prends Yuzuru au lieu de Kaguya. Si jamais tu choisis le corps frêle de Kaguya, tu n’en tireras qu’un plaisir insipide. »

Ces mots prononcés, elle tapota du bout des doigts les joues de Shidou. Il se raidit spontanément sous l’effet de cette charmante sensation.

« Pff... arrête ça, arrête ça. Si quelqu’un comme toi prenait l’initiative, ça ne ferait que gêner Shidou. »

« Rire sarcastique. Comme tu ne peux pas me battre en face, tu utilises toujours des méthodes honteuses comme embêter Yuzuru. »

Lorsque les regards de Kaguya et de Yuzuru se sont croisés, elles se tournèrent simultanément vers Shidou, puis elles lui tendirent instantanément et en même temps leurs mains.

« Eh bien, Shidou. »

« Question. Qui choisirais-tu ? »

« A-Attendez, même si vous demandez quelque chose comme ça... »

Le visage de Shidou suait à grosses gouttes, alors qu’il reculait.

Pendant ce temps...

« Hé... Je suis la plus mignonne, pas vrai ? »

« Question. Est-ce que Yuzuru... n’est pas bonne ? »

Ainsi, tout en interrogeant Shidou, elles le fixaient des yeux.

« Uhh... »

Toute cette confusion et ces questions lui faisaient perdre la tête.

Évidemment, Shidou doit mener sa conquête pour sauver les Esprits, mais aussi le monde.

Cela dit... pourquoi ?

... Shidou était celui qui se faisait conquérir par les Esprits.

Comme il affichait un sourire embarrassé en essayant d’éluder leurs questions, les mains de Kaguya et Yuzuru se rapprochaient de plus en plus de lui.


« Bien... L’une des deux. »

« Attirance. Shidou. Fais ton choix. »


Chapitre 1: Les plans de DEM[edit]

Partie 1[edit]

« … du coup, je vais vous annoncer votre punition. »

La voix d’un homme au ton calme, mais imposant, entra dans les oreilles de Origami.

A l’instant, dans l’une des chambres de la garnison du JGSDF, quelques hommes étaient assis en ligne et la fixaient, elle se trouvait, pour sa part, au centre de la dite pièce. C’était comme s’ils étaient en train de la réprimander pour quelque chose.

C’était tout simplement normal.

Après tout, un procès se tenait-là, Origami pouvait se défendre elle-même de ses précédentes déplorables actions.

L’homme qui était assis en face d’elle, le Général Kiritani, poursuivit de manière digne :

« Le Sergent-Chef Tobiichi sera réprimandée et punie. Pensez bien au fait que vous ne toucherez pas une nouvelle fois à un Realizer. »

« … »

C’était les mots auxquels elle s’attendait. Sans changer d’expression, elle soupira faiblement.

Le résultat avait été décidé bien avant le début du procès.

Même si, pour la forme, le superviseur de la défense directe, le supérieur Kusakabe Ryouko, était présent, elle n’avait pas beaucoup eu la parole. Au final, c’était un de ces procès qu’elle avait dû simplement suivre en vue de punir Origami.

Mais, même ainsi, ce n’était pas aussi désordonné que la situation que Origami avait causée. C’était tout simplement normal, elle avait tout simplement agit en connaissance de cause.

Mais s’il s’agissait de cet Esprit, si elle avait été capable d’abattre l’Esprit du feu, <Ifreet>, qui avait tué ses parents, cela lui aurait importé bien peu de ne plus combattre et de ne plus appuyer la gâchette de son attirail militaire de destruction.

Une erreur de calcul de Origami… <Ifreet>, Itsuka Kotori, n’était pas la cible de sa vengeance.

Non… ce fait n’avait pas encore été confirmé. Mais, Origami ne pouvait pas non plus considérer les paroles que Shidou avait formulées au péril de sa vie comme étant un mensonge complet. S’il y avait une chance que ces dernières soient vraies, il y a 5 ans de cela, à ce même endroit, il y avait eu un Esprit de plus. Du coup, Origami venait peut-être à l’instant de perdre la possibilité de pourchasser le vrai coupable.

A cause de cela, elle, qui n’était inconsidérément affectée par quoi que ce soit, sentait comme si son cœur était légèrement pressé.

Mais… à cet instant…

« … ? »

Soudain, la porte de la pièce s’ouvrit et tous les hommes, assis en rang, tournèrent leurs regards dans cette direction.

« Qu’est-ce qu’il y a, un procès se tient-là actuellement. Qui vous a dit d’entrer… »

En même temps que Kiritani prononça ces mots, tout en sourcillant, il tourna également son visage pour voir l’intrus et s’arrêta en plein de sa phrase.

« … Monsieur Westcott ? »

Face à son expression de mécontentement et à sa voix troublée, Origami se retourna et regarda.

Juste là se tenait un homme accompagné d’une femme qui semblait être sa secrétaire.

C’était un grand homme vêtu d’une combinaison d’aviation noire. Ses cheveux étaient blonds cendrés et il arborait une paire de petits yeux perçants, comme si un couteau les avait taillés dans sa figure. Il devait avoir plus ou moins 30 ans et était, malgré tout, un homme mystérieux qui donnait l’impression d’être un vétéran expérimenté.

Lorsqu’elle vit le visage de cet homme et entendit Kiritani prononcer son nom, Origami sourcilla légèrement.

Il s’agissait du directeur général de la société DEM, Monsieur Isaac Ray Peram Westcott.

Il était au sommet de la plus importante entreprise et la seule capable de produire des Realizer dans le monde entier.

« … aah. Il semblerait que vous soyez tous en plein milieu de quelque chose. Désolé pour mon impolitesse. »

Il haussa légèrement les épaules tout en prononçant ces mots dans un japonais fluide et tout en regardant tout autour de lui dans la pièce.

« Pou, pourquoi est-ce que quelqu’un comme vous est dans un lieu comme celui-ci… ? »

Kiritani exprima ces mots d’une manière nerveuse et porta son regard en direction de Westcott.

« Eh bien, vous voyez, bien que j’ai réussi à vous offrir un cadeau à vous tous, la <Blanche Licorice>, j’ai entendu dire que Mana était tombée. Et, puisque j’avais aussi prévu de faire un tour au Japon, du coup je suis venu. Je pensais venir vous encourager vous tous mais… quelque chose d’intéressant est parvenu à mes oreilles en cours de route. »

« Quelque chose d’intéressant ? »

Lorsque Kiritani secoua sa tête, Westcott acquiesça de manière exagérée.

« Est-ce un membre de l’AST qui a activé la <Blanche Licorice> et qui a combattu un Esprit avec elle ? »

« …Uh… »

Suite aux paroles de Westcott, Kiritani engloutit.

C’était sûrement une réaction normale. Le DW-029, la <Blanche Licorice>, la combinaison miliaire d’annihilation que Origami avait imprudemment utilisée, était une unité expérimentale de DEM. C’était la cristallisation de la technologie de dissimulation. Autant dire qu’elle était difficile pour une utilisation pratique, la seule personne autorisée à activer le dit équipement n’était autre que Mana, l’employée transférée de DEM.

Westcott devina probablement les pensées de Kiritani et balança sa tête à la manière de quelqu’un s’amusant à un jeu.

« Vous ne devriez pas sauter hâtivement aux conclusions. Ce n’est pas comme si je prévoyais de vous accuser ou d’utiliser cet acte déplorable comme bouclier pour forcer quelqu’un à suivre mes ordres. »

« … ? Alors pourquoi ? »

« De la simple curiosité. Même si ça n’a été que quelques instants, j’étais curieux de savoir quel genre de personne était cette Magicienne capable de diriger cette chose démente. Eh bien…»

Tout formulant ces mots, Westcott tourna son regard vers Origami.

« Je ne pensais pas que ce que serait une adorable et séduisante femme tel que vous. »

« … »

Dans son regard, Origami ressentit une étrange et effrayante sensation, *Glup*, elle avala sa salive.

Et, comme pour interrompre cet échange, le Général Kiritani toussota à propos.

« S’il vous plait, laissez-nous nous excuser à propos de cette histoire plus tard. J’étais justement en train de décider de la punition du Sergent-Chef. »

« Que voulez-vous dire par punition ? »

« Nous en sommes venus à la conclusion que ce serait approprié que lui donner un renvoi disciplinaire suite à ses précédentes manœuvres. »

Lorsque Kiritani formula clairement ces mots, Westcott soupira profondément.

« Qu’est-ce que vous dites ? Il n’y a pas beaucoup de Magiciennes de ce niveau-là capables de contrôler cette chose, vous savez ? »

« … Ce n’est pas le problème, Monsieur. C’est la loi au sein de l’escouade. »

« Ooou… »

Face aux paroles de Kiritani, Westcott prit une pose où il plaça exagérément ses mains sur son front et soupira légèrement.

Puis, il pointa ses mains vers le bureau de Kiritani, porta son regard sur lui sans aucune hésitation et ouvrit sa bouche.

« Est-ce que vous ne comprenez toujours pas, alors même que je vous le répète si souvent ? »

« …Uh… »

Sur ces mots, tous les officiers militaires assis en rang haletèrent en même temps.

C’était évident qu’il aurait eu un tel impact mais… ce n’était pas tout.

Isaac Westcott était le directeur général de la société DEM, ce qui voulait dire que, même s’il était l’homme qui contrôlait tous les Realizer au monde, il n’était pas un homme à parler pour ne rien dire.

Trente années auparavant, quelques personnes obtinrent la technologie des miracles.

Un fragment de Magie capable de manifester les rêves dans la réalité.

Bien que ce ne fût pas officiellement annoncé au public, les Realizer furent distribué aux organisations principales de chaque pays.

Si, à tout hasard, par un caprice de la société DEM, la situation devenait telle qu’elle refusait de fournir un pays en particulier, il y avait une possibilité que ce dit pays voit ses pouvoirs grandement réduits.

Le son d’engloutissement du Général Kiritani se fit entendre. En plus de tout cela, le JGSDF avait contracté, à présent, une grande dette envers la société DEM. S’il faisait une erreur de jugement et contrariait l’humeur de Westcott, sans aucun doute, les choses se compliqueraient.

Lorsque Kiritani claqua des dents, il frappa la table avec son poing.

« … Ne me sous-estimez pas, vous, l’entreprise privée. Je ne changerai pas la décision. Le Sergent-Chef Tobiichi aura un renvoi disciplinaire. »

Il dit cela en regardant fermement Westcott.

Pendant un moment, le son de quelqu’un en train d’engloutir put se faire entendre, mais… il n’y eut personne qui eut la volonté d’émettre une objection.

C’était une chose normale à faire. La priorité d’affaire telle que le pouvoir exécutif du JGSDF se pliant aux exigences d’une entreprise étrangère ne pouvait s’exercer dans un lieu comme celui-ci.

« Merveilleux. »

Westcott qui croisait le regard avec Kiritani se tut pendant un court instant, puis il soupira.

Il prit, ensuite, un smart phone de la poche de sa veste et appela quelqu’un.

« … Aah, ça fait plaisir de t’entendre. Ça faisait un moment que nous n’avions pas parlé. Oui, en réalité, il y a quelque chose dont je voudrais discuter avec toi… »

Et, après avoir échangé quelques paroles, Westcott tendit le téléphone à Kiritani.

« … ? Qu’est-ce que… »

« Vous allez comprendre si vous répondez. »

Alors que le visage de Kiritani se déforma face au doute, il prit le téléphone de Westcott.

Puis, après quelques secondes.

« … Saeki, le Ministre de la Défense… ?! »

Kiritani balança sa chaise avec un bruit sec et métallique, tandis que son visage changea de couleur sous le choc.

« Ha… mais… n, non, il n’y a pas de raison que ce genre de chose soit… »

Alors que de la sueur suintait sur le front de Kiritani, une grosse ride se grava entre ses sourcils.

Il acheva sa communication téléphonique et lança le portable à Westcott.

« Ooototo. Traitez-le avec respect, s’il vous plait, puisqu’il s’agit du tout dernier modèle. »

« … Connard. »

« Fufu, le contrôle Sibérien est réellement un système magnifique, n’est-ce pas ? Etre capable, sans l’aide de la force physique, de coincer un adversaire… le tout peut être réglé en étant un peu intime avec un gentleman. »

Westcott remit le téléphone dans sa poche et renvoya le regard à Kiritani tout en haussant des épaules, puis il présenta la paume de sa main comme s’il concluait un marché.

Kiritani grogna, irrité, il leva le rouleau qu’il tenait et le frappa sur la table.

« … Le Sergent-chef Origami sera condamnée à une assignation à résidence pour une période de deux mois… ! »

« … !? »

Suite à cette annonce, tous les officiels alignés ouvrirent grand leurs yeux. Assignation à résidence… en d’autres termes, l’interdiction d’utiliser un Realizer.

Pour ce que Origami en savait, c’était une punition incroyablement douce.

« Général. C’est… »

« … Silence. Je vous ai déjà dit en quoi consistait la punition. Le procès s’arrête-là. Dépêchez-vous et barrez-vous ! »

« Mais… »

Lorsque Origami tenta de dire quelque chose, Ryouko paniqua et lui attrapa la main.

« Ex, excusez-moi ! »

Elle prononça ces mots et salua, puis elle tira Origami et quitta la pièce à vive allure.

A cette occasion, Westcott leva légèrement ses mains, action semblable à celle qu’entreprendrait un ami, mais Origami ne lui répondit que par un regard, puis elle passa la porte en étant toujours tirée par Ryouko.

Cette dernière poursuivit sa route et éloigna Origami un peu plus de la pièce. Atteignant une distance où leurs voix ne pouvaient plus être entendues, elle s’exprima à nouveau :

« … Origami, qu’est-ce que tu essayais de dire à l’instant ? »

« … Peu importe si c’était indirect ou non, le fait que JGSDF cède aux exigences d’une entreprise étrangère est… »

Alors qu’elle prononça ces mots, *Supan !*, Origami fut frappée sur la tête.

« Qu’est-ce que tu fais ? »

« C’est à moi de le dire. Qu’est-ce que tu vas faire si tu dis quelque chose sans tact et si on te punit encore ?! »

« … C’est un problème. »

Suite à ces mots, Ryouko se gratta la tête et soupira.

« Bon, c’est pas bien comme ça ? Que ce soit ou non une coïncidence, pense à tout ça comme si Dieu t’avait envoyé un ange au visage terrifiant afin de t’aider… Tu veux prendre une revanche, pour tes parents, n’est-ce pas ? »

« … »

Tout en écoutant, Origami acquiesça et agrippa fermement le parchemin.

L’expression de Ryouko se relâcha, elle baissa sa tête en guise de satisfaction.

Et…

« … Hmm ? »

A ce moment-là, Ryouko sourcilla soudainement et poussa son regard au plus profond du passage.

Lorsqu’elle se retourna en direction de celui-ci, quelque chose l’attira, elle vit deux têtes en train d’épier depuis le coin de l’intersection du couloir.

Après avoir échangé quelques regards avec Ryouko, elles marchèrent vers elle, puis :

« Wa ! »

Lorsque Ryouko s’écria soudainement, les deux têtes sursautèrent et se cognèrent l’une à l’autre.

« Ou, ouch ouch… Qu’est-ce que c’était ? »

« Mugyuuu, lou, lourde, tu es lourde, Mike ! »

Les deux personnes ci-présentes étaient des adolescentes. L’une d’entre elle était une fille aux cheveux attachés en deux couettes et portant un uniforme du lycée Raizen. L’autre était vêtue d’une robe légèrement plus longue que ses vêtements de travail et portait des lunettes, c’était une fille aux yeux bleus et aux cheveux blonds.

C’était le soldat de deuxième classe Takamine Mikie et le sous-officier de deuxième classe Mildred F. Fujimura. Elles étaient différentes d’un agent de terrain et d’un mécanicien, mais elles étaient toutes les deux des membres de l’AST tout comme Origami et Ryouko. Puisque l’âge de ce duo était proche de celui de Origami, elles étaient étrangement liées à elle.

« Mikie et Mily. Les filles… Qu’est-ce que vous faites dans un tel endroit ? »

Tout en croisant ses bras, Ryouko leur posa cette question avec des yeux mi-clos. Les deux filles ajustèrent leurs positions et commencèrent à agiter les mains.

« Ah, err, eh bien, c’est à propos…ehhh… qu’est-ce que c’était déjà, Mily ? »

« Ueh ?! C’est perturbant, même si tu le balances à Mily… »

En constatant de l’état de ces deux, Ryouko poussa un profond soupir.

« Ça doit probablement être quelque chose comme s’inquiéter pour Origami… franchement… »

« A, Auuuu… »

« Je suis désolée. »

Tout en prononçant ces mots d’excuses, Mily et Mikie baissèrent leurs épaules découragées.

Mais, immédiatement, Mikie leva sa tête et posa son regard sur Origami.

« D, Donc… Comment ça s’est passé, Origami-san ?! »

Sur ces mots de Mikie, Mily la suivit et s’avança. A les voir toutes les deux, Ryouko, sérieusement, afficha l’expression de quelqu’un qui avait abandonné et poussa un long soupir. Suite à quoi, elle fit signe de son menton à Origami comme pour lui dire : « Réponds ». Origami y répondit en baissant légèrement sa tête, puis elle ouvrit sa bouche :

« … On m'a dit et donné un intervalle d'assignation à résidence de 2 mois. »

« Ah, aah… »

Au moment où elle entendit ces paroles, Mikie perdit ses forces dans ses jambes et s’écroula au sol.

Mais, immédiatement, elle balança sa tête et prit dans sa poche une enveloppe brune où était écrit : « Lettre de démission », et la claqua au sol.

« Non, maintenant que les choses se sont finies comme ça, je vais également quitter ce travail~ kyuu ! »

« Mike, tu ne l’as pas bien dit. »

Mily frappa le dos de Mikie comme si elle calmait un animal.

« Je veux dire, calme-toi et répète ce que Origami vient de dire à l’instant. »

« Eh… ? C’est parce que Origami-san a reçu deux mois d’assignation à résidence… Eh ? Que que ? Assignation à résidence ? »

Mikie sécha ses larmes avec ses manches et se releva.

« Assi, assignation à résidence, ce qui veut dire que tu ne vas pas partir, n’est-ce pas ?! »

« Oui. »

A cet instant, le visage de Mikie, qui était teinté de désespoir, s’illumina soudainement.

« C’est, c’est super… ! Si Origami-san avait été virée, alors je… je… uh… »

Les larmes, qui avaient été séchées, se remirent une nouvelle fois à couler des yeux de Mikie. Puis, submergée par ces émotions, elle écarta ses bras et s’élança vers Origami.

« Origami-saaaan ! »

Mais, cette dernière ne répondit pas en conséquence. En vue de se prémunir de l’assaut de ce petit corps, elle tordit le sien et, en raison de leur différence de taille, elle put donner un coup de coude à l’arrière de la tête de cette cible en approche.

Même si elle n’avait pas eu l’intention de l’attaquer, la sensation qui s’était produite dans son corps était simplement une réaction excessive face à un adversaire qui lui arrivait dessus.

« Hebuuu ?! »

Elle poussa un étrange cri, *Slam !*, le visage de Mikie frappa brutalement le sol.

« O, Origami-saan… »

« … J’ai été surprise que tu fonces sur moi si soudainement. »

«  S, sans blague… à l’instant, n’était-ce pas une belle scène d’émotion… ?  »

Mikie se frotta le nez et le front tout en reniflant sa morve.

Tout en regardant de côté Mikie, Ryouko se courba et prit l’enveloppe brune au sol.

« Fu-un… Alors tu veux quitter l’AST. Je suppose qu’il n’y a pas de choix. Même si ça fait mal puisque nous manquons d’effectifs, tu as été suffisamment polie pour préparer quelque chose comme ça, je suppose que je ne peux pas froidement rejeter cette demande, huh. »

Elle fit des gestes exagérés et haussa ses épaules, enfin elle poussa délibérément un soupir.

« Heh ?! »

Celle qui venait de s’écrier d’une voix hystérique était évidemment Mikie. Ses yeux tourbillonnèrent en cercles puis se dirigèrent vers Ryouko paniqués.

« Ah, err ! C’était… ! »

« Hmmm… ? Oui~. Qu’est-ce qui ne vas pas, Mike ? …Aah, désolée de t’avoir appelé d’une manière si familière, Takamine-san. Ne t’inquiète pas, s’il s’agit de toi, tu feras très probablement du bien dans ta vie à partir de maintenant. »

« Capitaine, c’est, c’est une erreur ! C’est une erreuuur ! »

Mikie tendit ses mains pour reprendre la lettre de démission. Mais, alors qu’elle était sur le point de l’attraper, Ryouko la leva.

« C’est, c’est une sorte de malentendu ! C’est un sinistre complot ! »

« Malentendu…huh… Même si c’est écrit de ta main ? »

*Hop**Hop*, ces sons correspondaient aux sauts de Mikie, tandis que Ryouko levait la lettre toujours plus haut afin de l’empêcher de la reprendre.

Il était clair qu’elle jouait. C’était quelque chose de rare chez la super sérieuse Ryouko, mais… Elle avait probablement accumulé du stress jusqu’à présent et, maintenant, elle le relâchait en taquinant Mikie de tout son corps.

Lorsque Origami fixa Ryouko comme elle le faisait toujours, *ahaha*, Mily eut une sourire enjoué.

« Eh bien, toutes les deux, c’est une bonne chose que Origami n’ait pas été virée… mais, c’est surprenant que tu ais réussi à avoir seulement deux mois d’assignation à résidence. Pour parler honnêtement, je ne pensais pas que quelque chose d’autre qu’un renvoi soit possible. »

Origami se demandait par où commencer et avait du mal à l’expliquer. Mily tremblota immédiatement.

« Ne, nenenenenene me dis pas… »

« Mildred ? »

Pensant qu’elle ne se sentait pas bien, Origami l’avait appelée par son nom. Mily n’y prêta pas du tout attention et rougit ; des gouttes de sueur dégoulinèrent, ensuite, de son front.

« En y pensant normalement, cet acte était d’une catégorie punissable et déplorable… mais la sentence a été l’assignation à domicile de Origami… cette punition est étrangement douce… dans une chambre sombre… et les sourires lubriques des officiers supérieurs… ‘Tu n’as pas envie d’être virée, n’est-ce pas ? Alors tu devrais savoir quoi faire pour empêcher ça, pas vrai ?’… Ah~, Origami a été alors forcée de porter des vêtements humiliants et de ramper au sol… et ensuite, sa part de jeune fille que personne n’a jamais vu… »

Date5 023.jpg

« Hey ! »

« Gyann ! »

Le poing de Ryouko, *Bam*, partit droit sur la tête de Mily.

« C, c’était pour quoi au juste ?! Le cerveau de Mily est un trésor international, tu sais ! »

« Tais-toi ! Tu as dit à haute voix tout ce que tu pensais. »

« Dit, dit à haute voix… Ne me dis pas que tu veux jouer à ce jeu de maniaque sur moi ?! »

Une fois de plus, le poing de Ryouko partit sur la tête de Mily.

« Ouch ouch ouch… mouu, est-ce que Ryouko va prendre ses responsabilités si je deviens stupide… ?! »

« T’es déjà pourrie de l’intérieur, espèce de Mimidoshima[1]. »

Lorsque Ryouko abandonna et ouvrit son poing, Mily se frotta la tête.

C’est à ce moment-là que les sons des pas de deux personnes se firent entendre dans le couloir.

Lorsqu’elles se tournèrent dans cette direction, elles virent un homme aux vêtements noirs et une femme portant des lunettes de soleil. C’était la secrétaire d’Isaac Westcott.

« … »

Origami baissa la tête. En suivant les mouvements de Origami, les autres réalisèrent la présence de Westcott. Du coup, elles se turent, arrêtèrent de s’amuser et se tinrent droite.

« … Aah. »

Westcott prit conscience du groupe et haussa les sourcils. Au moment où il passa à côté de Origami, il mit ses mains sur ses épaules.

« J’ai de grandes attentes de ta part, jeune Magicienne. Puisqu’il s’agit de toi, je suis sûr que tu abattras les Esprits. »

« … »

Origami engloutit.

Ce n’était pas comme si elle avait ressenti de l’hostilité ou une intention meurtrière, mais le cœur de Origami se contractait encore et encore ce qui était tout simplement impossible. C’était comme si… elle ressentait de la peur envers l’homme qui était passé à côté d’elle il y a quelques instants.

« Donne-le-lui. »

Lorsque Westcott donna cet ordre, sa secrétaire sortit un petit morceau de papier de sa poche et le tendit à Origami.

« Poursuivons. »

Elle le prit sans mot dire. Sur celui-ci étaient écrit : le nom I.R.P. Westcott, une liste de numéros qui devaient être des numéros de téléphone et une adresse mail.

« Si quoi que ce soit te tracasse, tu peux nous appeler aussi souvent que tu le désires… DEUS.EX.MACHINA ne ménagera pas ses moyens pour t’aider dans ta cause. »

« …Je vous remercie. »

Elle avait pris la carte de visite et avait répondu doucement. Mais, au final, elle ne pouvait plus regarder derrière lui.

Qu’il ait réalisé ou non l’état dans lequel se trouvait Origami, Westcott afficha un sourire, puis, accompagné de sa secrétaire, il s’en alla.

« E, errr… Qui était cette personne à l’instant ? »

« Qui ? »

Mikie et Mily secouaient leurs têtes exactement en même temps. Ryouko, qui avait une expression de mal aise, se gratta la tête comme si elle laissait tomber, puis elle fit face au groupe les yeux mi-clos.

« C’était Monsieur Westcott de la société DEM. Vous ne l’avez jamais vu à la télévision ou dans des magazines ? … C’est encore compréhensible de la part de Mikie, mais, Mily, n’as-tu pas été transféré ici par DEM ? Comment peux-tu ne pas le connaître? »

La société DEM est la seule au monde capable de fabriquer des Realizer, le composant vital des CR-Unit.

A cause de ça, les organisations policières des différents pays et les armées, chacune équipées de Realizers, disposent de responsables et d’agents de maintenance venus de chez DEM. Mily est l’un de ces agents.

Suite aux paroles de Ryouko, *Ah*, Mily toucha son menton avec ses doigts.

« Maintenant que j’y pense, il doit y avoir quelqu’un comme ça… »

« Maintenant que j’y pense… C’est pas le chef de chez vous ? »

« Ahaha, c’est parce qu’il est rare que les mécaniciens et les gérants se rencontrent en face à face… De toute façon, tout le monde était satisfait que les gérants restent tranquilles tout en envoyant de l’argent à Mily et autres… »

« Tu as sorti une bien dangereuse remarque l’air de rien. »

Ryouko sourit sèchement, mais Origami n’écouta pas plus de cette discussion.

Elle regarda la carte de visite dans sa main gauche comme éblouie par les mots et les numéros imprimés dessus… puis, une fois de plus, elle humidifia sa gorge avec sa salive.

Les pas de Westcott résonnaient dans le couloir lorsqu’il eut un petit soupir.

« … Est-ce que tu as vu, Ellen ? Personne n’a vu à quel point la situation est grave. Tous ces idiots incompétents réunis ensemble étaient suffisamment étranges pour rejeter la faute sur un génie comme il y en a qu’un sur 10 000. »

« Je suppose que c’est vrai. »

La fille,… Ellen, marchait quelque pas derrière lui alors qu’elle répondit calmement.

« Mais, qu’une Magicienne non purifié puisse bouger la <Blanche Licorice>… Si, à tout hasard, ce Kiritani n’avait toujours pas voulu lever la punition de Tobiichi Origami, ça aurait été mieux de l’inviter dans ma société. En effet, ce serait regrettable de l’abandonner. »

« Auprès de DEM ? »

« Aah. Si un traitement magique était correctement mené, à l’instar de Mana ou Artemishia, elle pourrait devenir une Magicienne capable de surpasser Ellen Mathers, la plus puissante magicienne au monde. »

« … »

Venait de dire Westcott en plissant des yeux alors que la plus puissante des Magiciennes garda le silence. Même s’il l’avait dit pour plaisanter, elle était devenue un peu morose. Westcott pensa qu’elle était affreusement mignonne et leva ses épaules.

Mais Ellen se souvint soudainement de quelque chose et dit :

« … En parlant de ça, il y a eu un rapport. »

Elle ouvrit le dossier qu’elle tenait en main.

« Rapport ? »

« Oui. L’Esprit de classe AAA, répondant au nom de code <Princesse>, celle qui apparaissait souvent dans les environs du Kantou et qui avait cessé de se manifester pendant 3 mois. C’est ce que je te disais il y a quelques jours de cela. »

« Aah, c’est ce que j’ai entendu, mais ce n’est pas vraiment si rare, non ? »

« Oui. Mais, regarde. »

Ellen prit une photographie et la montra à Westcott.

Il y avait deux filles sur celle-ci. L’une d’entre elle était le Sergent-Chef Tobiichi Origami qu’ils ont rencontrée précédemment. Maintenant qu’il y pensait, il avait entendu qu’elle était un membre réserviste de l’AST puisqu’elle allait à l’école la moitié de son temps.

Mais… le problème venait de l’autre fille.

C’était une fille à la silhouette mince, elle portait le même uniforme que Origami. Elle était d’une grande beauté avec ses cheveux noirs comme la nuit qui lui descendaient jusqu’aux hanches. Elle avait de magnifiques yeux tels des cristaux ; une fois ces derniers aperçus, il devait probablement être impossible de les oublier pour le restant de ses jours.

Il n’y avait pas de doute, il n’y avait pas de doute possible. Il s’agissait bien de :

« … <Princesse> ? »

Alors que Westcott régulait son cœur qui battait furieusement, il avait pris une voix douce et avait prononcé ce nom.

Oui. La personne dont il était question-là était bien l’Esprit nommé <Princesse>.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce que tu veux dire que cet Esprit utilise une compétence de haut niveau pour aller à l’école ? »

Lorsqu’il formula cela en fronçant des sourcils, Ellen ouvrit sa bouche.

« Le nom de cette fille est Yatogami Tohka. Il semblerait qu’il s’agisse d’une étudiante transférée au Lycée métropolitain de Raizen au cours de la période où <Princesse> a disparu. »

« Quelles ont été les mesures du JGDSF ? »

« Le Sergent-Chef Tobiichi a rapporté qu’une étudiante ressemblait à l’Esprit, mais, puisque les résultats des analyses ne révélaient aucun trace Spirituelle en elle, elle a été classée en tant que personne normale. »

« Comment a-t-elle été analysée ? »

« Il s’agit d’une observation extérieur faite par le DS-06. »

« C’est impossible. »

Lorsqu’il entendit le nom de la machine d’observation qui avait été utilisée, Westcott mit sa main droite sur le front et soupira.

« Ils ont utilisé une fois le DS-06, un véhicule à faible précision, et ils ont conclus qu’il s’agissait d’une autre personne qui ressemblait à l’Esprit, tout simplement ? »

« Il semblerait. »

« Ellen, avec tout ça, je suis certain. Un idiot amoureux de la paix est bien plus effrayant que n’importe quel dément. »

« Je vais demander une ré-investigation de toute urgence. »

« …Non, attends. »

Il tendit sa main pour la retenir de ce faire.

« Si nous laissons ça à ce genre de VIP du JGSDF, le mieux qu’ils puissent faire est un examen physique avec les mêmes résultats. »

« Donc… »

« … Ouais, nous allons reprendre l’affaire en main. Si nous nous en occupons, nous pourrons résoudre ça rapidement et simplement. »

« Mais… »

Il empêcha Ellen de poursuivre plus avant. Il savait ce qu’elle allait dire.

Aussi longtemps que Miss Yatogami Tohka aura une chance d’être un Esprit, il serait nécessaire de déployer le potentiel offensif adéquat pour lui faire face, au cas où elle montrerait ses véritables couleurs.

Mais, avoir suffisamment de personnel et d’équipement pour s’opposer à un Esprit de rang AAA, et mettre le tout en place, c’était incroyablement difficile pour l’AST.

Le fait était que la situation actuelle était semblable à avoir un banquet en face de soi, mais ne pas pouvoir y toucher. Il pensait également à demander à l’AST de laisser Ellen faire partie du JGSDF à nouveau.

« … Pourrais-tu me laisser voir ça un peu plus longtemps ? »

« Oui. »

Westcott pointa son doigt en direction des mains d’Ellen et, après avoir donné une brève réponse, elle lui tendit le dossier.

Il retourna ensuite le livre et… les coins des lèvres de Westcott se tordirent.

« Houu… N’est-ce pas une bonne synchronisation… Hey, Ellen, est-ce que ton corps est rouillé de ne pas avoir affronté d’Esprit récemment ? »

« … »

Lorsqu’il dit cela, les joues d’Ellen tressaillirent.

Les Esprits apparaissent, selon leurs caprices, à des endroits et à des moments inattendus. Il y a une limite de temps pour préparer la plus puissante force offensive lorsque le combat apparait n’importe quand. Si par chance, ils acculaient un Esprit, ce serait inutile si ce dernier venait à être Lost[2].

Mais, s’ils étaient au courant de la localisation d’un Esprit, la procédure était bien plus simple.

« Je te laisse t’occuper de tout ça, Ellen… Ellen. Ellen Mira Mathers. La plus puissante Magicienne qui n’est seconde en rien. S’il s’agit de toi, je suis sûr que tu seras capable de l’accomplir. Peu importe qui est l’adversaire, même s’il s’agit de l’atroce entité qui causera la destruction du monde. »

Ellen applaudit avant de répondre :

« C’est une évidence. Peu importe mon ennemi, je ne perdrais jamais. »

Il s’agissait-là d’une réponse qui satisfaisait à ses attentes. *hmhm*, Westcott eut un sourire agréable.

Partie 2[edit]

Après une brève inspiration, Takamiya Mana ouvrit ses yeux lentement.

C’était probablement parce qu’elle ne les avait pas utilisé depuis un long moment, sa vision était floue telle une mosaïque.

Elle ne pouvait pas employer pleinement la force de son corps, ce dernier était entièrement parcouru d’une douleur sourde.

« Où… suis-je… ? »

Un instant, la voix qui sortit de sa gorge lui parut être celle d’un inconnu. Sa gorge sèche et le bourdonnement dans ses tympans… ces facteurs étaient suffisants pour qu’elle ne la reconnaisse pas. Ce genre de pensée stupide lui traversait l’esprit.

Elle prit quelques secondes, puis elle recouvra ses esprits et confirma la situation dans laquelle elle était.

Une chambre blanche, un grand lit, son corps tout entier était enveloppé de bandages, des perfusions étaient reliées à son bras gauche et un masque à oxygène se trouvait sur sa bouche.

Des électrodes étaient fixées à sa poitrine et l’électrocardiogramme, relié aux battements de son cœur, bipait à rythme régulier.

Involontairement, elle eut un sourire sec. Peu importe la manière de l’envisager les faits, elle était une patiente en condition critique.

« Pourquoi est-ce que je suis dans un tel… ? »

Elle prononça ces mots et, ensuite, ouvrit grand ses yeux. Elle retira son masque à oxygène et leva son corps endolori et blessé. Puis, elle tourna son cou et ses yeux vers une horloge digitale disposée sur une étagère.

MER 5/7 14 :00.

« Le 5… juillet… ?! »

Mana haleta tout en regardant la date affichée.

Soit l’horloge était cassée soit quelqu’un voulait intentionnellement la tromper en changeant la date, soit ce n’était ni l’un ni l’autre.

Oui, en effet, Mana avait été vaincue et mise en déroute par la vraie Kurumi qui avait manifesté son Ange.

Les autres personnes qui étaient sur les lieux, outre Mana et Kurumi, étaient : Shidou, Tohka et Origami, seulement eux trois. Elle pensa qu’il n’y avait probablement personne capable de renverser la situation. Ce qui revenait spécifiquement à dire…

« Onii-sama… ! »

Mana retira avec vigueur les électrodes collées à sa poitrine et la perfusion qui était enfoncée dans son bras gauche. A l’instant-même où elle le fit, l’électrocardiogramme dysfonctionna et, *Piiii*, émit un tel son.

A ce moment-là, finalement, Mana réalisa quelque chose de basique.

« Pourquoi ne… suis-je pas morte… ? »

Il était clair que son corps lui faisait mal. Sa vision était brumeuse. Il était difficile d’affirmer que ses sens étaient en parfait état.

Mais… elle était en vie.

Elle avait été exposée, sans défense, face à ce mangeur d’existence qu’était <Nightmare>, mais elle avait survécu.

Ce qui voulait dire que la situation était devenue inutilement incompréhensible. Au moment où elle avait perdu conscience, la bataille était à son pire état possible.

Sur le toit de l’école, au sein de la plus profond part de duplication de Kurumi, résidait son Ange qui contrôlait le temps.

C’était le genre de situation désespérée dont on prenait conscience d’un simple regard. Il n’y avait probablement en ce monde aucune force existante capable de vaincre ce monstre.

Mais, dans si tel était le cas, ça n’expliquait toujours pas pourquoi elle était encore en vie… A moins que cette femme perverse ait décidé de ne pas accomplir sa vengeance, pour un motif du genre que c’était-là son caprice de ne pas le faire.

Mana posa ses mains sur sa tête endolorie. Même si elle avait survécu, elle ne savait pas si les autres étaient ou non hors de danger. Que diable était-il arrivé aux autres là-bas ?

« …Eh ? »

Mana laissa échapper ce bruit en levant ses sourcils alors qu’elle plongea dans ses pensées.

La porte de sa chambre s’ouvrit et quelques personnes portant des costumes noirs entrèrent.

« … Takamiya Mana, n’est-ce pas ? »

« … Qui êtes-vous ? Vous êtes habillés de manière trop sombre pour des docteurs ou des infirmières. »

Mana arbora un regard cinglant et les hommes en noir ne bougèrent plus d’un pouce.

« Vous allez venir avec nous. Même si nous ne voulons pas recourir à la violence, si vous résistez, nous n’aurons pas d’autres choix. »

« … Aah ? »

Les traits de Mana se déformèrent de manière menaçante, puis elle regarda l’homme qui lui avait parlé.

« Vous savez à qui vous parlez ? Recourir à la violence ? Contre moi ? Haa, essayez si vous voulez. »

Elle prononça ces mots, se leva et secoua ses poings afin de s’accoutumer à son corps.

« Takamiya-san, qu’est-ce qui ne va pas ? »

L’infirmière ouvrit la porte… et se figea sur place.

« Eh… ? »

Elle avait vu un problème sur l’électrocardiogramme de Mana et était venue pour contrôler, mais… la chambre était actuellement vide.

Sur le lit défait se trouvaient le masque à oxygène et les électrodes, les aiguilles des perfusions étaient éparpillées tout autour et une faible impression demeurait encore sur le lit, comme si quelqu’un y dormait encore il y a peu.

Mais, peu importe la direction où tournait la tête dans la pièce, à gauche ou à droite, même sous le lit, elle ne retrouvait pas la patiente supposée inconsciente.

L’infirmière se précipita vers l’oreiller et appuya sur le bouton pour appeler de l’aide.

Partie 3[edit]

« C’est fini… »

Alors que le carillon qu’il était habitué à entendre dans l’enceinte de l’école résonna, Itsuka Shidou tomba sur la table comme s’il était à court d’énergie. Il devait probablement y avoir de la fumée qui sortait de sa tête.

C’était tout simplement normal. En effet, il venait à l’instant d’achever son examen de fin de trimestre, l’un des ennemis les plus redoutables de la vie étudiante.

« Ok, ok, ne vous relâchez pas encore. Faites circuler vos copies en partant du fond. »

Le professeur avec ses lunettes se tenait debout derrière son bureau, sa voix s’éleva et, *clap* *clap*, elle frappa dans ses mains. Il s’agissait du professeur principal, Okamine Tamae, surnommée Tama-chan.

Les étudiants se levèrent tels des zombies et, dans l’ordre, ils passèrent leurs copies à la place devant eux.

Shidou se rendit compte que le mode zombie des autres camarades de classes était supérieur à la moyenne habituelle, mais ça aussi c’était normal.

En plus du fait qu’il s’agissait-là d’un examen avec une grande variété de sujets, à peine quelques jours auparavant, tous les étudiants de l’école avaient été envoyés en même temps à l’hôpital.

A la fin du mois précédent, il y avait eu un accident où tous les étudiants et tous les membres du personnel présents dans les locaux s’étaient évanouis.

Après une investigation rigoureuse allant des tuyaux de gaz de l’école aux matériaux de construction de l’immeuble, en passant par l’étrange substance qui avait été libéré par le gaz, la fermeture temporaire de l’école avait été levée mais… impitoyablement, la date de l’examen de fin de trimestre n’avait même pas été déplacée d’un jour.

« … Hmmm ? »

Et, pendant qu’il plaçait sa copie sur le tas de copies et les passait devant lui, il regarda la fille assise à sa droite. Tout comme il l’avait fait quelques instants auparavant, *pong*, la dite fille s’écroula sur la table.

« Tohka, est-ce que tu vas bien ? »

« U, umu… »

Lorsque Shidou tenta de lui parler, Tohka leva sa tête confusément.

« Comment ça s’est passé ? »

« Mu… Muu, c’était juste pas mal. »

C’est avec un visage épuisé que Tohka agita sa main.

Lors des examens de milieu de trimestre, elle était la personne qui n’avait fait que gribouiller sur sa feuille (Reine s’était débrouillée en secret pour que Tohka ne reçoive pas de remarque en rouge), mais, après avoir compris le concept de contrôle, elle avait voulu faire de son mieux et avait commencé à étudier. Il semblait qu’elle n’aime pas le fait que Shidou étudie pendant qu’elle ne faisait rien du tout.

Au sein de <Ratatoskr>, ils souhaitaient également que Tohka entreprenne ce genre d’action, il y avait même eu une séance de révision à la résidence des Itsuka avant l’examen… mais, comme on pouvait s’y attendre, elle avait perdu la majorité de son énergie puisée à faire quelque chose qu’elle n’était pas habituée à faire.

En réalité, après une heure de révision, elle avait commencé à avoir de la fièvre, une fièvre bien réelle qui avait apporté une flambée de croissance intellectuelle.

« Ok, à présent, toutes les matières, réunies en un seul test, sont finies. Bon travail tout le monde. »

Tama-chan éleva la voix et les sons de rires et de soupirs de soulagement se firent entendre dans la salle de classe.

« Mais, puisqu’il reste encore des choses à faire aujourd’hui, vous ne devez pas rentrer chez vous. »

Tama-chan prononça ces mots pour être sûre et remis en place le tas de copies avant de quitter la salle de classe.

Sur ces faits, Tohka, chancelante, se leva entièrement de sa chaise et, assoiffée, elle dit :

« Shidou… laisse-moi boire… de l’eau. »

« Oh, oh. Tu vas bien ? »

« Umu… Ne t’inquiète pas. Je suis simplement un peu fatiguée. »

Répondit Tohka alors qu’elle trébucha à la porte de la salle de classe suite à son faible jeu de jambes. Elle ouvrit, ensuite, la porte et s’avança dans le couloir.

« Haha…Eh bien, elle a essayé sérieusement après tout. »

Shidou soupira après avoir salué Tohka de dos, puis il se pencha sur sa chaise… *twitch*, il sourcilla.

La raison en était simple, la silhouette de l’étudiante assise à sa gauche venait d’entrer dans son champ de vue.

C'était une fille aux cheveux blancs mi-longs qui semblaient caresser ses épaules de leur pointe. Et, puisque sa tête était tournée vers la gauche…et puisqu’elle regardait par la fenêtre, il ne pouvait qu’imaginer le fait qu’elle n’ait aucune expression sur son visage.

Tobiichi Origami, l’une des camarades de classe de Shidou et un membre de l’AST, une organisation qui chasse les Esprits.

« … u. »

Même s’il n’avait rien fait du tout, il y avait une douleur grinçante dans son cœur. Involontairement, son visage se déforma.

Après les évènements de la fin du précédent mois, Shidou n’avait pas du tout parlé à Origami.

D’une certaine façon, il sentait que s’il laissait passer cette chance, il raterait l’occasion d’avoir une conversation avec elle.

Il rassembla toute sa détermination et finit par dire :

« O…Origami. »

Lorsqu’il l’appela, ses épaules tressaillirent un peu avant qu’elle ne se retourne vers lui.

« … Quoi ? »

Avec sa voix habituelle faible et sans intonation, elle avait répondu de la sorte.

Il se demanda pourquoi il fut un peu soulagé en observant l’état d’Origami.

Mais, lorsqu’elle finit de parler, il y eut un silence entre eux.

« E, err. »

On ne pouvait l’aider si elle restait muette de la sorte. Shidou avait essayé de lui demander ce qui s’était passé après le dernier évènement.

Mais, comme il s’y attendait, il ne pouvait pas tenir ce genre de conversation dans la salle de classe où les autres pouvaient les entendre.

Heureusement, il restait encore un peu de temps avant le début de l’appel et Tohka avait quitté sa place. Après que Shidou ait avalé sa salive, une fois de plus, il prit la parole :

« Origami. Pouvons-nous aller dans un endroit où nous pourrions être seuls un moment ? »

« … »

Suite à ces mots, Origami sourcilla.

« Un endroit où nous pourrions… être seuls ? »

Pour une raison inconnue, elle venait de prononcer ces paroles en séparant les mots les uns des autres.

« Aah. Ecoute, même dans les escaliers où nous avons eu notre dernière discussion ce serait… »

« … Viens. »

Origami se leva d’un coup et, ainsi, elle saisit la main de Shidou de toutes ses forces et s’en alla.

« E, Eh, Origami. »

Même en l’appelant par son nom, elle ne répondit pas. Sans même regarder les escaliers menant au toit, leurs pas s’engouffrèrent dans la partie la plus sombre du bâtiment, là où il n’y avait actuellement personne.

C’est ainsi que Origami se dirigea vers les vestiaires des filles, au bout du bâtiment.

« Non, arrête-toi un peu ! »

« Quoi ? »

Lorsque Shidou finit sa phrase, il agita ses mains et Origami pencha sa tête surprise.

« Puisque cet endroit est plutôt loin des salles de classe, personne ne devrait s’y trouver pendant les examens. »

« Non, c’est peut-être le cas, mais malgré tout ! »

« Ne t’inquiètes pas ! »

« Attends, arrê… non, vraiment, où prévois-tu de m’amener ?! »

Il était inutile de résister. Ses mains tiraillées, il fut emporté jusqu’à la plus lointaine cabine de toilette et, *kachin*, la porte se referma.

« …Err. »

C’est en ce lieu, qui n’était pas supposé accueillir plus de 2 personnes, qu’il fit face à Origami. Des gouttes de sueur s’écoulèrent le long de ses joues. Et, aux frontières de son champ de vue, il lui semblait que Origami avait commencé à se mouvoir.

« Origami, qu’est-ce que tu … »

Dit-il tout en haletant.

C’était normal, il venait de voir Origami utiliser ses deux mains pour les passer sous les deux côtés de sa jupe et, de la sorte, descendre sa culotte blanche jusqu’à ses genoux.

« Att, attends une seconde ! STOP ! Je vais t’attendre dehors si tu as l’intention de faire ta petite affaire ! »

« … ? »

Origami pencha sa tête et arbora une expression comme si la réaction de Shidou était hors propos.

Puis, *clac*, elle battit des mains et remit en place sa culotte. Cette fois-ci, elle s’accroupit, puis tendit ses mains en direction de la taille de Shidou et, *kachin* *kachin*, elle défit la boucle métallique de sa ceinture.

« Hii ! »

S’écria-t-il en haletant et en saisissant paniqué les deux mains de Origami en vue de l’arrêter.

« Qu’est-ce que tu fais ?! Qu’est-ce que tu fais ?! »

« … ? Puis, pourquoi m’as-tu amenée dans un endroit comme celui-ci ? »

« Tu es celle qui m’a amené ici, Origami-san, non ?! »

Il criait, voire presque il pleurait, mais, plus ou moins, il parvint à maîtriser sa respiration.

« Je… voulais simplement parler de ce qui s’est passé le mois dernier. »

« … Aah. »

Lorsqu’il formula ces mots, ce fut comme si Origami les avait déjà acceptés, mais, malgré tout, elle afficha une expression de regret.

« Qu’est-ce que tu pensais que j’allais faire ? »

« C’est. »

« Comme je m’y attendais, pas besoin de le dire, je suis désolé. »

« Je vois. »

Origami se tenait bien droite et regardait le visage de Shidou, puis tranquillement elle dit :

« … Les résultats du procès… j’ai eu une assignation à résidence de 2 mois. »

« Eh ? »

« C'est à cause de ce qui s'est passé ce jour-là. »

« Assignation à résidence… ce qui veut dire que tu n’as pas besoin de quitter l’AST ?! »

Lorsque Shidou s’exprima d’une voix surprise, Origami pencha silencieusement sa tête vers l’avant.

« Je vois… tu n’as pas été renvoyée, huh. »

Il posa ses mains sur sa poitrine et soupira légèrement. Sur ce, les sourcils de Origami tressaillirent.

« Pourquoi est-ce ce que tu as réagi comme ça ? »

« Ah, non… c’est sûr, c’est sûr. Je me demande aussi pourquoi ? »

Répondit Shidou, confus, tout en se grattant la tête.

Il ne voulait soi-disant pas que Origami affronte les Esprits. Si c’était possible, il aimerait qu’elle quitte l’AST, mais malgré tout…

Pour diverses raisons, au moment où il avait entendu ces paroles sortir de la bouche de Origami, il fut un peu soulagé.

« … Ce n’est pas comme si je l’avais accepté. »

« … Uh. »

Face à cette exclamation, il haleta.

C’était probablement parce qu’il avait rapidement deviné ce qu’elle allait dire.

« L’Esprit du feu, <Ifreet>. Tu as dit que ce n’était pas lui qui a tué mes parents… Néanmoins, il n’y a aucune preuve évidente qui le prouve… »

« … C’est… »

Pour tuer l’Esprit qui avait tué ses parents, Origami s’était engagée dans l’AST.

Le précédent mois, elle s’était confrontée à l’Esprit qu’elle pensait être la cible de sa vengeance. Il s’agissait de la sœur de Shidou : Kotori.

Et, bien sûr, Origami avait tout lâché et avait même violé la loi et les règlementations afin d’attaquer et tuer cette dernière.

Mais, à ce moment-là, Shidou s’était souvenu de son passé. Ses souvenirs de 5 ans auparavant. L’image e la ville en flammes. Et la… la présence d’un autre Esprit.

