Date A Live : Tome 3

From Baka-Tsuki
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Illustrations[edit]


Prologue : La Visiteuse Vêtue de Noir[edit]

« Je suis un Esprit. »

Lundi 5 juin.

Après avoir entendu cette déclamation issue de la bouche de l’étudiante transférée qui se tenait devant le tableau noir, la classe 2-4 du lycée Raizen plongea dans le silence.

Mais les réactions, que montra chacun, n’étaient pas les mêmes.

La plupart des étudiants ne pouvaient pas comprendre le sens de ces mots et avaient eu, sur leurs visages stupéfaits, des expressions du genre « Qu’est-ce qu’elle raconte celle-là ? C’est une fille qui rêve en plein jour ? Ou bien, y’a quelque chose qui close avec elle ? ».

En outre, il y avait de nombreux garçons qui s’étaient retrouvés fascinés par sa beauté enivrante, ce qui avait eu pour effet qu’ils n’avaient pas été en état pour les comprendre.

... Cela dit, la réaction d’Itsuka Shidou était totalement différente de celles de ses camarades.

« … Quo... ! »

Avec de profondes rides apparaissant sur son front et des gouttes de sueur coulant le long de son visage, Itsuka Shidou observait l’insouciante étudiante transférée qui se trouvait à côté de la table.

C’était une fille qui avait des cheveux noirs attachés en deux couettes. Sa peau était blanche et douce comme la soie. La partie de son cou, visible au-dessus de son collier, était si mince qu’on aurait cru la briser à la moindre pression qu’on y eut appliquée.

La chose la plus distinctive de son apparence était sa frange. Bien qu’elle ait une beauté stupéfiante… sa frange était anormalement longue, couvrant presque toute la moitié gauche de son visage.

Quoi qu’il en soit, Shidou ne pouvait pas s’empêcher de se sentir chanceux de cela.

Son œil droit n’était pas couvert par la frange ; au moment où ils eurent un contact visuel, Shidou fut hypnotisé, un peu comme s’il avait été tenté par un diable. Du coup, si elle avait regardé avec ses deux yeux… Shidou aurait été probablement dans le même état que les autres garçons mentionnés précédemment.

Shidou avala sa salive et jeta un regard au tableau.

A cet instant, la fille prit une craie blanche et écrivit son nom.

« Tokisaki… Kurumi. »

Shidou avait prononcé ce nom à basse voix, personne ne put l’entendre.

Esprit.

A l’instant, Kurumi avait, en effet, évoqué ce terme.

Maintenant, dans la salle de classe, trois personnes seulement comprenaient vraiment le sens de ce mot.

« … »

Shidou scruta les places à sa gauche et à sa droite.

La fille assise à sa droite, Yatogami Tohka regardait avec une expression de surprise et de stupéfaction qui était évidente.

A l’opposé, Tobiichi Origami, à sa droite, quoique son visage ne montra aucun changement, portait un regard froid et meurtrier à Kurumi.

Après cela, après que Shidou ait fini d’observer les réactions de ces deux-là, au moment où il ramena son regard en face de lui…

« … ! »

Shidou retint son souffle alors que ses épaules tremblèrent un instant.

Cela dit, c’était parfaitement normal. C’était parce que Tokisaki Kurumi utilisait son œil droit, qui avait de long cils, pour fixer Shidou.

« … Quo... »

Shidou ne pouvait plus bouger son corps. A ce stade, les yeux et la bouche de Kurumi prirent la forme d’un sourire.

« J’espère que je vais bien m’entendre avec tout le monde à l’avenir. »

Après avoir fini, elle s’inclina lentement.

Puisque personne ne ressentit la même peur que Shidou, la salle de classe applaudit bruyamment.



Chapitre 1: Seconde élève transférée[edit]

Partie 1[edit]

Se léchant les lèvres, elle goûta sa propre sueur.

Son propre Territory, qui encerclait son corps, permettait de contrôler la gravité, l’humidité, la température ainsi que tout ce qui était pensable.

Pour comprendre la raison de cette transpiration, il fallait prendre en compte plusieurs facteurs extérieurs. Par exemple, des exercices excessifs, de sérieuses maladies...

Ou, une panique accablante.

« ... »

Tobiichi Origami avala sa salive, tout en essayant de réguler sa respiration et tout en serrant, dans sa main, la poignée de son épée laser à fortes particules, la <No Pain>.

Actuellement, ce qui enveloppait son corps svelte, ce n’était pas l’uniforme scolaire, qu’elle portait d’habitude, mais une combinaison avec un dispositif de raccordement et une unité Realizer optimisée pour le combat.

Ces magiciennes modernes portaient ce genre de choses, une armure mécanisée, en vue d’utiliser leur magie.

En revêtant ces armures qui déploient leurs propres Territory, elles auraient tout aussi bien pu être nommées des surhommes.

Quoi qu’il en soit... A l’ instant même, Origami, qui était effectivement un surhomme, avait été complétement acculée.

« ...Uwaaaaaa!? »

« ...Tch. »

En réponse à ce cri, qui provenait du communicateur, Origami soupira légèrement.

Un son familier. C’était l’unité anti-Esprit à laquelle Origami appartenait, c’était la voix d’un membre de l’AST.

Cela faisait... neuf personnes déjà. Tous les membres aux côtés d’Origami avaient déjà été battus.

« …Ku. »

Alors qu’elle utilisait les objets alentours pour cacher son visage, elle transmit un ordre dans sa tête.

Immédiatement, la lumière de son Territory s’affaissa, l’écran d’énergie dévoilant une scène que les yeux d’Origami ne pouvaient pas voir.

Près de la base de Tenguu où le JGSDF était établi, sur les terrains d’entraînements spéciaux.

C’était là qu’Origami et les membres de l’AST avaient l’habitude d’être lorsqu’ils s’équipaient de leurs CR-Unit, des terrains spéciaux qui ont été infusés de magie.

Et au centre de cette forêt de décombres se tenait une fille aux cheveux attachés en queue de cheval.

... Takamiya Mana.

Alors qu’Origami se rappelait silencieusement le nom de cette fille, elle observa son allure, une fois de plus.

Elle était âgée d’à peu près 14 – 15 ans. Sous l’œil gauche de son visage adorable se trouvait un grain de beauté qui n’ôtait rien à son innocence.

Néanmoins, enchâssant ce petit visage, elle avait une armure mécanisée pas du tout adorable et qui ne lui correspondait pas du tout : une CR-Unit.

Elle était légèrement différente des modèles qu’Origami et les membres de l’AST utilisaient normalement, les épaulettes étaient équipées de matériel militaire semblable à des boucliers. La rumeur affirmait que c’était le nouveau prototype de l’équipement de l’AST.

« ... Hey, la dernière personne ! Peu importe où vous vous cachez, s’il-vous-plait dépêchez-vous de venir. »

Avait simplement déclaré Mana tout en ignorant totalement les membres de l’AST qui gisaient à ses pieds.

Même si cela ne pouvait être vu sous cet angle, les 8 membres de l’AST, qui avaient été neutralisés, s’étaient effondrés encore à l’abri des obstacles alentours.

C’était un pouvoir absolu à sens unique. C’était réellement comme avoir un Esprit comme adversaire.

... C’était à la fin du mois précédent que Mana avait été dépêchée sur la base de Tenguu.

On la considérait comme la carte maîtresse du JGSDF.

On prétendait sa capacité de contrôle de l’unité Realizer, une des meilleures au monde.

On affirmait... qu’elle avait t.u.é. un Esprit toute seule.

Simplement sur la base de ces rumeurs, elle devait être, en effet, un monstre aberrant.

Néanmoins, lors de sa première présentation, elle avait annoncé : « Y’a-t-il quelqu’un qui peut me battre ici ? Même un seul, ça ira. » Bien sûr, pour les membres de l’AST qui se considèrent comme une élite, il n’y avait pas moyen qu’ils l’acceptent sans se battre.

Ainsi, en guise d’excuse pour tester les capacités de combat de Mana, une simulation de combat spéciale l’opposant à dix adversaires avait été organisée.

Néanmoins, à proprement parler, Origami n’avait aucun intérêt dans celui-ci…

« … »

Sans rien dire, Origami se souvint de la conversation qu’elle avait eue avec Mana le jour auparavant.

Le jour où elle avait été mutée à la base de Tenguu, Origami et les membres de l’AST regardaient les images du combat précédent.

Mana, en voyant l’image affichée à l’écran... Itsuka Shidou, elle avait dit :

« ... Nii-sama[1]. »

Origami n’avait jamais entendu dire que Shidou avait une telle sœur. Après qu’Origami lui eut posé cette question, Mana avait dit avec une expression choquée :

« !! Le Sergent-chef Tobiichi connait Nii-sama !? Umu…Nn, d’accord, je peux vous expliquer les détails. Mais, cette simulation de combat, vous devez y participer, c’est ma seule condition. »

Après cette conversation, il n’y avait plus eu d’autres choix.

En conclusion, Origami avait dû participer à l’exercice...

Le résultat était ce qu’elle voyait à présent.

Neuf membres avaient déjà été neutralisés ; Origami avait également perdu tous les autres équipements à part son épée laser.

A l’opposé, Mana demeurait intouchée.

« …Hey, à ce rythme, vous allez vous épuiser, vous savez ? »

Mana laissa échapper un soupir tout en formulant cette phrase qui semblait manquer de keigo[2].

Ce n’était pas une solution de rester cachée de la sorte. Origami s’envola et fit face à Mana.

« ... Oh. Vous vous décidez enfin ? »

« … »

Origami envoya une impulsion mentale dans sa tête, activant par ce biais les propulseurs dans son dos.

L’équipement d’Origami se limitait à sa seule <No Pain>. Elle n’avait pas d’autres options disponibles pour le combat rapproché.

Penchant son corps vers l’avant, elle s’envola dans les airs à vive allure.

« Tellement directe. Je ne déteste pas ça, vous savez … »

Alors que le coin des lèvres de Mana se levait, les boucliers sur ses épaules commencèrent à se modifier, bougeant eux-mêmes sur ses deux bras.

« <Murakumo> — Mode deux épées. »

L’instant d’après, deux larges épées constituées de lumière s’extirpèrent des extrémités des boucliers.

Néanmoins, Origami n’arrêta pas son déplacement.

Tout en brandissant <No Pain> au-dessus de sa tête, elle continua d’accélérer.

Origami savait qu’elle allait perdre si elle se ruait de la sorte.

« ... Maintenant, c’est le bon moment. »

Du coup, au moment-même où Mana et son propre Territory entrèrent en collision, elle rétrécit rapidement les dimensions du sien.

Le Territory, qui avait généralement un rayon de trois à cinq mètres, avait été réduit à un dixième.

Instantanément, la partie des propulseurs, qui se trouvait à l’extérieur du Territory, repris son poids normal.

En même temps, Origami décrocha ces derniers de l’armure assistée, elle agrippa fermement sa <No Pain> désactivée et se lova, passant ainsi sous le coude de Mana.

« Quoi… ? »

A cause de cette action soudaine, Mana écarquilla ses yeux.

Les propulseurs, qui avaient perdu leur porteur, suivirent les lois de la physique, ils poursuivirent leur trajectoire vers Mana tel des projectiles géants.

« Tch ! Trop naïve… ! »

Mana regagna rapidement son sang-froid, elle utilisa son épée laser pour trancher en deux ces derniers.

Des étincelles s’éparpillèrent partout, les deux morceaux des propulseurs tombèrent au sol avec un nuage de fumée.

Mais – c’était-là l’opportunité qu’attendait Origami.

« ... Tch ! »

La lame de la <No Pain> réapparut une fois de plus, elle retomba en direction du dos de Mana.

Visant cette ouverture, alors que Mana se concentrait sur l’interception des propulseurs, c’était une frappe imparable.

Alors qu’elle la frappa, l’épée <No Pain> laissa une entaille de lumière sur la CR-Unit de Mana.

... Néanmoins.

« Quoi… »

Origami resta sans voix.

Au moment même où le tranchant de l’épée laser entra en contact avec l’équipement de Mana... le mouvement d’Origami fut arrêté alors que son corps entier eut comme la sensation d’être frappé par quelqu’un répétitivement avec la paume de la main.

« ... Fuu, c’était dangereux. »

Mana retourna sa tête vers Origami pour la fixer dans les yeux.

Origami eut des difficultés à respirer. C’était sans ambiguïté. Mana avait arrêté les mouvements d’Origami simplement avec son Territory.

… Franchement, ce n’était pas un résultat qui aurait pu être prédit.

On aurait pu considérer qu’avec juste le temps de réaction de Mana, peut-être aurait-elle pu s’occuper d’Origami immédiatement après son interception des propulseurs. Quelle qu’en soit la raison, elle était juste à côté de Mana, pile à l’intérieur de son Territory.

Mais, sans tenir compte de ce qui précède, si c’était le Territory d’Origami qui avait été réduit à trente centimètres, une telle action n’aurait pas été impossible…du moins, on aurait pu l’envisager.

Mais… ce n’était pas prévu pour être si simple.

« Dommage, échec et mat. »

Mana se retourna lentement, l’épée de lumière toucha l’épaule d’Origami.

En même temps, l’alarme au-dessus de leurs têtes sonna. Après cela, des voix se firent entendre dans leurs combinaisons de combat.

« Le combat d’entraînement s’achève. La gagnante est le Sous-Lieutenant Takamiya Mana. »


Après cet entraînement.

Origami, qui était revenue au hangar à l’intérieur de la base, réorganisait ses pensées tout en fixant le sol.

Comme si elle voulait se remémorer ce sentiment qu’elle avait ressenti quelques minutes auparavant, elle ferma fermement sa main droite.

« ... »

A cause de la désactivation de son Territory, son corps se sentait extrêmement lourd. Simplement le fait de lever son bras et serer son poing, lui produisait une impression anormale semblable à quelqu’un nageant dans une boue extrêmement visqueuse.

Mais c’était également à cause de ce prodige qui l’avait mise face à sa propre inutilité, Origami ajouta inconsciemment de la force au poing qu’elle serrait.

« Takamiya... Mana. »

C’était comme si elle était en train de frimer de sa capacité à utiliser à ce niveau son Territory et sa combinaison spéciale. Franchement, elle était sans nul doute un génie légendaire.

C’était quelque chose qu’il fallait honorer. Mana était une humaine, un membre de l’AST. Ce qui voulait dire qu’elle avait le même but d’abattre les Esprits, tout comme Origami. S’il y avait plus de magiciennes comme elle, les chances de succès en combat s’en retrouveraient grandement accrues.

Mais, même si elle comprenait ce fait, un sentiment inexplicable de frustration grandit de plus en plus fort à l’intérieur de son cœur.

« …Elle est forte. »

Origami avait exprimé ceci en fixant son poing fermé. En même temps, une voix provint d’au-dessus de sa tête.

« ... Vous êtes étonnante aussi, Sergent-chef Tobiichi. »

Levant hâtivement sa tête, sans savoir quand elle s’était rapprochée, Mana, qui portait encore la combinaison assistée, se tenait-là avec une boisson énergétique dans chaque main.

« ... »

Bien qu’elle vînt de désactiver son Territory, les mouvements de Mana ne semblaient pas du tout lents.

« Pour vous dire la vérité, c’était vraiment effrayant. Même si ce n’était que quelques millimètres de la pointe de l’épée, cela faisait longtemps que personne ne m’avait touché en combat. »

Il n’y avait pas de sarcasme, c’était simplement une pure assertion des capacités d’Origami.

« Qu’est-ce que je dois faire... pour être aussi forte que vous ? »

Demanda Origami qui paraissait comme troublée alors que ses sourcils se rejoignaient.

« J’ai entendu dire que vous avez tué un Esprit auparavant. J’aimerais entendre les détails. »

Confrontée aux mots d’Origami, Mana leva légèrement ses épaules.

« Tué… un Esprit, vous dites ? Eh bien, ce que vous avez dit n’est pas faux... »

Face à cette réponse incertaine, Origami inclina légèrement sa tête.

« Quel est le problème ? »

« Mm… le fait est que celui-ci est légèrement différent du reste des Esprits... malgré tout, est-ce que vous voulez encore savoir ? »

« Quoi que ce soit, peu importe à quel point l’information est minime. S’il-vous-plait, dites le moi. »

« Hm, ça n’a pas d’importance… Bien que ça ne puisse pas être dit face à un grand public, je pense que, dans un futur proche, vous aurez l’occasion de le voir par toi-même. — J’ai été mutée ici pour cette raison, après tout. »

Vis-à-vis de cette déclaration qui ne révélait pas grand-chose, Origami pencha sa tête.

« … ? J’ai entendu dire que vous avez été mutée ici pour accroître notre capacité de combat. »

« Ce que vous dites n’est pas totalement faux. Mais pour être plus précis, j’ai été placée ici pour confirmer la présence d’un certain Esprit. »

« Un certain Esprit ? »

« Oui. Depuis tout ce temps, je suis à la poursuite du plus brutal des Esprits. Son nom de code est... »

Alors que Mana était sur le point de continuer.

*Bang !* *Bang !*

Leurs deux têtes furent frappées.

« …Sss. »

« Ça fait mal. »

Origami et Mana tenaient leurs têtes et les tournèrent à droite en même temps.

Se tenant-là, le chef de l’unité de l’AST, vêtue de l’uniforme militaire du JGSDF, Kusakabe Ryoko, serrait dans sa main un livre enroulé.

« Vous deux… »

Les veines sur son front étaient gonflées, elles apparaissaient en même temps que le son d’un *Shwa !*, le bruit de la ferraille récupérée sur le terrain d’entrainement —

C’était les propulseurs qui avaient finement séparés en deux.

« Est-ce que je ne vous avais pas dit que c’était une simulation combat !? Pourquoi aviez-vous le besoin de détruire des équipements si couteux !? »

Toutes les deux, tout en fixant le doigt tendu de Ryoko, répondirent :

« J’ai utilisé des méthodes foireuses pour essayer d’embusquer le Sous-lieutenant Takamiya, mais j’ai échoué. »

« Même si nous avons dit que c’était une simulation de combat, si nous ne nous battons pas réellement..., alors nous n’obtiendrons que des données inappropriées ? C’est ce que j’en ai déduit. »

C’est ainsi que les têtes des deux furent frappées à nouveau.

« Quelle perspicacité ! Redites-moi ça après avoir recherché correctement le coût des matériaux nécessaires à la construction de ces unités Realizer ! Notre budget n’est pas illimité, vous savez !? »

« Compris. »

« Bien compris. »

« Vraiment… »

Après avoir lâché un « Soyez plus prudentes la prochaine fois », Ryoko s’en alla en haussant les épaules.

Une fois la silhouette de son dos disparue, Mana fit la moue.

« Je dis que la Capitaine-dono[3] est vraiment une plaie. C’est à cause de ça qu’elle est aussi ennuyeuse que ces Esprits. »

« Je suis d’accord. »

Origami hocha de la tête, Mana arbora un large sourire de contentement.

« Je sens que nous pourrons très bien nous entendre l’une l’autre, Sergent-chef Tobiichi. Nous sommes des personnes qui traitons les Esprits et autres assimilés comme des ennemis. Si nous devions être matérialistes, nous ne serions pas en mesure de gagner quand bien même nous le pourrions. »

Après avoir formulé ceci, elle leva exagérément ses épaules.

Origami, sans mot dire, réexamina le visage de Mana.

Comme on pouvait s’y attendre… Pas seulement l’apparence, mais aussi l’atmosphère, elles étaient toutes deux très proches de celles de Shidou.

Mais, Shidou ne devrait avoir qu’une seule sœur.

Même si elle n’avait échangé aucun mot avec elle, elle l’avait vu quelques fois auparavant. Itsuka Kotori. Inutile de dire qu’elle était un individu différent de Mana.

Néanmoins... selon les données d’Origami, Shidou avait été adopté. La possibilité que Mana fût sa véritable sœur ne pouvait être reniée.

« Sous-lieutenant Takamiya. »

Origami posa naturellement la question.

« Comme promis. Expliquez-moi à propos de vos liens avec Shidou. »

« Shidou… ? Qui est-ce ? »

Mana pencha sa tête… C’était inhabituel. Origami continua avec stupeur.

« Il y a quelques jours, alors que nous regardions la bataille avec [l’Hermite] — c’est le nom du jeune homme de la vidéo. Vous, vous avez appelé cette personne nii-sama. Vous avez promis de m’expliquer si je participais à l’entraînement. »

« …Sss, Nii-sama… ? »

Mana sourcilla légèrement.

« Est-ce que quelque chose cloche ? »

« Non, c’est simplement un petit mal de tête… »

Tout en disant cela, elle appuya sur ses tempes avec ses doigts.

Origami ressentit, qu’à ce moment-là, avait quelque chose de familier... Comme le mois précédent, quelque chose proche de Shidou dans la vidéo.

« …Ddd, Désolé pour ça. C’est bon maintenant. Ah, cette question à propos de Nii-sama. »

Mana agita légèrement sa tête, essayant de se défaire de sa douleur, puis elle sortit un petit pendentif de la poitrine de son uniforme de combat.

Et, elle l’ouvrit. A l’intérieur, il y avait une photographie d’un jeune garçon et d’une fille.

« ... Shidou. »

Origami s’exprima à mi-voix. C’était indubitablement Itsuka Shidou lorsqu’il était jeune. A ses côtés, il y avait une fille avec un grain de beauté près de l’œil en guise de signe particulier... c’était bel et bien Mana, peu importe comme on la voyait la chose.

« C’est ? »

« Une photo du passé... Mon seul indice entre mon Nii-sama et moi. »

« S’il-vous-plaît racontez-moi les détails. »

Même si Origami avait déclaré ceci, Mana se gratta la tête comme si elle était troublée.

« Même ainsi, je dois m’en excuser… Je ne souviens plus de grand-chose. »

« … ? Comment ? »

« Non…Pour vous dire la vérité, je n’ai pas de souvenir du passé… »

« Amnésie ? »

« Ce n’est pas aussi simple que ça... Lorsque j’ai vu l’image, je me suis souvenue de quelque chose. J’ai déjà appelé cette personne Nii-sama par le passé. »

« Alors pourquoi est-ce que vous m’avez donné cette condition ? »

Origami avait dit cela sur un ton surpris, Mana en guise d’excuse inclina sa tête.

« Non… je voulais voir les capacités du Sergent-chef Tobiichi. Dans ce peloton, vous êtes considérée comme la plus forte. Pour être honnête, vous avez dépassé mes attentes. »

« ... »

Origami, sans dire mot, regarda le visage de Mana. Même si c’était une victoire à sens unique, elle avait affirmé que ses attentes avaient été dépassées. Son cœur ressentit une légère complexité.

Mana regarda Origami et continua.

« Ce…Sergent-chef Tobiichi. Je suis désolée, mais j’ai une autre faveur à vous demander. »

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Même si c’est peut-être égoïste, cette… information sur nii-sama, vous ne l’avez pas ? Aussi longtemps que c’est dans vos cordes, pouvez-vous me le dire? »

« ... »

Sans savoir depuis quand la situation semblait s’être inversée…Origami réfléchit un petit moment puis elle pencha légèrement sa tête vers l’avant et acquiesça.

« ... Nom, Itsuka Shidou. Age... seize ans. »

« D’accord. »

« Sa famille est composée d’un père, d’une mère et d’une sœur. Actuellement, ses parents ont quitté le pays dans le cadre de leur travail à l’étranger. C’est un adepte des tâches ménagères. »

« Umu… »

« Son groupe sanguin est O RH+. Sa taille est de 170cm. Son poids est de 58,5 kg. Sa taille en position assise est de 90,2 cm, le haut de son bras 30,2 cm, son avant-bras 30,2 cm. Son torse 82,2 cm, sa poitrine 70,3 cm, hanche 87,6 cm. »

« …D’accord ? »

« Sa vue pour l’œil droit est de 0,6. Celle de son œil gauche est de 0,8. Sa force de pression pour sa main droite est de 43,5 kilo, sa main gauche 41,2 kilo. Sa pression sanguine 128/75. Son niveau de sucre dans le sang 88 mg/dl. Son niveau d’urée 4,2 mg/dl. »

« A, Arrêtez arrêtez ! Je ne veux pas savoir ce genre de choses. »

« C’est vrai ? »

Origami hocha légèrement de la tête en guise de réponse aux cris frénétiques de Mana.

« Cela dit, haa, c’était vraiment des informations détaillées. Etait-ce une sorte de blague ? »

« Non, pas une blague. C’était des mesures correctes. »

« ... »

Origami avait répondu avec une expression sincère, Mana leva ses sourcils alors que de la transpiration se formait sur son visage.

« ...Désolée, quelle est la nature exacte de la relation entre Nii-sama et vous, Sergent-chef Tobichii ? »

Face à la question de Mana, Origami répondit sans aucune hésitation, confusion ou bégaiement.

« Amants. »

Partie 2[edit]

« Bouge pas ! Qu’est-ce que tu fais, Shidou ? »

« Hehh ? »

Dans le salon de sa maison, Itsuka Shidou, qui venait de se voir poser cette question bien soudaine, avait-il ainsi répondu.

En tournant sa tête avec ses deux couettes attachées par des rubans noirs, une fille vêtue en uniforme se tenait-là, ses deux mains posées sur ses hanches.

C’était la sœur de Shidou, Itsuka Kotori – en mode commandant.

Ses yeux ronds et adorables semblaient s’affaisser de manière malheureuse, le bâtonnet de sa Chupa Chups dans sa bouche pointait tout droit comme si c’était la queue d’un animal intimidant ses ennemis.

« Qu’est-ce que je fais…Je me prépare pour aller à l’école, bien sûr. »

Shidou jeta un œil à son allure une fois de plus. Il portait un uniforme de lycéen (uniforme d’été), un sac dans sa main droite, un bento dans sa main gauche, quoi qu’on en dise, il avait l’allure de quelqu’un se rendant à l’école.

Mais, Kotori haussa ses épaules et secoua sa tête, comme si c’était une sitcom américaine.

« D’accord, laisse-moi reformuler. Shidou, qu’est-ce que c’est dans ta main gauche ? »

« Simplement un bento. »

« Pour toi-même ? »

« Non…C’est pour Tohka. »

C’est vrai, son propre bento était déjà à l’intérieur de son sac. Le bento dans sa main gauche était pour la fille vivant dans l’immeuble voisin : Tohka.

« Comment comptes-tu le donner à Tohka ? »

« Je comptais le mettre dans son casier… »

Puisque je ne peux pas lui remettre en main propre à l’école, alors en utilisant la clef de rechange des casiers, il y sera à l’intérieur chaque matin.

En disant cela, Shidou émis un court *Ah*.

« Aaa, tu es inquiète par rapport à ça… C’est la saison où le temps commence à être vraiment chaud ; tu es concerné par l’hygiène, pas vrai ? Détends-toi, j’ai mis des compresses de glace ainsi que du papier antibactérien. Eh bien, cela aurait été parfait si j’avais pu des prunes séchées à l’intérieur, mais Tohka semble détester les prunes séchées…Aïe !? »

En plein milieu de sa phrase, son tibia fut frappé par Kotori. Shidou tomba en avant tout en courbant son corps. Le sac tomba au sol mais, au moins, il parvint à sauver le bento de Tohka.

« Quo, Qu’est-ce que tu … ! »

« Parce que je veux que tu meurs, une fois pour toutes. Pourquoi est-ce que tu continues de le lui mettre dans son casier ? »

« C, C’est parce que si je ne le fais pas, je ne peux pas lui le donner. Après tout, nous avons cours à des moments différents… »

« C’est la raison. »

Kotori sortit la sucette de sa bouche et fit face à Shidou.

« Cela fait deux semaines depuis que Tohka a déménagé de l’autre côté de la rue. Shidou… est-ce que Tohka et toi êtes allés à l’école ensemble comme avant ? »

« Eh ? C’est... »

En déplaçant sa ligne de vue en face de lui, il compta le nombre de fois dans sa tête.

« …Maintenant que tu le mentionnes, non. Pas même une seule fois. »

Shidou dit ceci en utilisant sa main droite, libérée à présent de son sac, pour se gratter la joue.

Jadis, Shidou et Tohka avaient vécu ensemble pendant une courte période, à cette époque d’étranges rumeurs avaient commencé à circuler au sein des camarades de classes et, au final, ils avaient dû aller à l’école à des moments différents.

Cela étant dit, ils étaient à présent voisins et non plus colocataires, ils n’avaient plus besoin d’être si paranoïaque. La vérité était qu’ils rentraient habituellement à la maison ensemble.

Sans savoir si c’était devenu une habitude, encore maintenant Shidou partait à l’école un peu plus tôt.

Eh bien, c’est aussi parce que Tohka était bien plus une lève-tard que Shidou.

Kotori utilisa sa main pour soutenir sa tête avec une expression de scepticisme.

« Après tant de difficultés pour l’héberger en face, pour être ta camarade de classe, il n’y a aucune raison pour gaspiller la chance d’aller à l’école ensemble, pas vrai ? …Après tout, si d’autres Esprits apparaissent à nouveau à l’avenir, ils ne prêteront aucune attention à Tohka, du coup tu dois profiter de cette opportunité pour être avec elle. »

« Mu, Muuu… »

Shidou émis un son hors de sa gorge comme si c’était un grognement.

…Ce monde est parfois sujet à de soudains désastres connus sous le nom de déchirures spatiales.

Comme il a été mentionné, les déchirures spatiales, en employant l’épicentre comme cœur de la zone spatiale dans un périmètre désigné, infligent une explosion horrible qui fait disparaître tout ce qui s’y trouve.

Même si des méthodes de prédiction des déchirures spatiales et des moyens de reconstruction rapide des bâtiments ont été développées dans les temps modernes, c’est toujours une catastrophe naturelle sérieuse.

Bien que ce ne soit généralement pas publiquement révélé…la raison réelle de ces déchirures spatiales est liée à l’existence des Esprits.

Les Esprits sont généralement des non-existences dans ce monde et lorsqu’ils se matérialisent, les frontières dimensionnelles causent de violents tremblements. On estime que c’est la cause des déchirures spatiales.

Bien sûr, les humains, qui sont au courant, ont pensé à de multiples contre-mesures pour se défendre contre cette menace. Parmi ces moyens, on peut distinguer deux groupes.

Le premier utilise des moyens militaires pour détruire les Esprits.

Alors que l’autre groupe est…

« Est-ce que tu le réalises, Shidou ? La prochaine fois qu’un Esprit apparaîtra, tu devras le faire tomber amoureux de toi. »

« Je, j’ai compris. »

Portant un regard comme vaincu, Shidou avait répondu avec un soupir.

C’est vrai, c’est l’autre méthode.

Entrer en contact avec les Esprits, engager la conversion avec eux et, après que leurs émotions aient atteint un sommet…les embrasser.

Sans savoir pourquoi, Shidou a la capacité de sceller les pouvoirs des Esprits.

Et ceux qui dirigent cette capacité, c’est l’organisation à laquelle appartient Kotori, <Ratatoskr>.

« Très bien. Va à l’école avec Tohka aujourd’hui. D’accord ? »

« Mn. Compris. »

Il n’y avait aucun sous-entendu. Shidou prit son sac et se dirigea vers la porte.

« Doucement, Shidou. Tu as oublié quelque chose. »

A mi-chemin, la voix de Kotori s’était fait entendre, Shidou regarda ses mains.

« Ah ? Il y a quelque chose d’autre ? »

« Celui-là…là. »

Kotori tendit sa main dévoilant l’équipement qui se trouvait dans sa paume.

Elle tendit, ensuite, l’index de sa main droite et pointa son oreille.

Comme si elle voulait que Shidou le prenne immédiatement.

« …Ceci ? Pourquoi dois-je… ? »

« Parce que c’est le bon moment, nous allons t’entraîner tant qu’on y est. Très bien, enfile déjà ça. »

Sur ce, Kotori força à moitié Shidou à le mettre dans son oreille droite tout en souriant.

« Ent, Entrainement…Un entrainement pour quoi au juste ? »

« Vraiment… Le sujet de la journée c’est de repousser la jalousie de Tohka. »

« Ha…Haa ? Faire disparaître…sa jalousie ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Nn. Tu te souviens de l’incident du mois derniers lorsque Yoshino est apparue ? »

« …A,aa. »

Marmonna doucement Shidou.

Yoshino est un Esprit féminin qui est apparue après Tohka…Mais, lorsqu’elle apparut, Tohka commença à piquer des crises de colère sans raison apparente.

« C’est le point essentiel, si tu venais à être intime avec d’autres filles, Tohka serait malheureuse. »

« Eh… ? Qu, Quoi ? »

En même temps que Shidou commença à protester, Kotori parut comme miser sur un idiot, elle laissa échapper un soupir.

« Quoi qu’il en soit ! Si ta relation avec d’autres filles est bonne, l’état mental de Tohka va rapidement devenir instable… A la fin, cela causera un retour de ses pouvoirs Spirituels. Si cela venait à arriver à chaque apparition d’un nouvel Esprit, ce serait regrettable... Néanmoins… »

Kotori pointa son doigt en direction de Shidou.

«…Aujourd’hui, lorsque tu iras à l’école, des membres du personnel de <Ratatoskr> vont entreprendre diverses choses pour attiser la flamme de la jalousie de Tohka. Shidou, ton travail consistera de t’en occuper lorsque cela arrivera. »

« M’en occuper mais…Ce, qu’est-ce que je devrais faire exactement… ? »

« Ça se passera bien, viens maintenant. »

Même si Shidou avait une expression de confusion totale, Kotori ne semblait pas du tout y prêter attention, elle poussait Shidou à travers la porte.

« C’est bientôt l’heure où Tohka quitte sa maison. Pour plus de détails, écoute simplement les instructions à travers le communicateur. »

« Non, att, attends une seconde… »

Même si Shidou ne connaissait pas totalement la situation, c’était inutile de tenter de s’opposer à Kotori dans ce mode ; cet état de fait avait été profondément appréhendé au cours des deux derniers mois. N’ayant aucune autre option, il commença à enfiler ses chaussures.

A ce stade, la voix de Kotori se fit entendre derrière Shidou, une fois de plus.

« Aaa, très bien, très bien, il y a encore une chose. Nous avons une invitée aujourd’hui également. Eh bien, ce serait bien de simples salutations et essayer de lui parler un peu. »

« Une invitée ? »

Face à la question de Shidou, Kotori ne répondit pas et s’en alla à l’étage. Puisqu’elle avait dit qu’elle donnerait des instructions à travers le communicateur, le plus probable était qu’elle s’en retournerait sur le <Fraxinus> par le biais du balcon du premier étage.

Soudain, la lumière du soleil éblouit la cornée de Shidou.

« Nn… »

Aujourd’hui, c’était le 5 juin. A présent, c’était déjà la saison des pluies mais, pour quelque raison, le ciel était limpide récemment…C’était comme si les cieux avaient utilisé toute la pluie le mois précédent.

Différent par rapport aux années précédentes, il n’y avait aucune couverture nuageuse alors que de puissants rayons de soleil frappaient directement le sol, causant une élévation des températures.

Incapable de supporter la chaleur estivale, Shidou avait opté pour l’uniforme d’été.

A cet instant.

« Est-ce que… ? »

En regardant la silhouette se tenant sous la lumière du jour devant la résidence des Itsuka, Shidou ne put s’empêcher d’écarquiller ses yeux.

Devant lui se tenait une fille qui semblait avoir le même âge que Kotori.

Elle portait une fraiche robe une pièce, un chapeau blanc d’été comme si elle avait voulu caché ses yeux. Sous ce chapeau, il y avait des cheveux bleu-vert comme l’océan ainsi que des yeux de saphirs qui dardaient constamment en direction de Shidou.

De même…ce qui était encore plus marquant, c’était sa main gauche. Pour diverses raisons, elle portait sur cette dernière une marionnette amusante en forme de lapin.

« Yoshino !? »

C’était impossible que quelqu’un puisse oublier le nom d’une fille avec une telle personnalité. Shidou alla aux côtés de Yoshino.

« Yahooo… Shidou-kun. Ça faisait un bail, n’est-ce pas… ? »

En cet instant, la marionnette sur la main gauche de Yoshino venait de s’exprimer en ouvrant et fermant sa bouche.

« Oh, oh. Cela faisait longtemps…Um, Yoshinon.»

Tout en hochant légèrement de la tête, il avait répondu de la sorte à la marionnette. Cette dernière répondait au nom de Yoshinon, elle était l’amie de Yoshino.

A l’origine, elle était une simple marionnette, sa voix provenait indubitablement d’une ventriloquie…mais, lorsque Yoshino la portait à sa main, on lui avait dit que sa seconde personnalité connue sous le nom de Yoshinon émergeait du plus profond d’elle.

Le fait était que les mouvements et les paroles de la marionnette n’étaient pas totalement du ressort de Yoshino.

« Qu’est-ce qui se passe ? Les examens de la journée sont finis ? »

« Nn…les examens physiques sont parfaitement accomplis…mais il y a toujours besoin d’une mise en pratique… »

Venait de dire Yoshinon tout en agitant ses petits membres.

« Pratique ? »

En même temps que Shidou demanda ceci, Yoshinon souleva soudainement les bords du chapeau de Yoshino.

« …Sss »

Yoshino semblait particulièrement effrayée, ses épaules tremblèrent pendant un court instant.

Mais, après avoir avalé bruyamment sa salive, elle ouvrit ses lèvres vacillantes et dit :

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« Bon, Bonjour, Shidou-san… ! »

Yoshino utilisa une voix bien plus audible que celle du mois précédent afin de le saluer.

« Woah !? »

Shidou ouvrit grand ses yeux et fit un pas en arrière.

Yoshino, qui était de nature timide et craintive à l’égard des humains, faisait entièrement confiance à Yoshinon dans le cadre de ses interactions avec autrui, elle ne parlait pas beaucoup. C’était la première fois que Shidou l’entendait parler à ce volume sonore.

A ce moment, un vrombissement se fit entendre dans son oreille droite. C’était Kotori, elle devait déjà être à bord du <Fraxinus>.

« Quoi ? Elle peut déjà parlé à moi et Reine, tu sais ? »

« Vraiment ? N’est-ce pas surprenant, Yoshino ? »

Après que Shidou eut exprimé ces mots, Yoshino apparemment embarrassée abaissa les bords de son chapeau mais les coins de ses lèvres affichaient les signes d’un sourire.

Puis, accompagnée par le son de la Chupa Chups bougeant à l’intérieur de la bouche, Kotori continua de parler.

« Même si c’est un peu tôt, j’aimerais laisser vivre Yoshino à l’extérieur du vaisseau de guerre. Avec Yoshino comme partenaire de conversation, le stress mental accumulé à l’intérieur de Tohka devrait se réduire, ce ne sera plus un problème… Puis à <Ratatoskr>, on pense qu’il est préférable de laisser un Esprit avoir une meilleure compréhension de la société et de vivre une vie paisible. »

« Umu. N’est-ce pas génial ? »

« Nn. C’est pourquoi aujourd’hui nous la laissons se présenter elle-même. »

« C’est vrai ? »

« Est-ce que cet endroit est le premier choix pour sa maison à l’extérieur du vaisseau de guerre ? »

En suivant la voix de Kotori, Shidou dirigea son regard vers l’immeuble de grande classe en face de la résidence des Itsuka.

C’était celui où résidait actuellement Tohka, on lui avait dit que <Ratatoskr> l’avait spécifiquement désigné pour y faire vivre les Esprits. Même si quelque chose d’inattendu se passait, il paraitrait qu’il ne serait pas facilement détruit.

« Eh bien…je vois. »

« Mais…de là à pouvoir tenir une conversation correcte, c’est encore discutable. »

« Aah… »

C’est vrai, même si les chambres étaient différentes, il était indiscutable qu’elles pussent être considérés comme des voisines.

Non, avant tout, Tohka et Yoshino étaient à la base des Esprits. C’était incompréhensible, jusqu’à présent, de savoir pourquoi Yoshino avait eu une mauvaise impression de Tohka, cela aurait été préférable qu’elles pussent toutes deux se parler normalement.

Les portes automatiques de l’immeuble s’ouvrirent silencieusement.

Une fille sortit de celui-ci en bâillant encore.

Elle avait des cheveux noirs comme la nuit et semblait être exceptionnellement visible sous les lueurs du jour, une splendide allure et des yeux tels des cristaux, elle dégageaient une sensation de stabilité.

C’était la camarade de classe de Shidou, Yatogami Tohka.

« … »

En regardant son apparence, Shidou retint sa respiration.

Tohka, à l’instant, ne portait pas le blouson occidental qu’elle portait la semaine précédente, mais un uniforme d’été à manches courtes avec un ruban.

Eh bien, Shidou portait également son uniforme d’été, du coup cela n’avait rien de surprenant…Mais, dès qu’il la vit dans cette tenue qui appuyait encore davantage sa belle silhouette, il ne put empêcher son cœur de sauter un battement.

« Nn… ? Shidou !? »

Seulement à l’instant, Tohka semblait avoir pris conscience de la présence de Shidou, elle ouvrit grand ses yeux et cria.

« Qu, N’est-ce pas extrêmement rare de se rencontrer si tôt le matin !? »

« Aa, aaah…Al, Aller à l’école avec toi parfois ne me semble pas être une mauvaise idée… Qu’est-ce qu’il y a ? »

Shidou formula cela avec des yeux furetant tout autour de lui. Les joues de la personne concernée prirent une teinte rouge, son expression s’illumina immédiatement.

« Ouais ! Umu, je…je pense aussi que ce n’est pas une mauvaise idée. »

Tohka approuva de la tête joyeusement. Sans savoir pourquoi, afficher sa joie si ouvertement pouvait être gênant.

Alors que Shidou se demandait quoi dire ensuite, il lui tendit le bento qui se trouvait dans sa main.

« J’oubliais. C’est la part d’aujourd’hui. »

« Ooh ! »

Tohka accepta le bento tout en affichant un large sourire.

« Quel est le menu d’aujourd’hui !? »

« Nn, aujourd’hui c’est des asperges enveloppée dans du bacon, de la viande et des œufs frits, ainsi que de la salade de macaronis avec des tomates. Ah, et le riz c’est du riz frit avec du poulet. »

« Quoi… »

Après que Shidou eut formulé ceci, Tohka révéla une expression choquée, elle regarda furtivement autour d’elle et prit fermement le bento.

« C’est bon, Shidou ! »

« Ha…Qu, Quoi ? »

Demanda Shidou, désemparé, alors que Tohka continua à voix basse.

«  Des asperges enveloppées dans du bacon, de la viande avec des œufs frits et quoi que ce soit d’autre, c’est trop génial, mais ne serons-nous pas en danger si tout le monde venait à l’apprendre… ? Qui sait, ils pourraient causer des bagarres pour ce bento… »

« Non, ça ne sera pas le cas. »

« Vrai, Vraiment…C’est mieux. Mais, Mais, cet acte blasphématoire de faire du riz frit au poulet …Est-ce qu’il n’enfreint pas des lois internationales ? »

Tohka venait de dire ces mots sur un ton sérieux. Vraiment, où diable as-tu appris ce genre de choses ?

« C’est pas le cas, c’est pas le cas…Ah, tu n’aimes pas le riz frit au poulet ? Si tu veux, je peux échanger mon bento avec le tien. »

C’était parce qu’ils avaient eu le même bento que Origami avait été mécontente. De ce fait, depuis deux semaines, le menu avait subi quelques modifications.

Puisque la plupart d’entre eux étaient des restes de la nuit précédente, il avait eu peu de difficultés à les préparer.

Mais, à l’instant où Shidou fit cette proposition, Tohka serra le bento et *fuun fuun fuun* secoua sa tête à une telle vitesse qu’on aurait pu s’inquiéter à la voir se décrocher.

Shidou la regarda et afficha un sourire inquiet. Aussi longtemps qu’elle serait contente, cela vaudrait la peine de cuisiner tous les jours.

Tohka avec une expression révélant toujours de la panique, tint précautionneusement son bento, prit plusieurs profondes inspirations comme si elle essayait de calmer ses émotions. A cet instant…

« Nu ? »

Tohka écarquilla ses yeux et fit face à la jeune fille aux côtés de Shidou. Il semblait qu’elle venait seulement de la remarquer.

« Ooh, n’est-ce pas Yoshino ? Cela faisait longtemps ! »

Révélant un sourire innocent, Tohka venait de commencer ainsi la conversation.

Bien que beaucoup de choses se soient passées, il semblait que Tohka n’y prêtait plus du tout attention.

« …Ss ! »

Néanmoins, Yoshino commença à fuir en tremblant.

« Bats-toi ! Bats-toi ! »

« Ss, Uu, Mn. »

Sous les encouragements de Yoshinon depuis sa main gauche, elle se tint fermement, *Suu~~*, elle prit une profonde inspiration et fit un pas en avant.

Comme si sa détermination s’était mise en place, ses sourcils bougèrent.

« Aa…Amenbo, akaina, a, i, u, e, o… [4]! »

Sans savoir pourquoi, elle commença à débiter des phrases issues des entraînements phonétiques.

« …Mu. »

Tohka grommela, leva ses sourcils en guise d’inquiétude et se tourna pour regarder Shidou.

« C’est…Qu’est-ce que c’est ? Du langage codé ? »

« Non…Yoshino ? »

Shidou sourit énergiquement et posa cette question. Yoshinon agita ses bras avec un son de *pata pata*.

« Aah… Très bien ! L’entraînement rend meilleur ! Ressaye ! Une fois ENCORE ! »

Après avoir dit quelques mots, Yoshino acquiesça légèrement et, une fois de plus, se tint en face de Tohka.

« B,b, bon…j, jour… »

En utilisant une voix qui était plus faible que celle utilisée pour saluer Shidou, mais pourtant claire, elle venait de saluer.

« Wooah, bonjour ! »

« … »

La silhouette de Yoshino trembla un moment…mais revint la forte envie de s’enfuir.

Un certain temps s’écoula, Tohka et Yoshino se tenaient face à face, sans échanger le moindre mot.

C’est là que la voix aiguisée de Kotori se fit entendre, une fois de plus, dans l’oreille droite de Shidou.

« …C’est quoi ce silence, Shidou ? Yoshino est très mal à l’aise. Essaye de dire quelque chose d’encourageant. »

« Eh… ? Aa, aaaah… »

Alors que Shidou répondit, il jeta un œil à Yoshino.

Maintenant qu’elle le mentionnait, elle paraissait différente de la dernière fois.

« Yoshino, tu portes un chapeau aujourd’hui. »

C’est vrai, la dernière fois elle portait une capuche.

« …Ss…C’est vrai… »

Yoshino voulait se cacher en utilisant Yoshinon mais, au final, elle résista, inclina sa tête et répondit.

« C’est parce que… aujourd’hui il fait chaud, Reine-san, elle…ça. »

« Aaa, pas étonnant. Il te va bien. Tu es mignonne. »

« …Ss ! »

A ces mots, le visage de Yoshino devint rouge avec un bruit de *Po ! *.

Il semblait que ce trait de timidité de sa personnalité n’avait pas changé. Shidou eut un sourire amer.

« Attends, comment peux-tu arrêter la conversation comme ça ? Tu n’as pas parlé à Tohka encore. »

« Aa…C’est vrai. He, Hey, Tohka, tu n’es pas d’accord ? »

« Mu ? »

Elle n’avait probablement pas compris que la conversation s’était tournée vers elle, aussi elle avait répondu avec un ton légèrement surpris. Après ceci, son regard se tourna en direction de Yoshino une fois de plus.

« Nn. Umu. C’est très mignon, Yoshino. »

« …Ss ! Me…Merci…beaucoup… »

Répondit Yoshino en fixant le sol et en levant énergiquement sa tête en direction de Tohka.

« Ca…Tohka-san…c’est aussi…très mignon… »

« Nu ? Qu, Qu’est-ce que…C’est embarrassant. »

En disant cela, Tohka gonfla ses joues. Tohka sourit embarrassée. Une fois encore, elle porta son regard sur Shidou. Dieu seul sait pourquoi, ses joues étaient légèrement rouges.

« Shidou…est-ce que tu penses la même chose ? »

« Heeei ? »

Il ne s’attendait pas à ce que la conversation revint vers lui. Shidou répondit de manière incohérente.

« Aujourd’hui, je porte un uniforme différent…Comment tu le trouves ? »

Ce genre de choses avaient déjà été remarqué au moment-même où ils s’étaient vu l’un l’autre. L’uniforme d’été du lycée Raizen allait à merveille sur Tohka. Belle à tel point que celui qui oserait le nier devrait être exécuté, on devrait commencer à remercier le climat du Japon pour cela.

« Oo, ooh…Il te va bien. »

« …Mu, c’est vrai ? »

Après que Tohka eut formulé ceci, les environs redevinrent silencieux une fois de plus.

Instantanément, un bip fut transmis dans son oreille.

« Hey, ce n’est pas bon du tout ! »

« Qu, Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« Qu’est-ce qui ne va pas tu demandes ? Bien sûr que ça ne va pas. Qu’est-ce que tu fais Shidou ? L’entraînement a déjà commencé tu sais ? »

« Haa… ? Qu, Qu’est-ce que ça veut dire ? »

Alors que Shidou baissa sa voix, Kotori soupira bruyamment.

« Je te l’ai déjà dit. La leçon d’aujourd’hui est d’empêcher la jalousie de Tohka… Shidou, puisque tu as déjà dit à Yoshino qu’elle était mignonne, pourquoi n’as-tu pas dit la même chose à Tohka ? »

« Heeei… ? »

Shidou laissa échapper un son stupide de sa bouche alors qu’il se remémorait son action précédente… Maintenant qu’elle le soulignait, hormis son « il te va bien », il n’avait rien dit qui ciblait directement sa personne.

« Ce, Ce n’était pas bien huh… ? »

« Bien sûr que ça ne l’était pas. Dire à une autre fille des mots flatteurs comme ‘tu es mignonne’ mais ne rien lui dire à elle… Même si elle n’y fait pas attention, son émotivité a légèrement chuté. »

« N, non, mais Tohka penserait ces… »

« Je te le dis. »

Kotori s’exprima sur un ton de réprimande.

« Même si Tohka est effectivement un Esprit et même si elle est clairement différente des humains de bien des manières, tu ne peux pas la traiter différemment sur ce genre de sujet. Sur ce point-là, Tohka est, après tout, juste une fille normale. »

« … »

En entendant ces mots, Shidou mordit durement ses lèvres.

Même s’il avait dit qu’il laisserait les Esprits mener une vie normale, il paraissait qu’à certains niveaux, il la considérait encore comme une existence spéciale.

Shidou serra fermement son poing, fit face à Tohka et dit :

« To, Tohka ! »

« Ou, Oui… !? »

Etait-ce dû à la soudaine augmentation de volume sonore ? Tohka parut avoir été effrayée par celui-ci, ses épaules tremblaient légèrement.

« Qu, Qu’est-ce qu’il y a Shidou ? »

« T, Tu es mignonne aussi ! »

« Hu…Hueh ? »

Tohka rougit, son corps se retourna.

Sans savoir pourquoi, le visage de Shidou commença à rougir également mais il n’en tint pas compte alors qu’il continua de parler.

« Aaa, mignonne ! Extrêmement mignonne ! Cet uniforme d’été te va à merveille ! Lorsque tu es sorti de l’immeuble tu m’as provoqué un choc ! Je ne pouvais plus te quitter des yeux ! Tout d’un coup, je ne pouvais plus parler ! Tu es tellement mignonne ! Tellement que je ne peux pas le décrire plus… »

A ce moment-là, Tohka utilisa ses mains pour couvrir la bouche de Shidou, empêchant les mots qu’il allait prononcer.

« Mu…mugu. »

« J’ai, j’ai bien compris alors temps mort. »

En disant cela, Tohka lui tourna rapidement le dos.

Juste à l’instant, il venait de dire ce qu’il avait vraiment sur le cœur… Mais, c’était peut-être un peu trop efficace. Alors que Shidou était en train d’y penser, des rires perçants lui arrivèrent depuis son communicateur.

« Pu…kuku, haha, ahahahahahahahahaha ! »

Inutile de tenter de deviner que le rire appartenait à Kotori. Shidou pouvait faiblement entendre des mouvements sur un siège. Il semblait qu’elle venait d’ajuster sa position.

« Très bien joué, Shidou. Exactement ce que ferait un idiot. »

« Tais…Tais-toi…Je le sais moi-même.»

Shidou marmonna, son front commença à transpirer.

« Mais, il semblerait que je l’ai rendue furieuse encore… Hey, Kotori, qu’est-ce que je devrais faire maintenant ? »

« Haa ? De quoi tu parles ? »

« Eh ? »

« Les émotions de Tohka sont grimpées rapidement et se sont arrêtées à leur état maximum. Tu l’as mis en état d’excitation totale. Pourquoi est-ce que tu ne lui parlerais pas en face pour voir son expression ? Ça risque d’être plus ou moins intéressant. »

« Ah… ? Qu, Quoi ? »

Shidou commença à poser des questions mais Kotori ne lui donna aucune réponse et poursuivit.

« Eh bien…Je ne vais pas te punir pour cette fois…Tch, c’est presque le moment de rappeler Yoshino. Tu vas être en retard si tu ne vas pas à l’école maintenant, tu sais ? »

Alors que Kotori dit ceci, Yoshino fit une profonde révérence.

« Au, Aujourd’hui, je dois…y aller maintenant. Prenez soin de vous…Shidou-san, Tohka-san. »

« Ooh, tu repasseras, d’accord ? »

« Nn…au revoir. »

Shidou et Tohka firent légèrement signe de la main. Yoshino refit une autre révérence et s’enfuit sur un son de *pata pata*.

« …Eh bien, allons-y maintenant, Tohka. »

« Nn, ouais. »

Shidou et Tohka commencèrent à marcher sur la route asphaltée ensemble…Mais…

« …Tohka ? Est-ce que tu peux attendre un instant ? »

En remarquant qu’il y avait quelque chose d’étrange dans le dos de Tohka, Shidou s’arrêta à sa suite.

C’est vrai…les vêtements de Tohka étaient l’uniforme d’été le plus cool. Ce qui voulait dire que normalement les sous-vêtements, - en particulier les bretelles des soutien-gorges,- auraient dû légèrement se voir. Mais…

« Nu ? Qu’est-ce qui ne vas pas ? »

« Tohka…Tu…Est-ce que tu as bien…mis cette…chose ? »

« ? Mettre quoi ? »

« …Un soutien, soutien-gorge. »

Shidou marmonna faiblement ce mot. Mais Tohka inclina sa tête sur le côté avec une expression incrédule.

« Soutien-gorge ? Qu’est-ce que c’est que ça ? »

« … ! »

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Shidou retint son souffle, au même moment il poussa Tohka par le dos dans l’immeuble.

« Qu, Qu’est-ce qu’il y a Shidou ? »

« Ce n’est pas quelque chose où tu peux juste dire ‘qu’est-ce qu’il y a’ !! Tu…ne me dis pas que tu n’en as jamais porté pendant tout ce temps !? »

« Co, Comme je te l’ai dit, qu’est-ce que c’est !? »

« … ! »

Shidou tapota le communicateur dans son oreille. Peu après, la voix de Kotori se fit entendre.

« Aaa, eh bien, même si je lui ai dit que nous les avions préparés…il semblerait qu’elle ne sût même pas à quoi ils servent, initialement. »

« Maintenant c’est le bon moment pour ça ! Ça passerait encore si c’était l’uniforme d’hiver mais si ça continue comme ça… ! »

« Ouais, ils doivent être dans le compartiment le plus haut du placard de Tohka. Pourquoi est-ce que tu ne lui expliquerais pas comment les porter ? »

« M, Moi… !? »

« Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre dans les alentours ? En plus, tu vas être en retard si tu ne te dépêche pas. »

« …Aaargh, putain… »

Shidou, avec toute sa détermination, se tourna en direction de Tohka.

« Tohka, est-ce que tu peux m’amener dans ta chambre… !? »

« Nu… ? Aaa, c’est d’accord, je pense… »

Il fut mené dans sa chambre par une Tohka apparemment troublée. Peut-être était-ce par prudence, mais avant d’entrer dans la chambre, ils passèrent par 3 épaisseurs de murs qui étaient extrêmement proches de ceux des coffres de banques. Il semblait que l’espace habitable de l’appartement n’était pas aussi grand qu’il paraissait depuis l’extérieur.

« Ici. »

En disant cela, Tohka ouvrit la porte. L’agencement intérieur était à peu près le même que celui d’un appartement normal. Shidou ferma la porte non sans avoir regardé, auparavant, le long du couloir.

« Très, Très bien, ensuite est-ce que tu pourrais me prendre les objets dans le compartiment le plus haut de ton placard ? »

« Nu… ? J’y vais. »

Tohka enleva ses chaussures tout en penchant sa tête, elle suivit les instructions de Shidou et lui apporta un soutien-gorge rose clair.

« Est-ce que ça va celui-là ? »

« Erm, aa, aaaa… »

Avec son expérience des sous-vêtements des filles de son âge au point zéro, Shidou fit signe à Tohka avec un visage tout rouge.

« Très, Très bien Tohka, mets ça sur… »

Même s’il était certain que personne ne l’aurait entendu, Shidou se sentit tout de même très embarrassé cependant qu’il baissa sa voix.

En même temps, la méthode pour porter un soutien-gorge lui fut soufflée à travers son communicateur, le visage de Tohka devint rouge betterave.

« Quoi… ! Qu’est-ce, qu’est-ce, qu’est-ce que tu dis Shidou… !? »

Alors que Shidou continua, Tohka leva en l’air le soutien-gorge avec ses deux mains et le fixa.

« Mettre ceci…sur mes seins…directement… ? »

« Aaa, c’est ça. »

« Mu, muu…Est-ce que je dois le mettre ? »

« …C’est ça. Cela pourrait…être un problème si tu ne le fais pas. »

« En quoi est-ce que ce serait un problème ? »

« Non…Ça irait comme maintenant mais s’il se met à pleuvoir…ça pourrait… »

Peu après, après qu’elle parût comprendre ce que Shidou voulait dire par ces mots, le visage de Tohka déjà rouge devint encore plus rouge. Si c’était un manga, de la fumée lui serait probablement sortie des oreilles à l’instant.

« A qu…quoi est-ce que tu penses !? »

S’écria Tohka tout en couvrant sa poitrine avec ses mains.

« C’est, C’est pourquoi je t’ai dit de le mettre ! »

Après cela, Tohka fixa le soutien-gorge une fois de plus tout en grommelant *Umu*.

« Je, Je le sais déjà. Je vais le porter pour toi … »

Hochant de la tête avec des oreilles rouges, elle courut dans le couloir avec un son de *pata pata*.

« Haaa…c’était vraiment limite. »

*Fuuu*, Shidou souffla avec soulagement.

…Néanmoins, après quelques minutes, Tohka réapparut dans le couloir encore plus rouge.

« Shi, Shidou…c’est bon comme ça ? »

En finissant de prononcer ces mots, Tohka s’avança tremblotante.

Sans savoir pourquoi, la chemise, qui avait été enlevée, se retrouvait maintenant à l’envers.

« Tohka…Qu’est-ce qu’il y a avec ton apparence ? »

« Ce, comment tu l’accroches… ? »

« Aaah… »

Avec simplement une phrase, Shidou comprit immédiatement la raison de cette situation.

C’était la première fois qu’elle portait un soutien-gorge après tout. Tenter de l’accrocher soi-même avait dû être trop difficile.

C’est alors que Shidou pensa frénétiquement à une manière…

« C’en est assez d’essayer de réfléchir, va-y et donne-lui un coup de main. »

Kotori formula ces mots comme si c’était une corvée, les joues de Shidou convulsèrent plusieurs fois.

Bien qu’il veuille rétorquer quelque chose en retour…il n’y avait pas d’autres alternatives. Shidou avala sa salive, ouvrit ses lèvres tremblantes et dit :

« Je vais…Je vais l’accrocher pour toi, tourne-toi. »

« Quo… »

Tohka le regarda avec de grand yeux, elle échoua à trouver une autre méthode, elle était comme lui sur ce point-là. Après quelques hésitations, Tohka se tourna lentement, elle présenta son dos à Shidou.

Par l’ouverture de la chemise déboutonnée, il vit son magnifique dos. Shidou ne put s’empêcher d’engloutir.

« Ne, Ne te contente pas de me regarder… »

Tohka gênée tourna son visage, elle utilisait ses mains pour tenir ses épaules, comme si la chemise allait tomber immédiatement.

Shidou secoua violemment sa tête.

« Je, Je comprends… »

En même temps, de la sueur ruissela le long des joues de Shidou, il marmonna ‘on ne peut rien y faire, on ne peut rien y faire’ tout en utilisant ses doigts tremblants pour accrocher le soutien-gorge. En même temps…

…La prochaine fois, je vais lui en acheter un avec une fermeture à l’avant

Shidou décida fermement de cela en son for intérieur.

Partie 3[edit]

« Muuu…Je me sens mal à l’aise avec ça. »

« …Supporte-le. C’est comme ça. »

« Mu, muuuu. »

Tohka semblait différente alors qu’elle se tourna. Shidou soutint son front qui n’avait pas encore refroidi et soupira.

C’est ainsi qu’environ dix minutes s’écoulèrent en silence.

Shidou et Tohka, qui venaient d’arriver à un carrefour, semblaient avoir entendu les bruits de pas de quelqu’un qui courait vers eux.

« Eh ? »

Les sourcils de Shidou se levèrent alors qu’il se tourna en direction du bruit…mais c’était déjà trop tard.

Venu de la gauche, une fille, qui paraissait être une lycéenne, tenait en bouche une tranche de pain et…

« Je suis en retard ! Je suis en retard~ ! »

En disant ces mots, que même les shoujos mangas modernes ont laissé tomber, elle arrivait sur eux à une vitesse effrayante. Entre parenthèse, même si elle avait en bouche un toast, la prononciation de ces mots était parfaite.

« Quoi… ! »

L’intention d’esquiver se fit présente mais c’était trop tard. Shidou fut heurté par la lycéenne et tomba sur les fesses.

« Aa…Ow ow ow. »

« Es, Est-ce que tu vas bien, Shidou… ! »

Tohka s’accroupit rapidement et demanda-t-elle au concerné.

« Ouais, je vais bien mais… »

Shidou tapota son postérieur alors qu’il se releva, il se tourna en direction de la fille qui l’avait renversé. Si Shidou, en tant qu’homme, avait senti si durement la force de l’impact, cela avait dû être insupportable pour une fille.

« Ca…fait mal ! »

Comme on pouvait s’y attendre, la fille, à une distance proche d’eux, laissa échapper ces mots. Néanmoins…

« Nnwha… »

Le visage de Shidou devint rouge, ses épaules tremblèrent.

C’était totalement incompréhensible, la fille, qui était tombée au sol, avait magnifiquement retourné sa jupe, révélant ses fesses à Shidou.

…Je ne sais pas pourquoi mais il parut que lorsqu’elle tombât, elle avait profité de l’opportunité pour relever sa jupe au sein de ce chaos.

« …Kya !? »

Mais les suspicions de Shidou furent instantanément soufflées par le cri de la fille.

La fille couvrit hâtivement ses sous-vêtements et regarda Shidou avec des joues toutes rouges.

« Est-ce, Est-ce que tu l’as vue !? »

« Non, non, ce… »

Alors que Shidou était troublé par savoir comment répondre, elle se releva lentement et marcha vers lui.

« J’ai été vue par un garçon comme ça…Maintenant, je ne pourrais plus me marier ! »

« Haaa… !? Non, ce… »

A ce stade, la fille appuya soudainement son corps contre celui de Shidou.

« Hyiii… !? »

« Quo… ! »

Non seulement Shidou, mais également Tohka resta sans voix.

Mais, la fille n’y prêta pas attention, elle utilisa ses doigts pour dessiner des cercles sur la poitrine de Shidou et poursuivit :

« Est-ce que…vous allez prendre vos responsabilités ? »

« Eh, non, même si vous dites ça… »

De la transpiration s’écoulait le long de son visage, Shidou porta son regard ailleurs. Aaa, le temps était si chaud. Si chaud, si chaud…

« Tu, tu n’as toujours pas lâché prise ! »

A l’instant où Tohka voulut attraper les épaules de la fille, cette dernière esquiva légèrement, s’éloignant de Shidou.

« S’il-vous-plaît, prenez un peu de temps pour reconsidérer la question ! …Qu’est-ce qui…se passerait ensuite... »

Après avoir dit cela, sans raison, elle s’enfuit dans la direction de laquelle elle venait.

Tohka, après l’avoir regardée, resta figée pendant un instant. *Uu…*, elle fit la moue avec ses lèvres et regarda en direction de Shidou.

« Qu, Qu’est-ce qu’il y a…Tohka ? »

« …Rien, c’est rien. »

Tohka se retourna et marcha en direction de l’école.

« Attends, hey, Tohka… »

A ce moment, le communicateur dans son oreille droite commença à biper.

« Shidou. Tu sors! »

« Quo… ? »

Shidou leva ses sourcils et suivit ce qui était un signe d’impatience de Kotori.

« Shidou, qu’est-ce que tu as fait ? En disant ça, c’était définitivement pas un non. Tu ne peux pas laisser Tohka piquer une colère. »

A ce stade, Shidou comprit finalement la situation.

« Ne, Ne me dis pas que cette fille était…une employée de <Ratatoskr>… !? »

« Correct. Une de nos agents. Pourquoi, ne me dis pas que tu es déçu ? »

« …Guwuaa. »

Le visage de Shidou eut des mouvements convulsifs alors qu’il tira ses cheveux.

« Aa…aa, pourquoi est-ce que tu n’as pas de méthode plus pacifique pour gérer ça… ou pour correctement faire quelque chose qui sauve la situation. »

« Sau, Sauver ? »

« Oui, tiens-lui gentiment les épaules, chuchote-lui doucement à l’oreille : ‘Ne t’énerves pas, je ne suis pas intéressé par d’autres filles que toi…’ ou quelque chose comme ça. »

« Est-ce seulement possible… ! Et tout d’abord, pourquoi est-ce ça la ferait se sentir mieux ? »

« Hehe, ne dis pas ça, ça va fonctionner. Tu as oublié tout à l’heure ? Les filles aiment entendre de belles choses à propos d’elles-mêmes. »

« Guh… »

« Très bien, très bien. Plus important, est-ce que tu es d’accord sur le fait de rester planté là comme un idiot ? La silhouette de Tohka est déjà loin maintenant. »

« ! Ha… »

Les épaules de Shidou eurent une secousse, il déplaça sa ligne de vue en face de lui. Mais, la forme de Tohka avait déjà disparue.

« Oh non… »

Il se mit à courir frénétiquement et, étonnamment, il aperçut rapidement Tohka.

Comme si elle se cachait à l’angle de la rue, Tohka se tenait là avec ses joues légèrement gonflées.

« Toh, Tohka… »

« … Nn. Allons-y, Shidou ! »

Il semblait qu’elle attendait Shidou mais son ton de voix mécontent n’avait pas encore disparut.

« Oooh, d’accord… »

Shidou eut une courte réponse, son cerveau se mit à penser furieusement.

Après un profond engloutissement, sa détermination était de disposer ses bras atour des épaules de Tohka… C’était supposé être un plan.

Mais, il semblait qu’il n’eut pas le courage de l’appliquer.

Tapotant légèrement l’épaule de Tohka, elle se retourna et il dit :

« Ne, Ne, Ne t’énerves pas, je, je ne suis pas intéressé par d’autres filles que toi… ? »

Il n’avait rien à perdre à le dire, Shidou suivit les instructions et les mit en application.

« … ! »

Lorsque Shidou eut finit, Tohka écarquilla grand ses yeux et le fixa.

« Tu, qu’est-ce que, qu’est-ce que, qu’est-ce que tu viens de dire, Shidou…. !? »

« No, Non…dé, désolé, oublie ça tu veux. »

En même temps qu’il reçut la réponse de Tohka, il se sentit si gêné qu’il voulut mourir. Shidou agita sa main en essayant de cacher ce sentiment.

« Mu…muuu. »

Sans raison, Tohka marmonna doucement et, une fois de plus, commença à marcher…

…mais, c’était comme si ses pas étaient plus léger qu’auparavant.

Partie 4[edit]

De la résidence Itsuka au lycée Raizen il y avait une distance de marche de 30 minutes.

Si c’était comme d’habitude, Shidou serait arrivé à l’école à environ 8 heures…Mais, puisqu’il avait attendu Tohka et à cause de divers incidents qui eurent lieu, ils étaient tous deux légèrement en retard.

Les aiguilles de la montre située à l’extérieur de l’école pointaient les 8 heures 20. Il y avait encore dix minutes avant l’appel du matin.

« …Nous allons être en retard à moins de nous dépêcher. »

« Nn, tu as raison. »

En disant ces mots, ils franchirent l’entrée. A cet instant…

« Itsuka-senpai ! »

Une fille attendait à l’entrée, elle semblait être une étudiante de première année, elle avait appelé Shidou.

« Eh…moi ? »

« Oui… »

Elle semblait mal à l’aise et tendit timidement une lettre à Shidou.

« J’ai toujours aimé Senpai ! S’il-vous-plait, lisez-la ? »

« Ha…Haaa !? »

Shidou fixa la fille qui se tenait devant lui. Cette enveloppe était scellée par un cœur.

Elle semblait être une lettre d’amour à l’ancienne mode.

« Une…lettre d’amour… !? »

Son corps trembla. Shidou fit un pas en arrière.

…Mais, assez rapidement, il remarqua quelque chose. Il y avait une bonne raison pour que de tels events[5] se produisent, elle devait sûrement être un des membres de <Ratatoskr>.

Si je ne la repousse pas fermement, sans aucun doute, la sonnerie retentira comme la dernière fois et je serai contraint de subir la punition.

Shidou avala sa salive, prit l’enveloppe et avait l’intention de la réduire en morceaux… Néanmoins, en regardant les yeux en pleurs de la fille, il ne put s’empêcher de s’arrêter.

…Même si je sais que c’est un des membres du personnel, cela va à l’encontre de mes convictions de faire cela.

Shidou rendit la lettre à la fille et secoua sa tête.

« Dé, Désolé. Je n’ai pas la capacité de répondre à vos attentes… »

Aussitôt que Shidou eut fini, l’expression de la fille parut comme si elle allait éclater en sanglots.

« C’est…c’est vrai. Je suis désolée d’avoir été si directe… ! »

La fille se retourna rapidement et s’enfuit à travers le couloir.

« Ara ara. C’est regrettable ! »

« Humph, qui tomberait dans un piège si évident ? »

« …Bien que nous ayons planifié un event lettre d’amour, notre personnel n’es pas encore passé à l’action, tu sais ? »

« Eh ? »

Le visage de Shidou convulsa involontairement.

C’est ainsi que Shidou regarda autour de lui avec une expression embarrassée et aperçu une autre fille. Exactement comme la précédente, elle avait une lettre d’amour entre ses mains.

« C-Celle-ci est… »

« Un de nos membres. »

« Alors, alors l’autre fille était ? »

« Accepter la lettre d’amour d’une kouhai[6], cette chance unique dans une vie vient de t’échapper. Ça a dû être dur pour toi de rejeter cette lettre d’amour. »

« … »

Shidou regarda autour de lui sans voix.

… ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Je ne comprends pas.

« Eh bien, au moins tu n’as pas reçu cette confession en face de Tohka, c’est pourquoi c’est sans danger. »

« …Est, est-ce vrai ? »

Shidou répondit avec un ton de voix creux.

« ? Est-ce que cette fille à l’instant te voulait quelque chose, Shidou ? »

La voix incrédule de Tohka vint de derrière lui. Shidou secoua hâtivement sa tête.

« Non…c’est, c’est rien. »

A cet instant, il entendit à nouveau la voix de Kotori.

« Mais, ça veut dire que la punition d’aujourd’hui ne pourra pas déjà être utilisé. Dommage. »

« … Qu’est-ce que tu as prévu de me faire si j’échoue ? »

« Nn… ? J’ai intention de diffuser tes photos de l’époque où tu mettais du gel dans les cheveux et où tu utilisais partout en ville des expressions du genre ‘Est-ce que je ne suis pas stylé comme ça ?’ »

« Ne les diffuse pas ! »

« Alors, c’est également l’heure pour moi de me rendre dans ma salle de classe, le moment est venu d’aller à l’école. Sur ce, n’oublies pas les cours d’aujourd’hui. »

Sur cette dernière phrase, la communication fut interrompue.

« Vraiment… »

Partie 5[edit]

Shidou fit coulisser la porte et entra dans la salle de classe. Son camarade de classe Tonomachi Hiroto écrivait quelque chose sur le tableau proche de l’entrée tout en regardant Shidou.

« Aa… ? Je me demandais pourquoi tu arrivais plus tard que d’habitude, alors c’était bien parce que tu étais avec Tohka-chan. U…wa, u…wa. »

Il dit cela avec un visage triste, la craie dans sa main traçait un aiaigasa[7]. Bien sûr, les noms présents étaient ceux d’Itsuka et de Yatogami.

« Est-ce que tu te crois à l’école primaire ? »

Shidou rit sèchement.

Néanmoins, Tohka afficha une expression extrêmement déconcertée, regardant tour à tour Shidou et Tonomachi.

« Mu…muuu, nous ne pouvons pas aller à l’école ensemble… ? Je ne savais pas qu’il y avait une telle règle… »

Tonomachi agita ses mains paniqué, comme s’il tentait d’effacer les mots sur le tableau.

« Ce, c’est pas vraiment ça… Comment ça pourrait l’être, Tohka-chan ? Ça peut être considéré comme un modèle de perfection…ou devrais-je dire que c’est quelque chose de semblable à une explosion riajuu[8]… »

En réponse à l’explication de Tonomachi, Tohka ouvrit grand ses yeux.

« Riajuu ? Qu’est-ce que c’est ? »

« Aaa…c’est quelqu’un, comme Shidou, qui ne souffre pas d’un manque de filles, un Putain de Gentil Garçon. »

« Hey… »

Shidou fixa Tonomachi du coin de l’œil. Mais ce dernier ne recula pas de peur, il afficha à la place un large sourire.

« Mu, c’est vrai ? Mais…C’est choquant. Si Shidou venait à exploser, je serais… extrêmement triste. Est-ce que tu ne peux pas faire quelque chose pour ça ? »

Sans aucun sens du sarcasme ou d’humour, Tohka venait de prononcer ces mots.

Sous ce regard innocent, Tonomachi…

« Mau…Maudit sois-tu ! »

Il cria cela d’une voix forte avant de s’en aller en courant dans le couloir.

« Waah, Qu’est-ce, Tonomachi, il… »

« Eh bien, oublie ça, n’y prête pas attention. Il reviendra bientôt. »

En formulant ces mots, Shidou se dirigea vers sa place au second rang.

Il jeta un regard à la place sur sa gauche et, comme d’habitude, une jolie fille y était assise.

La peau pâle avec une expression de poupée, elle semblait dégager une atmosphère qui ne semblait pas appartenir à ce monde.

« Bon, Bonjour…Tobiichi. »

« … »

Quelle horrible pression.

« …jour, Origami. »

« Bonjour, Shidou. »

Alors qu’il allait se répéter une fois de plus, la fille…Tobiichi Origami répondit et acquiesça de la tête.

L’habituel salut glacial. Néanmoins, aujourd’hui ça n’allait pas s’arrêter là.

Origami regarda par-dessus les épaules de Shidou et identifia le visage de Tohka, elle avait un regard perçant.

« Vous êtes venus tous les deux ensemble à l’école ? »

« Eh ? Aa, aaah…c’est, c’est vrai. »

« Est-ce vrai ? »

Sans montrer aucune expression, il n’y avait aucune différence de ton entre les deux questions. Alors, pourquoi y avait-il un sentiment d’écrasante pression ?

« …Nu ? »

C’était impossible de ne pas remarquer une telle atmosphère. Depuis la place à la droite de Shidou, Tohka regarda Origami après avoir posé son bento et son sac.

« Qu’est-ce que, est-ce que tu veux quelque chose ? »

« Pas vraiment. »

« …Humph. »

Sans cacher son mécontentement, Tohka émit ce son-là.

C’est vrai, généralement Tohka ne traitait personne avec hostilité… Mais cette fille-là était spéciale.

On ne pouvait vraiment rien y faire.

Origami appartenait à l’unité AST du JGSDF…Ce qui revenait à dire, les humains qui ont prévu de détruire les Esprits comme Tohka par l’usage de la force militaire.

Et, pour dire les choses honnêtement, avant que Shidou ne scellât les pouvoirs de Tohka, elles eurent une bataille acharnée l’une l’autre.

Qui plus est, les parents d’Origami avaient été tués par un Esprit, elle avait donc une hostilité anormale et une haine envers ces derniers. On ne pouvait empêcher le fait qu’elles ne s’entendent pas bien.

A cet instant précis, la sonnerie retentit à travers les haut-parleurs.

« … ! Très, Très bien, les cours commencent ! Tohka, assieds-toi correctement, d’accord !? »

« Nu ? Uu, umu… »

Tohka s’assit prestement à sa place.

Shidou fit de même et, en même temps, il remercia intérieurement le ciel.

Les étudiants dispersés revinrent progressivement à leurs places. Pour note, Tonomachi s’était également faufilé dans la salle de cours par la porte à l’arrière de la salle. C’est un homme surprenamment respectueux des règles.

Peu de temps après, la porte de la salle s’ouvrit. Une femme aux cheveux courts portant des lunettes s’avança.

Elle ressemblait indubitablement à une étudiante mais c’était bel et bien un professeur en chair et en os. Okamine Tamae, vingt-neuf ans (surnom : Tama-chan).

« Très bien, bonjour tout le monde. »

Après avoir fait les salutations d’usage, Tama-chan-sensei sortit le cahier d’appel…et s’arrêta soudainement.

« Aaa, c’est vrai. Il y a quelque chose que je dois vous dire. »

Après cela, elle sonda la salle de classe, pleine de bavardages, avec des yeux qui semblaient vouloir dire autre chose.

« Huhu, bien, cette classe va avoir un nouvel étudiant transféré ! »

Après une courte pause, Tama-chan-sensei venait de prononcer ces mots. Instantanément, dans la salle de classe s’éleva un *OOOOOOOOOOHHHH*.

C’était compréhensible.

Après tout lorsqu’on parle d’étudiants transférés, ils sont un des évènements majeurs de la vie d’un campus. Honnêtement parlant, lorsque Tohka était venue en classe la première fois, tout le monde était si excité.

« …Nn ? »

A ce moment-là, Shidou secoua la tête.

Tohka avait été transférée (disons les choses comme ça pour le moment) à peine quelques mois plus tôt, pourquoi y aurait-il un nouvel étudiant dans cette classe ?

Ces pensées remontèrent à la surface dans la tête de Shidou.

En plus, le nombre d’étudiants ne devait pas être inférieur à celui des autres classes.

« Eh bien, entrez s’il-vous-plaît… »

Le cours des pensées de Shidou fut interrompu par la voix sympathique de Tama-chan-sensei.

La porte s’ouvrit lentement et l’étudiant transféré entra dans la salle de classe.

Immédiatement, la classe tomba dans un silence total.

Une jeune femme apparut. Même si c’était une journée chaude, elle portait encore la veste de son uniforme d’hiver et des collants noirs.

Telle une ombre, description qui lui convenait bien.

Elle avait des cheveux totalement noirs, sa frange couvrait le côté gauche de son visage, mis à part son œil droit rien ne pouvait être aperçu.

Mais, ce n’était pas que cela, cette fille était comme Tohka, - un Esprit possédant une beauté innommable,- cette dernière ayant une attraction coquette qui n’était en rien inférieure.

*Gu*, le son des engloutissements de tout le monde atteignit les oreilles de Shidou.

« A présent, vous pouvez vous présenter, s’il-vous-plait. »

« Nn. »

Sous les encouragements de Tama-cha, la fille hocha de la tête avec un mouvement gracieux, tout en prenant la craie avec ses mains.

Sur le tableau, elle écrivit son nom avec une calligraphie élégante : Tokisaki Kurumi.

« Mon nom est Tokisaki Kurumi. »

Puis, en parlant bien fort, la fille continua de la sorte :

« Je suis un Esprit. »

« … !? »

Ce nom…

Shidou eut une impression étrange, comme si son cœur avait été férocement écrasé.

Au sein du chahut des étudiants, seuls Tohka et Origami eurent une réaction similaire à la sienne.

Peut-être que Kurumi avait elle aussi remarqué ce fait, depuis un moment, elle s’était tournée vers Shidou et souriait.

« …Sss. »

« Eh…eheh. Très…bien ! C’était une présentation qui ne manquait franchement pas d’impact ! »

Peut-être en ayant remarqué que Kurumi ne souhaitait pas continuer, Tama-chan *Pa !* frappa des mains pour indiquer que c’était la fin de la présentation.

« Eh bien, Tokisaki-san, voudriez-vous bien prendre place là-bas, s’il-vous-plait ? »

« Nn. Mais, avant cela, j’ai une faveur à demander d’abord. »

« Hm ? Qu’est-ce que c’est ? »

Alors que Tama-chan-sensei demanda cela, Kurumi leva un unique doigt.

« En raison de mon récent transfert, je ne suis pas encore habituée à cette école. Ce serait bien, même si c’est après les cours, si quelqu’un pouvait me faire visiter le campus. »

« Aa, bien. C’est vrai…Est-ce que le délégué de classe peut… »

Néanmoins, Kurumi commença à marcher pendant la phrase du professeur, elle s’arrêta devant le bureau de Shidou.

« Hey…Est-ce que je peux te demander ton aide, Shidou-san ? »

« Eh… »

Shidou, face à cet enchaînement d’évènements inattendus, ne pouvait que la scruter stupéfait avec des yeux devenant ronds.

« M, Moi… ? Et comment diable connais-tu mon nom ? »

« Tu ne peux pas… ? »

Kurumi eut un regard extrêmement blessé, affichant l’expression de quelqu’un sur le point de pleurer si elle était rejetée.

« N, Non, ce genre de choses… »

« C’est une promesse alors. Je te remercie, Shidou-san. »

Kurumi afficha un léger sourire, sous le regard médusé de la classe, elle commença à se diriger à pas légers vers la place qui lui avait été désignée.



Chapitre 2: L'invitation d'un Esprit[edit]

Partie 1[edit]

Au moment où Tama-chan-sensei quitta la salle de classe après les cours du matin, Shidou prit son portable dans sa poche et téléphona Kotori.

Quelques instants plus tard, un son lui indiqua que la connexion était correctement établie, la voix de Kotori se fit entendre à travers le portable peu après.

« Salut…salut, Onii-chan ? »

Une voix sympathique qui était complétement différente du ton sarcastique d’auparavant… c’était la Kotori normale et non celle en mode Commandant.

« Hey, Kotori. »

« Vraiment… pourquoi est-ce que tu m’appelles à un si mauvais moment ? Si le portable avait sonné quelques dix secondes avant, il m’aurait été confisqué par mon professeur, tu sais… ? »

« Tu aurais dû correctement le passer en mode silencieux, bien avant. »

« J’ai complétement oublié de le faire aujourd’hui… »

Venait de dire Kotori sur un ton mécontent.

« Eh bien, est-ce qu’il est arrivé quelque chose ? »

« Ss, ah, c’est vrai. La vérité c’est… »

Tout en continuant de parler, Shidou porta son regard sur Kurumi.

Même si elle avait prononcé quelque chose d’aussi choquant que « Je suis un Esprit » au cours de sa présentation, Kurumi était à présent sujette à une situation où elle était encerclé par une marée humaine et une flopée de questions. Il n’y avait pas que les étudiants de la classe quatre, en vue de voir la belle étudiante transférée dont parlaient les rumeurs, même ceux des autres classes étaient venus. C’était exactement comme le premier jour où Tohka avait été transférée.

Il entra accidentellement en contact visuel avec Kurumi. Cette dernière se tourna dans sa direction et sourit légèrement, Shidou rougit instantanément et retint son souffle.

« Onii-chan ? »

« Aa, aaah…Aujourd’hui, ma classe a…un nouvel étudiant transféré…mais cette personne a dit… »

« Quoi ? »

« Je suis…un Esprit. »

« … »

Lorsque Shidou finit de parler, Kotori ne donna pas de réponse.

En guise de réaction, il y eut le bruit de froissement de vêtements. C’était comme le son d’un changement de ruban dans les cheveux.

« …Donne-moi les détails. »

Kotori poursuivit la conversation sur un ton qui était différent du précédent.

« Même si tu me demandes les détails…il n’y a pas grand-chose à rajouter. Lorsqu’elle s’est présentée, elle a dit ‘Je suis un Esprit’… Même s’il n’y a aucun preuve de cela, c’était comme si ça m’était destiné. »

« N’était-ce pas ton imagination ? »

« … »

« Très bien, oublie ça. Une personne qui connait un terme comme Esprit est déjà très anormale. Je vais enquêter dessus. »

« Oh… Je t’en prie, fais-le. »

Alors même que Shidou raccrocha, la sonnerie indiqua le début de la première leçon.

Partie 2[edit]

Au coin de la base de Tenguu. A l’intérieur de la chambre d’observation qui compilait les données sur les longueurs d’ondes Spirituelles de toutes les villes du sud du Kantô[9].

« …Impossible. »

Le chef de l’équipe AST, Kusakabe Ryoko, fronça des sourcils alors qu’elle grommela.

« Est-ce une erreur ? Ça… »

L’homme en charge de la tour de contrôle centrale, -le Sergent de première classe Ashimura,- se tourna vers elle alors que son visage en sueur tremblait.

« Je suis extrêmement désolé mais la précision des machines d’observation est considérée comme la meilleure du pays. »

« …Vraiment ? »

En revérifiant les chiffres affichés à l’écran, après s’être assurée qu’il n’y avait aucune erreur, elle soupira énergiquement comme si elle essayait de se débarrasser de sa frustration.

Sur l’écran se trouvaient les résultats numériques d’un certain humain.

Non, utiliser le terme d’humain serait un mensonge.

Après tout, ces chiffres insinuaient une calamité capable de détruire le monde.

« … Un Esprit transféré dans un lycée ? Cette blague n’est même pas amusante. »

C’est vrai, aujourd’hui à 9 heures du matin, elle avait reçu un message d’Origami à destination de la base.

Elle demandait une enquête parce qu’il y avait une étudiante transférée dans sa classe qui se déclarait elle-même un Esprit…

Même si elle était dubitative, elle avait tout de même scanné la fille mais…

Ryoko essuya son front. Pour être accepter dans un lycée, un registre de famille et une adresse de résidence sont nécessaires mais il y avait également d’autres documents exigés pour la démarche.

Cette dangereuse créature, capable d’éradiquer une ville entière avec un seul doigt, avait été capable d’échapper au champ d’observation, de posséder la connaissance sur le mode de fonctionnement de la société humaine et de l’exploiter. Il était impossible de ne pas frémir en pensant à tout cela.

« Chef ? Qu’est-ce que vous faites ? »

A cet instant, une étrange salutation s’exprima derrière elle.

Un seul membre aurait utilisé ce genre d’expression. En tournant sa tête, comme on pouvait s’y attendre, il s’agissait bien de Mana.

« …Nn ? »

Mana affichait une expression sérieuse, plissant ses yeux en guise de mécontentement.

« …Elle…s’est finalement montrée, *huh*, <Nightmare>. »

« <Nightmare> ? »

Demanda Ryoko surprise. Mana soupira violemment tout en levant ses sourcils.

« Nom de code : Nightmare… Celle que je pourchasse, le plus brutal des Esprits. »

« Le plus brutal…des Esprits ? »

Ryoko frissonna alors qu’elle répéta ces mots solennels, *Nn*, Mana acquiesça de la tête.

« C’est l’Esprit qui a causé la mort d’au moins dix milles personnes. Si nous prenons en compte les victimes qui n’ont pas été identifiées, le chiffre serait un peu plus grand. »

« Dix, dix milles… !? In, incroyable, pourquoi n’y a-t-il pas eu d’évacuation ? Et de plus, une déchirure spatiale de cette ampleur… »

« Vous avez tort. »

Alors qu’elle tenta d’interrompre Ryoko, la voix de Mana parut mélancolique.

« La déchirure spatiale que cause <Nightmare> est à peu près identique à celle des autres Esprits. Même si on ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de victimes, la déchirure n’en avait même pas causé une centaine. »

« Al, alors pourquoi… »

« La raison est très simple… elle les a tué avec ses propres mains. Ces dix milles humains. »

« … »

Ryoko retint sa respiration.

La <Princesse> et <l’Hermite>, qui étaient précédemment apparues dans la ville de Tenguu, même si elles avaient provoqué plusieurs déchirures spatiales, elles n’avaient pas activement attaqués d’humains.

Néanmoins, si un monstre, capable de ravager le monde, commençait à tuer volontairement des gens…

Ce serait une horreur. En tant que membre de l’AST, une telle scène était facile à imaginer.

« …Alors, quelles mesures devrions-nous prendre ? »

« Eh ? »

Demanda Mana alors qu’elle s’étirait légèrement, Ryoko sèchement remise en cause.

«  Si un Esprit apparaît, il n’y a pas vraiment d’autres choix que de le tuer. »

« C’est vrai…Mais, on ne devrait pas évacuer les civils ? Après tout cette situation est… »

« Il n’y a pas à s’inquiéter. S’il-vous-plait, laissez-moi m’en occuper… S’occuper de ça, c’est ce pourquoi je suis la meilleure. »

« Aa, attends, attends ! »

Ryoko attrapa le bras de Mana alors qu’elle essayait de partir à la hâte.

« ? Il y a un problème. N’est-ce pas mieux de s’en occuper rapidement ? »

« … Je ne le dirais qu’une fois, le chef de l’unité, ici, c’est moi. Ce n’est pas toi qui décide ! »

« … »

Mana réfléchit pendant un moment comme si elle envisageait quelque chose, puis elle leva lentement sa main. « Compris. Je vais suivre vos ordres. »

Néanmoins, elle porta un regard à Ryoko comme si elle jugeait quelque chose.

« Mais, s’il-vous-plait, n’oubliez pas. J’ai été postée ici par l’Association, j’ai reçu la permission du général d’entreprendre des actions indépendantes. »

« …Je comprends. »

Le visage de Ryoko arbora une expression ennuyée, elle relâcha la main de Mana.

Partie 3[edit]

Les aiguilles de l’horloge, qui se trouvait au-dessus du tableau, avaient déjà fait trois fois le tour.

Sous les yeux de Shidou, le dernier appel avant de rentrer à la maison allait commencer. Accompagnant la sonnerie et entrant dans la salle de cours, Tama-chan-sensei ouvrit le cahier de présence et commença à transmettre une information.

Une scène normale et sans intérêt. Néanmoins, en cet instant, Shidou était torturé par une inquiétante panique.

Pour comprendre pourquoi…

« … »

Kurumi avait saisi la chance, lorsque le professeur n’était pas concentré, pour se tourner vers Shidou, le regarder dans les yeux et agiter légèrement sa main.

« Ce, um… »

Considérant que ce serait difficile de ne pas répondre, Shidou afficha un sourire amer et fit signe de la main en retour.

« … »

A ce titre, Tohka et Origami, qui étaient assises de chaque côté de Shidou, sans faire la moindre blague, portaient sur celui-ci des regards suffisamment perçants pour lui provoquer de la dermatite.

« …Qu, Qu’est-ce que je devrais faire ? »

Alors que Shidou soupirait de désespoir, Tama-chan-sensei ferma le cahier d’appel.

« Ce sera tout pour aujourd’hui… Ah, une dernière chose, récemment dans l’arrondissement, il y a eu des cas de disparition qui sont survenus. Tout le monde, essayez de vous déplacer en groupes. Souvenez-vous bien de rentrer à la maison avant qu’il ne fasse nuit, d’accord ? »

« …Nn ? »

En réponse aux paroles de Tama-chan-sensei, qui semblaient cibler des enfants, Shidou leva légèrement ses sourcils. Maintenant que cela était mentionné, le journal télévisé du matin avait rapporté également des cas similaires. Alors que le nom de la ville de Tenguu avait été mentionné, cela avait attiré son attention.

Ça irait si c’était Shidou mais ce serait plus inquiétant dans le cas de Kotori.

… Eh bien, s’il s’agit de cette imouto-sama-là, le nombre de choses, dont il faudra se préoccuper, sera probablement encore plus important.

Alors que Shidou pensait à tout cela, l’appel à se mettre au garde-à-vous résonna. Il se leva de son siège et s’inclina. Mis à part les sons de cliquetis produits par les tables et les chaises lorsque les élèves se levèrent, on pouvait également entendre les discussions entre certains d’entre eux.

C’était l’après cours mais… Shidou avait encore des choses à faire.

Il sortit une oreillette de sa poche et l’équipa dans son oreille droite.

Très vite, une voix enthousiaste fit vibrer ses tympans.

« …C’est le moment. Est-ce que tu es prêt, Shidou ? »

Une voix jeune, chargée d’une grande quantité de pression, celle de sa sœur, Itsuka Kotori en mode Commandant.

Même s’il ne pouvait pas le confirmer depuis sa position, les membres d’élite du <Fraxinus> devaient être totalement prêts à conquérir le cœur de l’Esprit.

« Je ne peux pas le croire, c’est réellement un Esprit… Pour te dire la vérité, j’ai pensé que ce n’était qu’un de tes délires. »

« …Hey. »

En guise de réponse à la remarque de Kotori, Shidou baissa les yeux.