« C’est vrai, ça pourrait être le cas. Mais… je veux que tu me fasses confiance. Je ne te mentirai jamais… »

« Ne te trompes pas. Ce n’est pas comme si je ne croyais pas ce que tu dis. Je veux croire en toi… et, aussi, si je devais le dire clairement, je pense que je voudrais que ce que tu racontes soit vrai. »

« Eh… ? »

« Si possible, je voudrais également ne pas avoir à tuer ta sœur. »

« Origami… »

Après que Shidou ait écarquillé ses yeux, elle serra fort son poing tout en baissant légèrement sa tête.

« … Merci, Origami. »

« C’est ma réplique. »

Origami, une fois de plus, détourna ses yeux en prononçant ces paroles. Sans connaître ses intentions, Shidou eut un vague froncement de sourcil.

Origami reprit lentement ses traits habituels, puis elle s’exprima avec une légère hésitation :

« Je te remercie… de me parler normalement… »

« … Non, toi… »

« Je suis l’être humain qui a essayé de tuer ta sœur… Non, déjà avant, il y a 3 mois, je t’ai presque tué. »

« … »

Les traits de Shidou devinrent durs comme s’il ruminait quelque chose, puis il gratta sa tête désordonnée.

« Ne t’inquiète pas pour ça… je n’arrive pas vraiment à le dire comme il faut. Mais… malgré tout, Origami, est-ce que le fait que je te parle comme je l’ai toujours fait… n’est pas une bonne chose ? »

Lorsqu’il posa cette question, pendant un instant, elle démontra quelque chose de similaire à de l’hésitation, puis elle balança sa tête de côté avec un son de *swing* *swing*.

« Un. »

Shidou joignit ses mains et, une fois encore, pencha sa tête vers l’avant.

« Eh bien, pourquoi ne retournerions-nous pas rapidement en salle de classe? L’appel ne va pas tarder à commencer non plus. »

« … Attends. Il y a encore quelque chose que je voudrais confirmer avec toi. »

« Hmm, qu’est-ce que c’est ? »

Shidou exprima cette question alors qu’il se retourna pour la regarder. Elle le fixait.

« … Shidou. Es-tu un humain ? »

« … Uh. »

Involontairement, il abrégea sa phrase… il avait plus ou moins prédit cette question.

« Déjà auparavant, j’ai ressenti que c’était un peu étrange. A ce moment-là, il n’y avait aucun doute sur le fait que je t’ai tiré dessus… néanmoins, après quelques jours, tu es venu à l’école sans une seule égratignure. Et, aussi, cette fois-là, au parc d’attraction… »

Oui, le jour où Origami avait attaqué Kotori, Shidou avait scellé ses pouvoirs et, par-dessus tout, il avait montré sa capacité de régénération à Origami.

A cette occasion, il avait prononcé des paroles du genre :

« … Kotori est, à présent, humaine et les pouvoirs d’<Ifreet> sont en moi.»

« … C’est pourquoi, si tu as l’intention d’attaquer quelqu’un, alors prends-moi pour cible à la place. »

« Guh… »

En y repensant, Shidou avait été bien imprudent à cette époque.

Même s’il n’y avait aucun autre choix pour persuader Origami, il lui avait tout simplement dévoilé son secret, à elle, un membre de l’AST, l’organisation qui s’oppose aux Esprits.

Origami devina probablement ses pensées en scrutant son expression ; elle prit la parole sans attendre de réponse de sa part.

« Détends-toi, je ne l’ai pas rapporté à mes supérieurs. »

« Uh, vraiment ? »

Lorsqu’il lui posa cette question, Origami était déjà en train d’hocher de la tête.

« Mais, pourquoi est-ce que… ? »

« Je ne peux pas divulguer des informations incertaines et provoquer la confusion au sein de l’unité. Et aussi, si à tout hasard, ils confirmaient que tu es un Esprit, un ordre d’élimination serait probablement lancé contre toi. »

« …Uh ! »

Son cœur battait violement. Un ordre d’élimination, ces mots n’avaient aucun double sens. Cela voulait dire que… l’AST, ces Magiciens des temps modernes, équipés d’armures mécanisées, utiliseraient toute leur puissance pour l’abattre.

Mais, ce serait une chose logique, puisqu’il pouvait sceller les pouvoirs des Esprits et, même si ce n’était qu’à une infime portion, il était capable d’en utiliser quelques-uns.

Néanmoins…

« Je… suis un humain. Du moins, je pense l’être. »

Involontairement, Shidou exprima ce que Kotori disait habituellement, il n’y avait aucune autre manière de le dire.

« Je vois. »

« … Tu ne doutes pas de moi ? »

« Je te l’ai dit auparavant, je veux croire ce que tu me dis. »

Elle tourna sa tête en vue de jeter un coup d’œil au visage de Shidou, puis elle poursuivit :

« Un jour, lorsque le moment viendra où tu auras envie de me dire la vérité, j’espère que tu me donneras plus de détails. »

« … Désolé. Merci. »

Sur ces mots, Origami ouvrit la porte de la cabine et quitta les toilettes.

L’instant d’après, alors qu’il regardait autour de lui pour examiner les environs, Shidou réalisa qu’il se trouvait tout seul dans un endroit incroyablement dangereux. Mais, alors qu’il suivait Origami et s’avançait dans le couloir pour revenir en salle de classe…

« … Shidou ? »

Il entendit le son de la voix dubitative de Tohka juste derrière lui, il haussa des épaules sous le coup de la surprise.

« To, Tohka… »

Il semblait qu’elle venait de finir de boire une boisson et son regard alternait suspicieusement entre Shidou et Origami. Elle poursuivit d’une mine sombre :

« … Pourquoi est-ce que Shidou et Tobiichi Origami sortent ensemble des toilettes des filles ? »

« Guh ! »

En un instant, des gouttes de sueur s’écoulèrent abondamment sur son visage. Ils ont été totalement découverts.

« N, non, c’est… errr… »

Shidou essaya de lui expliquer la situation mais… il y avait déjà des regards braqués sur eux en provenance des autres étudiants qui venaient d’arriver autour d’eux. Il ne pouvait rien dire d’irréfléchi.

« … »

Tout en restant silencieuse, Origami jeta des œillades significatives à Shidou.

« Qu’est-ce que c’était à l’instant ?! Qu’est-ce que vous avez fait tous les deux ?! »

« Je peux rien dire. C’est un secret entre nous deux. »

« Qu, qu’est-ce que tu viens de dire ?! »

Origami leva l’un de ses index et le porta sur le bout de son nez. Face à ce geste comique inhabituel chez elle, Tohka écarquilla ses yeux et s’écria. Immédiatement, elle projeta un regard noir en direction de Shidou.

« Shidou ! Qu’est-ce que vous faisiez tous les deux ?! »

« Eh ?! Non… errr, il s’agit de… »

Shidou, mal à l’aise, se gratta la tête. Même s’il s’en fichait de le dire à Tohka… avec 40 frêles étudiants rassemblés aux fenêtres de la salle, il était réticent à poursuivre, actuellement, cette conversation.

« … Désolé, on se voit plus tard. »

« !! »

Avec nul autre choix, Shidou baissa la tête et Tohka eut une expression choquée, elle s’écroula au sol après qu’un dramatique effet, « Gan ! », apparut derrière elle.

« To, Tohka ! »

« Uu, uuuu… pourquoi est-ce, pourquoi est-ce c’est bon avec Tobiichi Origami et pas avec moi… »

Elle grommela de frustration et grinça des dents.

« Ca, calme-toi ! Plus tard ! Je te dirai tout plus tard ! »

« Vrai, vraiment… ? »

« Vraiment ! Vraiment ! »

Tohka, les jambes pliées et à genoux, fut relevée par les mains paniquées de Shidou, qui parvint, d’une façon ou d’une autre, à réconforter l’Esprit. Mais…

« … Peut pas dire. C’est parce que je suis faite pour ce genre de choses. »

Face aux paroles de Origami, les yeux de Tohka s’ouvrit en grand sous le choc.

« Shi, Shidou… ? Qu’est-ce que vous avez foutu … ? »

En même temps, il put entendre les bruits de chuchotements provenant tout autour de lui.


« Ee… Itsuka-kun est le pire ! » « C’est la première fois que je vois Tobiichi-san avoir ce genre de tête… » « Qu’est-ce que vous avez fait à l’école en plein milieu de l’après-midi ? » « Même si tu as quelqu’un comme Tohka-chan tu… » « Maudit soit-il… maudit soit-il… » « Hey, y a-t-il du poison dans le groupe des acides ou dans les chlorines ? » « Dépêche-toi et cherche le numéro quantique 13. »

« Non, je n’ai rien fait avec elle ! Eh, la seconde moitié, qu’est-ce que tu essayes de faire ! »

Il éleva une voix pleine d’excuses. Néanmoins, les regards persistants autour de lui ne s’arrêtèrent pas complétement.

A ce moment-là, il entendit le bruit de la porte de la salle de classe s’ouvrir derrière lui, et Tama-chan entra.

« Ok, ok, retournez, s’il vous plait, à vos place. L’appel va commencer. »

« ! Ecoute, écoute, Tohka ! Retourne à ta place maintenant ! D’accord ?! Ainsi que tout le monde ! »

C’était une aide inespérée des cieux. Shidou émit des petits cris inutiles et prit l’initiative de s’asseoir.

Tout le monde avait quelque chose à dire, mais ne pouvait le faire depuis que le professeur était arrivé ; du coup, ils revinrent à leurs places respectives.

« … Tu devrais tout m’expliquer en détails plus tard. »

C’est ce qu’elle avait dit tout en s’asseyant.

Après avoir considéré la situation, Tama-chan laissa échapper un rire bête.

« Ara… il semblerait que vous vous amusiez. Qu’est-ce que vous faisiez tout le monde ? »

« Rien, ne vous en préoccupez pas… »

Shidou prononça ces mots alors que de la sueur s’écoulait sur lui. Tama-chan eut un sourire joyeux et lança quelques *Ara* *Ara*, avant de s’installer à sa place.

« Bon, eh bien, je vais commencer l’appel de fin de journée. Mais avant, il y a quelque chose que nous devons décider. »

« Oui~ de quoi devons-nous décider ? »

Tonomachi avait levé la main et avait posé cette question. Tama-chan hocha légèrement de la tête avant de poursuivre :

« Déterminer les groupes pour la sortie scolaire, ainsi que les place dans l’avion. »

« …Ah. »

Au moment où Tama-chan prononça ces mots, Shidou s’écria de la sorte.

En parlant de cela, à la mi-juillet… juste avant les vacances d’été, un voyage scolaire à Okinawa les attendait.

Entre l’incident de l’inconscience de masse et les examens de fin de trimestre, et à cause des différentes affaires relatives aux Esprits, il avait complétement oublié l’évènement le plus important de la vie d’un étudiant.

Néanmoins, il ne semblait pas le seul dans cette situation. A peu près un tiers de la classe hocha de tête à l’instant de Shidou et chuchota : « Ahh… maintenant que vous le dites. »

« Fufufu, tout le monde est si étourdi, huh~. A présent, dépêchons-nous et… ah, ouais… »

Tama-chan leva ses sourcils comme si elle venait de se souvenir de quelque chose et elle prit un imprimé qui se trouvait dans le cahier d’appel.

« Avant ça… la destination du voyage scolaire a changé cette fois. »

La salle de classe s’écria d’une voix :

« Eh ?! »

C’était normal puisqu’il ne restait que 2 semaines avant la sortie scolaire. Changer soudainement la destination du voyage, c’était du jamais vu.

« Hmmm… eh bien, il semblerait que ce soit bien le cas. »

« Err, donc, c’est quoi la nouvelle destination ? »

Une fois de plus, c’était Tonomachi qui posa la question.

Oui, même s’il était curieux de savoir pourquoi ce changement avait lieu si soudainement… la question la plus importante pour tous, c’était la destination en elle-même.

D’autant plus, qu’à l’origine, il s’agissait d’Okinawa. Voyager dans ce paradis accueillant avec ses récifs de coraux, ses eaux bleues et ses plages de sable blanc, tout en mangeant des sucreries et des Sata andagi[3]. Beaucoup de filles, probablement, avaient acheté de nouveaux maillots de bain de marque juste pour cette occasion. Si la destination changeait pour un coin du Japon sans plage, blagues à part, une émeute pouvait vraiment éclater.

Sentant, probablement, l’agitation dans l’atmosphère à travers les pores de sa peau, Tama-chan reprit d’une voix nerveuse.

«  Ne vous inquiétez pas. La nouvelle destination est aussi un lieu fantastique. »

« Et donc, finalement, où est ce lieu ? »

« Errr… c’est l’île de Arubi. »

Lorsque Tama-chan exprima ce nom, à peu près la moitié de la classe s’écria avec un « aah », puis un « je vois ». L’autre moitié pencha sa tête.

« A propos, l’île de Arubi… c’est dans la direction d’Izu, non ? »

« Putain, c’est devenu un coin tout proche. C’est un cran en-dessous, huh. »

« Non, vous ne pouvez pas dire que ça. Ce n’est pas mal puisque c’est touristique. »

« Ok, ok ! S’il vous plait, restez calmes ! »

Afin de faire taire la salle de classe, soudainement bruyante, Tama-chan tapa dans ses mains.

Dans chaque coin de la pièce, avec l’idée de « Bon, disons que l’océan a disparu pour le moment », tout le monde suivit les instructions du professeur calmement.

« Vous pourrez lire les recommandations révisées avec les explications concernant les détails mineurs lorsque ce sera prêt. Pour l’instant, décidons de la façon dont la classe sera séparée. Faites des groupes de 4 ou 5 avec les personnes que vous appréciez. »

Lorsque Tama-chan donna cet ordre, tout le monde déplaça son regard et examina les alentours, avant de, *Gata gata*, se lever et forme un groupe avec ses plus proches amis.

Dans le cas de Shidou, également, Tonomachi se dirigea vers lui.

« Oh, Itsuka, le groupe… »

« Shidou ! »

La voix de Tonomachi fut recouverte par le cri provenant de la droite de Shidou.

C’était Tohka penchée par-dessus sa table avec des yeux pétillants.

« Ce groupe ou quelque chose du genre, formons-en un ensemble ! »

« Eh… eh ? »

Involontairement, il sourcilla et poussa cette exclamation hystérique. Tohka pencha sa tête sous le coup de la curiosité, sans savoir pourquoi Shidou était choqué.

« Nu ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Non, comme prévu, c’est pas bon ! »

« Pourquoi ça ? Cinq personnes par groupe, pas vrai ? Donc, il n’y a pas du tout de problème. »

« Tu ne peux pas, Yatogami-san. S’il vous plait, faites des groupes séparés entre garçons et filles ! »

Ayant probablement entendu la conversation, Tama-chan avait crié ces paroles depuis son bureau.

« Muu… pourquoi ça ? Je préfèrerai être avec Shidou, moi ! »

« Pou, pourquoi est-ce…err. »

Le visage de Tama-chan devint rouge comme un physalis et, *Mmmm* *Mmmm*, grommela quelque chose.

Shidou soupira puis scruta de nouveau Tohka.

« Ne dérange pas autant le professeur. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas bon si les groupes ne sont pas séparés entre filles et garçons. »

« Nuu… je vois. »

Les épaules de Tohka s’affaissèrent sous l’effet de la déception. Mais, elle releva rapidement sa tête.

« Je sais ! »

Sur ces mots, elle s’enfuit de la salle de classe. Et, après avoir claqué brutalement la porte, *Gata* *Gata*, on put entendre le son d’une serrure dans le couloir en train d’être trifouillée.

Après environ une minute, la porte de la salle de classe se rouvrit et Tohka entra.

… Tohka portait un survêtement à la place se sa jupe et ses cheveux étaient attachés.

« … Tohka ? »

« Faux. Je… suis, To… ou, oui… Touru. »

Lorsque Shidou l’appela par son nom, pour une quelconque raison, elle avait répondu avec une voix volontairement grave. Il devinait que les intentions de Tohka étaient de…

« Bon, à cause de Tama-chan-sensei, je suis un garçon à partir de maintenant. Il n’y a pas de problème avec ça, non ? »

« Bien sûr qu’il y en a ! »

Tama cria, avec le sentiment de ne pas l'avoir fait assez fort.

« Muu… c’est toujours pas bon, huh… »

Avec un visage épuisé, Tohka rebroussa chemin déçue. Mais…

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« … Attends. »

A ce moment-là, une personne inattendue vint au secours de Tohka : il s’agissait de Origami.

« J’espère que vous approuverez l’excuse de Yatogami Tohka. S’il vous plait, soyez souple et soutenez-la. »

« Eh… eehhhh ?! »

Face à la remarque de cette personne qui avait une relation si tendue avec Tohka, le professeur, Tama-chan, eut une expression choquée. Non, sensei, n’était pas la seule. Les autres camarades de classe, qui étaient habitués à leurs disputes, eurent également des visages choqués.

« Toi… quel est ton but ? »

« J’ai reconnu la profonde impression laissée par ton esprit indomptable. Tu as le droit de faire partie d’un groupe de garçons. »

Pendant un instant, Tohka regarda Origami avec des yeux mi-clos en alerte, mais, après quelques secondes, *Fuuun*, elle se souffla au nez et regarda ailleurs.

« … Je… je vais pas te remercier. »

« Pas besoin. »

« Att, att, attendez ! Pourquoi est-ce que vous continuez cette conversation ?! C’est pas bon, n’est-ce pas ? »

Immédiatement, le professeur Tama-chan tapa sur son bureau pour reprendre le contrôle de la situation.

Mais Origami continua sans même s’en soucier.

« … Néanmoins, aussi longtemps que tu assisteras au voyage en tant qu’homme, tu devras suivre correctement les règles. »

« Règles ? »

« Oui. Que ce soit les toilettes ou les bains, tout cela, tu seras avec les garçons. »

« Que… ! »

« Ooh… »

Tohka haleta et son visage tourna au rouge ; en même temps, les garçons commencèrent à être excités. Les autres groupes de filles regardaient calmement ces gars-là.

« Bien sûr, même si les autres scrutent ton corps ou, même si tu étais encouragée à quelque chose, c’est la loi. C’est parce que tu es un garçon. »

« Quequequeque… »

Les mains de Tohka tremblèrent et elle regarda Origami avec un visage au bord des larmes.

Mais, cette dernière n’y prêta pas attention, elle tourna son regard en direction de Shidou.

« … Néanmoins, puisqu’une fille est devenue un garçon, ça engendre un grave déséquilibre. Il y a clairement besoin d’une remplaçante. »

« Huh… ? Qu’est-ce que tu veux dire par… »

« Puisque le nombre de garçon a augmenté, il ne reste personne d’autre à part Shidou pour devenir une fille. »

« Non, je ne comprends pas ce que tu veux dire par là ! »

« Lavons-nous l’une l’autre, Shidomi. »

Shidou ne pouvait pas l’accepter, il s’écria donc :

« Quoi ? C’est mon nom ?! »

Et bien entendu, les camarades de classes, confrontés à ces paroles, se dirent : « Puisque l’honorable étudiante qu’est Origami le dit alors ça doit être vrai ». Puis, avec un « Hmmmm ? », ils penchèrent leurs têtes de manière interrogatives.

A cet instant, Tohka plaça pour une raison mystérieuse ses mains sur son menton et se plongea dans ses pensées, puis elle finit par ouvrir grand ses yeux.

« Attends une seconde ! Si Shidou devient une fille, ça ne nous empêchera pas d’être dans le même groupe ?! »

« Tu peux pleinement vivre ta vie de garçon. Je t’encouragerai. »

« U, Unuuu, tu m’as trompée, Tobiichi Origami ! »

« Ah, calme-toi ! Quoi qu’il en soit, les garçons et les filles sont dans des groupes séparés ! Et le changement de sexe est également interdit ! »

Les deux parties se calmèrent après que Shidou ait prononcé cette phrase de la voix la plus forte qu’il put émettre.

Une fois calmée, le professeur Tama-chan tapota sa poitrine soulagée. Mais…

« Bon, bon, même si vous ne pouvez pas être dans le même groupe, le choix des places dans l’avion est libre. Si vous le voulez, vous pouvez vous asseoir l’un à côté de l’autre. »

Lorsqu’elle prononça ces paroles inutiles, les yeux de Tohka et de Origami se remirent à briller.



Chapitre 2: Filles du Cyclone[edit]

Partie 1[edit]

« Un voyage scolaire ? Aah, j’en ai entendu parler. C’est à Okinawa, non ? »

Itsuka Kotori se trouvait alors sur le pont du vaisseau volant, <Fraxinus>, elle faisait rouler le bâtonnet de sa Chupa Chups dans sa bouche tout en répondant au rapport de sa subordonnée.

C’était une fille aux longs cheveux attachés en couettes par le biais de rubans noirs, un veston cramoisi était posé sur ses épaules. Ses yeux étaient ronds tel des glands et ses traits de visage étaient encore enfantins. Quoi qu’il en soit, elle avait l’allure d’une jeune fille qui n’avait pas sa place sur le pont d’un tel vaisseau.

« … Non, la destination initiale a été changée à la hâte. La nouvelle est, à présent, l’île d’Arubi. »

La femme qui portait un uniforme militaire et qui avait des cernes sous les yeux, Murasame Reine, poursuivit sur ces mots tout en balançant sa tête, comme si elle était ivre.

« Un changement ? En ce moment ? Pourquoi ? »

« … Aah. Il y a un mois, une compagnie touristique du nom de Cross Travel a contacté les autorités de l’école. Il semblerait que, dans le cadre de leur campagne promotionnelle, ils choisissent une école au hasard et leur donnent des invitations pour cette île. La compagnie a imposé une seule condition : celle qu’elle prenne des photos pour faire des brochures. Apparemment, tous les frais seront pris en charge par elle. »

« Ha… ils sont bien généreux, n’est-ce pas… ? Mais, aussi bonnes les conditions puissent-elles paraître, il n’y a pas de problèmes pour eux de changer si tard la destination ? La question des logements avait déjà été décidée, non ? »

« … Il semblerait que l’auberge que l’école avait réservée se soit effondrée et qu’elle soit, à présent, inutilisable. A cause de ça, lorsqu’ils ont eu la nouvelle proposition, les autorités de l’école ont immédiatement sauté dessus. »

« Effondrement ? »

Ce n’était pas une discussion paisible. Kotori sourcillait suspicieusement.

« … Aah. Bien que je n’en connaisse pas tous les détails, j’ai bien peur que la raison ne soit l’usure. »

« Fuun… Eh bien, je pense quand même que le timing est trop parfait… Y’a-t-il vraiment un problème si l’école donne son accord ? Pourquoi est-ce que tu n’y participerais pas et relâcherais un peu de stress également ? »

Kotori leva légèrement les épaules tout en prononçant ces mots.

Murasame Reine était un officier analyste de l’organisation <Ratatoskr> et, en même temps, elle était le vice-professeur principal de la classe 4 des 2èmes années au lycée Raizen. Il était bien prévu qu’elle accompagne la classe, au cours de ce voyage scolaire, en tant que professeur.

Mais, Reine baissa soudainement la tête et grommela avec un visage complexe.

« Quel est le problème ? »

« … Non, je réfléchis peut-être trop, mais la compagnie de voyage Cross Travel… en cherchant ses origines, il semblerait qu’elle soit affiliée à la société DEM. »

« Qu’est-ce que tu viens de dire ? »

Lorsqu’elle entendit ce nom, le visage de Kotori se déforma de manière suspicieuse.

La société DEUS EX MACHINA… il s’agissait du leader mondial dont le siège social se situait aux Royaumes Unis. Si on enlevait de l’équation Asgard Electronics, qui est la maison-mère de <Ratatoskr>, DEM était la seule compagnie au monde capable de produire des Realizer.

Les principes de cette organisation s’opposent à ceux de Kotori et de l’unité <Ratatoskr>, ces derniers préfèrent employer la manière douce pour sceller les Esprits.

Ce qui voulait dire que DEM élimine les Esprits.

« … D’une certaine façon, ça semble suspect. »

Kotori dressa bien droit le bâtonnet de sa Chupa Chups alors qu’un pli se dessina entre ses sourcils.

Parmi les nombreuses personnes du lycée Raizen prenant part à la sortie scolaire, il y avait également Shidou et Tohka. Ils n’étaient sûrement pas prêts pour le pire des scénarios.

« Bien que ce puisse être simplement une coïncidence, je vais rajouter le <Fraxinus> au programme du voyage scolaire, juste au cas où. Il se tiendra prêt à intervenir au cas où une crise surgirait. Au mieux, ce ne sera probablement que des vacances nécessaires. »

« … Hmm, c’est vrai. Ce serait bien. Si le moindre problème arrive, je vous contacterai sur place. Ce serait bien si vous restiez en attente jusque-là. »

« Il dure combien de jours déjà le voyage scolaire ? »

« … A partir du 17 juillet, il durera 3 jours et 2 nuits. »

« Geh. Vraiment ? Ce jour-là, je vais au quartier général. Ça tombe plutôt mal. »

Lorsque Kotori plaça sa main sur son menton, démontrant par là qu’elle était préoccupée, *Zan*, derrière elle, des sons de pas se firent entendre et un homme aux cheveux longs arriva.

C’était le vice-commandant du <Fraxinus>, Kannazuki Kyouhei. Il arborait un sourire frais et levait son pouce. Ses dents totalement blanches brillaient.

« J’abandonne. Qu’est-ce que tu me conseillerais de faire ? »

Mais Kotori ne le regarda pas et poursuivit sur ces mots.

« … Fumu, ne pouvons-nous pas simplement changer le planning ? »

« C’est probablement impossible. Les membres de la Table Ronde ne se réunissent qu’une seule fois par an. »

Sur ces mots, Kannazuki, qui se trouvait derrière elle, s’avança d’un pas et Kotori crut entendre des sons dramatiques tel un *BOOOOOOM* ou encore un *Dodododo* venant de son dos.

« … Vraiment ? Si tel est le cas... »

« Oui, il n’y a aucun autre choix que de déléguer ça à quelqu’un d’autre à bord. Si possible j’aurais aimé te laisser ça à toi, mais… »

« … Je vais être sur le terrain. Ça n’aurait pas de sens si l’agent de contact n’était pas sur zone. »

« Tu as raison. Je me demande s’il y aurait quelqu’un d’autre ? »

Lorsqu’elle soupira tout en grommelant ces mots, *Spin**spin*, Kannazuki surgit en dansant devant elles. Et, tel un cygne, il écarta ses bras dans une attitude élégante…

« Tu es pénible. »

« Ces yeux sont des rayons à particules ?! »

Kotori referma ses paupières et il fut frappé sur place ; il s’écroula après avoir exécuté un saut périlleux arrière.

« Qu’est-ce qui cloche chez toi à nous tourner autour de façon aléatoire ? Si tu tentes de développer une nouvelle danse, pourquoi est-ce que tu ne le ferais pas ailleurs ? »

« Non, non, non, qu’est-ce que tu dis ? De ce que j’ai entendu de la conversation, tu cherches un remplaçant pour s’occuper du <Fraxinus> pendant le voyage scolaire de Shidou. »

Immédiatement, il écarta ses bras et poursuivit :

« C’est une lourde responsabilité. Y a-t-il un autre humain plus disposé que moi pour ça ? Non, il n’y en a pas ! Ta réponse ?! »

« Donc, puisqu’il en est ainsi, comme prévu, ce sera plutôt Mikimoto ou Kawagoe. »

« … Je me pose des questions. Même s’ils sont d’excellents membres d’équipage, je me demande s’ils sont capables d’assumer le commandement. »

« Tu joues à m’ignorer ?! C’est quelque chose du genre, n’est-ce pas ? »

Puis, elles l’ignorèrent et poursuivirent leur conversation. Kannazuki commença à expirer avec des *haaa* * haaa* particulièrement exagérés. Comme on pouvait s’y attendre, Kotori claqua sa langue, puis elle le tourna fixement son regard vers lui.

« … La dernière fois que je suis partie, j’ai entendu dire que tu avais causé des problèmes ? »

« Ah, c’est bon ! La dernière fois, l’amour du Commandant m’avait transformé, moi, l’être abjecte que je suis ! Oink ! Je vous montrerai, je dévoilerai certainement une nouvelle page de la jeunesse de Shidou-kun! »

« … Reine. »

« … Eh bien, je serais également sur place, de toute manière. Ça se passera sûrement bien. »

Pour se débarrasser du sentiment d’incertitude en elle, Kotori soupira.

Partie 2[edit]

Lundi, 17 juillet. Après 3 heures à être secoué à l’intérieur d’un avion, Shidou et les autres étudiants de la classe de 2ème année du lycée Raizen avaient survolé l’Océan Pacifique et étaient arrivés sur l’île en question.

« O, ooh… ! »

Tohka, qui venait de sortir de l’aéroport, secouait légèrement ses deux mains tout en écarquillant des yeux pleins d’interrogations.

C’était inéluctable. En effet, à l’instant-même, une scène spectaculaire se déployait dans son champ de vision et elle ne pouvait la percevoir dans son intégralité, à moins de bouger sa tête de droite à gauche.

L’océan se déployait le long du sable et le long de la route, alors que l’horizon traçait une ligne séparant le ciel et la terre. Le ciel était dégagé.

Le soleil brillait avec magnificence et colorait l’océan d’un splendide dégradé.

« C, C’est donc… l’océan ?! »

S’écria-t-elle tout en essayant de mesurer l’étendue de sa taille à l’aide de ses bras grands ouverts.

Mais, bien sûr, l’océan n’était pas petit au point de tenir dans ces derniers. De plus, dans son état d’excitation, ses épaules tremblèrent un peu et son corps s’infléchit.

« Haha… tu es pleine d’énergie, huh. »

En parlant de ça, Tohka n’avait probablement jamais vraiment vu l’océan auparavant. Shidou afficha un sourire narquois et leva ses épaules face à l’attitude exagérément excitée de Tohka.

L’île d’Arubi est située entre l’île de Izu et celle de Osagawara ; sa surface totale est plus ou moins de 70 km².

A cause des déchirures spatiales répétées depuis ces 30 dernières années, la partie nord-est de l’île avait été dévastée. Lors des récentes années, l’île avait été réaménagée pour en faire un nouveau site touristique. En un sens, ce lieu avait une histoire similaire à celle de la ville de Tenguu où Shidou et les autres habitaient.

Toutes les villes, que ce soient celles plus récemment bâties au nord de l’île, ou les autres dans les zones redéveloppées, étaient équipées de mesures anti-déchirures. La beauté et la rareté de la plage avaient été magnifiquement sculptées par les déchirures spatiales. Qui plus est, le Japon était déjà à la base un lieu à forte attraction touristique.

Il aurait été évidemment effronté que de penser aux victimes ayant perdu leurs vies à cause de ces déchirures spatiales… Mais, sur cette île en constant dépeuplement, il n’était pas exagéré de dire que les déchirures spatiales ont contribué à la création d’un puissant attrait touristique.

« Unn… »

Contrairement à Tohka, Shidou manquait de la sensibilité de ressentir quoi que ce soit face à ce superbe spectacle. Il contempla le paysage et prit une profonde inspiration tout en étirant son corps.

Et, contre toute attente, il bailla.

« Fua…aa. »

Probablement à cause de l’heure prématurée d’embarquement, ses paupières étaient étonnamment lourdes. Même pendant le vol, il avait été à deux doigts de s’endormir.

Néanmoins…

Shidou secoua ses bras, toujours sans aucune excitation, et, tout en expirant, il regarda Tohka et Origami, qui quittaient toutes deux l’entrée de l’aéroport.

Par chance ou malchance, les places à l’intérieur de l’avion étaient par lignes de 3 sièges, Shidou s’était donc retrouvé pile au milieu, entre Tohka et Origami…

« Shidou regarde ! La vue était belle. »

« Shidou ! De ce côté, la vue est très belle aussi… achk ! La fenêtre est loin ?! Tobiichi Origami, tu m’as bien eue ! »

« C’est de ta faute de ne pas avoir effectué de réservation pour la place. »

« Gununu… »

« Shidou. Regarde, on peut voir l’horizon. »

« Kuh…, Shi-Shidou ! De ce côté-là aussi, err… Ça ! C’est incroyable ! L’allée de l’avion est tellement bien ! Sa beauté ne peut pas être comparée à celle de l’horizon ! »

« Regarde. Tu peux voir les montagnes au loin. Viens plus près. »

« Unuu… Par ici aussi… ! Shidou, regarde ! Il y a des montagnes géantes sur le torse de Reine ! »

« Nous venons de passer par-dessus les nuages. Regarde la mer de nuages. Elle ressemble à un tapis. »

« De… de ce côté…errr… Uh, ugahhh ! »

… A cause du boucan produit par les voix en stéréo, il n’aurait pu dormir, même s’il l’avait voulu.

« Nu… ? »

Soudainement, Tohka, qui faisait tout un chahut, laissa échapper ce son étrange et regarda avec attention autour d’elle.

« ? Qu’est-ce qui ne va pas, Tohka ? »

« … Non, j’ai senti comme quelque chose ou quelqu’un me regarder. »

« Eh ? »

Et, alors que Shidou penchait sa tête, *Clic* *Clac*, ces sons se firent entendre et un flash les engloba.

« Wah ! »

A cause de la surprise, il se couvrit involontairement le visage avec ses mains. Lorsqu’il regarda dans la direction d’où provenait la lumière, tout en plissant les yeux, il vit une femme se tenant en position avec un gros appareil photo.

C’était une femme aux cheveux blonds platine flottant aux vents ; ce qu’on devait appeler une blonde nordique.

Elle avait des traits de visage qui étaient clairement différents des asiatiques et la pâleur de sa peau était caractéristique.

« Errr… Qu’est-ce qu’il y a ? »

Lorsque Shidou lui posa cette question d’un air perplexe, la fille baissa son appareil photo et porta son regard sur lui.

« Veuillez m’excuser. Je m’appelle Ellen Mathers, une assistante photographe désignée et engagée par Cross Travels. A partir d’aujourd’hui et pendant 3 jours, je vais m’appliquer à prendre les photos souvenirs de tout le monde… Je m’excuse pour la photo surprise. Permettez-moi de m’excuser d’avoir heurté votre sensibilité. »

« Aah, non, c’est pas ça. »

En parlant de cela, il se rappela avoir entendu qu’un photographe serait envoyé pour prendre des clichés du voyage. Mais de là à penser qu’il s’agirait d’une étrangère… et, qui plus est, une fille qui paraissait avoir un âge similaire au leur.

« Désolé de vous avoir pris de votre temps. Bon, bon… »

Et, après avoir regardé Shidou et Tohka avec un air de curiosité, Ellen s’inclina une fois de plus et s’en alla vers quelqu’un d’autre.

« Qu’est-ce qu’il y a de mal avec ça ? »

Tout en croisant ses bras, Tohka pencha sa tête de manière interrogative.

« Je me le demande également… mais, tu avais raison à propos de ton impression que quelqu’un t’observait. »

« Mu, umu. »

Elle s’exclama de la sorte tout en regardant à gauche et à droite, puis elle finit par lever la tête et regarder le ciel.

« … Malgré tout, j’ai encore l’impression que quelqu’un me regarde. »

« Eh ? »

Il sourcilla face à ces mots et dirigea ses yeux vers l’endroit où Tohka regardait… mais, il n’y avait qu’un ciel bleu et rafraichissant qui semblait souhaiter la bienvenue à Shidou et au groupe.

Partie 3[edit]

« Des communications reçues en provenance de l’Adeptus 1. La cible est arrivée sur l’île. »

« Cible confirmée, caméra numéro 6, bâtiment nord de l’aéroport Akaru. »

« Nous confirmons sa présence ici. Il s’agit bien de <Princesse>. »

Les voix provenant du pont inférieur du vaisseau s’élevèrent ensemble et ne firent qu’une, alors que sur l’écran la silhouette d’une fille se dessina.

Il s’agissait de celle d’un Esprit de rang AAA, celle répondant au nom de code <Princesse>, une fille à l’allure et à l’apparence assez proche de son titre.

« Fumu… »

L’<Arbatel>, un vaisseau de 500 mètres appartenant aux Industries DEM.

Un homme d’âge moyen se tenait dans le siège du capitaine ; il hochait légèrement de la tête tout en caressant la barbe naissante de son menton.

Il s’agissait de James A. Paddington, un colonel de la seconde branche exécutive des Industries DEM, mais également le capitaine de l’<Arbatel>, désigné par Westcott en personne.

« C’est une déception contre toute attente. Il s’agit réellement d’un Esprit ? »

« … Faites attention à ne pas baisser votre garde. »

Comme pour répondre à sa question, la voix d’une jeune fille se fit entendre à travers les communicateurs du vaisseau.

C’était la voix de l’Adeptus 1, le second officier de DEM qui se trouvait directement sur le terrain, la dénommée Ellen.

« Elle pourrait être un Esprit. C’est une raison suffisante pour être en niveau d’alerte 1. »

Sur l’écran de droite, l’image de Ellen était affichée, c’était bien elle qui avait prononcé ces mots, mais elle y avait répondu en levant ses épaules.

« Je vais garder ça à l’esprit. »

Probablement peu convaincue de la réponse de Paddington, Ellen leva légèrement ses sourcils.

« … tsk. »

Il claqua sa langue, suffisamment bas pour qu’Ellen ne put l’entendre.

Il s’en fichait qu’elle fût ou non la plus puissante des magiciennes, ou quoi que ce soit du genre, mais recevoir des ordres d’une fille n’était pas du tout à son goût ; d’autant plus que leur différence d’âge était proche de celle d’un père et de son enfant. Qui plus est, il y avait des rumeurs affirmant qu’elle était la maîtresse de Westcott.

Paddington n’était pas incompétent au point de ne pas comprendre la position et la situation. Il avait prévu de ne pas être enfantin et de ne pas utiliser de paroles laissant mauvaise impression sans raison. Après avoir éclairci sa gorge, il répondit à la fille sur l’écran.

« Qu’allons-nous donc faire ? C’est pas grave qu’il s’agisse d’un Esprit, puisqu’on parle de l’équipe <Bandersnatch>, ils ne devraient pas avoir de problème à maîtriser une fille seule, n’est-ce pas ? »

« C’est pas aussi simple que ça. Allons-y prudemment. Avant toute chose, éteins la transmission radio. »

« Roger. Procédez à un démarrage parallèle du <Ashcroft Beta> sur les machines numéros 25 à 40 et activez le Territory Permanent. La cible est… l’île d’Arubi tout entière. »

Faisant réponse à la voix de Paddington, l’équipage agita rapidement ses mains et exécuta les ordres.

Sur l’image de l’ile de Arubi, qui était affichée à l’écran, on put voir se modéliser un fin dôme aux motifs informatisés autour de l’île.

Il ne pouvait pas être détecté à l’œil nu ; il ne pouvait même pas l’être par le toucher, c’était un mur invisible, un Territory en somme.

A l’instant-même, l’<Arbatel> stationnait à 20000 mètres dans le ciel au-dessus de l’île d’Arubi.

Là, il activa le Realizer <Ashcroft-Beta>, installé sur le vaisseau, et un Territory, dont l’échelle ne pouvait même pas être comparée à celle des membres de l’AST, s’érigea tout autour de l’île.

Ce qui voulait dire que les transmissions de l’extérieur ou de l’intérieur de l’île ne pouvaient plus passer et qu’uniquement les appareils préparés par Ellen et son groupe fonctionnaient. Une fois cela fait… peu importe ce qui se passerait sur l’île, l’AST ne mettrait pas ses pieds dans l’affaire.

« … Et, en parlant de cela, qu’en est-il de cette Magicienne particulière ? »

Paddington posa cette question tout en caressant son menton. En effet, il s’avérait qu’au sein de la même classe que la cible, la rumeur disait qu’une Magicienne de l’AST s’y trouverait. Bon, il semblait également qu’à cause de son actuel statut d’assignation à domicile elle ait été interdite d’utiliser son Realizer, elle n’était donc pas une menace pour eux, mais… le problème était bien plus que la dite Magicienne avait précédemment rencontré Ellen.

« Ça ne devrait pas poser de problème puisque nous ne nous sommes rencontrées que quelques secondes et que cette fois-là, je portais des lunettes de soleil. Elle ne semblait pas avoir réalisé que… »

Ses paroles furent interrompues en plein milieu de sa phrase. Lorsque Paddington regarda sur l’écran, il lui sembla que le visage d’Ellen était couvert par un vent soudain.

« Tout va bien, Mademoiselle l’Officier en chef ? »

« Oui. Néanmoins… c’est un peu étrange. »

Après qu’elle ait formulé cette phrase, elle fixa le ciel.

En même temps, l’image affichée sur le grand écran du pont commença à changer.

Involontairement, Paddington sourcilla.

La raison en était simple : à une allure qui était normalement impensable…

…le ciel, les nuages, comme s’ils étaient remués par une main invisible, tout cela commença à leur tourner autour.

« Aahh, euh, nous avons été laissé en arrière par les autres. Allez, dépêche-toi, Tohka. »

Shidou pressa le pas tout en se retournant, puis il projeta sa voix en direction de Tohka, qui secouait toujours sa tête.

« Mu… Désolée mais j’ai vraiment eu l’impression que quelqu’un me regardait. »

Tout en trottant, Tohka avait prononcé ces mots en guise d’excuse. Shidou soupira comme s’il jetait l’éponge.

« C’est évident que tu as dû être regardée après avoir fait tout ce remue-ménage. »

« Muuu, est-ce que quelque chose comme ça… »

Tohka prononça ces mots en grommelant, puis se tut.

« Errr… si je me souviens bien, ça devrait être comme par-là ? »

Il essaya de se remémorer dans sa tête la carte qu’il avait vu juste avant son départ et prit à gauche à l’intersection. Si je me souviens bien, le musée que nous sommes censés visiter en premier devrait être par-là. Et, à cet instant-là, il toucha son oreille droite pour confirmer la présence de l’appareil miniature dont il était équipé.

On lui avait demandé de le porter, juste au cas où l’humeur de Tohka chuterait pendant le voyage.

Il semblerait que Kotori ait dit qu’elle devait se rendre au Quartier Général et qu’elle ne pouvait pas être là aujourd’hui, mais le <Fraxinus> flotterait, pour sa part, au-dessus de l’île. Dans le pire des scénarios, ils s’en sortiraient quand même si Shidou devait les contacter avec son communicateur.

« Nu… ? »

Lorsque Shidou entendit la voix hésitante de Tohka juste derrière lui, il s’arrêta de marcher.

Quand il se retourna, Tohka regardait à nouveau le ciel.

« Oi, arrête de jouer dans les alentours. Peu importe combien de fois tu le regardes… »

« Non, c’est différent. Est-ce que tu ne sens pas quelque chose d’étrange ? »

« Huh… ? »

Il répondit tout en levant ses yeux au ciel… Shidou en perdit ses mots.

« Qu, qu’est-ce que c’est que… ça ? »

Dans le ciel, qui était clair et dégagé un instant avant, il y avait des nuages gris qui commençaient à tourner tout autour.

Progressivement, à une vitesse hallucinante, les environs changèrent complètement.

Le ciel dégagé se remplissait de nuages sombres. Le vent calme devint une tempête. La surface de l’eau plane se transforma en grandes vagues.

Il ne se passa probablement qu’une seule minute, pour être précis.

Durant ce laps de temps, le monde autour de Shidou et les autres avait drastiquement changé.

Le bruit du vent grondant au sol pouvait être entendu tout autour d’eux. Les arbres qui avaient poussés dans le secteur s’entrechoquèrent dans un bruit de *Fruu* *Fruu*. La tempête pouvait être classée en tant qu’ouragan de grande échelle. Une poubelle avait probablement roulé dans les alentours, parce que des journaux et des cannettes vides se trouvaient dans son champ de vue.

Shidou attrapa immédiatement l’épaule de Tohka et la jeta à terre. S’il ne l’avait pas fait, ils auraient été emportés par le vent.

« Qu’est-ce que c’est… que ce bordel… ?! »

Il sourcilla tout en protégeant son visage avec son bras.

Selon le bulletin météo, le temps devait être dégagé pendant toute la durée du voyage scolaire. Bien sûr, Shidou ne l’avait pas pris en tant que prédiction fiable à 100%, mais quoi qu’on en dise, la situation était étrange.

« Tohka, est-ce que tu vas bien ?! C’est dangereux, allons rapidement au musée… »

« Shidou ! Regarde là-haut ! »

Et, en plein pendant leur conversation, Tohka projeta Shidou.

« Que… »

L’instant d’après, une poubelle métallique fonça droit sur eux et frappa de plein fouet la tête de Tohka.

« Gyapfuu ?! »

Elle poussa un tel cri comique avant de tomber au sol.

« Eh, eh, Tohka ! Tohka ! »

Il cria sous l’effet de la panique et secoua les épaules de Tohka, mais les yeux de cette dernière étaient totalement retournés.

« Kuh… Je n’ai pas d’autres choix. »

Shidou, malgré son état de fatigue, parvint, d’une manière ou d’un autre, à porter Tohka sur son dos et marcha en direction du musée.

Lentement, mais sûrement, il s’avança pas à pas.

« Nous y sommes presque, Tohka… ! »

… et, il se demanda combien de temps s’était écoulé depuis qu’il avait commencé à marcher.

« Ah… ? »

Shidou, involontairement, sourcilla.

Au cœur de ces nuages furieux…

… Juste là, il y avait vu 2 formes humaines.

« C’est… »

A la vue de formes humaines volant dans le ciel, il n’y avait que de 2 possibilités qui s’imposèrent dans l’esprit de Shidou : il s’agissait soit d’Esprits, soit de magiciennes de l’AST.

« Ne me dis pas… »

Une mauvaise impression s’imposa en lui.

C’était comme l’explosion d’un énorme orage normalement impensable en des circonstances normales. Si à tout hasard, il s’agissait de quelque chose déclenché par le pouvoir d’un Esprit alors…

« Non, mais… l’alarme de Déchirure Spatiale n’a pas encore retenti. Alors, qu’est-ce que… »

Après qu’il se soit lui-même submergé de pensées pendant un laps de temps, il reprit sa marche dans la direction qu’il avait décidé auparavant.

Si par chance, la silhouette humaine appartenait réellement à un Esprit alors il ne pouvait pas la laisser toute seule. Mais ce n’était pas comme s’il avait la moindre preuve de ses dires et la chose la plus importante pour le moment était de mettre Tohka en lieu sûr, tout comme il l’avait décidé au début. Il remit correctement en place Tohka, toujours évanouie, sur son dos avant de se diriger vers le musée.

Mais...

« … ! »

Shidou haleta. En cet instant, les ombres qui s’étaient entrechoquées l’une l’autre à maintes reprises dans le ciel, produisirent deux grands chocs notables qui en se heurtant dégagèrent un vent extrêmement violent, incomparables aux précédents, qui souffla sur lui.

« U, Uwah… ! »

Pour éviter d’être emporté, il se tint fermement et adopta une position incurvée.

Et ainsi, les deux ombres, qui se battaient dans les airs, furent soufflées et tombèrent chacune au sol.

… L’une et l’autre se retrouvèrent exactement à gauche et à droite de Shidou.

« Que… »

Des gouttes de sueur perlèrent sur le front de Shidou. La nervosité contracta son cœur jusqu’à son extrême limite et sa gorge devint rapidement sèche.

A ce moment-là, le grand orage qui frappait violemment la zone s’affaiblit.

« Eh… ? »

Involontairement, il sourcilla et regarda autour de lui.

La tempête se calma… Cela dit, c’était une remarque significativement fausse, des vents forts continuaient de souffler sur l’île d’Arubi.

Seul les alentours de Shidou et de Tohka étaient… non… ce serait plus juste de dire que seuls les environs des deux ombres tombées au sol étaient dans une sorte de condition de calme sans vent, comme dans l’œil de la tempête.

« Kukuku… »

A sa droite, la fille aux longs cheveux tressés s’avança avec un sourire sans peur.

Elle semblait avoir le même âge que Shidou et les autres. Elle avait des cheveux de couleur orange et les iris de ses yeux étaient de la couleur du mercure. A l’instant, sur la surface de ce visage à la structure bien faite se dessina un sourire méprisant.

Sa caractéristique la plus remarquable, c’était les vêtements qu’elle portait : elle avait un manteau de couleur sombre et diverses parties de son corps étaient nouées par des sortes de ceintures. En plus de tout cela, des verrous étaient disposés sur son cou, sa main droite et sa jambe droite, comme s’ils avaient été tout juste arrachés à des chaînes. Elle ressemblait à une criminelle ayant commis un crime incroyable… Ou alors, ça avait l’air d’un grotesque costume masochiste.

« … On dirait que tu peux mener un bon combat après tout, Yuzuru. Ou devrais-je dire, comme on pouvait s’y attendre de la part de mon autre moitié. C’était prévisible venant de quelqu’un qui a un score de 25 victoires, 25 défaites et 49 matches nuls avec moi. Mais… ça va prendre fin aujourd’hui. »

De là à dire que c’était exagéré, ou alors un peu trop dramatique… en tout cas, c’était une fille qui utilisait des mots étranges.

Et, cette fois, répondant à ces paroles, l’autre ombre s’avança depuis le côté gauche.

« Objection. Celui qui dirige le compte de ces 100 batailles n’appartient pas à Kaguya mais à Yuzuru. »

C’était une fille qui avait ses cheveux tressés en 3. Bien qu’elle ait le même visage que la fille dénommée Kaguya, son expression arborait des yeux mi-clos qui lui donnait en quelque sorte un air apathique.

Cette fille, qui avait été appelée Yuzuru, portait le même costume étrange, elle avait les mêmes vêtements restrictifs que Kaguya.

Mais, les verrous étaient positionnés sur son cou, sa main gauche et sa jambe gauche. Ils étaient sur la côté opposé par rapport à cette dernière.