Mais ce n’était pas sans fondement. En vérité, il était lui-même dubitatif. Un esprit apparaissant dans le rôle d’une étudiante transférée, et puis quoi encore !?

Le résultat des observations de Kotori concernant Kurumi furent envoyées sur le portable de Shidou à la pause déjeuner. En conclusion… Kurumi était définitivement un Esprit.

« … Hey, on peut considérer que c’est une bonne chose. L’autre camp a déjà envoyé une invitation. Si l’alarme ne sonne pas, l’AST ne peut pas s’immiscer du coup ; n’est-ce pas ce que nous voulions ? Pour le moment, concentre-toi, s’il-te-plaît, sur son augmentation de sentiment envers toi et sur le moyen de la faire tomber amoureuse. »

« …Nn. Je suppose…que tu as raison. »

Shidou prononça ces mots sans enthousiasme.

C’était tout simplement comme Kotori l’avait exprimé. Néanmoins, les intentions de Kurumi n’étaient pas encore claires, Shidou ressentait des émotions compliquées.

« Qu’est-ce qui cloche chez toi, ce genre de réponse de couard. Devoir EMBRASSER un autre Esprit et te voici en conflit intérieur ? »

«  … Ce, ce n’est pas ça…Mais, non, ce n’est pas vraiment comme si je n’étais pas en conflit intérieur … »

« Bon alors…Malheureusement, il semblerait que tu n’auras plus suffisamment de temps pour bavarder ? »

« Eh ? »

Alors que Shidou donna cette réponse stupide, son épaule fut tapotée du doigt quelques fois.

« Shidou-san, Shidou-san. »

« Uuooh… !? »

Puisque c’était si soudain, il fut surpris.

« Désolée, est-ce que je t’ai effrayé ? »

La fille qui se tenait là… Kurumi venait de dire cela avec un regard désolé.

« To, Tokisaki… »

« Ufufu, tu peux m’appeler Kurumi. »

« Aa, aaah… Alors, Kurumi. »

Après que Shidou eut dit cela, elle poursuivit tout en arborant un sourire de contentement.

« Est-ce que tu peux me faire faire le tour de l’école ? Je m’en remets à toi. »

« Oo, ooh. »

Shidou regardait comme s’il essayait de ralentir les battements affolés de son cœur, il plaça sa main sur sa poitrine alors qu’il acquiesça de la tête.

… Une apparence magnifique comme si elle était artificielle. Une attitude à exulter de la grâce. Des mouvements élégants. Son existence était fortement mise en valeur à travers les cinq sens de Shidou.

C’était comme si ses yeux et son cerveau rejetaient toutes formes d’impuretés autres que Kurumi et les plaçaient hors de sa reconnaissance.

« Ahem ! »

« … ! »

Shidou fut ramené à lui par cette fausse toux. Se tournant vers l’origine du son, Tohka le regardait en croisant les bras.

« A, à propos de… »

Il semblait qu’il avait été découvert. Shidou produisit ces sons en tentant de s’expliquer.

« Eh bien ! Dépêchons-nous et allons-y. Fufu, je suis si contente. »

Néanmoins, avant qu’il n’ait pu finir sa phrase, Kurumi avait commencé à marcher vers le couloir à petits pas.

« Aa… he, hey ! »

« Uufufu, Shidou-san devrait se dépêcher également ! »

« … Shidou, Kurumi est maintenant notre principale priorité. Dépêche-toi et suis-la. L’état mental de Tohka n’a pas encore atteint l’état critique. Achète-lui un pain de haricot jaune en rentrant à la maison, ça devrait la stabiliser. »

A ce moment-là, la voix de Kotori avait résonné dans son oreille droite.

Il regarda à sa droite, il vit Tohka mécontente dans son champ de vue… Mais, il n’avait pas d’autres choix. Shidou laissa échapper un « Désolé ! » avant de suivre Kurumi dans le couloir.

« Eh bien, par où devrions-nous commencer la visite ? »

Demanda Kurumi, qui attendait près de la salle de classe, tout en inclinant la tête.

« Aa, aaah… c’est vrai. »

Au même moment, alors que Shidou accepta sa défaite, la voix de Kotori s’était fait entendre dans son oreille droite.


A 15 000 mètres au-dessus de la base de Tenguu stationnait le vaisseau de l’organisation secrète <Ratatoskr>, le dénommé <Fraxinus>.

Les Esprits…de dangereuses formes de vie se matérialisant aléatoirement et provoquant la destruction de ce monde.

Les faire tomber amoureux et leur faire perdre leurs pouvoirs… les membres du personnel responsable de ces tâches à la fois difficiles et amusantes étaient actuellement en pleine bataille.

Sur le pont situé au cœur du <Fraxinus> se trouvaient les trente membres de l’équipe avec leur commandant Kotori. Tout le monde était installé à sa console de travail et contrôlait la tour de commandement avec des mouvements expérimentés.

« L’acceptation est à 45.5. Pas de changement du tout. »

« L’état mental normal, dans le vert. Un état stable. »

« Longueur d’onde Spirituelle 150.0. La différence par rapport au précédent scan est au niveau acceptable minimum de 3.4. »

« … Umu, donc tout va bien ? »

Demanda Kotori qui était étendue dans le siège de commandement du <Fraxinus> au centre du pont.

Les rubans qui attachaient ses cheveux étaient de couleur noir. Son uniforme militaire était marron. Indubitablement, elle ressemblait à une cosplayeuse qui avait été inspirée par des films.

Néanmoins, cette fille à l’allure mignonne, qui ne paraissait pas à sa place sur le pont de ce vaisseau, après avoir inspecter ses subordonnés, se redressa et regarda l’écran.

Sur l’écran géant était affiché cet Esprit, Tokisaki Kurumi.

Les différents paramètres sur l’écran, visibles à travers les fenêtres provenant des ordinateurs des subordonnés, après avoir été retraitée par l’IA, étaient indiqués en temps réelle sous forme de boîte de dialogue.

C’était exactement comme les images d’un galge.

A cet instant, Kurumi, à l’écran, inclina sa tête et ses lèvres se levèrent légèrement.

« Eh bien, par où devrions-nous commencer la visite ? »

« Aa, aah… c’est vrai. »

Après quoi, à travers le communicateur, Shidou put entendre cette voix.

On aurait pu comprendre sans même demander. C’était la voix de quelqu’un qui était troublée par une soudaine question. Kotori soupira tout en appuyant le bouton de transmission et dirigea le microphone vers sa bouche.

« Shidou, attends un instant. Laisse-nous prendre une décision de notre côté. »

Au moment où Kotori avait parlé, une nouvelle fenêtre s’était affichée sur l’écran principal.

C’était une mini-carte du lycée Raizen où se trouvait actuellement Shidou. Divers salles de classes et installations y étaient signalées, les localisations de Shidou et de Kurumi, pour leur part, était représentées par des points rouges. En suivant cela, divers itinéraires s’affichèrent après calcul de la distance par rapport à leur position actuelle et de leurs mouvements.

Le premier endroit où se rendre était…

① Le toit

② L’infirmerie

③ La cafétéria, la cantine

Laquelle choisir ?

« … Une grande opportunité. »

Une voix résonna derrière le siège de commandement où était installée Kotori.

En se tournant, un grand jeune homme se tenait là, sa main sur son menton. C’était le vice-commandant du <Fraxinus>, Kannazuki Kyouhei.

« C’est merveilleux de nous laisser la décision de la séquence de mouvement. Si elle est bien orchestrée, elle pourrait mener à un résultat percutant. »

« Eh bien, tu as raison… Tout le monde, choisissez ! Cinq secondes ! »

Après que Kotori ait fini de prononcer ces mots, le moniteur sur sa main afficha rapidement les réponses.

« Umu, le toit est le choix le plus populaire *huh* ? »

«  Bien sûr, le toit peut aisément être vu comme le lieu de prédilection des jeunes dans une école ! Un lieu plein de liberté et un excellent endroit pour démarrer ! Il n’y pas d’autres choix que celui-ci ! »

Alors que Kotori marmonnait, depuis la partie inférieure du pont, Nakatsugawa, le <Dimension Breaker>, avait-il ainsi crié.

« Mais…A vrai dire, le toit est généralement fermé, non ? Parce que c’est dangereux. »

Néanmoins, près de lui, Minowa <On Probation>, tout en soutenant son menton avec sa main, venait-elle ainsi de s’exprimer.

« Eh…Vraiment ? »

C’est ainsi que Nakatsugawa protesta légèrement. Néanmoins, Kotori toussota avant de prendre la parole.

« Il n’y a pas de problème. L’école dispose de nombreux assistants infiltrés, c’est possible d’ouvrir la porte en utilisant les clefs avant l’arrivée de Shidou et Kurumi. »

« C’est, c’est vrai ! Du coup, le toit est toujours le meilleur… »

« On ne bouge plus ! »

A ce stade, Kawagoe <Trop tôt fatigué> regarda sur sa droite.

« Comment pouvez-vous abandonner l’infirmerie ? Des lits placés là en toute légalité et des rideaux pour bloquer la vue des gens. N’est-ce pas un des rares endroits d’une école qui peut exciter ?! »

« Qu, Qu’est-ce qui ne vas pas avec toi ? N’es-tu pas devenu trop pervers ?! Le toit est un lieu excellent… ! »

« Humph… pourquoi est-ce que tu ne nettoierais pas ta morve avant de commencer à protester, hein, Nagatsugawa-kun ? »

« Ha… ! »

« Vraiment ? »

Tout en écoutant la joute verbale entre la faction du toit et la faction de l’infirmerie, Kotori regarda l’image située au niveau de sa main, une fois de plus.

« En parlant de cela, qui a voté pour la ③ ? »

Une fois que Kotori posa cette question, une main se leva immédiatement.

« … C’est moi. »

Une femme, qui paraissait complétement dans le coaltar, ouvrit ses yeux, encerclés par de sombres cernes, et regarda dans sa direction. C’était Murasame Reine, l’Officier Analyste du <Fraxinus>, à qui Kotori faisait totalement confiance.

« Reine, huh ? Quelle surprise ! Peux-tu m’en expliquer la raison ? »

« … Aah. Ce n’est pas une raison alarmante. Juste une simple élimination, c’est tout. »

« Elimination ? Est-ce que le toit et l’infirmerie ne sont pas acceptables ? »

Reine secoua la tête.

« … Ce n’est pas ça. C’est juste qu’à l’infirmerie, il y a une infirmière qui fréquente le lieu. Si nous voulons profiter du potentiel destructeur de l’infirmerie elle-même, nous devrions attendre encore une trentaine de minutes… Le toit a une raison similaire. Si tu me demandes pourquoi, la scène du soleil couchant…ne serais-ce pas magnifique ? »

Après avoir écouté les paroles de Reine, Kotori leva légèrement les bords de ses lèvres.

« … Comme on pouvait s’y attendre, tu es une telle romantique, huh, Reine. »

Suite à cela, elle porta le microphone à sa bouche.

« Shidou, tu m’entends ? Amène-la à la cafeteria et à la cantine. »

« … Très bien. Eh bien, devrions-nous aller d’abord à la cafétéria et à la cantine ? Ce sera utile à l’avenir. »

« Nn, ça ne me dérange pas. »

Lorsque Shidou eut fini, un sourire très mignon apparut sur le visage de Kurumi alors qu’elle acquiesçait de la tête.

* Don*, *don*, les chaussons de couloir de Kurumi produisaient en claquant un son de ce type alors qu’elle marchait aux côtés de Shidou.

« Eh bien, allons-y. »

« Oo, oh. »

Accablé par Kurumi qui était enthousiaste, il commença à marcher après quelques difficultés.

Pour atteindre la cantine au rez-de-chaussée, ils devaient d’abord atteindre l’escalier à l’ouest du bâtiment. Tous deux traversaient le couloir d’un pas nonchalant.

A ce stade, les élèves, qui rentraient chez eux, leurs jetaient des coups d’œil.

… Wah…qui est cette fille si mignonne ? … Une étudiante transférée ? N’est-ce pas Itsuka-kun de la classe 4 à côté d’elle ? Qu’est-ce qui se passe ? Aaa, il paraît qu’elle voulait qu’il lui fasse personnellement visiter l’école. Eh, Itsuka n’est-il pas le mari de Yatogami ? Mais, j’ai entendu dire que même Tobiichi a été prise par lui, promise d’être sa maîtresse ou quelque chose dans le genre.

Hey, hey, non satisfait d’une infidélité conjugale, il veut maintenant souiller l’étudiante transférée ? Il semblerait qu’Itsuka-kun est un chaud lapin !

…Voilà ce que les gens disaient.

En même temps que son visage convulsa, il tenta ardemment d’ignorer ces mots blessants, il accéléra le pas.

Puis, une voix différente des autres, la voix de Kotori parvint à son oreille.

« Nnnn… ? »

« ? De quoi est-il question, Kotori ? »

« Non… il y a deux personnes qui épient tes mouvements… Il y a une possibilité que tu ais été marqué par quelqu’un. »

« Eh, eh eh… ? »

Confronté à une possibilité si périlleuse, Shidou ne put s’empêcher de s’exclamer.

« Tout doux… On va essayer de confirmer ça. Tout d’abord, focalise ton attention sur Kurumi… Et aussi, tu es en train de marcher avec une fille, pourquoi est-ce que tu ne dis rien, idiot ! »

« Eh ? ah… »

A cause de sa trop grande conscience des regards alentours ainsi que sa nervosité de marcher avec une fille, il avait délaissé Kurumi.

« … Et merde. »

Tout en grommelant, il jeta un coup d’œil en direction de cette dernière.

Soudainement… Shidou sentit son cœur battre violemment.

Mais il y avait une raison à cela, bien entendu. C’était parce que Kurumi avait orienté son œil droit, qui n’était pas couvert par ses cheveux, directement sur Shidou.

Naturellement, leurs yeux s’étaient rencontrés. A ce moment-là, Kurumi avait affiché un doux sourire comme si elle était vraiment comblée du fond cœur. C’était comme si elle avait attendu tout ce temps que Shidou regarde dans sa direction.

« Ku, Kurumi. Ça ira si tu marches sans regarder devant toi ? »

Il posa cette question avec un grincement, Kurumi écarquilla ses yeux.

« Tu l’as remarqué ? Et tu t’inquiètes même pour moi ! Shidou-san est tellement gentil. »

« N, non… ce genre de choses ! »

« S’il-te-plait, ne sois pas modeste. C’était de ma faute de t’avoir dévisagé de profil et d’avoir été hypnotisée. »

« Dé, dévisager… !? »

Shidou sentit ses joues rougir…

Qu…qu…qu…qu’est-ce que cette fille vient juste de dire ? Dévisager ? Non, non, je ne comprends pas.

Cette apparence normale ne valait vraiment pas la peine d’être dévisagée, Shidou était bien conscient de cela.

« Pourquoi est-ce que tu y vas si mollement pour répondre à ses mots, Shidou ? »

En entendant la voix de Kotori, les épaules de Shidou grelottèrent violemment.

« Dé, désolé. »

« … En effet, elle est d’un type que nous n’avons jamais rencontré auparavant. Non seulement, elle a intégré elle-même la société…elle a également maîtrisé l’art d’entrer dans les bonnes grâces d’autrui. »

Kotori produisit un *Umu* tout en réfléchissant.

« C’est parce qu’elle est une personne intéressante que nous avons besoin de plus d’informations… Eh bien, nous allons les lui soutirer pendant que nous augmenterons son acceptation… Il semblerait que les choix soient à peine arrivés. Attends un instant. »


L’écran du pont du <Fraxinus>, une fois encore, afficha une fenêtre avec des choix multiples.

① « Cette chose à propos des Esprits dont tu as parlé ce matin, qu’est-ce que ça voulait dire ? »

② « Kurumi, dans quelle école étais-tu avant ? »

③ « Kurumi, quel genre de sous-vêtements portes-tu aujourd’hui ? »

« Tous les membres, choisissez ! »

Suite au cri de Kotori, les membres du pont inférieur appuyèrent un bouton tous en même temps.

Le résultat fut rapidement affiché sur le moniteur de Kotori.

« Comme attendu, il semblerait que ce soit la ①. »

Le résultat que tout le monde avait choisi était le même que le sien, Kotori reposa son menton sur sa main.


« Un choix convenable. Kurumi ne devrait pas savoir que Shidou possède des connaissances sur les Esprits. Ce serait bien de tenter de la faire douter. »

Derrière elle, Kannazuki venait de dire cette phrase.

« C’est vrai… En parlant de ça, Kannazuki, tu as voté pour laquelle ? »

« J’ai choisi la ③. »

« Ecoutons d’abord la raison. »

Avait dit Kotori en se tournant.

« Les cuisses qui sont cachées par ces collants noirs peuvent être considérée comme l’un des trésors de l’humanité. Est-ce que vous avez vraiment besoin de demander ? »

Kotori claqua des doigts. Rapidement, deux grands hommes extrêmement musclés entrèrent sur le pont et attrapèrent les bras de Kannazuki.

« Emmenez-le. »

« Oui ! »

Les deux hommes répondirent pendant qu’ils l’emportèrent en traînant.

« Com, commandant ! Ayez pitié ! Ayez pitiééééééééé !!!! »

*Pishu*, faisant suite à ce son, la porte se referma.

Au milieu de ce pont de vaisseau silencieux, Kotori soupira puis elle dit :

« Kurumi, quel genre de sous-vêtements portes-tu aujourd’hui ? Hey, vous autres, qu’est-ce que vous pensez de ce choix ? »

« Nous, eh bien, vous ne pouvez évidemment pas utiliser une phrase si vulgaire pour améliorer l’atmosphère. »

Les membres du personnel sur le pont inférieur répondirent avec des sourires amers.

A ce stade, Kotori leva soudainement ses sourcils.

« Ah ! »

En même temps qu’elle avait changé de position, ses coudes avaient appuyé sur le bouton du microphone. En clair, la conversation juste à l’instant avait été entendue par Shidou…

« He, hey… Kurumi, quel genre de sous-vêtements portes-tu aujourd’hui ? »

A l’écran, Shidou, qui avait pris cela pour un ordre, l’avait vraiment suivi à la lettre.


« Sous-vêtements…huh ? »

« … ! »

Alors que Kurumi abasourdie répéta la question, Shidou réalisa finalement quel genre de phrase ridicule il venait à peine de formuler.

« Ah, non, juste à l’instant où… »

Alors qu’il agita précipitamment ses bras, il tapota l’oreillette en guise de protestation.

« Idiot, ce n’était pas une instruction à l’instant ! Le choix correct était le ① : ‘Cette chose à propos des Esprits dont tu as parlé ce matin, qu’est-ce que ça voulait dire ?’ »

« Ha…Haa !? »

« Bon, avant tout tente de dissiper le malentendu ! Dis que ce n’était qu’une blague, puis pose-lui la véritable question ! »

« Oo, oh… »

Shidou grommela légèrement et se tourna vers Kurumi.

« A propos de ça, Kurumi... »

Néanmoins, en regardant l’expression et les mouvements de Kurumi, il ne put s’empêcher de s’arrêter.

Alors qu’elle leva les yeux pour regarder Shidou, elle remonta soudainement les bords de sa jupe plissée.

« …C’est ce que tu veux voir ? »

« Eh !? N, non, à l’instant c’était… »

Quand bien même il n’aurait pas voulu voir, il ne pouvait pas non plus le dire franchement.

Alors que Shidou était chamboulé, Kurumi regarda les alentours puis se cacha dans l’obscurité d’un cabinet proche, utilisé pour stocker du matériel de nettoyage.

« Ku, Kurumi… ? »

Shidou leva ses sourcils en réponse aux mouvements mystérieux de cette dernière.

Kurumi rougit timidement et ouvrit sa petite bouche.

« C’est d’accord…tu sais, s’il s’agit de toi. »

Tout en prononçant ces mots, les mains, qui tenaient la jupe, la levèrent lentement.

« Eh…eh, eh !? »

Shidou ouvrit grand ses yeux en réaction à la tournure totalement inattendue que prenaient les évènements.

Néanmoins lorsque Shidou s’avoua vaincu quant à quoi faire, Kurumi avait déjà fini de lever sa jupe. Ses cuisses enfermées dans des collants noirs se dévoilèrent… et même cette zone interdite en forme de triangle fit son apparition. A travers ce tissu noir tendu des deux côtés, une culotte blanche se fit entrevoir l’espace d’un instant.

« … !! »

Shidou ferma immédiatement ses yeux, il attrapa la jupe de Kurumi et la baissa pour la remettre dans sa position initiale.

« Ara, ara. »

Dit Kurumi tout en affichant un air incrédule.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? S’il s’agit de toi… Ça ne me dérange pas, tu sais ? »

« Non, ça ira ! Maintenant ! Allons-y ! »

« Ufufu, Shidou-san est timide~ Aaa, mais, si tu veux que nous continuions, pourrais-tu auparavant lâcher ma jupe ? »

« … ! »

En étant ainsi rappelé à l’ordre, les yeux de Shidou se rouvrirent…Si quelqu’un pouvait voir la scène depuis le côté, l’actuel Shidou serait indubitablement un super pervers qui amène les filles dans des coins obscurs et qui lève leurs jupes.

« Dé, dé, dé, dé, désolé… ! »

Il retira hâtivement ses mains. Kurumi laissa échapper un ricanement, tout en affichant l’expression de quelqu’un à qui tout cela ne dérangeait pas du tout.

« Shidou, ne panique pas, ajuste d’abord la position de ton corps. »

A cet instant, les instructions de Kotori arrivèrent. Shidou toussa artificiellement. Alors qu’ils reprirent leur visite, il suivit les précédents conseils et demanda :

« A propos, Kurumi… »

« Nn, qu’est-ce qu’il y a ? »

« Ce matin, n’as-tu pas dit ‘Je suis un Esprit’ ? Qu’est-ce que c’est au juste les Esprits ? »

Après cette question, Kurumi resta abasourdie un instant… Mais, très rapidement, elle révéla un petit sourire.

« … Ufufu, ne joue pas l’imbécile, s’il-te-plaît, Shidou-san. Est-ce que tu ne la connais pas clairement ? La question des Esprits. »

« … »

Face à cette réponse, Shidou retint sa respiration.

« Qu’est-ce que, cette fille ? »

Kotori laissa échapper une exclamation de surprise similaire à celle de Shidou.

« Convaincue que Shidou connait les Esprits… Qu’est-ce qui se passe ici, bon sang ? »

Il ne fallut pas longtemps à Shidou pour comprendre et il posa donc la question à la place de Kotori.

« Co, comment est-ce que tu le sais, le fait que je sache… ? »

« Fufu, c’est…un secret. »

« Eh ? »

« La raison pour laquelle je suis venue dans cette école, c’était pour te rencontrer, Shidou-san. Parce que je savais à propos de toi que j’avais le désir de te voir. Il n’y avait pas un seul jour où je ne pensais pas à toi, Shidou-san. Du coup… en ce moment-même, je suis extrêmement heureuse. »

Lorsqu’elle finit de prononcer ces mots, les joues de Kurumi se teintèrent d’un rose pâle.

« … !! »

Shidou sentit ses joues s’embraser. Même s’il ne pouvait pas les voir, ses oreilles devaient souffler de la vapeur à présent.

Pourquoi ? Pourquoi ceci ? Selon que ce soit du flirt ou une fille amoureuse, ça prend totalement une autre dimension. Cette forme d’existence connue sous le nom de Kurumi est bien trop mignonne pour être décrite… cette sensation assaillait Shidou.

C’était comme au collège, la sensation d’ivresse après avoir léché le whisky que son père avait laissé dans la vitrine, une ivresse somnolente. C’était comme s’il était sur le point de s’effondrer au sol au moindre effleurement.

« Hey, la situation ne se serait-elle pas inversée ?! »

« Ha… »

La voix de Kotori ramena Shidou à lui.

« Eh bien… Continuons de bouger. »

Shidou inspira profondément et s’avança tout en essayant d’éviter le regard de Kurumi.

La raison était…que depuis que leurs yeux s’étaient rencontrés, il se sentait comme s’il était cloué sur place.

« … Keh, ne compte pas t’en tirer si facilement, huh. Nous n’avons pas le choix, continue d’attaquer… Je m’en fiche si c’est lâche de nos jours. Nous ne pouvons pas lui laisser prendre le contrôle de la situation. »

« Tai, tais-toi… »

« Eh bien… Ce doit être frustrant d’être mené par le bout du nez. Essayons de la faire vaciller. »

Après que Kotori ait fini sa phrase, l’écran principal du pont afficha des choix multiples.

① « Kurumi, tes cheveux sont vraiment magnifiques. » Toucher délicatement ses cheveux comme si rien ne s’était passé.

② « Ah, c’est dangereux ! » Prétexter de trébucher et tomber sur elle.

③ « Hey, c’est par là. » Lui prendre naturellement la main.

*Umu*, Kotori leva sa Chupa Chups qui était dans sa bouche.

Les choix étaient tous des contacts physiques non intentionnels. C’était un peu risqué… mais, c’était précisément parce que son état mental était stable, que l’IA avait fait de telles propositions.

« … Tout le monde, choisissez ! »

Après avoir dit ceci, elle regarda immédiatement les résultats des votes sur son moniteur près de sa main. Kotori acquiesça de la tête.

« ③ huh ? Eh bien, c’est la plus simple. »

« Bien dit… la ① semble être trop intime et la ② trop évidente. »

A ce moment-là, sans savoir quand il était réapparu aux côtés de Kotori, Kannazuki s’était exprimé.

Ses cheveux dorés en pagaille, sa poitrine légèrement exposée, le pantalon occidental qu’il portait d’habitude demeurait introuvable, il avait été remplacé par une paire de collants avec des personnages imprimés dessus.

« Ara, il semblerait que tu te sois échappé sans problèmes, Kannazuki. »

« Quel lieu dangereux. Qui sont-ils exactement ? »

« Pour se préparer à la situation où ils seraient nécessaire, bien sûr. »

« Alors pourquoi ont-ils essayé de m’enlever mon caleçon ? »

« C’est juste toi. »

« Et maintenant, étais-je trop conscient ? »

Kannazuki acheva avec un « Ha ha ha. » puis reprit rapidement son sérieux, une fois de plus.

« Quoi qu’il en soit… Tenter d’entrer en contact physique, il y a une autre méthode pour cela. »

« Dis-la. »

« Ha. Avant tout, demandez à Shidou-kun de se coucher dans le couloir. »

« Et ensuite ? »

« Eh bien, utilisez divers angles de vue pour observer les sous-vêtements de l’Esprit qui se trouvent sous ces collants. »

« Est-ce que tu recommences ? »

Kotori essaya de claquer des doigts mais fut, une fois de plus, arrêtée par un Kannazuki effréné.

« J’ai, j’ai pas fini. L’Eprit se sentira gênée de laisser voir sa culotte, pas vrai ? »

« Umu. »

« Et bien sûr, elle marchera sûrement sur Shidou-kun qui sera couché par terre dans le couloir ! De cette manière, la relation entre maître et esclave s’approfondira naturellement… »


Réagissant au claquement des doigts de Kotori, les deux géants, une fois encore, réapparurent sur le pont et emmenèrent Kannazuki avec eux.

« Po, Pourquoi Commandant !? »

Ignorant l’appel de Kannazuki, Kotori prit le microphone.

« Shidou, c’est la ③, va-y et prends sa main. »


« Compris. »

Shidou hocha de la tête en guise de réponse aux instructions de Kotori… Avant même l’instruction, il avait cru entendre l’appel de quelqu’un sur le point de mourir. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait eu l’impression qu’il ne pouvait pas trop poser de question à ce sujet.

« … »

Shidou engloutit violemment et regarda le chemin devant lui. En tournant à gauche au croisement en T, il devrait y avoir les casiers du bâtiment ouest.

C’était une grande opportunité. A ce moment-là, l’action de tenir la main de Kurumi, tout en continuant de marcher, « Aah, par-là, par-là », et lui désignant la bonne direction, se jouait d’innombrables fois dans son esprit.

Néanmoins…

« Hyii… !? »

Shidou écarquilla les yeux sous le choc. Alors qu’ils étaient sur le point d’atteindre le croisement en T, Kurumi avait soudainement attrapé la main de Shidou.

« Comment est-ce arrivé… ? »

Kotori, surprise, avait laissé échapper ces mots.

Mais la maladresse que Kotori ressentait ne pouvait être comparée à celle qu’éprouvait Shidou en cet instant. La paume de sa main droite se retrouvait enveloppée par des doigts doux, délicats et un peu frais qui appliquaient sur cette dernière une force négligeable. Une pression imaginaire encore plus forte. C’était comme si son nez allait commencer à saigner s’il n’y faisait pas attention.

« Ku, Kurumi… ? »

Mais ce n’était pas un CG[10] mais la réalité, Shidou tourna sa tête mécaniquement tel un robot et s’exprima avec beaucoup de difficultés.

« Qu, qu, qu, qu’est-ce que je dois faire maintenant… ? »

Il tourna sa tête pour voir Kurumi, qui lui tenait la main droite, elle regardait timidement vers le bas et tournait son visage de côté.

« Comme je m’y attendais… je te dérange, n’est-ce pas ? »

« … !! Non, pas..du…tout. »

Suite à ces mots de Shidou, Kurumi relâcha ses épaules et parut soulagée.

« Effectivement, Shidou-san est vraiment gentil. »

En finissant sa phrase, Kurumi sourit timidement.

« N, non… »

… Il semblerait que je ne sache pas où regarder maintenant.

Les yeux de Shidou furetaient aux alentours. Sa conscience commençait à s’embrouiller.

Tu ne peux pas ! Kurumi, tu ne peux pas ! Kurumi-chan est vraiment un ange.

De telles pensées prenaient continuellement d’assaut son esprit.

« …Hey, Shidou-san. »

Les petites lèvres de Kurumi s’agitèrent légèrement.

« Qu’est-ce…qu’il y a ? »

« J’ai une faveur à te demander, Shidou-san… L’écouterais-tu ? »

C’était une impression étrange, comme si, aussi longtemps qu’elle l’eut désiré, il aurait inconsciemment acquiescé de la tête et aurait été d’accord.

« Aa, aah… »

Néanmoins, en cet instant.

« Nuwaaa… ! »

« …Ss. »

Accompagnant ce cri, un bruit de cliquetis retentit derrière eux.

Il s’avérait que le placard de l’équipement de nettoyage placé dans le couloir venait de tomber. Les balais et les pelles à poussière étaient éparpillés partout.

Ensuite, ce fut le tour des deux élèves, qui paraissaient être l’auteur de tout cela, de tomber par terre en tas.

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« To, Tohka…Origami !? »

Shidou ne put s’empêcher de crier. C’était vrai, c’était indubitablement Tohka et Origami.

« Ara, ara ? Que font-elles toutes les deux ici ? »

Alors que Kurumi tenait la main de Shidou, elle pencha la tête de manière interrogatrice.

En voyant cette scène, Tohka et Origami se relevèrent hâtivement.

« C’est, c’est à propos de ça ! Même si Shidou a accepté de te faire visiter l’école… il y a encore certaines choses qui doivent être faites, tu n’en as pas entendu parler ? »

« …Tokisaki Kurumi, faire le tour de l’école n’exige pas de se tenir la main. Laisse-là immédiatement ! »

« ! En effet, c’est vrai ! »

Tohka, dans un rare acte de total consentement avec Origami, hocha énergiquement de la tête.

« Ah… »

Maintenant que quelqu’un le faisait remarquer, Shidou réalisa que sa main était toujours tenue. Il tenta rapidement de la retirer… Néanmoins, Kurumi profita de l’occasion pour renforcer l’étreinte de ses propres doigts, rendant le retrait impossible.

Elle jeta un regard à Shidou avant de se tourner vers les deux filles et commença à jouer la comédie.

« La vérité, c’est que j’ai contracté un grave cas d’anémie. Shidou-san, ce galant homme, m’a pris la main. S’il-vous-plait, n’accusez pas Shidou-san. »

Après avoir entendu ces mots, Tohka et Origami tournèrent leurs regards vers Shidou. « Est-ce vrai ? » fut envoyé à travers ces derniers.

« Eh, eeeehh… C’est, eh bien, um… »

Il ne savait pas pourquoi mais il sentait que dans cette situation, il était préférable pour lui de continuer à cacher la vérité. Shidou avait, de ce fait, répondu vaguement.

L’instant d’après, Origami tomba soudainement à genou par terre.

« ! Origami ! Qu’est-ce qu’il y a ? »

Shidou fut troublé par la tournure soudaine des évènements.

« Anémie. »

« … »

Shidou tiqua. Naturellement, de la sueur s’écoula de son front.

« Je ne peux pas marcher par moi-même. »

« … »

« Une galante personne. »

« …Oo, oh. »

Shidou, sous le joug d’une mystérieuse pression, tendit sa main gauche libre.

« Qu’est-ce qui cloche avec vous deux ? C’est ridicule ! »

Tohka fixa Kurumi et Origami tout en croisant ses bras…

« …Ha ! »

Jetant un nouveau regard aux bras de Shidou, son expression changea soudainement.

« Shi, Shidou ! J’ai aussi de l’anémie ! »

« C’est vrai… ? »

« U, umu, pour te dire la vérité, mes fesses ne sont pas très en chair ! »

« Non, ce n’est pas de l’anémie… »

Alors que Shidou sourit amèrement, Tohka tendit ses bras tout en portant un regard troublé.

« Quoi, quoi qu’il en soit, je le veux aussi ! »

En disant cela, elle tenta de lui prendre les mains… Mais, elles étaient déjà occupées par Kurumi et Origami.

« Guuuu… »

Tohka eut une expression comme si elle allait pleurer, elle se tenait droit devant Shidou, elle baissa son torse comme si elle s’apprêtait à bondir.

« Hey, hey… Ne me dis pas… »

A ce moment-là, une sonnerie de portable surgit de nulle part.

« …Allo. »

Origami sortit son portable de sa poche et entama une conversation.

Bien qu’elle employât des réponses insouciantes, Shidou ne comprenait pas pourquoi elle jetait des regards noirs en direction de Kurumi.

« … Bien compris. »

Sur ce, elle arrêta silencieusement la communication téléphonique.

« Quelque chose d’urgent me tombe dessus. »

Après qu’Origami eut appuyé sa prise sur la main de Shidou, elle la lâcha à contrecœur.

Immédiatement, Tohka saisit l’occasion pour l’attraper fermement.

« … »

Origami jeta un œil à Tohka, dardant un regard haineux, puis elle regarda Kurumi et s’en alla.

Avant de partir, elle murmura une phrase à l’oreille de Shidou :

« Attention à Tokisaki Kurumi. »

« Qu, Quoi… ? »

« Shidou-san ? Pouvons-nous continuer ? »

« Eh ? Aa, aaaah… »

Suite aux incitations de Kurumi, Shidou se remit à marcher en tenant les deux mains.

…Inutile de dire que les regards autour d’eux redoublèrent.


A six heures du soir.

Shidou, qui avait guidé Kurumi à travers l’école pour lui faire voir les bâtiments, ainsi que Tohka qui les avait à moitié forcés de la laisser les suivre, sortit par le portail de l’école et s’avança dans la rue qui était baignée de la teinte rouge du soleil couchant… Bien sûr, les bras de Shidou avaient été relâchés.

« Eh bien, c’est la majeure partie. D’accord ?»

« Nn, merci beaucoup… Vraiment, cela aurait été mieux si nous n’avions été que nous deux. »

« Ha…haha. »

Shidou afficha un sourire amer en réponse à la plaisanterie de Kurumi.

Pour dire les choses honnêtement, Shidou était reconnaissant envers Tohka.

Grâce à ce fardeau, les instructions de <Ratatoskr> avaient été plus simples, même s’ils sont allés dans des events supports[11] tels que le toit ou l’infirmerie, aucune ambiance romantique ne fut installée.

Bien qu’il ait réussi à augmenter l’affection de Kurumi envers lui, il y avait toujours lieu de s’inquiéter… Mais, comment dire… s’il s’était rendu seul avec Kurumi dans ces endroits, avec une telle atmosphère, il sentait bien qu’il aurait été comme dévoré.

Kurumi possédait, en effet, cette attraction spéciale.

Comme… c’est cela, comme un prédateur ou une plante carnivore.

« Non, non… »

Shidou agita sa tête face à ces pensées. Décrire les filles comme des prédateurs ou des plantes carnivores, même s’il ne l’avait pas dit à haute voix, c’était tout de même malpoli.

… A ce moment-là.

« Eh bien, Shidou-san, Tohka-san. Je vais y aller. »

Venait de dire Kurumi en traversant le passage piéton et en souriant.

« Eh ? Oo, oh… »

« Mu, vraiment ? On se revoit demain. »

Alors que Shidou et Tohka agitaient leurs mains, Kurumi disparut vers le soleil couchant.


« …Aah, aaah. »

Dit à haute voix Kurumi après avoir salué Shidou et Tohka, tout en marchant seule dans la rue au crépuscule.

« Je ne peux pas encore… un peu plus, je ne pouvais pas le supporter. Cela m’a pris tellement de temps pour le trouver, je veux profiter de la vie de lycéenne un peu plus longtemps. »

Après qu’elle ait bredouillé ces mots à elle-même, son corps se retourna en rythme.

« … Ufufu, cet amusement, je le réserve pour la dernière partie. »

Soudainement… Kurumi, qui était en train de danser dans la rue, bouscula quelque chose.

« … »

En mettant de la force dans ses jambes, elle parvint à rester debout et regarda devant elle. Il s’avérait que Kurumi s’était heurtée contre le dos d’un homme. Des hommes qui avaient des apparences de délinquants s’étaient réunis sur le côté de la route.

« Ara ara, je suis vraiment désolée. »

Venait de dire Kurumi en inclinant sa tête et tout en essayant de s’éloigner. Toutefois…

« Hey. Attends une seconde, jeune dame. C’est de ta faute d’être distraite, ne pense pas que les choses vont s’arrêter comme ça. »

L’homme, que Kurumi avait heurté, eut un sourire sinistre.

En guise de réponse, les camarades de l’homme se séparèrent et encerclèrent Kurumi.

« Ara ara ? »

Kurumi pencha sa tête en guise d’interrogation, l’un des hommes laissa échapper un sifflement.

« Hey hey, elle est pas mal du tout. Une belle prise ? »

« Hey… hey… quel est ton nom ? Je veux être ami avec toi ! »

C’est ainsi que les gangsters continuèrent de regarder Kurumi de partout, tout en parlant et en s’ameutant.

Aaah… En cet instant, Kurumi comprit.

« Onii-san… Ne me dis pas que tu veux sortir avec moi ? »

Kurumi dit cela tout en souriant légèrement. Les hommes furent surpris un moment puis ils commencèrent à sourire avec leurs mains sur leurs fronts.

« Hey hey, sortir ensemble, elle a dit. Méchante… Ec…chi ! »

« Mais n’est-ce pas bien ? Quoi, tu aimes ce type ? »

« Nn. D’une certaine façon… Laissons cela de côté, qu’en dites-vous si nous changions d’endroit ? Il y a trop de gens par ici. »

Les mots de cette dernière provoquèrent un brouhaha parmi les hommes, ils entrèrent dans une ruelle tout en encerclant Kurumi.

Après avoir forcé cette dernière à entrer dans une impasse, l’homme, qu’elle avait bousculé, afficha un sourire lubrique et tendit sa main.

« Eh bien… je ne vais pas faire de cérémonie maintenant. »

Mais… Sa main ne toucha pas Kurumi qui s’était légèrement décalée vers le bas.

« Ah ? Qu’est-ce que tu fais. Si tu n’as pas l’intention de le faire alors laisse-moi… »

Venait de dire l’un des camarades de l’homme tout en haussant ses épaules. Mais l’homme qui venait d’arriver sur Kurumi, interrompit ses mots paniqué.

« N, non ! Mon corps est… ! »

« Ton corps ? »

A ce moment, son camarade le remarqua également.

Des pieds de Kurumi, son ombre s’étira rapidement, et les innombrables bras blancs qui en sortirent… étaient en train d’emporter le corps de l’homme dans celle-ci.

« … !? Qu, qu’est-ce que c’est… !? »

« U, uwaaaaa… !? »

Tous commencèrent à crier.

« Ufufu, fufu. »

Le sourire de Kurumi se dessina en même temps que les jambes de chacun furent attrapées par les mains blanches, leurs torses furent entrainés dans les ténèbres.

« Eh bien, même s’ils ne sont que des déchets qui ne vaudraient normalement pas la peine d’être mangés… Puisque je dois attendre un vrai repas dans un futur proche, pourquoi ne pas déjeuner un peu pour préparer ma langue à celui-ci… A présent, je suis désolée. »

Kurumi joignit ses mains ensemble avec un *Pa !*.


Instantanément, les lamentations des hommes proches d’elle disparurent totalement.

Kurumi ferma ses paupières comme si elle dégustait un repas et toucha son ventre en soupirant.

…A ce moment-là

« …Ara ? »

Confrontée à cette soudaine sensation qui l’envahissait, les sourcils de Kurumi se levèrent.

Cette sensation d’avoir son corps entier touché de partout. D’être avalé par une immense créature sans même avoir été mâchée, c’était probablement cette sensation-là en cet instant.

Ce n’était pas la première fois qu’elle la ressentait.

Celle d’une barrière, un Territory personnel, que ces magiciennes modernes utilisent par l’assistance de ces machines appelées Realizer.

Même parmi elles, celle-là était spéciale. En effet, il n’y avait pas d’erreur possible… C’était cette fille.

« … Tch, un chouïa trop tard, huh ? »

Comme pour confirmer les suspicions de Kurumi, une jeune fille apparut devant ses yeux.

Ses cheveux attachés en une queue de cheval, une fille qui semblait être une collégienne.

Même si elle portait des vêtements ordinaires, une parka colorée et une jupe culotte, l’air autour d’elle était dangereux, comme une bête féroce qui venait de repérer sa proie.

« Il semblerait que tu te sois encore furieusement nourrie, <Nightmare>. »

« Ara ara, tu es…Takamiya Mana-san, c’est bien ça ? »

Kurumi inclina légèrement sa tête et prononça ces mots. Mana, mécontente, laissa échapper un *Humph*.

« Même s’il est louable de ta part de te souvenir de mon nom, cette attitude me donne envie de vomir. »

« Ara, je m’excuse pour cela. »

Kurumi inclina sa tête, s’excusant honnêtement.

« Néanmoins, les noms sont très importants. Je serais très mécontente si j’étais appelée <Nightmare> ou quelque chose comme ça. Puis-je te demander de m’appeler Tokisaki Kurumi ? »

A peine Kurumi eut-elle fini que Mana, irritée, baissa ses sourcils.

« Parce que c’est important, je ne souhaite pas être appelée par toi. Justement parce que c’est important, je ne veux pas t’appeler par ton nom. »

« Tout ça me paraît difficile. »

« Tais-toi, Esprit. »

Le regard de Mana devint perçant.

Kurumi eut un frisson.

Partie 4[edit]

Après avoir salué Kurumi, Shidou accompagna Tohka au supermarché voisin pour acheter des ingrédients pour le dîner.

Sa main droite chargée avec un sachet plastique lourd, ils marchaient dans la rue qui s’était assombrie depuis tout à l’heure.

« Eh bien… Aujourd’hui, c’était vraiment la bonne journée pour venir. »

Il afficha naturellement un sourire. C’était vrai. Aujourd’hui, ils étaient entrés dans le supermarché au moment-même où il proposait des remises, ils avaient achetés de grandes quantités de viande à 30% de moins que leur prix normal.

« Shidou ! Qu’est-ce qu’il y a pour dîner de ce soir ? Des hamburgers ? »

Ces dernières semaines, Tohka avait pris l’habitude de deviner le menu. Elle avait joyeusement dit cela pleine d’excitation.

« Ah, je vote pour le hamburger aussi ! »

A cet instant, la voix de Kotori s’était manifestée à travers le communicateur qui était toujours en émission.

Shidou haussa légèrement des épaules, les coins de sa bouche se levèrent légèrement.

« Ah… Que devrais-je faire…Il y a toujours des carottes en ragout avec du filet de poisson et du Sanshoku donburi ! »

« Mu, muu, même s’ils ne sont pas mauvais du tout, ne pourrions-nous pas avoir des hamburgers ? »

« Attends, qu’est-ce que tu viens de dire ? Puisque nous avons mis la main sur de la viande mixte, ne soyons pas avares et utilisons-la toute en une fois ! »

Alors que Tohka dit ceci et que ses sourcils se rejoignirent, la voix de Kotori était parvenue à travers le communicateur en même temps.

Devant eux, des bruits de chaussures de sports frottant sur l’asphalte pouvaient être entendus. Shidou tourna sa tête vers cette direction.

« Nn ? »

Une fille, avec pour particularité une queue de cheval et un grain de beauté sous l’œil, une fille ayant le même âge que Kotori, se tenait là les yeux grands ouverts sous le choc.

Elle portait une parka et une jupe culotte. Ses chaussures de sports blanches avaient des tâches rouges dessus pour une raison quelconque… Un peu comme des tâches de sang.

« … ? »

Un visage inconnu… du moins, c’était ainsi qu’il était supposé être, Shidou pencha sa tête.

Il ne comprenait pas pourquoi mais il y sentait une certaine familiarité…c’était comme s’ils s’étaient déjà rencontrés auparavant.

A ce moment-là, Shidou remarqua que la fille observait droit dans sa direction. Il ne put s’empêcher de se retourner. Elle avait dû voir quelque chose de choquant dans son champ de vue.

Néanmoins, il n’y avait rien. A part les rues qu’il était habitué d’emprunter, le poteau téléphonique à équidistance ainsi que la collecte des déchets marquée par des filets, il n’y avait rien d’autre à voir.

Ce qui signifiait, que ce que cette fille regardait ne pouvait être que Shidou…

Ses pensées furent interrompues à ce stade.

« Nii. »

La fille ouvrit ses lèvres tremblantes.

« Nii ? »

Shidou lui posa la question en retour. Néanmoins, la fille ne répondit pas, à la place elle courut et sauta contre le torse de Shidou.

« Quo… »

C’est ainsi qu’elle utilisa ses bras pour envelopper son torse, comme si elle était profondément émue, elle l’étreignit avec vigueur. Même si la victime était Shidou et le coupable était cette fille, il n’y avait rien de mal, mais si leurs positions venaient à changer un petit peu, ils seraient immédiatement remarqués par la police… Non, dans ce genre de circonstances, c’était totalement possible que Shidou fut le seul embarqué.

Néanmoins, les pensées de Shidou furent interrompue à mi-chemin.

La fille cacha sa tête dans le torse de Shidou et dit :

« … Nii-sama …! »

« Ha…Haaa !? »

En cet instant, dans la rue, aussi bien que sur le pont du <Fraxinus>, les voix du frère et de la sœur Itsuka coïncidaient l’une l’autre à la perfection.