« Fu, tu bavardes beaucoup. Que dirais-tu d’abandonner et d’admettre que je suis l’Esprit le plus apte à devenir la vraie Yamai. »

« Refus. Celle qui vivra sera Yuzuru. Kaguya n’est pas adaptée à porter le nom de Yamai. »

« Fuu… quel affrontement inutile. Mon œil magique capable de voir l’avenir a déjà aperçu ce qui se passerait depuis un bon moment. Dans la prochaine attaque, j’ai eu une vision de ton corps transpercé par ma Sturm Lanze ! »

« Remarque. Il n’y a aucun exemple de prédiction avérée de l’œil magique de Kaguya. »

Lorsque Yuzuru prononça ces mots, Kaguya hésita et s’écria comme si elle avait oublié l’état exagéré quand lequel elle se trouvait à l’instant :

« Tais, tais-toi ! Mes prédictions se sont déjà vérifiées auparavant ! Ne te moque pas de moi ! »

« Revendication. Yuzuru demande l’exposition d’un exemple spécifique de la déclaration de Kaguya. »

« Kuku… c’est à propos de ça. Regarde… J’ai prédit le temps du lendemain, n’est-ce pas ? »

« Ricanement. Les résultats de ton œil magique ne sont pas si différents du mauvais côté d’un geta[4]. Rire ridicule (Rire) Yuzuru ne peut réprimer ses ricanements. »

Yuzuru plaça ses mains devant sa bouche… *Fusu*, et laissa échapper un halètement. Il semblait qu’elle était en train de rire.

« Si, silence ! Je te condamne à mort pour avoir ridiculisé ma technique de l’œil démoniaque ! J’aurais ton corps en guise de dédommagement pour m’avoir mis en copère ! »

Il semblait que c’était plutôt insultant aux yeux de Kaguya. Elle avait pris la pose tout en criant ces mots, mais, puisqu’elle avait raté la prononciation de la fin de la phrase, elle n’avait eu aucun effet cool.

Néanmoins, Yuzuru ne se laissa pas importuner et poursuivit en posant une question :

« Question. Yuzuru exige une autre explication concernant la Sturm Lanze de Kaguya ? »

« Fu… dans ma Sturm Lanze, il n’y a pas de notion lié par une logique existante. C’est tangible et intangible. C’est visible et invisible. Mais son pouvoir et son concept général est d’être spécialisée dans le fait de transpercer. »

« Résumé. Ce qui veut dire qu’elle n’a pas vraiment de raison spéciale pour le faire. »

« F, faux ! Il y a une raison ! Yuzuru, tu es une idiote pour ne pas l’avoir compris ! »

« Interrogation. Alors fournit une explication qui permette à Yuzuru de comprendre. Ça devrait être possible pour le génie qu’est Kaguya. »

« C’est… sou, soudain. Mais ne sois pas triste du fait que les cellules noires de mon cerveau accèdent à un niveau de compréhension que tu ne pourras jamais atteindre. Oui, c’est comme dire qu’un lion ne puisse expliquer ses intentions à une fourmi… »

« Compris. Ce que tu es en train de dire c’est que tu ne peux pas le faire. »

« Kuku, tu… ferais mieux de ne pas me mettre en colère. »

« Ricane. Sturm Lanze (Rire). »

« Ne, ne rigole paaaas ! »

Le visage complètement rouge, Kaguya cria et, immédiatement, elle écarta ses mains. Les chaînes reliées à son cou et à sa main droite tintèrent avec un son de *clank**clank* et les vents violents aux alentours devinrent encore plus forts.

Cette fois, Yuzuru aussi se mit en position comme si elle s’apprêtait à répondre à la provocation.

Puis, toutes les deux croisèrent leurs regards sans pour autant baisser leur garde.

« Sombre dans les ténèbres ! Haaa ! »

« Charge. Eiyaaa… »

Mêlant à la fois un cri d’esprit combattif et une voix plate, toutes les deux frappèrent le sol exactement en même moment.

« Kuh… »

Shidou haleta. A cette distance, ils étaient probablement sans défense s’ils étaient pris au sein d’un affrontement entre deux Esprits. Même s’il était probablement capable de régénérer ses blessures grâce au mana qu’il prenait à Kotori, il n’était pas difficile d’imaginer ce qui arriverait à Tohka qui venait de perdre conscience.

Même s’il s’était pressé, les deux se rapprochaient dans son champ visuel à une vitesse fulgurante.

Il n’y avait pas le temps de nonchalamment penser à quoi que ce soit. Shidou prit une bonne et grosse inspiration. Puis…

« STOOOOOOPPPPPP. »

« … !? »

A cause du cri de Shidou, les deux filles se figèrent sur place.

« Qu’est-ce que c’était que cette voix à l’instant… ahh, oui, c’est quelque chose de semblable à la plainte d’un mort remontant à travers le Cocytus[5] … »

« Rapport. Kaguya, s’il te plait, regarde ça. »

Yuzuru désigna Shidou et Kaguya leva ses sourcils. Il semblait qu’elles n’avaient vraiment pas pris conscience de Shidou et de Tohka jusqu’à ce moment-là.

« Un humain… tu dis ? Impossible. Que quelqu’un puisse mettre le pied dans notre champ de bataille, qui es-tu ? »

« Admiration. Yuzuru ne peut réprimer sa surprise. »

Sur ces mots, elle avait porté son regard suspicieux sur Shidou.

« Ah, non… »

Shidou devint nerveux et recula d’un pas.

Néanmoins, il avait réussi à arrêter le combat entre les deux, mais en retour il avait attiré leur attention.

Il avala sa salive tout en étant scruté par 2 paires d’yeux acerbes.

Bien qu’il n’ait eu d’autre choix, c’était une action irréfléchie. En effet, il avait volontairement attiré l’attention de ces Esprits (qui plus est, elle était deux) alors qu’il n’avait aucune idée de ce que pouvait bien être leurs personnalités et leurs caractères. S’il s’avérait qu’elles étaient des Esprits amoureux de la guerre, alors la situation venait de prendre une tournure incroyablement mauvaise.

A ce moment-là, une sorte de bruit statique frappa son oreille droite et, ensuite, il put entendre une voix endormie s’élever.

« … Shin, est-ce que tu m’entends ? Shin ? »

« Reine-san ! »

« … Aah, il semblerait que nous soyons enfin connectés. Où es-tu à l’instant ? »

« C’est, c’est… »

Shidou baissa la voix tout en expliquant la situation en des termes simples… il lui expliqua qu’il y avait actuellement 2 Esprits en face de lui.

« … Qu’est-ce que tu viens de dire ? A l’intérieur de la tempête il y a… Ne me dis pas… »

« Je…Est-ce que tu sais quelque chose à propos de… ? »

Et, comme pour interrompre la conversation entre Shidou et Reine, Kaguya, qui lui jetait un regard virulent, prit la parole :

« … Toi, pour être entré et avoir interféré dans notre duel sacré, quels sont tes intentions ? Sur la base de ta réponse, je vais…errrr, utiliser Schatten Lanze et te perforer. »

« Remarque. Le nom est différent d’auparavant. »

« Qu…quoi qu’il en soit ! Yuzuru, toi, tu restes tranquille ! »

« Question. Yuzuru ne comprend pas pourquoi elle devrait rester tranquille. »

Lorsque Yuzuru prononça ces mots avec un visage rafraichissant, *Growl*, ce son similaire à celui d’un prédateur… sortit de la gorge de Kaguya.

Il y avait beaucoup de choses qui préoccupaient Shidou, mais il ressassait le mot inconvenant qui l’avait perturbé le plus :

« Du, duel… ? »

Demanda-t-il alors que le regard de Kaguya devint acerbe.

« C’est correct. Comment oses-tu interrompre le duel sacré qui déterminera de notre destinée ? Qu’est-ce que tu comptes faire pour assumer la responsabilité de tout ça ? »

« Retenue. Kaguya, c’est une menace si tu le dis de cette façon-là. »

« Tais-toi ! Et en plus, cette fois, je pensais que ça se passerait bien… »

« Confirmation. As-tu dis quelque chose ? »

« R, rien ! »

Kaguya expira avec un *Fuun* et détourna son regard de Yuzuru.

« Quoi qu’il en soit, si ça continue je ne pourrais pas stabiliser mon esprit. Qu’est-ce que je vais faire avec ce… »

Mais, comme si Kaguya venait de penser à quelque bonne idée, elle ouvrit grand ses yeux.

« Aah ! Je vois ! Si c’est comme ça alors… »

Elle fit face à Yuzuru, une nouvelle fois, et, comme si elle l’évaluait, elle la scruta de la tête au pied.

« Question. Qu’est-ce qu’il y a, Kaguya ? »

« Kuku… J’ai pensé à une bonne méthode, Yuzuru. Nous avons eu plusieurs types de batailles et nous en sommes au point où je ne pourrais plus penser à aucuns autres évènements pour nous départager. »

Comme si elle s’exhibait dans un opéra, Kaguya entreprit des gestes exagérés alors qu’elle poursuivit :

« Mais… ne penses-tu pas que nous avons besoin d’un match de plus pour déterminer à qui la victoire appartiendra ? »

« Question. Quel est ce match qui déterminera à qui appartiendra la victoire ? »

Yuzuru pencha la tête et Kaguya poussa un gloussement, *kukuku*, avant de regarder Shidou.

« Heh… ? »

Se demandant pourquoi… Shidou sentit une sensation plutôt glaciale provenir de ce regard-là.

Partie 4[edit]

Alors qu’il marchait, un vent violent souffla soudainement et, en instant, il s’accrut et se changea en une tempête.

Puisque les choses avaient pris cette tournure, ils n’avaient plus le loisir de se promener nonchalamment. Tous les étudiants de 2ème année du lycée Raizen suivirent les instructions de leur professeur et ils évacuèrent jusqu’au musée, le lieu le plus proche de l’aéroport…

« Shidou… »

Face à la puissante tempête, qui faisait grincer les vitres épaisses des fenêtres, Origami serrait ses poings tout en clamant ce nom.

Shidou (ainsi qu’un scarabée au sol) ne figurait pas dans la liste des étudiants qui avaient évacués à l’intérieur du bâtiment. Ils avaient été séparés sur le chemin et, visiblement, ils avaient été laissés en retrait.

Naturellement, elle avait essayé de se précipiter dehors pour le rechercher mais, à la dernière minute, elle avait été arrêtée par les professeurs.

Non… en fait, si elle était partie dehors, elle n’aurait probablement pas pu se déplacer au sein de cette tempête.

« Kuh… »

A l’instant, la seule chose que Origami pouvait faire c’était de prier pour la sécurité de Shidou. La sensation d’être impuissante se transforma en impatience et s’agita en elle.

« … Oi, d’une certaine manière, est-ce que le ciel ne paraît pas s’être éclairci, maintenant ? »

Un étudiant, qui se trouvait proche d’une fenêtre, avait formulé ces mots de manière inattendue. Les étudiants motivés se réunirent à la fenêtre et commencèrent à regarder dehors.

Origami leva la tête comme si elle avait été frappée par cette voix, elle zigzagua à travers la foule d’étudiants et courut vers l’entrée du musée.

« Ah… ! To, Tobiichi-san ! C’est toujours dangereux dehors ! »

Origami ignora la mise en garde de Tamae et ouvrit la porte. Lorsqu’elle fut sur le point de… sortir…

« … ? »

Contre toute attente, Origami s’arrêta.

En face du musée se trouvait la silhouette de la personne qu’elle voulait rechercher.

« O, ou… Origami. »

Shidou, réalisant probablement que Origami se tenait devant lui, avait pris la parole. Probablement à cause du vent, ses cheveux et ses vêtements étaient en désordre, mais, par chance, il n’était aucunement blessé.

Origami, au lieu d’être rassurée, sourcilla et aiguisa son regard.

L’apparence de Shidou était étrange…c’était comme si d’étranges options[6]le suivaient.

La première de ces choses était Tohka que Shidou portait sur son dos. Il semblait qu’elle avait perdu conscience.

Bon, tout était en ordre… Non, en fait, ce n’était pas bon du tout, mais ce n’était pas le genre de situation où Origami pouvait vraiment prédire pour quelle raison.

Le problème était…

« Qu’est-ce qu’il en est, Shidou ? Plutôt que cette Yuzuru, j’ai bien plus de charmes, n’est-ce pas ? Si tu venais à me choisir, je ne verrais aucun problème à te laisser porter le baiser du contrat sur chaque partie de mon corps. »

« Séduction. S’il te plait, choisis plutôt Yuzuru. Je ferais quelque chose de bien pour toi. C’est une chose vraiment incroyable. Kaguya ne la connait même pas. »

Il avait, à sa droite et à sa gauche, deux filles avec le même visage et portaient un uniforme. Pour diverses raisons, elles touchaient ultra-familièrement le corps de Shidou et elles essayaient de le séduire de manière exagérée.

Lorsque Shidou se sentit désespéré, son corps était ciblé par les regards des autres étudiants, il se souvint de l’incident qui était survenu il y a 10 minutes environ.

A l’intérieur de la zone couverte par la tempête, ce que Kaguya avait formulé avec un sourire intrépide… c’était justement à propos de ce genre de choses.


« … La chose que nous devons encore déterminer, c’est qui est le vainqueur. Il va sans dire que… [Charme] ! »

Kaguya déclara tout haut ces faits tout en prenant soudainement une pose cool.

« Yamai, le vrai Esprit et l’enfant des tempêtes, ne doit pas seulement avoir du pouvoir et de l’intelligence, mais aussi suffisamment de charisme et de beauté pour rendre le créateur de l’univers jaloux, ne penses-tu pas que c’est nécessaire ? »

« Réflexion… »

Après quelques secondes où elle garda le silence, Yuzuru porta également son regard sur Kaguya. Elle la regarda lentement de la tête au pied, comme si elle l’évaluait.

Et, après avoir fait ceci, *Fumu*, elle acquiesça.

« Réponse. Je vois, c’est ce que je répondrais. C’est sûr que nous ne nous sommes pas encore affrontées sur ce domaine-là. »

« Kuku… N’est-ce pas ? C’est tout simplement normal. Le nombre de gens qui ont réussi à se frayer un chemin dans notre conflit est inexistant… c’est parce qu’il n’est pas censé y avoir une troisième personne à laquelle confier la décision du conflit… mais, c’était jusqu’à maintenant. »

Tout en lâchant un petit gloussement, *Point*, Kaguya pointa du doigt Shidou.

« … Toi, quel est ton nom ? »

« Eh ? I-Itsuka… Shidou. »

« Shidou. Fumu. Un frêle nom désigné pour le sacrifice. Donc, très bien ! A partir de maintenant, tu seras chargé du rôle de juge. »

« Huh… ? Eh, non… »

Ne pouvant pas saisir la teneur de ce qu’elle avait dit, ses yeux devinrent des sortes de points.

Mais de son côté, Kaguyae ne perçut pas la volonté de Shidou de cette manière. Elle leva son menton comme pour rire et poursuivit sur un ton provocateur :

« Qu’est-ce que tu en dis, Yuzuru ? Auras-tu le courage d’accepter ce duel ? Kuku, eh bien, je peux déjà entrevoir qui sera le vainqueur. S’il s’agit d’utiliser mes charmes, je serais capable de soumettre le créateur de l’univers. Si tu prenais tes jambes à ton cou, maintenant, tu ne recevrais pas la calomnie d’être traitée de lâche. »

« Négatif. Ce genre de chose est impossible. Il n’y a aucune raison pour laquelle Kaguya gagnerait. Yuzuru a toujours été la plus charmante des deux. Tous les hommes tomberaient facilement à ses pieds. »

« Kuku, seul ton entrain est correct. »

« Déclaration. Yuzuru est la plus mignonne. Honnêtement, la valeur de Kaguya n’est que la partie supérieure de son corps. »

« Que… QUE CE QUE TU RACONTES, SALOOOOPE ?! »

A ce moment-là, Kaguya avait abandonné son air de victoire dans un coin de sa mémoire et s’était écriée sur un ton vraiment menaçant.

Cela dit en passant, bien que Shidou avait sa propre opinion sur la question, Kaguya était vraiment belle. Si sa valeur ne se résumait qu’à la partie supérieure de son corps, alors ça voulait dire que les femmes de ce monde était contrainte à entamer une lutte vraiment terrible.

« Ton visage n’est-il pas le même que le mien ?! Pourquoi nos évaluations sont différentes ?! »

« Pitié. Les caractéristiques faciales ne sont pas suffisantes pour déterminer le charme d’une personne. Même si les matériaux sont les mêmes, l’aura découlant de chacune de nous est très différente. Mais, ne t’inquiètes pas. Dans le monde des moches, tu as un niveau très élevé. »

« Quel monde des moches ?! Est-ce que ton attitude n’est pas la plus horrible des choses pour dire ça ? En plus sur un ton si calme ?! »

« Reconsidération. J’ai oublié que la réalité ne devient pas nécessairement concrète pour la personne concernée. »

« C’EST PAS VRAAAAAAAAAIII ! »

Alors que Kaguya était sur le point de se gratter la tête de manière désordonnée, elle se rappela de la présence de Shidou. Immédiatement, elle leva ses épaules et *Kohon* toussota.

« Qu, quoi qu’il en soit ! Si tu es capable de parler autant alors je n’ai pas d’objections ! »

Kaguya pointa son doigt en direction de Yuzuru.

« … C’est notre dernier duel ! Celle qui le gagne absorbera l’autre et deviendra la véritable Yamai ! Les règles pour ce match sont simples et claires ! Cet homme… Shidou… la première qui le fera tomber sous son charme aura gagné ! »

« Accord… je l’accepte volontiers. »

« Att… ATTENDS UNE MINUUUTE ! »


…Et sur ce, revenons au présent…

Shidou avait consulté Reine à ce sujet, puisqu’il était dangereux de franchement refuser leur demande. C’était devenu le prétexte pour les amener avec lui au musée, mais… les regards en provenance de ses camarades de classe faisaient mal, comme on aurait pu s’y attendre.

« I, Itsuka-kun ? Qui sont ces filles à ta gauche et à ta droite ? Je ne les ai jamais vues auparavant… »

« Eh ? Draguer des filles locales et les cosplayer ? Itsuka, es-tu allé te promener avec ces filles en uniformes à tes bras ? »

« J’ai pensé à un bon job, Itsuka. Marcher à travers l’école avec un panneau où il serait écrit : ‘1 minute 1000 yens, Frappez ce que vous vous voulez.’ Nous serons rapidement assez riches pour bâtir une maison. »

*Blabla* *Blabla* *Blabla*. Les étudiants étaient en plein vacarme. C’était sûrement normal, c’était à cause du prétendument disparu, Shidou, qui revenait avec deux filles inconnues collées à lui.

A ce propos, suivant les instructions de Reine, il avait fait en sorte que les deux enlèvent leurs Tenues Astrales et qu’elles portent chacune un uniforme d’été du lycée Raizen. Tout comme cette fois-là avec Tohka, elles les avaient créés à sa demande sur la base d’informations visuelles.

Malgré tout il était dans une situation critique, mais s’il leur avait laissé leurs Tenues Astrales, qui ressemblaient à des tenues d’emprisonnement, elles auraient probablement engendrées un malentendu et il aurait été classé comme ayant un fétichisme spécial.

Origami, qui se tenait devant tous les étudiants de la classe, après avoir examiné Kaguya et Yuzuru, demanda :

« Shidou, qui sont-elles ? »

« Errr, à ce propos… »

Tout en évitant son regard, Shidou avait laissé échapper ces paroles maladroites. Il pouvait timidement admettre qu’il avait des sueurs froides flottant près de son visage.

A ce moment-là, comme pour prendre le contrôle du brouhaha, une voix endormie s’éleva de derrière la foule :

« … Aah, je vous attendais. Ce sont les étudiantes transférées Yamai Kaguya et Yamai Yuzuru… n’est-ce pas ? »

Le vice-professeur principal du groupe 4 des deuxièmes années, Murasame Reine, se tenait-là en remuant sa tête.

« Des étudiantes transférées ? »

Lorsque Origami posa cette question, Reine consentit avec un : « Aah ! ».

« … A la base, elles devaient être transférées à la fin des vacances, mais… puisqu’elles voulaient assister au voyage scolaire, il a été prévu qu’elles nous rejoignent sur place. Je les ai contactées lorsque nous sommes arrivés à l’aéroport, à l’instant, du coup j’ai envoyé Shidou les chercher. »

En entendant les explications de Reine, Tamae, qui se tenait derrière, porta un regard ahuri et interrogateur.

« Eh ? Des étudiantes transférées ? Murasame-sensei, je n’en ai pas entendu parler du tout… »

« … Puisque ça s’est fait sur un court délai, ils n’ont probablement dû pas avoir le temps de vous contacter à ce sujet. »

« Ha, haaa… »

Tout en affichant un visage perplexe, Tamae se retira. Un tel visage n’était pas si étrange puisque Reine, le vice-professeur principal, avait été informée de ce transfert à la place du professeur principal lui-même.

Après que Origami ait porté sur Reine un regard dubitatif, elle reporta son attention sur Shidou.

« Vraiment ? »

« C, c’est vrai… »

Avait-il répondu avec une voix nerveuse. Comme pour s’accorder avec ça, Kaguya et Yuzuru, qui étaient plantées de chaque côté de Shidou, acquiescèrent.

« Kuku… c’est tout à fait vrai. Humains, prenez-ça comme un privilège d’accueillir la fille de la tempête que je suis. »

« Affirmatif. Il n’y a aucune mésentente quant à ce qu’elle dit. »

Juste au cas où, aussi longtemps qu’elles seraient avec lui, sous la condition qu’il serve de juge à leur duel, il leur avait demandé d’accorder leurs discours aussi souvent que possible.

« … »

Origami était toujours dans un état où d’incompréhension face à cette situation, mais, puisque les deux professeurs et les personnes concernées approuvaient, elle décida probablement qu’il était inutile de dire quoi que ce soit.

Une fois de plus, Origami affûta son regard et dit :

« … du coup, pourquoi vous êtes toutes les deux collées à Shidou ? »

« Aah, c'est-à-dire. »

« Réponse. C’est-à-dire. »

« E, écoute ! Puisque c’était un vent violent, elles ont fait ça pour ne pas être emportées ! »

Shidou avait élevé sa voix comme pour couvrir les réponses de Kaguya et de Yuzuru face à la question de Origami.

Si elles venaient actuellement à dire quelque chose qui manquerait de tact, la fausse information, qu’elles déclameraient avec grande difficulté, perdrait tout son sens. Pour faire en sorte que cette réponse fonctionne correctement, il poursuivit :

« Au, au lieu de parler de tout ça, Sensei, Tohka a été frappée à la tête par une poubelle volante et elle est actuellement dans les pommes. Y a-t-il un endroit où je pourrais la laisser dormir ? »

« … Ooh, je vois, c’est un gros problème. Viens par là. Les étudiantes transférées également, il y a plusieurs points importants que je dois vous expliquer à toutes les deux. S’il vous plait, suivez-nous. »

Reine avait dit cela comme si elle avait lu un monologue et, pour leur dire de venir, elle leur fit signe d’approcher.

Shidou essuya les regards de tout le monde aux alentours alors qu’il suivait Reine vers le coin le plus reculé du musée.


Guidé par Reine, Shidou entra dans ce bureau situé dans la zone la plus lointaine du musée, il coucha Tohka sur le canapé, puis il leva le regard en direction du professeur.

« Je suis désolé que tu aies dû m’aider comme ça. »

« … Non, ne t’inquiète pas pour ça. Au lieu de ça… »

Reine regarda Shidou… Pour être précis, elle porta ses yeux sur les deux filles qui étaient accrochées à chacun de ses bras.

Elles s’étaient décrochées lorsqu’il avait posé Tohka, mais elles s’étaient collées à lui à nouveau.

Et, sans prendre réellement conscience du changement d’environnement autour d’elle, elles commencèrent à chuchoter à Shidou :

« Eh bien, Shidou. Tout ce que tu as à faire, c’est de me choisir. En jurant fidélité à cette Yamai Kaguya, ce corps et même ce cœur, tout cela te sera offert si tu me donnes ton vote. »

« Negatif. Rien de bon n’arrivera si tu choisis Kaguya. Absolument, tu dois donner un vote net à Yuzuru. »

Comme si elles n’avaient pas Reine et Tohka sous les yeux, toutes les deux soufflaient à l’oreille de Shidou. Et, à chaque fois, des sueurs froides s’écoulaient sur le visage de celui-ci et son corps tout entier en aurait frétillé.

« … Il semblerait que ce soit devenu quelque chose d’ennuyeux. »

« … Oui. »

Il avait répondu avec une voix lourde et avait acquiescé. Reine se gratta la joue.

« Kuku… c’est plutôt bénéfique pour toi, n’est-ce pas ? Pour un humain tel que toi, même si ce n’est que temporaire, tu reçois mon affection. Va et crie ta bonne fortune, il est nécessaire de pleurer. »

« Sceptique. S’il s’agit de Yuzuru, je peux comprendre, mais y a-t-il vraiment des gars qui seraient heureux de recevoir des avances de Kaguya ? »

« Fu, fun… C’est inutile, peu importe le nombre de fois où tu tenteras de me provoquer de la sorte. Tout cela sera très clair lorsque tu verras la conclusion du duel. Eh bien, Shidou, c’est bon, tu peux le dire. Yuzuru ou moi, laquelle de nous deux est la femme la plus charmante ? »

« Question. Yuzuru ou Kaguya la gâtée. Laquelle des deux est la plus mignonne ? »

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« Attends, qu’est-ce qu’il y a avec cet étrange sens de l’insulte !? »

« Ignorance. Plutôt que les pleurs enfantins de Kaguya, Yuzuru est la meilleure. »

« Est-ce que, d’une manière ou d’une autre, tu tentes de rendre ça pire ?! »

Tout en se querellant, elles se rapprochaient de plus en plus de Shidou. Afin d’essayer de les calmer toutes les deux, il agita ses mains, *MaaMaa*, et dit :

« Att, attendez un instant. Toutes les deux vous parlez de ‘duel et de duel’ depuis un moment à présent…pourquoi avez-vous commencé à vous battre d’abord ? »

« … Hmm ? Aah… »

Lorsqu’il avait prononcé ces mots, Kaguya avait dressé exagérément son menton.

« Je ne te l’ai pas dit... Toutes les deux, nous étions à l’origine un seul Esprit nommé Yamai. »

« Consentement. Néanmoins, à force de venir sur ces mondes à plusieurs reprises, Yamai a fini par se séparer en deux. »

« En deux… comment quelque chose comme ça… »

Il sourcilla tout en regardant chacune des deux alternativement. A part la différence de coiffure et d’expression faciale, elles étaient vraiment similaires. Elles l’étaient à tel point que plutôt que de les appeler jumelles, il aurait paru plus crédible de les appeler des clones.

« Pour, pourquoi est-ce que quelque chose comme ça est arrivé ? »

« La seule personne capable de le savoir est la déesse du destin qui siège dans les cieux. *Fuun*, cette déesse de mauvais caractère a décidé sûrement de nous tourmenter pour tromper son ennui et sa fatigue. A l’occasion, il y a des fois où elle utilise des dés aléatoires pour prendre des décisions et refuse de suivre la vérité et la raison. »

« Heh… ? »

« Résumé. Je ne suis pas vraiment sûre de ce que Kaguya a voulu dire. »

« Aah… Je vois. »

Lorsque Shidou hocha de la tête suite à l’explication de Yuzuru, la seule qu’il avait comprise, Kaguya éleva la voix peu satisfaite :

« Il n’y a pas de raison à tout ça. »

Pour retrouver son état normal, elle toussota, *Kohon*, et poursuivit les explications :

« C’est ainsi que nous avons été séparées en deux et que nous nous sommes retrouvées en face à face. Dans nos corps, nous en sommes venues à la révélation que notre mission et notre destinée était établie dans notre propre sang. Oui… nous avons saisis qu’il ne pouvait y avoir qu’un seul vrai Esprit Yamai ! »

« Explication. Nous avons compris que Yuzuru et Kaguya, qui ont été séparée en deux, redeviendraient éventuellement une seule. »

« J’ai compris… donc… »

« Complément. Nous l’avons fait, serait probablement la meilleure façon de le dire. Au moment où nous avons été séparées, Yuzuru et Kaguya, toutes les deux, nous avons compris ce qu’allait devenir nos corps. »

Après que Yuzuru ait pointé son doigt en direction de sa tête, elle poursuivit :

« Explication. Néanmoins, la Yamai originale a déjà perdu sa personnalité. Ce qui signifie que lorsque l’occasion adviendra, l’une ou l’autre deviendra la personnalité principale de Yamai. »

« Uh, c’est donc ça… le duel. »

Toutes les deux acquiescèrent en même temps. Une goutte de sueur suinta le long de sa joue alors qu’il prit la parole :

« En d’autres termes, cette tempête a été causée par votre combat… »

Suite à cette question, Kaguya croisa fièrement les bras.

« C’est en effet le cas… Notre compétition a duré un long moment. Actuellement, nous en sommes à 99 batailles. »

« 99 batailles… Vous avez combattu autant de fois que ça ?! »

« Correction. Même si nous les appelons batailles, ça ne signifie pas vraiment que nous nous sommes battues avec nos poings à chaque fois. Il y a eu beaucoup de types de confrontations au cours de nos duels : course, gendama, concours de nourriture, etc. »

« … »

D’une certaine façon, elles avaient eu des duels paisibles.

Non, si ces deux-là avaient eu un concours de course, des dommages collatéraux avaient dû survenir dans les alentours.

« Evidemment, le résultat est de 25 victoire, 25 défaites et 49 matchs nuls. Le vainqueur de ce 100ème duel est supposée devenir la véritable Yamai… du moins, c’est ce qui était prévu. »

Kaguya lui jeta une œillade et Shidou répondit par un bref : « Je vois. » Il semblait avoir interrompu leur très important duel final.

Mais, il n’avait pas eu d’autres choix, bien qu’on lui ait dit l’inverse. Si Shidou ne les avait pas arrêtées à ce moment-là, il n’avait aucune idée de ce qui serait arrivé à Tohka.

Shidou garda le silence, du coup Kaguya et Yuzuru entrelacèrent leurs bras autour de lui, une fois de plus.

« Fu… C’est bon, ne t’inquiètes pas pour tout ça. Je devrais te remercier, bien au contraire. Grâce à toi, nous sommes capables de finir un duel que nous n’avions pas fini auparavant. »

« Positive. C’est vrai que Yuzuru n’aime pas l’idée que notre combat final soit à mains nues car ces combats-là se finissent toujours par un match nul. Yuzuru n’a aucune objection pour que ce soit notre duel final. »

Sur ces mots, comme pour le séduire, toutes les deux continuèrent d’entrelacer leurs bras autour des siens.

« N, non, même si tu me dis quelque chose comme ça… »

Shidou sentit son visage devenir bouillant alors que, à la recherche d’aide, il envoya des regards à Reine.

Mais, la sollicitée, Reine, était assise sur une chaise où elle pianotait sur un petit terminal. Elle émit un *Fumu* difficile et grommela :

« … comme attendu, c’est inutile. »

« Qu, qu’est-ce qui est inutile ? »

Lorsque Shidou posa cette question, Reine eut un petit hochement de tête avant de tourner son visage vers lui.

« … Aah, les communications du <Fraxinus> ont été arrêtées. »

« Eh ? Pou, pourquoi à nouveau… »

« … la raison actuelle n’est pas identifiée. Je vais essayer d’enquêter un peu. »

Sur ces mots, Reine ferma le terminal et se leva.

Après avoir envoyé un regard paisible à Kaguya et Yuzuru, qui étaient toutes deux collées à Shidou, elle dit calmement :

« … Vous avez dit que vous êtes, Kaguya et Yuzuru, n’est-ce pas ? Chacune de vous essaye de séduire Shidou au cours d’un duel qui déterminera qui deviendra le véritable Esprit Yamai… il n’y a pas d’erreur, c’est bien ça ?»

Lorsque Reine prononça ces mots, Kaguya et Yuzuru tournèrent leurs yeux vers Reine pour la première fois depuis le début.

« Aah, c’est exactement ça. Je m’en fiche que vous visitiez, mais si vous tentez de nous faire obstacle alors je ne vais pas me retenir, vous savez ? »

« Question. Vous êtes ? »

« … Un professeur. »

Après qu’elle ait répondu avec un mensonge quelconque, elle se retourna.

« …Shin, prends soin de Tohka… Kaguya, Yuzuru, je voudrais avoir une petite discussion avec vous deux. S’il vous plait, suivez-moi. »

« Uh, Reine-san. »

« C’est dangereux », il projeta vers Reine un regard emplis de ce genre de signification. Même pour rire, c’est deux-là étaient des Esprits.

Néanmoins, Reine leva ses mains comme pour lui renvoyer un : « Pas besoin de s’inquiéter. »

« Kuku… Lorsque je pense à ce que vous venez de dire. Pourquoi est-ce que quelqu’un comme moi suivrait les ordres d’une simple humaine ? »

« Rejeté. Yuzuru veut rester avec Shidou. »

Toutes les deux refusèrent obstinément. Néanmoins, Reine haussa les épaules comme si c’était au-delà de ses attentes et parla comme pour le leur laisser penser :

« … Malgré son apparence, Shin est une tête de mule. En écoutant votre conversation, j’ai pensé que ce n’était pas à votre avantage à toutes les deux. »

« Quoi… ? »

« … A en juger par ses réactions, c’est clair, non ? A mes yeux, vous êtes toutes les deux charmantes et mignonnes. Mais, malgré tout, il n’a toujours pas choisi l’une de vous deux. »

« … »

Kaguya et Yuzuru la fixaient avec un air d’interrogation, puis elles se regardèrent l’une l’autre.

« … Qu’est-ce que vous allez faire maintenant ? De mon point de vue, je n’ai pas de préférence entre vous deux. »

Elle prononça ces mots et ouvrit la porte du bureau.

Toutes les deux se regardèrent, une fois de plus, et, à contrecœur, elle se séparèrent de Shidou et suivirent Reine.



Chapitre 3: Double approche[edit]

Partie 1[edit]

Le temps passa et il était, à présent, 18h50.

Le soleil s’était couché et la chaleur et l’humidité, qui étaient oppressantes au cours de la journée, devinrent bien plus supportables. Comme pour se rajouter à tout ça, les sons des cigales, qui se firent entendre tout au long de l’après-midi, laissèrent place à ceux des criquets.

Plus tard, le groupe se rendit à l’hôtel, après avoir attendu que Tohka se réveille, et chacun porta ses bagages dans sa chambre respective. Ils finirent leurs dîners avant de pouvoir profiter de leur temps libre.

Oui… tous sauf Shidou.

« Haa… Pourquoi les choses doivent-elles finirent comme ça à nouveau… ? »

Shidou posa ses mains sur le mur du couloir de l’hôtel alors qu’il marchait exténué.

C’était normal puisque 2 Esprits non-scellés s’étaient montrés et qu’ils s’étaient englués tous les deux sur lui. Tout cela s’était terminé par une situation où personne n’avait eu besoin d’évacuer.

Kaguya et Yuzuru étaient toutes les deux devenues étonnamment obéissantes après avoir reçu quelques explications de la part de Reine, au musée. Mais… ce n’était pas assez pour faire disparaître son anxiété.

« Je dois, d’une manière ou d’une autre… faire quelque chose à ce propos. »

Il afficha un visage renfrogné tout en grommelant ces mots, puis il continua de traîner ses jambes.

A l’instant, Shidou faisait face à la chambre de Reine. Il s’y rendait afin d’avoir une discussion concernant leurs nouveaux objectifs. Lorsqu’il avait quitté le musée, elle lui avait demandé de venir la voir dans sa chambre.

Néanmoins, Shidou s’arrêta alors qu’il était sur le point d’atteindre le carrefour en T.

… Deux têtes émergèrent du coin de chaque côté de celui-ci et elles dirigeaient clairement leurs regards vers lui.

Immédiatement, il prit conscience de ces formes de vie. Après qu’il eut nerveusement avalé sa salive, il prit la parole :

« Que, qu’est-ce que vous faites, Kaguya, Yuzuru ? »

Sur ces mots, les deux s’avancèrent hors des zones d’ombres où elles se trouvaient.

« Kuku… pas mal de remarquer ma présence. Ou devrais-je dire, que je n’en attendais pas moins venant de toi ?»

« Remarque. C’est simplement que celle qui se cache est nulle. »

« … ! J, je ne veux pas m’entendre dire ça par toi, Yuzuru ! Je me cache mieux que toi ! »

« Objection. Il n’y a aucune raison que Kaguya se cache mieux que Yuzuru. »

… toutes les deux étaient, bien entendu, en plein dans le champ de vue de Shidou, il se retint de le leur dire.

« Du coup, toutes les deux, qu’est-ce que vous faisiez ? »

Lorsque Shidou posa cette question, elles se regardèrent l’une l’autre pendant un instant avant de porter leurs yeux sur lui.

« Fu… Laisse-moi te le dire. Tu devrais me suivre. »

« Garantie. Viens par-là, s’il te plait. »

De manière parfaitement simultanée, elles prirent respectivement un bras de Shidou.

« Qu, qu’est-ce qui se passe, vraiment ? »

Alors qu’il regardait à gauche et à droite avec un sentiment perplexe, il fut emporté… et, sous peu, ils arrivèrent tous les trois à un certain endroit.

Il y avait deux rideaux suspendus de chaque côté de l’entrée avec brodés dessus les kanjis « Homme » et « Femme ».

C’était les fameux bains en extérieur de l’hôtel.

« … Les bains ? »

Lorsque Shidou pencha sa tête, Kaguya acquiesça exagérément.

« Kuku… Les ténèbres impures se sont trop accumulées dans ton corps. Je te permets de les purifier. »

« Huh ? »

« Traduction. ‘S’il te plait, entre dans les bains et étanche ta sueur’, c’était ce qu’elle voulait dire. »

« Aah… c’était ce que ça voulait dire. Le moment des bains est un peu plus tard, non ? En plus, je n’ai pas encore préparé de vêtements de rechange ou de serviette. Et il y a un endroit où il faut que j’aille maintenant-même… »

Alors qu’il s’expliqua de la sorte et qu’il était sur le point de faire demi-tour, ses deux bras furent saisis encore plus fermement.

« Ouch ouch… pourquoi vous faites ça ? »

« Est-ce que tu penses être le genre de personne à avoir le choix ? Arrête de te plaindre à propos de choses triviales et purifie ces impuretés. »

« Charme. Avance, s’il te plait. Les préparatifs pour le bain sont achevés. »

Yuzuru baissa son regard en direction des serviettes de bain, de serviettes et d’un yukata[7] qui se trouvaient-là.

« Pou, pourquoi vous devez aller aussi loin… que diable avez-vous prévu ? »

« Fu… il est impossible que mes nobles et mystérieuses pensées puissent être comprises et saisies par une personne ordinaire. »

« Proposition. Un grand bain public avec personne dedans est une bonne chose. »

« … »

Après que Shidou ait alterné son regard dubitatif entre les deux, *Haaa* il soupira profondément.

Ce n’était pas comme si Reine avait fixé un planning spécifiquement strict et, en plus, il y avait une probabilité qu’elles deviennent violentes s’il venait à refuser leurs instructions.

« … J’ai compris. Du coup, je vais y aller en premier. »

« Kuku… aussi longtemps que tu as compris… »

« Prière. Yuzuru respecte la décision de Shidou. »

Bien qu’il n’avait aucun indice concernant les intentions ces deux-là, il était vrai qu’il voulait se baigner pour laver sa fatigue et sa sueur. Il prit les serviettes et tout ce qui avait été préparé, puis il entra dans le bain des hommes.

A cet instant, lorsqu’il regarda derrière lui, pour diverses raisons, les joues de Kaguya étaient rouges, comme si elle était un peu timide, et Yuzuru avait mis ses mains devant sa bouche.

Tout en se sentant perplexe concernant leurs attitudes, Shidou retira ses vêtements dans les vestiaires ; il prit une serviette dans une main et ouvrit la porte coulissante qui était embuée par la vapeur.

« Ooh… c’est surprenant. »

Ainsi, involontairement, il se prit d’admiration devant cette scène qui se déroulait devant ses yeux.

Le gigantesque bassin formé par les pierres était rempli avec une eau chaude légèrement brune alors qu’une mince vapeur s’en dégageait. En outre, la mer était juste un peu plus loin, le clapotis du bassin et le remous des vagues faisaient écho.

Puisque ce n’était pas encore l’heure du bain, il n’y avait personne d’autre que Shidou.

Je vois, ce doit être le meilleur emplacement au vue de ce qu’a dit Yuzuru.

Shidou se lava rapidement la tête et le corps, il posa sa serviette sur sa tête et plongea dans l’eau chaude.

« Aah… »

C’est ainsi qu’il poussa cette exclamation qui donnait l’air d’un vieillard. Tout en étendant ses bras et ses jambes, il allongea son corps tout entier dans l’eau légèrement chaude.

Et, à ce moment-là, *Roll*, ce son se fit entendre et la porte coulissante de la salle de bain s’ouvrit.

Il tourna son regard vers l’entrée en se demandant si quelqu’un entrait… il se raidit dans l’eau.

« Quo… »

C’était probablement une réaction normale. En effet, Kaguya et Yuzuru, qui devaient être actuellement dans le couloir, se tenaient-là à présent, avec une serviette autour de leur corps.

« Les, les filles, qu’est-ce que vous faiiiiiiites ! C’est le bain des hommes, vous savez ?! »

Incapable de se retenir, Shidou s’écria alors que toutes les deux plongèrent leurs pieds dans le bassin et s’avancèrent vers Shidou.

A cause de la vapeur, leurs serviettes de bain collaient à leur peau. Leurs silhouettes se dessinèrent distinctement. Involontairement, le visage de Shidou tourna au rouge, il plongea encore plus profondément dans l’eau.

Face à la réaction de Shidou, Kaguya croisa les bras tout en rougissant.

« Ku, kukuku… à, à ce sujet… Comme je te disais, tu n’as d’autres choix que ramper sous mon charme. »

Sur ces mots, Yuzuru se tint dans une position de confrontation face à Kaguya. *Fusu*, soupira-t-elle.

« Sneer. Charme (rire). C’est la première fois que Yuzuru entend dire que Kaguya possède quelque chose comme ça. »

« … Fuun, je vais immédiatement te faire pleurer. Ce faisant, Shidou, ci-présent, tombera sous mon charme ! »

« Défi accepté. Yuzuru va l’accepter. »

Après avoir dit ça, toutes deux plièrent lentement leurs jambes et entrèrent dans le bassin afin de se rapprocher de Shidou.

« … ?! »

A la base, entrer dans le bain en portant une serviette de bain était une violation des bonnes mœurs, mais, à l’instant, il ne pouvait pas vraiment leur reprocher quelque chose comme ça.

Le corps de Shidou se raidit nerveusement et, instinctivement, il ferma les yeux.

« Kuku… tu devrais te résoudre Shidou. Permets-moi de faire que tu ne sois satisfait que par moi. »

« Objection. Shidou deviendra la victime du corps de Yuzuru. »

« Qu, qu’est-ce que tu… »

Face à leurs mots, le corps de Shidou se raidit encore plus.

Je me demande quel genre de choses surprenantes, elles vont me faire.

Son esprit s’enfuit, victime d’une petite anticipation, d’une peur inconnue.

Néanmoins…

« … hmm ? »

Après un petit instant, rien ne se passa. Shidou ouvrit lentement ses yeux.

Toutes les deux se placèrent d’un côté et de l’autre de Shidou et croisèrent leurs regards comme si elles se provoquaient.

« Fu… Oh gentille Yuzuru, je te permets d’y aller en première. »

« Objection. C’est inutile. C’est plutôt Kaguya qui a besoin d’un handicap. Je vais au moins te laisser le droit de débuter. »

« Kaka, tu es quelqu’un qui ne comprends pas. Les yeux de Shidou vont être cloués sur moi au moment-même où je poserais mes mains sur lui. Essaye donc de comprendre mes intentions de te laisser une chance ! »

« Doute. En réalité, tu n’as aucune idée de la bonne chose à faire, n’est-ce pas ? »

Lorsque Yuzuru prononça ces mots, *Twitch*, les épaules de Kaguya tressaillirent.

« C’est, c’est pas vrai ! Je suis super ero ero ! Qu, qu’est-ce que tu dis ! J’ai beaucoup de techniques d’adulte auxquelles quelqu’un comme toi ne penserait jamais ! »

« Suspicieuse. Eh bien, montre-moi s’il te plait. »

« Que… ah, fu, fuun ! Très bien, regarde attentivement ! »

Depuis la position où elle se tenait, Kaguya tourna son regard en direction de Shidou, posa sa main droite sur sa tête et posa sa main gauche sur sa hanche, puis…

« … U, ufuuun. »

Elle prit une pose que même les gravures antiques n’auraient pas prise.

A ce moment-là, Yuzuru posa ses mains sur sa bouche et, *Puukusukusu*, poussa un soupir.

« Errr… »

Shidou se gratta les joues sans savoir quelle était la bonne chose à dire… Non, ce n’était pas comme si elle n’était pas sexy. La serviette mouillée collant à sa peau était clairement sexy.

Néanmoins… comparée à avant, un sentiment insurmontable emplissait son cœur.

Face à ces deux réactions, le visage de Kaguya vira au rouge et, une fois de plus, elle plongea dans le bassin.

« Qu’est, qu’est-ce qu’il y a tous les deux ?! »

« Ricanement. Comme attendu de la part des charmes de Kaguya (Rire), c’est différent. »

« Qu, qu’est-ce que tu as dit ?! Kuh, je veux dire, c’est pas ça ? Et qu’en est-il de toi, en réalité, n’es-tu pas celle qui n’a aucune idée sur quoi faire ?! »

Kaguya pointa son doigt vers elle en prononçant ces mots. En réaction, *twitch*, le bord des sourcils de Yuzuru se levèrent.

« … Objection. Ce n’est pas possible qu’une telle chose soit vraie. »

« Haa, je me demande ?! Alors pourquoi ne pas me montrer ça et l’exécuter tout de suite ?! »

« Reconnaissance. Comme tu veux. »

Sur ces mots, Yuzuru se retourna et fit face à Shidou…

« Envoûtement. Chuu. »

Elle envoya un baiser de sa main avec une position d’idole des anciens temps.

« … Ah, un. »

Et, une fois de plus, tout en se demandant comment avoir une réaction appropriée, Shidou laissa une goutte de sueur s’écouler de son front tout en arborant un sourire crispé.

Kaguya, en conséquence, se tint l’estomac avec ses mains et rigola.

« Kyahahahaha ! Qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que c’est que ça ?! As-tu vraiment l’intention de l’envoûter avec ça ? »

« Déception. Je n’ai pas envie de m’entendre dire ça par Kaguya. »

« Haan, ça vaut pour toi aussi ! »

« Objection. Avec le visage enfantin de Kaguya, la séduction n’était pas possible à la base. »

« … ! Le, le tien n’est pas très différent du mien ! »

« Objection. Même si l’usage de l’arithmétique définit ça comme une marge étroite, la sensation de massage n’est pas la même. »

« Ku, kuku… il semblerait que tu ne comprennes pas le charme d’un corps mince. »

« Ricanement. Mince (Rire). La réalité ne changera pas peu importe à quel point tu l’édulcores. »

« Fu, fuun… ! Un objet tel que celui-là n’est rien de plus qu’une masse de gras après tout ! »

« Ressentiment. Yuzuru ne peut pas prétendre ne pas avoir entendu ça. J’en conclus à de la jalousie de Kaguya. »

« N’en conclus rien ! Je ne suis pas envieuse ou quoi que ce soit ! C’est évident que Shidou pense que je suis plus mignonne que la grasse Yuzuru ! »

« Objection. C’est un handicap fatal pour une femme de ne pas avoir de poitrine lorsqu’elle essaye de séduire un homme. Un os de poulet tel que Kaguya n’a rien dessus. »

« Qu, QUI EST UN PUTAIN D’OS DE POULET ! »

« Défi accepté. Qui est la grosse ? »

« Qu’est-ce qui cloche, à part avoir plus de fourches que moi ?! Hoora ! Shidou, tu n’aimes pas une fille de ce genre-là, pas vrai ? »

« Remarque. Kaguya est celle qui sent le plus la transpiration comparée à Yuzuru. Tu passes en deuxième en termes de charme féminin. »

« Qu, que diable ?! Même si tu as plus de pourcentage de gras que moi ! »

« Pitié. Au final, actuellement, Yuzuru a de la pitié pour Kaguya qui ne sait qu’attaquer sur cet aspect-là. »

« Tais-toi ! Puyo Puyoo ! Puyo Puyoo[8] ! »

« Contre-attaque. Peta Petaa ! Peta Petaa[9] ! »

Toutes les deux commencèrent à se disputer. Puis…

« … ?! »

Les épaules de Shidou tressaillirent. La porte coulissante se fit entendre à nouveau ; c’était probablement quelqu’un d’autre qui venait.

« O, oi… quelqu’un est entré. Ne devriez-vous pas vous cacher toutes les deux ? »

En effet, c’était le bain des hommes. Et, logiquement, le nouvel arrivant devait en être un.

Kaguya et Yuzuru répondirent d’une voix calme et d’une façon relaxée.

« Kuku… qu’est-ce que tu racontes, Shidou ? »

« Objection. Il n’y a aucun problème, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. »

« Huh… ? »

Sans comprendre ce que les deux voulaient dire, Shidou pencha la tête.

« Toryaa… »

C’est avec cette voix dynamique que le nouvel arrivant sauta vigoureusement dans le bassin.

C’est là que Shidou, qui se trouvait déjà dans le celui-ci, put voir la dite personne.

Il s’agissait d’une voix digne qui lui était familière. Ces longs cheveux noirs comme la nuit et ces formes généreux et magnifiques qui ne pouvaient absolument pas être celles d’un homme… Oui, cette silhouette était celle de…

Cette silhouette n’était autre que celle de Yatogami Tohka.

« Hm ? »

A cet instant, Tohka remarqua également le précédent occupant. Du coup, elle regarda Shidou avec un regard ahuri.

« … »

« … »

Et ainsi…

« Gyaaaaaaaaa ?! »

« Gyaaaaaaaaa ?! »

Leurs deux visages s’étaient entrecroisés et, avec un timing parfait, les deux avaient crié.

Tohka agita ses mains prestement sous l’effet de la panique et, immédiatement, elle cacha ses seins et ses parties basses.

« Qu, ququququququ… Qu’est-ce que tu fais ici, Shidou ?! »

« N, nononononon. Pourquoi es-tu entrée ici ?! C’est le bain des hommes ! »

« Qu’est-ce que tu dis ! J’ai fait exactement ce que tout le monde m’a dit, je suis entrée dans celui en rouge ! »

« Huh… ?! »

A ce moment-là, le corps de Shidou frémit, un frisson glacial parcourut sa colonne vertébrale.