Chapitre 3: Guerre entre Soeurs[edit]

Partie 1[edit]

« Ohh, alors c’est ta maison actuelle !? »

En arrivant à la porte de la résidence Itsuka avec beaucoup de difficulté, la fille fit bouger ses cheveux qui étaient attachés en queue de cheval, elle prononça ces mots de manière polie qui ne se conformaient toujours pas au keigo.

Il s’agissait de l’auto-proclamée sœur de Shidou dont le nom était Takamiya Mana.

Bien que cette fille ne pouvait être plus suspecte… lorsqu’elle avait étreint Shidou dans la rue, elle s’était tenue là avec des larmes aux yeux et avait passionnément décrit à quel point elle avait espéré cette rencontre avec lui, il n’avait eu d’autre choix que de la ramener avec lui.

Bien sûr, Kotori avait donné son consentement. Pour dire la vérité… la personne qui avait suggéré de ramener Mana à la résidence Itsuka était Kotori elle-même.

« Mu, mais c’est vraiment choquant ! Shidou a en fait une autre sœur… »

« Non… je n’ai aucun souvenir de tout ça. »

« Vraiment ? Je pense toujours qu’elle te ressemble… »

« Ça va sans dire ! Puisque je suis sa sœur ! »

Lorsque Tohka eut fini, Mana s’agrippa aux bras de Shidou avec assurance.

Néanmoins son regard changea soudainement, elle regarda Shidou et Tohka avec une expression complexe.

« … Mais Nii-sama. Je dois vraiment te le dire. »

« Ha ? A propos de quoi ? »

« Bien sûr ! Tobiichi… Ce n’est pas juste... c’est… à part belle-sœur, pourquoi tu es encore fourré avec d’autres femelles… »

Mana s’éclaircit la gorge tout en rougissant frénétiquement pendant qu’elle parlait.

« Ha… Haa ? »

Shidou ouvrit grand ses yeux alors qu’il s’écria de la sorte.

« Il y a quelque chose qui cloche ? »

« Il y a trop de questions même pour un tsukkomi[12]! Avant tout, il y aurait un ‘qu’est-ce que c’était que ça’ ? Est-ce que tu connais Origami ? »

« Nn, eh bien. Est-ce étrange ? »

En même temps que Mana prononça ces mots, elle porta un regard aux alentours comme si elle essayait de chercher une excuse. Bien qu’il fût particulièrement intéressé de savoir comment elles s’étaient connues toutes les deux, il y avait autre chose de prioritaire.

« Et donc…Pourquoi l’appelles-tu belle-sœur… ? »

« Non, ce n’est pas comme si je n’avais pas quelque retenue à l’appeler ainsi, c’est pour me préparer pour le futur… »

« Il n’y aucun projet en ce sens-là !? »

« Vrai, vraiment… ? »

Elle fronça des sourcils d’un air inquiet.

« Mais, Nii-sama, tu es suspecté d’infidélité conjugale… »

« Infidélité conjugale ? Qu’est-ce que c’est ? »

Tohka pencha la tête. Il semblait qu’elle avait encore appris un autre mot dangereux.

Mais alors justement que Shidou allait lui expliquer… ce qui voulait dire qu’il était au cœur de sa propre confusion, Mana en profita pour poser des questions à Tohka.

« Je vais être directe. Tu es bien Tohka-san, non ? Est-ce que tu sors avec Nii-sama ? »

« Quo… ! »

Shidou s’interposa entre les deux avec un visage terriblement rouge.

« Qu, qu’est-ce que tu viens de dire, comment ça pourrait être possible !? »

Mana jeta à Tohka un regard surpris.

« … Tohka-san ? Est-ce que tu as eu un rendez-vous avec Nii-sama auparavant ? »

Elle avait fait dépasser sa tête à côté de Shidou et avait posé cette question à Tohka.

« Aaah, tout à fait ! »

« … »

Mana dirigea un regard perçant tel un *Ji* vers Shidou.

« Ce, ce n’est pas…à propos de ça… »

Il ne mentait pas mais c’était difficile pour lui de le renier. Shidou fit un pas en arrière alors que des gouttes de sueurs s’écoulaient le long de son dos.

A ce stade, Mana rougit et employa un ton de absolument sérieux, elle posa à Tohka une autre question.

« Tohka-san. Ne me dis pas que tu as déjà *Chu~* ? »

« *Chu~* ? »

« Je, je parle de s’embrasser ! »

« Nn, nous l’avons fait ? »

« … !! »

Face à la réponse calme de Tohka, Mana ouvrit grand ses yeux.

« Im, impure ! »

« Hey, calme-toi… »

« Nii-sama a vraiment agi comme un gigolo… ! C’est trop bouleversant ! Reforme ! Tu dois être corrigé ! »

« Shidou, qu’est-ce que c’est un gigolo ? »

Demanda une nouvelle fois Tohka pleine de curiosité. A la place, Shidou dit « AH… Que c’est pénible ! » et il se gratta furieusement la tête, tout en poussant Tohka vers la porte de l’appartement voisin.

« Nu ? Pourquoi est-ce que tu me pousses ? »

« C’est pénible à expliquer, avant tout tu dois retourner dans ta chambre. »

« Muu, mais… »

« Je vais préparer des hamburgers pour le dîner de ce soir, ça sera suffisant ! »

« Oooh, vraiment !? »

Après ces mots de Shidou, les yeux de Tohka pétillèrent et se promenèrent partout dans l’appartement alors que ses mains s’agitaient.

« Shidou ! Je veux des œufs frits par-dessus ! »

Shidou répondit par un « oui, oui », tout en agitant sa main, puis la regarda s’éloigner.

« … Il semblerait que tu sois très habitué à traiter avec le sexe opposé. »

Venait de dire Mana avec des yeux plissés. De son côté, Shidou agissait comme s’il ne l’avait pas entendu, il la contourna et passa le portail de la résidence Itsuka.

Saisissant la poignée de la porte, il ouvrit la porte d’entrée. Puis…

« …Bienvenue, O•Nii•Chan ! »

Kotori attendait à l’entrée dans des vêtements communs (bien sûr, les rubans étaient toujours noirs). Ce qui était différent, c’était la manière forcée dont elle avait dit « Onii-chan ».

Dans le but de recevoir l’invitée, elle était rentrée du <Fraxinus> et avait attendu.

« Oh, Oo… Je suis rentré. »

Shidou transpirait sous le poids de l’inexplicable pression, il leva sa main légèrement en guise de réponse.

« Ara. Qui est-ce ? »

Cela semblait être une formulation bien ancienne pour le demander. Mais on ne pouvait s’y soustraire. Kotori, qui était restée à la maison tout ce temps (Disons ça comme ça), savait déjà ce qui s’était passé dans la rue quelques instants auparavant, elle paraissait extrêmement suspicieuse.

« Aa, aaah… Nous nous sommes rencontrés dans la rue. Peu importe ce que… »

« Est-ce qu’il y a encore quelqu’un d’autre dans la maison !? Merci d’avoir pris soin de Nii-sama! »

Mana venait de dire cela avec un large sourire, tout en serrant avec force la main de Kotori et en la secouant vigoureusement.

Kotori, dans un de ces rares moments, fut troublée au point de transpirer.

« Nii-sama ? Shidou ? »

« Oui ! Mon nom est Takamiya Mana ! La sœur de Nii-sama. »

Kotori soupira par le nez, relâcha la main de Mana et conduit cette dernière dans la maison.

« Eh bien, pourquoi n’entrerions-nous pas d’abord. Nous pourrons discuter des détails plus tard. »

« Oui ! »

Mana répondit avec enthousiasme tout en suivant Kotori.

« …Haaaa. »

Tout cela avait semblé mener vers une situation compliquée mais, heureusement, ce ne fut pas le cas.

Shidou soupira légèrement, retira ses chaussures et suivit les deux dans le couloir.

Le thé et les friandises avaient déjà été disposés sur la table, Kotori et Mana se firent face l’une l’autre et s’assirent sur le canapé.

Kotori utilisa son menton pour pointer la place à côté de Mana. C’était comme s’ils allaient tenir une conférence à trois.

« …Eh bien. Pouvons-nous l’entendre de ta bouche ? »

« Oui ! »

En réponse aux paroles de Kotori, Mana donna une réponse résolue.

« Mana, c’est bien ton nom, n’est-ce pas ? Tu…te désignes toi-même comme la sœur de Shidou ? »

« C’est bien le cas. »

Mana dit cela en hochant vigoureusement la tête. Kotori pencha le bâtonnet de sa sucette qui, auparavant, se trouvait dans sa bouche vers le haut, c’était comme si elle essayait de déterminer la réaction de Mana alors qu’elle continuait de parler.

« Mon nom est Itsuka Kotori… Je suis aussi la sœur de Shidou. »

« … ? »

Mana pencha sa tête suite aux mots de Kotori…

« Ha… ! Si tu affirmes ça alors ne me dis pas que tu es ma nee-sama… !? »

« Je ne le suis pas ! »

« Aa, mes excuses… Désolé Kotori. En tant que ta sœur ainée je vais… »

« Qui diable est ta petite sœur !? »

Kotori, en mode commandant, laissa échapper ce rare cri. Shidou ne put s’empêcher de jeter un regard étonné, Kotori toussota faussement.

« Yaahaha, il ne me semble pas me souvenir une seule seconde… d’avoir une sœur. »

« Vraiment… »

Kotori eut un regard perturbé alors qu’elle se gratta la tête en soupirant. Il semblait que son rythme avait été sévèrement interrompu.

« Mais…petite sœur, huh. »

Kotori ferma à moitié ses yeux et fixa Mana.

En y pensant normalement, s’entendre dire soudainement « Je suis ta sœur » ou quelque chose comme ça, ce serait incroyable. Néanmoins, puisqu’il s’agissait de Shidou, nous ne pouvons exclure un tel cas.

Pour le moins, Shidou n’avait aucun souvenir d’avoir une autre sœur en dehors de Kotori.

Néanmoins… La vérité était qu’il n’était pas né au sein de la famille Itsuka.

Abandonné par sa mère en bas âge, il fut élevé comme membre de cette famille.

Par conséquence, les mots de Mana ne pouvaient pas être vus comme un mensonge complet, même si Shidou ne s’en souvenait pas, la possibilité que Mana soit sa sœur de sang…ne pouvait pas être écartée.

Mais si les souvenirs de Shidou étaient flous, le fait que Mana, qui était encore plus jeune que lui à cette époque, fût capable de se les remémorer était plutôt suspicieux.

« A ce propos…Mana, est-ce que je peux te poser une question ? »

« Oui ! Qu’est-ce que c’est, Nii-sama ? »

Face aux mots de Shidou, Mana avait exprimé un sincère contentement venu du plus profond de son cœur, utilisant un ton exubérant pour répondre. Kotori, mécontente, laissa échapper un « Humph ! » pour des raisons inconnues.

« A propos de…Désolé. Mais je n’ai aucun souvenir de toi… »

« Il fallait s’y attendre. »

Mana croisa les bras et hocha de la tête.

Shidou engloutit et posa la question qui occupait son esprit.

« Bien que j’aie voulu le demander dès le départ… Ta mère…est en ce moment… »

Si Mana était réellement la sœur de sang de Shidou… elle devait savoir quelque chose à ce propos.

Celle qui avait abandonné Shidou, sa mère biologique.

Néanmoins…

« Ah ? »

Mana pencha la tête en même temps que cette réponse vague.

Les sourcils de Shidou se levèrent…

C’est pas vrai ! Mana a été également abandonnée après Shidou ?

A ce moment-là, comme percevant les pensées de Shidou à travers son expression, Mana secoua la tête.

« Ah, c’est pas ça, c’est pas comme ça. Ce genre de choses n’arrive pas… »

Mana, embarrassée, sourit amèrement tout en buvant d’un trait le thé rouge à côté d’elle, puis elle poursuivit.

« Je…pour être sincère, je n’ai aucun souvenir de mon passé. »

« …Comment ? »

A ces mots, Kotori afficha une expression de total mécontentement. Elle ajusta sa position afin de faire face à Mana et prit la parole une fois de plus.

« Ce passé que tu as mentionné, à quel point l’as-tu perdu ? »

« C’est vrai. Je ne me souviens pas de ce qui s’est passé avant deux-trois ans mais je me rappelle encore des incidents survenus depuis cette période. »

Suite aux paroles de Kotori, Mana sortit le médaillon d’argent qui se trouvait sur sa poitrine, à l’intérieur il y avait une photographie extrêmement décolorée. Sur cette dernière, il y avait les visages de Shidou et de Mana lorsqu’ils étaient encore enfants.

« Est-ce que c’est…moi ? »

Shidou laissa échapper ces paroles de surprise, néanmoins… Kotori eut une expression choquée.

« Attends une minute. Sur cette photo, Shidou devait être âgé d’environ dix ans, non ? A cette époque, il ne devait pas déjà être arrivé à notre maison ? »

« Ah, maintenant que tu le mentionnes, c’est vrai. »

Il se gratta le visage alors qu’il prononça ces mots. Néanmoins, le garçon sur l’image ressemblait à n’en point douter à Shidou, c’était la vérité.

« Vraiment? C’est réellement incroyable. »

« Incroyable tu dis… est-ce que ça pourrait être quelqu’un d’autre qui lui ressemble ? Mais, il est vrai qu’ils correspondent. »

« Non, il n’y a pas d’erreur. Nii-sama est mon grand frère. »

« … Comment peux-tu l’affirmer aussi sûrement ? »

Suite à cette question de Kotori, Mana tapota sa poitrine.

« C’est ce qu’on appelle les liens entre frères et sœurs ! »

« … »

Kotori hausse des épaules avec une expression muette, elle poussa un soupir… Pour diverses raisons, elle paraissait soulagée.

Néanmoins, Mana ferma ses paupières et continua de parler avec passion.

« Non, j’en suis surprise moi-même. J’ai vraiment eu un choc. Lorsque j’ai vu Nii-sama, mon cœur ne s’arrêtait plus de palpiter. »

« Qu’est-ce que c’est que ça ? N’est-ce pas plutôt un coup un coup de foudre ? »

« Ha ! Peut-être c’est vraiment un coup de foudre… Kotori-san, laisse-moi avoir Nii-sama. »

« Comment pourrais-je !? »

Kotori cria instinctivement. Après cela, elle laissa échapper un toussement peu naturel.

« Quoi qu’il en soit. C’est perturbant de ta part de dire que tu es sa sœur avec de si faibles raisons. Avant tout, Shidou fait déjà partie de cette famille, et maintenant tu dis que tu veux nous l’enlever… »

« Je n’ai pas une telle intention, tu sais ? »

« Eh ? »

En réaction à la réponse indifférente de Mana, Kotori écarquilla les yeux.

« Je suis vraiment reconnaissante envers tous les membres de cette famille qui ont acceptés Nii-sama parmi eux. Aussi longtemps que Nii-sama peut vivre une vie heureuse, je serais satisfaite. »

En disant cela, Mana passa son bras par-dessus la table et saisit la main de Kotori une fois de plus.

Kotori, mécontente, courba sa bouche en forme de *へ*.

« Humph… Qu’est-ce que… Tu sembles bien connaître ton sujet. »

« Nn… Même si ce sont des souvenirs confus, néanmoins je peux seulement me rappeler que Nii-sama est parti vers un endroit inconnu. Cette fois-là, j’étais réellement inquiète mais, encore plus que cela, j’étais préoccupée de savoir si Nii-sama allait bien… Donc, maintenant que je sais que Nii-sama mène une vie tranquille, je suis vraiment contente. Et il a également une sœur adoptive si mignonne. »

Sur ces mots, Mana sourit. Le visage de Kotori rougit et détourna tristement son regard.

« Qu, qu’est-ce qui cloche chez toi, dire soudainement ce genre de choses…  »

« Eh bien, c’est sûr. »

A ce stade de la conversation, Mana avait interrompu Kotori et avait prononcé ces mots.

« Après tout, tu ne peux pas battre une vraie sœur. »

« … »

Instantanément, un bruit de *Pi !*, comme si l’air venait de se fendre en deux, se fit entendre.

« Hey, hey, Kotori. »

Kotori ne semblait plus écouter le moindre mot de Shidou. Les muscles de son visage convulsèrent et révélèrent un sourire crispé.

« Heeeh… Tu crois ? »

« Ah, le pourquoi est évident. Il n’y a rien qui peut battre les liens de sang. »

« Mais, ne dit-on pas ‘qu’il vaut mieux un ami proche qu’un parent éloigné’[13]? »

Au moment où Kotori acheva sa phrase, Mana, qui souriait depuis le début, vit ses tempes convulser une seconde.

Après une période d’étourdissement, Mana laissa la main de Kotori et posa les siennes sur la table.

« Yahaha…Qu’en est-il de ça ? A la toute fin, il devra toujours être avec sa vraie sœur, je me trompe ? Ne dit-on pas que ‘ta destinée est fixée lorsque tu atteins l’âge de trois ans’[14]? »

« …Gu. Heh, heheh. Néanmoins, même si vous êtes liés tous les deux, c’est celui avec qui il a passé le plus de temps ensemble qui a l’avantage ! »

« Non, non, à la fin, tu resteras toujours une étrangère, une vraie sœur signifie être lié par le sang. Les liens du sang sont plus épais que l’eau ! Depuis le début, les points de petite sœur de chacune de nous deux sont radicalement différents ! »

Affirma Mana tout en criant. Les points de petite sœur. Un concept qui était totalement inconnu.

Néanmoins, Kotori ne le remit pas en cause alors qu’elle protesta.

« Les liens de sang, les liens de sang, tu sais dire quoi d’autre ? Tu peux parler des liens entre frères et sœurs mais j’ai vécu en tant que petite sœur pendant plus de dix ans ! N’est-ce pas évident qui a le plus de points de petite sœur !? »

« Ridicule ! Les frères et sœurs qui ont été séparés de force à l’enfance finissent par se réunir à travers l’espace et le temps ! Est-ce que cela n’atteint pas ton cœur ? Face aux réels obstacles, le temps et les autres trucs du genre, cela importe peu ! »

« Tais-toi ! Qu’en est-il des liens de sang !? Une vraie sœur ne peut même pas se marier avec lui ! »

« Eh… ? »

Les voix de Shidou et de Mana se chevauchèrent. Les joues de Kotori se teignirent de cramoisie, elle heurta la surface de la table alors qu’elle tenta de protester.

« Quoi, quoi qu’il en soit ! Pour le moment, la petite sœur ici c’est moi ! »

« Qu’est-ce que… ? Il devrait appartenir à sa vraie sœur qui est ici ! »

« Eh, eh bien, pourquoi est-ce que nous ne nous calmerions pas d’abord, toutes les deux vous êtes… »

Shidou tenta de calmer ces deux personnes alors que son visage suintait de sueur, Kotori et Mana se tournèrent vers lui accompagnée d’un *Pa !*.

« Shidou, quel est ton avis !? »

« Vraie sœur, sœur adoptive, quelle faction vas-tu choisir !? »

« E, eh, eh !? »

Face à une question qui était au-delà de ses attentes, Shidou poussa un cri pitoyable.

« Non, ce n’est pas à propos de…quelle faction… »

« … »

Kotori et Mana fixaient Shidou en produisant un *Jii*. C’était évident au premier coup d’œil, quel que soit le camp qu’il choisirait, il ne s’en tirerait pas si facilement. Il devait au moins essayer de détourner le sujet, pensa-t-il.

« C’est, c’est vrai, Mana ! »

« Oui ? »

Tout en posant cette question, Mana joignit ses mains et pencha sa tête en guise d’interrogation.

« Tu as dit avant que tu n’as pas de souvenirs de ton passé, n’est-ce pas ? »

« Nn, c’est le cas. »

« Alors où est-ce que tu vis maintenant ? Tu ne vis pas avec ta famille ? »

« Aah... C’est… »

A cet instant, Mana, qui avait été fluide avec ses mots jusqu’à présent, hésita.

« Eh, eh bien, il y a beaucoup de raisons à cela. »

« Beaucoup de raisons ? »

« Quelque chose…comme ça. Si je dois vraiment le dire… c’est parce que je travaille à un poste avec des logements fournis. »

« Travail… ? Mana, à cet âge ? Tu n’as pas le même que Kotori ? Qu’en est-il de l’école ? »

Même si Kotori avait un poste de commandement dans une organisation secrète… elle assistait toujours assidument à l’école.

Les yeux de Mana regardaient autour pleins de détresse.

« Ce, c’est…eeh…um…Par, pardonne-moi ! »

« Eh… ? Attends, attends une… »

Avait dit Mana. Avant que Shidou parvint à l’arrêter, elle courut et s’enfuit tel un lièvre.

« Qu… Qu’est-ce qui se passe avec elle, qu’est-ce que… »

Tout en se grattant le visage, il regarda confus l’entrée par laquelle Mana venait de disparaître.

A cet instant, à côté de Shidou, Kotori, qui était restée assise en face de Mana, se leva et prit, pour des raisons inconnues, la tasse de thé que Mana avait utilisée.

Partie 2[edit]

Le jour suivant. *Kiin Koon Kaan Kooon*, la sonnerie habituelle résonnait dans ses oreilles.

Les aiguilles de la montre affichaient 8h30, c’était l’heure de l’appel du matin. Les camarades de classe, qui bavardaient un peu partout, se bousculèrent les uns les autres pour revenir à leurs places.

« …Aare ? »

Au milieu de ce chaos, Shidou, qui était revenu à sa place à l’avance, pencha sa tête légèrement.

Même si la sonnerie avait déjà sonné, Kurumi n’était pas encore apparue dans la salle de classe.

Tohka semblait penser la même chose, elle regardait autour d’elle.

« Muu, cette Kurumi, elle est en retard le second jour de son transfert. »

En même temps que Tohka prononça ces mots…

« …Elle ne viendra pas. »

De la gauche de Shidou, une voix calme se fit entendre.

Origami ne tournait pas sa tête partout, elle dirigeait simplement ses yeux pour regarder Tohka alors qu’elle lui parlait.

« Nu ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« Ça veut dire ce que ça veut dire. Tokisaki Kurumi n’assistera plus au cours. »

« Eh ? Ça signifie… »

Alors que Shidou ouvrit sa bouche pour parler, la porte de la salle de classe s’ouvrit avec un bruit de *kacha*, Tama-chan-sensei entra dans la pièce avec entre ses mains le cahier d’appel. Après ça, le délégué de classe donna le signal pour le salut.

« A ce propos… »

Bien qu’il fût très intrigué par les propos d’Origami, il ne pouvait pas ignorer le signal. Shidou et la classe s’assirent après le salut.

« Ok, bonjour tout le monde, commençons à présent l’appel. »

Tout en disant cela, Tama-chan-sensei ouvrit le cahier et commença à lire les noms des étudiants.

« Tokisaki-san. »

Tama-chan lu le nom de Kurumi. Néanmoins, il n’y eut aucune réponse.

« Aare, Tokisaki-san n’est pas là ? Vraiment... si elle avait l’intention d’être absente, elle aurait pû nous appeler bien avant pour nous en informer. »

Tama-chan gonfla ses joues et tourna la page du cahier d’appel.

A cet instant.

« …Présente. »

A l’arrière de la salle de classe, une voix familière résonna.

« Kurumi ? »

En regardant derrière lui, les yeux de Shidou s’écarquillèrent. En effet, la porte arrière de la salle de classe avait été ouverte silencieusement, devant elle se tenait Kurumi avec un sourire chaleureux et sa main légèrement levée.

« Vraiment, Tokisaki-san, tu es en retard ! »

« Je suis sincèrement désolée. Je me suis sentie mal sur le chemin de l’école. »

« Eh ? Est, est-ce que tu vas bien ? Tu veux aller à l’infirmerie… ? »

« Non, je vais bien maintenant. Je vous ai inquiétée. »

Kurumi fit une révérence et marcha jusqu’à sa place à petits pas.

« Qu’est-ce que… N’est-elle pas là ? »

Tout en laissant échapper un soupir et en se retournant pour regarder Origami qui venait de formuler ces mots malheureux…

« Eh… ? »

… Shidou, choqué, fronça des sourcils.

Origami sourcilla légèrement alors qu’elle fixa Kurumi.

Néanmoins, il n’y eu pas de changement évident dans son expression. Mais…Shidou connaissait très clairement la raison. A l’instant, Origami était invraisemblablement choquée.

« Ori…gami ? »

Shidou l’appela doucement par son nom.

Les doigts d’Origami tremblèrent légèrement, elle détourna rapidement son regard de Kurumi.

« … Très bien, ce sera tout en ce qui concerne les questions de communication. »

Peu de temps après, Tama-chan-sensei acheva l’appel et quitta la salle de classe.

A ce stade, pile à cet instant, le portable dans la poche de Shidou émit une sonnerie rafraichissante. Pourquoi à ce moment-là ? Il aurait été confisqué s’il avait sonné dix secondes plus tôt.

En regardant sur l’écran, le nom d’Itsuka Kotori s’affichait.

« Allo ? Kotori ? »

« … Nn. Shidou. »

« Qu’est-ce qu’il y a cette fois ? Ça aurait été désastreux si tu avais appelé dix secondes avant. »

« Aare ? ‘Tu aurais dû correctement le passer en mode silencieux’, n’est-ce pas ce que mon excellent frère m’avait dit la dernière fois ? »

« Guh… »

« Eh bien, oublie ça… A part ça, Shidou, une terrible chose est arrivée. Pour le dire délicatement, c’est la pire des situations. »

« Est-ce qu’il s’est passé quelque chose… ? »

« Nn… Ça me donne vraiment mal à la tête. Je n’imaginais franchement pas que de telles choses arrivaient dans la vraie vie. »

Face à une manière de parler si négative, la panique monta en lui. Shidou tenta de réduire le volume en utilisant sa main pour couvrir le portable alors qu’il poursuivit.

« Qu’est-ce qui s’est passé exactement ? »

« Nn, la vérité c’est… »

A cet instant, les épaules de Shidou furent tapotées. Kurumi pencha sa tête avec une expression perplexe.

« Qu’est-ce que tu fais ? Shidou-san ? »

« … ! Aa, aaah… Je suis au téléphone, est-ce que tu pourrais attendre un instant ? »

Alors que Shidou prononça ces mots, Kurumi afficha sa surprise avec des mouvements exagérés, elle s’inclina bien bas.

« Toutes mes excuses. Je suis sincèrement désolée de t’interrompre. »

« Aaah… Ça va. Ne t’inquiète pas. »

Venait de dire Shidou avec un sourire de détresse. Il se concentra à nouveau sur la conversation téléphonique.

« … Eh bien, Kotori ? Qu’est-ce qui s’est passé exactement… »

« Attends un moment, Shidou. A l’instant…avec qui étais-tu en train de parler ? »

« Eh, qui… ? »

Face au ton de voix soudainement si sérieux de Kotori, Shidou renvoya la question.

« Comme je l’ai dit, à l’instant, tu parlais avec quelqu’un près de toi. Du coup, je te demande qui est cette personne. Tohka ? Tobiichi Origami ? Ou étais-ce Tonomachi Hiroto ? »

C’était comme si Kotori était en train d’interroger un suspect, Shidou contrarié protesta.

« Qu, qu’est-ce qu’il y a avec toi ? Tu n’as pas besoin d’être si furieuse. Quelqu’un a essayé de me parler, c’est tout. »

« C’est bon, réponds-moi simplement. »

« C’est Kurumi. »

Suite à cela, Kotori resta sans voix.

« Kotori ? Quelque chose ne va pas ? »

Demanda Shidou plein de confusion.

Kotori parla avec quelqu’un à ses côtés pendant un moment avant de poursuivre.

« Shidou. Viens au laboratoire de physique pendant la pause déjeuner. J’ai quelque chose à te faire voir. »

« Le laboratoire de physique… ? Pourquoi cet… »

« Très bien, très bien, sois sûr d’y être. »

« Quo, qu’est-ce qui se passe bon sang… ?»

Alors que Shidou se trouvait en pleine confusion et qu’il grommelait, il parut insatisfait.

Partie 3[edit]

Dans l’après-midi, à 13h20. La cloche qui annonçait la fin de la quatrième période sonna.

Après que les étudiants se soient inclinés, avant que le professeur ne quitte la pièce, ils étaient déjà en plein préparatifs du déjeuner.

Bien sûr, Tohka n’était pas une exception. Sans parler, elle rapprochait les tables ensemble avec des yeux pétillants.

« Shidou ! C’est l’heure du déjeuner ! »

En formulant ces mots, elle sortit son bento de son sac à déjeuner. Sur ce…Shidou inclina sa tête.

D’habitude la table de gauche était accolée également, créant ainsi une jonction entre trois tables… Néanmoins, Origami n’avait pas encore déplacé sa table aujourd’hui.

Il regarda dans sa direction de manière déconcertée. Origami avait une expression pensive, elle fixait sa main depuis tout ce temps.

« … ? »

Même si ça l’inquiétait, prendre son déjeuner ou non, c’était un choix d’Origami. Shidou était en train de sortir son bento de son sac…lorsque son mouvement fut soudainement interrompu.

« Ah…C’est vrai. »

A ce propos, il avait affirmé qu’il irait au laboratoire de physique pendant la pause déjeuner. Même si l’heure n’était pas spécifiée…il s’agissait de Kotori. Il sentait bien que diverses punitions l’attendaient s’il arrivait trop en retard.

« Désolé, Tohka. Je dois m’absenter un moment. »

« Nu ? »

Tohka, qui avait déjà ouvert son bento, le regardait avec une expression d’égarement.

« Où est-ce que tu vas ? Je veux venir aussi ! »

« Ah… »

Shidou, préoccupé, se gratta le visage. Si Kotori voulait qu’il se rende au laboratoire de physique, cela devait avoir à faire avec <Ratatoskr>. Cela pouvait être quelque chose que Tohka ne devait pas savoir.

« Désolé, je ne peux pas t’amener aujourd’hui. Commence à manger. D’accord ? »

Shidou dit cela en joignant les paumes de ses mains et en marchant vers le couloir.

« Ah…Shidou… »

La voix désolée de Tohka se fit entendre derrière lui. Un fort sentiment de culpabilité grandit en lui. Shidou secoua légèrement sa tête et marcha vers le couloir.

Et c’est ainsi qu’il se déplaça à travers le campus, qu’il monta les escaliers et qu’il atteignit le laboratoire de physique après nombre de difficultés.

Shidou frappa à la porte, après quoi, alors qu’il attendait, la porte s’ouvrit avec un bruit de *kacha*.

« …Tu es en retard. »

Kotori, qui portait son uniforme d’écolière, afficha son mécontentement sur son visage, tout en faisant la moue avec ses lèvres.

« C’est impossible ! Je suis venu ici sans même manger mon déjeuner. »

« Oublie-ça, dépêche-toi et viens-là. Le temps est précieux. »

Alors qu’elle prononça ces mots, Kotori fit signe avec son menton et laissa entrer Shidou dans la pièce.

A ce moment-là, Shidou réalisa soudainement que, sur la poitrine de Kotori, l’habituel passe visiteur manquait. En y regardant de plus près, les chaussons qu’elle portait n’étaient pas ceux des visiteurs mais ceux du collège.

« Ne me dis pas que tu es entrée ici en douce aujourd’hui ? »

« C’est le cas. A l’instant-même, les collégiens ne seraient même pas accepter à l’intérieur du lycée, et encore moins après les cours ! »

« Aahh, c’est exact. »

Shidou hocha de la tête et approuva, puis il regarda le laboratoire de physique.

Dans la partie la plus éloignée du laboratoire, sur une chaise pivotante, sans surprise, une personne était déjà assise là…il s’agissait de Murasame Reine, l’Officier Analyste de <Ratatoskr> et professeur de physique du lycée Raizen.

« …Nn, tu es arrivé, Shin. »

Comme d’habitude, un surnom qui n’avait rien à voir avec son vrai nom (il était trop fainéant pour la corriger). Reine désigna le siège à côté d’elle, elle devait vouloir qu’il s’asseye là.

Après quoi, Kotori s’assit à côté de lui comme si elle cherchait à l’encercler…C’était la même disposition de places qu’il y a deux mois, lorsqu’il avait fini l’entraînement au galge. Cela fit remonter à la surface quelques souvenirs involontaires.

« …Bon alors, la chose que tu voulais me montrer ? »

Alors que Shidou finit de parler, Kotori lui montra l’écran sur la table.

Lorsque Reine déplaça la souris avec sa main, l’écran afficha une image.

Un enchaînement de belles filles aux cheveux de toutes les couleurs apparut sur celle-ci et, au-dessus, s’afficha le titre [Tombe amoureux•My•Little•Shidou2[15]~L’amour, est-ce effrayant ?~].

DAL v03 159.jpg

« Une suite… !? »

« Aah, c’était une erreur. Le voilà ! »

Le corps de Shidou trembla sous le choc, Reine agita une fois encore la souris. L’image s’assombrit.

« Att, attends un peu ! Qu’est-ce que c’était à l’instant ?! »

« Tu deviendras chauve si tu continues de te soucier des petits détails, Shidou. »

*Hafuu*, Kotori soupira comme si c’était-là chose pénible.

« C’est pas un détail mineur ! Est-ce que je vais avoir un nouvel entraînement au galge ?! C’est comme la fois où… »

A ce moment-là, Shidou se tût. L’écran, qui venait de s’obscurcir, afficha une autre image.

…Dans une ruelle étroite, pour une raison méconnue, Kurumi faisait face à une fille avec une queue de cheval.

« Nn ? C’est…Mana ? »

En effet, les filles à l’image étaient Mana et Kurumi.

« Ouais, c’est un enregistrement d’hier… Regarde l’environnement. »

« Quo… ? »

Shidou fronça des sourcils. Au coin de la zone résidentielle d’apparence ordinaire, on pouvait distinguer plusieurs humains portant des armures mécaniques.

« AS…T ? »

A moitié étourdit, il laissa échapper cette interrogation.

AST, Anti-Spirit Team, les super-humains qui revêtent des armures mécanisées en vue de détruire les Esprits, ces dangereuses créatures qui considèrent le monde et les humains comme leurs ennemis. Il ne pouvait se tromper après les avoir rencontrés deux ou trois fois par le passé.

Sur l’enregistrement, on pouvait distinguer le visage de Tobiichi Origami, la camarade de classe de Shidou.

Chaque membre de l’unité était équipé d’armes lourdes exagérées. Oui… de la même manière qu’à l’apparition d’un Esprit au cours d’une déchirure spatiale.

« Nn. Je ne sais pas pourquoi il y avait un contingent de l’AST dans la rue, hier. Un de nos membres d’équipage avait apporté une caméra et a filmé la scène… J’ai eu un choc après l’avoir regardée, tu sais ? »

« Po, Pourquoi l’AST ferait… »

« Il y a de fortes chances que ce soit à cause de la présence d’un Esprit. »

Kotori l’avait formulé comme si tout cela ne la concernait pas. Shidou engloutit bruyamment.

« Mais, maintenant, que tu le dis…il n’y a pas eu de déchirures spatiales, pas vrai ? Les citoyens des environs n’ont pas été évacués, si l’Esprit se déchaînait… »

« …Eh bien, ils devaient avoir la certitude qu’ils l’auraient tué avant qu’il ne se déchaîne. »

« … »

Au vue des mots de Reine, Shidou retint sa respiration.

Cependant…cette incompréhension le laissa perplexe.

En effet, pourquoi se tenait-elle là, cette forme d’existence, cette fille qui se prétendait être la sœur de Shidou, Takamiya Mana ?

« Mais, pourquoi Mana ? »

L’instant qui suivi la question de Shidou, le visage de Mana rayonna d’une lumière floue, suite à quoi une armure mécanique blanche apparut sur tout son corps.

« Quo… »

Elle avait une apparence légèrement différente de celles des autres membres de l’AST mais, sans aucun doute, c’était une combinaison mécanisée.

Comme si elle répondait à son adversaire, Kurumi étendit ses bras, en même temps que les ombres à ses pieds s’approchèrent silencieusement de son corps pour former une robe.

Des décorations apparurent dans ses cheveux, son torse s’enveloppa d’un bustier, elle s’habilla d’une robe qui avait des jabots et des dentelles. Tout cela était mis en valeur par une couleur noire, qui n’était pas sans rappeler celle du peuple de l’obscurité, ainsi que par du rouge vif comme le sang.

Ses cheveux étaient attachés en couettes de longueur inégales.

C’était tout simplement comme… les aiguilles des minutes et des heures d’une horloge.

« Tenue…astrale. »

Shidou avait dit ceci sur un ton stupéfait.

Tenue astrale. Le Personnal Territory possédé par les Esprits. Une membrane de pouvoir divin qui les protège.

Kurumi leva sa main droite au-dessus de sa tête.

Répondant à cette dernière, les ombres, une fois de plus, s’approchèrent de son corps et enveloppèrent sa main droite.

A cet instant, le corps de Kurumi fut projeté en l’air.

« Eh… ? »

Incapable de comprendre ce qui venait à l’instant de se dérouler à l’image, Shidou laissa échapper ce son stupide.

Néanmoins, l’instant d’après, Shidou comprit.

L’équipement sur les épaules de Mana avait émis une faible lueur et avait frappé l’estomac de Kurumi.

…Le corps de Kurumi trembla.

Mais, pourquoi ? La cause n’était pas de la peur ou de la terreur, c’était bien plus comme si elle avait ri sottement.

Elle se releva après quelques secondes.

Kurumi lança une attaque surprise, comme si elle essayait de contre-attaquer ; néanmoins, bien avant qu’elle ne touche, l’attaque de Mana lui transperça le corps.

A ce moment-là, dans la ruelle étroite, du sang frais éclaboussa.

Suite à quoi, l’épée de lumière de Mana découpa la tête de Kurumi qui était couchée au sol, le corps tourné vers le haut.

Elle n’avait pas même eut la possibilité d’attaquer Mana.

C’est ainsi que la vie de Kurumi lui fut arrachée.

« Guh… »

Il ne put s’empêcher de tourner sa tête, tout en se couvrant la bouche.

A cause du surréalisme de la scène, la vraisemblance de celle-ci lui arriva un peu après. Après que Mana ait achevé la dissection de Kurumi, Shidou se rendit compte de cette sensation de vomi au fond de sa gorge.

Ses dents émettaient des sons de *kachi kachi* et, même s’il ne faisait pas froid, son corps n’arrêtait pas de trembler.

Voir un humain mourir…même si à proprement parler, on ne pouvait pas dire que ce fût-là un humain, mais une forme d’existence avec une apparence proche de l’humain.

Même si c’était juste une image, voir cette scène… Personne ne pouvait reprocher à Shidou d’agir de la sorte.

…A l’écran, Mana se retourna comme si elle avait achevé sa mission. Après avoir dissipé la CR-Unit qu’elle portait, elle revint à sa tenue initiale.

Shidou sourcilla. Il sentait qu’il y avait quelque chose qui clochait.

Il n’y avait pas d’odeur, pas de sensation, simplement voir cette scène avait eu cet impact sur lui ; pourtant Mana, qui était coupable de cet incident, ne semblait pas du tout se soucier de ce qu’elle venait de faire.

C’est une bonne chose de se sentir coupable.

C’est normal d’être frustré.

C’est logique de désespérer.

Malgré tout, elle ne semblait pas même ressentir une parcelle d’accomplissement.

Un devoir brutal, pour dire cela en quelques mots… En effet, elle avait été habituée à tout ça.

A force de répéter une telle mission, un nombre incalculable de fois, comme à l’instant, Mana ne ressentait plus rien.

« C’est… »

La voix de Shidou se fit entendre, après avoir ravalé ce sentiment dégoutant.

« …Comme tu l’as vu, hier, Tokisaki Kurumi a été tuée par Takamiya Mana de l’AST. Ce n’était pas suite à des blessures graves, ni même de la noyade, c’était un acte totalement, parfaitement, sans aucune hésitation. Son existence a été annihilée. »

« Mais, c’est… »

Néanmoins, Shidou ne parvint pas à continuer.

Parce qu’à l’instant, il l’avait vu de ses propres yeux, Kurumi être impitoyablement tuée…

Les épaules de Shidou tremblèrent, en cet instant précis.

A cause du choc de la vidéo, il avait presque oublié qu’il y avait clairement une contradiction.

« Mais, Kurumi est venue à l’école aujourd’hui, comme d’habitude… »

Alors que Shidou parla, Reine et Kotori croisèrent leurs bras en même temps.

« …En effet. Nous sommes également sans indices. »

« Après que Shidou ait mentionné Kurumi, je pensais encore qu’une illusion était apparue. »

Kotori haussa les épaules, comme si elle venait de faire une blague.

Néanmoins, Shidou ne répondit pas à ces réactions. Pensant profondément, il finit par dire :

« Après tout ça…elle aurait ressuscité ? »

Shidou jeta un œil à l’écran ; sur cette séquence, les membres de l’AST s’occupaient du corps de Kurumi et des flaques de sang.

En voyant le visage d’Origami sur la vidéo, il comprit finalement sa réaction de ce matin.

Etre choqué était tout naturel. La fille, qui avait été tuée sous ses yeux hier, était calmement réapparue aujourd’hui.

« Que faisons-nous, huh …? Pour le moment, il n’y a rien que nous puissions te dire. »

« Vraiment… ? »

Les images précédentes refaisaient toujours surface dans son esprit, mais son souffle et son rythme cardiaque étaient plus ou moins revenus à la normale. Shidou avait posé ses poings serrés sur ses genoux, tout en prononçant ces mots.

En même temps, Kotori ajusta sa position.

« … Mais nous devons quand même faire quelque chose… »

Tout en disant cela, elle laissa tomber ses bras et utilisa l’index de sa main droite pour désigner Shidou.

« Puisque Kurumi est toujours en vie, nous devons continuer le combat. Si je me souviens bien, dans ton école, c’est l’inauguration d’anniversaire aujourd’hui, n’est-ce pas ? C’est aujourd’hui que tu lui demanderas un rendez-vous. Si tu travailles dur et que tu as suffisamment de chance, tu scelleras peut-être ses pouvoirs du premier coup. »

« … Ha ? »

Shidou tira de sa gorge cette exclamation, tout en ayant des yeux ronds comme des points.

« N, non, une telle chose a déjà eu lieu… »

« Tais-toi. »

Les protestations de Shidou furent interrompues en plein milieu par Kotori.

« C’est précisément parce qu’une telle chose a eu lieu, tu comprends ? C’est comme je te l’ai déjà dit, le pouvoir de Kurumi est toujours inconnu. C’est possible qu’il demande certaines circonstances pour se réveiller ou alors il est limité à cette utilisation miraculeuse… Il est fort possible que la prochaine fois qu’elle meurt, ce soit pour de bon. »

« Uu… »

C’était vrai, Kurumi s’en était tirée cette fois (même si c’est bizarre de le dire de cette façon), mais elle pourrait ne pas pouvoir ressusciter la prochaine fois.

« Comme je l’ai dit, nous ne pourrons pas le faire si nous n’agissons pas vite. Le fait que Kurumi soit toujours en vie a été constaté par Tobiichi Origami. Très certainement, la nouvelle a été relayée à l’AST… Bien sûr, cela comprend Takamiya Mana. »

« … Ss. »

En entendant ce nom, Shidou afficha une expression affligée.

Il se rappela la scène d'auparavant. Même s’ils ne s’étaient rencontrés que la veille, il était impensable que cette fille, qui s’était elle-même présentée comme sa sœur, emploie, sans aucune émotion, ces méthodes expérimentées pour assassiner Kurumi…

« …Entendu. Je vais essayer. »

Avant que Kurumi ne soit tuée à nouveau.

Avant que Mana ne l’assassine à nouveau.

« …Séduisons Kurumi ! »

Bien qu’il éprouvât une profonde détermination, il sentait également du dégoût pour diverses raisons.

Partie 4[edit]

Après avoir confirmé du coin de l’œil que Shidou avait quitté la salle de classe, Origami se leva lentement.

Le fait que Shidou ne mangeât pas, laissant Yatogami Tohka seule, était, en effet, une source de préoccupation…Néanmoins, laissant ça de côté, il y avait quelque chose qu’elle devait faire à l’instant-même.

Passant à côté de Tohka, qui baissa les épaules d’un air découragé, elle marcha en direction du siège de sa cible.

« … J’ai quelque chose à te dire. »

Puis, lançant un regard froid, elle s’adressa au propriétaire de la place.

« Tu es… Origami-san, n’est-ce pas ? Que me veux-tu ? »

« Viens. »

Origami répondit de manière courte et quitta tout simplement la salle de classe.

Kurumi utilisa son doigt pour soutenir son menton et hésita quelques secondes, mais, lorsque Origami marcha dans le couloir, elle se dépêcha de se lever avec un air paniqué.

« S’il, s’il te plaît, attends. Qu’y a-t-il ? »

« … »

Origami jeta un œil derrière elle.

Elle aperçut le visage de la fille essayant qui faisait de son mieux pour la suivre, bougeant ses membres sveltes qui semblaient capables de se briser au moindre coup. Elle était vraiment la fille mignonne que tout le monde voudrait cajoler et protéger.

Néanmoins, maintenant qu’Origami connaissait sa vraie identité, elle ne ressentait à son égard que du dégoût.

C’est pourquoi Origami ne ralentit pas, elle se hâta vers la porte du toit.

Auparavant, elle avait déjà amené Shidou à cet endroit. Généralement non fréquenté par les élèves, c’était le lieu idéal pour parler sans risque d'interruption.

« Haa… Haaa… »

Peut-être parce qu'elle avait monté les marches une à une en courant, les épaules de Kurumi se levaient au rythme de son souffle, tandis que ses mains agrippaient la rampe.

Dix secondes plus tard, lorsque sa respiration revint à la normale, Kurumi dit :

« Bon… de quoi est-il question ? Je n’ai pas encore mangé… »

Origami fit face à Kurumi.

« Toi, pourquoi es-tu encore en vie ? »

Alors qu'elle répondit cela, l'expression d'Origami n'avait pas changé.

« Eh… ? »

« … Tu aurais dû mourir hier. »

En effet, la veille, Origami l’avait vraiment vue mourir.

Kurumi, dont les quatre membres avaient été amputés et dont la tête avait été explosée par Mana, avait été résolument tuée.

Bien qu’elle connaissait la force de Mana, Ryoko avait tout de même réuni Origami et les autres membres de l’AST pour encercler l’Esprit, au cas où Mana ne serait pas parvenue à la capturer.

« … »

Les sourcils de Kurumi se levèrent.

Quelques secondes après, tout en déplaçant son œil droit qui n’était pas masqué, elle observa le visage d’Origami.

« … Aah, aah, toi… C’est toi ! Tu étais sans aucun doute là hier avec Mana-san. »

« … ! »

À l’instant où Kurumi eut fini sa phrase, Origami recula de sa place initiale.

Il n’y avait aucune logique à son acte. C’était simplement son cerveau qui sentait que quelque chose n’allait pas et l’avertissait de prendre la fuite.

« En bien ! Eh bien ! Cette réaction n’était pas mal du tout ! Splendide ! Vraiment splendide ! Néanmoins… »

« …Hh !! »

Origami retint son souffle. Avant qu’elle n’ait pu s’enfuir, quelque chose agrippa sa cheville.

En observant de plus près, l’ombre de Kurumi s’était allongée sans qu’Origami s’en rende compte… De celle-ci, deux mains blanches s’en étaient extraites.

De plus, l’ombre continuait lentement de grandir en surface, allant jusqu’à grimper sur les murs.

Et là, d’innombrables mains s’extirpèrent et immobilisèrent fermement, par derrière, les bras et la tête d’Origami.

« Ku… »

Elle avait beau se débattre, ces minces doigts ne la laissaient pas s’échapper. Au contraire, leur force s'accrut, au point de projeter Origami contre un mur.

« Kihihi, hihi, c’est inutile ! Même si tu te débats, c’est inutile. »

Kurumi riait.

Son visage afficha un large sourire qu'on aurait pu deviner quelques minutes auparavant, et elle laissa échapper un rire qui aurait provoqué un profond frisson chez tous ceux qui l’eussent entendu.

« J’étais à votre merci, hier. Est-ce que vous vous en êtes bien occupé ? De mon corps… »

Tout en arrangeant ses cheveux, Kurumi s’approchait d’Origami. Soudain, l’œil gauche caché derrière sa frange fut révélé. Il était de couleur or pur. La pupille ne semblait pas être celle d’un organe normal, car les motifs de douze chiffres et de deux aiguilles y étaient imprimés. Exactement comme le cadran d'une horloge.

« Tu voulais en savoir plus sur moi, et tu voulais me parler seule à seule, ne penses-tu pas avoir été imprudente ? Et tu as même pris la peine de choisir un endroit où les gens ne viennent que rarement. »

« … »

C’était exactement ce que Kurumi venait de dire. Au final, avait-elle été trompée par la vitesse à laquelle tout cela s’était fini hier ? Ou alors, s’était-elle trompée en étant allé la voir à l’école aujourd’hui ? Quoi qu’il en soit, Origami avait mal calculé son coup, parler à un Esprit en utilisant de tels propos, elle avait été trop imprudente.

« Toi… quelles sont tes… motivations ? »

Bien que sa gorge avait été saisie, elle réussit à émettre ces sons. Sur ces mots, le coin des lèvres de Kurumi se leva.

« Ufufu, je voulais aller à l’école, je suppose, je ne mens pas lorsque je dis ça, n’est-ce pas ? Mais, malgré tout, la raison la plus importante demeure... »

Après avoir marqué une pause, Kurumi approcha son visage de celui d’Origami, et était maintenant à une distance telle qu'Origami pouvait sentir son souffle.

« …Shidou-san, n’est-ce pas ? »

« … !! »

En entendant le nom de Shidou, Origami ne put que rester silencieuse.

Face à cette réaction, Kurumi sembla extrêmement satisfaite, et son sourire devint bien plus large.

« Il est parfait, tu sais ? Il est le meilleur. Il semble… vraiment… délicieux…n’est-ce pas ? Aah, Aah, je suis impatiente. Je ne peux pas attendre plus longtemps. Je le veux. Je veux son pouvoir. Pour l’avoir, pour ne faire qu’un avec lui, je suis venue dans cette école. »

…Un frisson. Origami sentit son dos baigné de sueurs froides. Elle n’avait pas du tout réalisé qu’un Esprit pouvait cibler un simple individu… et encore moins que celui-ci pouvait être Shidou, c’était totalement hors de ses calculs.

Néanmoins, une question vint à l’esprit d’Origami à ce moment-là.

Dans la phrase que Kurumi avait prononcée à l’instant, quel était exactement « son pouvoir » ?

« … »

Le cours de ces pensées fut interrompu par Kurumi.

La main de cette dernière commença à se déplacer sur le corps d’Origami.

« Origami-san. Tobiichi, Origami-san. Tu es également… très bien, tu sais? Si délicieuse, tu as l’air si délicieuse. Aah, je ne peux pas attendre. Je n'en peux plus. Je veux te dévorer maintenant et ici-même. »

Ses joues rougeoyaient, son souffle était lourd, sa main gauche se déplaçait sur la poitrine d’Origami alors que sa main droite jouait avec sa jupe.

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Tout en disant cela, elle tira sa langue et laissa une trainée de salive sur le visage de cette dernière.

« Ku… »

« Aah, aah, mais je ne peux pas. Je ne dois pas. Même si c’est du gâchis, je dois garder ce plaisir jusqu’à la fin. »

Kurumi secoua exagérément sa tête, déposa un baiser sur le cou d’Origami, puis s’éloigna d’elle.

« Toi, je te garde pour après Shidou-san… Puisses-tu devenir encore plus délicieuse. »

Sur ces mots, Kurumi se retourna et descendit les escaliers.

Une fois sa silhouette disparue, les bras, qui lui étaient reliés, retournèrent dans les ombres.

« …Cough, guh. »

Origami s’accroupit et commença à tousser.

L’ombre qui avait englobé toute la cage d’escalier, commença à se réduire en direction du couloir, comme si elle s’en retournait à son maître.

« Shi…dou… »

Même si elle ignorait pourquoi Kurumi ciblait Shidou, elle pensa que ne pas informer le quartier général serait une mauvaise idée. Non, peu importe la manière de considérer tout ça, ils ne croiraient jamais qu'un Esprit puisse prendre un civil pour cible.

… Si Origami était incapable de protéger Shidou, cette fois…

Origami grinça des dents, et serra fort son poing.

Partie 5[edit]

« …Muu. »

Tohka s’assit sur sa chaise et leva les yeux pour consulter l’horloge au-dessus du tableau.

La pause déjeuner était déjà terminée.

Son estomac poussa un cri de *Gururu*. Puisqu’elle n’avait rien mangé depuis le petit-déjeuner, Tohka, une grande mangeuse reconnue, était au bord de l’effondrement.

Néanmoins, elle n’ouvrit pas son bento. Bien que Shidou lui ait dit de commencer à manger… Tohka sentait bien que cela aurait meilleur goût, si elle mangeait avec lui ; elle choisit donc de ne pas toucher à son bento.

« Shidou… »

Les étudiants, qui étaient partis joué dehors, revenaient lentement dans la salle de classe. Quelques impatients se préparaient déjà pour leur prochain cours.

Néanmoins, il n’y avait toujours aucun signe de Shidou.

« Uu… uu… »

Sans savoir pourquoi, les yeux de Tohka commencèrent à piquer, elle eut quelques difficultés à respirer par le nez. Elle se frotta le nez et s’essuya les yeux. La manche de son uniforme devint humide… C’est à cet instant.

« … Hein ? Qu’est-ce qui s’est passé, Tohka-chan ? »

« Pourquoi est-ce que tu n’as pas mangé ? »

« Les cours vont bientôt reprendre ! »

Le trio féminin entra dans la salle de classe et s’exprima ainsi auprès de Tohka, il semblait qu’elles avaient mangé à l’extérieur.

Ces filles traitaient Tohka plutôt bien. Si elle se souvenait correctement de leurs noms, il s’agissait de Ai, Mai et Mii. Elles étaient sûrement si proches à cause de la similitude de leurs noms.

« Uwaa ! Qu’est-ce qu’il y a, Tohka-chan ! Ne pleure pas ! »

« Que que…qui t’as fait ça ? »

« Je vais dire à la personne qui a fait ça, dégage !! »

Les trois filles encerclèrent Tohka, elles parlaient en chœur. Les épaules des camarades de classe de sexe masculin eurent de violents tremblements.

« Non, c’est pas ça ! Personne n’a rien fait ! »

Tohka agita ses mains rapidement, tout s’expliquant auprès du trio.

« Eh eh ? Vraiment ? »

« Alors, pourquoi ? »

« Rhume des foins ? C’est à cause d’une allergie au pollen ? »

Tohka secoua la tête, ses yeux regardaient le bento entre ses mains.

« Shidou, il n’est toujours pas revenu… En repensant au fait que je n’ai pas vraiment pu parler à Shidou aujourd’hui, tout simplement, je ne sais pas pourquoi, j’ai… »

Une fois ces mots prononcés, de grosses larmes commencèrent à couler de ses yeux.

« Aaah ! Tohka-chan ! C’est pas grave de se laisser aller si tu ne te sens pas heureuse ! »

« Vraiment ! Je ne comprends pas Itsuka-kun ! Comment peut-il laisser pleurer une fille si mignonne ? »

« Coupons-lui la tête et donnons-la à manger aux porcs ! »

Le trio s’écria de rage. Tohka, paniquée, les interrompit une fois de plus.

« Non, ce n’est pas de la faute de Shidou ! C’est seulement, moi… »

Tohka essaya de reformuler ses mots avec son vocabulaire limité, elle expliqua d’abord que ce n’était pas de la faute de Shidou, mais c’était parce qu’elle s’était trop habituée à être à ses côtés.

Après avoir entendu tout ça, Ai, Mai et Mii hochèrent de la tête.

« Donc, Tohka-chan, aussi longtemps que tu peux parler avec Itsuka-kun, que tu peux manger et jouer avec lui, tu serais SUPER CONTENTE, n’est-ce pas ? »

Venait de dire Ai. Tohka acquiesça de la tête.

« Guu, tellement innocente ! Cette fois, ce sera inutile même si Itsuka-kun fait des courbettes une centaine de fois. »

Sur ces mots, Mai essuya des larmes imaginaires comme si elle venait de passer à l’acte. Les yeux de Tohka s’écarquillèrent.

« Bien, le sous-sol de ma maison dispose d’une vierge de fer et d’un chevalet. »

Mii formula ces mots avec une expression sérieuse, tandis que Tohka pencha sa tête.

Le trio regarda Tohka puis elles frappèrent soudainement leurs cuisses avec un « Yosh ! »

« Je vais faire mon possible pour Tohka-chan ! »

Ajouta Ai en sortant de sa poche deux morceaux de papier.

« Ah… Ai, c’est… ! »

« Oui, les billets pour l’aquarium Tenguu Gojuusou… ! Demain, c’est l’anniversaire de l’ouverture de notre école, pas vrai ? Tohka-chan, prends-les, va-y avec Itsuka-kun ! »

« Ai ! Ça veut dire que toi et Kashiwada-kun… »

Mai voulut continuer à parler, mais Ai tendit son bras pour l’arrêter.

« N’en dis pas plus ! Tohka-chan se sentirait mal… »

Alors que Ai exprima ces mots, Mai et Mii saisirent les épaules de Tohka avec l’expression de quelqu’un retenant ses larmes.

« Tohka-chan… ! S’il te plait, tu dois les accepter… ! »

« Ai ! S’il te plait, prends-les pour le bien de Ai… »

« Nu, nuu… ? »

Tohka sentait qu’elle ne pouvait ruiner une telle atmosphère. Après avoir hésité un moment, elle prit innocemment les billets des mains de Ai. L’instant d’après, Ai s’effondra.

« Tohka-chan… Toi et Itsuka-kun, vous devez arriver… à être heureux… ah. »

« Ah, Aiiiiiiiii ! »

« Prends soin de toi! La blessure est encore existante ! »

« … ?! … ?! »

Tohka, sans comprendre ce qui se passait, prit les billets et regarda à gauche et à droite.

Il semblait qu’en les acceptants, elle avait fait quelque chose de mal. Tohka, avec des yeux en pleurs, remis les billets dans la main de Ai.

« Fuooooo ! »

Ai revint instantanément à la vie.

« Ai ! »

« C’est un miracle ! »

« Faux, faux faux ! »

Ai, qui se calma soudainement, donna, une nouvelle fois, les billets à Tohka.

« Tu ne peux pas me les rendre, Tohka-chan. Prends-les et invite Itsuka-kun. »

« In, inviter ? »

« Oui. Dis-lui ‘sortons ensemble demain !’ »

« … ! »

Sur ces mots, les yeux de Tohka s’ouvrirent en grand. Un rendez-vous, c’est un terme relatif à une activité où un garçon et une fille sortent et jouent.

… Ah, c’est merveilleux.

Après y avoir pensé soigneusement, il lui semblait qu’elle n’était pas sortie avec Shidou de récent. Un rendez-vous après tellement de temps… Ce serait génial.

Néanmoins, il y avait toujours un problème.

« Je, je dois l’inviter… ? »

Tohka prononça ces mots tout en transpirant sous l’effet de la panique.

« Ouais. Juste cette fois, juste cette fois. De temps en temps, si c’est la fille qui demande au garçon, ce n’est pas si grave. »

« M, mais… Et si je venais à être rejetée … ? »

Tohka semblait gênée en formulant ces mots. Le trio leva ses épaules et soupira sur un fond de *Fuu*.

« Ok, ok. Pour le moment, tu ne dois pas penser au fait d’être rejetée, si ça ne marche pas, nous pourrons toujours punir Itsuka-kun en l’exposant au public. Nous allons t’apprendre une technique secrète. »

« Technique, technique secrète… ? »

« Oui. En bref, ça veut dire jouer avec les désirs d’un homme. Si Tohka-chan, tu utilises une telle technique, tu seras capable d’obtenir le pouvoir de contrôler une nation ! »

« N, non, je n’ai pas besoin d’une telle chose… »

« Très bien, très bien, avant tout… »

Tohka écouta les explications de Ai à propos de la technique secrète, tout en hochant de la tête de temps en temps.

Partie 6[edit]

Lorsque le dernier appel s’acheva, Shidou se leva immédiatement de sa chaise et s’avança en direction de Kurumi.

En cet instant, il pouvait sentir le regard faussement timide de Tohka à sa droite ainsi que le regard glacial démoniaque, proche du zéro absolu, d’Origami ; il décida de les ignorer et de poursuivre sa route.

« Kurumi, est-ce que tu as une minute ? »

Sur ces mots, il indiqua la direction du couloir puis il sortit de la salle de classe. Kurumi le suivit de près.

Après s’être rendu dans un endroit où il n’y avait personne, il fit face à Kurumi.

« Shidou-san, est-ce quelque chose te tracasse ? »

« Aa, aaah. Désolé d’être si soudain… Kurumi, tu… est-ce que tu es libre demain ? »

« ? Oui, je le suis. »

« Bah, si c’est possible, je pourrais passer te chercher pour une promenade… ? »

« Eh ? C’est… »

« Bi, bien… Pour faire simple… ce sera un rendez-vous, je suppose. »

Immédiatement, les traits de visage de Kurumi s’illuminèrent.

« Vraiment ? »

« Ah, aah… C’est bon pour toi ? »

« Bien sûr. Ce serait un honneur. »

« Vraiment… demain à 10h30, on se retrouve en face du guichet de train de l’arrêt Tenguu ? »

« D’accord, je t’y attendrai ! »

Kurumi venait de dire tout cela avec moult sourires. Shidou retourna vers la salle de classe non sans avoir levé sa main et avoir dit :

« Eh bien, à demain ! »

A ce moment-là, en ouvrant la porte de la salle de classe, il se retrouva face à Origami.

« … Hyi… ?! »

« … Qu’est-ce que tu lui as dit ? »

Bien qu’elle regardât Shidou avec un regard perçant, sa voix s’éleva sans aucune intonation.

« Non, non, c’est rien. »

« Réponds-moi. C’est très… »

Si elle continue de m'interroger comme ça, je risque de lâcher l'information sans le vouloir.

Après qu’il ait eu ce genre de pensées, il passa à côté d’Origami, il marcha vers son bureau où il prit son sac.

« Je, j’y vais en premier à cause de quelque chose ! Tohka ! Rentrons à la maison ! »

« Nu ? Uu, umu ! »

Sur ce, il s’échappa avant l’interrogatoire. Tohka eut à peine le temps de réagir avant de courir après Shidou.

« Haa… Haa… »

Il courut un petit moment. C’est après avoir vérifié que Origami ne pouvait pas les rattraper qu’il osa ralentir sa marche.

« Qu’est-ce qu’il y a tout d’un coup, Shidou ? »

« N, non… En bref, c’était… eh bien… quelque chose comme ça… rentrons d’abord à la maison… »

« Nn, umu… »

Toujours confuse, Tohka pencha sa tête.

Bien qu’il fût surpris… il n’avait pas besoin de s’expliquer plus loin. Shidou entra dans le couloir, changea ses chaussures à l’entrée et quitta l’école.

Sur le chemin du retour.

« A, p, p, pro, à propos, Shidou… ! »

La voix de Tohka, qui était toujours très gracieuse, semblait légèrement paniquée.

« Nn ? Qu’est-ce qu’il y a, Tohka ? »

« Aa, aaah. A propos de… ah ! »

A ce stade, Tohka fouilla dans son sac à la recherche de quelque chose… Pour des raisons mystérieuses, elle jetait des œillades furtives aux alentours, puis finalement elle baissa ses yeux tout en rougissant.

« Qu, qu’est-ce qui se passe ? Il s’est passé quelque chose ? »

« C’est, c’est rien… ! Dépêchons-nous et rentrons à la maison ! »

Tohka surveilla les alentours alors qu’elle prononça ces mots avec vigueur, elle paraissait vouloir que Shidou parte devant. Elle le suivit lentement.

« Qu’est-ce qui cloche chez elle, ce genre… »

En dépit de sa curiosité pour les actions étranges de Tohka, ils continuèrent de garder cette attitude alors qu’ils marchaient vers chez eux.

Bien qu’il n’était pas sûr de savoir pourquoi, sur le chemin du retour, Tohka ne montrait toujours pas son visage.

Peu de temps après, ils arrivèrent finalement à la résidence Itsuka et aux appartements destinés aux Esprits.

« Ooh, eh bien, salut. Tu viens manger à la maison ce soir ? »

A ce stade, le salut de la main habituel de Shidou… fut interrompu en plein milieu.

La raison était simple, Tohka ne se dirigea pas vers l’appartement, mais bel et bien vers la résidence Itsuka.

« Tohka ? Tu ne vas pas te changer d’abord ? »

« ! C’est, c’est bon, dépêche-toi et ouvre d’abord la porte ! »

« Haa… Bien, tout ce que tu voudras. »

Elle venait, de toute manière, toujours dîner à la résidence Itsuka. Du coup, il n’y avait pas vraiment de problème à ce qu’elle vienne en avance. Shidou sortit la clef de sa poche et ouvrit la porte.

« Je suis rentré ! »

Puisque la porte était verrouillée, cela voulait dire que Kotori n’était pas encore rentrée, mais il prononça quand même ces mots par réflexe. Il enleva ses chaussures, entra dans la maison, s’avança de la sorte dans le salon et s’étira lentement sur le canapé après avoir posé son sac.

« Nn… »

A ce moment-là, un bruit de *kacha* se fit entendre.

Il semblait que Tohka, qui avait suivi Shidou, venait de verrouiller la porte d’entrée. Elle entra dans le salon en baissant toujours sa tête.

« Nn ? Ça te dérange si je déverrouille ? Après tout, Kotori doit rentrer bientôt. »

« … »

Néanmoins, Tohka ne répondit pas, à la place elle posa son sac, inséra sa main à l’intérieur de celui-ci et en sortit deux sortes de billets.

« Shi, Shidou, ce serait bon pour toi…ça ? »

Suite à quoi, elle leva soudainement sa tête, comme si elle venait de se souvenir de quelque chose.

« C’est, c’est vrai, je dois le faire correctement…huh… »

« Correctement… ? Faire quoi ? »

« Un instant ! Ok, les préparatifs ! »

« Préparatifs… ? Qu, qu’est-ce que… ? »

Toutefois, elle ne répondit toujours pas.

Cette fois, elle sortit un mémo de son sac et le posa sur la table.

Puis, elle plaça ses mains sur ses hanches, tout cela avec une expression perturbée, et enroula lentement sa jupe. C’est une technique de fille couramment utilisée pour temporairement raccourcir sa jupe. Ses cuisses se dévoilèrent progressivement.

« Hey, hey, Tohka… ? »

Incapable de comprendre ses motivations, Shidou fronça des sourcils alors que son visage ruisselait de sueur.

Ensuite, elle desserra le nœud papillon de son uniforme et déboutonna le premier bouton de sa chemise. Le deuxième… le troisième…elle venait de défaire le quatrième. Par l’ouverture de celle-ci, on pouvait apercevoir la blanche poitrine de Tohka, Shidou ne put s’empêcher de détourner son regard.

« Qu, qu’est-ce que t’es en train de faire, Tohka ?! Si tu voulais te changer, tu aurais pu le faire chez toi… »

« Shi, Shidou. »

Tohka interrompit la phrase de Shidou, elle utilisa sa bouche pour tenir les billets, elle se mit à quatre pattes et prit la pose de la femme léopard. Soit dit en passant, son visage était rouge comme une tomate.

« Comme, comme ça… »

« Qu, quququ’est-ce tu es en train de faire… ?! Qu’est-ce que c’est que ça ? »

Shidou s’exprima confusément, Tohka sembla déçue comme si elle se disait « Ça, ça ne fonctionne pas… ! ». Elle sortit les billets de sa bouche… Que cela ait marché ou non, il n’avait vraiment aucune idée de ce qu’elle voulait.

Tohka lu le mémo sur la table, une fois de plus.

« Oo, Ok… ! »

Venait-elle de crier comme si elle essayait de se donner du courage. Elle prit le billet.

Cette fois, néanmoins, elle le plaça sur sa poitrine toujours visibles… et, ensuite, accompagnée d’un *Nn ?*, elle pencha la tête sur le côté.

Il paraissait que le billet ne voulait pas rester en place. Tohka se pencha donc légèrement en avant, utilisa sa main gauche pour créer un décolleté et coinça le billet à l’intérieur. Ensuite, elle jeta un regard à Shidou.

« Quo… ?! »

Comme s’il venait juste de voir quelque chose qu’il n’aurait pas dû, Shidou fit involontairement un pas en arrière.

« Shidou… Eh bien ! »

« Oo, oh… Qu’est-ce qu’il y a ? »

« De, demain… est-ce que tu viendrais en rendez-vous… avec moi ? »

« Ha… ? Un, un rendez-vous… ? »

« Uu, nn… ! »

Tohka acquiesça de la tête de manière exagérée, tout en exhibant le billet sur sa poitrine. … C’est…vraiment. Va-t-elle me demander de le prendre à cet endroit ?

Si je ne le prends pas, les actions de Tohka vont probablement encore monter d’un niveau.

Néanmoins, Shidou était un étudiant de 2ème année de lycée, un garçon en pleine puberté. C’était impossible d’affirmer qu’il n’était pas intéressé, mais il ne pouvait pas non plus être d’accord avec ça.

Son visage dégoulinait de sueur alors que ses mains s’avançaient lentement vers la poitrine de Tohka.

Pour récupérer le billet, il endossa des précautions extrêmes pour ne pas lui toucher les seins.

« Oo, ooooh ! »

L’expression de Tohka s’illumina immédiatement, elle rectifia sa position.

L’instant d’après, elle avait réajusté sa jupe, couvert sa poitrine et attrapé son sac.

« A demain ! Nous nous retrouverons à dix heures à la statue Pachi devant l’arrêt de train ! Bon, je rentre me changer maintenant ! »

Tout en disant cela, Tohka courut hors du salon à une vitesse supérieure à ce qu’un œil pouvait voir. Des sons de *Pada* *Pada* se déplacèrent dans le vestibule, le verrou de l’entrée s’ouvrit et elle se rendit à l’extérieur.

« Qu, qu’est-ce que c’était que tout ça… ? »

Shidou marmonna ces mots stupéfait, ses yeux se posèrent sur le billet qui se trouvait dans sa main. Cela ressemblait à un billet pour un aquarium. Où l’avait-elle prit ?

Suite à quoi, son œil se porta sur le mémo que Tohka avait laissé sur la table. Sur celui-ci, une écriture cursive avait tracé les mots [Le Plan de Séduction de Tohka-chan]. En dessous, on pouvait lire ce qui suit :

① La pose de la femme léopard

② Utilise tes seins pour tenir les billets

③ Si les deux ne fonctionnent pas, alors jette-toi sur lui.

… Bien qu’il ne fût pas très sûr de lui, il lui semblait bien que cela aurait pu être très dangereux.

« Haaa, c’est… »

Alors que Shidou était encore confus, un bruit de *kacha* se fit une nouvelle fois entendre à la porte d’entrée.

Pensant immédiatement que Tohka était revenue, il apprêta sa position… Mais, ce n’était pas elle. Celle qui marcha dans le salon n’était autre que Kotori avec ses rubans noirs dans les cheveux.

« Je suis rentrée. Nn… ? »

Kotori fronça des sourcils, probablement en trouvant suspect le fait que la pièce était plongée dans l’obscurité.

« Tirer les rideaux alors qu’il fait encore jour, quel genre de choses étranges étais-tu en train de faire, Shidou ? »

« J’ai, j’ai rien fait ! »

« Eh bien, du moment que ça marche pour toi ! Qu’est-ce que c’est dans ta main ? »

« Aah… Pour te dire la vérité, je l’ai reçu de Tohka… une invitation pour un rendez-vous. »

Après que Shidou eut prononcé ces mots, Kotori, impressionnée, siffla.

« Eh bien ! Une invitation de la part de Tohka. C’est bon signe. C’est quand ? Nous allons t’aider. »

« Aah, c’est demain… »

« Demain ? »

Kotori afficha une expression complexe.

« Attends, si c’est demain, tu n’as pas déjà un rendez-vous avec Kurumi ? »

« Ah… »

A l’évocation de ces mots, Shidou se souvint. Il l’avait oublié sous l’impact des poses de séduction de Tohka… En effet, il avait accepté de sortir avec Kurumi demain.

« Et merde, est-ce que je peux encore annuler … ? »

Suite à ces mots, Kotori secoua tristement la tête.

« Tu ne peux pas ! Si tu reviens sur un rendez-vous que tu as promis, cela aura évidemment un impact sur l’état mental de Tohka. Sa solitude affiche une tendance à la hausse depuis ce matin.»

« Je ne suis pas en train de dire que les promesses sont… »

« Le plus important, c’est la manière de penser de Tohka… Bon, pas moyen d’y échapper. Nous allons t’apporter tout notre soutien, tu dois faire en sorte que les deux rendez-vous soient un succès. »

« Ha… haa ? Ce, ce genre de chose… »

A ce stade, alors que Shidou voulait poursuivre sa phrase, le portable dans sa poche commença à vibrer.

En regardant sur l’écran, c’était un numéro qu’il ne connaissait pas.

Il eut une impression étrange alors qu’il décrocha le téléphone. De l’autre côté du fil, une voix calme se fit entendre.

« Salut. »

« Nn… ? Cette voix, tu es… Origami ? »

« Oui. »

Origami ne donna que cette brève réponse en guise de confirmation, un écoulement de sueur coula le long du visage de Shidou.

« Hein… ? Je, je t’avais donné mon numéro de téléphone ? »

Origami ne répliqua pas. Après un moment de silence, elle poursuivit.

« Demain est un jour férié. »

« ? Aa, aah… c’est vrai. »

« On…ne peux pas te laisser seul. »

« Eh… ? »

Shidou s’exclama sous le choc, Origami poursuivit sans aucun changement dans son intonation.

« A 11h du matin. Je t’attendrai sur la place devant l’arrêt Tenguu. »

« Eh ? »

« Rendez-vous. »

« … Ha ? »

« Tu dois absolument venir. »

C’est sur une telle phrase qu’elle raccrocha le téléphone.

… Au final, aucune des questions de Shidou n’avait trouvé de réponse.

« Qui était-ce ? »

« Non, c’était Origami. Je ne sais pas pourquoi mais elle veut…un rendez-vous… avec moi. »

« Haa… ?! »

Kotori fronça des sourcils et s’écria :

« En parlant de rendez-vous… Ça ne peut pas être demain, n’est-ce pas ? »

« C’est, c’est totalement ça… C’est pas vrai ! »

Kotori soutint son front avec sa main tout en soupirant profondément.



Chapitre 4: Triple Rendez-vous[edit]

Partie 1[edit]

« … Compris ? Tu vas rencontrer Tohka à 10 heures, puis direction l’aquarium situé à l’est de la ville de Tenguu. Puis, en plein milieu, tu vas trouver une excuse pour t’enfuir. Tu seras récupéré par le <Fraxinus> une fois à l’extérieur. Suite à quoi, tu vas retrouver Kurumi à 10h30 au guichet, puis, de retour sur la place devant la station de métro, tu rejoins Tobiichi Origami. Néanmoins, à ce stade, Tohka aura été laissé seule pendant 30 minutes, tu devras immédiatement rectifier la situation. C’est la même chose pour les autres filles, tu devras réduire l’intervalle de temps entre elle et effectuer des ajustements appropriés, tu ne peux pas les laisser seules trop longtemps. Nous surveillerons l’emploi du temps ici-même. Shidou, quoi que tu fasses, pour ne pas les blesser, tu devras les convaincre avec des mots chaleureux. Même si la priorité est de faire tomber amoureuse Kurumi pour qu’elle te laisse l’embrasser, tu ne dois pas non plus blesser les sentiments de Tohka, et ce serait fâcheux si Tobiichi Origami venait à l’apprendre. En clair… c’est ce que j’en dis. Shidou, tu as bien compris ? »

« … Je, je t’ai entendu. »

… Mais qu’il imprimât tout ça dans sa tête, c’était-là une chose totalement différente.

Shidou marmonna dans sa barbe, feignant une fausse toux comme pour dissimuler ce fait. Il répondit à la voix de Kotori à travers son communicateur.

Au final, Shidou fut incapable de rejeter l’invitation de Tohka et de Origami, ce qui engendra cette situation de triple rendez-vous.

A la base, le rendez-vous de Kurumi aurait dû être placé en tête des priorités, néanmoins s’il revenait sur sa promesse, l’état mental de Tohka se détériorerait de manière significative, avec pour risque le retour de ses pouvoirs Spirituels. Et, à cause d’un risque d’irruption au cœur des rendez-vous avec Tohka et Kurumi, Origami ne pouvait pas être laissée seule non plus.

Le résultat…c’était cet emploi du temps infernal.

« C’est inutile si tu ne fais qu’entendre, tu sais ? Enracine-le correctement dans ton esprit. »

« Uu… »

Aurait-on vu à travers lui ? De la sueur coula sur son visage.

« Haa… Eh bien, quoi qu’il en soit… Il faut tout simplement agir en fonction de la situation. Es-tu prêt ? »

« Aa, aaah… Probablement. »

Suite à ces mots, il regarda de plus près ses vêtements. Actuellement, Shidou revêtait une tenue simple qui consistait en un haut de couleur bleu marine et d’un pantalon beige.

Kotori avait lu que [L’évaluation que donnent les filles concernant la tenue vestimentaire des garçons était essentiellement négative]. C’était normal de voir des amateurs échouer parce qu’ils se concentraient trop sur tel ou tel point, en fait ça passait si les vêtements n’était pas de bonne qualité, du moment qu’ils étaient propres.

« Bon, il est presque l’heure… C’est parti pour notre bataille (de rendez-vous) ! »

« Oo, oh. »

En s’exclamant ainsi, Shidou prit une profonde inspiration comme s’il cherchait à éliminer sa nervosité.

A cet instant, Shidou se tenait face à la statue de chien à l’est de l’entrée de la station de métro Tenguu.

Même si elle avait un nom, en raison de sa similitude avec le chien loyal de la station de Shibuya, les résidents des environs l’appelaient Pachi avec à la fois du sarcasme et de l’affection[16].

Puisqu’elle se trouvait en face de la station de métro, à l’instar de Hachi, elle avait la même fonction en tant que lieu de rendez-vous. Autour de Shidou, on pouvait voir de nombreuses autres personnes.

A ce moment-là, une voix familière entra dans ses tympans, comme si elle s’extirpait de cette foule.

« Shidou ! »

En tournant la tête en direction de celle-ci, il put voir Tohka qui affichait un sourire plus brillant que le soleil.

Elle ne portait pas l’uniforme habituel d’école, mais une tenue composée d’un haut léger et d’un pantalon à la mode. C’était comme s’ils avaient été taillé sur mesure.

« C, c’est… »

Alors que Shidou fixait Tohka confus, la voix de Reine fut retransmise à travers le communicateur.

« … Aaah, comme on pouvait s’y attendre de la part de Tohka, elle est superbe, peu importe ce qu’elle porte. Eh bien, ne posons pas trop de questions. Pas mal, n’est-ce pas ? »

« Ou, ouais… »

Avait bêtement répondu Shidou. Pas mal était un euphémisme, elle était du niveau de l’excellence. Elle avait capté toute son attention en un instant.

« Shidou ? »

« Aa, aaah… Désolé. J’étais distrait… Nn, ça te va très bien. Tu es très mignonne, Tohka. »

« Qu… »

Face aux paroles de Shidou, le visage de Tohka devint rouge.

Elle secoua ses bras frénétiquement et se retourna.

« Très, très bien, allons-y ! Dépêchons-nous ! »

« Qu, qu’est-ce qui ne va pas, pourquoi cette précipitation… »

Mais, soudainement, Shidou se tut. C’était parce que Tohka, qui marchait devant lui, venait de s’arrêter d’un coup, en conséquence il se cogna contre elle.

« Tohka ? Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« Mu, muu… »

Tohka regarda aux alentours avec des sourcils incurvés comme si elle était inquiète. Son visage portait encore des marques de rougeur.

« Shidou, en parlant de ça, où est-ce qu’on est supposé aller exactement… ? »

« Eh ? On ne va pas à l’aquarium ? »

Tohka afficha une expression inquiète, comme si elle n’en connaissait pas l’exacte localisation.

« Haha… Attends une seconde. »

Shidou sortit le billet de son portefeuille et jeta un œil au plan qui se trouvait à l’arrière de celui-ci.

« Voyons ça ? Tenguu Gojuusou... huh. Nn, bon bah, c’est tout à fait à l’opposé de nous. »

En disant ça, il désigna la direction opposée à celle qu’avait prise Tohka. Cette dernière se retourna immédiatement et suivit de près Shidou. Elle voulait plus ou moins que ce soit lui qui trace la route.

A cet instant précis.

« … ?! »

En remarquant un visage familier qui venait d’entrer dans son champ de vue, Shidou fronça des sourcils.

Il empêcha vigoureusement son corps de se retourner mais déplaça son regard sur sa gauche.

Sur la place, qui n’était séparée de lui que par une simple route, devant la fontaine, se trouvait Tobiichi Origami.

Dans une tenue qui consistait en un pull-over et une mini-jupe, un petit sac qui pendait à son épaule, elle maintenait une posture immobile. Une personne, qui n’en savait rien, aurait probablement pensé qu’elle était un mannequin taille réelle.

L’heure du rendez-vous avec Origami était à 11 heures. Il était actuellement 10h05. C’était résolument trop tôt.

« Nu ? Quelque chose ne va pas, Shidou ? »

« Non, rien, rien du tout ! Dépêchons-nous et avançons ! »

Ça n’aurait pas été une bonne chose de rester-là à regarder Origami. Shidou déplaça Tohka sur son flanc droit comme s’il tentait de la cacher, il tourna sa tête dans sa direction et commença à marcher.

« Ara, comme ça ! Ne pas laisser une fille marcher le long de la rue et ne pas la laisser hors de ton champ de vue…nn, même si c’est démodé, c’est aussi, contre toute attente, gratifiant, d’une certaine façon. »

« Vrai, vraiment… ? »

Shidou sourit amèrement alors qu’il répondit doucement à Kotori. Même si ce n’était pas là son intention… Eh bien, le résultat était tout de même pas mal.

Origami disparut enfin de son champ de vue, c’est à ce moment-là que Tohka, qui marchait à côté de lui, prit la parole :

« En parlant de ça, Shidou. »

« Nn ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Qu’est-ce que c’est exactement un aquarium ? »

« Quoi… Tohka, ne me dis pas que tu n’y as jamais été ? »

« Ne te méprends pas. Shidou, tu es le seul avec qui je sortirai… »

« … »

Qu’est-ce qui se passe, mon visage devient chaud… Habituellement, elle aurait répondu par un « Ne, ne te méprends pas ! On va simplement à l’aquarium, n’est-ce pas ?! » ou quelque chose comme ça.


Tout en s’éclaircissant la gorge comme s’il essayait de se calmer, Shidou s’exprima :

« Si nous parlons bien de l’aquarium… Eh bien, c’est simplement un endroit avec beaucoup de poissons. »

« Quoi !? »

Avec des yeux écarquillés, Tohka demanda :

« Shioyaki ? »

« Non, non, non. »

« Sautés ? »

« Puisque je te dis que tu te trompes ! »

« Ne me dis pas que c’est…acqua pazza[17]? »

« Haa… ? »

« Ha, ne me dis pas qu’ils sont cuits à la vapeur ? »

« Je ne parle pas de nourriture ! D’ailleurs, pourquoi es-tu si instruite sur ces méthodes de cuisine ?! »

Bien qu’il ne savait pas où elle avait acquis de telles connaissances, c’était à une ampleur si extrême. Shidou aurait probablement été impressionné par sa connaissance si ce n’était pas dans les arts culinaires.

« Muuu, je me trompe ? »

« Ouais. C’est un endroit pour y voir nager des créatures aquatiques. »

« Poisson… nager… ?! »

Tohka fronça des sourcils avec une expression de haute vigilance.

Maintenant qu’elle le mentionnait, Tohka n’avait probablement jamais vu de poissons en dehors des plats gastronomiques.

« Ah… Bon. Tu comprendras lorsque tu les verras. Allons-y. »

« Mu… muuu, vrai, vraiment. »

Shidou guida Tohka qui hocha de la tête et s’avança le long de la route.

Peu de temps après, ils arrivèrent tous deux à leur destination, le Tenguu Gojuusou. Achevée l’année dernière, c’était une galerie marchande hybride qui était considérée comme nouvelle. Diverses chambres d’hôtes, d’aires de jeux d’intérieur, de cinémas et un centre commercial à grande échelle étaient alignées côte à côte, c’était un petit centre commercial. Puisque c’était une nouvelle attraction, la côte de popularité était très élevée, on pouvait y voir un grand nombre de personnes fréquenter le quartier.

« Ah, là! C’est l’aquarium. »

« Shidou. »

A ce moment-là, Tohka prit soudainement la main de Shidou.

« … ?! Toh, Tohka ? Qu, ququququ’est-ce qu’il y a… ? »

« Mu, nous pourrions nous perdre avec tellement de gens partout. »

« Aaah… tu, tu as raison. »

Alors que Shidou tentait de contrôler ses battements cardiaques en accélération, il prit la main de Tohka en retour et ils s’avancèrent ensemble dans l’aquarium.

Tendant le billet au personnel, ils cheminèrent dans l’intérieur obscur de celui-ci.

Suite à cela.

« Qu… Qu’est-ce que c’est… ? »

En même temps que la main que tenait Shidou trembla, la voix de Tohka résonna dans l’aquarium.

Les touristes autour d’eux les regardèrent.

« To, Tohka. Nous devons rester silencieux, ici. »

« ! Uu, umu… Je suis désolée. Mais Shidou, c’est… incroyable. »

Tohka baissa doucement le volume de sa voix et leva son visage.

L’intérieur de l’aquarium était composé d’une couche de verre, des espèces de poissons de toutes tailles et formes y nageaient. L’échelle était si grande que même Shidou ne put s’empêcher de soupirer d’admiration. C’était tout naturel pour Tohka d’avoir été ébahie face à cette scène.

« Est, est-ce que ce sont tous des poissons… ? »

Demanda Tohka tout en marchant sans regarder devant elle.

« Aaah, exact. C’est magnifique, pas vrai ? »

« Uu, umu. C’est magnifique… »

Tout en prononçant ces mots, Tohka lâcha la main de Shidou, s’avança lentement et appuya fermement ses mains contre l’énorme mur de verre. Devant ses yeux, un vaste banc de petits poissons s’agitait.

Les yeux de Tohka s’ouvrirent en grand et suivirent fermement les mouvements de celui-ci. C’était, d’une certaine façon, mignon de la voir comme ça, Shidou ne put s’empêcher de sourire.

« Shi, Shidou, continuons et jetons un œil ! »

« Haha, d’accord, puis… »

Exactement à ce moment-là, le communicateur dans son oreille droite émit une alarme stridente, les épaules de Shidou furent involontairement secouées.

« Shidou, il est presque l’heure pour toi de retrouver Kurumi. Le <Fraxinus> va te récupérer, dépêche-toi et rends-toi dans une zone isolée. »

« … »

« Shidou, tu ne viens pas ? »

Probablement perplexe face à Shidou qui venait soudainement d’interrompre sa marche, Tohka pencha sa tête de manière confuse.

« Ah… A ce propos… »

Le regard de Shidou se perdit pendant quelques temps, suite à quoi il pencha son corps vers l’avant tout en se tenant le ventre.

« Ah, ça fait maaaaal… »

« ?! Qu, qu’est-ce qu’il y a, Shidou ?! »

« N, non. Mon ventre est un peu… Je vais aux toilettes, est-ce que tu peux m’attendre un moment ? »

« Qu… Est, est-ce que tu vas bien… ? Si, si ça fait vraiment mal alors Kotori pourrait… ! »

« Pas, pas besoin ! Ce n’est pas grave à ce point, donc ne t’inquiètes pas tellement ! D’accord ?! »

« Uu, umu… »

Même si Shidou le lui avait expliqué de la sorte, Tohka continuait de le regarder avec l’expression de la plus haute inquiétude. Un violent sentiment de culpabilité le frappa dans sa poitrine.

Mais, s’il continuait à se montrer indécis, Kurumi devrait attendre. Shidou se dirigea vers la sortie avec une sensation similaire à celle de quelqu’un abandonnant un chiot dans une boîte de carton.

« Je, je vais tenter de revenir aussitôt que possible, va voir les poissons avant tout ! »

« Uu, umu, compris. Si tu ne peux vraiment pas le supporter, tu devrais immédiatement contacter Kotori… !? »

« Ah, ouais… »

Shidou hocha de la tête et marcha en se tenant le ventre.

Après avoir franchi le coin du bâtiment, hors du champ de vue de Tohka, il se redressa et se mit à courir.

« Eh bien… Tu attendais vraiment… »

Lorsqu’il arriva en face du guichet de la station de métro, qui était toujours peint excessivement, Kurumi était déjà là.

Elle portait une robe et une longue jupe, qui semblait être d’une qualité suprême. Néanmoins, puisqu’ils étaient totalement noirs, ses vêtements avaient une allure funéraire.

« Non. Je viens juste d’arriver. »

Après que Kurumi eut prononcé ces mots, elle sourit légèrement. Shidou reprit son souffle et fit face à Kurumi, une fois de plus.

« Désolé… je suis légèrement en retard. »

« Ufufu, tu n’avais pas besoin de te presser, tu sais. »

« N, non, Bon… haha. »

Alors qu’il s’expliqua vaguement, Shidou sourit.

Bien qu’il puisse se déplacer à très grand vitesse grâce au <Fraxinus>, pour être transférer, il avait dû se rendre dans un lieu isolé sans aucun obstacle. Afin de se rendre de l’aquarium, qui avait un grand trafic humain, à l’entrée de la station de métro, il avait dû auparavant courir sur une longue distance.

« … Bon bah maintenant, l’évènement principal de la journée peut commencer. Fais du bon travail ! »

Venait de dire Kotori. Shidou tapota son oreillette pour indiquer son consentement.

La plus grande mission de la journée était d’embrasser Kurumi et de sceller ses pouvoirs d’Esprits.

En même temps qu’il reformulait cet objectif, les lèvres de Kurumi entrèrent dans son champ de vision, Shidou ne put s’empêcher de se gratter la joue.

En cet instant, elle fit une révérence.

« Je te suis très reconnaissante de m’avoir invitée aujourd’hui. Je suis très heureuse… Bon, où devrions-nous aller en premier ? »

« Nn… vraiment. »

En même temps que Shidou répondit de la sorte, dans son oreille droite la voix de Kotori dit : « Attends un moment. » Sur l’écran principal du <Fraxinus>, des choix multiples s’affichèrent.

① Faire du shopping amoureux dans un grand centre commercial.

② Aller voir un film romantique tous les deux.

③ Dans un magasin de lingerie, l’observer alors qu’elle se change.

« Tout le monde, choisissez ! »

En disant ça, l’écran miniature dans la paume de Kotori afficha immédiatement les résultats.

« Umu… »

En même temps que Kotori acquiesça, les voix des membres d’équipage se firent entendre depuis le pont inférieur.

« Nous devons choisir la ② ! A l’intérieur d’une pièce obscure, des mains se chevauchant involontairement ! Il n’y a pas d’autre choix que celui-là ! »

« Non, non, nous devons choisir la ① bien sûr ! Les filles préfèrent le shopping ! »

En effet, les deux choix étaient viables. Toutefois, Kotori se gratta la joue. La plus grande galerie marchande et le plus grand cinéma les plus proches d’eux… c’était dans le Tenguu Gojuusou, là où justement se trouvait Tohka. Même s’il était peu probable qu’elles tombent l’une l’autre, il n’y avait pas besoin d’accroître des facteurs incertains.

Donc avec tout ça, la seule option était…

« Quant à la ③, elle provoquerait évidemment du dégoût, n’est-ce pas… ? »

Conclut Kotori avec un ton de voix confus. Celle de Reine s’éleva d’en-dessous :

« … Non, aussi bien pour les nombres que pour la réaction d’hier, nous ne pouvons dire avec certitude qu’elle rejetterait l’idée. »

« Umu… »

Kotori fronça les sourcils et acquiesça. Même si le risque était élevé, ça valait le coup d’essayer, puis cela prouverait pleinement que Kurumi aime Shidou à un certain degré. C’était comme utiliser du papier de tournesol.

« Shidou, ce sera la ③. Apporte-la au magasin de lingerie de la station de métro. »

« Ooh, compris… Ce n’est pas vrai, haa… ?! »

La voix stupéfaite de Shidou résonna à travers l’émetteur.


« E, eeeh… Kurumi. Est-ce qu’il y a quelque chose que tu voudrais acheter… ou voir ? Pa, par exemple, des vêtements… ou quelque chose comme ça ? »

« Tu veux dire des vêtements occidentaux ? Aaah, je veux bien jeter un œil à ceux-ci. »

« Des, des vêtements occidentaux tu dis… Qu’en est-il de ceux que tu portes en-dessous… »

« En-dessous… ? »

A cet instant, elle saisit probablement ce qu’il voulait dire, les joues de Kurumi rougirent légèrement.

« N, non, c’est vraiment étrange, n’est-ce pas ? Très bien, eh bien, choisissons un… »

Le front de Shidou transpirait alors qu’il se préparait à partir, puis le bord de ses vêtements fut soudainement saisi avec vigueur.

« Eh… ? »

Se retournant pour voir, les yeux de Kurumi fixaient Shidou.