« Les filles, ne me dites pas que… ! »

Lorsqu’il prononça ces mots et porta son regard à gauche puis à droite, Kaguya et Yuzuru lui renvoyèrent des regards ahuris.

« Umu, j’ai changé les rideaux juste avant ton arrivée, Shidou. Comme on pouvait s’y attendre de ma part, je suis un tel stratège. »

« Question. Est-ce que, par hasard, il y aurait un problème ? »

« TOUTES les deux…. ! »

La voix de Shidou était emplie d’un ressentiment alors qu’il fixa chacune d’elle.

Il en aurait presque nourrit une rancune, mais ce n’était pas le bon moment pour cela. Il se retourna pour faire face à Tohka et baissa vigoureusement sa tête comme s’il voulait la planter dans le bassin.

« Tohka, crois-moi. Je le jure, je ne prévoyais pas de faire quelque chose comme ça ! »

« O, oo… »

Alors que Shidou tentait désespérément de lui demander quelque chose, Tohka afficha un visage confus.

« Al, alors qu’est-ce que tu fais ici, dans un endroit comme celui-ci… ? »

« J’ai été piégé ! Désolé, je vais immédiatement sortir… ! »

« Ah… Shidou ! »

Lorsque Shidou fut sur le point de sortir du bassin, tout en faisant de son mieux pour ne pas regarder le corps de Tohka, cette dernière, contre toute attente, lui saisit la main. C’était comme si elle tentait de le retenir.

« Qu, qu’est-ce qui ne va pas, Tohka ? »

« Non… de cette façon, je pense que c’est une mauvaise idée. »

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« Heh ? »

En même temps que les yeux de Shidou devinrent ronds tels des points, la porte coulissante s’ouvrit à nouveau et un groupe de filles entra.

« Quo… »

Paniqué, il se rassit rapidement dans le bassin et se cacha dans l’ombre des rochers.

Si on y réfléchissait attentivement, c’était tout à fait normal. Il était à présent l’heure du bain, Tohka venait d’entrer, ça voulait donc dire que les autres filles allaient toutes arriver en même temps.

« Yaa… n’est-ce pas énorme ?! La mer est juste à côté, lààà~~! »

« Ah, les étudiantes transférées, vous êtes déjà là ? Rapides~~ »

« *Are*, Tobiichi-san, tu ne viens pas dans le bain ? »

« … Il y a quelque chose que je dois faire, quoi qu’il en soit. »

« Je, je vois… Bonne chance. »

Il entendit la voix aiguë des filles, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne soit découvert.

« C’est, c’est, c’est carrément mauvais… ! Que, que dois-je faire… ?! »

Face à un pincement qu’il n’avait jamais ressenti auparavant, Shidou mit sa tête entre ses mains alors que ses yeux furetaient tout autour de lui.

Si, par hasard, elles le trouvaient ici en train de se cacher, il était probable qu’elles se liguent contre lui et le ruent de coups.

Non, si ce n’était que cela, ça irait encore. Se voir coller l’étiquette de délinquant sexuel, étiquette qui ne disparaîtrait pas toute sa vie durant, il n’y avait pas de doute qu’il passerait le reste de sa scolarité à s’entendre dire que c’était une erreur de jeunesse ou qu’il serait catalogué en tant que pervers, ou bien même serait-il appelé l’incarnation du désir sexuel. Ou alors, au lieu de tout ça, dans le pire scénario, il y avait une possibilité que cet évènement impliquerait la police…

Alors que Shidou tremblait, Tohka se déplaça comme si elle cherchait à le cacher.

« To, Tohka… ? »

« C’est pas comme si c’était de ta faute, non… ? Du coup, dépêche-toi et enfuis-toi en utilisant mon corps pour te cacher. »

« … ! Dé, désolé. Je t’en dois une… ! »

Heureusement, grâce à la vapeur de cette eau brune-rougeâtre, il devenait plus difficile de remarquer la silhouette de Shidou. En plus, avec Tohka agissant comme un mur, il avait une possibilité de s’enfuir du bain des filles.

« Ok… allons-y alors. »

« O, ou… »

Il acquiesça la proposition de Tohka. Sur ces mots, cette dernière, tout en restant plongée dans le bassin, commença à s’avancer en crabe.

Il resta caché dans son dos et commença à s’avancer dans l’eau…

Néanmoins…

« Ah, Tohka-chan détectée~! »

« Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi restes-tu sur les bords ? »

« Plus important, *uwaah*, ta peau est si belle. Putain, laisse-moi la masser ! »

En face de Tohka, le trio Ai, Mai, Mii apparut. Dans la tête de Shidou, le BGM[10] d’un combat de RPG s’enclencha.

« Hi… »

« N, non… tout va bien ! Ne vous inquiétez pas ! »

Malgré ces mots, le trio Ai, Mai, Mii s’intéressait à elle. Si ça continuait, elles pourraient remarquer la silhouette de Shidou derrière elle.

A ce moment-là…

« Haaa… ! Qu’est-ce qu’un pain aux champignons géant fait ici ?! »

S’écria soudainement Tohka tout en désignant un endroit au loin. A cet instant, les 3 tournèrent leurs regards dans la direction désignée.

« … ! »

Une chance ! Shidou se tourna et il plongea dans la mer en passant par-dessus la bordure de rochers.


En même temps, quelques gentlemans s’étaient réunis dans un coin du bassin des hommes en formant un cercle. Ils échangeaient une conversation à basse voix.

« Oi, Tonomachi, ça a intérêt à être vrai, non ? »

Face à cette question posée par un camarade de classe, *Grin*, le coin des lèvres de Tonomachi se levèrent.

« Aah, il n’y a pas de doute. Déjà qu’en général c’est imperceptible lorsque quelqu’un entre dans les bains, mais, en plus, une partie de la palissade qui sert de mur entre les bains des hommes et des femmes, dispose d’une ouverture douteuse ! »

« Ooo… ! »

Les frères d’armes, qui disposaient des mêmes motivations, élevèrent leur voix en même temps. *Un**Un*, après que Tonomachi ait acquiescé, au milieu du groupe, il leva soudainement sa main. Bien sûr, les mains de tout le monde se joignirent à la sienne.

« Avez-vous tous achevé vos préparatifs et vos résolutions ?! »

« Bien sûr ! »

« Compris ! Eh bien, suivez-moi ! Je vais vous montrer ce paradis terrestre… ! »

« OOOHHH ! »

Des voix irrégulières se soulevèrent et tout le monde leva sa main également.

Après que Tonomachi ait jeté ses yeux vers le bas comme pour goûter ce mince sentiment persistant et enivrant, il s’avança lentement. Ainsi, il se dirigea vers la palissade des bains tout en faisant le moins de bruit possible jusqu’à atteindre l’objectif.

« Ok, donc maintenant… »

Tonomachi regarda ses frères d’armes, tout le monde hocha de la tête.

« Toi, passe devant, Tonomachi. »

« Tu nous as donné à tous du courage. Tu nous as tous guidés. »

« Mets le feu à la baraque, dans tes yeux et dans ton âme. »

« Les gars… »

Tonomachi essuya énergiquement ses larmes avec ses bras et répondit par un grand hochement de tête.

« Eh bien, allons-y… regardez bien, mon style de vie ! »

Sur ces mots, Tonomachi s’étira le dos pour paraître plus grand ; puis, il fureta en direction de du petit trou dans la clôture.

Et…

« … »

« … »

… Il croisa un œil.

En regardant plus attentivement du côté des femmes, cet œil appartenait à Tobiichi Origami.

« … Dé, désolé de te déranger. »

Tonomachi exprima ces mots d’une voix sèche et fit demi-tour en direction de son lieu d’origine.


« … Hm ? »

Reine, qui travaillait sur un petit ordinateur dans sa chambre, tordit inexplicablement sa nuque. Provenant de dehors, *step**step*, elle entendit des bruits de pas.

Suite à quoi, ils s’arrêtèrent en face de la porte, *toc**toc, quelqu’un toqua.

« … Entrez. »

Sur ces mots, la porte s’ouvrit lentement. Shidou, vêtu d’une serviette de bain enroulée sur ses hanches, entra dans la pièce. Pour diverses raisons, son corps tout entier était trempé, *clac**clac*, et il tremblait avec ses mains posées sur ses épaules.

En regardant son état, Reine fut submergée de pensées pendant quelques secondes, avant de… *Poc*, elle frappa son poing dans le creux de son autre main comme si elle venait de comprendre.

« … N’est-ce pas un peu trop tôt pour que tu viennes me rendre une visite nocturne ? »

Partie 2[edit]

« Kuku… vous autres êtres humains inférieurs. Pensez au privilège de vous trouver dans la même pièce que moi. Il serait bon que vous graviez mon nom dans vos cœurs. Le nom de la fille de la tempête, Yamai Kaguya. »

La fille qui était venue dans la chambre 40, la chambre de Tohka et des autres filles, se tenait actuellement assise sur la table et présentait ces salutations arrogantes.

Même si elle était extrêmement impolie, état probablement dû à sa voix aigüe et à son visage fier, son dédain n’était pas oppressant. Elle dégageait une sensation agréable comme un petit enfant qui imiterait son personnage préféré.

« Umu, soyons amies. Enchanté de vous connaître ! »

*Yup**yup*, Tohka acquiesça tout en croisant les bras. Le groupe composé de Ai, Mai et de Mii, toutes trois assises derrière Tohka, sourirent en même temps, comme pour s’harmoniser avec cette dernière.

Lorsque Reine avait subitement dit : « Gardez cette fille avec vous toute la nuit », les trois étaient restées choquées, mais, fondamentalement, puisqu’elles aimaient toutes ce qui est mignon et amusant, elles avaient immédiatement approuvé. *Kyaaa !* Elles affichèrent des visages souriants, comme si ça les rendait heureuses, et elles commencèrent à toucher du doigt les joues de Kaguya et à tapoter sa tête.

« Ahhh, ohhh, kawaaaaaiiii. Elle est tellement adorable ! »

« Ses cheveux sont si soyeux. Ses joues sont molles. »

« Est-ce que tu aimes les choses sucrées ? Est-ce que tu aimes les Mikado[11]? »

« Ar, arrête, pouffiasse ! Vous êtes si irrespectueuses ! *munch**munch*… »

Kaguya poussa sans retenue ce cri. Mais, bien sûr, elle mangea un Mikado.

« Ah ! Mii, je veux aussi un Mikado ! »

« Ouais~ ouais~ d’accord, Tohka-chan… Ah, je suis si désolée. Celui que je viens de donner à Kaguya-chan à l’instant était le dernier. Est-ce que tu veux manger un Nutella Go[12] à la place ? »

« Que… Qu’est-ce que c’est que ça ?! »

Sur ces mots, Tohka adopta un visage sérieux et regarda avec attention l’objet cylindrique qu’on lui tendait. Ai, Mai, Mii posèrent une autre question à Kaguya. « Dis…dis… du coup, d’où tu viens Kaguya-chan ? »

« C’est rare d’être transférée à l’école à cette époque de l’année. »

« Ça convient au groupe 4 que tu arrives avant le prochain trimestre ? »

Ai, Mai, Mii enchaînèrent rapidement les questions les unes après les autres. *Swish*, Kaguya croisa les jambes.

« Ou… huh. Fuu, c’est une bonne question. L’endroit duquel je viens se trouve au sommet des cieux, mais également au bout du monde. C’est la partie la plus éloignée de l’outre-monde et juste à côté du monde actuel. Ce n’est pas un royaume que des gens aux pensées telles que les vôtres sont capables de comprendre. »

« Au-delà… monde actuel… ? »

Tohka pencha sa tête. Néanmoins, elle se rendait bien compte que quelque chose d’incroyable venait d’être dit.

« Muu, je vois. Kaguya est incroyable, elle connait des mots si compliqués ! »

« Kuku… il semblerait que vous compreniez. Je commence à vous apprécier. Quels sont vos noms ? »

« Umu, c’est Yatogami Tohka. »

« Tohka… huh… kuku, c’est un joli nom. Laisse-moi te tapoter. »

Pour diverses raisons, l’humeur de Kaguya s’adoucit et, *rub**rub*, elle tapota la tête de Tohka.

« Nu ? Qu, qu’est-ce que c’est…ça chatouille. »

« Tu sembles prometteuse. Par les ténèbres du baptême, je vais t’inclure à ma parenté. »

« Parenté ? Qu’est-ce que c’est ? »

« Kuku… C’est la condition d’admission à être sur le champ de bataille que je dirige en tant que général. Ça signifie que tu peux inclure ton nom à la liste du plus puissant clan au monde. »

« OOu… ! Bien que je ne comprenne pas, tu es prête à faire quelque chose d’incroyable pour moi ?! »

Lorsque Tohka prononça sincèrement ces mots, le doigt de Kaguya trembla comme si elle était submergée d’émotions. D’une certaine façon, c’était comme si elle rencontrait pour la première fois quelqu’un qui la comprenne. Un peu comme un inventeur ou un artiste.

« Oh, bien sûr ! Je vais employer mon corps et mon âme pour te protéger ! Pense-y comme un honneur ! »

« Umu, je me sens honorée ! »

En regardant ces deux, Ai, Mai, Mii placèrent leurs mains sur leurs joues et *Yaan~!*, s’écrièrent-elles.

« Uwah, je ne peux vraiment plus m’en empêcher. Tohka-chan et Kaguya-chan sont si mignonnes. »

« Attends, je vais prendre une photo ? Regardez par ici, s’il vous plait ! »

« Ça me laisse à penser que les genres sont seulement une trivialité. »

Sur ces mots, quoi qu’il en soit, elles entortillèrent leurs corps, prirent des poses avec leurs appareils digitaux et léchèrent même leurs lèvres tout en les fixant avec des yeux pétillants.

Kaguya fronça des sourcils sous le coup de ces regards avant que ses propres yeux devinrent interrogatifs, comme si elle réalisait quelque chose.

« Tu dis t’appeler Tohka, n’est-ce pas ? Ne me dis pas que tu… es la fille que Shidou portait sur son dos cette fois-là ? »

« ? Est-ce que quelque chose est arrivée à Shidou ? »

Lorsque Tohka posa cette question, Kaguya écarquilla des yeux, prit les mains de cette dernière et s’avança vers un coin de la pièce.

« Arere, Kaguya-chan, où est-ce que tu vas ? »

« Maintenant-même, j’essaye de partager des informations importantes avec ma parenté. Ces mots portent une malédiction qui ne peut pas être supportée par des humains normaux, si leurs oreilles venaient à les entendre, elles deviendraient douloureuses et finiraient par tomber. Mais, si cela vous convient, vous êtes autorisées à écouter. »

« Ah, une discussion secrète. Ahaha, nous ne nous permettrions pas d’écouter aux portes. »

Dit Aii avec un large sourire. Néanmoins, Tohka n’y prêta pas attention, alors qu’elle appuya sur ses lobes d’oreille, son corps tout entier trembla.

« Mes, mes oreilles vont tomber… ? »

«  Ne t’inquiètes pas. C’est pas quelque chose qui m’affecte moi ou une parente telle que toi, puisque nous avons en nous un mystérieux pouvoir. »

« Je vois… un parent est quelque chose d’incroyable ! »

Lorsque Tohka murmura cette phrase, Kaguya acquiesça avec satisfaction et lui demanda en baissant le volume de sa voix :

« Tohka, tu… tu sembles proche de Shidou. »

« Nu ? Umu, je sais beaucoup de choses sur lui. »

« ! Je voix. Kuku… Puisque tel est le cas, j’ai un tas de question que j’aimerais te poser. »

Sur ces mots, Kaguya tendit ses doigts vers elle et elle lui posa ses questions…


« Demande. Je me nomme Yamai Yuzuru, je serai sous votre bienveillance pour cette nuit. Ravi de faire votre connaissance. »

C’est par ces mots que la fille aux yeux apathiques se présenta tout en appuyant trois doigts de chaque main sur le sol et tout en baissant la tête.

« N, non, ça ira, pas besoin d’être aussi formelle… ! »

En réaction à l’excès de courtoisie inutile de Yuzuru, tout le monde dans la chambre 42 lui rendit la politesse.

Elle agita ses mains de manière paniquée et nerveuse et afficha un sourire maladroitement sec.

Ce groupe était composé, à la base, des étudiants qui n’en avaient pas trouvé d’autre, il était centré autour des éléments les plus calmes de la classe. Puisque les membres du groupe n’avaient pas eux-mêmes beaucoup de sujets de conversation, la discussion n’avançait pas plus que ça.

« … »

Origami ne s’encombra pas du tout de l’atmosphère maladroite. Au lieu de ça, elle demeura calme comme elle l’était toujours. En raison de son habitude de ne pas mener de discussions inutiles, elle semblait avoir pris d’affection ce groupe.

Assise au coin de la pièce, elle poussait des soupirs de regrets tout en regardant dehors par la fenêtre.

Elle entendit qu’un des membres, probablement incapable de garder le silence, appela Yuzuru.

« E, euh… tes jambes ne te font pas mal ? Si ça te va, nous avons un zabuton[13]…»

«  Reconnaissance. Je vais te prendre au mot. »

Elle dit cela brièvement, puis elle s’avança vers les membres du groupe.

Grâce à ça, le groupe se mit finalement à l’aise. L’atmosphère de la pièce devint un petit peu moins pesante.

« Je suis sûre que tu as beaucoup de mal à cause de ton soudain transfert. Demande-nous s’il y a quelque chose dont tu n’es pas sûre, ok ? »

« Mille remerciements. Je suis votre obligée à l’égard de votre considération. »

Tout en prononçant ces mots, Yuzuru inclina à nouveau sa tête. L’étudiante qui portait des lunettes eut un sourire à la fois sec et confus.

Tout en relevant sa tête, Yuzuru dit :

« Question. Il y aurait bien une question que je voudrais te poser si cela te convient ? »

« Oui, bien sûr. Laquelle ? »

« Eh… !? »

En entendant la question posée par l’inexpressive Yuzuru, les membres du groupe se raidirent.

« E,errr… ? Qu’est-ce que tu viens de dire à l’instant ? »

« Répétition. Les moyens de provoquer l’affection d’un mâle. J’espère que vous pourrez m’instruire sur l’art d’amadouer un homme au point qu’il ne puisse plus le supporter et laisse tombé les chaînes de la raison. »

« … ! »

Les visages des membres du groupe devinrent rouges. C’était un rassemblement de rien d’autre que des filles qui étaient relativement simples même en classe. Elles n’avaient sûrement pas d’immunité à ce genre de sujets.

Néanmoins, probablement incapable de faire marche arrière après avoir dit qu’elle pouvait tout le lui demander, la première fille, qui avait interpellé Yuzuru, s’exprima de la sorte :

« Voyons voir… quelque chose du genre prétendre toucher involontairement la main quelqu’un d’autre… ? »

« N, non, ce genre de shoujo manga est… »

« Eeh… du coup, qu’est-ce que je suis censée dire ? »

« Errr, voyons voir…quelque chose comme récupérer le jus de fruit qu’il a partiellement bu auparavant ? »

« … Naïve. »

Dans cette discussion, Origami lança cette interjection depuis l’autre côté de la pièce. Les filles la regardaient avec une expression de surprise.

« Eh ? To, Tobiichi-san … ? »

« Qu’est-ce que tu veux dire par naïve… ? »

« Ça ne vaut même pas la peine d’en parler. Tu serais bien incapable de faire tomber la cible amoureuse de toi avec des stratagèmes aussi vains. »

Sur ces mots d’Origami, elle put percevoir que les yeux de Yuzuru brillaient silencieusement.

« Demande. Yuzuru peut voir que tu n’es pas quelqu’un d’ordinaire. S’il te plait, apprends-moi. »

« … »

Après avoir soupiré, elle tourna son corps vers Yuzuru et pointa de son index devant elle.

Yuzuru se leva immédiatement et s’assis à l’endroit désigné par Origami.

« Avant tout, la chose la plus importante est… »

Suite à quoi, Origami commença à lui parler à basse voix.

Partie 3[edit]

D’une certaine manière, Shidou était parvenu à atteindre la chambre de Reine après être ressorti de la mer, il avait emprunté un yukata de rechange et bu une tasse de thé avant de soupirer bruyamment.

« Je suis désolé pour la demande d’aide… »

« … Non, il semblerait que ce fut un désastre. »

Sur ces mots, Reine leva les épaules.

Involontairement, Shidou évita ses yeux. Reine portait un yukata fourni par l’établissement mais… probablement parce que son obi avait été serré négligemment, il avait une vue sur sa poitrine séduisante à chaque fois qu’elle bougeait. Pour ses yeux d’étudiant en pleine santé, c’était semblable à un puissant poison.

« … ? Quelque chose ne va pas ? »

« N, non. Plutôt que de parler de ça… les communications avec le <Fraxinus> ont été restaurées ? »

« … Non, ça ne marche toujours pas. »

« Je… vois. Errr, à propos de ces deux… Kaguya et Yuzuru… »

Reine eut un petit hochement de tête et commença à pianoter sur le petit ordinateur posé sur la table. Sur l’écran était affiché une image prise de loin, elle dévoilait les silhouettes de 2 humains dansant dans la bourrasque, ainsi que de nombreux autres détails, et des enchaînements de mots y étaient également affichés.

Néanmoins, les physionomies de ces personnes ne pouvaient pas être reconnues sur cette image…

« C’est… Kaguya et Yuzuru ? »

« … Aahh, très probablement. »

Lorsque Shidou désigna l’écran et éleva la voix, Reine avança légèrement sa tête.

« … En réalité, ces filles sont bien célèbres parmi nous. Juste avant, lorsque j’ai entendu que tu avais vu deux Esprits humanoïdes dans la tempête, j’ai cru deviner de qui il s’agissait. »

« Que veux-tu dire par… fameux ? »

Lorsque Shidou posa cette question, Reine retira ses mains du clavier comme pour parler en rythme.

« … Ces filles sont appelées <Berserk>. Tout comme tu l’as vu, c’est un Esprit qui contrôle le vent. »

« <Berserk>… »

« … Aah. Ce sont les deux Esprits dont on a entendu parler à travers différentes régions du monde entier. Lorsqu’elles apparaissent sur le monde, elles ne font que s’amuser, mais… le problème c’est l’échelle de leurs plaisanteries. »

« Aah… »

Shidou se gratta les joues tout en se rappelant ce qui s’était passé cette après-midi. Il y avait eu une puissante tempête qui avait abattu plusieurs arbres et qui avait agité terriblement la mer.

Ce genre de choses devait être insupportable si elle se produisait un grand nombre de fois.

« C’est probablement à cause de ces filles, les nombreuses tempêtes contre-nature qui sont apparues à travers le monde. De plus, le nombre de témoins oculaires est inhabituellement élevé. Elles ont eu leurs photos dans un magazine people américain, il semblerait qu’il y ait une controverse sur le fait qu’elles soient des anges, un UFO ou bien même des spaghetti volants. »

« Témoins oculaires… ah… »

A cet instant, Shidou se rendit compte que même s’il y avait eu l’apparition d’un Esprit à proximité, l’alarme de déchirure spatiale n’avait pas sonné.

Dans la partie nord de l’île d’Arubi, il y a un endroit avec un abri à fort taux de diffusion qui n’a rien à envier à celui de Tenguu city où Shidou et les autres vivent. S’il y avait eu une prédiction d’une déchirure spatiale, il n’y avait aucun doute qu’une alarme aurait retenti.

« Ne me dis pas que ces deux sont venues sur ce monde silencieusement ? »

Lorsque Shidou formula avec frayeur cette idée, Reine secoua la tête de côté.

« … Non, il semblerait que leur apparition ait été confirmée… mais, c’était loin dans le ciel au-dessus de l’Océan Pacifique. »

Involontairement, Shidou la fixa avec un regard interrogateur.

« Le ciel… de l’Océan Pacifique ? »

« … Aah. Les déchirures spatiales produites par les deux <Berserk > sont de classe A… ce sont des explosions incomparables à celle de Tohka ou des autres. Mais, pour une raison inconnue, elles se sont toujours confirmées dans les cieux, au milieu de nulle part. »

« Eh, donc, pourquoi ces deux sont venues sur cette île… ? »

« … C’est simple. Elles sont venues ici après être apparues dans les cieux de ce monde. Alors que toutes les deux étaient prises dans un combat semblable à un cyclone, elles ont parcouru quelques centaines de kilomètres en seulement quelques minutes. »

« Qu… »

« … C’est un cyclone qui a pour nature de ravager le monde. Même s’il démontre des intentions notables de blesser des humains, ce n’est pas parce qu’il les déteste ; c’est une simple répercussion de la querelle entre ces deux Esprits, -des berserkers égocentriques,- une répercussion qui dévaste des forêts, des montagnes, des rivières et des villes.»

Sur ces mots, Reine appuya sur la touche entrée de son ordinateur. Lorsqu’elle s’exécuta, l’image d’une ville réduite en ruines s’afficha sur l’écran.

« … Les dégâts produits par ces filles sont vraiment terribles. En plus, avoir leurs visages exposés à l’attention du public, c’est dérangeant pour les organisations qui souhaitent cacher l’existence des Esprits. A cause de ça, Kaguya et Yuzuru sont désignées comme des cibles prioritaires par <Ratatoskr> et par l’AST… Cela dit, il n’y a eu que peu de personnes qui ont été aussi proches d’elles jusqu’à présent. »

« Pou, pourquoi ça ? »

« … c’est à cause de leur vitesse et l’étendue de leurs mouvements. Il n’y a personne qui soit capable de les pourchassées une fois qu’elles sont arrivées sur ce monde. Néanmoins, on peut dire que c’est une chance parmi toutes les chances que tu aies été capable de rencontrer ces deux-là. »

« Je, je vois… »

Reine reprit après avoir fait onduler sa tête légèrement :

« … C’est vrai que jusqu’à maintenant, nos communications avec le <Fraxinus> étaient coupées et nous ne pouvions avoir aucun soutien de la part de <Ratatoskr>. Je ne peux pas mener une analyse détaillée avec l’équipement dont je dispose maintenant. Si nous devions procéder à une capture, maintenant, ce serait probablement plus risqué que d’habitude. Mais… tout n’est pas si négatif. »

« Et que veux-tu dire par-là… ? »

« … Est-ce que ce ne sont pas ces filles qui tentent de gagner ton affection actuellement ? »

« Aah… »

Des gouttes de sueur s’écoulèrent le long de ses joues. C’était à cause des moments difficiles dont il avait fait précédemment l’expérience.

« …Vu la probabilité extrêmement faible de rencontrer avec <Berserk>, c’est une situation que ne pouvions qu’espérer. Si nous venions à rater cette chance, sans blague, nous ne serions plus jamais capables de rencontrer Kaguya et Yuzuru. C’est pourquoi, je voudrais que le sceau soit posé avant que ces filles ne changent d’avis. »

« Eh bien, les capturer sans l’aide du <Fraxinus>… c’est ça que tu veux dire ? »

Sur ces mots, Shidou avala sa propre salive comme s’il était nerveux face aux paroles qu’il avait lui-même prononcées.

Même si les choix était 50% du temps utiles, mais… c’était pénible de ne pas connaître l’état mental de la cible. Et, par-dessus tout, le fait d’avoir une équipe de soutien derrière lui et d’avoir la certitude de ne pas être seul, rendait son état psychologique incroyablement plus calme.

« … Je suppose que tu as raison. En réalité, il y a encore une chose qui va poser problème dans la capture de ces filles. »

« Quelque chose qui va poser problème…il s’agit de ? »

« … C’est simple. <Berserk> est composé de deux personnes. De plus, elles sont maintenant en compétitions l’une l’autre afin de savoir qui te séduira. Si par chance, tu venais à embrasser une des deux… que penses-tu qu’il se passerait ? »

« Ah… »

S’il venait à donner le baiser du sceau, elles penseraient probablement que celle choisie serait le vainqueur du duel.

Mais, ce même vainqueur perdrait son mana au moment-même de sa victoire.

Si le perdant n’était pas d’accord avec la conclusion du duel et venait à se déchaîner… il n’y aurait personne capable de l’arrêter.

« … Bien que je n’ai pas de doute sur leur fierté et leur morale, mais… je ne peux pas me baser là-dessus et exposer les habitants de l’île d’Arubi et les étudiants à ce danger. »

« Je suppose… que tu as raison. Eh bien, eh bien, est-ce que ça veut dire que je n’ai d’autre choix que d’embrasser l’une d’entre elle tout en la cachant à l’autre ? »

Reine émis un grognement ardu suite à cette proposition.

« … Je ne peux pas le dire avec certitude. Il semblerait que ces deux étaient à la base un seul Esprit. Tout comme entre toi, Tohka et les autres, il y a une chance qu’un lien de mana circule entre elles. Dans ce cas, l’autre remarquera probablement le moment où l’autre sera scellée. »

« Bon, bon, que diable dois-je faire… ? »

Lorsque Shidou posa cette question, une expression complexe se dessina sur son visage. Reine baissa la tête vers l’avant tout en croisant les bras :

« … C’est pas comme si ce n’était pas possible de le faire. Il y aurait bien un plan sur lequel j’ai travaillé. »

« Un plan ? »

« … Aah. Cette après-midi, pendant qu’on marchait, j’ai établi un accord avec elles. Le dernier jour du voyage scolaire, -ce qui veut dire après-demain matin,- elles devront te faire choisir laquelle est la plus charmante des deux. »

«  Après-demain… d’accord. »

« … Aah. Même si elles sont capables d’attendre les résultats sans faillir pendant deux jours, ces filles ne vont pas oublier la rancune si facilement, n’est-ce pas ? Mais au moins, nous avons gagné une rallonge d’un jour. Pour nous, c’est un temps très précieux pour… se préparer aux rendez-vous. »

Suite à ces mots, Shidou suffoqua.

« Ce qui signifie… un jour… demain, tu veux dire que… je dois séduire Kaguya et Yuzuru ? Mais… »

« …Non, c’est un peu différent. »

En plein milieu de la phrase de Shidou, Reine balança sa tête de côté.

« … Cette fois, je serai celle qui te fera tomber amoureux de moi. »

« … Huh ? »

« … C’est pourquoi tu vas passer par-dessus tout ça et tu vas les faire tomber amoureuses de toi. »

Pendant un instant, il n’avait pas compris ce qu’avait dit Reine, il ouvrit grand ses yeux et sa bouche. Néanmoins, il ne pouvait pas comprendre par lui-même, il devait probablement avoir une expression idiote on ne peut plus appropriée.

Quoi qu’il en fût, Reine ne rit pas face à l’état amusant de Shidou, elle continua à la place avec une voix douce :

« … Je vais remettre des caméras à Kaguya, Yuzuru et à toi. Je vais les aider et leur donner des coups de mains pour te séduire. Tout ce que tu auras à faire c’est de répondre favorablement et agir en fonction de la fille à qui je donnerais des ordres… ‘C’est une personne sur qui je peux compter pour me soutenir.’ C’est ainsi que je veux qu’elles pensent. »

« Eh, non, attends, je n’ai pas saisi ce que tu as dit… »

« … Si toutes les deux arrivent à la conclusion que les conseils que je leur donne sont exacts…il y a une chance que je puisse contrôler jusqu’à un certain niveau leurs actions. Oui, par exemple… Je peux faire en sorte que toutes les deux t’embrassent en même temps, quelque chose comme ça. »

« … ?! »

Immédiatement, Shidou haussa des épaules.

Embrasser toutes les deux en même temps.

Naturellement, il n’avait jamais essayé ça auparavant, mais… si c’était pour sceller leur mana à toutes les deux en même temps, il était probablement possible d’amoindrir les préoccupations de Reine.

« … Ce n’est pas différent d’un plan désespéré. Malgré tout… si cela permet de les sceller toutes les deux, alors je pense que c’est le seul plan dont nous disposons. Alors, qu’est-ce que tu en penses ? »

Reine prononça ces mots tout en fixant Shidou.

« Comme tu dis… »

Tout en regardant derrière elle sur les yeux décorés de l’ours, Shidou humidifia sa gorge à l’aide de sa salive.

Il est vrai que c’était une mission extrêmement difficile. Une seule erreur et non seulement lui, mais aussi Tohka, Origami, tous les étudiants de l’école et les résidents de l’île allaient se retrouver impliquer.

Toutefois… si Shidou ne s’en occupait pas, il y aurait un autre cataclysme sous la forme d’un cyclone apparaissant quelque part sur la surface du monde.

… Qui plus est. Il mordilla légèrement ses lèvres.

Après avoir appris la nature de la relation entre Kaguya et Yuzuru, Shidou éprouva un insupportable sentiment de dégoût.

Elles se querellaient dans le but d’asseoir leur place en tant que personnalité principale… celle qui perdrait serait absorbée par l’autre et disparaîtrait.

Pour des raisons de survie, elles n’avaient pas d’autres choix que de tuer leur rivale, le pire des scénarios.

Au moment-même de leur naissance, toutes les deux avaient été chargées d’un destin extrêmement déraisonnable, celui de savoir qu’une des deux disparaîtrait.

Mais, si Shidou parvenait à les sceller leur mana à toutes les deux, il y aurait une possibilité qu’il puisse le changer.

« … »

Dans la tête de Shidou, les souvenirs des Esprits avec lesquels il était entré en contact jusqu’à maintenant refirent surface.

Tohka. Yoshino. Kurumi. Et également… Kotori.

Que ce soit dangereux ou pas, ou que de tels ravages puissent advenir sur le monde, il n’établissait de telles choses qu’en deuxième ou troisième priorité dans son esprit.

… Les Esprits. Il voulait sauver ces filles emprisonnées et livrées à la pire des destinées.

Cette raison était plus que suffisante du point de vue de Shidou pour leur tendre la main.

« Je comprends… Je vais essayer. »

« … Je suis désolée. Essayons-ça. »

Suite aux paroles de Shidou, Reine détourna son regard de lui et baissa lentement la tête.

Il se sentait gêné qu’elle fût si formelle, il eut un sourire sec alors qu’il agita les mains :

« Pas possible. Même si je veux sauver les Esprits… »

Alors qu’il allait poursuivre sa phrase…

« … Achkkchoo ! »

Il eut un petit éternuement et il trembla des épaules. En parlant de ça, il constata qu’il faisait un peu frais même si c’était l’été. Il semblait qu’on l’ait maudit d’avoir plongé dans la mer tout à l’heure.

« … Il fait froid ? »

« Non… Je ne pense pas que ce soit le problème. »

Répondit-il en reniflant.

A cet instant, *Pon*, Reine frappa ses mains ensemble comme si elle venait de penser à quelque chose.

« Reine-san ? Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« … Aah. Comme on pouvait s’y attendre, c’est pas bon si tu ne prends pas soin de toi-même. Repose-toi pour aujourd’hui. »

« Eh ? Non, quoi qu’il en soit c’est un peu… »

« … Demain, si par chance tu venais à descendre, que comptes-tu faire pour Kaguya et Yuzuru ? »

*Muu*, Shidou grommela lorsqu’il s’entendit dire ça.

« Je comprends. Eh bien, je vais me reposer jusqu’à demain. »

Pour diverses raisons, Reine attrapa la main de Shidou alors qu’il prononça ces mots et qu’il était sur le point de se lever.

« … Désolé, attends, Shin… Tu vas dormir ici. »

« Heh ? »

Sans comprendre les paroles de Reine, Shidou la fixa de manière interrogatrice.

Partie 4[edit]

Plus ou moins 2 minutes s’étaient écoulées. Shidou avait parfaitement compris les intentions de Reine.

« Kuku… Oh, Shidou, j’ai entendu dire par Reine qu’il paraîtrait que tu aies pris froid. Kaka, un être humain est une chose si fragile. Que vos corps puissent tomber malade pour si peu. »

« Déclaration. Mets-toi à l’aise, s’il te plait. Si tu choisis l’infirmerie Yuzuru, tu seras en pleine forme demain. »

Tout en prononçant ces mots, les silhouettes de Kaguya et de Yuzuru, toutes deux vêtues de yukatas, entrèrent dans la chambre.

« … Ahh, désolé pour ça. »

Sur ces mots, Shidou arbora un sourire sec. Il se trouvait à l’intérieur d’un futon et avait une serviette humide sur son front.

Pendant un instant, il voulut laisser échapper de sa bouche les paroles suivantes : « Vous pensez que c’est la faute à qui ? Qui ?!» Mais, il les retint au plus profond de son cœur.

Il avait entendu l’idée générale de la part de Reine. L’idée était d’accroître ses points d’intimité en les poussant à le soigner et, en même temps, il essayerait de comprendre leurs modèles de comportement.

Avec l’intention d’éviter de contaminer les autres étudiants, le corps enseignant avait vidé la pièce et Shidou y avait dormi tout seul. Accidentellement, une caméra cachée avait été installée dans l’ombre des objets et enregistrait le moindre détail des mouvements des deux Esprits.

Kaguya et Yuzuru allaient d’une manière ou d’une autre essayer de gagner des points en ce lieu et elles étaient probablement enthousiastes à l’idée de le faire enfin choisir. Elles étaient dans état de motivation inhabituel.

« Kuku… eh bien, je vais te déranger. »

« Discourtoisie. Yuzuru se permet d’entrer. »

Toutes les deux enlevèrent leurs pantoufles, entrèrent dans la pièce et s’assirent à la gauche et à la droite de Shidou comme pour l’interposer entre elles.

Puis, elles baissèrent fixement leurs regards sur le visage de ce dernier.

« … Err, qu’est-ce qu’il y a ? »

Lorsque Shidou posa cette question, Kaguya et Yuzuru levèrent immédiatement leurs visages et croisèrent leurs regards.

« Kuku… oh, Yuzuru. J’allais le dire en première. Tu vas te blesser si tu penses que je sois la même Yamai Kaguya qu’avant. J’ai un excellent parent et, grâce à elle, je suis devenue une nouvelle moi. »

« Soupir. Le bluff de Kaguya qui recommence à nouveau. »

Face aux paroles de Yuzuru, Kaguya leva les épaules comme si elle abandonnait. Il s’agissait d’une attaque frontale, mais Kaguya ne tomba pas dans le panneau et elle déforma ses lèvres alors qu’elle afficha un sourire intrépide.

Yuzuru sentit également le sang-froid de Kaguya. Elle plissa des yeux légèrement.

« Admiration. Il semblerait que ce ne soit pas du tout un mensonge éhonté… Néanmoins, cela vaut pour Yuzuru également. Yuzuru a obtenu un merveilleux professeur. Tu n’es plus du tout l’ennemi de Yuzuru. »

« Oh… ? Intéressant. Eh bien, battons-nous à la régulière ! »

Dit-elle alors qu’elle baissa une fois de plus son regard sur Shidou.


« Mu »

Après avoir pris un bain et après avoir mis sa tenue pour dormir, Tohka marcha le long du couloir de l’hôtel et elle rencontra Origami juste avant d’atteindre l’intersection.

Elle portait des vêtements de nuit assez simples, ainsi qu’une sorte de petit sac qu’elle portait au poignet et, pour une raison méconnue, elle tenait une assiette avec un film plastique dessus. Il semblait qu’il y avait des onigiris dans l’assiette en question.

Même si Tohka était ennuyée quant à savoir pourquoi elle les portait, honnêtement, Origami n’était pas quelqu’un dont la rencontre la rendait heureuse. Mais, il y avait quelque chose de précis dont elle souhaitait s’entretenir avec elle. *Pui*, Tohka détourna son visage et marcha vers sa cible… mais…

« … Nu ? »

Tohka sourcilla d’un air dubitatif. Origami la suivait silencieusement.

« Mu, pourquoi est-ce que tu me suis ? »

« Je ne te suis pas ou quoi que ce soit. Nous empruntons simplement la même route. »

Répondit Origami sans altérer la moindre part de son expression. La ride entre les sourcils de Tohka devint plus profonde.

« … Tu, ne me dis pas que tu comptes te rendre dans la chambre de Reine ? »

Lorsque Tohka prononça ces mots, Origami sourcilla pour la première fois.

Oui, en effet, Tohka se rendait aussi vers la chambre de Reine… Ou pour être plus précis, elle prévoyait de rendre visite à Shidou qui se reposait dans cette chambre-là.

Un peu auparavant, elle avait voulu jouer avec Shidou et lorsqu’elle s’était rendue dans sa chambre, on lui avait dit qu’il se reposait dans une autre chambre parce qu’il avait pris froid.

Néanmoins… de penser qu’Origami avait accédé à la même information qu’elle…

« Je suis plus que suffisante pour m’occuper de Shidou. Tu peux retourner dans ta chambre. »

« Ne me fais pas rire, je suis celle qui va s’occuper de Shidou ! »

« Je ne crois pas que ce soit possible pour toi. »

« Qu’est-ce que tu as dit ?! »

« Eh bien, tu comptes faire quoi précisément ? »

« Ce genre de choses sont déjà déterminées. Avant tout… »

Tohka commença à s’expliquer avec une entière confiance en elle.


*Hii*, Shidou laissa échapper un tel soupir. Après que Kaguya ait inspecté son visage lentement, elle se pinça les joues comme pour renforcer sa résolution, puis elle entra dans le futon de Shidou d’un air tout bonnement joyeux.

« Att, attends une seconde ! Qu’est-ce que tu… ?! »

« Kuku… Lorsque quelqu’un attrape froid, tout ce que tu as besoin de faire c’est de le réchauffer, pas vrai ? Et Shidou, à propos de ce genre de choses, il semblerait que tu aimes partager ton lit avec une fille. »

« Ha…haah ?! »

Tout en s’exclamant de la sorte, Shidou saisit son futon avec ses deux mains. Il était bien un garçon, maintenant qu’il y pensait. Naturellement, ce n’était pas quelque chose qu’il aurait détesté, mais…

« Qu, qu’est-ce qu’il y a avec ça ? Je ne me souviens pas avoir dit quelque chose comme ça… »

« Je me trompe ? Mon parent m’a dit qu’un certain matin elle t’avait trouvé dans son futon à son réveil... »

« … Désolé, c’est vrai. »

Les joues de Shidou tressaillirent suite à cette réponse. Il n’y avait pas de doute, le plus probable était que celle que Kaguya appelait son « parent » n’était autre que Tohka. La dernière fois, à cause de Kotori, il y avait certainement eu un moment où il avait été jeté dans le futon de Tohka alors qu’il était encore endormi.

Après avoir entendu la réponse de Shidou, *Fufun*, Kaguya arbora un sourire triomphal en direction de Yuzuru et elle hocha de la tête avec satisfaction. C’est ainsi qu’elle poursuivit son entrée dans le futon de Shidou.

« N, non, c’est parce que… »

Lorsque Shidou se coinça dans le futon dans l’intention de la rejeter, *Ugu*, les épaules de Kaguya prirent la forme du kanji八.

« Je, je ne te… plait pas? »

« … ! Ce, ce n’est pas la… Aahhh ! Moo !? »

Il eut une expression confuse alors qu’il plaça sa main sur son front.


« …Dans l’idée générale, tu dois le réchauffer en dormant avec lui ! »

Tohka, *Fufun*, laissa échapper ce son de son nez alors qu’elle croisa ses bras avec confiance.

Oui, elle se rappelait que Reine et Kotori lui avait dit que c’était une chose importante pour se réchauffer lorsqu’on attrape froid.

En plus de ça, elle avait aimé la chaleur lorsque Shidou avait rampé dans son futon et qu’elle avait dormi avec lui. Néanmoins, elle avait été surprise de cet évènement soudain. Mais, maintenant dans son état physique affaibli… eh bien, c’était spécial maintenant.

Origami pencha sa tête de côté dans un état d’abandon.

« Comme prévu, tu es indigne pour ce rôle. Tu devrais retourner calmement dans ta chambre. »

« Qu, Qu’est-ce que tu as dit ?! »

«  C’est une évidence, tu n’as rien préparé. »

« Quoi ? »

Lorsque Tohka la fixa tout en s’exclamant de la sorte, Origami baissa son regard vers le sac qu’elle portait au poignet.

«  Un thermomètre médical, des lingettes froides et également une serviette pour essuyer la sueur de son corps. Il n’y a rien de secret. »

« Fu, fuun ! J’ai aussi préparé la serviette dans la chambre ! Même que je… »

Sur ces mots, Origami secoua sa tête.

« Il n’y aucun intérêt à faire ça. Même si j’éponge la sueur avec beaucoup de mal, puisqu’il s’agit de la serviette préparée, je ne peux pas la ramener. »

« Mu, Muu… ? »

Elle n’avait pas compris le moindre mot de ce qu’avait dit Origami. Elle avait laissé échapper ce son de sa gorge comme si elle l’avait grommelé.

« De plus, tu ignores quelque chose de très important. »

« Une chose très importante ? »

« Oui. L’utilisation de la serviette n’est qu’en dernier recours. »

« Quoi ? Du coup, tu ne peux pas essuyer sa sueur comme ça ? »

« Puisqu’il s’agit de moi, je le peux. »

Origami commença à s’exprimer plus clairement.


Alors que la bataille entre Shidou et Kaguya se déroulait, Yuzuru s’avança vers lui d’un pas calme et léger.

Puis, *Bazaa*, elle retira le futon.

« Uwaah ?! Qu’est-ce que tu fais, Yuzuru ? »

« ! C’est vrai, c’est injuste de ta part de m’interrompre dans ma tentative de dormir avec lui. »

Comme si elle approuvait Shidou, Kaguya, qui essayait d’entrer dans le futon, prit une voix critique. Néanmoins, Yuzuru n’était pas d’humeur à s’arrêter et à se soucier de tout ça, *twitch**twitch*, elle bougea légèrement son nez.

« Confirmation. Yuzuru peut voir de la sueur. »

« Eh ? Aah… Ah, ouais, un peu je suppose. »

Shidou eut un petit hochement de tête en guise de réponse. En vue d’agir comme s’il avait attrapé froid, même si c’était la nuit, il s’était couvert d’un épais futon en pleine été. C’était normal qu’il transpire.

« Indication. La température de ton corps va baisser à cause de la vaporisation si tu laisses la sueur comme ça. Tu dois rapidement l’éponger. »

« Non… eh bien, c’est peut-être le cas, mais… »

Alors que Shidou la fixait de manière interrogatrice avec des yeux ahuris, Yuzuru attrapa soudainement l’awase[14] de son yukata et le lui arracha, exposant de fait sa poitrine.

« Ha… »

Ensuite, Yuzuru lui tomba dessus, elle tira sa langue et lécha le torse de Shidou.

Doux et chaud, cette sensation humide se faufilait sur sa poitrine comme pour le chatouiller. A cause de ce soudain évènement, Shidou poussa involontairement un *Kyan !* d’une voix de jeune fille.

« Yu, Yuzuru ?! Att… ! »

« Qu, ququququququ qu’est-ce que tu fais, Yuzuru ?! »

La voix de Kaguya s’ajouta à celle de Shidou, elle cria de la sorte. Yuzuru s’écarta d’elle-même de ce dernier qui lui avait attrapé la tête.

Puis, Yuzuru lécha ses lèvres et arbora une expression perplexe.

« Question. Pourquoi est-ce que tu m’as arrêtée ?! »

« Pou, pourquoi, qu’est-ce que tu fiches ?! »

« C’est la meilleur chose à faire pour essuyer la sueur, c’est ce que mon professeur m’a appris. »

Shidou haussa les épaules en entendant ces mots… D’une certaine façon, il n’y avait qu’une seule personne capable de penser comme ça.

Mais quoi qu’il en fut, à l’instant-même, sa première priorité était de trouver une solution à cette situation. Après qu’il ait porté son regard sur sa poitrine nue, il se couvrit avec le futon qui lui avait été volé.


« … Et c’est comme ça, en utilisant la langue pour essuyer la sueur. »

« Qu, quel est l’intérêt de ça ?! »

Tout en s’écriant, des gouttes de sueur s’écoulèrent le long de ses joues. *Hou*, Origami soupira.

« J’éprouve de la pitié pour ton manque de sensibilité. »

« Guh… »

Tohka se demanda pourquoi, alors qu’elle était celle supposée avoir raison. Elle grinça des dents avec un sentiment de défaite indescriptible. Malgré tout, elle ne pouvait pas être défaite par son adversaire ici. *Bun**bun*, après qu’elle ait balancé sa tête, elle éclaircit sa gorge comme pour faire objection.

« Mai, mais à la fin, il faut quand même dormir avec lui après avoir essuyé la sueur, non ?! »

« C’est vrai, tu marques un point. Dormir ensemble est un facteur très important. »

« Tu vois ! Moi aussi je suis utile ! »

Toutefois, Origami afficha une certaine négation à nouveau.

« Même comme ça, je serais plus que suffisante. »

« Ne, ne te moque pas de moi ! Je suis la meilleure pour dormir avec quelqu’un ! »

Les regards de Tohka et d’Origami se croisèrent et, *baoum**baoum*, des feux d’artifices explosèrent tout autour d’elle.


Après que Shidou se soit recouvert de son futon, et comme si elle n’attendait que le moment où cela se produise, Kaguya se mit à quatre pattes tout en soulevant le dit futon.

« Kuku… Il semblerait que Shidou préfère dormir avec moi. »

« Objection. Yuzuru est vraiment supérieure à Kaguya même dans la tâche de dormir avec quelqu’un. Si tu veux te réchauffer, laisse donc faire Yuzuru, s’il te plait. »

« Non, c’est bizarre ! Quelque chose me semble bizarre ! »

Lorsque Shidou devint désespéré et les arrêta, Kaguya et Yuzuru le regardèrent avec des regards ahuris et interrogateurs.

« Quoi… ? Le contact de la peau n’est-il pas le meilleur moyen de se réchauffer ? »

« Approbation. Yuzuru a également entendu que c’est le cas. »

« Ce, ce n’est pas non plus une montagne enneigée ici, je vais très bien tout seul… »

Shidou agrippa fermement son futon sur sa poitrine et prononça ces mots comme s’il essayait de leur échapper. Dans la scène, il avait l’air d’une héroïne attaquée par des voyous.

Sur ces faits, Yuzuru, *Pon*, frappa ensemble ses mains comme si elle était convaincue de quelque chose et elle eut un petit acquiescement.

Puis, elle se leva lentement et défit l’obi qui retenait son yukata.

« Que… ?! »

L’état de confusion de Shidou et de Kaguya se superposèrent magnifiquement.

Mais, Yuzuru ne s’en préoccupa nullement et elle regarda Shidou calmement. A la vue de sa peau captivante, cumulée à la vue de ses sous-vêtements visibles à travers les pans de son yukata défait, le cœur de Shidou accéléra étrangement.

« Qu, que, que, qu’est-ce que… »

« Compréhension. En parlant de ça, le professeur m’a dit que pour réchauffer ça n’avait pas de sens à moins d’avoir un contact direct avec la peau. »

« Qu’est-ce que c’est que cette super théorie ?! »

Même si Shidou adopta une voix proche d’un cri, Yuzuru ne s’en soucia pas et entra dans le futon.

Puis, elle prit le bras gauche tremblotant de Shidou et le plaça en plein centre de son yukata.

« Huaa ?! »

Le visage de Shidou devint rouge alors qu’il s’exclama. Même s’il ne pouvait pas le constater de lui-même, il devait probablement y avoir de la fumée sortant de ses oreilles et de sa tête.

« Att, que, qu’est-ce que tu entortilles comme ça ! »

« Ignorance. C’est bien que Kaguya ne le sache pas. C’est un espace d’adulte à l’intérieur du futon. »

Sur ces mots de Yuzuru, Kaguya grinça des dents sous le coup de la frustration.

« Ne, ne me porte pas tes yeux sur moiii !! »

Puis, elle plaça ses mains sur son obi et avec vigueur, *BASAAM*, elle le retira.

« Que… ?! »

Les yeux de Shidou la fixaient avec interrogation. Puisqu’elle avait dénoué son obi plus vigoureusement que Yuzuru, son yukata s’était retourné pendant un instant. De plus…

« Pou, pourquoi est-ce que tu es nue, Kaguya ?! »

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Oui, même Yuzuru portait un soutien-gorge et des sous-vêtements sous son yukata, mais, là, à l’instant-même, Kaguya ne portait rien du tout. Il ferma ses yeux sous l’effet de la panique.

« … ! Choc. Aller aussi loin… »

Sous le choc et l’interrogation, les yeux de Yuzuru devint également ronds. Après avoir vu leurs réactions à tous les deux, Kaguya dit d’une voix confuse :

« Eh ? Les yukatas ne sont-ils pas supposés être portés comme ça ? C’est parce que Tohka m’a dit… »

« Non, c’est effectivement la façon correcte, mais malgré tout ! »

« Eh, eei, je ne m’en soucie plus… ! »

Après qu’une Kaguya excitée cria désespérée de la sorte, elle s’engouffra dans le futon.

Puis, elle le prit de la même façon que Yuzuru l’avait fait précédemment et elle utilisa ses deux jambes pour entrelacer le corps de Shidou.

« Bon, bon… Shidou. Sens mon pouvoir de guérison… ! Je suis plus chaude que ceux de Yuzuru. Constate, Yuzuru a une sensation quelque peu froide ! »

« Objection. Kaguya est celle qui a une poitrine pitoyable, il devrait y avoir moins de valeur calorifique. »

« Kuha… ?! »

Pris dans leur dispute, le corps de Shidou se raidit alors qu’il exhala.

Mais, aussi longtemps qu’il serait emprisonné dans le futon, son corps serait pressé des deux côtés. La douce sensation de leur peau contre la sienne, la sensation procurée par leurs souffles dans son oreille, ou encore l’odeur légère de leurs sueurs, s’il devait encore sentir tout cela, ça finirait mal. Comme prévu, il semblait qu’il ne pût en supporter d’avantage.

« Contrôle. Kaguya, le visage de Shidou est en train de virer au rouge. »

« Qu’est-ce que tu dis ? Même si toutes les deux nous sommes en train de le réchauffer ? Tu veux dire qu’on empire sa condition ? »

« Hypothèse. La raison est probablement due à une allergie à Kaguya. Essaye de prendre quelques distances. »

« N, ne dis pas ça comme si j’étais de la poussière domestique ! »

« Proposition. Laissons les plaisanteries de côté, nous devons faire quelque chose pour lui. »

« Faire quelque chose… Qu’est-ce que tu proposes ? »

« Proposition. En parlant de ça, lorsqu’on parle de contact direct, ne penses-tu pas que la zone de contact de la peau est limitée ? »

Et ainsi, alors qu’il réfléchissait à ce qu’avait dit Yuzuru, elle lui lâcha, contre-toute attente, la main droite qu’elle tenait.

*Houu*… Il eut un profond soupir de soulagement. Mais, l’instant d’après, son corps se raidit à nouveau.

La raison était très simple, les mains de Yuzuru commencèrent à défaire l’obi qui retenait son yukata.

« Att, arr, que, que ?! »

Shidou eut la larme à l’œil et cria, mais la main de Yuzuru ne semblait pas vouloir s’arrêter. Au contraire, même Kaguya remarqua à mi-chemin les actions de cette dernière, son visage devint rouge alors qu’elle lui retira vaillamment son yukata.

« Ki, Kyaaaaaa ! Kyaaaaaa ?! »

« Tais-toi, silence ! Tu rends la chose difficile à enlever! »

« Consentement. Ce n’est pas comme si tu étais un bébé innocent, de toute manière. »

Le futon remua avec acharnement alors que, *Poi*, le yukata que portait Shidou s’en échappa.

A franchement parler, il n’avait pas idée de ce qu’on lui faisait. C’était un peu comme un tour de magie.

Toutefois, le cauchemar ne s’arrêta pas là. La chose suivante sur laquelle Yuzuru et Kaguya placèrent leurs doigts, ce fut son ultime bastion, son caleçon.

« Eh bien, eh bien… C’est le dernier. »

« Affirmation. Faisons ça en une fois. »

Bien que leurs respirations fussent dans un état d’excitation, elles devinrent irrégulières, puis toutes les deux mirent de la force dans leurs mains.

« I, Iyaaaaaaa ?! »

Shidou poussa un cri très aigu qui traversa la chambre.


Alors que Tohka faisait face à Origami et alors qu’elle avait été acculée dans l’impasse d’un couloir de l’hôtel, de manière inattendue, elle leva ses sourcils en entendant une sorte de cri provenant de quelque part.

« … Nu ? Est-ce que tu as entendu quelque chose ? »

« Ce doit être une hallucination auditive. Tu devrais prendre soin de toi et retourner dans ta chambre. Laisse-moi m’occuper de Shidou. »

« Tu me répète encore ça… »

Tohka désigna du doigt l’assiette qu’Origami portait.

« C’est pour le dîner de Shidou. Lorsque tu es refroidi, tu n’as pas d’autre choix que de récupérer de l’énergie. »

« Fu, Fuun ! Tu révèles ta véritable personnalité ! La personne qui est enrhumée doit manger du porridge ! »

Oui, c’est vrai, elle avait entendu Reine et Kotori dire ça la dernière fois.

Mais, Origami n’était pas si surprise que ça, elle répondit de manière désintéressée :

« Lorsque tu te refroidis, manger quelque chose de bon pour la digestion, c’est quelque chose de normal. »

« Que… ? Du coup, pourquoi voudrais-tu… »

« Ce sera sous un état de pâte en moi, puis je vais directement lui l’insérer dans la bouche. Il n’y a aucun problème. »

« Qu, qu’est-ce que c’est que ça… ? »

Tohka pencha sa tête. Elle ne voyait aucun outil sur Origami lui permettant de faire ça, elle se demanda comment Origami comptait en faire de la pâte. Et directement qu’est-ce que… ?

Alors que Tohka s’immergea dans ses pensées, Origami commença à se déplacer silencieusement. Immédiatement, Tohka ouvrit grand ses yeux et attrapa paniquée le bras de celle-ci.

« Att, attends ! Je suis celle qui va s’occuper de Shidou ! »

« Laisse-moi faire. Shidou m’attends. »

« Ne plaisante pas avec moi, il n’y a pas moyen que… »

Alors qu’Origami et Tohka se querellaient en plein dans un couloir, trois ombres s’approchèrent rapidement par derrière et s’agglutinèrent autour d’elles tout en essayant de les calmer.

« Qu, qu’est-ce que c’est… ? »

*Twitch*, Tohka secoua ses épaules et regarda les étudiantes qui s’étalaient dans leurs alentours. C’était des visages qu’elle reconnaissait.

C’était le trio Ai, Mai, Mii qui dormait dans la même chambre que Tohka.

« Hey~, Hey~, toutes les deux. Aujourd’hui encore vous pétez la forme~ »

« Mais, dans un couloir comme celui-ci, ça risque de poser des problèmes autres personnes. »

« Si ça vous va, que diriez-vous de nous confier ce match ? »

Ai, Mai, Mii prirent des positions de coureurs visant un record, elles prononcèrent ces mots comme un ordre tout en se déplaçant à gauche et à droite petit à petit.

« Nu… ? »

« … »

Tohka et Origami, encerclée par les trois, se regardèrent l’une l’autre dans les yeux avec une certaine curiosité.

Partie 5[edit]

Ellen se tenait à un mur d’un couloir de l’hôtel comme si elle était en train d’espionner. Après avoir confirmé que sa cible, Yatogami Tohka, entrait dans la chambre, elle utilisa son doigt et appuya sur l’Incam.

« … Ici, Adeptus 1. Je confirme que la cible est entrée dans la chambre. »

« Compris. Devrions-nous envoyer les <Bandersnatch> ? »

« Je demande au moins 3 unités hors de la chambre, juste au cas où. Toutefois, il semblerait que le sergent-chef Tobiichi Origami soit également dans la chambre. Juste pour être sûrs, soyez prudents, s’il vous plait, sur l’utilisation d’un Territory dans la zone. »

« Compris. <Bandersnatch> unité 1 à 3, activation. »

Obéissant aux ordres d’Ellen, l’Opérateur suivit les instructions.

Et, alors qu’Ellen était sur le point de donner un nouvel ensemble d’instructions…

« … HeBuu ?! »

Soudainement, elle reçut en pleine figure quelque chose qui vola depuis la chambre et qui la renversa sur place.

« Uh… qu’est-ce que c’est que ça ? »

Elle se releva en appuyant sur son nez et alors que son corps se raidit en un instant.

« Ne me dis pas que j’ai été remarquée… ? »

Même si elle n’avait pas subit tellement de dégâts, ce simple tir avait été sans aucun doute dirigé vers elle.

… Ça ne devrait pas être possible. Ellen secoua sa tête à cette pensée. Le <Bandersnatch> n’avait encore entrepris aucune action qui aurait pu les démasquer et ce n’était pas comme si Ellen avait fait non plus quoi que ce soit. Non, d’une certaine façon, si c’était une capacité perceptive d’Esprit alors… Ce genre de pensées emplit l’esprit d’Ellen pendant un instant.

Quoi que ce puisse être, ça ne changeait pas le fait que c’était une situation critique. Ellen essaya de s’extraire de cette endroit et…

« Ah, Miss la Caméraman trouvée~ »

Au vue de la voix insouciante qui provenait de la chambre, elle était certainement la cible de plusieurs regards.

« Oh, c’est vrai, c’est vrai. Tu es bien Ellen-san, n’est-ce pas ? »

« Ne la laissez pas s’échapper, sécurisez-laaaaaa ! »

Tout en criant ce genre d’ordres, alors qu’Ellen était encore en plein dans ses pensées, ces trois filles sortirent de la chambre et s’approchèrent d’elle ; elles commencèrent à faire le tour comme pour l’encercler.

« Que… »

… Je suis encerclée ! Ellen grinça des dents.

Elle se souvenait de ces filles, c’était les étudiantes qui logeaient dans la même chambre que la cible.

Ellen détesta sa propre insouciance. Ces filles avaient été probablement dépouillées de leur libre arbitre par l’Esprit. Elles étaient très probablement dans une sorte d’état de contrôle mental. Il n’y avait aucune autre explication quant à cet étrange comportement.

Pendant qu’elle réfléchissait à tout ça, ses jambes et ses mains furent saisis par Ai, Mai, Mii et elle fut emportée dans la chambre.

« Kuh… Qu’est-ce que vous… ?! »

« Oi~, la caméraman a dit qu’elle voulait participer également ! »

Au moment où Ai prononça ces mots, une autre voix provenant du plus profond de la chambre répondit : « Ooh ! » C’était la voix de Tohka.

« Je comprends. Je vais vous enterrer toutes en même temps ! »

« Bon courage ! »

Cria-t-elle avec un grand balancement et alors que Tohka et Origami, qui se fixaient dans la partie la plus éloignée de la chambre, semblaient avoir lâché quelque chose.

« Je ne vous laisserais pas faire ! Caméraman barrière ! »

A cet instant, Ai, qui portait une jambe d’Ellen, lâcha rapidement prise et s’accroupit derrière Ellen comme si elle essayait de se cacher. En même temps, un objet semblable à un vêtement solide heurta directement le visage de cette dernière.

« Kahaa… ! »

Ellen expira comme si elle toussait du sang puis elle tomba au sol.

« E, Elleeeeeeennn ! »

« Est-ce que tu vas bien ? Tes blessures sont légères, tu sais ? »

« Reprends-toi, tu as une famille qui t’attend à la maison, n’est-ce pas ? »

Elles prononcèrent de telles paroles alors que les réels coupables, qui l’avaient utilisé comme un bouclier, se montraient en train d’essuyer leurs larmes suite à cette action.

A l’intérieur d’Ellen, sa conscience était confuse, elle confirma la véritable nature de l’objet qui l’avait directement frappée au visage.

« … Un coussin ? »

En même temps que le grommellement d’Ellen… la guerre commença.

Partie 6[edit]

Après avoir achevé la réunion du personnel, le professeur principal de la classe n°4 de 2ème année, Okamine Tamae, fut arrêtée par le professeur Murasame Reine, qui avait été placée dans la chambre voisine à la sienne.

De ce qu’elle savait, il semblerait qu’un étudiant de sa classe, Itsuka Shidou, était soudainement tombé malade et qu’il ait dû être mis au repos.

Il serait préférable de ne pas le réveiller s’il dormait, mais… juste au cas où, elle devait au moins veiller sur lui et confirmer sa situation, c’était son rôle en tant que professeur principal. *toc**toc*, Tamae toqua classiquement à la porte.

« Itsuka-kun ? J’ai entendu dire que tu avais de la fièvre, tu vas bien ? »

Et, tout en posant cette question, elle ouvrit lentement la porte.

Lorsqu’elle s’exécuta, à cet instant précis…

« Arr, Arrêêêêêêêêêêteeeeeezzzzzzzz ! »

Tout en poussant un cri si misérable, le dit Itsuka Shidou bondit hors de la chambre.

… Pour diverses raisons, il était nu.

« … »

« Heh… ? »

Shidou venait d’apercevoir le visage de Tamae et eut une expression choquée.

Rapidement…

« KYAAAAAAAAAAAA ?! »

Les cris de Shidou et de Tamae s’élevèrent dans tout l’hôtel.



Chapitre 4: Contre croisé au coeur[edit]

Partie 1[edit]

Le second jour du voyage scolaire commença…

Shidou arriva sur la côte d’Akaru située à l’extrémité nord de l’île d’Arubi.

Cette côte, qui avait été ravagée par les déchirures spatiales il y a 30 ans de cela, semblait avoir, depuis les airs, plus ou moins la forme d’un arc, ce qui lui aurait valu, d’après les guides, la belle dénomination de côte du croissant de lune.

« … »

Il n’y avait pas l’ombre d’un touriste en ce lieu.

Néanmoins, c’était évident. Shidou avait été appelé et interrompu par Reine, alors qu’il se rendait dans les vestiaires avec tout le monde, et, par le biais d’une voiture louée, il avait été mené jusqu’à cette plage privée située sur les bords des côtes d’Akaru.

Il semblait bien qu’elle avait préparé soigneusement tout ça la veille, puisqu’il y avait quand même une forte probabilité que la capture de Shidou pût être interrompue par les autres camarades de classe.

« Haa… C’est incroyable ! »

Le ciel était dégagé, les intenses rayons de soleil se reflétaient sur la surface hautement transparente de l’eau et faisaient plisser ses yeux.

Néanmoins, contrairement aux jeunes hommes énergiques jouant dans une piscine, il marmonna avec un ton proche d’un vieillard, puis il caressa délicatement les entailles qu’il avait sur la poitrine et les joues.

Pendant un instant, une faible douleur parcourut sa peau et fit tressaillir son expression faciale.

« Ouchouch… »

La nuit précédente, au moment où il avait ouvert la porte en vue de s’enfuir de Kaguya et de Yuzuru, il avait été attaqué par les griffures de Tama-chan.

Grâce au mana de Kotori, son corps se régénérait de lui-même, peu importe la gravité de la blessure qui lui était infligée, mais, il semblerait que cette capacité n’était pas active lorsque la propre capacité régénératrice de son corps pouvait suffire. S’il entrait dans l’eau dans son état actuel, il verserait probablement des larmes à cause du sel marin.

Eh bien, quoi qu’il en fût…

« Dans tous les cas, ce n’est pas comme si je pouvais jouer confortablement… »

Shidou soupira. Comme pour se cumuler à tout cela, une voix endormie se fit entendre en provenance du communicateur de son oreille droite.

« … Shin, il semblerait que Kaguya et Yuzuru aient finies de se changer. Tu es prêt ? »

Confronté à ces paroles de Reine, Shidou prit une profonde inspiration avant de répondre « Oui ».

« … Comme je te l’ai expliqué hier, je leur ai donné à chacune un Incam. Il semblerait qu’elles ne soient jamais allé à la plage auparavant, du coup, je suis en train de penser à leur donner plusieurs instructions dans ce sens. Essaye d’aller de pair autant que possible. »

« Co, compris. »

« … En vue d’éviter de croiser nos conversations et les conseils que je vais leur donner, je vais couper notre communication pour le moment… c’est bon pour toi ? »

« Oui, d’une façon ou d’une autre, je vais essayer… mais, honnêtement, c’est un peu désagréable. »

Se rappelant l’incident de la veille, il eut une sourire fatigué et amer.

« … Bon, il semblerait que tu ais eu quelques problèmes hier, mais à partir d’aujourd’hui, jusqu’à un certain degré, nous allons faire une sauvegarde[15]. Que la mission commence maintenant ! N’oublie pas de les complimenter sur leurs maillots de bains. »

Sur ces mots, la communication fut interrompue.

En même temps, il entendit les voix de 2 personnes venant vers lui.

« Kuku… Alors tu te cachais dans un lieu comme celui-ci, huh… »

« Découverte. Je t’ai trouvé, Shidou. »

C’était des tons caractéristiques, il n’y avait pas besoin de les confirmer. Lentement, Shidou se tourna vers elles.

Kaguya et Yuzuru se tenaient là tout comme il l’avait prédit. Kaguya portait un bikini noir avec des dentelles décoratives blanches. A l’opposé, Yuzuru portait un bikini blanc avec des dentelles noires.

Dans les deux cas, ça leur allait si bien que c’en était exaspérant. Si ces deux filles venaient à marcher côte à côte sur la plage, probablement qu’un ou deux types les auraient approchées spontanément.

« O, ou, toutes les deux. Ça vous va vraiment très bien. C’est magnifique. »

Lorsque Shidou complimenta leurs maillots de bains, selon les instructions de Reine, Kaguya ouvrit grand ses yeux alors que son visage devint rouge comme si elle était surprise, alors que Yuzuru porta un regard vide sur sa tenue.

Néanmoins, de manière soudaine, Kaguya croisa ses bras.

« Kukuku… Et comment, et comment ? Mais, ne te méprends pas. Des vêtements de ce niveau sont tout simplement éclipsés par mon charme. »

« Remerciement. Merci beaucoup. Yuzuru est très contente. »

Ensuite, elle fit une révérence docile.

A ce moment-là…

« …Hmmm ? »

« Confirmation. Oui. »

Et alors qu’il pensait que les sourcils de Kaguya et de Yuzuru se déplaçaient de manière inattendue, toutes les deux tapotèrent de leur doigt sur leur oreille. A y regarder de plus près, Shidou y vit le même type d’Incam que le sien.

« Kuku… Je vois, je le reconnais. »

« Consentement. J’ai compris. »

Involontairement, Shidou afficha un sourire amer. Puisqu’il s’agissait d’une action non familière, il ne pouvait pas s’en empêcher, mais… c’était une scène étrange que de les voir toutes les deux préoccupées par leurs communicateurs.

Après un moment, elles séparèrent leurs mains de leurs communicateurs et refirent face à Shidou.

« Oh, Shidou. Ce Sonen Shine[16] est parfaitement insupportable pour moi qui porte dans son corps les ténèbres éternelles. Je te permets d’appliquer sur celui-ci la protection divine du miasme pour repousser la sainte lumière. »

« Heh… ? »

« Demande. Aide, s’il te plait, Yuzuru à l’appliquer afin d’éviter les coups de soleil. »

« Aah… Je vois. »

Il comprit finalement grâce aux paroles de Yuzuru.

Mais, ce n’est qu’après qu’il réalisa qu’il allait être gêné. C’était parce que, appliquer quelque chose contre les coups de soleil voulait dire…

« Fu… Eh bien, je compte sur toi. Je te laisse te charger de mon dos. »

Tout en lui tendant une lotion d’écran solaire, Kaguya venait de dire quelque chose qui n’était de toute évidence pas fait pour ce genre de situation. Puis, Yuzuru prononça également quelque chose de similaire :

« Requête. S’il te plait. »

Il était en train de se demander d’où avaient-elles bien pu la sortir, mais il comprit immédiatement. Pas loin de Shidou et des autres, un espace de repos avec des parasols et des serviettes avaient été disposés. Le plus probable était que Reine l’avait fait préparer à l’avance.

Après avoir sérieusement croisés leurs regards, toutes les deux se couchèrent face contre terre à l’ombre du parasol. Puis, elles défirent leurs hauts, révélant ainsi leurs dos à la peau pâle.

« E, err… »

Alors que Shidou regarda leurs deux dos disposés côte à côte, de la sueur s’écoula le long de son visage.

Cela étant dit…est-ce que cela voulait dire qu’il n’avait pas d’autre choix que d’utiliser ses mains et directement appliquer la lotion sur la peau douce de ces filles ?

Sur ce, comme attendu, qu’elles soient ou non impatientes, Kaguya et Yuzuru touchèrent toutes les deux leurs communicateurs et commencèrent à parler à basse voix :

« Oi, Shidou n’a pas été séduit par l’idée. N’est-ce pas différent de ce que tu as dit ? »

« Question. Est-ce qu’il y a quelque chose qui ne va pas ? »

« … Uh, c’est pas bon. »

Les sourcils de Shidou se levèrent. Le but de la journée était d’accroître la crédibilité des conseils de Reine. S’il hésitait à ce faire, ça ferait sûrement foirer le plan.

« O, Ok, je vais passer à l’action ! »

Lorsqu’il dit cela, Kaguya et Yuzuru regardèrent Shidou pendant un instant avant de lui faire un petit acquiescement.

« Fuu… »

Il semblait que Shidou ait réussi à régler ça sans rendre les conseils de Reine inutiles. Il eut un soupir de relaxation.

Toutefois…

« Kuku… donc Shidou, ça ne devrait pas être le genre de chose que j’aurais besoin de demander, mais il va de soi que tu vas commencer par moi, n’est-ce pas ? »

« Question. Par qui Shidou va-t-il commencer ? »

« Eh… ? Non, c’est… »

Et, alors qu’il y pensait, les deux croisèrent leurs regards tout en restant couchées, Kaguya attrapa soudainement Yuzuru et grimpa sur cette dernière après l’avoir retournée. Elle éleva ensuite la voix, tout en maintenant la prise sur le corps de Yuzuru à l’aide de ses deux mains et de ses deux jambes, l’empêchant ainsi de bouger.

« Shidou, maintenant. Accorde-moi la divine protection du miasme. »

« Irréfléchie. Ku… »

Alors que Yuzuru avait laissé s’échapper cette voix angoissée, les bords des lèvres de Kaguya se levèrent comme si elle était emplie de joie par sa victoire.

Pour diverses raisons, puisqu’elles étaient dans ce genre de position alors que leurs hauts avaient été retirés, leurs deux poitrines appuyaient l’une sur l’autre d’une façon étrangement érotique.

« Dépêche-toi ! »

« O, ou ! »

Vaincu, Shidou plia ses genoux sur place et prit une bonne quantité de lotion dans sa main avant de toucher le dos de Kaguya. A cet instant…

« Uh, Fuaa… »

Tout en adoptant une voix douce méconnue jusque lors, le corps entier de Kaguya tressaillit.

« Dé, désolé, était-ce froid ? »

« C’est, c’est bon. Dépêche… toi… »

« Ah, aah… »

Néanmoins, à chaque fois que Shidou déplaçait ses mains, le corps de Kaguya se contractait comme si on la chatouillait, le tout avec une voix excessivement sexy, avec des sortes de *Ah… * ou des *Hnnn… *.

Yuzuru, qui était toujours retenue en-dessous par Kaguya, laissa également échapper des *Ooou…* d’une voix envieuse.

Immédiatement, les sourcils de Yuzuru se levèrent et elle prit avantage de la petite chance laissée par Kaguya, elle fit retourner son corps.

« Contre-attaque. Chance saisie. »

« Guh… »

Cette fois, Yuzuru devint celle qui retenait Kaguya en-dessous, cette dernière couchée face vers le ciel. Yuzuru tourna ses yeux vers Shidou alors qu’elle était à cheval sur Kaguya qui semblait ne plus avoir la force de contre-attaquer et, *haa**haaa*, elle respirait bruyamment.

«  Demande. Shidou, dépêche-toi, s’il te plait, fais-le… aussi à Yuzuru. »

« Uh… ?! O, ou. »

Il savait qu’elle se référait à la lotion mais, face à cette phrase étrangement sensuelle et cette pose, par inadvertance, ses battements cardiaques se firent plus forts. Lorsqu’il parvint d’une certaine façon à se calmer, il commença à appliquer la lotion sur le dos de Yuzuru.

« Convulsion. U…Aah. »

Lorsqu’il s’y appliqua, Yuzuru expira par le nez par petits intervalles et prit une voix comme si elle était pressée à mort.

Puis, alors que, nerveusement, Shidou utilisait d’une certaine façon ses mains et les bougeait en accord avec les muscles de la colonne vertébrale, le corps de Yuzuru se souleva comme si elle ne pouvait plus en supporter davantage.

« E, err… »

« Admi… ration. Shidou, tu as… de très bonnes compétences. »

« N, non, c’est pas juste ! La prochaine, c’est moi ! »

Kaguya, qui semblait avoir finalement reprit son souffle, releva son corps et inversa les positions.

Mais, alors que Shidou commença à appliquer à nouveau la lotion, elle commença à élever une voix passionnée alors que son corps trembla.

« La ven…geance… ne t’épargnera pas. »

Cette fois, Yuzuru était celle dont le corps convulsait et elle garda le dos de Kaguya joint à la serviette. La lotion qui avait été appliquée de manière excessive s’écoulait sur cette dernière.

« Pourquoi toi, qu’est-ce que tu fais… ! »

Kaguya ne laissa pas les choses se finir sur sa défaite. Immédiatement, elle agrippa les mains de Yuzuru et revint à cheval sur elle.

Après avoir répété la même chose encore et encore, de nombreuses fois, et, en glissant probablement à cause de la lotion, toutes les deux se retrouvèrent en quelque sorte allongées, sur leurs ventres, sur la serviette et se regardaient mutuellement.

« Err, dans cette situation… »

Shidou joignit ses mains afin d’appliquer la lotion sur l’autre main également et fit parcourir ses doigts le long des dos des deux filles, qui étaient couchées à même le sol et qui étaient alignées côte à côte.

Lorsqu’il s’exécuta…

« …Uh, Aaaahhhh ! »

Toutes les deux élevèrent des voix bruyantes, puis elles relâchèrent leurs mains et leurs pieds qui tombèrent complétement épuisés sur place et elles commencèrent à respirer fort comme si elles avaient couru de toutes leurs forces.

« Es, est-ce que vous allez bien, toutes les deux… ?! »

Leurs regards vides se croisèrent alors que Shidou posa cette question sur un ton confus.

« … Tout ça… j’ai été peu méfiante… »

« Frémissement… c’est les doigts de dieu… quel loup insoupçonnable ! »

« Hu, huh… ? »

Toutefois, à cet instant, il semblait qu’un message leur avait été transmis de la part de Reine. Après que toutes les deux aient appuyées sur leurs communicateurs en même temps, elles eurent des hochements de tête et remirent de l’ordre dans leurs respirations.

« Fu, fumu, la suite sera… frapper la pastèque…[17]? Bander les yeux de Shidou… ? »

« Con… firmation. Après l’avoir fait tourner et l’avoir confus, attendre que la direction… ? »

« Att, attendez un instant ! Qu’est-ce que vous prévoyez de faire ?! »

Involontairement, s’était-il écrié… Les épaules de Shidou se levèrent.

Il eut l’impression d’avoir entendu comme une voix, différente de celle de Kaguya et de Yuzuru, provenir de quelque part.

Il pensa qu’il s’agissait de la voix de Reine à travers les communicateurs, mais, non. Oui, il s’agissait de…

« …Shidou ! »

« Uh, Tohka… ?! »

Shidou appela le nom à qui appartenait la voix qu’il avait entendu et se retourna sous le choc. Bien qu’il n’y eût que de l’océan à portée de vue, il était convaincu d’avoir entendu la voix de cette dernière provenir de cette direction.

Après avoir regardé, il trouva Tohka en train de nager vers lui tout en produisant de terribles éclaboussures.

Néanmoins, la silhouette était floue, elle allait extrêmement vite. Au passage, derrière elle, il eut l’aperçu d’une Origami nageant d’un superbe crawl.

Partie 2[edit]

Depuis la côte, Ellen, qui observait la cible, Yatogami Tohka, soupira alors qu’elle massait son épaule droite. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas fait d’exercices d’endurance sans l’aide du Territory et, du coup, elle avait de faibles douleurs musculaires.

… Au final, hier, elle s’était retrouvée mêlée à une bataille d’oreiller jusqu’à tard dans la nuit et, au fur et à mesure, elle était tombée de fatigue et s’était endormie avec la cible.

Aujourd’hui, après avoir repris ses forces, elle l’avait observée. Mais, comme on pouvait s’y attendre, il y avait eu beaucoup de personnes en pleine journée, du coup elle n’avait jamais vraiment été seule. Attendre la nuit serait probablement mieux…

Ce genre de pensée traversa son esprit. Lorsque…

« … Hmmm ? »

Les sourcils d’Ellen se levèrent d’un air dubitatif. La cible, qu’elle surveillait jusqu’à maintenant, s’était dirigée de manière inattendue vers l’océan.

« Oo, Shidou, tu es donc dans un tel lieu ! »

Avait-elle crié avant d’entrer dans l’eau.

Non, si elle n’avait fait que cela, ça aurait été bon, mais… le problème était que la cible (et pour diverses raisons, Tobiichi Origami également) nageait tout simplement en ligne droite.

« … <Arbatel>. Où est-ce que la cible se dirige-t-elle ? Pouvez-vous la suivre depuis votre position ? »

Après qu’Ellen ait fait face à l’Incam et qu’elle se soit exprimée de la sorte, la voix de l’opérateur répondit immédiatement.

« Nous avons confirmation. Il semblerait qu’elle se rende du côté opposé de la côte. »

« Le côté opposé de la côte, huh ? »

Tout en prononçant ces mots, Ellen se rappela de la carte de l’île d’Arubi, carte qui se trouvait en face d’elle à présent. Il était certain qu’Ellen et les autres devaient se trouver à la pointe de de la courbe de la côte qui ressemblait à un croissant de lune. Néanmoins, elle ne pouvait en voir qu’un morceau, la ligne que Tohka et Origami traçaient à la nage passait parfaitement par l’autre pointe du croissant.

« Y’a-t-il quelque chose sur cette côte où elles se rendent ? »

« Il semblerait que ce soit une plage privée. Nous avons confirmation qu’il y a 3 personnes : un homme et 2 femmes. »

Sur ces mots, Ellen se lécha les lèvres.

Même si elle ne savait pas pourquoi Tohka et Origami s’était mise à se diriger là-bas, c’était quand même une bonne opportunité. Exceptionnellement, il y avait peu de monde dans cette zone de baignade publique, elle pouvait donc s’attendre à ce qu’il n’y ait pas de témoins du fait que la cible se soit dirigée en pleine mer. C’était probablement la chance idéale pour déguiser ça en scénario de disparition.

« Je vais immédiatement m’y rendre également. S’il vous plait, faites en sorte que le <Bandersnatch> me suive. »

« Roger ! »

Après cette réponse, Ellen emmena la caméra qui était en position sur son épaule et se leva.

… Néanmoins.

« Oo, Miss Camera ! Ici, ici, par ici ! Prenez une photo, prenez une photo ! »

Quelqu’un derrière elle l’appela soudainement, Ellen jeta un simple regard dans cette direction.

Elle vit un groupe de garçons et de filles qui s’amusaient avec le sable de la plage. Il y avait un garçon, avec des cheveux durcis par un gel, enterré sous le sable, avec juste sa tête et ses bras qui en sortaient. Il y avait également un étrange garçon qui prenait une pose bizarre entièrement fait en sable.

Au passage, la pire chose dans les environs était la vue des 3 étudiantes de la veille, celles qui l’avaient entraînées dans la bataille d’oreiller.

« Je suis vraiment désolée, mais, je suis… »

« Eeeeeeeeeeeehhhhhhh ! »

« Ça ne va pas ? Ellen-san, prenez une photo. »

« Ne sommes-nous pas des amis qui avons passé une nuit torride ensemble ? »

« …Haaa. »

Après un soupir d’ennui, elle prit la caméra et, avec désinvolture, elle prit une photo.

« C’est bon ? Eh bien, je suis pressée donc… »

« Eeh, venez, prenez-en plus. »

« J’ai fermé les yeux à l’instant. »

« Eh bien plutôt, où comptez-vous aller ? Bon, amusons-nous. »

« … »

Alors qu’Ellen était sur le point de s’en aller en les ignorant, Ai, Mai, Mii, vinrent furtivement par-derrière et, une fois proches, elles prirent la caméra qui se trouvait sur son épaule et s’enfuirent en courant.

« Qu’est-ce que vous faites ? S’il vous plait, rapportez-la-moi. »

« Noon, je me sens coupable que vous preniez toujours des photos, je vais vous aider également, Ellen-san. »

« C’est, c’est pas la peine. Rapportez-la-moi, s’il vous plait. »

« C’est bon, c’est bon, pas la peine de prendre sur soi. »

« Je ne prends pas sur moi. J’ai quelque chose d’important à faire, donc… »

« Hai~, conduisons notre précieuse cliente à son siège ~»

En même temps que Mii prononça ces mots, les étudiants arrivèrent de toutes les directions et portèrent doucement Ellen. Puis, ils la portèrent tout simplement au bord de la plage.

Pendant qu’ils s’y exécutaient, Ai, Mai, Mii prirent une serviette en main et, *ZaZaZa*, un trou de la taille d’un humain fut creusé dans le sable en un instant. Ellen y fut mise dedans.

« Kuh, qu’est-ce que vous fichez… ! En plus, vous ne creusez pas un peu trop vite ?! »

« Fu ! Hier, nous nous sommes entraînées au creusement rapide à l’arrière de l’hôtel jusqu’à ce que le sol ne soit plus que des trous ! »

« Pour nous, maintenant, le sable d’une plage, c’est comme creusé dans du tofu ! »

« Maintenant, vous autres, faites-le ! »

« Yeah ! »

Sous le commandement d’Aii, Ellen fut complétement ensevelie sous le sable. Au passage, sur l’amoncellement de sable, une sculpture d’un corps fut faite.

« Kuh… c’est gênant. S’il vous plait, laissez-moi partir. »

« Maa, maa, ne soyez pas si pressée. »

« Et maintenant, une photo, d’accord ? »

« Nous allons ajouter plus de volume sur la poitrine, donc… »

Lorsqu’elle baissa les yeux sur son corps, il y avait un étrange amas de sable sur la zone de sa poitrine, exactement comme l’avait dit Mii.

… C’était une assistance complétement inutile.

Au passage, lorsqu’elle y regarda de plus près, juste à sa droite, elle put confirmer la présence d’un visage de garçon enterré à l’instant dans le sable. En fait… le corps qui avait été sculpté sous le visage d’Ellen était celui d’une Reine du SM faisant claquer un fouet, alors que celui du garçon était celui d’un homme nu à quatre pattes lui présentant ses fesses.

Et probablement en vue de rapprocher les deux parties, Aii, qui se tenait un peu plus loin, prit une photo.

« … »

Après que les joues d’Ellen convulsèrent, le garçon, qui était enterré… et dont le nom était Tonomachi Hiroto ou quelque chose du genre… son visage chercha à la regarder.

« Ha, Haa, n’est-ce pas… Ellen-san ? C’est un peu problématique. »

« Haaa. »

Après qu’Ellen ait répondu de manière si désintéressée, les joues de Tonomachi rougirent un peu alors qu’il poursuivit :

« Comment dire… non, haha, je me demande si ce genre de choses peut également être appelé… la destinée. »

« … »

Ce fut la première fois dans sa vie qu’elle se sentit comme si on lui avait craché dessus.

Partie 3[edit]

Après que Tohka et Origami eurent atteint la côte, elles trottinèrent vers Shidou.

Au passage, elles portaient les maillots de bains que ce dernier leur avait achetés le mois précédent. Celui de Tohka était de couleur sombre alors que celui d’Origami était blanc. Toutes les deux avaient pris la peine de l’essayer, il leur allait très bien.

« Shidou, tu étais donc dans un lieu comme celui-ci ! Je te cherchais ! »

« Shidou. Pourquoi es-tu avec les sœurs Yamai ? »

Tohka prononça sa phrase sur un ton souriant, alors qu’Origami le dit de façon suspicieuse. Shidou eut, pour sa part, un sourire méfiant comme pour les embrouiller et il entreprit un pas en arrière.

« Non, eh bien… à ce propos, hahaha, pour être sincère, j’étais perdu… »

A cet instant, d’une manière quelconque reprenant leurs souffles, Kaguya et Yuzuru, qui venaient de remettre leurs hauts de maillots de bain, dirent :

«  Hou ? N’est-ce pas Tohka ? Kuku… venir aux côtés de ta maîtresse, quelle fille mignonne. Je te fais mes compliments. »

« Question. Professeur Origami, pourquoi êtes-vous en ce lieu ? »

Soit dit en passant, il y avait eu une discussion dans les chambres respectives de Tohka et d’Origami à propos du fait que Kaguya et Yuzuru soient des fardeaux. Ce n’était pas surprenant que toutes les deux se soient souvenues d’elles… Eh bien, que ce soit professeur ou maîtresse, Shidou était un peu intrigué quant à savoir pourquoi de tels titres qui ne semblaient pas très appropriés à des relations amicales.

« Ooou, Kaguya est également ici. Qu’est-ce que vous faisiez ? »

« Kuku… à l’instant, je pressais quelque chose dont le contour est marqué de ténèbres et de vert foncé jusqu’à ce que les organes et le sang cramoisi en jaillisse, nous allons continuer de jouer au jeu du diable. »

« Que, qu’est-ce que c’est que ça ? Ça semble effrayant. »

« Explication. Kaguya est sur le point de jouer au jeu de frapper la pastèque … »

« … Attends un peu. »

Et, en plein milieu de la phrase de Yuzuru, une voix endormie s’était fait entendre, elle provenait de derrière elle.

En cherchant un peu, on put voir Reine portant une parka par-dessus son maillot de bain. Probablement parce que les rayons de soleil étaient forts, elle plissait les yeux tout en se faisant de l’ombre avec ses mains et en vacillant de la tête. Elle ressemblait à une patiente anémique prête à tomber d’un instant à l’autre, mais… eh bien, Shidou savait qu’il s’agissait de l’état habituel de Reine.

« Reine-san… ? »

Shidou leva ses sourcils d’un air dubitatif. Actuellement, Reine aurait dû donner des conseils à Kaguya et Yuzuru par le biais de l’Incam.

Les deux filles devaient avoir probablement le même genre d’interrogation, elles fixèrent Reine étrangement et touchèrent les communicateurs qui se trouvaient dans leurs oreilles.

« … Je suis désolée, mais j’ai oublié de préparer la pastèque… A la place, puisque le nombre de participant a augmenté… Il y a un terrain juste-là, pourquoi ne pas jouer au volleyball ? »

Sur ces mots, elle désigna du doigt l’extrémité de la plage.

Au début, Kaguya et Yuzuru étaient mécontentes, mais, après peu de temps, elles semblèrent comprendre que l’objectif avait changé.

« Fuuun, très bien. Peu importe ce qu’on fait, j’ai décidé que je serais au top ! »

« Consentement. Yuzuru s’en fiche. Yuzuru va gagner de toute façon. »

Lorsque leurs yeux croisèrent suite à ces mots, même si ce n’était pas une course, toutes les deux se mirent à courir en même temps.

« Oou ! »

Et Tohka se mit à courir également comme si elle avait été inspirée.

Origami porta son regard sur Shidou et Reine comme si elle n’était pas suffisamment convaincue, mais, estimant qu’il n’y avait rien à gagner à poser plus de question, elle se mit à marcher en direction de la plage en question.

Reine et Shidou se mirent également à les suivre.

« … Donc, Reine-san. Pourquoi est-ce que tu es venue si soudainement ? »

« … Aah, c’est parce que les irrégularités connues sous le nom de Tohka et d’Origami sont apparues. Du coup, j’ai dû passer au plan B. Nous devrions être capables de faire quelque chose à ce sujet si nous employons tous les membres de l’organisation <Ratatoskr>, mais… comme on peut s’y attendre, on est limité si je suis toute seule. »

« Plan B, tu dis ? »

« … Aah, c’est un plan qui vise à augmenter tes relations tout en t’associant avec elles et en te battant dans leur même camp. »

« Dans le même camp… Je me demande si ces deux pourront tranquillement faire équipe… »

« … Eh bien, j’ai une idée pour ça. Contente-toi de regarder. »

Suite à une telle conversation, Shidou et les autres atteignirent la magnifique plage où il y avait le terrain de volleyball.

Après que Reine se soit penchée et qu’elle ait pris un objet tubulaire qui était appuyé contre le poteau :

« … Maintenant, décidons des équipes. Trois personnes dans chacune. S’il vous plait, tirons au sort. »

« Mu ? »

Reine commença par Tohka, elle lui présenta l’extrémité du tube et cette dernière prit un bâtonnet qui se trouvait à l’intérieur. Shidou frappa ensemble ses mains [18] et fit de même. Il n’y avait aucun doute que le tirage soit truqué et que Kaguya, Yuzuru et Shidou soient dans la même équipe.

« … Eh bien, Shin aussi. »

« Ah, oui. »

Sur ces mots, il prit un des deux bâtonnets restants.

Puis, il porta son regard sur l’extrémité du celui-ci et… *Heh ?*, il eut un air hébété.

C’était parce qu’au lieu d’un symbole ou d’un numéro, il y avait un dessin complétement exagéré d’un homme.

« … Eh bien, que les personnes ayant tiré Gregor, Jackson et Spenser viennent ici. Quant à ceux qui ont tiré Alexandre, Abraham et Anthony, allez dans la partie opposée du terrain. »

« Reine, celui-là c’est… ? »

« C’est ? »

Tohka et Origami lui montrèrent leurs bâtonnets avec un certain trouble.

« … Aah, celui-là, c’est Gregor et celui-ci c’est Spenser. »

Puis, Kaguya et Yuzuru firent de même et montrèrent les leurs à Reine.

« … Toutes les deux, vous avez Alexandre et Abraham. Rendez-vous, s’il vous plait, dans le camp opposé. »

« … »

Shidou, avec des yeux mi-clos, regarda à nouveau l’homme exagéré (très probablement Anthony)… il ne pouvait pas dire quelle différence il y avait entre celui de Tohka et celui des autres…


Equipe A… Kaguya, Yuzuru et Shidou.

Equipe B… Tohka, Origami et Reine.

Kaguya, Yuzuru, Tohka et Origami. Quatre personnes sur six n’étaient pas, à la base, satisfaites de l’organisation des équipes, mais le match commença suite à une simple phrase de Reine :

« Je dirais à l’équipe gagnante un secret que Shidou ne voudrait jamais voir révélé. »

Les protestations de Shidou arborant un visage presque en pleurs ne furent pas acceptées.

« Ok ! Commençons ! »

Sur ces mots joyeux, Tohka exécuta un service depuis l’autre extrémité du terrain.

Mais…

« Quoi ?! »

*Bohyuuu !*, la balle traversa aisément le filet de part en part avec ce son et poursuivit sa trajectoire tel un boulet de canon. Immédiatement, Shidou se jeta sur le côté.

Lorsque la balle arriva à l’endroit où il s’était trouvé juste à l’instant, *GyaGyaGya !*, elle tourna dans le sable telle une toupie avant de finalement s’arrêter.

« Reine ! Ça valait combien de points, ça ?! »

« … 0 point. »

« Muu, les points de compétences techniques ne sont pas comptés ? Huh… »

« … Très probablement, mais, je pense que tu te trompes avec un autre sport. »

Probablement à cause de l’attaque de Tohka, Kaguya lâcha un petit rire.

« Kuku… Pas mal, il semblerait que je doive m’y mettre sérieusement aussi… »

« Non, tu n’en as pas besoin. Tu n’en as pas besoin ! »

Si les échanges de balles devenaient toutes de la sorte, même s’il avait plusieurs vies à sa disposition, ça ne suffirait pas. Shidou secoua la tête.

« Fuun, c’est fâcheux. Eh bien, quoi qu’il en soit, c’est nous les prochaines à servir, n’est-ce pas ? »

Sur ces mots, Kaguya tendit ses mains en direction de la balle qui était enterrée dans le sable et d’un geste particulièrement élégant elle la lança de l’autre côté du terrain.

« Oou, j’y vais ! »

« Ne me dérange pas. »

Origami, tout en arrêtant Tohka par le biais de son interpellation, reçu la balle.

Reine, qui se tenait derrière elle lorsque cela arriva, effectua une magnifique attaque. A cette occasion, sa poitrine, dont elle était fière de sa masse énorme, rebondi de haut en bas, les yeux de Shidou se rivèrent involontairement dessus.

« Mise en garde. C’est dangereux ! »

« Haa… ! »

Il entendit Yuzuru le prévenir de la sorte, il ouvrit immédiatement ses yeux en grand. Le temps qu’il mit à réaliser, il avait en face de lui Tohka qui venait de sauter avec tellement de force qu’elle surplomba le filet.

« Haa ! »

Et c’est avec ce cri empli d’énergie qu’elle frappa la balle de la paume de sa main. Cette dernière, tel un boulet de canon, effleura la joue de Shidou qui se tenait toujours là hébété.

« Uwah ?! »

« Kuh, ne te distrait pas, Shidou ! »

« Accord. Tu gênes. »

Les voix de Kaguya et de Yuzuru s’élevèrent derrière lui. Il semblait qu’elles se soient jetées en vue de recevoir la balle.

Néanmoins, puisqu’elles visaient le même point, en même temps, *Bam*, elles se cognèrent l’une l’autre et s’étalèrent sur place. Pendant ce temps, la balle rebondit sur le sol et, *roll**roll*, roula sur le sable.

« Kuhaaa ! Qu, qu’est-ce que tu as fait, Yuzuru ?! »

« Objection. C’est ma phrase. S’il te plait, ne me dérange pas. »

Kaguya et Yuzuru se frottaient leurs fronts tout en se regardant l’une l’autre.

« … Ok, Tohka, ça fait un point. »

« Oou ! Vraiment ?! »

En comparaison, l’autre côté du terrain paraissait animé. Tohka et Reine, *clap*, topèrent. Même si Origami les regardait l’air de les ignorer, Reine prit sa main et la força à participer.

Néanmoins, Kaguya et Yuzuru ne prêtèrent pas attention à ça, elles continuèrent à se quereller l’une l’autre.

« Peu importe ce que tu en penses, c’était mon territoire. Ne rajoute rien ! »

« Objection. Je pensais que la niaise Kaguya n’y arriverait pas à temps. »

« Que, Qu’est-ce que tu as dit, salope ! »

« Contre-attaque. Qu’est-ce qu’il y a ? »

Et, en même temps, alors que Shidou s’interposa entre elle pour les séparer, Reine, à l’autre bout du terrain, souffla quelque chose à l’oreille de Tohka et Origami. Une fois, cela fait :

« … Hou, j’y vais maintenant. »

« … Je vais vraiment avoir la chose promise, tout à l’heure. »

Sur ces mots, Tohka et Origami regardèrent de façon arrogante Kaguya et Yuzuru.

« Fuu, que… Kaguya et Yuzuru, c’est vraiment pas une grosse affaire ! »

« Quelle déception ! Me défier alors que vous n’êtes que de ce niveau, vous ne connaissez pas votre place. »

« … ! »

A ces provocations évidentes, Kaguya et Yuzuru répondirent avec un tic.

Une fois de plus, Reine souffla délicatement quelque chose aux oreilles de Tohka et Origami. Néanmoins, Shidou crut entendre un peu de la conversation, quelque chose du genre :

« … plus de langage ordurier... Vous êtes supposées faire comme ça lorsque le moment arrivera… »

« Kaguya est un vil insecte et Yuzuru est sans espoir ! Même toutes les deux ensemble, vous êtes inutiles ! »

« Vous les XXXX. XXXX devrait simplement XXXXX. Ce serait approprié pour des fils de pute de perdantes. »

Une insulte incroyablement enfantine et une insulte particulièrement fade y fit réponse de l’autre côté du terrain.

« … »

Concernant l’agitation de ces deux-là, Kaguya et Yuzuru avaient calmement plissé des yeux.

« … Hey, Yuzuru. »

« Réponse. Qu’est-ce qu’il y a ? »

« … Tu veux le faire ? »

« Consentement. Faisons-le. »

Leurs regards se croisèrent en un éclair.

Mais, c’était Origami qui avait le service suivant, elle prit la balle d’une manière extrêmement calme et, depuis le coin du terrain, elle la tira de façon très élégante.

« Yuzuru ! »

« Réponse. Je sais. »

Néanmoins, Yuzuru sauta juste à temps pour la réceptionner et arrêta ce service parfaitement serré.

Puis, Kaguya frappa la balle pour la renvoyer de l’autre côté. C’était-là un beau duo, suffisamment pour faire croire que la scène précédente n’était qu’un mensonge.

Mais, l’autre équipe n’allait pas abandonner, Origami, à son tour, réceptionna la balle en approche.