« Est-ce que Shidou-san a… choisi ? »

« Eh ?! Aa… aa, aaah… »

Shidou, inquiet, acquiesça, Kurumi afficha un sourire timide.

« Fufu, eh bien… s’il te plait, choisis-en un de mignon, d’accord ? »

« Eh, ehhhh… Très bien. »

C’était lui qui l’avait invitée en premier, qui plus est, elle ne semblait pas détester ça. Shidou commença à avancer avec des mouvements raides comme un robot.

« C’est surprenant. Elle a vraiment accepté. »

« … Hey. »

C’était tes instructions initiales, pensa Shidou en tapotant doucement l’oreillette.

A cet instant précis, il regarda sur la place à l’opposé de la station de métro. En face de la fontaine, il pouvait voir le visage de Origami dont la position n’avait pas changé depuis les 30 dernières minutes.

Néanmoins, on ne pouvait complétement dire qu’il n’y avait pas de changement du tout. Probablement à cause de la vaste masse de personnes, un trio de garçons parlait à Origami en vue de la draguer.

Mais Origami ne bougeait pas d’un pouce. C’était comme si elle ne percevait pas leurs existences du tout.

L’un des membres du trio, probablement frustré d’être ignoré, agrippa l’épaules de Origami.

Origami employa des mouvements gracieux pour tordre le bras de l’homme et le mettre à terre.

Ce devait être douloureux, l’homme gémit avec des larmes aux yeux. Pour leur part, les compagnons du jeune homme était paralysés de peur. Les gens alentours qui avaient perçus l’agitation commencèrent à se rassembler autour d’eux. Finalement, même la police arriva et embarqua les jeunes hommes.

Origami revint, ensuite, à sa position d’origine, comme si rien ne s’était passé.

« … »

« Shidou-san, de quoi est-il question ? »

Demanda Kurumi, en pensant probablement que Shidou, qui s’était arrêté de marcher avec un visage dégoulinant de sueur, se comportait suspicieusement.

« Non… c’est, c’est rien. »

Shidou agissait comme s’il n’avait pas vu Origami, il entra dans l’immeuble derrière la station de métro.

Après quoi, ils se rendirent, par ascenseur, à la boutique de lingerie au troisième étage. Bien que Shidou soit venu dans cet immeuble de nombreuses fois, c’était la première fois qu’il se rendait dans une telle boutique.

Depuis l’entrée, de grandes quantités de lingerie féminine sexy étaient alignés. Bien sûr, que ce soit le personnel ou les clients, c’était toutes des femmes.

Lorsque Shidou entra dans le magasin, soudain, des regards curieux, provenant des gens autour de lui, le prirent pour cible. Même s’il se sentait rassuré avec Kurumi à ses côté, ce n’était pas un endroit qui le rendait heureux.

« Eh bien, comme c’est mignon ! Lequel est-ce que Shidou-san préfère ? »

Kurumi trouva immédiatement ses cibles, elle lui montra deux ensembles de sous-vêtements. Chacun d’eux était orné de dentelles exquises aux motifs mignons, Shidou rougit involontairement.

« Ou…Bien. Ensuite… »

« Shidou, attends un instant. »

Sur l’écran du point, une autre fenêtre de choix multiples s’afficha.

① Celui de droite. Le design séducteur aux dentelles noires est un fondement.

② Celui de gauche. Un design rafraichissant bleu clair.

③ « Je préfère un modèle qui dévoile un peu plus… » Tout en désignant la lingerie exposée derrière lui.

« Tout le monde, choisissez ! »

Faisant suite au cri de Kotori, le graphique de résultat se révéla peu après. Même s’il n’y avait qu’une différence de quelques millimètres, étonnamment, la ③ avait le plus de votes.

« Puisque nous sommes déjà là, nous devrions bien sûr prendre l’offensive ! Engourdir les sens de la cible dès le début, pour qu’après, lors du moment du baiser, la résistance soit moindre ! »

Les voix de l’équipage se firent entendre. Kotori gémit tout en soutenant son menton avec sa main.

« Eh bien, puisque l’IA nous a donné une troisième option, nous devrions l’essayer pour constater de sa valeur… Shidou, ce sera la ③. Choisis la lingerie derrière Kurumi. »

Conclut Kotori. Le Shidou à l’écran pointa son doigt derrière Kurumi.


« Eh, Eh bien… Même si les deux sont pas mal, je préfère celui-là… »

Suivant les instructions, il désigna quelque chose derrière Kurumi. A ce stade… soudainement, les joues de Shidou frémirent quelques fois.

Accroché-là, il y avait un objet extrêmement dangereux, un ensemble fait de matériaux qui étaient presque transparents.

« Est-ce que Shidou-san aime ce genre… ? »

« N, non, comment dire… »

Alors que Shidou était confus, Kurumi replaça la lingerie qu’elle avait en main à sa place d’origine et prit la lingerie sexy que Shidou avait désigné, non sans avoir hésité un moment.

« Non, Kurumi, tu n’as pas besoin de te forcer… »

« Non, puisque Shidou l’a choisi spécialement… Bien entendu, je dois l’essayer. S’il te plait, dis-moi s’il me va bien, d’accord… ? »

« Eh, c’est… oh, ouais… »

Shidou hocha de la tête alors que Kurumi entra dans la cabine d’essayage devant elle et tira le rideau.

Bien entendu, à cause de cela, Shidou se retrouva seul dans le magasin… Il avait l’impression que la réalité autour de lui était devenue bien plus grave.

« … »

Une atmosphère pesante enveloppa tout son corps. A cet instant, l’épaule de Shidou fut tapotée par quelqu’un.

« Nn… ? »

Se retournant avec surprise, un trio de filles se tenait devant lui. Même s’il se retrouva étourdi un moment, il se rappela immédiatement. Elles étaient, en effet, dans la classe de Shidou, le trio Ai-Mai-Mii.

« Ya… Ya… Itsuka-kun. Pourquoi es-tu dans ce genre d’endroit ? Un fétichisme de travestissement ? »

« En parlant de ça, tu n’étais pas supposé aller à l’aquarium avec Tohka-chan aujourd’hui ? »

« Eh ? Ne me dis pas que tu es revenu sur ta parole ? Tu veux mourir ? »

Ai, Mai et Mii parlèrent l’une après l’autre.

« Eh ? Ah, non… »

Involontairement, Shidou fut troublé. Même s’il était curieux de savoir comment le trio féminin était au courant de la promesse entre lui et Tohka… Ce n’était pas la question à l’instant-même. Si elles venaient à le trouver avec Kurumi, ça pourrait donner lieu à une situation très dangereuse dans le futur.


Remarquant probablement que Shidou agissait de façon anormale, les trois filles le regardèrent furieusement.

« Eh ? Attends, vraiment ? Je ne peux pas le croire. Est-ce que tu as rejeté l’invitation de Tohka-chan… ? »

« N, non, ce n’est pas ça ! J’allais justement y aller maintenant-même ! »

Shidou agitait sa tête paniqué, le trio y répondit avec des regards suspicieux.

« Vraiment ? Si tu nous mens, je ne te le pardonnerai pas. Mon père est un cadre dans une loge de magie noire. Il est possible de lancer une malédiction du genre ‘Tout contact avec une fille raccourcira ta vie d’une année’, tu sais ? »

« C’est vrai ! Laisser Tohka-chan pleurer n’est pas quelque chose qu’on peut facilement résoudre, pas vrai ? Ma mère est une Reine SM[18], elle peut te punir jusqu’à ce que tu lui dises merci en pleurant, tu sais ? »

« Si c’est vrai, je vais te faire disparaître. Mon oncle a un emploi outre-mer en tant que tueur à gage. J’utiliserai le ‘Tue quelqu’un contre un coupon’ que j’ai reçu à mon anniversaire, tu sais ? »

« Utiliser un reçu pour tuer quelqu’un ! D’ailleurs, qui d’autre as-tu tenté de tuer ?! »

Incapable d’arrêter de crier, Shidou soupira.

« Au, au moins, tant que tu ne rompras pas ta promesse envers Tohka, nous serons très soulagées… »

A cet instant, le rideau de la cabine d’essayage s’ouvrit.

« Tu les trouves comment… ? »

Les genoux de Kurumi se frottaient l’un l’autre comme si elle était embarrassée. En effet, elle portait de la lingerie trop révélatrice pour une lycéenne normale, elle couvrait à peine sa peau d’une blancheur de perle qui se retrouvait à nu.

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« … Pas si vite, Itsuka-kun ? »

Soudain, il sentait comme si la température ambiante chuta.

« C’est, c’est, c’est… »

A ce moment-là… alors que Shidou allait donner une excuse, dans son oreille droite une alarme perçante retentit. Suite à quoi, la voix de Kotori se fit entendre.

« Shidou, c’est l’heure. Même si je voulais me concentrer plus sur Kurumi, si nous sommes en retard et si Origami vient nous chercher, ce sera fâcheux. Va auprès de Tobiichi. »

« Même si tu le dis de cette façon… »

« Très bien, très bien, dépêches-toi de partir… Ah, n’oublies pas de dire ‘Tu es mignonne’ à Kurumi, d’accord ? »

« …Com, compris. »

Tout en se réconciliant avec son for intérieur, Shidou dit, tout en se tenant le ventre :

« Ça fait maaaaal… Je suis désolé, Kurumi ! Mon estomac ne va pas très bien ! Je vais aux toilettes, du coup attends-moi un peu ! Et aussi… ces sous-vêtements te vont très bien ! Tu es très mignonne ! »

Shidou s’enfuit après avoir lancé une telle réplique. Derrière lui, le visage de Kurumi devint rouge.

Néanmoins, les trois personnes autour de lui poussaient des grognements terrifiants en direction de son dos.

« Minute reste-lààà ! Pourquoi est-ce que Tokisaki est ici ?! »

« Et ta relation avec elle est si intime que tu lui fais porter des sous-vêtements lubriques ? Est-ce que tu joues seulement avec Tohka-chan ?! »

« J’hésite vraiment à te poignarder ou alors te tirer dessus ! »

Shidou s’enfuit alors qu’il sentait bien qu’il allait se mettre à pleurer.


« Dé, désolé, Origami… Je suis légèrement en retard… ! »

Dit Shidou tout en haletant. Origami porta son regard sans expression sur lui et répondit :

« Il n’y a pas de problème. Je viens juste d’arriver également. »

J’en doute.

… Il dut utiliser une quantité considérable d’efforts pour s’empêcher de dire ça. Origami était là depuis une heure au moins, mais cela aurait été suspicieux que Shidou le sache.

« Eh, ehhh… Où allons-nous aller aujourd’hui ? »

« Film. »

Le visage de Shidou se contracta. Si nous parlons bien du plus proche cinéma depuis ici…

« He, hey Origami, où est le cinéma… ? »

« Tenguu Gojuusou. »

« … Donc c’est bien celui-là ! »

Shidou afficha un sourire maladroit et tapota légèrement son oreillette.

« Nnn… Ouais. Puisqu’il y a une possibilité d’entrer en contact avec Tohka, ce n’est pas très désirable. Demande pour un autre lieu et vois ce qu’il en est. »

« A, à propos, Origami, tu serais d’accord pour qu’on aille dans un autre lieu… »

Alors que Shidou allait poursuivre, Origami lui tendit un billet.

« Je te le donne déjà. Ne le perds pas. »

« … Oui. »

L’initiative tomba complétement à l’eau, le billet avait été déjà préparé, s’il le rejetait à nouveau cela paraîtrait anormal.

« Bon, il n’y pas d’autre choix alors. Puisque la zone est grande, ça devrait aller, les installations où nous allons sont différentes. »

« C, c’est vrai. »

Venait doucement de dire Shidou tout en regardant Origami.

« Bon eh bien, allons-y. »

Origami acquiesça. Tous les deux commencèrent à marcher.

Néanmoins, Origami étreignit tout à coup le coude de Shidou, le pressant de force contre son corps, il ne put faire autrement que de se figer.

« Qu, qu’est-ce que… Origami-san… ? Qu’est-ce que tu fais… ? »

« Juste joindre les bras. »

Une réponse simple et brève. Tout en se rendant compte qu’il valait mieux ne rien dire, il reprit sa marche non sans avoir le cœur qui battait la chamade.

Son bras, de temps en temps, lui transmettait la sensation de quelque chose de moelleux, ses yeux commencèrent à s’emballer.

Etrangement, ces sensations-là passaient extrêmement lentement. Il marcha le long de la route qu’il avait empruntée auparavant avec Tohka et ne se décontracta que lorsqu’il atteignit le Tenguu Gojuusou ; il paraissait avoir pris soudainement une année.

En se rendant vers leur destination, pour quelque raison, Origami commença à se diriger vers l’aquarium.

« … ! Hey, Origami… ! Ou, ououououou est-ce que tu es en train d’aller, le cinéma n’est pas supposé se trouver par là… ?! »

Il dit cela en attrapant soudainement le coude de Origami. Mais, cette dernière pointa silencieusement son doigt en direction de l’entrée.

« Ce n’est pas encore l’heure de la diffusion. Entrons et allons manger avant. »

« Eh ? »

Il regarda la direction que désignait Origami. A côté de l’aquarium, on pouvait voir un restaurant.

« Ah, aaah… Je vois, c’est bien celui-là ? »

Shidou, soulagé, engloutit.

Néanmoins, l’aquarium où se trouvait Tohka était juste sous son nez, si les choses se passaient de la sorte, ce serait mauvais pour sa santé mentale.

Il devait y avoir d’autres endroits où ils pouvaient aller manger. Alors que Shidou allait suggérer un changement de lieu… il fut à moitié traîné de force.

« H, hein… ? »

Alors que Shidou était perdu quant à quoi faire, il était déjà entré dans le restaurant.

Il semblait qu’une table avait été réservée à l’avance. Origami donna son nom et l’amena jusqu’à une place proche d’une fenêtre.

Il semblait même que la nourriture avait été ordonnée à l’avance, la serveuse les laissa après avoir confirmé leur commande pour les boissons.

« … »

« … »

Après quoi, pendant un certain temps, ils s’assirent face à face tous les deux, tout en gardant le silence.

« … Dis quelque chose bon sang, Shidou. »

« Aa… aaah… »

Il se gratta la joue et ouvrit sa bouche.

« Hey, Origami, pourquoi tu voulais sortir avec moi aujourd’hui… ? »

Lorsqu’il eut fini, Origami le fixa dans les yeux.

« Je ne vais pas te laisser seul aujourd’hui. »

« Eh… ? »

Les sourcils de Shidou se soudèrent ensemble. Mais Origami poursuivit sans y prêter attention.

« Après le rendez-vous, viens chez moi. »

« … ?! Pou, pourquoi… ? »

« Puis, je veux que tu y restes pendant un certain temps. »

« Eh… eeehhh ?! »

Shidou ne put s’empêcher de crier. Les clients autour d’eux semblaient choqués également, leurs yeux se tournèrent dans leur direction.

Mais, Shidou n’avait aucune pensée de libre pour y prêter attention.

« Co, cocococomment ça peut être, ce genre de… »

« Je suis sérieuse. »

« Eh, eeeeeeh… ? »

Les yeux de Shidou s’inondèrent, sans dire mot. Les yeux de Origami étaient réellement aussi sérieux que ses mots. Ce qui voulait dire que ce qu’elle venait de dire auparavant n’était absolument pas une blague.

A ce moment-là, les cieux lui prêtèrent réellement main-forte. La serveuse apporta la nourriture. Elle employa des mains expérimentées pour disposer les assiettes sur la table, expliqua les plats de façon simple et concise et les laissa après avoir posé l’addition sur la table.

« Pourquoi ne mangerions-nous pas avant, la nourriture va refroidir ! D’accord ?! »

Lorsque Shidou eut prononcé ces mots, Origami acquiesça avec un air d’entendement.

Bien que confus, il mit de la nourriture en bouche. Pour dire vrai, il ne pouvait guère goûter quoi que ce soit. Alors qu’il était sur le point de finir de manger, une alarme se fit entendre dans son oreille droite.

« Shidou, Tohka se sent très mal à l’aise actuellement. Retourne-y à l’instant. Ça ira puisque tu es préoccupé maintenant, pas vrai ? »

Il tapota l’oreillette pour approuver, puis il se leva.

« Nn, Origami ! Désolé, je dois aller aux toilettes un moment! »

Shidou prononça ces mots, puis il passa par les toilettes et quitta le restaurant.


Shidou montra le talon de son billet et entra, une fois de plus, à l’aquarium, il repéra ensuite la silhouette de Tohka près de l’entrée.

Ses sourcils formaient un '八' à cause de son malaise, elle regardait autour d’elle comme si elle essayait de chercher quelqu’un.

Quant à qui cela pouvait être, il n’y avait aucun doute possible. Ça ne pouvait être que Shidou.

« Tohka ! »

Shidou s’approcha d’elle et l’appela. L’expression maussade de Tohka s’illumina immédiatement.

« Shidou ! Es, est-ce que tu vas bien… ? »

« Oh… oo, comment dire… »

En disant ça, Shidou tapota son ventre avec un son de * Pa !*. Tohka poussa un profond soupir comme si elle était soulagée… Sans savoir pourquoi, il sentit que sa conscience serait accablée par la culpabilité.

A ce moment précis, l’estomac de Tohka poussa un *Guruguruguru*… un bruit adorable.

« Nu… nuuu. »

Tohka, embarrassée, baissa la tête. Shidou sourit amèrement. Elle avait probablement faim.

C’était néanmoins compréhensible, après tout, il était déjà l’heure de déjeuner.

« Tohka, il semblerait qu’on puisse utiliser les talons des billets pour entrer dans l’aquarium à nouveau, est-ce que tu veux aller manger quelque chose ? »

« Mu… Umu ! C’est super ! »

Lorsque Shidou eut achevé sa phrase, Tohka hocha de la tête vigoureusement.

« Bon, eh bien, qu’est-ce qu’on fait ? Tohka, est-ce qu’il y a quelque chose de particulier que tu as envie de manger ? »

« Nn, qu’est-ce que tu as envie de manger, Shidou ? »

« Eh ? Moi ? Si tu me le demandes… »

Shidou se frotta l’estomac. Puisqu’il venait à peine de manger, il n’avait pas faim du tout.

Néanmoins lorsqu’il avait prononcé ces mots, Tohka avait révélé une expression de malaise, une fois de plus.

« Shidou… est, est-ce que ton ventre te fait toujours mal… ? Il semblerait qu’on doive en parler à Kotori… »

« Uu… »

Même s’il ne savait pas vraiment pourquoi, il sentait bien qu’il devait avoir encore un second round de repas.


« Dé, désolé, je t’ai fait attendre… ! »

Après avoir mangé avec Tohka, Shidou était revenu dans le bâtiment où se trouvait Kurumi, il frottait son ventre plein alors qu’il parlait.

« Non. À part ça, est-ce que tu vas bien ? »

Demanda Kurumi tout en paraissant inquiète.

Pour information, dans sa main, elle tenait un sachet du magasin de lingerie.

« Aaah… Comment dire… N, ne me dis pas que tu as acheté ces sous-vêtements… ? »

« Nn… C’est parce que Shidou-san m’a dit qu’ils m’allaient bien. »

« … »

Shidou se sentit gêné alors qu’il grattait sa joue.

Alors qu’il tentait de changer de sujet, il regarda les alentours… C’était étrange pour Shidou de regarder à l’intérieur d’un magasin de sous-vêtements pour femmes.

« … M, maintenant que tu le mentionnes, où sont passées les trois filles… ? »

« Après que Shidou-san soit allé aux toilettes, elles sont parties. »

« Vrai, vraiment… »

Shidou soupira. Au moins sa vie semblait avoir été épargnée.

« Ah, elles ont laissé un message pour toi. C’est... ‘Itsuka-kun, demain, prépare-toi à souffrir’. »

« … »

Il reprit ses mots. Demain, il était fichu.

A ce moment-là, Kurumi prit la parole tout en observant l’expression de Shidou :

« Je disais, Shidou-san… »

« Nn… ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

Shidou secoua sa tête. Kurumi afficha un sourire innocent en prononçant une phrase qui le plongea dans le désespoir. « C’est bientôt l’heure de déjeuner, n’est-ce pas ? »

Partie 2[edit]

« Fu… ce Shidou-san. C’était supposé être un rendez-vous important, mais il semble affreusement occupé aujourd’hui. »

Assise sur un long banc dans le parc, Kurumi soupira légèrement.

Il était actuellement 15h30. Le nombre de fois où Shidou était parti aux toilettes s’élevait à trente.

Cela faisait cinq heures depuis le début du rendez-vous, mais le temps qu’ils avaient passé ensemble n’était seulement qu’un tiers de celui-ci.

« … Eh bien, c’est pas grave, je pense. »

Kurumi soutint son menton avec ses mains et se mit doucement à rire avec son habituel *Fufu*.

Après tout, ce n’était qu’un petit problème, une modalité, une question de temps. Car en fin de compte… Shidou sera sien, quoi qu’il arrive.

« Après tout, à la fin… Il sera quand même mien. »

Elle tapota légèrement sur sa joue avec son index et fredonna, sur un coup de tête, une chanson.

En fermant les yeux, le visage de Shidou s’imposa naturellement à son esprit.

Il était possible que ce sentiment fût ce que les humains appellent « amour ».

Pour le moment, elle se renseignait sur Shidou, qu’elle soit endormie ou debout, des questions le concernant apparaissaient dans son esprit.

Je veux en savoir plus sur lui.

Ses intérêts.

Ses pensées.

Son… goût.

« … Hehe. »

Le sourire de Kurumi s’intensifia, elle se leva et s’étira doucement.

Des fantasmes faisaient surface dans sa tête, son corps commença à devenir chaud, pour diverses raisons. C’est pourquoi, elle voulut boire quelque chose de froid.

Heureusement, il y avait un distributeur non loin. Puisque Shidou ne revenait pas depuis un certain temps, ça devrait aller si elle s’absentait seulement un instant. Kurumi marcha à travers le parc à petits pas.

… A ce moment-là.

« … ? »

Kurumi avait traversé le parc, elle avait atteint une ruelle paisible ainsi que le distributeur. Soudainement, ses sourcils se froncèrent.

Elle était de bonne humeur mais ses oreilles venaient d’entendre un bruit déplaisant.

« … »

Kurumi, sans rien dire, commença à marcher, elle s’arrêta dans une impasse à l’intérieur de la ruelle.

« … Ara ara. Qu’est-ce que vous faites donc ici ? »

Demanda-t-elle en ouvrant silencieusement ses yeux à moitié.

« … Hyi ? »

Les jeunes furent effrayés par la voix de Kurumi, ils se retournèrent.

Juste-là, il y avait quatre personnes. Ils avaient tous des pistolets… Mais, on était au Japon, il était plus que probable qu’il s’agissait de répliques… Ils faisaient face au fond de la ruelle.

Et, au plus profond de cette dernière, elle vit une ombre qui tremblait légèrement. C’était un chat. Un chaton qui venait de naître il n’y a pas si longtemps, il traînait ses pattes en criant *Mii…Miii…*.

A ce stade, Kurumi comprit. Ils étaient probablement en train de tester leurs répliques d’armes, c’était une façon simple de déstresser… Eh bien, il semblait qu’elle avait bien vu. Ses yeux rétrécirent.

« … C’est quoi le problème ? Est-ce que tu nous menaces ? »

« Hey, qu’est-ce que tu vas faire à propos de ça ? »

« Ah… Une fille ? »

Tout le monde remarqua la présence de Kurumi et la regardait de concert.

« Ah… Nous sommes vraiment désolés, cet endroit est déjà occupé. Va-t-en ! »

En disant cela, ils agitaient leurs mains comme s’ils essayaient de chasser Kurumi.

Néanmoins, elle entreprit un pas en avant et révéla un sourire plein de charme.

« Ara ara. S’il vous plait, ne dites pas ça ! J’ai quelques connaissances quant à l’utilisation de pistolets, vous savez ? Puis-je me joindre à vous ? »

« Aah… ? »

L’un des jeunes fixa Kurumi… et fronça ses sourcils.

Il semblait bien qu’il remarquât, enfin, qu’une rare beauté se tenait face à lui. Alors qu’il s’approcha de Kurumi, son visage afficha un regard intime.

« Ah… Qu’est-ce que… tu veux te joindre à nous ? »

« Nn. Absolument. »

« On ne peut pas refuser. Eh bien… »

« Ufufu, pas la peine de s’inquiéter… Cela dit, pourrions-nous changer légèrement les règles ? »

Les jeunes s’interrogèrent sur les paroles de Kurumi.

« Changer les règles ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« Rien de compliqué… Il s’agit juste d’un petit changement de cible, vous savez ? »

Un sourire dangereux se dévoila sur le visage de Kurumi.

Partie 3[edit]

« Muuu… Où est-ce qu’il est parti Shidou… ? »

Tohka sourcilla tout en regardant à gauche et à droite.

Une masse de gens se mouvaient autour d’elle, mais il n’y avait aucune trace de Shidou.

Puisqu’elle s’inquiétait à propos de ses disparitions, elle avait essayé de le suivre, mais, une fois entré dans un bâtiment isolé, la silhouette de Shidou avait soudainement disparue.

En effet, bien que c’était-là un rendez-vous exceptionnel, Shidou n’arrêtait pas de disparaître. Du coup, ils n’avaient pas passé beaucoup de temps ensemble.

« Muuu… »

Tohka était mécontente et se sentit mal à l’aise peu de temps après.

Être avec Shidou la rendait heureuse. Le simple fait de marcher ensemble, côte à côte, et de parler ensemble lui faisait perdre sa perception du temps.

Néanmoins… Non, c’était justement à cause de ça… Une fois que Shidou était parti, cette sensation de solitude était devenue si forte en elle.

A cet instant… probablement parce qu’elle était plongée trop profondément dans ses pensées, Tohka heurta une personne qui marchait devant elle.

« Nuoooo… ! »

Elle tomba à la renverse. Puis, elle se releva tout en tapotant son derrière.

« Dé, désolée. Je marchais trop vite. »

« Ça ira. Je ne faisais pas assez attention. »

Tohka s’excusa auprès de cette personne qui utilisa un ton monocorde dans sa réponse… Elle ne savait pas pourquoi, mais c’était comme si cette voix lui était familière.

Elle jeta un œil et ses sourcils se levèrent sous le coup de la surprise… Devant elle se trouvait le visage qu’elle avait le moins envie de voir.

« Tobi… Tobiichi Origami ?! »

« … Yatogami Tohka. »

Probablement qu’en cet instant, Origami réalisa la même chose. En même temps que Tohka l’avait appelée, elle avait répondu avec une pointe d’agacement dans sa voix.

« Pourquoi tu es dans un lieu comme celui-ci ? »

« C’est, c’est ma question ! Qu’est-ce que tu fais ici ? »

« Je ne suis pas obligée de répondre à tes questions. »

« Quo… »

Alors qu’elle allait se défendre, Tohka changea d’idée, ce n’était pas le moment ou l’endroit pour se disputer avec Origami.

« … Bon, oublie ça. Je suis très occupée pour le moment. Je n’ai pas de temps à perdre avec toi. »

« Bien. Je suis occupée aussi. »

« Hmph. A faire quelque chose qui ne peut pas être vu par les autres… ? »

« Je dois trouver Shidou. »

« …Quoi ? »

Le nom qui venait de sortir de la bouche de Origami fit sourciller Tohka.

« Attends. Shidou est en rendez-vous avec moi, pourquoi est-ce que tu t’en mêles ? »

« Ça n’a pas de sens. Aujourd’hui Shidou est en rendez-vous avec moi. »

« Qu, quoi ?! Arrête de mentir ! »

« Je ne mens pas. Toi, de ton côté, tu devrais arrêter avec ces délires irréalistes. »

« Je, je ne délires pas ! Aujourd’hui, nous sommes allés à l’aquarium ensemble ! »

« De quel genre de Shidou es-tu en train de parler ? D’un chien ou d’une poupée ? »

« Je parle bien sûr du Shidou humain ! »

« … »

Aussitôt que Tohka finit de parler, Origami afficha l’expression de quelqu’un réfléchissant à un problème… Peu après, elle leva la tête légèrement comme si elle avait remarqué quelque chose.

« Ne me dis pas… »

Sur ces mots, elle s’en alla et laissa derrière elle, Tohka.

« A, arrête-toi là ! Finis ta phrase ! Qu’est-ce qui se passe exactement ? »

Tohka, de son côté, poursuivit Origami.

Partie 4[edit]

« Haa… haa, haa… »

Shidou, avec un corps légèrement corrodé par la fatigue, arriva finalement au long banc dans le parc où il avait laissé Kurumi.

Bien que la distance entre eux ne fût pas si grande, Shidou avait dû courir une bonne trentaine de fois, de-ci de-là, entre Tohka, Kurumi et Origami. Son corps avait finalement atteint ses limites.

A ce stade, Shidou essuya sa sueur à l’aide de sa manche et sourcilla.

« Hein… ? »

« Quel est le problème, Shidou ? »

« Gah… Kurumi n’est pas là. »

En effet, sur le long banc, la silhouette de Kurumi était absente.

« Eh ? Attends une minute. Equipe de surveillance, une idée de la localisation de Kurumi ? »

« Um, l’image a été interrompue. Il y a probablement quelque chose qui cloche avec les caméras… »

« … Pourquoi est-ce que c’est arrivé ? »

Soudainement, au moment où Kotori acheva sa phrase…

« Commandant ! Il y a un faible signal d’émission Spirituelle dans le coin… ! »

Tout à coup, une autre voix appartenant à un des membres de l’équipage se fit entendre dans le microphone.

« Où ? »

« Tout près, dans une ruelle à la sortie est du parc ! Ce signal est… il n’y a pas d’erreur possible, c’est Tokisaki Kurumi ! »

« … ?! »

Shidou leva la tête alors que ses épaules sursautèrent, il regarda dans la direction de la sortie est du parc.

« …Hmmm. Il semblerait que quelque chose s’est passé. Shidou, va y jeter un œil ! »

« Aa, aaah…. ! »

Ravalant ses paroles menaçantes dans son estomac, Shidou commença à se déplacer à travers le parc.

Suivant les instructions du <Fraxinus>, il passa à côté d’un distributeur et continua jusqu’à une ruelle voisine.

Et là…

« …Haa ? »

A l’instant où il arrive à destination, ses yeux s’écarquillèrent sous le coup de la stupéfaction et il resta là debout sans bouger le moindre muscle.

Ce qu’il voyait, c’était un accablant cramoisi.

Les murs et le sol gris étaient aspergés d’une grande quantité de cramoisi.

En même temps, trois sortes d’objets tordus flottaient tel de petits îlots.

Face à cette situation bizarre, Shidou était incapable de comprendre instantanément ce qui se passait.

Non, cela ne prit pas un moment, mais plusieurs moments, plusieurs innombrables secondes.

Lorsque l’hypothèse se forma dans son esprit, son cerveau commença à rejeter la situation qu’il venait de saisir.

C’était parce qu’il ne pouvait absolument pas la comprendre.

Dans une telle rue, en plein milieu d’une journée ordinaire comme celle-ci.


… Quelqu’un était mort.


« U…waaaaaaaaa ?! »

Bien après, la réalité eut finalement raison du rejet de son cerveau.

Shidou poussa un hurlement.

« Shidou ! Calme-toi, Shidou ! »

La voix de Kotori vibrait sans son tympan, mais elle n’avait absolument aucun impact.

Au moment où son cerveau prit conscience de la scène devant lui, la puanteur âcre autour de lui assaillit ses narines, il ressentit involontairement l’envie de vomir. En vue de résister à la remontée de son pesant repas, il porta sa main à sa bouche.

« … ! Uuu… ! »

« …Ara ? »

Sa vision se leva en réponse à cette voix. Au milieu de cette mer de sang cramoisie se tenait une fille vêtue de noir.

Kurumi, vêtue de sa tenue astrale noire et cramoisie, tourna sa tête en direction de Shidou et dit :

« … Shidou-san. Tu es déjà arrivé ? »

Dans sa main gauche, elle tenait, -sorti d’on ne sait où,- un pistolet antique à l’allure complexe.

En cet instant, Shidou réalisa autre chose.

A l’intérieur de la ruelle, un homme était agenouillé au sol et tremblait.

Un très jeune homme. Pour diverses raisons, sur son ventre étaient peints avec du sang trois cercles, comme s’il était une cible.

« Hyii…Hyii… »

L’homme poussa un petit soupir comme s’il était sur son lit de mort et porta son regard sur Shidou.

« Ai… Aide…moi ! … Cette personne est… un monstre… ! »

« Ara ara. »

Kurumi tourna son visage vers l’homme une fois de plus et le visa avec le pistolet qu’elle tenait en main.

« Kurumi… qu’est-ce que tu… ? »

Shidou s’exprima de manière confuse alors que Kurumi commença à ricaner.

Ce n’était pas l’habituel rire adorable. C’était un rire qui provoquait chez autrui un grincement de dent et du malheur.

« Tu avais l’intention de tuer quelqu’un, mais tu ne pensais pas que tu pourrais être tué en retour, tu ne trouves pas ça étrange ? Pointer le canon d’un pistolet sur une vie, n’est-ce pas ainsi ? »

« … Arrête… »

Alors que l’homme s’exprima sur un ton épuisé, Kurumi appuya la détente sans aucune hésitation.

Immédiatement, une balle noir comme si elle était faite d’ombre solidifiée sortit du canon, traça une trajectoire en ligne droite et perfora la cible dessinée sur l’estomac de l’homme en plein centre.

« Iguu… »

Le corps de l’homme tressaillit. Peu après, aucun bruit ne se fit plus entendre.

« 100 points, je dirais. »

Kurumi poussa un petit soupir et jeta le pistolet. Suite à quoi, ce dernier disparut dans l’ombre de cette dernière.

« Je t’ai fait attendre, Shidou-san. Je t’ai fait voir une scène si embarrassante. »

Kurumi tourna sa tête en direction de Shidou.

« …dou ! Shidou ! Cours ! Maintenant ! »

Shidou, à cet instant, prit enfin conscience des cris répétés de Kotori à travers le communicateur. A peine capable de tenir debout, il essaya de forcer ses jambes tremblantes à quitter le lieu.

Néanmoins…

« Ufufu, c’est… inutile, tu sais. »

« Uwa… ?! »

La voix de Kurumi s’éleva derrière lui, alors que ses jambes furent soudainement saisies et qu’il tomba dos au ciel. Puisque c’était trop soudain, sa tête heurta violemment le sol.

« … »

Ses yeux ne voyaient plus que des étoiles alors qu’une douleur sourde déforma involontairement ses traits, mais ce n’était pas le moment de prêter attention à ce genre de détails.

Il devait s’enfuir… Néanmoins, quelque chose semblait s’être accroché à sa jambe droite, il ne pouvait même plus bouger un muscle. Des mains blanches s’extirpaient de l’ombre de Kurumi et s’agrippaient violemment à la jambe de Shidou.

« Qu, qu’est-ce…que c’est… ? »

Shidou renversa son corps et essaya hâtivement de se débarrasser de ses entraves. Néanmoins, ses jambes était saisies avec une force inimaginable, il n’y avait aucune façon de leur échapper.

En même temps, Kurumi s’approcha lentement vers lui.

« Fufu, je t’ai attrapé. »

Tout en disant cela, elle afficha un petit sourire, s’accroupit et se rapprocha comme si elle voulait s’appuyer sur lui.

« … »

Son cœur était endolori comme si on venait de le lui arracher. Mais, ce n’était pas en raison de sa beauté et de actions audacieuses… C’était uniquement à cause de la peur.

En effet, actuellement, Shidou… était effrayé par Kurumi, effrayé par les Esprits.

La calamité qui détruit le monde. L’ennemi naturel des humains.

Des phrases qui avait été répétées un certain nombre de fois auparavant.

Des mots que Origami avait répétés jusqu’à provoquer des nausées.

Mais, ces premières expériences, accompagnées par l’odeur autour de lui, envahissaient son cerveau.

« …Aah, aah, quel échec ! J’aurais dû en finir avec eux plus tôt… Je pensais profiter de mon rendez-vous avec Shidou-san un peu plus longtemps. »

Kurumi saisit les joues de Shidou avec ses deux mains.

« … »

Je veux courir. Je veux crier.

Mais, c’était impossible. Ses jambes s’étaient contractées et sa gorge laissa échapper des soupirs irréguliers.

Kurumi se rapprocha de la joue de Shidou.

Au lieu de tenter de lui porter un baiser, elle essayait bien plus de lui mordre la gorge, pourrait-on dire…

« …Eh… ? »

A cet instant, exactement à ce moment-là, la gorge de Shidou émit finalement un son.

Au moment où les lèvres de Kurumi allaient entrer en contact avec celles de Shidou, une étrange sensation enveloppa son corps.

Une sensation qu’il n’avait jamais éprouvé auparavant. C’était comme si l’air autour de lui s’était changé en un fluide extrêmement visqueux, comme si cette sensation avait un esprit qui lui était propre, une bien étrange impression.

Ensuite.

« …Sss. »

Après cette courte exclamation, le corps de Kurumi fut projeté en arrière.

Ce corps mince heurta le mur de béton, mur où on vit apparaître de petites craquelures.

« Quo… »

Shidou ne pouvait pas comprendre ce qui se passait, il ouvrait grand ses yeux sous l’effet de la confusion. Que diable, à l’instant…

« … Est-ce que tu vas bien, Nii-sama ? »

Alors qu’il était en plein dans ses pensées, c’est une telle voix qui arriva à ses tympans.

« Haa… ? »

Shidou leva sa tête tout en émettant ce son stupide.

Sans savoir quand elle était arrivée, Mana, qui portait sa CR-Unit, se tenait-là, son dos face à Shidou comme si elle l’avait protégé. L’équipement sur ses épaules était à la fois semblables à des boucliers, mais également à des ailes. C’était le même genre que Shidou avait vu la veille sur la vidéo.

« Ma…na… »

La voix de Shidou était enrouée alors qu’il prononça ce nom. En même temps, Mana se tourna vers lui et acquiesça.

« C’était tout juste. Est-ce qu’il t’est arrivé quelque chose de grave ? »

« Aa, aaah… »

Stupéfait, il émit ce son. Probablement que Mana interpréta mal sa réaction, elle regarda sa tenue et se gratta l’arrière de la tête avec mécontentement.

« Aaah… tu es effrayé, n’est-ce pas ? Comment t’expliquer… ? C’est une longue histoire. »

A cet instant, des bruits de fragments de béton tombant au sol provinrent de devant elle.

« … Eh bien, nous reparlerons de tout ça plus tard. »

Alors qu’elle venait de finir sa phrase, Kurumi se releva lentement et elle ouvrit sa bouche pour dire :

« Ara, ara… Interrompre le rendez-vous entre Shidou-san et moi, n’est-ce pas complétement impoli de ta part ? »

« Tu es bruyante. Et toi alors, qui lorgne sur mon Nii-sama… ? »

« Mana-san et Shidou-san sont frères et sœurs ? »

« …Hmph, ça ne te concerne pas. »

Mana acheva sur ces mots et tourna sa tête. En réponse à ceux-ci, l’équipement sur ses épaules commença à se transformer sur les extrémités, les parties de devant se divisèrent en cinq, exactement comme une main humaine.

Ensuite, une lueur vert clair brilla aux extrémités de ces dix parties.

« Dépêchons-nous et finissons-en, <Nightmare>. »

Sur ces mots, Mana claqua des doigts. Les parties mécaniques sur ses épaules commencèrent à dégager de la lumière désordonnée qui frappa Kurumi.

C’était quelque chose qui ne dura qu’un seul instant. Néanmoins, Kurumi entortilla son corps et esquiva gracieusement les rayons de lumière.

« Ufufu, c’était périlleux. »

« …Tch. »

Mana avait fait doucement claquer sa langue et avait bougé légèrement ses doigts.

Suite à quoi, les rayons que Kurumi venait d’esquiver changèrent de trajectoire et revinrent vers elle.

« Gyu… »

Il semblait qu’elle ne fut pas capable de les esquiver cette fois. Ses deux jambes et son ventre furent transpercer par la lumière, Kurumi poussa un étrange cri de douleur et s’écroula sur place. De son corps, du sang cramoisi s’écoula lentement sur le sol.

« … »

Face à un spectacle si brutal, Shidou ne put rien faire d’autre que figer son expression.

« C’était sûrement chose facile…pour un monstre. »

Néanmoins, l’expression de Mana ne changea pas, elle leva lentement sa main droite. Ensuite, les parties, qui ressemblaient à des mains, se transformèrent encore pour prendre la forme d’un bouclier alors qu’une épée de lumière émergea de la pointe de ce dernier.

« … »

Shidou retint son souffle.

Il reconnut cette forme. Sur la vidéo, c’était l’épée que Mana avait utilisée pour tuer Kurumi.

« Ma…na… ! »

Shidou ne put s’empêcher de s’écrier de la sorte.

« Y’a-t-il un problème ? Je vais me débarrasser d’elle dans une seconde, attends un instant, s’il te plait. »

« Non… Ne le fais pas ! Tuer, c’est quelque chose de… ! »

S’exprima Shidou. Mana ouvrit grand les yeux comme si elle venait d’entendre quelque chose d’incroyable.

Néanmoins, elle referma rapidement ses paupières et secoua sa tête.

« … Ça veut dire que cette fille a utilisé une identité humaine pour s’infiltrer dans la classe de Nii-sama… Nii-sama, même si je ne peux pas t’expliquer les détails, c’est mieux que tu l’oublies. Elle n’est pas humaine. Elle est une forme d’existence qui ne doit pas être autorisée à vivre. »

En prononçant ces mots, elle commença à marcher vers Kurumi qui était toujours étendue au sol.

« … ! Ce n’est pas le problème ! Arrête ! Ne le fais pas… ! »

Supplia Shidou. Kurumi laissa échapper un bref soupir de sa bouche alors qu’elle s’exprima d’une voix faible.

« …Fu, fu… Vraiment, Shidou-san, tu es une personne vraiment gentille…huh… »

… L’épée de Mana s’abattit sur elle.

*Shuu*, après ce son dérangeant, Kurumi ne bougea plus.

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« Huu. »

Mana agita légèrement sa main droite et, accompagnant cette action, l’équipement dans sa main revint à sa place initiale, sur son épaule.

« Pour…quoi ? »

Shidou regarda le dos de Mana et demanda d’une voix tremblante.

Mana soupira brièvement, se tourna en direction de Shidou et s’avança vers lui. En même temps, l’équipement de combat sur corps dégagea une faible lueur et, en un instant, il reprit la forme de ses vêtements normaux.

« La mort de quelqu’un que tu connais est choquante, mais, Nii-sama, si je n’avais pas tué cette fille, elle aurait très bien pu te tuer. »

« … »

Lorsqu’elle eut achevé sa phrase, Shidou ne put répondre.

« Même si dire ceci semble un peu impoli… S’il te plait, crois que ce qui vient de se passer aujourd’hui n’était qu’un cauchemar et oublie-le totalement. Il n’y a pas lieu de se sentir blesser par la mort de cette fille. Sa mort est indispensable, elle est une chose sans importance pour la création. »

Face aux mots de Mana, Shidou ne put rien faire d’autre que de serrer fermement ses poings.

« Je connais la position de l’AST… ! Je sais également que je dois être reconnaissant d’avoir été sauvé par quelqu’un ! Mais… Mais, appelé les Esprits comme ça… »

Mana fronça des sourcils.

« Nii-sama, comment es-tu au courant pour tout ça ? »

Les sourcils de Shidou se levèrent. Maintenant qu’elle le mentionnait, Mana n’était pas au courant qu’il savait pour les Esprits et l’AST.

Néanmoins, après quelques secondes, elle attrapa ses coudes comme si elle réalisait quelque chose.

« … Ce doit être Sergent-Chef Tobiichi qui l’a fait. Après tout, elle… prête très attention à Nii-sama. »

Mana poussa un soupir d’impuissance et, une fois de plus, se concentra sur Shidou.

« Eh bien, oublie-ça, ça sera bien plus simple. Même si je ne sais pas comment tu as été mis au courant, mais c’est ainsi. » Ajouta Mana sans une once de regret.

Shidou scruta Mana, il ressentit sans aucune raison une peur étrange.

« Comment… peux-tu rester aussi calme. Tu viens juste de… une personne. »

Il avait probablement hésité à dire ce genre de choses, sa gorge était endolorie. Mais, il était parvenu à les faire sortir.

« Tu viens juste de… d’assassiner quelqu’un…n’est-ce pas… ? »

« Pas un humain, un Esprit. »

« Malgré tout… ! Pourquoi es-tu toujours si calme… ? »

« Parce que j’y suis habituée. »

« … »

Lorsque Mana prononça ces mots, sa voix était extrêmement froide, Shidou retint son souffle.

« <Nightmare>… Tokisaki Kurumi, même parmi les Esprits, elle est considérée spéciale. »

« Spéciale ? »

Mana répondit tout en hochant la tête :

« Nnn. ».

Puis :

« Elle est intuable, tu sais ? Peu importe le nombre de fois où tu la tues, peu importe la manière employée, cette fille s’en sortira, elle réapparaîtra sûrement provenant de nulle part et, une fois de plus, elle tuera des gens. »

« … ?! Quel, quel genre de… »

Lorsqu’il s’exprima de la sorte… il réalisa soudainement le sens derrière cette explication. C’était la même chose que ce qu’il avait vu sur la vidéo de la veille.

« C’est exactement comme je te l’ai dit. Si tu veux une explication plus détaillé, je serais dans l’embarras également. »

Mana soupira légèrement et leva son menton.

Cette expression, c’était comme si elle avait vieilli… Elle parut extrêmement fatiguée.

« … Donc, je continuerai de tuer. Cette fille. <Nightmare>. Tokisaki Kurumi. Je continuerai de la tuer, peu importe le nombre de fois que ça prendra. »

Mana avait poursuivi avec de la fatigue mêlée à sa voix. L’expression de Shidou se déforma.

« Ce n’est pas vrai… ! »

« Eh ? »

« Ce… ce n’est pas une question d’être habituée à ça. Ton cœur… ne ferait que se flétrir ! »

Lorsque Shidou eut formulé ces mots, Mana sourcilla légèrement.

« Qu’est-ce… que tu racontes, Nii-sama ? »

« Ça suffit, arrête, Mana… tu es ma sœur, pas vrai… ? Alors juste une fois, ça suffit. S’il te plait, fais comme ce que je te dis… »

La voix qui sortit de la gorge de Shidou avait des airs de prière.

Ce n’était pas un délire. Un cœur qui est tourmenté s’amoindrira constamment… et si cela se poursuivait, jusqu’au stade irréparable, il se briserait.

… Lorsque Shidou fut abandonné par sa mère, il était presque devenu comme ça.