« Professeur Murasame. »

« … Ahh, je sais. »

Sur ces mots, Reine, *bang*, frappa tranquillement la balle. C’était exactement le même modèle de jeu que précédemment. Lorsqu’il essaya d’une certaine façon d’éviter d’être préoccupé par la poitrine, il vit Tohka, une fois de plus, s’élancer dans les airs.

« Ooh ! »

Cria-t-elle tout en lançant une attaque fulgurante depuis ces hauteurs lointaines.

« Shidou, arrête-la ! »

Ces mots avaient été criés par Kaguya. Shidou, dans la panique, joignit ses mains, et se prépara à réceptionner l’attaque de Tohka.

Mais, après que la balle eut heurté directement son visage au lieu de ses mains, elle rebondit violemment vers les airs. Le violent impact affecta sa tête, il vit des étoiles danser autour de lui.

« Gueeh ?! »

« Ok ! Shidou va être retiré de cette équipe puisque la balle l’a frappé, non ? »

« … Non, je n’ai jamais entendu parler d’une telle règle. »

Il pouvait entendre ce genre de choses en provenance du terrain opposé. Il semblait que c’était la raison pour laquelle le service de Tohka l’avait visé.

« Eloge. Joli. »

C’était la voix de Yuzuru qu’il entendait dans son état de conscience floue.

« Déterminée. Kaguya. »

« Ok ! »

Yuzuru fléchit ses jambes et joignit ses deux mains, ses paumes dirigés vers le haut. A ce moment-là, Kaguya qui s’était élancée, posa un pied dessus, et Yuzuru la projeta dans les airs.

« Quo… ! »

« … ! »

Il put entendre les voix de Tohka et Origami venir de l’autre côté du terrain. L’instant d’après…

« Haaaaa ! »

Kaguya, qui était dans les airs, frappa la balle… balle qui traversa le terrain adverse tel une flèche. C’était vraiment une belle attaque.

« Ok ! On est au même score ! Vous avez vu, les SALOPES ! »

Kaguya exprima ces mots comme si elle avait oublié son ton de voix habituel et tout en prenant la pose dans les airs.

En retombant au sol, elle échangea un tope-là avec Yuzuru d’une façon extrêmement naturel.

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« Yahooo ! »

« Excitée. Yahoo. »

« Yaa ! C’était parfait Yuzuru. Byuun, ça à fait Byunn ! »

« Positive. C’était une magnifique attaque. Comme on aurait pu s’y attendre de la part de Kaguya. »

« Non, non, c’était grâce à Yuzuru que… »

Toutes les deux levèrent leurs épaules à ce stade et, *fuun*, détournèrent leurs regards.

« Fuuun… ne sois pas prétentieuse, voyou. Considère que c’est un honneur d’avoir été touchée par mon pied. »

« Déplaisant. L’odeur s’est accrochée sur mes mains. Ça pue. Ça sent comme un mélange de maquereaux séchés, de natto[19] et de surstromming [20]. »

« Je… ils n’ont pas cette odeur-là ! »

Et, elles commencèrent à se chamailler comme auparavant. Une scène qui n’avait pas l’air étrange du tout.

Malgré tout, Shidou n’avait pas le plaisir d’y assister. Alors qu’il entendait des « Shidou ! Tu vas bien ?! » à ses oreilles, ce qu’il restait de sa conscience sombra dans les ténèbres.

Partie 4[edit]

« Ouch, ouch… »

Shidou se frottait la bosse sur sa tête tout en marchant lentement vers les toilettes de la plage.

Au passage, au moment où il avait dit qu’il allait aux toilettes, parmi les filles, quelques-unes lui avaient dit que c’était dangereux puisqu’il n’était pas encore complétement rétabli. A l’instant, elles dirent « je vais te suivre » et elles essayèrent de l’aider, mais il refusa en frottant poliment son crâne sur le sable.

« … Est-ce que tu vas bien, Shin ? »

Il entendit la voix de Reine dans son oreille droite. Shidou dit tout en affichant un sourire narquois comme s’il était fatigué :

« Eh bien… d’une certaine façon. Comment ça se passe de l’autre côté ? »

« … Honnêtement, je ne peux pas encore te dire. Ce qu’il reste à faire c’est agiter leur opposition autant que possible mais… »

Soudainement, Reine s’interrompit.

« Reine-san ? Qu’est-ce qui ne va pas ? »

Demanda-t-il tout en levant ses sourcils, mais, immédiatement, il en comprit la raison.

C’était parce que faisant suite aux paroles de Reine, le visage de Kaguya était apparu en provenance du côté des toilettes.

« Kaguya… ? Qu’est-ce que tu fais ici ? N’étais-tu pas supposée attendre là où sont les autres ? »

« Kuku… Pour moi qui dispose de la protection de la tempête, ce genre de distance n’a aucune importance. »

« … Eh bien, ce doit être vrai. Cela dit, je t’en demanderais surtout la raison… »

Lorsqu’il prononça ces mots, Shidou fut immédiatement attrapé par elle. Il s’avachi tout en criant :

« Je, je t’ai dit que je n’ai pas besoin d’aide ?! »

« Huh… ? »

Le visage de Kaguya devint rouge, puis elle eut une absence pendant un court instant.

« Qu, je l’ai dit sans penser ! Ne le prends pas mal ! »

« C, c’est vrai… ? »

« N’est-ce pas évident ?! Pou, pourquoi est-ce que je devrais… err… »

A ce moment-là, Kaguya se cacha le visage de honte et interrompit la phrase de Shidou.

« Aa ! Quoi qu’il en soit, je suis venu pour une autre raison ! »

« O, ou… ! »

Involontairement, Shidou acquiesça, puis il baissa son ton de voix et posa la question à travers son Incam :

«  Reine-san, est-ce que c’est une instruction à toi ? »

« … Non, je ne lui ai rien dit. »

Pendant qu’il était en conversation avec Reine, Kaguya l’appela comme si elle était irritée :

« Hey, ne m’ignore pas. »

« Aah, au tant pour moi. »

Après que, sous l’effet de la panique, Shidou ait repris sa position normale, il fit face à Kaguya. Mais… en parlant de cela, il y avait une chose qu’il se demandait… Il fixa le visage de Kaguya tout en se grattant les joues :

« A propos… est-ce que tu vas continuer d’utiliser cette voix ? »

« Ah. »

Le visage de Kaguya exprima la surprise.

Puis, elle eut un toussement, elle s’éclaircit la voix maladroitement et prit une pose cool.

« Kuku… Tu as été abusé par mes bouffonneries. C’est très drôle de te voir danser au creux de mes mains. »

« … »

« … Pourquoi tu me regardes comme ça ? »

Les lèvres de Kaguya exprimèrent un *buu* de mécontentement. Pour sa part, Shidou afficha un sourire ironique sans conviction alors qu’il se gratta les joues.

« Non… Je me demandais pourquoi tu te forces spécifiquement à utiliser ce genre de voix… »

« Je ne force pas ! C’est normal ! »

« Elle est revenue, elle est revenue ! »

« Hah… ! »

Après que le visage de Kaguya prit un air choqué, elle soupira et grommela doucement :

« … C’est comme ça. Puisque je suis un Esprit. Ne suis pas genre super puissante ? Ne suis-je pas avoir un genre de dignité comme ça, non ? »

« … C’est donc ça… »

Les sourcils de Shidou se rapprochèrent et il grommela un *oui, oui*. Il avait rencontré pas mal d’Esprits jusqu’à maintenant, mais il n’y avait aucune autre fille de ce genre-là.

« Eh bien, n’est-ce pas évident ? Puisque j’ai une fière naissance et des circonstances tragiques de prévue, tu sais ? Je me dois d’avoir une personnalité de ce niveau. »

« Bon… si tu es d’accord avec ça, c’est bon alors. Du coup ? Qu’est-ce qu’il en est ? »

Lorsque Shidou prononça ces mots, *Ahh*, Kaguya émit ce son tout en hochant de la tête, puis elle poursuivit :

« C’est plutôt ennuyeux, du coup je vais continuer comme ça… Actuellement, Yuzuru et moi sommes en conflit pour toi, n’est-ce pas ? C’est à propos de la conclusion de demain… »

« Aah… Je m’en doutais. Attends, tu…ne me dis pas… ? Je m’y attendais, ne serait-ce pas un genre de coup en traître ? »

Il sourcilla alors qu’il pensa que Kaguya venait le voir pour un complot à son avantage.

… Mais, Kaguya déballa quelque chose de totalement inattendu :


« … Shidou ! Demain… choisis Yuzuru ! »


« Heh ? »

Face à ces mots qui n’étaient pas prévus dans ses hypothèses, ses yeux s’ouvrirent en grands sous le coup de la stupeur.

« Ne…heh… »

Kaguya leva ses épaules et reprit :

« Il n’y a pas vraiment de quoi s’inquiéter, n’est-ce pas ? En effet, elle est super mignonne. Même si elle est un peu asociale, elle est obéissante, elle a une grosse poitrine et n’est-elle pas un genre de personnage super-moe[21] crée par les fantasmes des hommes ? En plus, si tu la choisis elle, elle te rendra probablement une tonne de services[22], pas vrai ? Tu n’y gagnerais rien à ne pas la choisir. C’est pourquoi… »

« At, attends un instant ! »

Shidou organisa ses pensées encore confuses alors que Kaguya s’arrêta de parler. Il ne pouvait pas saisir ce qu’elle venait de dire. Non, il en comprenait bien le sens, mais, si demain, il choisissait Yuzuru, cela voudrait dire…

« Kaguya, tu… as bien dit que le vainqueur de ce duel deviendrait la personnalité principale de Yamai, non ? »

« Oui, je l’ai dit. »

« … Tu as dit que la perdante serait consumée par le vainqueur et disparaîtrait, non ? »

« Oui, en effet. »

« Donc, pourquoi… ? »

Lorsque Shidou posa cette question comme extirpée de sa gorge, Kaguya se gratta la tête tout en arborant un sourire gêné.

« Unn… Eh bien, même si je ne veux pas disparaître, bien plus encore… je veux que Yuzuru continue de vivre. Je veux qu’elle puisse voir encore plus de choses, qu’elle puisse voyager et s’amuser dans ce monde. »

« … Uh, tu… »

Même si Shidou grommela douloureusement, Kaguya ne réagit pas et continua :

« Au contraire, tout aurait été résolu si tu n’avais pas fait irruption à cet instant-là. J’allais utiliser une attaque éblouissante et j’aurais été battue et tout ça se serait achevé. »

Kaguya avait pointé du doigt Shidou tout en disant cela.

Le visage de Shidou se déforma. Une douleur détestable, comme si on lui arrachait le cœur, le frappa à la poitrine.

« Eh, eh bien, la première à me faire tomber amoureuse d’elle est la gagnante, c’est… »

« Aah, quoi ? Eh bien quoi, n’est-ce pas évident, Yuzuru est la plus mignonne. Puisqu’il s’agit de ce genre de duel, il n’y a aucun doute que Yuzuru gagne, pas vrai ? »

« Mais, c’est… »

Lorsque Shidou était sur le point de finir sa phrase, Kaguya se mit d’abord face à lui puis elle lui mit l’index sur les lèvres pour l’empêcher de poursuivre.

« Je ne demandais pas vraiment ton opinion. Tout ce que tu as à faire demain c’est de dire que Yuzuru est la plus mignonne. Hahaha, lovely lovely[23] Yuzuru-tan… Si ce n’est pas le cas, je vais exploser cette île tout entière avec tous tes amis. »

Kaguya plissa les yeux en plein milieu de sa phrase et prononça-t-elle ces mots à basse voix.

Shidou engloutit, *gulp*. La menace qu’il avait oubliée jusqu’à maintenant refaisait surface suite à ces mots.

Shidou se tint-là nerveusement sans bouger, *Fuu*, Kaguya perdit son expression et recula.

Puis, elle se retourna et prit une pose extrêmement cool.

« Kuku… Eh bien, j’en ai fini, humain. Notre échange en cet instant fait office de pacte de sang. Apprends qu’à partir de maintenant ton corps sera consumé jusqu’à la moelle par mes Fegefeuer Flame[24] si tu romps ce pacte ! »

Sur ces mots, Kaguya s’enfuit en courant.

Shidou ne pouvait faire rien d’autre que rester planté-là.

« … Shin. »

Après quelques instants, ses épaules réagirent à la voix de Reine qui s’exprimait dans le communicateur de son oreille droite.

« Reine-san, c’était… »

« … Aah, j’ai entendu. C’est devenu… quelque chose de bien difficile. Si c’était les vrais sentiments de Kaguya malgré une bonne stratégie… eh bien, demain, il y a une forte probabilité que Kaguya ne réagisse pas au baiser que tu pourrais lui donner… afin de laisser gagner Yuzuru. »

« … Guh… »

Shidou serra son poing.

C’est vrai qu’il y avait ça. C’était une situation très grave.

Mais, au-delà de ça…

La détermination de Kaguya de se sacrifier en vue de laisser vivre Yuzuru… pesait lourdement sur le cœur de Shidou.

Néanmoins, il ne pouvait rester-là abasourdi. Il commença à marcher en traînant péniblement ses jambes. S’il s’absentait trop longtemps, Tohka, Origami et, d’autant plus, Yuzuru, finiraient par s’inquiéter…

« Arrête. Shidou, arrête-toi, s’il te plait. »

« … !? »

Soudainement, une voix lui parvint depuis son dos, ses épaules sursautèrent.

C’était indubitablement la voix de Yuzuru. Pendant un instant, il pensa que c’était une hallucination auditive, mais… c’était incorrect. Il se demanda depuis quand elle était-là, juste derrière lui.

« Yu, Yuzuru… ? »

« Réponse. Oui, c’est ce que Yuzuru répond. »

C’est avec sa voix sans aucune tonalité, avec son attitude calme et ses manières sereines, que Yuzuru acquiesça.

« Qu, qu’est-ce qui ne va pas ? »

Lorsque Shidou posa cette question, alors que des gouttes de sueurs perlèrent de son front, *Fuu*, Yuzuru tourna son visage dans la direction qu’avait prise Kaguya en s’enfuyant et dit doucement :

« Question… de quoi avez-vous parlé avec Kaguya ? »

« … ! »

Shidou engloutit, ses battements cardiaques, qui s’étaient calmés, palpitèrent à nouveau violemment.

« Qu’est-ce que…errr. »

Alors que Shidou était plongé dans ses pensées, Yuzuru eut un petit haussement d’épaules et elle soupira.

« Se reprend. Non, comme prévu, c’est bon. Yuzuru peut très bien deviner… »

« Uh, V, Vrai… Vraiment ? »

« Affirmatif. Le plus probable… à l’occasion de la sélection de demain, elle t’a demandé de la choisir, non ? »

« Non… c’est… »

Yuzuru utilisa la paume de sa main pour arrêter Shidou.

« Question. Bien que Yuzuru ne prête pas attention à cela, mais est-ce que Kaguya a fait quelque chose pendant cet échange ? »

« Quoi… comme quoi ? »

« Exemple. Yuzuru demande si, par exemple, elle a enlacé Shidou et fait glisser sa langue sur son cou, ou encore si elle a mis ton visage entre ses seins, ou si elle a mis ses mains dans ton maillot de bain et touché ton aine. »

« Elle, elle n’a rien fait de tout ça ! »

Face à ces paroles inattendues, Shidou avait crié involontairement. Yuzuru secoua sa tête, *pff*, comme si elle abandonnait.

« Déception. Kaguya, c’est pas bien. Tu es trop naïve. Si Kaguya séduisait correctement, Shidou tomberait aisément au stade d’un singe en rut. »

Il semblait qu’il était en quelque chose insulté, mais, plus important, Shidou remarqua que la manière de parler de Yuzuru était déplacée.

C’était parce que les paroles de Yuzuru exprimaient comme…

« Demande. Yuzuru a une demande pour Shidou. »

Comme pour interrompre les pensées de Shidou, Yuzuru avait pris la parole.

« Une demande… ? »

En entendant un mot comme celui-là, des gouttes de sueur coulèrent le long de sa colonne vertébrale. Involontairement, il engloutit.

Sa gorge lui faisait mal et ses battements cardiaques commencèrent à s’accélérer, *Boum boum*. Ses vaisseaux sanguins s’élargirent rapidement et il avait l’impression que son corps tout entier se vidait de son sang.

Toutefois, à l’opposé, son esprit était comme intoxiqué, il était devenu brumeux. Et, à l’intérieur de tout cela, il y avait seulement ce… mot qu’il avait entendu quelques minutes avant, qui revint parfaitement à son esprit.

« Consentement. C’est correct. »

Après qu’elle ait hoché brutalement de la tête, elle poursuivit sans aucun enthousiasme :


« Demande. Shidou, pour ce duel, s’il te plait, choisis absolument Kaguya. »


« … »

Shidou resta sans voix.

Probablement qu’au moment-même où il avait aperçu Yuzuru, il aurait pu d’une manière ou d’une autre le prédire.

Face à la réaction de Shidou, Yuzuru secoua la tête dubitative.

« Question. Yuzuru trouve que la réaction de Shidou est inappropriée. »

« Uh, non, rien du tout… »

« Requête. Plus important encore, s’il te plait, demain, Shidou doit choisir Kaguya. C’est une promesse. »

« Pou- pourquoi… quelque chose comme ça ? »

« Explication. Kaguya est supérieure à Yuzuru. Il n’y a pas de place au doute. Même Shidou a dû remarquer la beauté de Kaguya. Même si elle prétend être dure, elle est la plus honnête, puis elle a un corps fragile qui semble pouvoir se briser au moindre contact et la sensation de l’enlacer devrait être décrite comme une sorte de paradis. Si Shidou choisit Kaguya, il est plus que probable qu’elle fasse un tas de chose pour toi. Kaguya doit, absolument… »

« C’est parce que si Kaguya gagne, Yuzuru va… »

Lorsque Shidou prononça ces mots, Yuzuru baissa ses yeux et acquiesça. Les seules choses auxquels Shidou pensait à présent étaient tous ces mots qui avaient été dit encore et encore.

« Kaguya est la plus appropriée pour devenir la véritable Yamai. Même Shidou le sait clairement en cette journée, n’est-ce pas ? Kaguya est très charmante. Il n’y a aucune raison de ne pas la choisir. »

« C’est, c’est à cause de ça que toutes les deux vous êtes si compétitives… »

« Explication. Même si Kaguya paraît comme ça, elle est une fille timide. A moins que Kaguya ne soit provoquée, elle ne se conduit pas comme ça. »

« … »

Lorsque Shidou se tut, Yuzuru s’approcha de lui et lui chuchota à l’oreille :

« Souvenir. Demain, s’il te plait, dis que Shidou choisira Kaguya. Si ce n’est pas le cas, le malheur frappera tes amis. »

Après avoir lâché ces mots de menace, semblables à ceux de Kaguya, Yuzuru s’enfuit.


Partie 5[edit]

« … »

Au moment du rassemblement, Ellen, qui avait été finalement déterrée de son trou dans le sable, était assise au sol le long de la côte, elle tenait ses genoux et regardait la mer.

La cible était déjà revenue de ce côté-là de la plage et était allée dans le vestiaire pour se changer. Elle était passé à l’instant à côté d’Ellen qui, à ce moment-là était encore enterrée dans le sable (la partie supérieur sculpté dans le sable avait été remodelée pour devenir le torse d’un bodybuilder), et invariablement elle avait ri à s’en tenir le ventre.

Au passage, le garçon, Tonomachi, qui avait été déterré à peine un peu avant elle, étirait ses bras d’une manière respectueuse, mais, puisque c’était tout de même stressant, Ellen le jeta dans le trou duquel elle était sortie et le recouvrit une nouvelle fois de sable.

« … Madame la Directrice Générale… errr. »

Provenant de l’Incam, la voix embarrassée d’un opérateur se fit entendre.

« … Je vous écoute… Ne vous inquiétez pas… Ce n’est rien… Je vais appliquer ma méthode préférée cette nuit… Il n’y a pas de problème… Je vais l’attraper comme il se doit à l’hôtel. »

« Je, je le pense aussi… »

La voix de cette sorte d’opérateur était plutôt fatiguée.

Partie 6[edit]

En cette journée, le dîner n’avait pas de goût.

Ce n’était pas comme si le chef cuisinier de l’hôtel ne prenait pas assez considération la santé de ses clients ou si le sens du goût de Shidou était abîmé, c’était tout simplement parce que son esprit était attiré ailleurs.

Après avoir fini son repas sans engager de conversations avec personne, il marcha lentement dans le couloir de l’hôtel tout en s’immergeant distraitement dans ses pensées.

Durant la journée, les paroles que Kaguya et de Yuzuru avaient débitées tourbillonnaient encore dans son esprit.

… En vue de laisser l’autre vivre, elles avaient choisi de mourir elles-mêmes.

Au moment où Shidou avait entendu ça, pendant un instant, il avait été incapable de les écouter.

Mais, par exemple…

Si Shidou n’avait pas sacrifié sa vie, sa sœur Kotori serait morte.

Très certainement… il y aurait répondu en secouant sa tête sans hésitation.

Ce n’était pas la même chose que ce genre de motivations narcissiques, tel que le sacrifice de soi ou l’abnégation.

Mais simplement que toutes considérations faites, c’était son seul choix.

Si ce genre de choses… ce genre d’options était toujours invalide, alors son cerveau ne pouvait plus que s’en remettre à des jugements.

« … Dou. »

Non… non pas que cela. C’était plutôt… Shidou devrait être content d’apprendre que Kaguya et Yuzuru ressentent la même chose l’une pour l’autre. Mais…

« Oi, Shidou ! »

« Uh ?! »

Une puissante voix s’exprima dans ses oreilles et, immédiatement, Shidou ouvrit les yeux.

« Sérieusement, tu réalises enfin, Shidou ? »

Sans savoir depuis quand elle était là, Tohka en yukata avait prononcé ces mots et, *Puff*, elle avait gonflé ses joues.

« To, Tohka… Depuis combien de temps es-tu là ? »

« Je marche derrière toi depuis un moment. »

Tohka fixa son visage.

« Que… quoi ? »

« Rien. »

Après que Tohka ait détourné son regard, *Fuu*, elle afficha un petit sourire et prit fermement les mains de Shidou.

« Shidou, si ça te va, pourquoi n’irions-nous pas dehors un petit moment ? »

« Eh… ? »

« La plage pendant la nuit… je veux voir ça. »

Dit-elle en tirant sur les mains de Shidou.

« Ah, atten, Attends une secon… »

Shidou raidit ses jambes sous le coup de la panique et arrêta la progression de Tohka.

« Non, n’est-ce pas mauvais de sortir de notre propre initiative ? En plus, les professeurs vont venir contrôler bientôt… »

Lorsqu’il prononça ces mots, les lèvres de Tohka s’ouvrirent et elle soupira, *Haa*.

« … Désolé, Shidou. Je t’ai un peu menti. »

« Eh ? »

« Err… Comment dire… ? Même si nous sommes venus en voyage scolaire, pour diverses raisons… nous n’avons pas beaucoup parlé ensemble, pas vrai ? C’est pourquoi… Shidou, je voudrais qu’on discute. »

« … Uh. »

« Je ne suis pas… autorisée ? »

Sur ces mots, elle leva les yeux et fixa Shidou.

« … Non, c’est, c’est… »

S’il existait un homme capable de dire « non » après ça, il aurait bien aimé connaître une telle personne. L’instant d’après, Shidou fut traîné par Tohka dont le visage était souriant.

« Haai ! Le moment tant attendu, le jeu de caaaarte ! …Ah ! Tiens ? »


Aii, qui avait débarqué dans la chambre tout en criant, regarda dans la pièce et secoua la tête.

A l’intérieur, il n’y avait que Mai et Mii.

« Tiens, où est Tohka-chan ? Et Kaguya-chan ? »

Lorsqu’elle posa la question, Mai, qui était couchée et qui feuilletait le guide touristique, ainsi que Mii, qui était en plein combat de boxe contre le fil qui pendait du lampadaire, se tournèrent dans sa direction.

« Un… S’il est question de Tohka-chan, elle est avec Itsuka-kun. N’est-elle pas devenue intime avec lui ? »

« J’ai aussi vue Kaguya-chan. Elle longeait les murs et les espionnait. »

Face à leurs paroles, *Hohoo*, Aii caressa son menton.

« Vous plaisantez ? Ne me dites pas que c’est un triangle amoureux ? Kyaaa… On dirait presque un drama de l’après-midi. »

Après qu’un sourire quelconque se soit dessiné sur le visage d’Aii, elle baissa son regard en direction des cartes qu’elle avait entre ses mains.

« Eh bien, si tel est le cas, nous n’avons pas assez de joueurs. Je pense qu’on peut jouer au Daifugou[25]. »

Sur ces mots, Aii leva les épaules et les deux autres, *Haha*, se mirent à rire.

« Pour ça, il nous faut 5 personnes. »

« Pourquoi ne pas appeler Yuzuru-chan ? »

« Non, je suis allée dans sa chambre, mais il semblerait que Yuzuru-chan n’est pas là non plus. Bien que j’ai trouvé Ellen, je l’ai perdu à mi-chemin. Je me demande où tout le monde est allé ? »

Après que Aii ait soupiré, *Fuu*, elle proposa de jouer au shichinarabe[26], puis elle commença à battre les cartes.


« … Haa, haa. »

Tout en étant collé au mur extérieur de l’hôtel, Ellen expirait et reprenait son souffle.

Puis, elle jeta un regard à l’intérieur de l’hôtel et souffla de manière décontractée après avoir confirmé qu’il n’y avait personne.

« … Je l’ai échappé belle. »

Elle se parlait à l’elle-même au cours de ce monologue. Suite à quoi, elle essuya la sueur de son front. Après avoir repéré que la cible, Yatogami Tohka, sortait avec un étudiant, au moment-même où elle avait pensé que c’était une bonne chance et qu’elle s’était mise à les suivre, une voix s’était fait entendre derrière elle : « Ellen-saaaaaaaaaan ! Allez, jouooooooooooonns ! ». C’était la voix de son ennemi naturel.

Suite à quoi, elle s’était échappée de la zone paniquée. Franchement, son cœur battait encore la chamade à l’instant.

« Eh, Eh bien, pas moyen, c’est ma chance ! »

Après avoir jeté un nouveau coup d’œil à l’hôtel, juste au cas où, elle porta sa main à l’Incam.

« <Arbatel>, vous avez vu ça ? La cible s’est éloignée d’elle-même de l’hôtel. Le moment est venu. »

« … Compris. »

« Et aussi… S’il vous plait, envoyez aussi un <Bandersnatch> dans cette zone et laissez-le en attente. »

« Je ne vais pas contester, mais pourquoi ? »

« … Il y a le sergent-chef Tobiichi à l’intérieur de l’hôtel. Je pense que c’est une mesure inutile, mais… si à tout hasard, elle venait à avoir d’étranges comportements, je vous laisse la charge de la contrer. »

« Roger. »

Suite à la confirmation de l’opérateur, Ellen s’éloigna dans la nuit.

Partie 7[edit]

Il n’y avait personne d’autre sur la plage en pleine nuit, le boucan qui avait eu lieu au cours de la journée avait laissé place au silence, comme s’il n’avait été qu’un mensonge.

Cela dit, la plage privée, où Shidou et les autres étaient allés, avait été calme même en après-midi.

Shidou et Tohka, à allure lente, longeaient le brise-lames tout en parlant de choses et d’autres.

« … Eh bien, hier soir, j’ai fait une bataille d’oreiller avec Aii, Mai et Mii. »

« Haha… Tu as réellement fait ça ? »

« Umu. Au début, c’était un combat contre Tobiichi Origami pour déterminer qui s’occuperait de toi, mais, en plein milieu, ça s’est animé et, finalement, nous nous sommes battues jusqu’à ce qu’une de nous tombe de fatigue ou de sommeil. »

« … Je, je vois. »

Shidou eut un sourire narquois et désarmé. Si leur match s’était fini plus rapidement et qu’il eut resté des forces à l’une d’entre elle, la nuit d’hier aurait été probablement un nouveau désastre pour lui.

Mais, peu importe… comment dire ? Puisqu’ils échangeaient une conversation sans importance, pour diverses raisons son humeur devint plus relaxée.

Et, ainsi, après avoir pris une petite avance sur lui, Tohka se retourna soudainement.

« Donc… Shidou. Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Sur ces mots, *Babump*, Shidou sentit son cœur s’emballer.

« … Uh, qu’est-ce que tu veux dire… ? »

« Non, même si je n’en suis pas très sûre, quelque chose s’est passé, n’est-ce pas ? »

« Pou, pourquoi est-ce que tu penses ça… ? »

Lorsque Shidou posa cette question, Tohka, avec un « unnn… », toucha son menton avec son index.

« D’une certaine façon, je peux sentir que tu es inquiet. Je suppose… errr, à cette époque… cette sensation est assez proche de cette fois-là avec Kurumi. »

Tohka prononça ces mots tout en grommelant légèrement. Shidou ouvrit grand ses yeux.

Tokisaki Kurumi, cet Esprit maléfique qui tue des humains de son propre gré.

Le mois précédent, Shidou avait été choqué, dans le monde réel, en apprenant la vraie nature de cette fille… et, c’était les mots de Tohka qui l’avaient sauvé.

« Non, si ce n’est rien, ça va. C’est probablement parce que j’y pense trop. »

« … »

Face aux paroles de Tohka, Shidou eut un long soupir.

« C’est à cause de ça, Tohka ? C’est pour cette raison que tu m’as fait sortir ? »

« Mu… eh bien, c’est ça. Non, c’est vrai, je voulais te parler, Shidou. »

Tohka formula ces mots alors que ses joues devinrent légèrement rougeâtres. Ce geste était adorable au-delà de toute attente… et, sous le coup de la reconnaissance, Shidou se relâcha involontairement.

« … Hey, Tohka. Veux-tu bien m’écouter ? »

« Mu ? Umu, je suis prête à écouter n’importe quoi. »

Tohka acquiesça. Après que Shidou en eut fait de même, il commença lentement à s’expliquer :

« Tu vois Kaguya et Yuzuru, non ? Ça va sonner un peu comme un mensonge, mais, en réalité, ces deux sont… »

Tout en occultant avec talent le concours de séduction et tout ça, il lui expliqua qu’elles étaient toutes les deux des Esprits, qu’elles étaient en conflit et… que la perdante perdrait la vie.

Au début, Tohka hochait de la tête en lâchant des *fumu**fumu*, mais, à cet instant-là, elle eut une expression choquée.

« Quoi… c’est quoi ce genre de choses ? »

« Aah. Et ainsi… le sujet principal commence ici-même. Actuellement… cette après-midi, Kaguya est venue me dire ‘choisis Yuzuru’. »

« Quoi… ?! C’est absurde, si ça venait à arriver alors Kaguya dispa… »

Accompagnant ces mots, Tohka agita sa tête légèrement.

« Non, mais, je vois… Moi aussi, si on me disait que Shidou allait mourir si je ne meurs pas alors… je ferais ça également. »

« Tohka… »

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Lorsque Shidou l’interpella, ses épaules tressaillirent de surprise.

« Nu, non, rien ! Continue ! »

« A, aah… »

Après s’être gratté les joues, il poursuivit :

« Et… tout de suite après ça, Yuzuru est venue me dire la même chose : ‘S’il te plait, choisis Kaguya’. »

Les yeux de Tohka devinrent pleins d’interrogations.

« Quoi… donc Kaguya et Yuzuru sont… »

« Aah… chacune essaye de faire survivre l’autre, même si elle-même doit disparaître. Kaguya pour Yuzuru, Yuzuru pour Kaguya, elles pensent à la survie de l’autre. Et, du coup… comment dire… je ne sais pas quelle est la bonne chose à faire. »

Sur ces mots, Tohka grommela *umu*, puis elle se tut.

Après ça, pendant quelques temps, elle leva ses sourcils comme si elle réfléchissait.

Cela dura quelques secondes puis elle recommença à parler avec une voix douce :

« Hey… Shidou. Ce que j’en pense c’est… »

Et… à cet instant précis, venant d’en face d’eux, des bruits de pas fermes se firent entendre. Shidou leva la tête.

Son corps se raidit alors qu’il vit une fille en yukata.

… Oui, c’était bel et bien Yamai Kaguya qui se tenait-là.

« Ka, Kaguya… ?! Pourquoi es-tu ici… ? »

« Qu’est-ce que c’était… juste à l’instant ? »

Sans répondre à la question, Kaguya avait rompu son silence… mais c’était d’une voix violente et colérique.

« Yuzuru… moi ? Hah… ? Je ne comprends pas la signification de tout ça. Qu’est-ce que tu viens de dire ? »

Tout en murmurant à elle-même comme si elle exécutait un monologue intérieur, Kaguya grinça des dents et serra son poing. Suite à quoi, s’ajoutant à tout cela, un vent froid se leva dans les environs.

« Kaguya, calme-toi… »

Shidou avait prononcé ces mots contraint par l’inquiétude de son cœur. Mais, il paraissait que Kaguya ne l’avait pas du tout entendu. Elle injectait de plus en plus de force dans son poing alors que son corps entier tremblait.

Puis… juste après ça.

« … ?! Yuzuru… ?! »

Lorsque Shidou se retourna pour entendre l’origine des bruits de pas derrière lui, juste-là, Yuzuru faisait face à Kaguya en contre-plongée et faisait la même chose qu’elle.

« Question… Répétition. Kaguya a dit… ‘choisis Yuzuru’ ? C’est ce que Kaguya a dit ? »

« Ecoute, Yuzuru… »

« N’essaye pas de me baiser ! »

Avaient-elles dit toutes les deux, d’une voix similaire à un rugissement féroce, alors que, de chaque côté, des vents terribles émanèrent d’elles.

« Uwah… ?! »

« Kuh… ! »

Shidou et Tohka, qui étaient tout simplement trop proches d’elles, sous l’effet de cette soudaine rafale, furent projetés au sol.

Réussissant, d’une certaine manière, à s’accrocher au brise-lames et à lever son corps, Shidou put porter à nouveau son regard sur toutes les deux.

Ces vents violents s’enroulaient autour de leurs corps alors que les vêtements qu’elles portaient jusque lors devinrent des particules de lumière.

A la place, une sorte de camisole de force apparue et les enserra, puis des loquets surgirent sur leurs nuques, leurs mains et leurs jambes.

… Des Tenues Astrales, les armures absolues qui protègent les Esprits.

Ça ne s’arrêta pas là.

Toutes les deux tendirent respectivement leurs mains, -la main droite pour Kaguya et la gauche pour Yuzuru,- en direction de l’autre. Ce faisant, une aile inorganique apparut depuis l’épaule de Kaguya. Comme si ce n’était que le début, un gantelet métallique étincelant se forma sur sa main droite… et sur l’extrémité de celle-ci, une lance géante qui excédait aisément la taille de son corps se manifesta.

« <Raphaël>… [El Re’em] !! »

Et, avec exactement le même timing, une aile inorganique poussa sur l’épaule gauche de Yuzuru. Sa main gauche se couvrit d’une armure et, dans sa main, elle empoigna une chaîne avec à son extrémité une lame en forme de losange. Cela ressemblait à un pendule utilisé pour la radiesthésie[27].

« Accord. <Raphaël>… [El Nachash]. »

Kaguya pris la pose avec sa lance alors que Yuzuru fit flotter dans les airs la lame attachée au bout de sa chaîne.

Le visage de Shidou vira au bleu.

Ce que toutes les deux venaient de manifester à l’instant était sans aucun doute leurs Anges. Sans conteste, l’arme la plus puissante des Esprits.

En l’espace d’un instant, diverses pensées s’agitèrent dans sa tête.

« N’essaye pas de me baiser ! » Le sens de ces mots qu’elles avaient toutes deux prononcés. Etait-ce quelque chose qu’elle avait exprimé à l’égard de Shidou pour avoir révélé leur secret… ou, était-ce dirigé vers Tohka pour en avoir discuté avec Shidou ? Il semblait qu’aucune des deux n’était en mesure de préciser.

Toutes les deux, -Kaguya tournée vers Yuzuru et Yuzuru vers Kaguya, - se lançaient des regards perçants alors que des mots détestables sortirent de leurs bouches :

« … Il semblerait que tu aies fait quelque chose pour me baiser, Yuzuru. Me choisir, moi ? »

« Réfutation. Kaguya aussi. Qu’est-ce que tu planifiais ? Yuzuru ne se souvient pas avoir demandé quelque chose comme ça. »

Accompagnant ces paroles, les vents qui soufflaient dans les alentours s’intensifièrent encore plus.

« … C’est pas bon. Comme prévu, c’est pas bon. Je pensais que cette méthode de duel déboucherait sur une raisonnable et paisible conclusion, mais j’ai oublié de prendre en compte ton idiotie. »

« Consentement. Yuzuru a perdu patience quant au degré de stupidité de Kaguya… Finalement, ça devait se finir comme ça. Le duel que nous avons commencé toutes les deux… laisser quelqu’un d’autre décider de la conclusion, au final, c’était juste trop en demander. »

Suite à quoi, toutes les deux préparèrent leur lance ou leur chaîne.

« Je suppose que tu as raison. Comme prévu, il semblerait que nous n’ayons pas d’autre choix que de finir cela par nous-même. Ça me va. A l’instant, je suis au plus haut point de cassage de couilles de ma vie à ton égard. »

« Contre-attaque. Yuzuru également. Yuzuru ne peut pas cacher son irritation et sa colère contre le manque de considération de Kaguya. »

« … la méthode de duel est… »

« Naturellement. C’est évident. »

Kaguya et Yuzuru, une fois de plus, s’exprimèrent en même temps.


« … La dernière à tomber, GAGNE ! »


La seule chose qui le témoignait, c’était…

Un conflit… qui ne se finirait pas avant qu’une des deux ne soit défaite.

« Arrê… »

Sans être entendue, la voix de Shidou se perdit alors que toutes les deux se foncèrent dessus, accompagnées de vents particulièrement violents.

Partie 8[edit]

Soudain, *whack**whack**whack*… alors qu’elle réfléchissait, le bruit du vent extérieur retentit comme un tremblement de terre, *criii**criii*, les murs extérieurs de l’hôtel commencèrent à craquer.

Il y avait diverses réactions parmi les étudiants à l’intérieur de celui-ci : ceux qui allumèrent la télévision pour s’informer sur la météo, ceux qui étaient effrayés par le tonnerre, et qui s’empressèrent de se cacher sous leur futon, et ceux qui étaient nonchalants et qui rigolaient en disant que c’était une bonne chose que la tempête ne soit pas arrivée pendant l’après-midi.

Néanmoins, bien évidemment, personne ne quitta l’hôtel afin d’éviter d’être emporté par le vent.

… Tous, à l’exception de Tobiichi Origami.

« … »

Elle mit silencieusement ses chaussures et posa ses mains sur la porte de l’hôtel.

La raison était simple et quelconque : lorsqu’elle était allé voir Shidou, précédemment, elle avait appris par Aii, qui logeait dans la même chambre que Tohka, que cette dernière avait été vue en train de sortir de l’hôtel avec lui.

Les actions d’Origami avait été rapides : elle avait dégagé les mains de Aii, qui avaient tenté de l’attraper pour l’amener à leur partie de jeu de cartes et, alors qu’elle courait vers l’entrée de l’hôtel, à mi-chemin, elle reçut un avertissement de la part de Tamae sur le fait « qu’elle ne devait pas courir dans les couloirs ». Les jambes d’Origami ne pouvaient pas s’arrêter à cause d’une tempête.

Elle n’était déjà pas contente d’apprendre que Shidou et Tohka étaient sortis ensemble, mais, pire encore, au cours d’une tempête comme celle-ci, il était extrêmement dangereux de sortir dans les alentours de l’hôtel à cause de la proximité avec la mer. Elle devait ramener Shidou aussi vite que possible.

La tempête était forte, mais elle n’était pas assez forte pour qu’on ne puisse pas marcher dehors. Origami poursuivit sa route…

« … ?! »

Elle ressentit une présence derrière elle et, immédiatement, elle s’écarta en sautant de sa position.

A cet instant, provenant de l’endroit où Origami se trouvait, *clash*, un bruit métallique se fit entendre.

« Que… »

Origami regarda la chose qui venait d’apparaître-là et ses sourcils le levèrent légèrement.

Elle vit une chose qui avait forme humaine avec son poing enfoncé dans le sol.

Pendant un moment, Origami pensa qu’il s’agissait d’un membre de l’AST. En réalité, ce genre d’équipement était similaire à une CR-Unit, donc similaire aux équipements officiels de l’AST. Elle ressentit un léger mal de tête au moment où le Territory s’activa à bout portant. Il n’y avait, très certainement, aucune erreur possible sur le fait qu’il avait activé un Realizer.

Mais… non, l’unité que cette chose portait n’était clairement pas humaine.

Un extérieur inorganique qui faisait penser à quelque chose qui n’avait pas de vie. Il avait également des mains et des jambes crochues uniquement conçues pour leur efficacité.

C’était une machine à l’apparence humaine qui était généralement désignée comme un robot ou une poupée.

« Qu’est-ce que c’est… que ce bordel ? »

Laissa échapper Origami comme si elle extirpait cette voix hors de sa gorge. Le Realizer ne pouvait être contrôlé que par un cerveau humain. Donc, pour qu’un robot humanoïde comme celui-ci puisse utiliser un Territory…

« Kuh… »

Ce genre de réflexion fut bien vite interrompu, la poupée inorganique bondit vers Origami.

Elle réussit à l’esquiver de justesse et à prendre autant de distance qu’elle put.

« Qui es-tu ? »

Misant sur ce mince espoir, elle essaya de lui parler, mais, comme prévu, elle ne répondit pas. Au lieu de cela, sans montrer la moindre réaction, elle attaqua plusieurs fois consécutives.

« … »

Origami esquiva au cheveu près, elle avait une sensation étrange.

Autant qu’elle pouvait le constater, la poupée était équipée d’un équipement basique tel que l’épée laser et le pistolet, mais, pour diverses raisons, elle ne témoignait aucune intention de l’utiliser contre elle, elle se contentait d’attaquer à mains nues.

C’était comme…si elle essayait de capturer Origami qui était désarmée… comme si elle était là pour l’empêcher d’aller plus loin.

« … ne me dérange… »

Esquivant par un bond en arrière, la voix d’Origami trembla de colère. Malgré le fait que le danger s’approchait de Shidou, elle était coincée ici.

Et, ainsi… à cet instant précis…

« … Tobiichi Origami, qu’est-ce que tu fais ? C’est dangereux dehors, dépêche-toi de revenir à l’hôtel. »

C’était la voix endormie du professeur Murasame Reine. Lorsqu’elle avait quitté l’hôtel, elle avait probablement été aperçue par quelqu’un, personne qui venait actuellement vers elle.

« … Professeur, rentrez ! »

Mais, avant même qu’elle ait pu finir sa phrase, la poupée avec qui elle se battait, *creak**creak*, tourna sa tête en direction de Reine.

« … hmmm ? Qui es-tu ? Je suis désolée mais notre étudiante… »

Elle prononça ces mots à l’intention de la poupée, mais, elle s’interrompit, très probablement, en remarquant que la personne à qui elle s’adressait n’était pas humaine.

Mais, c’était trop tard. La poupée changea de cible et chargea avec ses bras vigoureux tels des souches d’arbres en direction de Reine.

« Kuh… »

Après qu’Origami ait soupiré, immédiatement, elle frappa le sol du pied et poussa Reine.

L’instant d’après…

« Ka…ha… »

Elle reçut un violent coup dans l’estomac qui la projeta facilement en arrière.

Une douleur intense frappait son flanc et sa respiration devint difficile. Sa conscience s’embruma et sa vision devint floue.

« Professeur… dépêchez-vous, enfuyez-v… »

En même temps qu’elle aperçut la silhouette d’une poupée dans le dos de Reine, elle sombra dans l’inconscience.

Partie 9[edit]

« …Uh ! Vice-commandant. Dans la zone au nord de l’île d’Arubi, une terrible tempête s’est manifestée ! »

C’était la voix de <Deep love> Minowa qui accompagna l’alarme qui résonnait sur le pont du <Fraxinus>, vaisseau qui flottait au-dessus de l’île d’Arubi.

« Une tempête… apparue ? »

Kannazuki, qui se tenait à côté du siège du capitaine, caressa délicatement son menton d’un air dubitatif. Le vent est relatif à l’écoulement de l’air.

Normalement, ce n’est pas quelque chose qui débute aussi soudainement.

« Avons-nous un quelconque contact avec l’Officier Analyste Reine ? »

« Aucun ! »

  • Fumu*, Kannazuki grommela, elle était supposée les contacter en cas de problème.

« Essayez, s’il vous plait, d’ouvrir tout de suite un canal de communication. Ça ira même si c’est rien de grave. »

« Roger ! »

Néanmoins, le membre d’équipage, qui commença à s’exécuter sur sa console, s’exprima immédiatement :

« La connexion… ne fonctionne pas. J’ai bien peur que quelque chose bloque les communications ! »

« Fumu ? »

Kannazuki sourcilla. Même en essayant d’ouvrir le canal de communication de ce côté, la source du blocage restait inconnue, qu’est-ce qui…

Mais sa décision fut très rapide. Sans même attendre quelques secondes, il donna des ordres à l’équipage.

« Il n’y a pas de choix, c’est un peu dangereux mais, envoyons le personnel de communication directement sur le terrain. Après être descendus à une altitude de 1000 mètres, transférez une équipe dans le bloc nord de l’île d’Arubi et poursuivez la communication par le biais du <Yggd. Folium>. Suite à quoi, confirmez la sécurité de l’Officier Analyste Murasame Reine, de Shidou-kun et de Tohka-kun. »

« Roger ! »

Suivant les ordres, l’équipage s’exécuta.

Ce faisant, un léger bruit de déplacement parcouru le pont, puis leurs corps sentirent une légère sensation de flottement similaire à celle ressentie dans un ascenseur.

Sans même prendre quelques minutes, le <Fraxinus> passa de 15000 mètres au-dessus de l’île d’Arubi à 1000 mètres.

« Nous sommes arrivés sur objectif. Il n’y a aucune réaction de la part du Territory permanent. »

Le <Fraxinus> dispose de 8 unités Control Realizer ainsi que 10 Realizer de type basiques, normalement le vaisseau était entourait d’un Territory.

C’est ce Territory qui manipule les rayons de lumière rendant son importante masse invisible. Et non seulement ça, il gère également une esquive automatique des avions et des oiseaux entrant en contact avec lui.

Mais, pendant les transferts de matériel et de personnel au sol, par le biais du téléporteur qui se trouvait dans la section inférieur du vaisseau, ou lorsque l’unité indépendante <Yggd. Folium> équipée à l’arrière du vaisseau s’activait, l’invisibilité pouvait s’interrompre quelques secondes.

De fait, lorsque le <Fraxinus> active <l’Yggd. Folium> et engage des relais de communications à basse altitude, il doit se montrer très prudent et utiliser les radars afin de remarquer la présence d’avions qu’il lui faudrait esquiver.

« Ok. Eh bien, activons le <Yggd. Folium> »

« Roger. »

Suivant les instructions de Kannazuki, le mur invisible qui englobait le <Fraxinus> disparut.


De même, à une altitude de 1000 mètres dans le ciel de l’île d’Arubi…

A l’intérieur du vaisseau de DEM long de 500 mètres, <l’Arbatel>, les voix de l’équipage s’élevèrent.

« … ! Capitaine ! Il y a quelque chose qui est apparu sur nos radars ! »

«  Un avion ? »

« Non… un vaisseau ! »

« … Qu’est-ce que tu viens de dire ? »

L’image du ciel s’afficha sur l’écran principal alors que Paddington sourcilla et s’assit dans le siège du capitaine.

Ce n’était pas un avion mais indubitablement un vaisseau. Derrière le vaisseau en forme de lame, il y avait de petits objets semblables à des dissipateurs thermiques qui étaient accrochés ; cela faisait penser à un arbre géant.

« D’où est-il donc apparu ? »

« Ces données sont apparues soudainement. Très probablement… qu’un mode d’invisibilité a été activé. »

« Qu’est-ce que tu as dit ? Quel est le numéro d’identification ? »

« Inconnu. Nous ne pouvons pas confirmer que le modèle du vaisseau ne soit pas issu des Industries DEM. »

Paddington eut une expression sombre et se frotta la barbe.

« Un vaisseau qui est équipé d’un Invisible… ? Impossible. La capacité de devenir invisible avec un Territory n’a été découverte que récemment par les Industries DEM. »

En effet, Invisible était le dernier Realizer à avoir été achevé par les Industries DEM, la série beta de <l’Ashcroft>, et la dernière technologie à avoir été implémentée. Seuls 3 vaisseaux en avaient été récemment équipés et parmi eux <l’Arbatel>.

A cet instant, sur l’écran on pouvait voir l’espèce de dissipateur thermique se détacher de lui-même du vaisseau et flotter dans les airs de façon autonome. Suite à quoi, le vaisseau, dont il était question, s’évanouit à nouveau des cieux comme s’il avait achevé sa mission.

« ! Les données ont disparu ! »

Le membre d’équipage qui observait le radar s’était exprimé de la sorte.

Il n’y avait aucun doute que le vaisseau non identifié venait d’utiliser la fonction Invisible. Sous ses yeux, il avait eu cette confirmation.

Mais, ce genre de choses n’était pas censé exister…

« … Ne me dites pas. »

Paddington ouvrit ses yeux sous l’effet de la surprise. A ce propos, il avait déjà entendu parler de cela auparavant.

Le nom d’une autre organisation qui disposait de Realizer hors des Industries DEM.

« … L’organisation <Ratatoskr>. »

Lorsque Paddington prononça ce mot, les membres d’équipage qui se trouvaient sur le pont retinrent leur souffle.

La seconde branche exécutive de DEM… puisque c’était des personnes affiliées à l’unité des basses œuvres des Industries DEM, ce n’était pas surprenant qu’ils en aient entendu parler.

En effet, Paddington lui-même avait été informé de leur existence… par Isaac Westcott en personne.

Sous prétexte qu’il y avait une organisation en avance technologique sur DEM…

Sous prétexte qu’il y avait un groupe d’excentrique qui avait décidé de résoudre le problème des déchirures spatiales par voie pacifique…

Sous prétexte… que c’était les ennemies de notre DEM…

« Si à tout hasard, vous veniez à les apercevoir… éliminez-les immédiatement. »

Paddington, suite à ces paroles, *hihi**hihi*, se mit à rire.

« Je vois que j’ai de la chance. »

Il se leva et donna un ordre à son équipage.