… Lorsque Tohka avait senti les pulsions de violence et de meurtres des humains dirigées vers elle, elle aussi était presque devenue comme de la sorte.

« … Pardonne-moi de ne pas être capable de te servir, Nii-sama. »

Mana répondit avec un sarcasme dirigé vers elle-même.

« Aussi longtemps que <Nightmare> continuera de revivre et de massacrer des humains, je devrais lui prendre sa tête. Sinon, elle continuera de tuer encore plus de gens… Mis à part moi, personne n’est capable de faire une telle chose. »

« … »

… Tu as tort… Il n’y a pas que cette solution-là.

Néanmoins, avant que Shidou ait pu formuler cela, Mana tourna son visage du côté de l’espèce de main droite.

« …Nn, Nii-sama. Ce sera tout pour aujourd’hui. »

« Qu… Il y a beaucoup d’autres choses que je dois te dire. »

« Les renforts sont en train d’arriver. Si Nii-sama continue de rester ici, les choses deviendront pénibles. »

Mana força à moitié Shidou à se retourner et le poussa par derrière.

« Mana, tu… »

« Tu n’écoutes toujours pas, n’est-ce pas ? »

Mana sourit amèrement alors qu’elle leva son doigt, le corps de Shidou flotta dans les airs.

« Quoi… C’est… »

En effet. C’était le Territory Personnel généré par l’Unité Realizer de l’AST.

Mana avait étendu son Territory sans déployer son CR-Unit.

« Nous nous reverrons. Cette fois, le temps n’est pas de notre côté. »

« Atten… »

Le corps de Shidou s’envola hors de la ruelle alors qu’il était en plein milieu de sa phrase… et il atterrit en douceur au sol.

« … »

Ce n’était pas important si les membres de l’AST arrivaient, Shidou retourna rapidement dans la ruelle.

Néanmoins, ce fut impossible. L’entrée de cette dernière était bloquée par un mur invisible, il était impossible de poursuivre plus loin. Ça devait être l’œuvre de Mana.

« …Tch… »

Shidou s’agenouilla et frappa le sol avec suffisamment de force pour que son poing saignât.


« …Aah. »

Mana, qui avait déplacé Shidou hors de la ruelle, recoiffait ses cheveux défaits.

Il semblait qu’elle avait dit beaucoup de choses inutiles.

Mais… pourquoi ? Parce qu’elle voulait que Shidou écoute.

« Ce genre de choses, c’est supposé être mon travail. »

Dit-elle en regardant le corps de <Nightmare> qui gisait pitoyablement dans cette ruelle… le corps de Tokisaki Kurumi.

A cet instant… sorti de nulle part, un chaton apparut tout en traînant sa patte arrière et il se dirigea vers le corps de Kurumi.

Intriguée, Mana s’accroupit et lui caressa la tête. Le chaton eut un petit *Nya*.

« Hey, si tu traînes dans un lieu comme celui-ci, tu vas être plein de sang, tu sais ? »

Tout en disant cela, elle ramassa le chaton. Après quoi, elle regarda une fois encore le corps de Kurumi.

« … Pourquoi, huh ? »

Ses lèvres répétaient les paroles de Shidou.

Maintenant qu’il l’avait mentionné, pourquoi… est-ce que Mana voulait sans cesse poursuivre et tuer Kurumi ?

Kurumi était le plus brutal des Esprits, celui qui tuait les gens. Quant à elle, elle avait un excellent potentiel d’utilisation de CR-Unit. C’est pourquoi, Mana avait intensifié l’utilisation de son pouvoir, afin de pouvoir apporter la joie aux gens. Ça devait… probablement… être pour ça.

« … »

A cause de la soudaine douleur dans sa tête, son expression se tordit. Sa mémoire devenait brumeuse, elle ne pouvait pas s’en rappeler correctement.

Elle secoua doucement sa tête, comme si elle essayait de se défaire de sa douleur. A cet instant…

« Nn ? »

Mana aperçut quelque chose d’étrange au sol. Cette chose était près de l’endroit où Shidou avait été attaqué par Kurumi, quelque chose de similaire à une petite machine se trouvait-là.

Avec dextérité, elle l’attrapa et le scruta.

« Il s’agit d’un communicateur… pas vrai ? »

En effet, c’était exactement comme un petit communicateur qu’on pouvait mettre dans son oreille.

« Pourquoi est-ce que ce genre de chose… »

Mana pencha sa tête et, inconsciemment, rapprocha son oreille droite. Et donc…

« …Shidou ! Réponds-moi, Shidou ! Le <Fraxinus> va te récupérer ! Dépêche-toi et rends-toi dans un autre lieu ! »

« … ? »

Dans le communicateur, une voix familière appelait le frère de Mana.

Partie 5[edit]

Shidou, tremblotant, retourna au long banc dans le parc et s’assit mollement dessus.

« … »

Dans sa tête, la scène, à laquelle il venait d’assister, se rejouait d’elle-même.

Kurumi avait tué des humains et Mana, pour sa part, avait tué Kurumi.

Shidou le comprenait intérieurement, dans son cœur. En poussant à l’extrême…Tohka et Origami avaient le même genre de relation.

Néanmoins, Tohka ne le faisait pas exprès et Origami n’avait pas la capacité d’éliminer des Esprits.

Au cours de ces deux mois, Tohka s’était habituée au monde des humains, mais elle ne pouvait toujours pas se relâcher.

C’était juste une pensée, mais si la balance était rompue, la reconstitution d’une scène identique à celle d’auparavant était plus que probable.

Une Tohka qui aurait des intentions de meurtre et une Origami qui disposerait du pouvoir de tuer des Esprits.

Kurumi et Mana… elles étaient tout simplement comme le pire scénario d’une Tohka et d’une Origami.

« Quelle est cette… Ce genre de chose… »

Il était complétement incapable de comprendre.

Pourquoi est-ce que Kurumi tuerait des humains aussi aisément ?

Pourquoi, est-ce que Mana tuerait Kurumi si facilement ?

Il était trop naïf. Même s’il avait dit que c’était dangereux, il pensait encore, au fond de lui-même, que les « Esprits doivent tous être de bonnes personnes comme Tohka et Yoshino ». Au final, il avait eu l’arrogante présomption que l’AST était incapable de tuer les Esprits…

Après cela…

« Shidou ! »

Une voix familière l’appela, il releva rapidement sa tête.

Tohka courait en direction de Shidou. C’était probablement parce qu’il n’était pas revenu. Du coup, elle l’avait recherché. Derrière elle se trouvait la silhouette de Origami. Il semblait qu’elle s’était rencontrée en cours de route.

« Shidou, où est-ce que tu étais ?! »

« … Qu’est-ce que c’est exactement que ça ? »

Tohka et Origami, qui venaient d’arriver devant Shidou, dirigèrent leurs voix mécontentes vers lui.

Mais, l’actuel Shidou n’avait plus aucune raison de s’excuser.

« …Désolé. »

Une excuse qui sortit de sa gorge et qui retomba, une fois de plus, dans le silence.

« …Shidou ? »

« Il y a quelque chose qui ne va pas ? »

Elles le trouvèrent probablement étrange, Tohka et Origami scrutèrent son expression toutes deux avec des regards inquiets.

« ! Shidou ! Tu n’es pas blessé, n’est-ce pas ? »

A ce moment-là, Tohka prit la main de celui-ci.

A cause du soudain enchaînement des évènements, cela lui était sorti de la tête, il avait une éraflure dans la paume de sa main. Elle avait probablement dû se produire suite à sa chute lorsque sa jambe droite avait été saisie.

Néanmoins, au moment où sa main fut touchée par Tohka, la scène de Kurumi teinte de sang lui revint à l’esprit…

« Hyi… »

Sa gorge émit un son comme s’il avait des difficultés à respirer, tout en repoussant la main de Tohka.

« Eh…ah, Shidou… ? »

Tohka regarda confusément sa main et Shidou, l’un après l’autre.

« D, désolé… est-ce que je t’ai fait mal ? »

« … Je suis…désolé. »

Shidou baissa lentement sa tête et employa sa main tremblante pour saisir son autre main.

Tohka était évidemment inquiète pour lui et, repoussée de la sorte, elle eut envie de pleurer.

« Désolé… je suis vraiment désolé. »

« Tu, tu n’as pas besoin de garder ça pour toi. Dis-nous simplement ce qui t’es arrivé… ? »

« … Je suis désolé… »

Sur ce genre de mots, Shidou se leva et s’enfuit.

« Shi, Shidou ?! »

« Où est-ce que tu… »

Les voix de Tohka et Origami se firent entendre derrière lui. Néanmoins, Shidou ne s’arrêta pas.

Elles ne le poursuivirent pas.

Après quoi… après avoir couru quelques temps.

Lorsqu’il arriva dans une rue vide, Shidou fut englobé par une étrange sensation de flottement.

« … C’est… »

Il se souvint à peine que c’était-là le système de transfert du <Fraxinus>.

Exactement comme il l’avait prévu, en un instant, la vision de Shidou passa d’un coin isolé du parc à l’intérieur du <Fraxinus>.

« … C’est bon de voir que tu vas bien. »

A ce moment-là, une voix retentit derrière lui. Kotori en uniforme militaire bordeaux se tenait là avec une expression complexe.

« … Kotori. »

« Tu es finalement arrivé au point de transfert. Je t’ai crié dessus tellement de fois. »

Alors qu’elle acheva sa phrase, Shidou porta sa main à son oreille droite, ses yeux s’écarquillèrent.

« … Le communicateur, il n’est plus là. »

En effet, le communicateur qui se trouvait dans son oreille droite tout au long de la mission n’était plus là. Il avait dû le laisser tomber quelque part… Il ne l’avait pas réalisé jusqu’à présent.

« Est-ce qu’il est tombé ? Depuis quand ? »

« … Désolé, je ne suis pas trop sûr moi-même. »

Suite à sa réponse, Kotori hocha légèrement de la tête et appuya son menton sur sa main.

« … Si tu y penses bien, ça doit être au moment où Kurumi t’a attaqué, n’est-ce pas… ? Du coup, cette voix à l’instant… »

« Il s’est passé quelque chose… ? »

Demanda Shidou, mais Kotori soupira légèrement et secoua sa tête.

« C’est rien… Mis à part ça, tes blessures doivent être observées. Dépêche-toi et va-y. »

« … Aaah… mais, Tohka et Origami… »

« Pour Tohka, le <Fraxinus> va la récupérer et lui donner une version simple de ce qui vient de se passer. Pour Tobiichi Origami… Eh bien, ce serait mieux que tu la laisses seule. Fais-toi simplement pardonner demain à l’école. »

« Vraiment… »

Répondit faiblement Shidou tout en la suivant.

A mi-chemin, il prit la parole alors qu’il était toujours derrière elle.

« …Hey. »

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Je… Ce que nous avons fait tout ça, c’est vraiment correct… ? »

Dans le couloir, les pas de Kotori s’arrêtèrent, elle se tourna vers lui.

« Qu’est-ce que c’est supposé vouloir dire ? »

« … Je suis… C’est parce que je suis incapable de pardonner… l’incapacité des Esprits à contrôler de manière consciente l’apparition des déchirures spatiales et parce qu’ils se font attaqués par les humains sans aucune raison, c’est la raison pour laquelle je vous aide. »

« … Nn, c’est vrai. »

« Mais… Kurumi, elle… »

Elle a tué quelqu’un. Non pas à cause d’une déchirure spatiale, mais de ses propres mains, en utilisant sa propre volonté.

Face à cela, il ne pouvait que se sentir misérable et effrayé.

« De quoi est-ce que tu parles ? »

« De mon point de vue, c’est…impossible… »

Finalement… Shidou laissa échapper cette phrase.

« Ça a été facile jusqu’à maintenant, puisque Tohka et Yoshino sont de bonnes personnes… Finalement… je n’ai pas vraiment fait grand… »

A ce stade, il s’interrompit… Plus précisément, il fut arrêté de force.

Kotori attrapa son col et, remarquablement, lui donna une gifle.

« Eh, ah… »

« … Ne dis pas des mots inutiles si facilement… »

Il resta abasourdi. Kotori avait prononcé ces mots avec une expression amère. Ou alors, ce pouvait être l’expression de quelqu’un au bord des larmes… Actuellement, il ne pouvait pas vraiment faire la différence.

« De mon point de vue ? Impossible… ? Hmph, ne te plains pas à cause de quelque chose de ce genre-là ! Tu n’es vraiment plus aussi résolu qu’avant… ?! »

« Qu’est-ce que c’est ce genre de… ? »

Il ne pouvait absolument pas comprendre ces mots, il tenait son visage alors qu’il posa cette question.

Néanmoins, Kotori ne répondit pas, elle agrippa le torse de Shidou et poursuivit.

« Tu… tu n’as donc pas le courage d’affronter des Esprits encore plus terrifiants ? Sauve-les pour me le prouver ! Ne me dis pas si facilement que tu ne peux pas le faire ! Si tu abandonnes maintenant, Kurumi tuera encore plus de gens. Mana continuera de faire ça à Kurumi… et son cœur continuera de se flétrir... ! Mis à part toi… il n’y a personne d’autre qui peut arrêter ça… »

« … »

Lorsqu’elle eut fini, Shidou avala vigoureusement sa salive.

Les « Esprits encore plus terrifiants » que mentionnait Kotori ne se référaient pas à Tohka et Yoshino, il le savait très bien… mais la dernière moitié de ces mots sombraient d’eux-mêmes au plus profond de son esprit.

En effet, Kurumi massacrant des humains, bien qu’elle fût immortelle, et Mana continuant de la tuer...

Comme l’avait dit cette dernière, depuis bien longtemps, c’était quelque chose qui se répétait.

Et il y a de fortes chances que…cela continue en boucle. Aussi longtemps que Kurumi possèderait ses pouvoirs Spirituels.

Et, la seule personne capable de les sceller n’était autre que Shidou.

« … »

Shidou, sans mot dire, retint son front.

Je ne veux définitivement pas que Kurumi continue de massacrer des humains.

Et… je ne veux également plus que Mana continue de tuer Kurumi.

Ces deux-là étaient véritables, les vrais sentiments de Shidou. Et la méthode pour atteindre un tel objectif…était claire depuis le début.

« … En effet. »

En même temps que ces mots, il s’avança en tremblant.

« Ah, attends… ! »

Suite à quoi, Kotori le suivit avec une expression paniquée.

« … En vue d’empêcher Kurumi de tuer encore plus de gens, il n’y a pas d’autre choix que celui de sceller ses pouvoirs. Et pour empêcher Mana de la tuer, une fois de plus… il n’y a personne d’autre que moi. Es-tu satisfaite ? »

« …Nn. »

Sans savoir pourquoi, la voix de Kotori portait en elle une once d’incertitude.

Partie 6[edit]

Cette nuit-là. Shidou était couché sur le sofa du salon et réfléchissait.

« … »

Il leva sa tête pour regarder la lumière fluorescente qui était installée au plafond et poussa un long soupir.

Demain, Kurumi viendrait à nouveau à l’école.

Lorsque cela arrivera, la mission se poursuivra.

Pour accroître ses sentiments envers lui, pour l’embrasser et sceller ses pouvoirs.

Puis, tout serait résolu.

Kurumi ne tuera plus personne et, naturellement, Mana arrêterait également de la tuer.

C’était ce que Shidou espérait, la seule méthode qui mènerait à cet happy end pour tous, il n’y en a qu’une… Juste, une.

« … »

Son corps tout entier se sentait pesant, comme s’il portait quelque chose de lourd. Il expira de manière déprimante.

A cet instant, dans la direction du couloir, il entendit le bruit de la porte d’entrée en train d’être ouverte.

« Nn… ? »

Il se leva avec lassitude et regarda en direction de l’entrée du salon.

Si quelqu’un était entré sans sonner ou sans s’annoncer… ce devait être Kotori. Néanmoins, elle avait mentionné la veille, qu’afin de travailler, elle resterait à bord du vaisseau. Dans ce cas… qui était-ce ?

Il ouvrit la porte avec ce genre d’interrogation, Tohka s’avança timidement.

« Tohka… ? »

« … Nn. Je peux entrer ? »

Il y avait un mauvais enchaînement d’évènements puisqu’elle était entrée avant d’avoir demandé… Néanmoins, nous pouvons ignorer les petits détails pour le moment.

« Oo, oh, bien sûr. »

Tohka acquiesça légèrement alors qu’elle entra dans le salon et qu’elle s’avança en direction de lui.

« Shidou… ça ira si je te touche ? »

Tohka, qui se rendit aux côtés de Shidou et posa une telle question. Peut-être était-elle encore affectée par l’accident dans le parc où Shidou avait frappé sa main.

« Aa… aaah, c’est bon. »

Lorsqu’il eut achevé sa phrase, Tohka monta sur le canapé et se mit entre le canapé et Shidou.

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« Qu’est-ce que tu fais… ? »

« C’est bon, arrête de parler pendant un moment. »

Sur ces mots, Tohka enveloppa ses bras autour du corps de celui-ci et l’étreignit fermement par derrière.

« Toh, Tohka ? Qu, qu’est-ce que tu… »

Demanda Shidou en transpirant alors qu’il sentait cette douce sensation dans son dos.

« … Nn. La télévision a dit que lorsque quelqu’un est seul ou effrayé, il irait mieux si je fais ça. »

« … Laisse-moi te demander quelle émission c’était exactement ? »

« ‘Etre avec Maman’… Celle-là. »

C’était une émission pour enfant, quoi qu’on en dise. Shidou ne put s’empêcher de sourire amèrement.

Mais, elle avait raison. Shidou se sentait, effectivement, légèrement plus calme.

Pendant combien de temps va-t-elle m’enlacer… ?

Soudain, Tohka prit la parole.

« … J’ai entendu parler de l’incident, par Reine. »

« Incident… »

« Celui à propos de Kurumi et Mana. La raison pour laquelle Shidou agissait bizarrement… je l’ai apprise. »

« … Vraiment ? »

Shidou avait engloutit et avait répondu de la sorte.

Normalement, Reine ne lui en aurait pas trop dit concernant l’incident entre les Esprits et l’AST… Ça devait être ça… Si elle ne lui avait rien dit, son état mental aurait à nouveau sombré dans la tourmente.

« Shidou. Tu te souviens encore ce que tu as dit lorsque j’ai emménagé dans ta maison… ? »

« Eh… ? »

Répondit Shidou en guise de réponse. Tohka pousuivit.

« Si un Esprit comme moi apparaissait… tu le sauverais. »

« Aaahh… »

Shidou acquiesça légèrement. Cette phrase, il s’en souvenait encore clairement.

En effet, Shidou avait promis. A cette époque, il n’avait pas menti, mais sa détermination n’avait pas été secouée jusqu’à présent.

« Mais, Kurumi, elle… »

« … n’est pas différente, elle et moi. »

« Eh ? »

Tohka appuya sa tête contre le dos de Shidou.

« … Dans mon cas, il y avait Shidou. Tu m’as sauvée. Mais, Kurumi, elle n’avait personne. Pendant tout ce temps, sur une durée plus longue que la mienne, personne ne lui a tendu une main secourable.»

Comme si elle était endolorie, Tohka mit plus de force dans ses bras.

« Si ça n’avait pas été grâce à toi, j’aurais encore été dans le même état qu’il y a deux mois, toujours exposée aux intentions meurtrières et à l’hostilité… Je serais probablement comme Kurumi maintenant. »

« Ce genre de… »

Sur ces mots, Shidou resta sans voix.

Deux mois auparavant, Tohka, qui avait d’abord rencontré Shidou, avait été dans un tel désespoir que nul n’aurait pas pu le deviner en la regardant maintenant. Elle en avait eu assez de ces combats incessants, elle avait été fatiguée et condamnée, probablement qu’elle avait dû faire face à son for intérieur.

Ce genre de désespoir… Si quelqu’un d’autre que Shidou avait dû le délier, il n’aurait eu aucun effet.

« Vraiment… si Kurumi est un Esprit brutal au-delà de toute rédemption, je te protégerai, Shidou. »

« Eh… ? »

« Donc…Shidou. Je t’en prie. Ne laisse pas un tel incident se produire à nouveau. Fais que Kurumi arrête de tuer des humains. Empêche son âme de s’assombrir… »

« … »

Sur ces mots, Shidou engloutit.

Aaah, il comprit enfin.

Il avait tellement détesté les actions de Kurumi.

Quant à Mana, elle ne pardonnerait jamais les massacres de celle-ci.

En vue d’arrêter ce cercle vicieux, d’arrêter Kurumi, sa détermination se renforça.

Néanmoins, il manquait toujours un élément vital.

« … Merci, Tohka. »

« Mu… Nu ? P, Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu me remercies… »

« …Non, je te le dois. »

C’était inévitable de devoir embrasser Kurumi pour sceller ses pouvoirs, néanmoins, tout ce à quoi Shidou pouvait penser, c’était la question de comment Mana et Kurumi avaient pu assassiner des gens.

Parce qu’il avait assisté à une scène trop choquante, il avait complétement oublié l’objectif important qui était de « sauver Kurumi».

Il est vrai que cette dernière est un Esprit qui a tué d’innombrables personnes. Néanmoins, il ne permettrait pas qu’on s’habitue à un tel acte.

Toutefois…

Lorsque les pouvoirs de Tohka avaient été scellés, Shidou avait la détermination de la sauver.

Il avait eu le désir de sauver cette fille qui était la cible d’hostilité sans aucunes raisons, quoi qu’il en soit.

Lorsque les pouvoirs de Yoshino avaient été scellés, il avait la détermination de la sauver.

Cette fille qui, malgré les hostilités à son égard, se préoccupait davantage de ses agresseurs, elle devait être récompensée.

Shidou était donc passé à l’action.

De plus, il possédait une extraordinaire capacité de guérison qui se cumulait à sa capacité de sceller les pouvoirs des Esprits.

D’un autre côté, il était seulement un lycéen à l’égard de sa taille, de sa force physique et de son intelligence. Mais la raison pour laquelle il fut capable de tendre la main à l’autre partie jusqu’au point d’en vomir du sang, c’était justement à cause de cette conviction.

Sauver Kurumi.

Pour cette fille qui était emprisonnée dans ce cycle sans fin de meurtre, pour la sauver.

Et… Mana également.

Pour ne pas laisser cette fille, qui se désignait elle-même comme sa sœur, continuer de tuer, pour empêcher qu’elle ne corrompe son âme plus longtemps encore.

Ce pouvait être un délire ou simplement une pensée.

S’il ne croyait pas qu’il pouvait y arriver, alors il lui serait impossible de leur tendre la main.

« … Tohka. C’est bon, je vais bien maintenant. »

« Mu… Est-ce que tu ne te sens plus seul ? »

« Aahh. »

« Vraiment, tu n’es plus effrayé ? »

« … Eh bien, je suis toujours un peu effrayé, c’est tout. »

Shidou se gratta le visage tout en souriant amèrement.

« Mais, je vais bien maintenant. »

« Nn… Vraiment ? »

Sur ces mots, Tohka desserra son étreinte sur lui.

Shidou se leva et s’étira légèrement. En même temps, son estomac grogna… Maintenant qu’il se souvenait, depuis qu’il avait vomi son repas dans une ruelle, il n’avait rien mangé du tout.

« … Préparons quelque chose à manger. Tohka, tu veux manger aussi ? »

« Nn ! »

Tohka hocha vigoureusement de la tête.



Chapitre 5: Cauchemar Mimétique[edit]

Partie 1[edit]

« Reine. »

Sur le pont du <Fraxinus>, Kotori appela Reine qui était assise non loin du siège du commandant.

Néanmoins, elle ne donna pas de réponse. Kotori jeta un œil curieux du côté de celle-ci… puis secoua la tête.

Pour quelque raison, sur l’écran à côté d’elle, était affiché le visage de Mana, l’image avait zoomé dessus. Reine avait une expression complexe alors qu’elle fixait celle-ci.

« Reine ? Quelque chose cloche avec Mana ? »

« … ! »

A cet instant, Reine sembla finalement réaliser la présence de Kotori ; elle la regarda avec ses yeux aux cernes noirs.

« … Kotori, huh… Nn, il y a quelque chose. »

Sur ces mots, elle prit les contrôles d’une main experte. Après quoi, l’image s’éloigna, le visage de Mana rétrécit à l’écran.

« …Mis à part ça, comment va Shin ? »

« Nn… Il est simplement un peu mal à l’aise, mais il devrait aller mieux après avoir parlé à Tohka. »

« … Vraiment ? »

Reine acquiesça légèrement et leva soudainement sa tête.

« … Aaah, c’est vrai. L’analyse que tu as demandée est déjà terminée. »

Suite aux paroles de Reine, les sourcils de Kotori se levèrent.

Quelques jours auparavant, elle lui avait confié un cheveu de Mana ainsi qu’un échantillon de sa salive afin qu’elle menât un examen d’ADN.

« Alors… quel est le résultat ? »

« … Nn, Mana est sans aucun doute la sœur biologique de Shidou. »

« … Vr, vraiment… ? »

Kotori avala vigoureusement sa salive tout en caressant sa poitrine avec sa main.

Même si ce n’était pas inattendu… elle ressentait quand même de l’embarras.

« Sa vraie… sœur, huh. Alors pourquoi cette fille est du côté de l’AST… »

« … Tu as tort. »

Avait dit Reine, comme si elle essayait d’interrompre Kotori.

« … J’ai mené quelques investigations de mon côté, il semblerait que ce n’est pas le cas du tout. »

« Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« … Elle n’est absolument pas membre des forces d’autodéfense, mais un membre transféré des industries DEM. »

« … Les industries DEM[19]… ? »

C’est une société fondée en Angleterre qui est devenue une des plus importantes au monde… Mis à part la matrice de <Ratatoskr>, c’est la seule industrie connue capable de produire des unités Realizer. On peut dire que toutes unités Realizer équipant les militaires et les forces de polices du monde, y compris les Forces d’Autodéfense, ont été fabriquées par DEM.

C’est à cause de leur enthousiasme à traquer les Esprits qu’ils sont considérés comme des rivaux économiques de <Ratatoskr>, société à laquelle appartient Kotori.

Bien entendu, ils ont également des magiciens capables d’utiliser les CR-Units… Néanmoins, on dit que leur expérience de la manutention dépasse de loin celles des forces spéciales des différents pays.

« Attends une seconde. C’est encore plus confus. La sœur de Shidou, pourquoi serait-elle une des magiciennes de DEM ? »

« … Je ne suis pas certaine de ça. Néanmoins… »

Reine s’interrompit soudainement, grinça des dents et serra son poing comme si elle était furieuse.

Kotori sourcilla sous le coup de la surprise. Même si elles avaient travaillé ensemble depuis un bon moment… c’était la première fois qu’elle la voyait ainsi.

« Qu’est-ce qui se passe exactement ? »

« … Jette un œil à ça. »

Sur ces mots, Reine manipula les commandes une fois de plus, l’écran montra le visage de Mana ainsi que des valeurs numériques détaillées.

« … C’est… »

« Aaah, son corps tout entier a été remodelé par magie. Ça doit être l’origine de sa force surnaturelle. Néanmoins, il y a un prix fort à payer pour cela. J’ai bien peur qu’elle ne sera pas en mesure de vivre plus d’une dizaine d’années. »

« … Quoi, c’est… »

A la base, le Realizer développé par les industries DEM n’était pas parfait. A cause du niveau de traitement du cœur nucléaire de calcul, incapable de suivre, ils n’ont eu d’autre choix que de compenser l’utilisation du cerveau humain.

Pour accroître les longueurs d’ondes du cerveau, c’était indispensable d’implanter des petits appareils dans celui-ci. Origami et le reste de l’AST font de même, il devrait y avoir une protubérance comme une corne au milieu de leurs cheveux.

Toutefois… le corps de Mana a déjà largement dépassé ce genre de stade.

Ça revient… à dire que son corps est devenu similaire à celui d’un Esprit.

« … Je ne suis pas sûre de quel genre de processus de pensée elle possède, puisqu’elle a subi ce genre de traitement. Mais… je pense que c’est mieux de ne rien dire à Shin… pour le moment. »

Venait de dire Reine avec une intonation ajoutée. Kotori engloutit violemment tout en se mordant la lèvre.

Partie 2[edit]

Le lendemain, Shidou marchait dans la salle de classe et vit que Kurumi était déjà assise à sa place.

Une indéniable anomalie. Même s’il avait déjà expérimenté cela une fois, comme on aurait pu s’y attendre, c’était toujours désagréable… Une fille, qui était censée être morte, assistant au cours avec une expression comme si de rien n’était…

Kurumi reconnut le visage de Shidou et révéla un sourire paisible et arqué.

« Ara, Shidou-san. Bonjour à toi. »

Cette apparence n’avait rien de comparable à celle de la veille.

S’il venait à dire que la veille, dans une ruelle, cette même fille avait eu ses deux jambes et son estomac perforés, ainsi que sa tête décapitée, Shidou aurait certainement été suspecté d’instabilité mentale.

« … Bon, bonjour. »

Toutefois, il n’aurait pas dû être surpris de tout cela. C’était une situation à laquelle il s’était déjà préparé. Shidou répondit silencieusement par un salut.

« J’étais très contente hier. Tu devrais m’inviter à sortir de nouveau. »

« Vraiment… ? Contente, huh. »

« Nn, extrêmement. »

Kurumi, une fois de plus, sourit. Parlait-elle de son rendez-vous avec Shidou, ou parlait-elle de l’incident de la ruelle ? Shidou était incapable de savoir lequel.

Elle remarqua probablement que Shidou réfléchissait à ce propos, aussi poursuivit-elle en arborant son sourire adorable.

« Mais, j’ai été très surprise là-bas. »

« … ? A quel propos ? »

Demanda Shidou en guise de réponse. Kurumi plissa ses yeux en retour.

« Je pensais que tu demanderais une autorisation d’absence pour aujourd’hui. »

Immédiatement, il resta sans voix. Néanmoins, il la recouvra rapidement et répondit :

« Eh bien, je suis… vraiment désolé à ce propos. Ça aurait mieux que je ne vienne pas à l’école ? »

Kurumi répondit avec un sourire innocent sur son visage :

« Non, tu es venu à l’école comme un gentil garçon, je suis vraiment contente. »

Shidou tapota son torse comme s’il essayait de contrôler les battements de son cœur, puis il alla directement vers elle.

« … Kurumi. »

« Qu’y a-t-il ? »

« J’ai… décidé de te sauver. »

« … ? Sauver ? »

Au moment-même où il eut fini sa phrase, l’expression de Kurumi perdit soudainement toute sa cordialité.

« Tu as dit vraiment quelque chose d’étrange, Shidou-san. »

« Ça suffit, ce genre de choses… Je ne te laisserai plus tuer des humains et je ne laisserais plus Mana te tuer. C’est ma conclusion sur ce qui s’est passé hier. »

«  S’il te plait, n’impose pas tes valeurs aux autres. Je déteste ce genre de pensées irréalistes. »

« Vraiment. C’est dommage… Je suis vraiment désolé mais j’ai déjà décidé. Je vais te sauver. Tu seras sauvée par moi. Peu importe les circonstances, vraiment. »

Lorsque Shidou acheva sa proclamation, Kurumi sourcilla violemment.

Quelques temps plus tard, elle arbora une expression comme si elle pensait à quelque chose, après quoi elle s’exprima de la sorte :

« … Eh bien, que tu disses vrai ou faux, mettons ça à l’épreuve. »

« Ah… ? »

« Aujourd’hui après l’école, retrouve-moi sur le toit. »

Kurumi le quitta sur ces mots, elle porta son regard loin de Shidou.

Partie 3[edit]

Kurumi se tenait sur le toit du lycée Raizen et produisait de petits bruits de pas en même temps qu’elle souriait.

C’était une bonne journée sans aucun nuage dans le ciel. Les puissants rayons du soleil d’été frappaient le corps de Kurumi et projetaient une ombre complètement noire sur le sol.

Il était plus ou moins 9h10. Puisque le premier cours avait déjà commencé, la mélodie qui résonnait à travers toute l’école diminua. A sa place, une flopée de sons d’instruments provint de la salle de musique ainsi que le bruit des balles rebondissant dans le gymnase. Kurumi commença à marcher sur ce rythme comme si elle dansait. Ce faisant, elle traça un cercle au sol et tourna constamment encore et encore.

« Ce serait bien si je pouvais profiter encore plus longtemps de la vie d’étudiant avec Shidou-san… »

Si quelqu’un regardait la scène depuis le ciel, il aurait probablement remarqué quelque chose qui cloche.

La zone où elle marchait devenait sombre.

Oui… c’était comme si l’ombre projetée par elle pendant ses mouvements ne quittait jamais complétement les lieux.

« C’est presque l’heure. »

Puis un son de *Ka !*. Ses chaussures claquèrent sur le sol.

Suite à quoi, le cercle de ténèbres, au centre du toit, commença à s’agrandir.

Il engloba tout le toit, recouvrit les murs d’enceinte de l’école, engloutit le hall d’entrée, puis, peu de temps après, il recouvrit tout une partie de la cité avec le lycée pour centre.

« … Kihihi, hihihi. »

Ses lèvres se tordirent en forme de croissant alors qu’elle laissa échapper ce rire.

« Aaah, aah, Shidou-san. Shidou-san. Mon cher Shidou-san. Avec tout cela, tu as toujours l’intention de me sauver? Tu as toujours l’intention de m’aider ? »

« Nn… ? »

Pendant la première leçon, le cours sur l’Histoire Mondiale, Shidou regarda soudainement par la fenêtre.

D’une certaine façon, c’était comme si les alentours étaient devenus plus sombres, il pensa que c’était à cause des nuages dans le ciel.

Néanmoins, on pouvait voir par la fenêtre que celui-ci était dégagé. Pas un nuage ou une ombre ne pouvait être vu.

« … Ne me dis pas… »

Il se tourna rapidement dans la direction de Kurumi. Puisqu’elle avait dit quelque chose d’inquiétant, dix minutes auparavant, elle pouvait avoir…

Toutefois, elle n’avait entrepris aucune action étrange, elle écoutait la classe avec un visage sérieux.

« Est-ce que je m’inquiètes trop… ? »

Il revint à sa position initiale tout en soupirant légèrement.

Quoi qu’il en soit, le moment de la fin des cours était crucial. Shidou inspira profondément comme s’il essayait de s’encourager.

Partie 4[edit]

Kotori tourna la poignée rouillée et poussa la porte. Cette dernière décrépie perdit immédiatement quelques fragments de peinture et poussa un hurlement.

« …Tch. »

Kotori sourcilla tout en claquant légèrement sa langue. Elle arriva sur le toit de l’immeuble.

Actuellement, Kotori visitait l’un des bâtiments abandonnés qui se situait au sud de la ville de Tenguu.

Ce n’était pas tant qu’elle avait un penchant pour l’exploration de ruines. Pour venir dans un endroit si isolé, il fallait de bonnes raisons.

A ce moment-là…

« … Bienvenue, Kotori-san. »

Venait de dire la fille qui attendait déjà sur le toit… il s’agissait de Mana.

En effet, lorsque Kotori s’était réveillée ce matin, sur la fenêtre de sa chambre, il y avait une lettre avec dessus une certaine heure et un certain lieu, ainsi que le nom de Mana.

Kotori n’essayait pas de cacher son mécontentement, elle émit un *Hmph*.

« … Vraiment. Pourquoi ce genre d’endroit ? Si tu voulais m’inviter à sortir, tu aurais pu au moins me préparer un thé délicieux et un gâteau. »

« Je m’excuse… Néanmoins, je crois que c’est plus dans nos intérêts d’éviter les zones encombrées. »

« … Hmph. Eh bien, de quoi s’agit-il exactement ? »

« Je voulais simplement parler avec toi, c’est tout. »

Sur ce, Mana prit quelque chose dans sa poche et le lança à Kotori.

« C’est… »

Kotori sourcilla. Ce que Mana venait de lui lancer, c’était une mini oreillette très sensible qu’utilise <Ratatoskr>… c’était celle que Shidou avait perdu la veille.

« … L’organisation <Ratatoskr>. »

« … »

En réaction à ces mots, les sourcils de Kotori tressaillirent.

« J’ai entendu des rumeurs à ce sujet. C’est une organisation qui n’est pas alliée à l’armée dans sa traque des Esprits, mais qui utiliserait la conversation pour les persuader… Lorsque j’en ai entendu parler la première fois, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une légende urbaine. »

Mana posa un regard acéré sur celle-ci.

« … Ne me dis pas que toi et Nii-sama êtes… »

Kotori mit l’oreillette dans sa poche et fit bouger légèrement le bâtonnet de sa Chupa Chups.

« … Tout s’explique. Ce message, hier, c’était toi. »

Effectivement, avant de savoir que Shidou avait perdu l’oreillette, <Ratatoskr> avait reçu un étrange message. En effet, sa voix s’était fait entendre. Après qu’il se soit informé sur l’identité de Kotori et sur la situation actuelle, la connexion avait été soudainement interrompue, plus rien depuis lors.

Kotori fit claquer sa langue à un volume inaudible pour Mana. Elle avait été si insouciante. A cause de sa réponse à ce moment-là, Mana avait déjà confirmé l’existence de l’organisation connue sous le nom de <Ratatoskr>.

Mana haussa légèrement les épaules.

« Après tout, ce n’est pas si difficile de modifier ta voix à l’aide de ton Territory. »

« … Vraiment ? »

Kotori se gratta les cheveux et plissa les yeux.

« Du coup, quel est ton objectif ? Tu m’as spécifiquement fais venir ici, tu dois bien vouloir quelque chose, pas vrai ? »

Le regard de Mana ne bougea pas d’un pouce alors qu’elle dit :

« … Je n’ai pas l’intention de rapporter ceci. »

« … Hmm ? »

«  En échange, s’il te plait, laisse Nii-sama quitter <Ratatoskr>, immédiatement. »

Ces paroles firent lever les sourcils de Kotori avec vigueur.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« C’est pas grand-chose… Kotori-san, pourquoi obliges-tu Nii-sama à faire une chose si dangereuse. Sans même parler d’unité Realizer, il n’a même pas une arme appropriée sur lui et tu le laisses affronter les Esprits, n’est-ce pas beaucoup trop ? »

« Comme tu as déjà dit, il est censé persuader l’autre partie et tu t’attends à ce qu’il pointe un pistolet sur eux pendant qu’il se promène ? Quelle différence y’aurait-t-il avec un violeur en série ? Ne me dis pas que tu es masochiste ? »

Kotori avait balayé l’affirmation de Mana. Le regard de cette dernière gagna en intensité et son ton de voix devint plus austère.

« S’il te plait, ne te moque pas. Es-tu seulement inquiète à propos de Nii-sama ? A ce moment-là, si je n’avais pas été là, il aurait très bien pu être tué par <Nightmare>. »

« … »

Il n’y avait aucune raison de divulguer plus d’informations. Kotori ne dit plus un mot.

Mana sembla avoir mal compris la réaction de cette dernière, elle grinça des dents et poursuivit :

« … Kotori-san… Non, Itsuka Kotori. C’est triste. Vous êtes disqualifiée en tant que sœur de Nii-sama. Vous n’êtes pas digne d’avoir Nii-sama à votre charge. »

« … »

Le visage de Kotori convulsa, puis, après ça, elle leva le bâtonnet de sa Chupa Chups.

« Heeh… Qu’est-ce que ça veut dire être disqualifiée en tant que sœur ? »

« Je ne vais pas avoir d’autre choix que de reprendre Nii-sama. »

Les paroles de Mana eurent pour effet de déformer l’expression du visage de Kotori.

« Quelle blague ! Tu veux laisser Shidou entre les mains d’une industrie maléfique comme DEM ? »

Elle leva ses épaules, Mana baissa ses bras et ses épaules sous le coup de la surprise.

« … Pourquoi est-ce que tu es au courant à propos de ça ? »

« C’est parce que j’ai une excellente amie. Si tu parles de recherche d’informations, nous en sommes au même stade. »

Venait de dire Kotori sans peur. Mana soupira.

« … Eh bien, puisque tu le sais déjà, il n’y a pas de besoin de le cacher plus longtemps. C’est vrai. Je ne suis pas à la base un membre des forces d’autodéfense. Néanmoins, à cause de l’attribution des industries DEM, il y avait une nécessité d’être placée à un tel travail. »

Alors qu’elle prononça ces mots, son regard se plissa rapidement.

« DEM en tant que société maléfique, je ne peux pas faire semblant de ne pas l’avoir entendu. Ils m’ont prise moi, moi qui étais amnésique et ils m’ont donné une raison de vivre. Je suis très reconnaissante envers eux. »

« … Sérieusement ? Il ne semble pas que tu sois folle, huh. »

« Quelle grossièreté ! Qu’est-ce que tu cherches à insinuer ? »

Kotori perçut de l’amabilité dans les paroles de Mana.

Ne me dis pas que…

« Toi, ne me dis pas que tu ne sais pas… ? A propos de ton corps ? »

« Mon corps… ? De quoi est-ce que tu parles ? »

Mana, confuse, pencha sa tête. Kotori tremblota tout en engloutissant.

« … Qu’est-ce qu’il y a avec ça… »

Même si ce n’était pas inattendu… mais qu’en serait-il si les craintes de Reine devenaient vraies ? Kotori sourcilla alors qu’elle s’avança vers Mana et qu’elle lui saisit les épaules.

« Toi, qu’est-ce que tu essayes de faire ? »

« … Ne parlons pas de ça pour le moment. Tu devrais quitter DEM, <Ratatoskr> prendra ses responsabilités pour ta sécurité. Du coup… »

« Haa… ? De quoi est-ce que tu parles tout à coup… »

Sur ce, alors que Mana allait questionner Kotori qui sourcillait toujours, leurs portables à toutes les deux sonnèrent presque en même temps.

Kotori, révélant une expression d’impatience, répondit à l’appel.

« … C’est moi. Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Com, Commandant ! Le lycée Raizen émet un puissant signal d’onde Spirituel ! »

« Qu’est-ce qui se passe… ? »

Kotori jeta un regard à Mana. A l’allure de son visage, il semblait qu’elle aussi avait reçu un rapport similaire.

Partie 5[edit]

Shidou prit une profonde inspiration et expira lentement.

L’air dans ses poumons avait été complétement changé, il se sentait comme si son corps avait redémarré.

« … Excellent. »

Il était 16h30. Le bruit des étudiants qui se préparaient à se rendre à leurs activités de club commençait à se répandre.

Au final, mis à part cette fois-là, la veille, il n’avait eu absolument aucune opportunité de parler à Kurumi. Après le dernier appel, cette dernière ne jeta même pas un coup d’œil en direction de Shidou, elle quitta immédiatement la salle de classe.

« …Est-ce que tu vas bien, Shin ? »

A cet instant, dans le communicateur de son oreille droite, une voix particulièrement endormie se fit entendre. Il s’agissait de Reine.

« Ouais, je suis étonnamment… calme. »

« … C’est bien. Néanmoins, fais attention. »

« … Oui. »

Alors que Shidou engloutit violemment, il remarqua quelque chose d’étrange.

« Reine-san ? Maintenant que tu le dis, comment se fait-il que je n’entende pas la voix de Kotori… »

« … Aaah, Kotori est sortie faire quelque chose. »

« Non mais… si elle devait faire quelque chose à l’extérieur, pourquoi devait-elle le faire à un moment si important ? »

« … Kotori le sait également. Néanmoins, après plusieurs délibérations, elle a jugé que les chances de succès seraient meilleures… Si une distraction venait à nous interrompre en plein milieu, ce serait pénible. »

« Haa… ? Est, est-ce que quelque chose s’est passé ? »

« … Concentre-toi sur Kurumi, pour le moment. Elle est un adversaire dont tu ne peux te défaire si tu es distrait. »

« … C’est, c’est vrai. »

Bien qu’il fût préoccupé par les paroles de Reine, il était vrai qu’il n’avait pas le temps de penser à autre chose. Actuellement, Kurumi devrait déjà attendre sur le toit. Shidou commença à s’avancer vers l’escalier…

« … Quoi ?! »

L’instant d’après Shidou fronça des sourcils face au lourd sentiment qui pesait sur lui.

En cet instant, il n’était pas sûr lui-même de la raison de celui-ci. Néanmoins, il remarqua qu’au moment où l’environnement s’était obscurci, son corps avait été assailli par de la fatigue et de la faiblesse sans raison apparente.

C’était comme si l’air s’était chargé de viscosité et s’était enveloppé autour de ses membres.

« C’est, c’est, c’est… »

Shidou était sur le point de tomber à genoux face à cette situation, mais il réussit à se retenir et maintenir sa position.

Les étudiants autour de lui poussèrent des gémissements de douleur et s’effondrèrent sur place. S’il fallait l’exprimer par des mots, c’était une scène vraiment anormale.

« Hey… hey, est-ce que tu vas bien ? »

Shidou courut hâtivement et secoua l’épaule d’une étudiante qui venait de s’effondrer. Néanmoins, elle avait probablement perdu conscience, elle n’eut aucune réaction du tout.

« Reine…-san, c’est… ?! »

« En utilisant l’école comme point de référence, nous avons déterminé qu’il y a une puissante émanation Spirituelle. Cette réaction… sans ambiguïté, c’est du ressort de Kurumi. Un champ de confinement… Il semblerait que ce soit le genre qui affaiblit tout humain qui y entre. »

« Pou, pourquoi doit-elle faire une chose si… »

« A ce propos, ce serait plus rapide si tu demandes à l’instigatrice elle-même. »

Venait de dire Reine. En effet, elle avait raison. Shidou engloutit bruyamment et resta là debout. Il sentait que ce serait difficile de se déplacer, mais il n’en était pas au point de s’écrouler.

« Aare, maintenant que j’y pense, pourquoi est-ce que… »

« … N’oublie pas, Shin. Tu as les pouvoirs Spirituels de Tohka et de Yoshino scellés en toi. Ça doit être instinctif, mais ton corps dorénavant peut être considéré comme ayant la protection des Esprits. »

« Le pouvoir des Esprits… »

Après avoir marmonné, Shidou écarquilla soudainement les yeux.

Ouvrant la porte qu’il venait tout juste de franchir, il s’écria :

« Tohka ! »

En effet, Tohka devait toujours se trouver dans la salle de classe. Même s’il lui avait mentionné qu’il devait partir plus tôt pour faire quelque chose, il n’avait eu aucune réponse avant son départ.

Il y avait autour de lui dix étudiants qui étaient encore dans la salle de classe, tout le monde était soit étendu au sol soit sur la table… Néanmoins, parmi eux.

« Ooh, Shidou… »

Tohka se tenait légèrement la tête lorsqu’elle lui répondit. Même si la majorité de ses pouvoirs étaient scellés, elle demeurait un Esprit. Elle était plus résistante aux pouvoirs Spirituels que les humains.