« Préparez le canon principal ! Dirigez la magie vers les <Ashcroft-Beta> du numéro 10 à 20 ! La cible est… le vaisseau non identifié ! »

« Uh, Capitaine… ce serait mieux de demander des instructions à l’Officier en chef… ? »

Un membre d’équipage s’exprima avec un visage déformé par l’anxiété. Paddington claqua sa langue de façon irritée. Du point de vue de Paddington, est-ce que cela voulait dire que les paroles de cette jeune fille étaient plus importantes que les siennes ?

« Ne vous en occupez pas ! Si l’équipe <Bandersnatch> est là-bas, c’est suffisant pour la mission de l’Officier en chef ! Si la mission se poursuit, il n’y aucune plainte, pas vrai ? »

« Co, compris… »

Comme s’il avait été accablé par la manière de parler de Paddington, le membre d’équipage s’exécuta sur sa console.

Assez rapidement, un bruit de moteur se fit entendre sur le pont et <l’Arbatel> changea de cap.

« Canon : magie totalement chargée ! »

« Cible : la zone où le vaisseau non identifié à disparu ! »

« Invisible désactivée ! Changement des propriétés du Territory en anti-choc ! »

Après confirmation des voix des membres d’équipage, Paddington pointa ses doigts sur l’écran et dit en murmurant :

« … Feu. »


En même temps que le bruit de grondement, le pont du <Fraxinus> fut secoué violemment comme s’il était frappé par un tremblement de terre.

Des sons se firent entendre sur les moniteurs et l’alarme d’urgence résonna bruyamment.

Puis, soudainement, une réponse apparut sur l’écran du radar et, sur le moniteur qui affichait l’image de l’extérieur, un vaisseau géant apparut.

« … ! »

Shiizaki Hinako… un membre de l’équipage de <Ratatoskr>, se couvrit la tête de ses deux mains. Face à l’impact qu’elle n’avait jamais expérimenté auparavant, son mental plongea immédiatement dans la panique.

C’était tout simplement normal. En réalité, une partie de l’équipage qui se trouvait sur le pont affichait le même genre de réaction qu’Hinako.

Il était vrai que le <Fraxinus>, en cas d’urgence, était équipé d’armes de combat.

Lorsqu’ils joignirent <Ratatoskr>, on leur avait bien dit qu’il y avait une chance que de tels combats puissent arriver, ils avaient même reçu des entraînements de combat…

Mais, au final, Hinako n’avait aucune expérience en combat réel jusqu’à maintenant.

« … Ecran du flanc gauche du Territory… réduit de 20% ! »

« Le Basic Realizer AR-008 numéro 30 a perdu sa puissance de sortie ! »

« Les dégâts du vaisseau sont mineurs ! Mais, qu’est-ce qui se passe ici… ? »

Les voix sur des membres d’équipage sur les ponts s’élevèrent et se mélangèrent. »

« Qu, Qu’est-ce que c’était… ?! »

Après qu’Hinako se soit exprimée d’une voix perçante, Kannazuki, qui se trouvait à côté du siège du capitaine, *fumu*, caressa son menton de sa main. Malgré la violence de l’impact, il n’avait pas du tout été chambulé.

« Fumu, il semblerait que nous ayons été attaqués. Mais pour qu’ils aient pu s’approcher si près et que nos radars ne les aient pas détectés, ça signifie… que l’autre camp utilise aussi Invisible. Huh ! C’est bizarre… Cette technologie devrait être impossible pour des Realizer autres que ceux de nos Industries Asgard… »

« Source de chaleur confirmée ! Une seconde attaque est en cours ! »

« Oops… Désactivez Invisible ainsi que Esquive. Transférez, s’il vous plait, toute la magie générée par le Basic Realizer sur le Protect Realizer. »

« Ro, Roger ! »

Accompagnant les cris des membres d’équipage, les propriétés du Territory déployé autour de <Fraxinus> changèrent du mode Invisible à Protect.

En un instant, le choc à l’intérieur du pont frappa à nouveau.

« Kuh… Ce pouvoir malgré la barrière protectrice… ?! »

C’était Kawagoe, qui était assis sur le pont inférieur, qui avait grommelé tout en sourcillant. Tout comme il l’avait dit, c’était un impact qui donnait l’impression que la magie de l’effet du camouflage n’avait pas été transférée à la barrière protectrice.

« Porter une attaque si directe, il semblerait qu’ils aient confiance dans les capacités de leur vaisseau. Hnnn… c’est super, ça me fait trembler. Aahh, donnez m’en plus ! »

« … »

… Comme prévu, cette personne était un cas désespéré. Hinako entrouvrit ses yeux et s’attela à la console à portée de main.

Le vaisseau risquait de sombrer si ça continuait ainsi. Elle ouvrit une ligne secrète et procéda à un appel d’urgence.

Rapidement, le Commandant Itsuka Kotori apparut à l’écran.

« … Shiizaki ? Qu’est-ce qui se passe pour que tu utilises la ligne secrète ? Qu’est-ce qui s’est passé, bordel ? »

« C’est une urgence ! Je vous en prie Commandant, prenez les commandes ! »

Hinako prononça ces mots comme si un désastre était en approche, le visage de Kotori devint grave.

« Ne me dis pas que Kannazuki a pris un choix étrange dans la liste et qu’il a rendu l’humeur de Tohka pire encore ? »

« Non, c’est bien plus sérieux. Si ça continue… »

« Comme je le disais, qu’est-ce qui s’est passé ?! Uh, ne me dis pas que Kannazuki y est allé directement, qu’il a fait irruption dans le voyage scolaire et qu’il a fait un strip-tease en face de Tohka et de Shidou ?! »

Kotori prononça ces mots horrifiée. *Bun**Bun*, Hinako secoua la tête.

« Non, c’est pas ça, c’est un ennemi… ! Un vaisseau non identifié est apparu et nous attaque actuellement ! A ce rythme, le <Fraxinus> va… »

Hinako prononça ces derniers mots désespérément à l’intention d’elle-même. C’était tout simplement normal puisque sa vie en dépendait.

Mais, au moment où Kotori entendit les paroles d’Hinako, elle ferma à moitié les yeux comme si elle avait perdu tout intérêt.

« Oh… c’est à propos de ça… »

Sur ces mots, elle soupira.

« Je pensais vraiment que cet idiot était allé sur place et avait fait quelque chose de stupide. Ne me fais pas peur comme ça ! »

« Je… A propos de ça… c’est un sérieux problème pour le vaisseau, vous savez… ?! »

Lorsqu’elle cria de la sorte, Kotori étendit ses mains comme pour arrêter Hinako.

« C’est bon, tu n’as pas besoin de t’inquiéter autant. »

« Co, comment pouvez-vous être aussi calme… ? »

Hinako venait d’exprimer ses sentiments de désespoir. Kotori leva ses épaules et répondit :

« … C’est parce qu’actuellement vous avez Kannazuki, tu sais ? »



Chapitre 5 : La Lumière qui Divise le Vent[edit]

Partie 1[edit]

La forêt qui séparait la partie sud des immeubles de la partie nord de l’île d’Arubi était frappée par un violent ouragan.

Les feuilles et les branches vertes en bonne santé, qui étaient apparues en même temps que l’été, étaient à présent soufflées, déchirées en mille morceaux et projetées dans les airs, elles tournoyaient comme si elles avaient été jetées dans un mixer. Les arbustes étaient déracinés et projetés dans les environs tels des balles de fusil.

C’était exactement ce qu’impliquait le passage d’un berserker révolté : l’incarnation de la violence sans raison était tout ce qu’on pouvait y voir.

Qui en ce monde pouvait imaginer un tel dénouement ?

La principale raison de cette tempête était le terrible affrontement entre deux jeunes filles.


« … J’y ai pensé auparavant ! Tu gardes ça sur le cœur sans jamais en avoir parlé à personne. »

C’est ce que Kaguya cria alors qu’elle dressa sa lance géante vers l'avant, la pointe de celle-ci tournait à vive allure telle une perceuse tout en provoquant une terrible tornade autour d’elle. Elle la pointa vers Yuzuru comme si elle allait tout balayer avec cette tornade.

« Objection. Ces paroles, Yuzuru te les renvoie, Kaguya, avec en prime un cadeau emballé de façon excessive et avec une carte et un ruban accroché dessus… ! »

Même si Yuzuru était menacée par cette déferlante de vents destructeurs, elle était extrêmement calme et exécuta des mouvements complexes de la main gauche. Ce faisant, le pendule qu’elle portait se tortilla autour d’elle comme s’il avait sa volonté propre et forma un cercle magique devant Yuzuru. Après avoir aisément bloqué la tornade qui avait été projetée par Kaguya, le pendule revint à son état de corde inerte. L’instant d’après, il se remit à tourner autour du corps de Yuzuru.

« Tu es trop gentille ! Puisque je suis prête à te remettre le contrôle de la personnalité principale, tu devrais juste tranquillement l’accepter ! »

« Rejet. Depuis le départ, Yuzuru n’a jamais eu l’intention d’être la personnalité principale. »

« … Combien d’épreuves crois-tu que j’ai endurées pour perdre habilement nos duels jusqu’à maintenant ?! »

« Objection. C’est valable pour Yuzuru également. Même si Yuzuru a réussi à perdre des points, ce n’est pas qu’une fois ou deux que Kaguya l’a irrité en ne contre-attaquant pas. »

« Yamai est le roi des tempêtes qui ravage toute création ! N’es-tu pas la seule capable de l’être ?! »

« Refus. C’est une erreur. Le vrai nom de Yamai doit être porté par Kaguya. »

« Uh, quand bien même tu voles plus vite que moi ?! »

« Kaguya a bien plus de pouvoirs que Yuzuru. »

« Quand bien même tu as plus de classe que moi ?! »

« Kaguya a une peau plus jolie. »

« Quand bien même tu es la plus mignonne ?! »

« Objection. Yuzuru ne peut accepter ces propos. C’est évident que Kaguya est plus mignonne que Yuzuru. »

Tout en échangeant des paroles qui pouvaient avoir l’air ou non d’une dispute, la lance de Kaguya, qui tournait à vive allure, et le pendule de Yuzuru, qui avait tant bien que mal adopté le style d’une épée, s’entrechoquèrent. Leur puissance était parfaitement égale. Au moment de l’impact, les bourrasques aux alentours s’emballèrent et frappèrent Shidou.

« Kuh… ! »

Shidou inclina son corps tout en soutenant Tohka et il parvint, d’une manière ou d’une autre, à y résister.

Si son corps n'avait pas bénéficié de la protection des Esprits, il aurait déjà été emporté à ce stade-là. Il y a une chose dont il était particulièrement sûr concernant ce combat… pour le dire plus clairement, les conséquences en coulisse, qu’il entraînerait, seraient catastrophiques.

A chaque fois que ces deux Anges s’entrechoquaient, un déchaînement de violence s’en dégageait et les objets aux alentours étaient déracinés et emportés.

Shidou secoua sa tête comme pour en faire sortir ces pensées, puis, en résistant tant bien que mal aux vents et en relevant sa position, il fixa les deux filles.

« Pourquoi…. ? »

Kaguya voulait que Yuzuru vive, Yuzuru voulais que Kaguya vive.

Toutes les deux pensaient à la même chose.

C’est-à-dire… pour le salut de l’autre, l’une d’entre elle devait sacrifier sa vie.

Mais, malgré tout, pourquoi...

« Pourquoi… les choses ont-elles tournées comme ça… ?! »

Shidou cria, mais sa voix fut étouffée dans sa propre gorge.

« Arrêtez ! Toutes les deux ! Est-ce que vous ne vous aimez pas énormément l’une l’autre ?! »

Cria-t-il, mais il n’y eut aucune réaction d’un côté comme de l’autre.

Que ce fut parce que le son de la voix de Shidou s’évanouit dans la tempête, ou alors parce que toutes les deux ne pouvaient qu'entendre, au sein de leur bulle, leurs attaques et défenses mutuelles, ou encore… En tout cas, elles n’ignoraient. Bien qu’il n’arrivait pas à distinguer qui était qui, mais il était certain que leur intense combat se poursuivait.

« Guh… »

Il était trop puissant, Shidou se couvrit le visage avec ses mains tout en serrant les dents.

Puis…

« Shidou ! Attention ! Il y a quelque chose là ! »

C’était la voix de Tohka à ses côtés qui l’avait prévenu et qui l’avait fait hausser les épaules.

Il regarda aux alentours… et leva ses sourcils.

« Que… »

Pendant les quelques brèves secondes où Shidou était parvenu à suivre du regard Kaguya et Yuruzu, dix formes humanoïdes s’étaient dressées-là comme pour l’entourer lui et Tohka.

Non… faux. Leurs corps avaient des jambes et des têtes similaires à des humains, mais leurs apparences étaient manifestement différentes de ceux-ci.

Ils avaient des corps minces et des têtes lisses comme s’il s’agissait de casques, ils avaient également des jambes avec des articulations opposées à celles des humains ordinaires. Ils se tenaient fermement au sol. A l’opposé de tout cela, leurs bras étaient larges, ce qui leur donnait d’une certaine façon une allure de déséquilibre.

En outre, ils portaient des armures métalliques polies et lisses comme du verre.

Et, enfin, il put voir sur certaines parties de leurs corps des sortes de CR-Unit.

« Qu, qu’est-ce… c’est que ces types ?! »

Toujours en position courbée, il ressentit en lui comme un mystérieux et inconnu sentiment de peur ayant pour origine le groupe de poupées qui se rapprochaient de plus en plus. Shidou lâcha d’une voix qui semblait être un grognement :

« DD-007<Bandersnatch>… même si je vous dis ça, vous ne comprenez toujours pas ? »

La réponse fut une voix semblable à un cri, une jeune femme s’avança de l’arrière des rangs des poupées…

… c’était l’assistance cameraman, Ellen Mathers.

« Ellen…san ? »

« Nu, tu es… »

Face aux voix de Tohka et de Shidou, qui s’élevèrent en même temps, Ellen acquiesça de manière exagérée.

« Tu es enfin sortie dans un endroit isolé, Tohka-san. Il semblerait qu’il y ait une personne inutile ici, mais bon… s’il n’y a que lui, je suppose que ça ira. »

Sur ces mots, elle fixa Shidou et pouffa de manière désintéressée.

« Néanmoins, je suis surprise. De penser que ces deux étaient des Esprits… et, en plus, il s’agissait de la cible primaire, le <Berserk>. Il semblerait qu’elles soient une bonne compensation pour tout cet ensemble de malheurs. »

« Que… »

Il sourcilla involontairement… à l’instant, cette fille venait d’appeler Kaguya et Yuzuru <Berserk>.

« Tu… mais qui diable es-tu ? Ne me dis pas que tu es de l’AST… ?! »

« Houu… ! »

Lorsque Shidou s’écria plein de haine, Ellen sourcilla comme si c’était la première fois qu’elle le trouvait intéressant.

« Tu connais l’unité Anti-Spirit du JGSDF, huh… Mais, c’est tout. »

Sur ces mots, elle baissa la main, suite à quoi, les poupées désignées sous le nom de <Bandersnatch> se baissèrent toutes d'un coup et sautèrent en direction de Shidou et de Tohka.

« Kuh... »

Immédiatement, Shidou haleta de façon instinctive et ferma les yeux.

Mais, même après que quelques secondes se soient écoulées, il n'y eut aucun impact sur son corps.

Il rouvrit les yeux lentement en pensant que c'était étrange et, juste là, il y avait…

« Mu… est-ce que tu vas bien, Shidou ? »

Juste-là se tenait Tohka qui avait manifesté une version limitée de sa Tenue Astrale par-dessus son yukata, elle tenait entre ses mains l'épée lumineuse <Sandalphon>. Vraisemblablement, au moment où les <Bandersnatch> leur avaient bondis dessus, elle avait brisé le limiteur de mana et avait dévié l'attaque par le biais de <Sandalphon>.

A la vue de l'état de Tohka, Ellen ouvrit grand les yeux et parut excitée :

« … <Princesse>. Comme prévu, il s'agit bel et bien de la vraie. »

« Uh, même le nom de code de Tohka... »


Shidou sourcilla. Même s'il devait arrêter Kaguya et Yuzuru aussi vite que possible, il devait également gérer l'apparition devant eux d'un ennemi mystérieux et inconnu.

Mais, Ellen, comme si elle n'était pas du tout préoccupée par les pensées qui agitaient Shidou, tendit ses mains en direction de Tohka comme si elle cherchait à l'atteindre.

« Tohka-san. Voudrais-tu bien venir avec moi ? Je te promets le meilleur des traitements. »

« … Ne raconte pas de conneries ! »

Tout en répondant de la sorte, elle dirigea la pointe de <Sandalphon> vers Ellen.

« O, oi, Tohka, est-ce que utiliser <Sandalphon> contre un simple humain n'est pas trop... »

« Faux. »

« Eh… ? »

Après avoir répondu à la question de Shidou, Tohka, le visage couvert de nervosité, poursuivit son explication en continuant de fixer Ellen :

« Je l'ai remarqué lors de notre première rencontre… cette femme… j'ai un mauvais pressentiment à son propos. Ouais… j'ai ressenti une aura comme celle de l'AST, mais extrêmement plus sombre. »

Comme pour s'accorder aux dires de Tohka, le visage d'Ellen, pour la première fois, afficha une sorte de sourire alors que les bords de ses lèvres se levèrent.

« Une remarque intéressante. »

Sur ces mots, Ellen écarta tranquillement ses mains comme pour provoquer Tohka.

Ce faisant, une pâle lueur la recouvrit immédiatement et, l'instant d'après, son corps se retrouva équipé d'une combinaison high-tech et d'une CR-Unit.

Sa combinaison avait une apparence différente de celles de l'AST. Elle couvrait la majeure partie de son corps et ses composants avait l'allure d'une armure mécanique. Elle avait également une sorte d'épée géante dans son dos, équipement qui attira spécifiquement l'attention de Shidou.

« Que… ?! »

« … Equipe <Bandersnatch>, restez à votre place pour le moment. Je veux tester à quel point la <Princesse> dont j'ai entendu parler est forte. »

Elle dégaina l'épée qu'elle portait dans son dos de sa main droite et une lame de lumière se manifesta sur sa structure.

Comme pour inviter Tohka, *Gui*, elle la désigna de la main gauche et plia ses doigts.

« Ne me prends pas de haut… ! »

Tout en s'écriant de la sorte, Tohka frappa le sol et se dirigea vers Ellen. En même temps, elle leva <Sandalphon> et l'abaissa sur la tête d'Ellen avec une vitesse qui ne pouvait être perçue par un œil normal.

Mais… Ellen l'arrêta facilement à l'aide de l'épée qu'elle tenait en main.

« Oh, c'est tout ? »

« Kuh… ! »

Laissant échapper cette exclamation angoissée, Tohka agita <Sandalphon> sans interruption.

Néanmoins, toutes les attaques furent parées, l'unité d'Ellen n'eut même pas une égratignure.

« Haaah ! »

« …. »

Après avoir arrêté l'épée de nombreuses fois, Ellen lâcha un petit soupir.

« … C'est tout ce que tu as, <Princesse> ? »

« Que...Qu'est-ce que tu viens de dire ?! »

« J'ai même pris la peine d'équiper <Pendragon>, mais… il semblerait que c'était inutile. Quelle déception ! Finissons-en ! »

Sur ces mots, Ellen abattit l'épée laser géante sur Tohka.

« Kuh... »

Tohka apprêta <Sandalphon> pour se défendre contre cette attaque, mais…

« Eh… ? »

L'instant d'après, des exclamations abasourdies s'échappèrent simultanément des gorges de Tohka et de Shidou.

C'était tout bonnement normal, puisque, à l'instant où Tohka para l'épée d'Ellen à l'aide de <Sandalphon>, cette dernière vola en éclats.

« Qu'est-ce… que... »

Après un moment d'anxiété, l'attaque d'Ellen projeta aisément le corps frêle de Tohka en arrière.

« Kuaah… ! »

Le corps de Tohka rebondit au sol plusieurs fois et finit par tomber face contre terre. De même, en retard d'un temps, <Sandalphon>, brisée et projetée en l'air, se métamorphosa en particules de lumière qui se répandirent dans l'atmosphère.

« To, Tohka ! »

Après que Shidou se fut ecrié de la sorte, il essaya de se rapprocher d'elle. Mais… dans sa direction, deux <Bandersnatch> apparurent et l'empêchèrent de s'y rendre. Plusieurs <Bandersnatch> commencèrent à se rendre vers Tohka.

« Quel trouble-fête ! S'il vous plaît, assommez-la rapidement et emportez-la sur <l'Arbatel>. »

Sur ces mots, Ellen claque des doigts et l'armure qu'elle portait disparut soudainement.

Suite à quoi, comme si elle avait perdu tout intérêt pour Tohka, *pui*, elle détourna son regard et croisa les bras.

Mais, la situation ne changea pas. Tohka, toujours étendue face contre terre, ne bougeait pas, ses bras furent saisis par deux <Bandersnatch>, l'un à gauche et l'autre à droite, alors que son corps fut tout simplement traîné. Alors que Shidou réflechissait, une autre poupée s'avança droit vers cette Tohka mollassonne, et referma sa main griffue sur son front.

« Gu...aaa…. »

Tohka s'écria douloureusement tout en se tortillant.

« Tohka ! Qu'est-ce que vous faites, bâtards ?! Merde, allez vous faire voir ! »

Bien qu'il cria, les poupées, qui se tenaient en face de lui afin de lui bloquer la voie, ne bougèrent pas d'un pouce. Pendant ce temps, une voix perçante, qui parut à la fois douloureuse et angoissée, s'extirpa de la gorge de Tohka.

« Tohka… ! »

Cria Shidou.

Un quantité absurde de puissance et de désespoir envahit sa tête.

Au final, il ne pouvait rien faire.

Que ce soit arrêter Kaguya et Yuzuru, ou encore sauver Tohka de cette situation…

La capacité à sceller qu'il détenait lui était actuellement inutile.

La seule chose qui lui restait était sa capacité de régénération qu'il avait empruntée à Kotori et la protection Spirituelle qu'il détenait de par Tohka et les autres.

… Ou tout du moins, une de plus. Si seulement, il avait le pouvoir de couper cette poupée en morceaux de part et d'autres.

Pour une quelconque raison, le visage de… Kurumi, le plus terrible de tous les Esprits, celles qui tuait des humains de son plein gré, lui passa par la tête.

La sensation qu'il avait eu cette fois-là était l'impuissance, la sensation de ne pas pouvoir faire quoi que ce soit. Et, au final… le désespoir de n'avoir pas été capable de sauver Kurumi s'agitait en lui.

… Non, pas encore. Je ne veux pas retomber là-dedans de nouveau.

Shidou entendit des sortes de bruits de claquement à l’intérieur de sa tête.

Je m'en fiche si c'est une chance unique dans une vie. Je m'en fiche si je ne pourrais le faire qu'une fois...

...en cet instant précis, dans ces mains, si j'ai le pouvoir de sauver Tohka… !

« Tohkaaaaaaaaaaa…. ! »

A cet instant… Shidou, tout naturellement, leva sa main droite en l'air.

Et…

« Eh… ? »

Tout en laissant échapper cette voix abasourdie, il abaissa la main, qu'il venait de lever, et le haut du corps du <Bandersnatch>, qui se trouvait devant lui et lui bloquait la route, disparut proprement.

Quant à un autre <Bandersnatch> qui se trouvait droit devant… celui qui retenait la main de Tohka, sa tête glissa de façon diagonale sur son cou.

« *teuh*… *teuh*… »

Suite à quoi, puisqu'elle était traînée, Tohka tomba évanouie au sol.

« C'est... »

Shidou considéra tout cela de façon incroyable, il regarda sa main droite.

Dans celle-ci, il ...


… tenait une épée scintillant de lumière.

Partie 2[edit]

« Activez le Protect Territory à 1 heure, coordonnées 132-50-39. Rayon 255-246. »

« Ro, roger. Protect Territory activé ; cordonnées de la zone 132-50-39. Rayon 255-246. »

Tout en répétant les instructions de Kannazuki, <Deep Love> Minowa pianota furieusement sur son clavier.

Ce faisant, le Territory disposé autour du <Fraxinus> se transforma, il se concentra sous la forme d'un mur invisible dans la direction et au rayon indiqué par Kannazuki.

L'instant d'après, à cet endroit précis, le rayon de mana du canon impacta. Quand bien même une intense lumière enveloppa le périscope projetant l'image extérieur du vaisseau, il n'y eut qu'un petit tremblement sur le pont.

« ... »

Tous les membres de l'équipage du <Fraxinus> eurent leur souffle coupé simultanément.

Le Protect Territory, comme son nom l'indiquait, est un type de territory déployé dans le but d'encaisser les attaques dans une zone précise. En fait, plus son rayon est étendu moins il est efficace, mais, s'il est concentré et disposé pile à la bonne taille, sa force est remarquablement accrue.

A l'instant, les instructions de Kannazuki avaient été d'un niveau au-delà, c'était une méthode où un Territory de la taille d'un mur était condensé en un point spécifique.

Naturellement, la force du Territory s'en était trouvé incroyablement accrue. Le résultat avait été expérimenté par tous les membres de l'équipage.

Mais, c'était une épée à double tranchant extrêmement dangereuse pour la simple raison que si le Territory était déployé sur une zone limitée, alors les autres zones étaient complètement sans défense.

« … Suivant ! La même direction, assignez un Protect Territory avec un rayon 50.69. »

« Cinq... cinquante point soixante-neuf… ?! »

« S'il vous plaît, dépêchez-vous, si vous ne le faites pas nous allons mourir… Aah, mais c'est vrai que j'ai toujours voulu expérimenter la douleur d'une expérience de mort imminente. Je ne sais plus que fai... »

« Protect Territory assigné, rayon 50.69 ! »

En plein milieu de la phrase de Kannazuki, le Territory fut dressé à l'endroit indiqué. Sur un Territory au rayon très réduit, un tir encore plus puissant du canon à Mana fut tiré.

Clairement, c'était une attaque qui aurait endommagé le corps principal du vaisseau si le Territory était resté dans les configurations précédentes. C'est pourquoi Kannazuki avait demandé un rayon plus petit, comme s'il l'avait prédit.

Qui plus est, ça n'avait pas été qu'une seule fois, mais deux fois.

Après le premier tir du canon à mana, il y eut encore 12 tirs et tous furent proprement anticipés par Kannazuki Kyouhei.

C'est vrai qu'il n'y avait qu'un seul ennemi, la direction d'attaque pouvait plus ou moins être estimée, suivant cette réflexion ce n'était probablement pas impossible, mais…

« Eh bien, j'ai commencé à plus ou moins saisir le rythme. En réalité, j'aimerais bien être tortu… attaqué un peu plus, mais je ne peux pas subir davantage de dégâts en étant sous le commandement de l'abre-monde d'Itsuka.»

Après que Kannazuki ait soudainement levé ses bras comme pour attirer l'attention de tout le monde, il jeta un regard au vaisseau ennemi qui était affiché sur l'écran principal.

« … Préparez le canon-mana de convergence, le <Mystletainn>. »

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« Pourquoi n'est-il pas touché ?! »

Paddington frappa l'accoudoir du siège du capitaine de son poing serré tout en exprimant un grognement de colère.

Même si les canons à mana avaient frappé à plusieurs reprises, le vaisseau de <Ratatoskr> était toujours-là, flottant dans le ciel.

En plus, lors de leur défense, il n'avait pas entrepris de manœuvre évasives, il s'était contenté de rester à leur place en se protégeant des attaques du canon.

Oui… c'était comme s'il se moquait de <l'Arbatel>.

« Au... au moment de l'impact... c'était comme si un Protect Territory avait été déployé à l'endroit précis de l'impact ! »

« Ne te fous pas de moi ! Comment quelqu'un serait-il capable de faire ça ?! »

« Mais, mais... »

Alors que le membre d'équipage allait dire quelque chose, l'alarme sur le pont se mit à sonner.

« Source de chaleur confirmée ! Le vaisseau ennemi concentre du mana dans son canon principal qui est situé à l'avant de sa coque ! »

« Kuh… Tournez à tribord 1-0-4 ! Transférez tous le mana dans le Protect Territory ! »

« Roger. Tribord 1-0-4. »

Suivant les ordres de Paddington, <l'Arbatel> déplaça sa masse imposante.

L'instant d'après, alors qu'il réfléchissait, une lumière éblouissante apparut sur l'avant du vaisseau ennemi et un intense torrent de mana en jaillit.

Il perça le Territory de <l'Arbatel>, qui avait dévié sa trajectoire, et poursuivit sa course le long de la coque du vaisseau jusqu'à se perdre dans le ciel, non sans avoir creusé un trou dans les nuages. Un violent tremblement se produisit sur le pont de celui-ci.

« Merde… Merde, merde, meeeerde ! »

Après que Paddington s'éclaircit la voix, il donna l'ordre suivant :

« Passez la puissance de tous les réacteurs de <l'Ash Croft-beta> à 50, son maximum ! Après avoir réduit la distance du Territory à 3 mètres de la coque, tournez à bâbord ! Pleine vitesse ! Direction le Territory du vaisseau ennemi ! »

« Ro, roger… ! »

Partie 3[edit]

« Aah ~ Aah ~ Origami est vacances actuellement sur une île au sud. Je suis si jalouse...»

Dans une partie du hangar du JSDF de la garnison de la ville de Tenguu, Mily pianotait sur une mince tablette tout en s'éventant et en marmonnant.

« Active tes mains au lieu de ta bouche ! »

Alors que Ryouko soupira comme si elle abandonnait, elle tira sur les lunettes que Mily portait sur son front et relâcha rapidement. *Bam*, un tel impact se fit entendre sur le front de Mily qui tomba à la renverse.

« Ouch ! C'est… c'était pour quoi ça ?! »

« Là, le prochain c'est ça ! Je vais finir par l'utiliser, donc dépêche-toi ! »

Suite à ces mots, elle désigna l'une des unités Combat Realizer qu'elle avait obtenue, des poings américains <Casse-noisettes>. Un câble reliait Mily à un gant métallique qui couvrait son poing et son avant-bras de Ryouko.

C'était un équipement spécialisé en combat rapproché qui permettait à l'utilisateur d'effectuer des attaques de corps-à-corps en recouvrant son poing de mana généré par le Realizer, mais, à cause de la portée extrêmement réduite, il n'y avait pas beaucoup d'utilisateurs de cet équipement au sein-même de l'unité. Pourrait-on même dire que Ryouko était la seule à l'utiliser de son plein gré en guise d'équipement principal.

« Mouu… tu recours à la violence à la moindre occasion. Fais attention à cette tête de mécanicienne... »

Tout en se plaignant, Mily prit les câbles dans sa main et les connecta, puis elle toucha l'écran et commença à régler l'équipement.

« Qu'est-ce que tu dis ? Je suis du genre sérieuse. Le capitaine, lorsque j'ai été engagée à l'AST, était assez dangereuse pour que son souvenir me répugne encore. »

Tout en prononçant ces mots, Ryouko pâlit comme si elle se souvenait de quelque chose d'effrayant. Mily lui faisait face tout en s’exécutant sur la tablette.

« Dangereuse… était-elle si stricte ? »

« Plutôt que stricte, comment dire... ? »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Lorsque Mily posa cette question avec un visage dubitatif, Ryouko poursuivit d'un air troublé.

« Voyons voir… Par exemple, elle nous aurait probablement frappée toutes les deux pour avoir ce genre de conversation inutile. »

« Ouais, ouais. »

« Et aussi, si quelqu'un s'approchait tranquillement du capitaine, et *pon*… mettait les mains sur ses épaules. Si une telle chose arrivait, c'était un avertissement. Pendant toute la journée, tu devais porter une tenue cosplay choisie par le capitaine. Bien sûr, pendant l'entraînement aussi, tu devais la porter par-dessus leur combinaison high-tech. »

« Ehh... »

Mily sourcilla autant qu'elle le put. A cet instant, ses doigts bougèrent de façon désordonnée et il y eut de nombreuses erreurs qui s'affichèrent. Tout en les corrigeant à la hâte, elle répondit à Ryouko.

« Tu, tu veux dire des déguisements ? »

« Oui… et, en plus, ce n'était que le début. Au deuxième avertissement, il y avait une pénalité pour la personne en cosplay : en prime, elle devait marcher sur le capitaine. »

« Heh ? Vous deviez marcher sur le capitaine-san ? »

« Oui. Les membres qui recevaient cette pénalité devaient marcher sur le capitaine. »

Les joues de Mily convulsèrent alors que des gouttes de sueur perlèrent son front.

« Pourquoi ça ? »

«  Je me demande… mais, eh bien, tout le monde était systématiquement dégoûté. »

« Err, et donc, qu'est-ce qui se passait au troisième avertissement ? »

« … Tu veux vraiment savoir ? »

Percevant une expression grave exulter de Ryouko, *swing**swing*, Mily secoua la tête.

« Ce, ce capitaine avait une telle personnalité... »

« … Eh bien, je suppose. Il y avait une chance d'y échapper par le biais d'un filtre de superbes mots de politesse, probablement que seules quelques rares personnes disposaient de la possibilité de former ce genre d'expression d'euphémisme. »

« Hahaha... »

Face à Ryouko, qui utilisait généralement une sale manière de parler, involontairement, Mily eut un sourire sec.

Mais, « comment ? », Ryouko continua son explication :

« C'est vrai que cette personne était une incroyable perverse, mais… ses compétences étaient bien réelles. Sans blagues, avec un Realizer, elle était d'un niveau complètement différent des autres membres. Il n'y avait aucun doute qu'elle soit un vétéran de l'AST. »

« Hahaha, vraiment ? Err, donc, pourquoi est-ce qu'elle n'est pas là actuellement ? Est-ce qu'elle était si forte que les supérieurs voulaient la garder à l’œil ? »

Lorsque Mily posa ces questions, Ryouko sourcilla comme si elle était déroutée.

« C'est… Je ne sais pas vraiment. Un jour, soudainement, elle a dit : 'Je, je dois partir chercher un maître convenable que je puisse servir ! Aah, pardonnez-moi, mes sœurs d'armes ! Ne m'arrêtez pas, mes compagnons ! A une prochaine, mes amies jurées !'. Elle a dit quelque chose comme ça et a disparu. Juste au cas où, elle a laissé un léger souhait de réintégration avant de prendre un registre... »

Sur ces mots, elle leva les épaules.

« Sérieusement… Je me demande ce qu'elle fait actuellement ? »

Partie 4[edit]

« <Mystelainn > a été esquivé…! »

« Oyah, j'ai raté, huh. Mmm, il semblerait en effet que je suis mauvais en attaque. »

Lorsque Kannazuki prononça ces mots sur le ton de la plaisanterie, les membres de l'équipage eurent tous un sourire crispé et impuissant.

« … Le vaisseau ennemi se dirige toujours vers nous ! »

« Je vois, il veut directement défoncer notre Realizer. »

Une bataille entre vaisseaux équipés de Realizer, si elle est bien menée, est remportée par le premier qui fait tomber le Territory adverse.

*Fumu*, Kannazuki soupira avant de dire à haute voix :

« Dérivez tous les Basic Realizer aux moteurs auxiliaires. Transférez tous le mana généré au Territory. En même temps, réduisez le rayon de la zone d'effet, amenez-le à 2 mètres de la coque du vaisseau. »

« Roger, AR-008 à tous les postes du 1 au 10, moteurs auxiliaires activés. »

« Aah, et le Control Realizer… s'il vous plaît, laissez-en un avec ce qu'il reste de mana généré. »

« Rog...eh ? »

Le membre d'équipage, qui répétait fidèlement les ordres de Kannazuki, interrompit sa phrase.

Mais, ce devait être une réaction tout ce qu'il y avait de plus normale.

Le <Fraxinus> était équipé et divisé en 2 types de Realizer. Le Basic Realizer dont le rôle est de générer du mana pour l'utilisation du canon et du Territory, et le Control Realizer dont le rôle est de contrôler le Basic Realizer.

Aussi longtemps que le Control Realizer reste affecté au Realizer, bien qu'il soit inefficace, il demeure possible de générer du mana par le biais du Basic Territory. C'est évident qu'arrêter le vaisseau ennemi en approche demande de produire beaucoup de mana, ce genre de méthode était probablement la seule solution possible.

Néanmoins, abandonner une grande portion du Control Realizer était comme retirer un processeur d'un ordinateur. Même s'il devenait possible de générer de grande quantité de mana, il y avait un risque qu'il ne puisse être affecté au Realizer.

Kannazuki grommela comme s'il pensait que c'était normal que l'équipage soit inquiet, il prit un casque noir de derrière le siège du capitaine et le mit sur sa tête.

« … Ça va aller. S'il s'agit de remplacer le Control Realizer, ça ira. »

Tout en s'exprimant de la sorte, il pointa de ses doigts sa tête.

« Eh ? »

« Gardons les explications pour plus tard. Si vous ne voulez pas que le <Fraxinus> soit détruit, suivez, s'il vous plaît, mes instructions. »

« Uh… Roger… ! Control Realizer… machine numéro 2 à numéro 8, passez en mode génération de mana ! »

Après que les membres d'équipage se soient attelés à leurs consoles, en un instant, le Territory qui entourait le <Fraxinus> disparut.

… Et, il se restaura immédiatement après.

« Im, Impossible ! »

« Vice-commandant, qu'est-ce que vous avez foutu ? »

« Quoi ? Les Basic ne sont pas différents des combinaisons de l'AST. Elles utilisent leurs propres ondes cérébrales pour contrôler le mana généré par le Realizer, n'est-ce pas ? »

« Contrôler… Le Control Realizer qui équipe le vaisseau est 7 fois supérieur à ceux-là, vous savez ?! »

« Les explications pour plus tard. Ils arrivent. »

En même temps que les mots de Kannazuki, l'alarme du pont se mit à sonner.


« Vaisseau ennemi, le Territory de sortie est en hausse »

« Fuun… allez-vous passer à l'attaque ? Grâce à cet <Arbatel> ? »

« Entrez en collision avec le Territory ! Préparez-vous, s'il vous plaît, pour l'impact ! »

En même temps que les cris de l'équipage, le pont de <l'Arbatel> était secouait comme s'il y avait un tremblement de terre.

« Kuuh, activez le Territory de zone ! Concentrez-le sur la zone de contact avec le vaisseau ennemi ! Nous allons les abattre d'un seul coup ! »

« Roger ! Territory de zone activé ! »

Le membre d'équipage s’exécuta et le Territory déployé autour de la coque du vaisseau se dirigea dans la direction de l'ennemi. Ce dernier n'avait toujours pas témoigné le moindre mouvement.

« C'est gagné ! », Paddington serra fermement son poing. Au moment de la collision, à en juger par l'impact, leurs Territory de sortie était plus ou moins égal. Mais, puisqu'ils avaient réussi à réduire la taille de la zone en premier, la force s'en trouvait augmentée. Si en face, ils venaient à la réduire en cet instant,- ce qu'ils ne devraient pas faire en théorie,- le pauvre vaisseau de <Ratatoskr> serait explosé par <l'Arbatel>…

« … ?! »

A ce moment précis, Paddington ouvrit grand ses yeux sous l'effet du choc.

Soudainement, le son d'une explosion survint à l'arrière de <l'Arbatel>.

Il pensa, un instant, que c'était l'impact d'un tir de canon adverse, mais c'était juste impensable, puisque l'explosion avait eu lieu après que le vaisseau ennemi soit entré en collision.

« Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui s'est passé, bon sang ?! »

« Le flanc tribord a subit des dégâts légers ! C'est confirmé, il s'agit d'un impact extérieur ! »

« Extérieur… ?! Un tir ennemi ?! »

« Je, je ne sais pas ! La cause est inconnue ! »

Le membre d'équipage avait élevé une voix aiguë. Sur ce, un autre membre cria comme s'il suivait le premier :

« Uh ! Capitaine, il y a un problème ! Suite à cette explosion, le bloc B2 a pris feu, la salle de contrôle à longue distance de l'unité <Bandersnatch> est endommagée ! »

« Qu'est-ce que tu viens de dire ?! Dépêchez-vous, éteignez le feu ! »


« Que, qu'est-ce que c'était à l'instant… ? »

Sur le pont du <Fraxinus>, après que les secousses se soient calmées, Hinako regarda le vaisseau ennemi prendre la fuite tout en marmonnant son étonnement.

Même si l'ennemi avait réduit le Territory et accru sa force, alors qu'ils étaient impatients face au manque de contre-mesures de la part de Kannazuki, le vaisseau ennemi avait soudainement subit un tir et s'était écarté du <Fraxinus>.

En plus, la partie endommagée de l'adversaire avait été totalement différente de celle qui était entrée en contact avec le <Fraxinus>. Qui avait bien pu attaquer le vaisseau ennemi ?

Il semblait qu'Hinako ne fut pas la seule à se poser la question. Un grande partie de l'équipage retint ses mots et tournèrent leurs regards vers Kannazuki.

Lorsqu'il remarqua ceci, il leva ses épaules et tapota le petit moniteur proche de son bras, comme pour dire à tout le monde de regarder en direction de leurs mains.

Ils obéirent à cet ordre gestuel et regardèrent leurs propres moniteurs… leurs yeux se mirent à le fixer pleins d'interrogations.

Sur ceux-ci, il y avait le vaisseau ennemi qui exécutait une rotation tout en étant pris par les flammes… et ils confirmèrent la présence d'une silhouette semblable à une feuille qui utilisait le mode Invisible.

« C'est… <Yggd folium>… ? »

Oui, en effet, juste avant que l'ennemi n’apparaisse, cette unité indépendante avait été déployée afin de servir de point de relais pour les communications avec l'île d'Arubi.

Immédiatement, tout le monde comprit et, en même temps, fut horrifié.

A l'intérieur du <Yggd folium>, tout un tas de petits Realizer étaient équipés. En les utilisant, ils étaient en mesure de le contrôler à distance depuis le <Fraxinus> et ils pouvaient activer sur ce dernier un Territory.

Mais, pour être capable de déployer le Territory, cela impliquait qu'il ne pouvait plus servir à réceptionner les signaux.

Kannazuki avait contrôler cet objet qui avait été envoyé pour servir de relais de communication à distance et s'en était servi comme mine.

Mais, même en des conditions normales, il avait été capable de compenser le Control Realizer, qui gère la production de 7 Realizer, tout en prenant le contrôle de quelque chose d'aussi petit, c'était tout bonnement incroyable.

Probablement, conscient des pensées de tout le monde, Kannazuki s'exprima :

« Eh bien, comment dire ça ? C'est en quelque sorte triste, je suppose. Peu importe à quel point la technologie actuelle est avancée, il n'est pas possible de recréer les fonctions d'un cerveau humain. »

Sur ces mots, il haussa les épaules.

Non, c'est pas possible qu'un tel humain existe…

Ce genre de pensées échappait complètement à son raisonnement.

Partie 5[edit]

« Que… c'est… <Sandalphon>… ? »

Shidou éleva une voix surprise par l'apparition de cette épée dans sa main droite.

C'était une épée large de laquelle émanait une lumière radieuse et qui avait une garde aux décorations délicates.

Oui, sans aucun doute, il s'agissait de l'Ange de Tohka, [le Miracle qui prend forme], <Sandalphon>.

« Shi… dou… ? Pour, pourquoi Shidou peut-il utiliser <Sandalphon>… ?! »

Tohka était également étonnée alors qu'elle regarda dans sa direction.

C'était une réaction normale, puisque la <Sandalphon> qui venait d'apparaître entre les mains de Shidou avait été précédemment détruite par Ellen.

Mais… même s'il était surpris, Shidou se rendit compte qu'il était en mesure d'appréhender la situation.

Au fond, sa capacité de régénération ne lui appartenait pas non plus, c'était quelque chose qui était apparu après avoir scellé le mana de Kotori.

A en juger par cela, les autres… si son corps, qui enfermait le mana des Esprits, était devenu apte à ce faire...

Il devenait donc possible d'envisager qu'il puisse être capable d'utiliser le pouvoir des autres Esprits également.

En réalité, il y avait bien une preuve qui permettait de confirmer cette hypothèse...

… Puisque l'Ange s'était manifesté.

« Ange… ? En plus, c'est le même que <Princesse>…. ? Il était supposé être détruit par moi. Mais, avant tout, pourquoi quelqu'un comme toi est capable de... »

Ellen, qui était désintéressée jusqu'à présent, changea soudainement d'attitude et regarda Shidou avec des yeux aux reflets inquisiteurs.

« Tu te nommes bien Itsuka… Shidou, non ? Que diable es-tu donc ? »

« … Humain. Aussi loin que je m'en souvienne. »

« ... »

Après qu'Ellen ait sourcillé suite à sa réponse, elle leva ses mains en l'air. Les <Bandersnatch> aux alentours adoptèrent une genre de position d'alerte.

« J'ai changée d'avis. Itsuka Shidou, je vais t'amener avec nous aussi. Je te conseille de ne pas résister. »

« Guh... »

Shidou empoigna fermement <Sandalphon> tout en affichant une mine sombre.

Effectivement, Shidou venait de réussir à vaincre deux <Bandersnatch>, mais, malgré tout, il en restait huit en activité et en alerte, ainsi, qu'à l'arrière, la Magicienne non-identifiée qui avait facilement battue Tohka en mode limit break.

Il devenait facile d'envisager à quel point il serait difficile de s'enfuir avec Tohka dans ce genre de situation.

« Unité <Bandersnatch>. Capturez-les, s'il vous plaît. S'ils résistent, je m'en fiche que vous leur cassiez quelques bras ou jambes. »

Tout en prononçant ces mots, Ellen baissa la main en direction de Shidou.

Simultanément, les <Bandersnatch>, qui se trouvaient dans les environs, attaquèrent Shidou.

« Kuh, pourquoi… ?! »

Il agita soudainement <Sandalphon>, mais l'attaque spéciale, qu'il avait utilisé précédemment, ne se produisit pas. L'épée, faiblement lumineuse, traçait simplement des lignes au milieu de la nuit.

Bien sûr, ces coups ne touchèrent pas les <Bandersnatch>, ils esquivèrent facilement et tendirent leurs bras en direction de la main droite de Shidou, celle qui tenait l'épée.

« Eh… ? »

Soudainement, alors qu'il entendit le bruit d'un bouton qui venait d'être appuyé, des étincelles jaillirent des têtes des poupées mécaniques, qui les encerclaient, et leurs corps se mirent à convulser.

« Qu'est-ce qui se passe, bon sang ?! »

Il sourcilla d'un air dubitatif. Les poupées mécaniques qui bougeaient normalement jusque lors commencèrent à avoir des mouvement maladroits, comme un jouet électroniques qui serait à court d'électricité.

Ellen, qui regardait l'épée dans la main de Shidou, afficha des traits déformés de façon inexpliqués. Et, comme si elle venait de se rendre compte de quelque chose, elle porta sa main à son oreille et commença à parler :

« L'unité <Bandersnatch> rencontre quelques problèmes. Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? »

Puis, sa voix trembla comme si elle marmonnait.

« … Le Control Realizer a été touché ? Qu'est-ce que vous voulez dire par-là ?… Uh, une bataille avec un vaisseau ? Je ne me souviens pas avoir donné d'ordres pareils... »

« … ! »

-Je ne peux pas laisser cette opportunité s'échapper.

Immédiatement, Shidou frappa le sol du pied et attrapa prestement la main de Tohka avant de s'enfuir à tout vitesse.

« Que… Qu'est, qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Je ne sais pas ! Mais, c'est notre chance ! »

Tout en prononçant ces mots, il courut en direction de la forêt en vue de s'éloigner des poupées.

« Nous ne pouvons pas les laisser s'échapper. S'il vous plaît, prenez-les en chasse. »

Alors qu'Ellen donna cet ordre depuis les rangs arrières, un petit nombre de <Bandersnatch> bougèrent leurs têtes vers Shidou et le poursuivirent.

Mais… après avoir bouger leurs bras et leurs jambes de manière désordonnées, tels des marionnettes cassées, ils s'écroulèrent.

« Kuh… Qu'est-ce que vous faites ?! »

Ellen fit claquer sa langue comme si elle était impatiente, puis elle se mit à courir après Shidou et Tohka.

Mais, à cet instant.

« Uguu ?! »

Elle marcha sur un trou dans le sol et, *Suteen*, elle tomba dedans.

« Pou, pourquoi il y a un trou à cet endroit-là… ?! Ne me dites pas, que c'est la foreuse à haute vélocité... »

Au passage, un des <Bandersnatch>, comme s'il se penchait vers Ellen, tomba à l'intérieur.

« Eh, u, uwaahh?! »

Il semblait que c'était une idée catastrophique de déployer les CR-units après avoir attrapé Tohka. Ellen, comme si elle avait été prise au piège, se retrouva enterrée sous la lourde poupée mécanique.

« C'est, c'est impossible… Je, je suis la plus forte… des Magiciennes… Mukyuu. »

Après avoir élevé cette voix bizarre, elle s'arrêta totalement de bouger.

Malgré tout, il ne savait pas vraiment quand Ellen se relèverait ou quand les <Bandersnatch> recouvriraient leurs fonctions. Shidou arrêta de regarder derrière lui pour se concentrer sur devant lui et, *Gou* *Gou*, il courut accompagné du son de la tempête.


Plus tard, il se demanda à quel point il s'était éloigné.

« … ! C'est... »

« … Muu. »

Shidou et Tohka, qui couraient côte à côte, s'exclamèrent en même temps.

Oui, dans le ciel au-dessus de la forêt, les branches des arbres étaient agitées, ils purent voir Kaguya et Yuzuru s'attaquer mutuellement de façon répétée.

« Kaguya… Yuzuru ! »

A la base, ils s'éloignaient le plus possible d'Ellen, mais… involontairement, Shidou arrêta sa course.

S'ils ne les arrêtaient pas ici et maintenant, il était plus que probable que leur combat se concluraient cette fois.

Et, cette conclusion signifiait… que Kaguya ou Yuzuru, l'une des deux allait disparaître.

Si, à tout hasard, le résultat ne se décidait pas ce combat-là, ce serait la même chose que si elles étaient LOST dans l'autre monde.

En vue de les sauver toutes les deux, il devait sceller leurs pouvoirs Spirituels ici, et maintenant.

« Toutes les deux ! Arrêtez ! Il doit y avoir une façon pour que vous puissiez vivre toutes les deux ! »

Bien qu'il criait, il lui sembla qu'elles n'entendirent pas sa voix. Même si la distance entre eux n'était pas si importante, le mur de vent tourbillonnant autour d'elles avait probablement coupé tout son provenant de l'extérieur.

« Kuh, que devrais-je... »

Sur ces mots, soudainement, il ouvrit grand ses yeux avant de les porter sur sa main droite.

L'Ange de Tohka, <Sandalphon>, s'y trouvait encore.

Oui, s'il utilisait l'attaque Spirituelle qui avait défait les <Bandernatch>, il devait être possible de couper en deux la tempête qui les encerclait.

Bien sûr, il ne pensait pas pouvoir les arrêter simplement ainsi. Shidou détourna son attention un bref instant : il serait du coup possible de leur faire écouter ce que j'ai à dire.

C'était une maigre possibilité, mais c'était également la seule.

« Désolé, Tohka. Éloigne-toi de moi un peu, s'il te plaît… ! »

« Mu… ? U, umu. »

Après avoir gémit honnêtement, elle prit de la distance par rapport à la main de Shidou, elle fit quelques pas en arrière.

Lorsqu'il confirma cela dans son champ de vue, il se mit en position et agrippa <Sandalphon> à deux mains, puis il l'abaissa en direction du vent qui les encerclait comme s'il essayait de le couper.

« Haaaa ! »

Mais...<Sandalphon> ne produisit pas la même lumière que la première fois.

« Kuh... »

Il essaya plusieurs fois, mais le résultat demeura le même. <Sandalphon> coupait seulement l'air dans sa zone d'effet, il ne démontrait aucunement son autorité absolue comme lorsque Tohka l'utilisait.

« C'est inutile... »

Shidou grinça des dents et serra plus fortement <Sandalphon>.

Mais, rien de plus, il finit par tourner sa tête et porter son regard sur le vrai possesseur de l'Ange.

« Tohka… ! Je t'en supplie, utilise <Sandalphon> et arrête ces deux-là! »

« Quoi… ? »

Tohka s'était exprimée avec une voix dubitative. Mais, probablement après avoir regardé Kaguya et Yuzuru qui s'entrechoquaient violemment, et après avoir constaté le comportement inhabituel de Shidou, elle saisit la situation et acquiesça comme si elle s'était débarrassée de toute pensée encombrante.

« Désolé, je t'en supplie…! »

Sur ces mots, il tendit la poignée de <Sandalphon> à Tohka.

« Umu, laisse-moi faire. »

Elle hocha une nouvelle fois de la tête et prit l'épée entre ses mains. Néanmoins…

« … Uh. »

A ce moment-là, elle soupira légèrement et sourcilla.

« Tohka… ? »

« … C'est inutile. La moi actuelle ne peut pas utiliser cette <Sandalphon>. »

« Eh ? »

Alors que des points d'interrogation flottaient autour de Shidou, elle le fixa dans les yeux intensément tout en poursuivant :

« <Sandalphon> n'est pas une épée ordinaire. C'est un [Ange] manifesté par la volonté d'un utilisateur possédant de la Puissance Spirituelle. Ce serait différent si j'étais à pleine puissance, mais, dans mon état actuel, je ne peux pas utiliser la <Sandalphon> invoquée par ta volonté. »

« Pas moyen… bon... »

Shidou afficha un visage à l'expression de désespoir.

Dans le ciel, les deux Esprits poursuivaient leur combat sans merci et se donnaient à fond pour laisser l'autre survivre.

Tout en faisant les louanges de l'autre à chaque fois qu'elles ouvraient la bouche…

Tout en prenant soigneusement en considération son adversaire alors qu'elles donnaient des coups de poings et de pieds…

Tout en communiquant leur affection par le biais de chaque attaque utilisée…

Elles s'aimaient toutes les deux, c'était l'enjeu de ce combat dénaturé par ces êtres maladroits. … Pour se sacrifier elles-mêmes.

« Pas moyen… que je permette ça ! »

Cria Shidou en reprenant fermement <Sandalphon> et en l'agitant une fois de plus.

Bien sûr, il n'y eut aucun changement, mais il n'avait aucun autre choix. Sans abandonner, il répéta ce geste une deuxième et troisième fois.

« Putain, putain… ! N'y a-t-il pas un moyen ? Si ça continue, toutes les deux vont... »

S'il utilisait les pouvoirs scellés, il pouvait enfermer leur Puissance Spirituelle à toutes les deux. S'il y arrivait, alors, aucune d'entre elle n'avait besoin de devenir Yamai et elles pouvaient continuer de rester comme elles étaient.

Il n'avait pas besoin de se jeter en plein cœur de la tempête. Il lui fallait juste un coup. S'il pouvait simplement séparer les vents avec un simple coup, et captiver leurs attentions sur lui…

Tohka plaça ses mains sur les épaules de Shidou.

« … Tohka ? »

Il tourna son visage vers elle, puis regarda de nouveau dans le ciel et, enfin, il engloutit.

Les mains de Tohka étaient placées sur ses épaules, non pas dans une attitude de gentillesse pour le réconforter de sa frustration, mais bien plus dans une attitude forte de sévère reproche.

« Je suis jalouse, en quelque sorte, que Shidou ait dit de telles choses... »

« Tohka … ? »

S'était-il exclamé avec une voix à moitié-stupéfaite. Tohka afficha un sourire amer avant de hocher de la tête de toutes ses forces.

« Même si je ne le dis que maintenant, je pense qu'il n'y a, en effet, pas d'autre choix qu'elles parlent et se comprennent l'une l'autre. Si tu connais une façon de les faire vivre toutes les deux, elles déposeront probablement leurs armes. »

C'était très simple, mais vrai.

« Mais, que devrions-nous... »

« … Je te l'ai dit avant, cette <Sandalphon> a été matérialisée par ton souhait. Dans ce cas, si tu ne le fais pas, qui le fera ? »

« … ! Moi ? »

Après que Tohka ait acquiescé, il empoigna la garde fermement. Elle appuya son corps contre le dos de Shidou et enserra le corps de celui-ci de ses bras comme si elle prévoyait d'utiliser <Sandalphon> avec lui.

Mais… de manière attendue, leurs physiques étaient trop différents. Après qu'elle ait grommelé un *Muu...*, elle finit par passer sous les bras de Shidou et par se mettre devant lui.

Tous les deux étaient dans une sorte d'haori, elle accompagna de ses mains celles de Shidou qui tenaient <Sandalphon>.

« Tohka... »

« Calme-toi et souviens-toi de ce que tu veux faire maintenant, de quelle est la chose que tu souhaites actuellement. Toutes les autres choses sont sans importance. Ignore-les. Juste une, imagine ton souhait dans ton esprit et abats l'épée… si tu le fais, c'est sûr que l'Ange te répondra. »

« ... »

Shidou engloutit, ferma ses yeux et expira délicatement.

Suivant les instructions de Tohka, il se calma et contrôla sa respiration.

Il mit ses pensées de côté, que ce soit le vent qui tambourinait ses oreilles, ou l'orage qui électrifiait ses cheveux, ou encore la douce et chaude sensation de la poitrine et des mains de Tohka, il n'imaginait plus qu'une chose dans son cœur.

Kaguya et Yuzuru, l'Esprit qui, par coïncidence ou fatalité, avait été séparé en deux.

Une existence qui avait vu le jour avec pour destinée que l'une d'elle disparaisse.

Mais, même après avoir appris ça… elles s'étaient battues contre leur autre moitié bien-aimée afin de la laisser vivre.

Shidou grinça des dents.

« … Putain, comme si j'allais laisser ça se produire ! »

Oui, toutes les deux étaient en quelque sorte des idiotes, que l'une ou l'autre doive disparaître, c'était tout simplement quelque chose qui ne devait pas arriver.

C'est pourquoi, avant qu'elles finissent le combat…

… il fallait porter un coup absolu et violent qui arrêterait leur prétendu noble combat… !

« … ?! »

Immédiatement, Shidou ouvrit les yeux : <Sandalphon> émettait une forte lumière qui n'était nullement comparable à celle d'auparavant.

Il stabilisa sa prise à nouveau, Tohka en fit de même, elle mit plus de force dans la main qui l'accompagnait, puis elle leva sa tête.

Une fois de plus, Shidou leva la sienne et regarda les deux incapables qui produisaient un tel raffut dans les cieux.

Puis…


« OOOOOOOOhhhhhhhhh… ! »


Accompagné d'un cri, il abaissa <Sandalphon>.

En un instant, la lumière, qui se dégageait de la lame… comme si le coup porté par cette dernière s'allongeait, trancha le ciel.

La lumière de <Sandalphon> coupa facilement le château de vent qui soufflait violemment et passa entre Kaguya et Yuzuru avant de poursuivre sa route. Lorsqu'elle sépara les nuages qui soufflaient entre les deux, la silhouette de la lune, qui était cachée jusque lors, se dévoila.

Suite à quoi, le vent cessa comme si ce fut une illusion et il put entendre des voix emplies de confusion.

« Que... »

« Inquiétude. C'est... »

Kaguya et Yuzuru, qui dirigeaient leur lance et leur pendule l'une vers l'autre, ouvrirent de grands yeux surpris et, cherchant probablement la source de cette attaque, elles baissèrent leurs regards.

Lorsqu'elles reconnurent la silhouette de Shidou, elles sourcillèrent.

« Shidou… ?! A l'instant, c'était toi… ? »

« Choc. Impossible, c'était une trop grande Puissance Spirituelle ?! »

Il utilisa <Sandalphon> comme une canne de marche et, soutenu par Tohka, comme pour répondre à leurs questions à toutes les deux en même temps, il dit :

« Kaguya… Yuzuru… ! »

Une seule attaque. Même si ça n'avait été qu'une seule attaque, son corps entier lui faisait follement mal. Mais, s'il laissait passer cette occasion, il y avait de fortes chances que sa voix ne les atteignent plus. Il la fit jaillir sa gorge cassée.

« Je vous en supplie… arrêtez de vous battre ! »

Néanmoins, quand Shidou leur apparut, les visages de Kaguya et Yuzuru exprimèrent du mécontentement.

« … Tu… Tu ne m'as pas écouté ? Yuzuru et moi ne pouvons exister qu'en absorbant l'autre. »

« Accord. C'est exactement ça. S'il te plaît, ne nous dérange pas. Actuellement, Yuzuru doit donner une leçon à cette imbécile de Kaguya, jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'elle est un excellent Esprit. »

« Uh, tu es encore en train de dire ça… ! Je t'ai déjà dit qu'on ne peut pas empêcher que quelqu'un comme moi ne survive pas ! Pourquoi est-ce que tu ne peux pas comprendre ?! Tu devrais être celle qui survit ! »

« Rejet. Yuzuru ne le pense pas. Kaguya devrait être la seule survivante. »

« Pourquoi es-tu si… ! »

« Colère. Kaguya aussi... »

« … Je ! »

S'il laissait passer ce moment précis, l’interruption si difficilement acquise serait gâchée et le combat reprendrait. Il haussa la voix pour couper leurs phrases :

« Je n'ai jamais eu l'intention d'arrêter d'être le juge de votre duel! Je… vais choisir l'Esprit qui sera digne d'être la véritable Yamai, celle qui restera en vie ! »

« … ! »

Sur ces mots, Kaguya et Yuzuru ouvrirent grand leurs yeux sous le choc… et regardèrent immédiatement ce dernier avec des regards perçants.

Mais, elles n'essayèrent même pas de dire quelque chose. Avec hésitation, elle écoutèrent ce qu'il avait à dire.

Il était facile de comprendre la raison de leurs regards : des deux côtés, il sentit une énorme pression, suffisamment importante pour qu'il ait la chaire de poule.

… Le fait était que toutes les deux pensaient la même chose : Ça ira si tu choisis mon adversaire, mais si tu essayes de me choisir, moi, je te percerai le cœur avant que tu ne puisses finir ta phrase.

Puisqu'elles étaient les esprits du vent, <Berserk>, elles pouvaient sûrement mettre leurs pensées en application.

Shidou engloutit nerveusement avant de poursuivre non sans avoir judicieusement choisi ses mots :

« Celle que je vais choisir, c'est… toutes les deux ! »

La voix de Shidou se répercuta à travers la forêt qui était devenue silencieuse depuis que le vent avait cessé de souffler.

Elles fixèrent Shidou pendant quelques secondes avant… qu'elles ne poussent toutes les deux un profond soupir de soulagement.

« … Qu'est-ce que tu racontes ? Tu te moques de nous ? »

« Dédain. C'est une réponse digne d'un élève de primaire. Un homme sans sens des décisions est méprisable. »

Elles avaient toutes les deux prononcé ces mots d'une voix résignée.

Mais, Shidou ne plaisantait pas, il n'avait nullement l'intention de se moquer d'elles. Il poursuivit d'un air sérieux :

« … On ne peut rien y faire ! Puisque vous avez toutes les deux de bons côtés, je ne peux pas choisir ! »

« Que... »

« ... »

Les joues de Kaguya devinrent rouges alors que Yuzuru ferma à moitié ses yeux.

« Beaucoup, tu dis… ? Ne parle pas comme si tu savais tout ! Qu'est-ce que quelqu'un comme toi... »

« Je sais ! Tout du moins, j'ai appris quelque chose sur toutes les deux bien plus rapidement que vous ne l'avez fait ! »

« … Question. Et il s'agit ? »

Face à la question de Yuzuru, Shidou ferma son poing tout en appuyant sa gorge :

« Que dans le cas de Kaguya, ses pensées et ses sentiments pour Yuzuru sont bien plus forts que ceux que Yuzuru a pour elle-même… Que dans le cas de Yuzuru, elle estime Kaguya plus précieuse que Kaguya ne s'estime elle-même. »

« … Quoi ! »

« ... »

Toutes les deux se tinrent calme comme si elles étaient en manque de mots. Shidou fit pression sur son corps qui était à deux doigts de s'écrouler, il rassembla toute ses forces avant de poursuivre :

« … Toutes les deux !! Vous avez plusieurs choix pour votre futur ! Choisissez ! Un : Yuzuru absorbe Kaguya et devient la vraie Yamai ! Deux : Kaguya absorbe Yuzuru et devient la vraie Yamai ! »

Après qu'elles aient écouté les paroles de Shidou, elles eurent des expressions du genre « quelle question évidente est-ce là », puis elles répondirent :

« C'est évident : la 1... »

« Réponse. Pas besoin de réfléchir. La 2... »

Mais, Shidou n'écouta pas leurs réponses et poursuivit :

« Trois : En échange de la perte de vos pouvoirs Spirituels, vous vivez toutes les deux… ! »

« … !? »

Au moment où il formula cela, elles le regardèrent avec étonnement.

« Huh…? Qu'est-ce que tu as dit ? »

« Requête. A l'instant, qu'est-ce que tu as dit. »

Shidou toussa violemment alors que Tohka tourna sa tête inquiète.

Mais, il ne pouvait se permettre d'arrêter son explication ici. Il humidifia sa gorge avec sa salive et dit :

« … Je suis désolé mais, depuis un moment, on ne m'a donné le choix qu'entre 3 options… Je ne peux permettre qu'il n'y en ait que 2 choix. »

« Qu'est-ce… que tu racontes ? Ce genre de choses, c'est impossible. »

« Doutes. Oui, Yuzuru n'a jamais entendu parler d'une telle possibilité auparavant. »

Elles lui portèrent des regards dubitatifs. C'était pour une bonne raison : celui qui leur avait dit de le croire était celui qui était absurde.

C'est alors que Shidou cria :

« Je vous en prie, toutes les deux ! S'il vous plaît, croyez-moi ! Une seule fois, ce sera suffisant ! Laissez-moi une chance de vous faire vivre toutes les deux… ! Si c'est un échec, vous pourrez faire ce que vous voulez de moi, je m'en fiche ! Dans ce cas, vous pourrez même me tuer ! C'est pourquoi… ! »

« … Qu'est-ce que tu es ? N'es-tu pas un humain ? Ce genre de... »

« A l'instant, n'as-tu pas oublié qui est celui qui a tranché ta fière bourrasque ? »

« Uh... »

« Réflexion... »

Elles perdirent leurs mots et se regardèrent confusément l'une l'autre. Plutôt que de chercher les vrais motifs dans les paroles de Shidou, elles étaient confuses par la tournure des événements.

« C'est pourquoi… Arrêtez ! Vous n'avez pas besoin de continuer à vous battre… ! Qu'une des deux doive disparaître, ce genre de chose, plus besoin... »

En plein milieu de sa phrase, il fut victime d'un coup de sommeil intense et s'écroula sur place. <Sandalphon> tomba au sol et se transforma en particules de lumière avant de disparaître complètement dans les airs.

« Shidou ! »

Tohka laissa échapper une voix inquiète et secoua ses épaules. Mais, il était malheureusement difficile pour lui de répondre.

Il reprit provisoirement un peu conscience, *Hyuu**Hyuu*, il parvint à faire sortir ces sons de sa bouche, mais il ne put en faire sortir rien d'autre. Il semblait que… le corps de Shidou avait atteint ses limites depuis longtemps.

« ... »

« ... »

Dans les airs, Kaguya et Yuzuru se fixèrent l'une l'autre.

… Kaguya s'exprima calmement.

« … Qu'est-ce qu'il vient de dire ? Tu en penses quoi, Yuzuru ? »

« Méfiance. C'est impossible de croire ça. Même si cette attaque a été produite par Shidou, Yuzuru n'a jamais entendu parler de voler la Puissance Spirituelle d'un Esprit. »

« C'est vrai… Je le pense aussi. »

« … ! … ! »

Dans son champ de vue flou, Shidou essaya d'une manière ou d'une autre de projeter sa voix hors de ses poumons, mais… peu importe à quel point il essaya, son souffle ne lui permettait de produire le moindre son.

C'était pas bon, il n'avait plus la possibilité de faire en sorte qu'elles le croient. Il sentait sa vue s'obscurcir.

- Arrêtez, arrêtez, arrêtez ! J'ai vraiment le pouvoir de vous sauver toutes les deux, si vous me tendez vos mains, je pourrais les attraper.

Malgré tout, les sons de voix de Shidou, qui n'étaient pas vraiment une voix, n'atteignirent pas les cieux. Kaguya et Yuzuru se regardaient l'une l'autre, se fixant dans les yeux tout en continuant de parler :

« Sérieusement, Shidou est un type dérangeant. Nous interrompre deux fois. »

« Consentement. Sérieusement. Même si Yuzuru était proche de battre Kaguya. »

« Qu'est-ce que tu as dit ? J'allais t'envoyer une attaque mortelle unique ! »

« Ricanement. Était-ce Sturm Lance (Rire). »

« La, la ferme ! Si tu le dis une fois de plus, je vais sérieusement me mettre en colère. »

« Défi accepté. Par tous les moyens, fais donc ce qui te plaît, ce sera quand même une victoire pour Yuzuru. En définitive, Yuzuru réussira à faire survire Kaguya. »

« Je ne peux pas laisser ça se produire ! Je vais gagner ! Tu dois vivre, peu importe comment. »

« Réfutation. C'est Kaguya qui le doit. »

Kaguya se mit en position avec sa lance pendant que Yuzuru en fit de même avec son pendule. Autour d'elles, le vent commença à nouveau à souffler.

… Mais…

« … Hey, Yuzuru. »

« Réponse. Qu'est-ce que c'est. »

« C'est pertinemment juste une discussion. Une discussion de « si », une discussion du possible… si à tout hasard ce que vient de dire Shidou était vrai, qu'est-ce que tu en penses ? »

« Demande. Donnerais-tu à Yuzuru le temps limite pour réfléchir. »

« Approuvé. Seulement 3 secondes. »

« ... »

« Très bien, c'est fini. Donc ? »

« Réponse… Je pense que ce serait vraiment merveilleux. »

« … Fuun. Contre toute attente, tu es une telle romantique. »

« Découragée. Qu'en est-il de toi, Kaguya. »

« … Par chance, moi aussi. »

« Question. Si nous vivions toutes les deux, qu'est-ce que Kaguya voudrait faire. »

« Moi ? Laisse-moi réfléchir… Ah, ce que disait Tohka, je voudrais tenter de manger ce pain au kinako. Il a l'air super bon. »

« Confirmation. Il a l'air vraiment bon. »

« Et pour ta part, Yuzuru ? »

« Réponse… Yuzuru voudrait tenter d'aller à l'école. »

« Aah… très bien. Ahaha, c'est tout Yuzuru, tu serais l'objet de l'adoration de tous les garçons. »

« Refus. Yuzuru pense que ce n'est pas possible. »

« Heh ? Pourquoi ? »

« Réponse. Parce qu'il y aura aussi Kaguya. Il est plus que probable que Kaguya serait celle qui prendrait la vedette. »

« Haha… Ensemble ? Avec moi ? »

« Affirmation. C'est parce que, ce n'est qu'une discussion. Yuzuru ne se souvient pas qu'il ait été donné la moindre restriction. »

« Aah… Je l'ai pas fait. Je devine qu'une fois la classe finie, nous pourrions traîner en ville. »

« Confirmation. Ce serait merveilleux. Yuzuru essayerait d'entrer dans un café. »

« Ouais, ouais, je le ferais. Mais, tu devrais accepter qu'on sépare l'addition, ok ? »

« Refus. C'est injuste. Kaguya mange plus que Yuzuru. »

« Il… il n'y a pas beaucoup de différence. »

« Question. Est-ce vrai ? »

« ... »

« ... »

A la fin de ces mots, les deux restèrent silencieuse pendant un moment.

Au sein du hurlement du vent, celle qui reprit la discussion était Kaguya :

« … Hey, Yuzuru. »

« Réponse. Qu'est-ce qu'il y a. »

« Désolée, j'ai menti…je... »

De grosses larmes s'écoulèrent de ses yeux.

« Je ne veux pas mourir... »

Tout en sanglotant, elle poursuivit :

« Je veux vivre… Je, je veux être avec Yuzuru encore un peu plus. »

« Rép... »

Suite à quoi, un flot de larme s'écoula le long des joues de Yuzuru.

« Yuzuru… aussi. Yuzuru ne veut pas disparaître. Yuzuru veut vivre avec Kaguya. »

« Yuzuru... »

« Kaguya. »

Elles croisèrent leurs regards et articulèrent en même temps…

« ... »

Mais, la voix qui en sortit n'atteignit pas l'autre.

De manière plus imminente, le bruit d'un moteur au loin gronda dans le ciel au-dessus de Kaguya et de Yuzuru.

« Quoi… ? »

« Fixation. C'est... »

Elles regardèrent au-dessus d'elles.

Là, il y avait un vaisseau géant de couleur noire, de la fumée s'échappait derrière lui.


« Capitaine ! Ça va être dangereux si nous réduisons encore plus l'altitude ! Si Invisible n'est pas utilisé, il y a une possibilité que les habitants nous remarquent… ! »

A l'intérieur de <l'Arbatel>, les cris des membres de l'équipage teintés d'inquiétude se faisaient entendre partout.

« Silence ! »

Mais, Paddington, qui était assis dans le siège du capitaine, leur ordonna le silence à l'aide de ce seul cri.

- Les habitants risquent de nous remarquer ? Quelle signification cela peut-il avoir ? En réalité, lorsque <l'Arbatel> a commencé à piquer du nez, le vaisseau de <Ratatoskr> a arrêté la poursuite.

Heureusement, il semblait que le capitaine adverse avait le même genre de pensée médiocre que les membres d'équipages de ce vaisseau-ci. Puisque leur principale préoccupation était le secret, ils avaient permis à l'ennemi de s'échapper sous leur nez.

« Non… c'est faux, huh. »

Paddington lécha ses lèvres.

Si leur objectif était de maintenir le secret sur leur vaisseau, ils pouvaient quand même attaquer <l'Arbatel> sans lui donner la chasse. Ils pouvaient simplement utiliser le canon à convergence de mana, ou utiliser cette mine mystérieuse qu'ils venaient d'utiliser.

Mais, s'ils avaient poursuivit l'attaque, il y aurait eu des risques de pertes parmi les civils de l'île.

Puisque ce capitaine appartenait à une capricieuse organisation qui essayait de persuader les Esprits par des moyens pacifiques, il avait dû penser que ce serait risqué… il était sûr d'avoir mis le doigt sur le bon motif.

Mais… ce n'était pas tout.

Perdre une unité de <Bandersnatch>, endommager <l'Arbatel> et s'enfuir… à ce compte-là, la disgrâce de Paddington était totale. Pour effacer tout cela, il avait besoin d'un bon résultat pour compenser.

Il fixa les deux filles qui apparurent sur l'écran.

A l'instant, juste avant que la communication ne soit interrompue, à l'égard des informations données par Ellen, il s'agissait de l'Esprit <Berserk>.

« Le feu a été éteint dans la salle de contrôle à l'instant-même ! Amenez tous les <Bandersnatch> restant dans le hangar de décollage de <l'Arbatel> ! Nous devons capturer <Berserk> et <Princesse>, coûte que coûte ! »

« Mais, mais... »

« Exécution ! »

En raison des ordres de Paddington, l'équipage eut un soubresaut, mais se mit à tapoter sur la console tout en grinçant des dents.


« … Qu'est-ce que c'est que ça ? »

« Confirmation. Yuzuru souhaite le savoir aussi. »

Kaguya et Yuzuru observaient l'énorme morceau de métal plus haut dans le ciel.

Puisqu'elles s'étaient réconciliées avec leur autre moitié bien-aimée, cette chose venait de les déranger pile au meilleur moment.

Mais, cela ne s'arrêta pas là.

Alors qu'elles étaient pensives, le sas à l'arrière du vaisseau s'ouvrit et des groupes différents de poupées, armées de diverses armes sur leurs dos ou leurs bras, en sortirent.

Leurs apparences étaient lisses et organiques. C'était apparemment des poupées avec des têtes et de bras, mais, plutôt que des êtres humains, elles évoquaient bien plus proches les humanoïdes ou les diables des contes.

Étonnamment, ces poupées mécaniques, une fois leurs équipements dorsaux mis en route, se mirent à tourner dans le ciel en formant des cercles et elles volèrent autour des deux Esprits comme pour les encercler.

Puis, l'instant d'après, elles dirigèrent vers elles l'espèce d'objet cylindriques accroché à leurs bras et ouvrirent le feu.

« Uoou ?! »

« … ! »

Après que Kaguya et Yuzuru aient esquivé de justesse, *Kii*, elles observèrent les poupées.

D'autres se mirent immédiatement en position avec leurs canons comme pour servir de soutien et commencèrent aussi à les attaquer.

« Kuh, qu'est-ce ce qu'elles veulent ces poupées ? »

Après que Kaguya ait fait tourner la pointe de sa lance, elle créa un typhon à petite échelle et dégagea les poupées qui se trouvaient-là.

« Offensive. C'est irritant. »

Yuzuru, également, dégagea les poupées aux alentours par le biais de son pendule.

Mais, celles qui avaient été projetées par leurs attaques, revinrent à la charge comme si de rien n'était et leurs firent face en ignorant totalement les lois de la gravité.

Les deux filles sourcillèrent de manière déplaisante.

« Fu… Quel troupeau abject. »

« Confirmation. En toute honnêteté, Yuzuru n'a pas vraiment envie de les toucher. »

Après qu'elles eurent à nouveau projeté des poupées, elles regardèrent dans le ciel.

Il semblait que les ennemis n'arrêtaient pas de venir, les poupées étaient encore une à une larguée du vaisseau géant.

Après qu'elles en aient eu assez toutes les deux, elles levèrent leurs épaules et elles s'exprimèrent en même temps. Il semblait qu'il n'y avait jamais de fin au nombre d'ennemis qu'elles allaient affronter.

« Hey, Yuzuru ! »

« Suggestion. Kaguya. »

Leurs voix se chevauchèrent parfaitement. Après que leurs yeux se soient grand ouverts sous le choc, elles se regardèrent l'une l'autre.

Puis, provenant de chacune d'elle, elles lâchèrent un *Fufu*.

« Tu veux le faire ? »

« Consentement. Faisons-le. »

Elles acquiescèrent en même temps. Kaguya leva sa main gauche alors que Yuzuru leva sa main droite… elles les joignirent parfaitement.

Ce faisant, leurs Tenues Astrales et leurs Anges se mirent à briller et…l'aile qui avait poussé sur l'épaule droite de Kaguya et celle qui avait poussé sur l'épaule gauche de Yuzuru se joignirent et formèrent une sorte de forme d'arc.

Le pendule de Yuzuru se connecta aux ailes et devint la corde de l'arc… la lance de Kaguya devint la flèche et fut encochée.

Cette fois, Kaguya utilisa la main droite, alors que Yuzuru utilisa sa main gauche, pour tenir l'arc.

Avec les mains qui restaient libres, elles tendirent ensemble la corde de l'arc jusqu'à son extrémité.

Elle pointèrent l'arme vers le vaisseau qui flottait dans les airs, puis…

« <Raphael>...<Ell Kanaph> !! »

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Toutes les deux, relâchèrent la pression exactement en même temps et la flèche géante siffla dans le ciel.

Elle fut accompagnée par des rafales de vent qui n'étaient en rien comparables à celles qu'elles utilisèrent précédemment.

Shidou et Tohka, qui se trouvaient encore en-dessous, n'en ressentirent pas les effets, mais les poupées qui volaient autour d'elles furent tout simplement emportées. Les arbres restants furent déracinés et la forêt bruissait comme si elle ondulait.

Il n'y avait rien en ce monde qui aurait pu arrêter la progression de cette flèche protégée par le pouvoir des vents.

Une attaque combinée unique, absolue et invincible.

Un tir qui avait été produit par les forces conjointes de Yamai, la plus redoutable des flèches.

Le vaisseau de guerre étant une production humaine, il n'y avait aucune possibilité qu'il puisse esquiver cette attaque.

En l'espace d'un instant, il fut transpercé par la flèche <Raphael> et, en raison des rafales qui l'encerclaient, l'intérieur de celui-ci fut ravagé et totalement détruit… le ciel obscur fut teinté de rouge alors que le vacarme d'une explosion géante retentit.

Partie 6[edit]

« … Kuh… Ah... »

C'est avec cet espèce de grommellement qu'Origami ouvrit les yeux.

L'image qui était projetée dans ses yeux, en cet instant, n'était pas le ciel de l'île frappé par les bourrasques, mais c'était plutôt le plafond d'une chambre d'hôtel illuminée par un éclairage de forme carrée. Pendant un moment, elle pensa avoir été attaquée par une hallucination, comme si tout ce qui s'était passé jusque lors n'avait été qu'une illusion, mais… faux. La douleur sourde qu'elle ressentait sur la partie gauche de son corps était réelle.

C'est avec une expression sèche qu'elle toucha sa poitrine, elle y trouva des équipements médicaux, ainsi que des bandages et une fomentation[28].

« Qu'est-ce qui s'est passé… ? »

« … Aah, tu t'es réveillée. »

Une voix venait de s'élevait à côté de son lit, une voix endormie. C'était la vice-professeur principale, Murasame Reine.

« Sensei… je suis où ? »

« … C'est ma chambre. Je suis désolée, mais j'ai dû t'amener ici. Ça provoquerait sûrement de l'agitation si les autres élèves voyaient cela. »

« Err… les poupées... »

« … Aah, après que tu aies perdu conscience, pour des raisons inexpliquées, elles ont arrêté de bouger. »

« … Je vois. »

Sur ces brefs mots, Origami essaya en quelque sorte de lever son corps endolori.

« … Ce serait mieux que tu n'en fasses pas trop. Reste tranquille pour aujourd'hui. »

« Ces soins ont été prodigué par vous, sensei ? »

« … Aaah. Désolée, j'ai utilisé ce que j'avais. »

« Non… merci. »

« … Celle qui devrait dire ça, c'est moi. Merci de m'avoir sauvée. Merci. »

Sur ces mots, Reine baissa la tête. Origami engloutit avant de poursuivre :

« Sensei, concernant les poupées… »

« … Je ne le dirais à personne. C'est mieux ainsi ? »

« ... »

Origami regarda silencieusement Reine.

… Elle trouva que Murasame-sensei était étonnement calme bien qu'elle ait été attaquée. Et, par-dessus tout ça, elle avait prodigué des soins médicaux à Origami avec un raisonnement calme et sans en avoir parler à personne.

C'est vrai qu'Origami ne voulait pas que l'information concernant ces mystérieuses poupées soit imprudemment ébruitée… Comment dire, elle trouvait que c'était un peu trop parfait.

Oui… c'était comme si elles connaissait l'existence des CR-Units.

Origami arrêta-là ces pensées puisqu'une chose plus importante s'imposa à son esprit :

« Shidou ?! »

« … Hnnn ? »

« Où est Shidou ? »

« … Aah, il va bien. Il semblerait qu'il vienne par ici. »

En entendant ces mots, elle soupira de soulagement… puis, elle haussa les épaules avec un mauvais pressentiment.

« Comment savez-vous ça ? »

« ... »

Lorsqu'Origami posa cette question, Reine se gratta la joue et ses yeux furetaient aux alentours comme si elle se disait « Oh, non ! ». Après un moment de silence, elle dit :

« … Intuition ? »

« ... »

Origami sortit silencieusement de son futon. Puisqu'on lui avait confirmé la bonne santé de Shidou avec un si mince prétexte, elle ne pouvait qu'être inquiète.

Au moment où elle se leva, une douleur terrible lui parcourut le ventre et elle tomba à genoux.

« Ugh... »

« … C'est ce que je te disais avant, tu ne dois pas te forcer. Il reviendra rapidement... »

« … Kuh. »

A quatre pattes, Origami frappa le sol de son poing. Bien qu'une petite douleur se répercuta à son ventre suite à l'impact, elle n'y prêta pas attention et le frappa à nouveau.

Ça n'avait été qu'une simple attaque, une simple attaque sans arme, de la part d'une poupée qui n'était pas ni un Esprit ni une de leurs attaques spéciales, et voilà le résultat.

L'Origami actuelle, sans son Realizer, n'était malheureusement qu'une simple humaine.

Si faible, et si impuissante. Elle s'était juste accrochée à la vie qu'on lui avait par hasard donnée. Si la poupée ne s'était pas arrêtée, elles auraient probablement été tuées toutes les deux. C'était une faible fille qui n'avait pas pu ramener Shidou, son amour, hors de ce lieu dangereux. C'était l'actuelle Tobiichi Origami.

Elle grinça des dents, elle sentit légèrement le goût du sang.

« … Grr. »

« … Un ? »

Reine pencha la tête, mais ne dit mot.

Comme pour se le dire à elle-même, elle scanda une fois de plus :

« Je veux… être plus forte. Ne pas dépendre des autres… Assez pour protéger Shidou… »

Qu'elle ait entendu ou non ces mots… Reine, ferma tranquillement ses yeux, et gentiment posa son manteau sur les épaules d'Origami.

Partie 7[edit]

« …<Arbatel>. C'est Adeptus 1. Répondez, <Arbatel>. »

D'une façon ou d'une autre, parvenant à reprendre conscience, Ellen, qui avait été enterrée sous les <Bandersnatch>, s'écria de la sorte. Mais, elle n'entendit aucun son de l'autre côté de l'Incam.

« ... »

Ellen fit claquer sa langue dans sa bouche et leva les épaules.

<Arbatel> avait été à 8 chances sur 9 vaincu. A l'instant, il n'y avait aucun doute, tous les <Bandersnatch> avaient cessés de fonctionner d'un coup.

Elle plongea dans ses pensées. Ça passait encore si <l'Arbatel> était totalement détruit sans laisser aucune trace derrière lui et si tout le monde était mort, y compris Paddington. Mais, elle ne pouvait absolument pas laisser ce vaisseau tomber entre les mains de <Ratatoskr>…

Elle leva légèrement les épaules puisqu'elle entendit une sorte de bruit provenant de l'autre côté du communicateur.

« C'est <l'Arbatel> ? Comment est la situation… ? »

Néanmoins, l'interlocuteur de la cette échange était complément différent. Un gloussement qu'elle avait déjà entendu précédemment frappa ses oreilles.

« Fufu… A en juger par cette question, il semblerait que le plan ait échoué. N'est-ce pas rare pour quelqu'un comme vous ? »

« … Ike. »

Oui, la voix n'appartenait à personne d'autre qu'à Isaac Westcott.

« Je suis vraiment désolée. Tout est de ma faute. »

Bien entendu, elle ne pensait pas réellement cela. C'était la faute de cet incompétent qui avait fait joujou avec le puissant jouet qu'on lui avait confié… et la faute de ces étudiantes diaboliques.

Westcott rit une fois de plus comme s'il lisait dans les pensées d'Ellen.

« Du coup, qu'en est-il de <Princesse> ? »

« … Je suis désolée, j'ai échouée dans sa capture. »

« Était-elle un Esprit ? »

« Eh ? Ou, oui. J'ai pu confirmer cela. Il n'y a pas de doute possible. Yatogami Tohka est bel et bien l'Esprit nommé <Princesse>. »

Sur ces mots, Westcott éclaircit sa gorge comme s'il était satisfait.

« Fufu, il semblerait que tu l'ais bien identifiée. Juste savoir cela donne au plan actuel un réel intérêt… Bien joué. Reviens à la base. »

« ... »

« Contrariée ? »

« Pas vraiment. Seulement… j'aurais une dernière question à vous poser. »

« Houu, qu'est-ce que c'est ? »

Ellen s'exprima calmement.

« … Quelque chose concernant un humain capable de contrôler la Puissance Spirituelle, pensez-vous que ça existe ? »

Partie 8[edit]

Shidou s'appuyait sur les épaules de Tohka et revenait lentement vers l'hôtel.

La forêt avait été complètement ruinée, elle n'était plus comparable à celle d'avant ; c'était particulièrement visible par rapport à la première fois où il était passé par-là, et c'était bien plus facile pour marcher. Il regarda le maigre chemin tout en marmonnant d'inquiétude :

« … Tout ira bien, pas vrai… ? »

Sur ces mots, il sentit que… il entendit le bruit de Kaguya et de Yuzuru en train d'engloutir.

En s'approchant de l'hôtel, Shidou et le groupe trouvèrent quelque chose d'étrange.

« Hmmm… ? C'est… un <Bandersnatch>, pas vrai ? »

A cause de la tempête de Kaguya et de Yuzuru, il semblait avoir été emporté jusqu'ici. Sa tête avait une sorte d'enfoncement, il s'était sûrement assommé lorsqu'il était tombé.

Alors que Shidou était plongé dans ses pensées, il entendit Kaguya glousser derrière lui.

« Kuku… c'est à cause du violent ouragan. Une poupée comme celle-ci n'est bonne qu'à partir à la poubelle. »

« Consentement. Les bourrasques de Yuzuru et de Kaguya sont les meilleures. »

Sur ces mots, elles heurtèrent leurs poings l'une l'autre et sourirent. C'était une réconciliation incroyable considérant ce qui s'était passé auparavant.

« Plus important… Shidou, dépêche-toi de sceller nos pouvoirs. »

« Consentement. Même s'il y a encore le temps, le plus tôt sera le mieux. »

« Eh, non, c'est... »

Ses paroles devinrent floues après qu'il ait regardé en direction de Tohka. Elle lui rendit le regard tristement.

« Puis, puisque j'ai pas mal de préparations, du coup, faisons-le rapidement demain matin. S'il vous plaît, attendez encore un peu plus longtemps. »

Comme on pouvait s'y attendre, il ne pouvait pas le faire en face de Tohka. Il avait donné une excuse quelconque.

« Fuun… il vaudrait mieux que ce ne soit pas un mensonge ! Si tu as menti à une fille de la Tempête, tu penses bien qu'il ne te restera plus aucun os. »

« Lynchage. Ainsi que toutes les dents. »

« Je, je n'ai pas menti. »

« ... »

Après qu'elles lui aient lancées toutes les deux des regards suspicieux, elles soupirèrent.

« Kuku… Ça ira, je pense. J'ai confiance en toi. Et, en passant, en toi aussi, Tohka. »

« Mu ? Quoi ? »

« Requête. Pendant un petit moment, tu peux nous prêter Shidou ? »

Comme pour conclure les paroles de Kaguya, Yuzuru s'était ainsi prononcée. Tohka pencha sa tête désagréablement.

« Je m'en fiche, mais… pourquoi ? »

« C'est, c'est bon, juste un petit peu. Attends, ici. »

Sur ces mots de Kaguya, Tohka s'éloigna de Shidou et les laissa toutes les deux l'emporter à l'intérieur de la forêt.

« Que, qu'est-ce qu'il y a, sérieusement ? »

« C'est bon, sois rassuré. »

« Consentement. Le silence est d'or. »

Puisqu'elles lui parlaient de façon autoritaire, Shidou se tut paisiblement.

Lorsqu'elles arrivèrent à un endroit où elles ne pouvaient plus être vues par Tohka, elles s'arrêtèrent.

« … Shidou. Eh bien, comment dire, merci. Sincèrement. »

« Remerciement. Grâce à Shidou, l'affrontement entre Yuzuru et Kaguya s'est achevé. »

« Non, c'est... »

Il fut comme rétabli par cette soudaine gentillesse. Il afficha un sourire sec comme s'il était troublé.

Après qu'elles se soient échangées un signal visuelle l'une l'autre, elles observèrent Shidou.

« C'est pourquoi, eh bien, bien que ce soit fâcheux, nous avons décidé de te donner une récompense. »

« Requête. S'il te plaît, ferme les yeux. »

« Huh ? Les yeux... »

Il sourcilla tout en s’exécutant.

Ce faisant…

« … ?! »

Provenant de sa droite et sa gauche, sur ses lèvres une douce sensation se produisit en même temps. Il fut surpris.

Oui, Kaguya et Yuzuru étaient en train d'embrasser Shidou en même temps.

« Que, toutes les deux, qu'est-ce que vous... »

« C'est, c'est ce que je t'ai dit avant. C'est une récompense, le premier baiser de deux super beauté, Yuzuru et moi, tu sais ? Te voir danser de joie aurait été bien, mais cette réaction est également adorable. »

« Excuse. Est-ce dérangeant ? »

Kaguya croisa ses bras alors que son visage était rouge, alors que Yuzuru baissait sa tête en guise d'excuse. Et…

« Que... »

« Surprise. C'est... »

Dirent-elles soudain avec des voix paniquées. Réaction normale, puisque les sangles et chaînes qui couvraient leurs corps se transformèrent en particules de lumière et disparurent.

« Uh, ukyaaaaaaaa ?! »

« Panique. Ecchi-desu.[29] »

Toutes les deux couvrirent leurs poitrines et s'accroupirent sur place. Shidou s'exprima paniqué :

« Cal, calmez-vous toutes les deux ! Actuellement, en vue de sceller la Puissance Spirituelle, c'est important... »

« Shidou ? Il y a eu quelque chose qui a fait de la lumière, c'était quoi ? »

« … ?! Tohka ?! »

Afin de rendre la situation pire encore, Tohka, qui était supposée les attendre plus loin, *hyokon*, arriva.

Après avoir ouvert en grand ses yeux sous le choc, elle comprit probablement la situation et son visage devint totalement rouge.

« Shi, Shidou ?! Que, quequeque, qu'est-ce que tu es en train de faire ?! »

« Non, non, tu fais erreur ! Je n'ai pas... »

« Shidou m'a subitement enlevé mes vêtements... »

« Pleurs. Yuzuru ne pourra plus jamais se marier. »

Le coup de grâce fut prodigué par Kaguya et Yuzuru dont les deux voix se firent entendre derrière lui. Après que les joues de Tohka devinrent encore plus rouges, elle fixa Shidou dans les yeux.

« Shidoooooooouuuu ! »

« Att, attends ! Mon, mon corps est encore… Uh, aaaaaahhhh ?! »

Les cris de douleur de Shidou s'élevèrent de la forêt nocturne.



Postface[edit]

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Ca faisait longtemps! C'est Tachibana Koushi qui vous parle. Je vous présente [Date A Live 5 Yamai Tempest].

C'est la première fois que l'Esprit est en fait deux Esprits, d'une certaine façon j'ai eu l'impression que le nombre de personnage a pas mal augmenté cette fois. Bon, puisque c'est un volume qui a commencé derrière les scènes, si je vous dis qu'il n'y avait pas le choix, c'est qu'il n'y avait pas le choix... Mais, comment dire, j'ai eu pas mal d'aide de la part de Tsunako-san.

Bien sûr, le personnage que j'aime le plus, en dehors des Esprits, c'est Ellen. Au début, j'avais l'intention d'en fait faire un personnage supplémentaire, mais, en cours de route, elle est dévenue une personnage intéressant. J'adore les personnages qui sont drôles à énerver.

Et, j'attire votre attention. Je pense que nombre d'entre vous l'ont remarqué, mais le tome de cette fois est différent.

Oui. Revenez en arrière d'une page, s'il vous plaît. Ouvrez les yeux sur ce qui précéde la Postface et vous verrez le plan du <Fraxinus>! Le concepteur est Ebi Kawakanetake. Merci pour ce magnifique plan! Il est vraiment cool. Jetez y tous un oeil!

Puisqu'il y a beaucoup de remarques cette fois contrairement à précédemment, répondons un à un.

Le manga sérialisé de la version de Ringo-san de [Date A Live], publié dans le mensuel Shounen Ace, a été finalement prévu pour le 25 août!

Et la série annexe publiée dans mensuel Dragon Age sous le nom de [Date A Strike] par Oniyazu Kakashi-san a été confirmé pour le 8 septembre!

Ouais, c'est incroyable! C'est un bonus inclus avec ce livre. C'est comme l'attaque Jet S**eam. Par sa position, il serait le premier tremplin. Gukyaaa.

Et, ça ne s'arrête pas là. Le livre original [Date A Live 5 Yamai Tempest], les versions mangas [Date A Live] et [Date A Strike] vont avoir des sorties mémorables consécutives, il semblerait qu'il n'y ait pas d'autres choix que d'ouvrir une campagne de multi-achat!

Je pense que de plus amples détails seront écrits sur l'emballage, donc vérifiéz, s'il vous plaît!

Et! En décembre, la date limite du [Date A Live 6 Miku Lily] dont la date butoir est le 31 août approche! On m'a montré les illustrations, et le résultat est plutôt bon. Ceux qui sont intéressés, dépêchez-vous!

Bon, ce sera le dernier : cette fois, également, c'est grâce aux efforts de Tsunako-san, superviseur-san, designer-san et également chaque personne relative à la publication, que livre a été publié.

Et, une fois encore, merci beaucoup à vous tous.


La prochaine [Date A Live 6 Miku Lily].

En parlant de lily, il sera sous le signe de fleur du Lilas[30]. Ce qui veut dire... il sera comme ça.

Bon, eh bien, j'espère vous revoir au prochain tome.

Tachibana Koushi.




Notes de traduction[edit]

  1. (耳年増) dans le texte original, ce qui désigne une jeune femme avec un grand nombre de connaissances superficielles concernant le sexe, etc.
  2. Lost : terme donné lorsque les Esprits repartent dans l’autre dimension. C’est un terme utilisé dans le jargon de l’AST. Référez-vous au tome 2 pour plus d’informations.
  3. Spécialité de friture à base de tofu de la région d’Okinawa : http://en.wikipedia.org/wiki/Sata_andagi.
  4. (下駄): Les geta sont les chaussures traditionelles au Japon. A présent, elles sont plus rares. Pour plus d’informations : http://fr.wikipedia.org/wiki/Geta_%28chausses%29
  5. Dans l’Enfer de Dante, c’est un lac gelé se trouvant dans la dernière strate de l’enfer, la strate réservée aux pires crimes.
  6. En anglais dans le texte original.
  7. Un kimono léger porté après le bain.
  8. Puyo: onomatopée japonaise pour la gelée, une attaque directe à ses seins.
  9. Peta: onomatopée japonaise pour la planéité, une nouvelle fois une attaque à ses seins.
  10. Background Music. Terme utilisé dans les jeux vidéo pour le fond sonore.
  11. Pokki(ポッキー) dans la version originale du texte. Il s’agit d’un produit proche de nos Mikado français.
  12. YanYanTsukeboo (やんやんつけぼー) dans la version originale. C’est un équivalent du Nutella Go.
  13. « Un zabuton (座布団?) est un coussin japonais pour s'asseoir. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Zabuton
  14. Partie où les deux pans du yukata se superposent l’un à l’autre.
  15. セーブ (Save) dans la version originale. Une référence aux points de sauvegarde des RPG.
  16. ゾンネンシャイン (zonnen shain) dans les furiganas de la version originale. A remarquer que c’est un mélange d’allemand, Sonen, le soleil, et d’anglais, Shine. C’est un propre des attaques spéciales de Kaguya d’employer des mots d’allemand.
  17. Jeu japonais traditionnel (Suikawari) : http://en.wikipedia.org/wiki/Suikawari
  18. Dans le shintoïsme, c’est une pratique courante pour prier. Ici, ça doit être pour solliciter la bonne fortune.
  19. 納豆-Graines de soja fermentées.
  20. シュールストレミング- Une spécialité suédoise à base de harengs fermentés.
  21. Pour de plus amples explications : http://fr.wikipedia.org/wiki/Moe_%28Japon%29
  22. サービス dans la version originale. Faut-il y voir un double sens sachant la connotation du mot dans le monde du Manga ?
  23. En anglais dans la version originale (ラルリーラブリー).
  24. Flammes du Purgatoire. Dans la version originale, les furiganas sont : フェーグフォイア・フランメ(Feegufoia Furanme). Encore un nom d’attaque typique de Kaguya, utilisant à la fois le mot allemand Fegefeuer (le purgatoire) et le mot anglais Flame (Flammes). Il est à remarquer que フランメ (Furanme) pourrait tout aussi bien être le mot allemand Flamme, mais vu que la majorité de ses attaques utilisent un mot d’allemand et un mot d’anglais, nous avons pris parti pour cette interprétation.
  25. Jeu de carte japonais.
  26. Autre jeu de carte japonais.
  27. Procédé divinatoire proche de la « sourcellerie ». Pour plus d’informations : http://fr.wikipedia.org/wiki/Radiesth%C3%A9sie.
  28. Application externe d'une médication chaude (boues, serviettes chaudes, etc.), pour lutter contre une inflammation.
  29. « C'est pervers ! ». Tout comme le traducteur anglais, nous pensons que c'est plus juste de le laisser tel quel afin de rendre plus fidèlement le style de langage de Yuzuru.
  30. Jeu de mot concernant le yuri, – genre lesbien de manga,- qui signifie lilas, comme la fleur, soit lily en anglais.