« Est-ce que tu vas bien, Tohka ?! »

« Nn… Mais, mon corps est si lourd… Qu’est-ce qui se passe, ce… »

Elle marmonna péniblement, avec une voix fiévreuse, tout en secouant faiblement sa tête.

« … Shin. »

La voix de Reine l’appela de l’autre côté du communicateur. Même s’il n’était pas entré dans les détails, elle avait probablement compris ce qui se tramait.

« Tohka, reste ici et attends. Je vais faire quelque chose pour ça… ! »

« Shi…dou… ? »

« C’est bon. Je vais… résoudre tout ça. »

Shidou caressa doucement la tête de Tohka et s’avança à travers le couloir avec une ferme détermination.

Il remua l’air épais et monta les escaliers. Shidou força ses membres anormalement fatigués et, finalement, il arriva à la porte du toit.

La porte n’était pas verrouillée.

Non… Pour être plus précis, sous la poignée de porte, il y avait un trou semblable à l’impact d’une balle, la serrure n’était plus opérationnelle.

C’était clairement du ressort de Kurumi. Shidou prit une profonde inspiration avant de l’ouvrir.

« Gu… »

Ses sourcils se rapprochèrent l’un de l’autre. Même s’il avait atteint le toit, l’air épais ne s’améliorait pas du tout. Non, c’était bien plus comme si la faiblesse qui envahissait son corps s’était intensifiée.

Il regarda à gauche et à droite. Il était entouré par du grillage, un endroit déplaisant.

Et au centre.

« … Bienvenue. Je t’attendais, Shidou-san. »

Kurumi leva le ourlet de sa Tenue Astrale, inclina lentement son corps et baissa sa tête.

Partie 6[edit]

« … »

Lorsque Origami avait senti l’anomalie, elle marchait dans un couloir dans le bâtiment est de l’école.

En un clin d’œil, c’était comme si le monde entier avait changé. C’était presque comme si sa vitalité avait été aspirée hors de son corps et absorbée par l’air, une inexplicable sensation de faiblesse l’envahissait. Les étudiants aux alentours s’étaient déjà effondrés les uns après les autres.

« Guh… »

Si cela continuait, elle serait également sujette à cette perte de conscience. Après qu’elle soit arrivée à cette conclusion, elle sortit de sa poche un appareil qu’elle plaça dans la paume de sa main, puis elle posa son doigt sur l’écran tactile et dit :

« Reconnaissance vocale • AST • Tobiichi Origami. »

Immédiatement, ses empreintes digitales et son spectre vocal furent synchronisés. *Bip Bip*, c’est suite à de tels bruits électroniques que l’appareil commença à se mettre en marche.

« Unité Realizer de base… Activation admise. »

Dit Origami tout en posant délicatement l’appareil contre le transmetteur sur sa tête.

Instantanément, tout son environnement devint son Territory, il s’enroula autour de son corps et la faiblesse qui la torturait diminua.

Néanmoins, en même temps, un mal de tête similaire à une explosion se produit dans son cerveau.

Tout en grinçant des dents alors qu’elle subissait cela, elle ouvrit sa bouche et dit :

« Combinaison de combat… Engagée. »

Après quoi, une faible lueur fut émise à l’intérieur du Territory… l’instant d’après, l’uniforme du lycée Raizen qu’elle portait se transforma en la combinaison high-tech de combat de l’AST.

« … »

Au moment où le mal de tête s’acheva… soudainement, Origami tomba à genoux.

C’était un appareil d’urgence qui permettait le déploiement d’une combinaison généralement portée à la base. Même si elle avait eu la permission d’avoir un tel appareil,- juste au cas où,- elle se sentait toujours mal à l’aise.

Cet appareil miniature contenait une unité Realizer basique. Ce qui revenait à dire, qu’il lui était théoriquement possible de déployer son Territory. Après quoi, depuis l’intérieur de celui-ci, changer instantanément de vêtements n’était pas tâche difficile.

Cependant, même si cela n’avait été qu’un instant, elle avait déployé son Territory sans utiliser l’appareil de synchronisation. La charge dans son cerveau s’était accrue, c’était indescriptible… Quelqu’un ayant des capacités proches de celles de Mana n’y aurait probablement prêté aucune attention.

« … »

Origami réajusta sa respiration et étendit son Territory à sa taille habituelle de trois mètres.

Les Esprits et l’AST sont considérés comme des sujets de discussion interdits. Néanmoins, on pouvait considérer ça comme une exception. De plus, elle n’avait pas d’inquiétude à avoir à ce sujet, puisque tout le monde autour d’elle était tombé inconscient.

Elle n’était pas vraiment sûre quant à ce qui se passait à l’école. Mais… il était aisé de déduire qu’il y avait sûrement un rapport avec Tokisaki Kurumi.

« … »

Par le biais d’un ordre mental, elle concentra sa gravité. Origami frappa du pied au sol et se précipita dans le couloir à une vitesse incroyable.

En même temps, le communicateur équipé dans son casque retransmit la voix de Ryoko :

«  Origami ?! Si tu as ouvert la ligne, ça veut dire que tu as utilisé la combinaison de secours ? Actuellement, dans le voisinage de ton école, nous avons détecté une puissante émanation Spirituelle ! Quel est ton statut ?! »

« Une zone confinée. Ce serait dangereux si ça s’agrandissait. Demande de renforts… »

A ce moment-là, les mots d’Origami furent interrompus.

« … »

La raison en était simple. Sur la route d’Origami s’était dressée une fille comme constituée d’ombres.

Elle ne portait pas l’uniforme du lycée mais une robe de style gothique de couleur cramoisie et noire.

« Ufufu, Origami-san. Pourquoi es-tu si pressée ? »

Elle plaça ses mains à côté de sa bouche et ricana.

« Tokisaki… Kurumi… »

Le regard de Origami était perçant, sa main se plaça d’elle-même près de sa hanche et saisit la poignée de son épée de lumière.

« Qu, qu’est-ce qui se passe, Origami ? »

« … Entrer en contact avec un Esprit. Engagement du combat. »

« … Quoi ?! C’est trop dangereux, dépêche-toi et fuit… »

Puisqu’elle risquait d’être distraite, Origami donna une impulsion mentale et coupa la communication.

Kurumi afficha un sourire satisfait et dit :

« Fufu, je ne souhaite pas être interrompue cette fois. Du coup, je ne peux pas te laisser aller plus loin. »

« … ? »

Origami ne comprit pas les paroles de Kurumi, elle sourcilla.

Néanmoins, ce ne fut que pendant un court instant. Il n’y avait aucune nécessité à écouter les propos absurdes d’un Esprit sur le champ de bataille.

Origami tenait fermement la poignée de son épée de lumière, <No Pain>.

Partie 7[edit]

« Shidou… Shidou !! »

Tohka cria le nom de Shidou alors qu’il quittait la salle de classe.

Néanmoins… il n’avait aucune intention de revenir en arrière. Tohka traîna ses pieds pesants et commença à s’avancer.

« Shidou… »

Les paroles de Shidou ne quittaient plus son esprit.

« …Ca ira… Je vais résoudre ce problème. »

Des mots extrêmement crédibles et réconfortants. Shidou n’eut à le dire qu’une seule fois et il terrassa la solitude et le malaise qui demeurait dans le cœur de Tohka.

Néanmoins, en même temps, une autre cause d’inquiétude fit surface.

C’était parce que ce sentiment était le même que les dernières fois qu’il avait prononcé cette phrase, il y a deux mois lorsqu’il avait tendu la main à Tohka et il y a un mois lorsqu’il s’était avancé vers Yoshino à l’intérieur de la zone de confinement.

Shidou sauvera très certainement tout le monde. Mais, s’il avait besoin de se sacrifier pour cela, il le ferait sans hésitation.

Celui qui a sauvé Tohka… était ce genre d’homme.

« Uwa… »

A cet instant, Tohka perdit l’équilibre et tomba au sol, emportant avec elle tables et chaises.

« Gu… Nu… »

En vue de se relever une fois de plus, elle exerça de la force dans son pied.

... Ça va pas le faire, ça va pas le faire du tout. Ce n’est vraiment pas le moment de fainéanter.

Même si ce n’était qu’une seconde, elle devait se dépêcher et foncer auprès de Shidou.

« Shidou… Shidou… Shidou… !! »

Au moment où elle s’écria, soudainement, elle eut la sensation d’être stimulée.

« Qu, Quoi… ? »

Sur ces mots… Tohka se souvint de cette sensation.

Le mois dernier. Lorsque Yoshino avait matérialisé son Ange et avait tiré un rayon de lumière sur Shidou.

Si ça continue, Shidou mourra.

A l’instant où elle y pensa, elle secoua vigoureusement sa tête… sa tenue astrale et son Ange se matérialisèrent.

« … C’est… ! »

Elle baissa le regard sur son propre corps… En effet, même si ce n’était pas parfait, il était le même que cette fois-là, elle avait créé une tenue astrale faite d’une membrane de lumière.

Son corps avait été instantanément revitalisé à un niveau inimaginable.

Si c’est comme ça…

Elle se releva d’un bond énergique et atterrit fermement sur ses pieds.

« Très bien… Allons-y ! »

Elle quitta la salle de classe tout en serrant son poing.

« Shidou ! Où es-tu allé, Shidou… ? »

Bien qu’elle criât, elle ne reçut aucune réponse.

Puisqu’il en était ainsi, elle chercherait dans chaque salle séparément. Elle courut à travers le couloir.

Néanmoins, à ce moment-là.

« … ?! »

Elle retint son souffle et battit en retraite rapidement.

La raison en était simple. En face d’elle, dans le couloir, quelque chose qui ressemblait à une balle s’était dirigée vers elle en dessinant une sorte de ligne noire.

« Que… Qui ! »

S’écria Tohka. Dans le couloir, dans une zone cachée par l’obscurité, des pas lents se firent entendre.

Tout de suite après, le propriétaire de ces sons apparut.

« … Tu es… »

« Ufufu, comment as-tu fait, Tohka-san ? Puis-je te demander de m’accompagner pendant un moment ? »

Tokisaki Kurumi, vêtue d’une robe élégante et portant un pistolet à la main, leva les coins de ses lèvres en prononçant ces mots.

Partie 8[edit]

« Kurumi… Qu’est-ce que tu fais ?! Pourquoi as-tu dressé ce champ de confinement… ?! »

Sur le toit du lycée Raizen, Shidou écarta grand ses deux bras alors qu’il questionna Kurumi de la sorte.

Cette dernière parut satisfaite de la réaction de ce dernier, son sourire s’élargit.

« Ufufu, c’est génial, n’est-ce pas ? Il s’agit de mon <Dévoreur de temps de ville>. C’est un champ de confinement qui dérobe le temps de ceux qui se trouvent dans mon ombre. »

« Dérober… du temps ? »

Suite à ces mots surpris, Kurumi sourit de manière satisfaite tout en se rapprochant de lui.

Elle bougea élégamment ses cheveux, ce qui révéla donc son œil gauche, généralement caché derrière eux.

« Quo… »

Shidou sourcilla en le regardant.

Il avait une évidente particularité, il était de couleur or inorganique et avait des chiffres et des aiguilles d’horloge.

En effet… son œil était tout simplement semblable à une horloge.

Néanmoins, la chose la plus étrange c’était le fait que les aiguilles bougeaient dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

« C’est… »

« Fufu, il s’agit de mon temps. Ma vie… En d’autres mots, tu peux dire qu’il s’agit de mon espérance de vie. »

Sur ces mots, elle se retourna.

« Mon ange, même s’il dispose d’un merveilleux pouvoir… son prix est inquiétant. Chaque fois que je l’utilise, une grande quantité de mon temps est consommé. Donc… je dois, de temps en temps, le recharger. »

« Quo… »

Les paroles de Kurumi firent frissonner Shidou.

Si ce qu’elle disait était vrai, les personnes qui s’étaient évanouies dans le champ de confinement étaient actuellement en train de se faire absorber leur espérance de vie.

Elle observa l’expression de Shidou et, pour des raisons inconnues, son visage dénota des traces de solitude.

Elles furent rapidement remplacées par un sourire froid, elle leva le menton de Shidou à l’aide de son doigt.

« Les relations entre Esprits et humains sont exactement comme cela, tu sais ? Malheureusement, tout le monde existe uniquement pour devenir ma nourriture. Il n’y a aucune différence. »

Elle leva un sourcil comme si elle essayait de défier Shidou, puis elle poursuivit sa discussion.

« Aaah… Mais, Shidou-san, toi seul est spécial. Tu es quelqu’un de particulier. »

« … Moi, vraiment ? »

« Nn, Nn. Tu es le meilleur. La seule raison pour laquelle je suis venue en ce lieu, c’est pour ne faire qu’un avec toi. »

« Quoi… ? »

Shidou fronça violemment des sourcils.

« Pour n’être qu’un… Qu’est-ce que tu veux dire exactement ? »

« Ça veut dire exactement ce que j’ai dit. Ça ne veut pas dire que je vais te tuer ou quoi que ce soit du genre. Cela n’aurait pas de sens du tout… Je veux te dé-vo-rer. »

La parole « dévorer » qu’elle employa, était-ce littéralement ou simplement une métaphore… ? Il n’en avait aucune idée, mais son estomac lui donna comme l’impression de quelque chose de froid en train de se propager en lui.

Néanmoins, il ne pouvait pas se sentir effrayé maintenant. Il serra donc ses poings et cria :

« Si je suis celui que tu veux, alors ne cible que moi ! Pourquoi est-ce que tu fais tout ça… ! »

Kurumi parut contente et répondit :

« Ufufu, il était grand temps que je recharge mon temps… Mais aussi… »

Elle porta soudainement un regard acéré sur Shidou.

« … Avant que je te dévore, peux-tu retirer la déclaration que tu m’as faite ce matin ? »

« Ce matin… ? »

« Nn… De me sauver, ainsi que les autres remarques ridicules que tu as dites. »

« … »

Sous l’effet du regard glacial de cette dernière, Shidou engloutit involontairement.

« … Hey, Shidou-san, tu es effrayé, n’est-ce pas ? Je tiens ce genre de propos et je commets également ce genre d’actes qui impliquent des personnes extérieures à tout ça, je dois être très repoussante pour toi, n’est-ce pas ? Etre sauvée et ce genre de trucs, je n’ai pas ce genre de qualification, est-ce que tu t’en rends compte à présent ? »

Elle gesticulait de manière exagérée telle une actrice, elle poursuivit :

« Retire donc cette phrase et promets-moi de ne jamais prononcer ce genre de mots. Si tu le fais, je retirerai ce champ de confinement, tu sais ? Depuis le tout début, ma seule cible c’est toi, Shidou-san. »

« Quo… »

Il écarquilla les yeux. Cette condition était certes très simple, elle l’était suffisamment pour qu’on puisse être suspicieux quant à son intention de tromperie.

« … Kurumi à l’air d’être sérieuse. »

Sentant probablement l’hésitation de Shidou, les paroles de Reine se firent entendre dans le communicateur.

« … Dans son état psychologique, il ne semble y avoir aucune trace de tromperie. Shin, si tu adhères à cette condition, Kurumi lèvera très probablement le champ de confinement. »

En même temps que les paroles de Reine, Kurumi se déplaça tout en révélant un sourire à glacer le sang.

« Kihihi, hihi. Eh bien, ce serait mieux si je le retire rapidement. Ça pourrait être trop tard si j’attends encore une seconde, tu sais ? »

« … »

Ils échangèrent tous deux des regards.

Pour Shidou, retirer ses précédentes paroles, juste comme cela, il n’y aurait aucune difficulté à ce faire.

Au contraire, s’il ne le faisait pas, les innombrables vies à l’intérieur du champ de confinement seraient en danger.

Il n’y avait pas de place pour un choix. Shidou, avec une détermination renforcée, ouvrit la bouche et dit :

« … Retire le champ de confinement. »

Kurumi soupira, elle parut soulagée.

« Eh bien, dis-le, s’il te plait, que tu ne déclareras plus jamais vouloir me sauver. »

Shidou engloutit violemment et poursuivit :

« A ce propos… Je ne peux pas. »

« Haa… ? »

A ces mots, Kurumi ouvrit grand sa bouche dans l’expression de la plus parfaite surprise. Une expression très drôle. Du moins, il n’avait vu Kurumi avoir une telle figure jusqu’à présent.

« … Ara, ara, ara ? »

Cependant, le visage de Kurumi changea rapidement et prit un air de mécontentement à la place.

« Est-ce que tu ne m’as pas écoutée? Si tu retires les paroles que tu as prononcées précédemment, je retirerai le champ de confinement, tu sais ? »

« … Retire-le. Maintenant ! »

« Puis… »

« Jamais ! Je ne reprendrais jamais ces mots ! »

Shidou cria et secoua sa tête.

C’était parce que, s’il reprenait ces mots, il n’y aurait aucun changement.

S’il le faisait, il ne serait plus jamais capable de tendre sa main à Kurumi.

« … Je déteste ce genre de personne qui n’écoute pas les autres… ! »

S’écria Kurumi. Sur un son de *Ton Ton*, elle s’éloigna de Shidou à petits pas.

Puis, elle leva avec vigueur sa main droite au-dessus de sa tête.

Avec sa main comme épicentre, *Piri Piri*, l’air commença à trembler.


… Immédiatement.

*Uuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu…*

Un bruit perçant se répandit sur toute la cité.

« … L’alarme de déchirure spatiale… ?! »


Le visage de Shidou était empreint de peur alors qu’il grommela. C’était-là un bruit qu’il avait entendu jusqu’au stade de l’agacement, c’était l’alarme qui informait tout le monde de la soudaine calamité qui dévorerait le monde…la déchirure spatiale.

Pendant un instant, Shidou avait pensé qu’un autre Esprit s’était matérialisé en ville.

Les déchirures adviennent lorsque des Esprits apparaissent dans ce monde, à cause de la distorsion de l’espace.

Néanmoins… le sourire maniaque de Kurumi renia cette possibilité.

En effet… Cette déchirure spatiale était provoquée par l’unique volonté de cette dernière.

La capacité de produire un tel phénomène… Shidou n’en avait pas du tout été informé.

Malgré tout… la situation actuelle prouvait totalement la véracité de cette théorie.

« Kihi, kihihi, kihihihihihi, du coup, qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Si une déchirure spatiale se produit dans une telle situation, qu’en serait-il des personnes à l’intérieur du champ de confinement ? »

« … ! »

Shidou resta sans voix suite à la phrase de Kurumi.

Normalement, l’alarme sonnait lorsque des signes de déchirure spatiale étaient détectés, informant les habitants proches d’évacuer dans les abris souterrains pour éviter ce désastre. Néanmoins… actuellement, tous ceux qui se trouvaient à l’intérieur du champ de confinement de Kurumi étaient inconscients et se trouvaient également à l’épicentre du phénomène lui-même. Il n’y avait aucune possibilité pour eux de rejoindre l’abri.

… Toutefois…

Soudain… Une simple question fit surface dans son esprit.

Il ne parut pas remarquer son changement d’expression, elle se lécha les lèvres comme si elle exhibait sa victoire.

« … Alors, Shidou-san ? Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Est-ce que tu as peur de moi, maintenant ? Est-ce que tu me détestes, maintenant ? Ou alors ressens-tu les deux en même temps ? Les faibles sont des proies ! Les forts sont les prédateurs ! »

« … »

Pourquoi ? Définitivement, son cœur tambourinait, son souffle était chaotique, mais il était étonnamment calme.

Il y avait une incertitude.

… Pourquoi, voulait-elle qu’il retire ses mots ?

Toutefois, laissons-ça de côté pour le moment. Peu importe ce qui était dit, les mots restaient simplement des mots. Son but était de dévorer Shidou, si tel était le cas, elle aurait simplement dû les ignorer.

Alors pourquoi, devait-elle s’impliquer à ce point ?

… Le prédateur dont elle parlait devait se référer à Kurumi elle-même, non ? La proie devait très probablement être Shidou.

« … Shin. »

Pile à ce moment-là, la voix de Reine secoua son oreille droite.

« … L’état mental de Kurumi a changé. Ces chiffres… c’est comme si elle avait peur de toi. »

« Eh… ? »

Tandis que Shidou parlait de manière à ce qu'il ne puisse être entendu de Kurumi, ses sourcils se levèrent légèrement.

… Kurumi, elle avait peur de Shidou ?

Ces mots, qui manquaient du sens de la réalité, firent tomber Shidou dans la confusion pendant une fraction de seconde… Puis, il comprit immédiatement.

« Aaah… Vraiment ? »

Il poussa un soupir et regarda Kurumi une fois de plus…

…En tant que personne provoquant la terreur chez les Hommes, en tant qu’Esprit.

Toutefois…

« Alors ?! Shidou-san, que feras-tu maintenant ? Si tu ne retires pas ces mots, il y aura beaucoup de victimes, tu sais ?! »

Elle détourna son regard de lui et garda vigoureusement sa main droite en l’air.

Immédiatement, *Ji~~*… un hurlement perçant retentit dans la zone.

C’était comme si l’air lui-même criait.

« Gu… »

Il y avait quelque chose qu’il devait dire à Kurumi, une chose qu’il devait lui faire savoir. Néanmoins, comparativement, il devait d’abord arrêter la déchirure spatiale.

Bien sûr… avec la contrainte qu’il ne retirerait pas ses précédentes paroles.

Il réfléchit frénétiquement. Il se souvint soudainement ce qu’elle lui avait dit auparavant.

« … Kurumi. »

« Quoi ? Fufu, tu voudrais finalement retirer tes mots ? »

Kurumi afficha un sourire tout en lui parlant. Il continua de parler en ignorant ces derniers mots.

« Tu as dit que ton objectif était de me dévorer… n’est-ce pas ? »

« Nn. En effet. Ce serait inutile de te tuer. Tu seras capable de vivre à l’intérieur de moi. Ufufu, pas mal, non ? »

« … »

Sur ce, Shidou fut convaincu. Il parla doucement à Reine.

« … Reine-san. Si je…, est-ce que je survivrais ? »

« … ? Aah, si nous parlons bien de ta capacité de guérison, tant que rien n’ira de travers, tu devrais survivre… Mais qu’est-ce que tu vas tenter de faire ? »

« Simplement ça. »

Shidou commença à courir, il arriva au bord du toit et commença à escalader le grand grillage d’acier.

Puis, il se tint sur le rebord et regarda Kurumi.

Elle affichait une expression de totale confusion face aux actions de celui-ci.

« … Qu’est-ce que tu essayes de faire ? »

« Arrête la déchirure spatiale. Si tu le ne fais pas… »

Shidou désigna la cour de l’école.

« Je sauterais et mourrais… ! »

« Ha… Haa… ?! »

Il semblait que c’était hors de ses attentes, elle hurla :

« Qu, qu’est-ce que tu as dit que tu allais faire… ? Tu es fou ? »

« Je suis vraiment désolé, mais je suis très sérieux. Il semble que je ne peux absolument pas retirer mes paroles de ce matin… Mais je dois également te sauver. »

Elle parut mécontente et elle secoua la tête. Shidou n’y prêta pas du tout attention alors qu’il poursuivit :

« Je ne peux pas te laisser déclencher une déchirure spatiale. Donc… »

« Donc tu te prends toi-même en otage ? C’est une façon de penser bien simple. Es-tu un criminel recherché ?! »

Face à ces mots, Shidou sourit légèrement. Il repensa aux films et aux journaux d’outremer où les criminels pointent leurs pistolets sur leurs tempes. C’était la fin de la fin, un acte final dément commit par des gens n’ayant nulle part où aller.

Toutefois, puisque la cible de Kurumi était Shidou, ce n’était pas un acte sans valeur.

En effet. Kurumi s’était fait transférer dans cette école simplement pour l’atteindre. Sa vie avait donc de la valeur en tant qu’otage, c’était plus que probable.

Néanmoins, elle sourcilla et, *Haa*, elle soupira légèrement.

« … Tu penses que ce genre de menace fonctionne sur moi ? Fais-le si tu le peux ! »

« … Aah. »

Marmonna silencieusement Shidou alors que son corps décolla du rebord.

Evidemment, c’était une hauteur vertigineuse, mais, pourtant, il ne ressentait aucun sentiment de peur du tout. C’était peut-être à cause de l’état d’excitation provoqué par diverses secrétions dans son cerveau qui contrait la peur.

« … ! »

« …Shin ?! »

Les voix de Reine et de Kurumi qui se retenaient jusque-là se firent entendre.

Une sensation de flottement momentanée. Le corps de Shidou tomba à une vitesse alarmante.

« … »

Sa conscience était sur le point de s’évanouir. La sensation était similaire à celle d’être sur une montagne russe descendant à haute vitesse. Il ne pouvait pas respirer, ses membres étaient engourdis, il sentait qu’il ne pouvait plus contrôler sa vessie.

Toutefois, à mi-chemin dans sa chute, son corps fut retenu par quelqu’un, ce qui le secoua.

« … Ueh ?! »

A cause du soudain impact, Shidou émit ce son stupide… Le haut du corps de Kurumi apparut, sortant des ombres sur le flanc du bâtiment de l’école, et porta Shidou à la manière d’une princesse.

« Oh… oh, Kuru… »

Au moment où il voulut crier son nom, le corps tout entier de cette dernière s’extirpa des ombres et remonta le bâtiment en le transportant. Une fois revenu sur le toit, elle le posa brutalement.

« Ah… »

Il poussa un profond soupir.

« Je pensais être fichu… »

« Ah… Bien sûr que tu l’aurais été… ! »

Kurumi venait de répondre avec un fort emportement.

« J’y crois pas ! A quoi est-ce que tu pensais ?! A quoi est-ce que tu pensais exactement ?! Si je n’avais pas été là, tu serais vraiment mort, tu sais ?! »

« Ah… A ce propos, comment tu as fait…Merci. »

« C’est ça que vaut ta vie ?! »

« Non, même si tu dis ça… »

A ces mots, l’expression de Kurumi changea, elle se gratta furieusement la tête.

« Aaaaah, vraiment ! Tu es un id…iot… ! »

Shidou se tint-là et lui demanda :

« Kurumi. Tu…pourquoi est-ce que tu m’as sauvé ? »

« … C’est… Si tu étais mort, aurais-je été capable de réaliser mon but ? »

« Vraiment. Eh bien, je suppose donc que j’ai de la valeur en tant qu’otage après tout ? »

« … »

Shidou tendit son doigt et le pointa en direction de Kurumi.

« Bon, à présent, s’il te plait, arrête la déchirure spatiale ! Et retire également ce champ de confinement ! Si tu ne le fais pas, eh bien, je vais me suicider en me mordant la langue ! »

« Ce, ce genre de menace… »

« Tu penses vraiment que je bluff ? »

« Guh… »

Kurumi eut immédiatement une expression de regret et fit craquer ses doigts.

Suite à quoi, le bruit perçant qui résonnait dans la zone s’arrêta. Et avec ça, l’atmosphère pesante qui couvrait les environs disparut également.

« Bon… Bon, d’accord. Après tout, mon intention de base était simplement d’avoir Shidou-san. Il n’y a pas de problème, pas de problème du tout. »

Déclara bruyamment Kurumi comme si elle dirigeait ces mots à elle-même. Puis, elle ouvrit grand ses bras en direction de Shidou. Toutefois, ce dernier ne pouvait pas simplement attendre-là d’être dévoré.

« Donc… Est-ce que tu vas m’écouter une fois encore ? »

« Qu, qu’est-ce que tu veux de plus… ?! »

Kurumi formula ces mots comme si elle était confuse. Il acquiesça de la tête et, *Aaah*, poursuivit sa discussion :

« Une seule phrase suffira… Kurumi, juste une fois, me donnerais-tu la chance de te sauver ? »

Kurumi écarquilla ses yeux et leva ses sourcils sous l’effet de la surprise.

« … Tu vas encore me dire ça ? Arrête-ça tout de suite ! C’est troublant. Je… qu’il s’agisse de tuer des gens, ou bien d’être tuée, j’aime les deux ! Il n’y aucune raison que j’écoute ton baratin ! »

Cria Kurumi comme si elle essayait de repousser Shidou. Cette voix, elle n’était pas comme la précédente qui cachait un insondable sentiment de peur… Au contraire, c’était comme si elle était effrayée par quelque chose.

Les paroles précédentes de Reine revinrent une fois encore à son esprit.

En effet… Elle devait être effrayée. C’était parce que, jusqu’à présent, aucune personne n’avait tendu une main vers elle pour l’aider, c’est pourquoi elle devait être apeurée par ce geste inconnu.

« Kurumi, tu… est-ce que tu as déjà expérimenté… une vie où tu n’avais pas besoin de tuer ou être prise pour cible ? »

Demanda silencieusement Shidou, alors que les épaules de Kurumi eurent une petite secousse.

« … C’est… »

« Eh bien, tu n’en as pas idée. Comment peux-tu être sûr que tu ne préfèrerais pas une vie où tu n’as pas besoin de tuer ou être tuée ? Peut-être… que tu aimerais ce genre de vie paisible. »

« Mais, ce genre de choses… »

« C’est possible ! S’il s’agit de moi ! »

Cria violemment Shidou. Elle semblait intimidée par sa présence puisqu’elle retenait sa respiration.

« C’est vrai que je ne peux pas tolérer ce que tu as fait. Toute ta vie ne suffira pas pour te racheter ! Néanmoins… ! Tu te trompes sur quelque chose, Kurumi ! J’ai une raison de vouloir te sauver… ! »

« … »

Elle fit un pas en arrière. De son côté, Shidou fit un pas en avant.

« Je, je… je… »

Elle regarda aux alentours paniquée et s’écria :

« Shidou-san, je… est-ce que je peux vraiment… »

A cet instant…Au moment où Kurumi voulait dire quelque chose.


« … Tu ne peux pas. Comment peux-tu te faire avoir par ces mots ? »

Venant de nulle part, ce genre de voix résonna.

Shidou fronça des yeux surpris. Cette voix était…

« Hyi… ?! »

A ce stade, comme si elle essayait de perturber les pensées de Shidou, Kurumi, qui se tenait toujours devant lui, poussa un étrange son hors de sa gorge.

« Kurumi… ? »

Shidou la regarda… et fut stupéfait.

« Eii, Aa, aah… »

Kurumi ouvrit grand ses yeux comme s’ils allaient sortir de leurs orbites et poussa un gémissement de douleur.

En baissant les yeux sur la poitrine de Kurumi, on pouvait voir une main cramoisie qui en sortait.

« Eh… »

En voyant cela, Shidou réalisa enfin la situation.

Sans savoir quand, quelqu’un était apparu derrière Kurumi… et l’avait transpercée par l’arrière.

« Je, ah. »

« Très bien, je sais. C’est pourquoi… »

La main se retira de son torse. Immédiatement, sa tenue astrale se dissipa et sa peau blanche mise à nue.

« … Vraiment, dépêche-toi et meurt. »

« …Hyigu. »

Après ce faible soupir d’agonie, Kurumi s’effondra tel un mannequin.

Son corps convulsa pendant un moment… après quoi, elle ne bougea plus.

« Qu… »

Shidou ne bougea pas un muscle. La soudaine situation avait rendu toute pensée impossible.

C’était parce que la personne se tenant derrière Kurumi…

« Ara ara, qu’est-ce qu’il y a, Shidou-san ? Tu ne sembles pas en forme. »

…c’était Tokisaki Kurumi elle-même.

« Kuru…mi… ? Haa ? Pourquoi… ? »

Shidou regarda la Kurumi avec qui il avait tenu une discussion jusqu’à présent, puis il regarda la Kurumi qui venait d’apparaître devant lui.

C’était sans aucun doute la même personne.

Cheveux noirs comme les ténèbres, une peau blanche de jade… son œil gauche lumineux en forme d’horloge, c’était le même que la Kurumi qu’avant.

Seul différait son expression, il n’y avait aucune trace de confusion contrairement à la Kurumi qui gisait au sol. Il n’y avait qu’un sourire aguicheur.

« Vraiment… cet enfant est vraiment dérangeant. »

Elle agita légèrement sa main qui était couverte de sang frais.

Suite à quoi, d’innombrables mains s’extirpèrent des ombres et emportèrent le corps de Kurumi dans les ténèbres.

« C’était humiliant… Toutefois, la moi de cette fois-là était probablement trop naïve. »

« Quo… »

« Aaah, mais bon. A l’instant, tes mots étaient vraiment géniaux. »

Kurumi agitait son corps tout en souriant, comme si elle jouait un canular.

Shidou, sans voix, se tenait-là hébété.

… Il ne pouvait absolument pas comprendre.

A l’instant, sous ses yeux, deux Kurumis avaient existées.

Kurumi avait tué Kurumi. La première Kurumi avait été dévorée par les ténèbres.

« Haa… »

Shidou laissa échapper ce son confus, elle parut amusée puisqu’elle commença à rire.

« Bon, à présent, pourrions-nous nous dépêcher et commencer ? »

Dès que Kurumi eut achevé ces mots, deux mains apparurent aux pieds de Shidou et le saisirent fermement.

« Uwah… ?! »

« Ton pouvoir… Je vais me servir moi-même, Shidou-san. »

Sur ces mots, elle se rapprocha de lui et étira sa main droite.

Ensuite, au moment où elle utilisa cette main droite pour tendrement toucher le visage de Shidou :

« Gi… »

Elle laissa échapper un tel son.

Elle entraperçut un instant une forme blanche descendant du ciel, puis la main droite qu’elle employait pour le toucher se détacha et tournoya quelques fois dans les airs avant de retomber au sol.

« …Ara…Ara. »

Elle fronça des sourcils comme si elle s’ennuyait de sa douleur et fit un saut périlleux arrière en guise de retraite.

Après un moment, Shidou réalisa finalement qu’il y avait une autre personne en dehors de Kurumi et de lui-même.

« Mana ! »

« Oui… Tu t’es mis toi-même dans une autre situation embarrassante à ce que je vois. »

Il s’agissait de Mana, équipée de sa combinaison de combat, avec des épées de lumière dans chaque main, elle regardait dans sa direction.

Toutefois, elle apprêta rapidement ses épées et lança un regard perçant à Kurumi.

« Tu n’as toujours pas retenu la leçon, <Nightmare> ? »

« … Ku, hihi, hihi. Tout comme auparavant, tu es vraiment spéciale... Etre capable de trancher ma <Tenue Astrale Divine 3 – Elohim[20]> … »

« Hmph. Je suis désolée de le dire, mais ce genre de tenue astrale est inutile face à moi. Du coup, tu ferais mieux de… »

A cet instant, alors qu’elle voulait poursuivre sa phrase, Kurumi écarta exagérément ses bras et se tourna sur place.

« Cependant, il n’y a… que moi que tu ne peux pas tuer. »

Alors qu’elle formula ces mots, *Ka Ka Ka*, elle fit résonner ses pas sur le sol comme si elle suivait un rythme.

« Maintenant, maintenant, apparaît…Zafkiel[21], <l’Empereur du Temps>. »

Immédiatement, derrière elle, une énorme horloge se matérialisa.

Elle était plusieurs fois plus grande qu’elle, c’était un énorme cadran d’horloge dont les aiguilles étaient un ancien pistolet et un ancien fusil aux motifs complexes.

« … C’est… un Ange ?! »

Shidou ne put s’empêcher de prononcer ces mots.

…Ange. Des miracles prenant forme. Une arme aux pouvoirs absolus dont les Esprits peuvent être fier.

« Ufufu… »

Kurumi rit, elle retira le pistolet, qui désignait les heures, du cadran de l’horloge géante.

Puis :

« Zafkiel, <l’Empereur du temps>… Dalet[22], la Quatrième Balle. »

Suite à ce grommellement de Kurumi, le chiffre romain [IV], gravé dans l’horloge, suinta quelque chose qui ressemblait à une ombre… rapidement, il fut absorbé par la gueule du pistolet dans la main de Kurumi.

Shidou plissa les yeux face à ce spectacle.

Il avait remarqué qu’au moment où l’ombre s’était écoulée hors de l’horloge, les aiguilles dans l’œil gauche de Kurumi s’étaient mises à bouger dans le sens horaire à une vitesse alarmante.

Cependant, cette question quitta rapidement son esprit.

« Qu… »

La voix surprise de Mana fit irruption dans les oreilles de Shidou. Depuis cette place, il lui était impossible de déterminer l’expression de Mana, mais elle devait être semblable à celle de Shidou actuellement.

Kurumi plaça la gueule de son pistolet sous son menton.

« Qu’est-ce que tu prévois de… »

Mana était en plein milieu de sa phrase lorsque Kurumi, avec un petit sourire, appuya sans hésiter la gâchette.

*Don*, c’est un tel son qui retentit dans les environs, la tête de Kurumi eut une secousse. Quoi qu’il en soit, cette scène ne pouvait être vue comme autre chose qu’un suicide.

Cependant, en cet instant, Shidou et Mana corrigèrent immédiatement leur jugement.

« Haa… ? »

Il eut comme une expression de stupidité sur son visage.

Néanmoins, tous ceux qui auraient assisté à la scène aurait probablement fait de même.

C’était parce qu’au moment où Kurumi s’était tiré dessus, sa main droite, qui gisait au sol, s’était mise à flotter dans les airs comme si on avait rembobiné un film…et s’était envolée vers elle.

Ensuite, une fois en contact avec son bras droit, elle s’y attacha magistralement, se recollant comme si rien ne s’était passé. Même le long gant sur son bras s’était parfaitement recomposé.

« Ufufu, brave garçon ce Zafkiel <l’Empereur du temps>. »

« … C’est la première fois que je vois un tel tour. Sans surprise, c’est une fantastique capacité de guérison que tu as là. »

Déclara Mana avec mécontentement. Kurumi ricana tout en secouant la tête.

« Kihihi, hihi, c’est faux. J’ai tout simplement rembobiné mon temps. »

« …Quoi ? »

Mana leva un sourcil.

Cependant, Kurumi ne fit que rire bravement, elle ne répondit pas et leva bien haut sa main droite.

Elle l’employa pour retirer l’aiguille des minutes du cadran de Zafkiel, <l’Empereur du temps>, derrière elle…c’était le fusil.

« Aaah, aaah. Mana-san, Mana-san. Uniquement aujourd’hui, laisse-moi s’il te plait te vaincre. »

Sur ces mots, en face de l’horloge vidée de ses aiguilles, elle disposa ses deux armes…

… Comme si elle affichait elle-même le temps.

« Donc, à présent. Commençons. Je vais te laisser voir le pouvoir de mon Ange. »

« … Hmph, très bien. Je vais te tuer comme je l’ai toujours fait. »

Suite aux paroles de Mana, Kurumi commença à rire comme si celle-ci avait dit quelque chose de ridicule.

« Kihi, hihi, hihihihihihi, tu ne comprends…toujours pas ? Tu es parfaitement incapable de me tuer. »

« Très bien. Si je ne peux pas te battre, je continuerai de te frapper. Si je ne peux pas te tuer, je te tuerais jusqu’à ce que tu meures. Continuer de te traquer, c’est ma mission et ma raison d’être. »

« Hihihi, aah, très bien. Tu dois être comme ça. Fufufu, fufu, ufu, ufu, excellent, je n’en peux plus… Eh bien, qu’en sera-t-il ? Décapitation ? Un poignard à travers mon torse ? Ou démembrement ? »

« Hmph, je ne connais qu’un seul monstre capable de survivre à tout ça… Essayons de te réduire en cendres, jusqu’à ce qu’il ne reste aucun fragments. »

« ! Heeh ? Ce serait en effet une nouvelle expérience. Très bien. Excellent. »

« Tu es toujours aussi folle. »

« Hihi, si tel est le cas, alors je suppose que nous en sommes au même point ? Tu ne bouges même plus un sourcil maintenant. Je me souviens encore de la première fois que tu m’as tuée, tu étais si mignonne à l’époque. »

« Ferme-la. Ou alors, tu veux que ta bouche et ta gorge se décollent également. »

« Ufufu, fufu. Es-tu capable de le faire ? »

Sur ces mots, Kurumi leva le pistolet dans sa main gauche.

« Zafkiel <l’Empereur du temps>… Aleph[23], la Première balle. »

Comme précédemment, l’ombre du chiffre romain [I] sur l’horloge suinta et fut absorbée par le pistolet dans sa main. Après quoi, une fois de plus, elle plaça la gueule de celui-ci sous son menton… et appuya la gâchette.

Immédiatement.

« Gu… ?! »

La silhouette de Kurumi disparut soudain et, en même temps, Mana fut projeté dans les airs.

« Ahahaha ! Tu ne peux pas me voir ? »

« Tch… »

Mana changea de direction à mi-hauteur et s’avança vers Kurumi comme si elle marchait dans les airs.

Néanmoins, le corps de Kurumi disparut une fois de plus tel du brouillard, elle réapparut derrière Mana l’instant d’après et lui porta un coup de talon dans le dos.

« Kuh… ! »

Toutefois, Mana afficha un regard perçant, les mouvements de Kurumi devinrent lents. Elle avait dû utiliser son Territory pour la capturer.

Mana sembla vouloir trancher Kurumi en deux au niveau du ventre, elle porta un coup horizontal avec son épée de lumière. Mais, cette dernière esquiva au millimètre près et fit un saut périlleux arrière sur le réservoir d’eau.

« Fufu, tu es surprenante ! Tu es toujours capable de contre-attaquer alors que j’ai accéléré le temps ! »

« Hmph… Même s’il s’agit d’une capacité intéressante, on peut dire qu’elle a la pire compatibilité contre moi qui dispose d’un territory, tu sais ? Si je suis capable de te sentir, je pourrais systématiquement capturer tes mouvements. »

« Aaah, aaah, c’est ça. Donc… »

Kurumi se tourna vers Mana à une vitesse qui était impossible à discerner à l’œil humain.

« Zafkiel <Empereur du temps>… Zayin[24], la Septième balle !! »

Presque immédiatement, l’ombre qui jaillit du chiffre romain [VII] de l’horloge fut aspirée dans le fusil de Kurumi. Ensuite, elle visa Mana et tira.

« C’est inutile… Est-ce que je ne te l’ai pas dit… ! »

Une balle de ce calibre aurait été inutile contre Mana qui était équipée d’un territory. Néanmoins…

« Eh… ? »

Shidou émit un son confus.

… Le corps de Mana, qui était actuellement en plein vol, avait été totalement figé.

« Mana… ! »

Malgré les cris de Shidou, Mana ne bougea pas. Il n’y avait aucune réponse du tout. C’était comme si Mana avait été, à l’instant-même, immobilisée dans le temps.

« Haa, haa. »

Kurumi rit et tira un nombre incalculable de balles sur le corps de Mana.

Les armes dans les mains de Kurumi étaient toutes deux d’anciens modèles simple action[25]. Cependant, à chaque tir, une ombre jaillissait des pieds de Kurumi et entrait dans la gueule de l’arme à la place des munitions.

Après un nombre incalculable de secondes, Kurumi atterrit au sol. Au même moment…

« Ga…ah… ?! »

Mana, qui s’était vu tirer dessus d’innombrables balles, tomba au sol ensanglantée.

« Kihihihihi, ara ara, qu’est-ce qu’il y a ? »

« Quo… A l’instant, c’était… »

« Mana ! »

S’écria Shidou tout en courant à ses côtés et en posant un genou à terre.

« Nii-sama, c’est dangereux. Dépêche-toi de fuir… »

« Idiote, qu’est-ce que tu es en train de dire ?! »

A cet instant, on put entendre le bruit d’une porte en train d’être ouverte derrière Shidou.

« Shidou ! »

« …Shidou. »

De nouvelles personnes l’appelèrent par son prénom et arrivèrent sur le toit.

« Tohka… Origami… ?! »

Il les appela par leurs prénoms tout en se retournant vers elles.

Même s’il voulait savoir pourquoi toutes les deux étaient encore capable de se mouvoir au sein du champ de confinement, cette pensée disparut rapidement après avoir prêté attention à leur apparence. Tohka portait sa Tenue Astrale et Origami, de son côté, portait sa combinaison de combat.

« Est-ce que tu vas bien, Shidou ?! »

« Es-tu blessé ? »

Demandèrent toutes les deux en même temps, puis elles se regardèrent l’une l’autre avec mécontentement avant de reporter leur regard sur lui.

Très rapidement, toutes les deux remarquèrent Kurumi devant elles, ainsi que Mana agenouillée et recouverte de sang. Toutes les deux se positionnèrent devant Shidou et pointèrent leurs épées vers Kurumi.

« Sergent-Chef Tobiichi… Tohka-san. Vous allez bien toutes les deux ? Mais… Tohka-san, qu’est-ce qu’il y a avec ton apparence… ?»

Mana haleta sous le coup de la douleur, Tohka laissa échapper un son de surprise.

« La sœur numéro 2 de Shidou. Je pourrais dire la même chose de toi, pourquoi es-tu habillée comme ça ? Tu ressembles à l’AST… »

Mana et Tohka s’échangèrent des regards de surprise, mais le ricanement de Kurumi vint mettre fin à leur conversation.

« Ara, ara, ara. Est-ce que tout le monde est là, maintenant ? »

Dès que Kurumi eut achevé sa phrase, Tohka et Origami s’exprimèrent en même temps.

« Kurumi… Tu t’es soudainement enfuie, alors tu étais dans ce genre d’endroit ?! »

« Tes mouvements sont difficiles à saisir. Qu’est-ce que tu prépares exactement ? »

« Eh… ? »

Shidou sourcilla. De quoi parlaient-elles exactement toutes les deux ?

« Elle… s’enfuir… ? »

Demanda Shidou. Tohka détourna son regard de Kurumi et, *Nn*, elle hocha en même temps de la tête.

« Kurumi m’a bloqué la route… Mais suite à cette explosion, elle a disparu. »

Cependant, Origami vint contredire sa déclaration.

« C’est bizarre. Tokisaki Kurumi était en plein combat avec moi. »

« Quoi ? »

Tohka exprima immédiatement une expression de choc extrême… mais, rapidement, elle secoua sa tête et scruta une nouvelle fois Kurumi.

« … C’est triste, Kurumi. Depuis que tu as décidé de blesser Shidou, je ne peux plus te pardonner. »

« J’approuve. »

Origami scruta également Kurumi.

Cette dernière semblait enchantée alors qu’elle tourna sur elle-même, une fois encore.

« Ufufu, huhu, aaah, c’est tellement effrayant. J’ai tellement peur. Vous voulez utiliser votre avantage du nombre contre quelqu’un d’aussi faible que moi ? »

Son visage, cependant, n’affichait aucune trace de peur alors qu’elle souriait d’un air hautain.

« Toutefois, je vais me battre pour de vrai aujourd’hui…Eh bien, n’est-ce pas ? Nous. »

« Haa… »

A cause de cette étrange phrase, Shidou sourcilla… Néanmoins, l’instant d’après.

« Quoi… ? »

Shidou, Tohka, Origami et Mana, leurs quatre voix se chevauchèrent les unes les autres.

Il fallait s’y attendre.

Les ombres de Kurumi qui se répandaient sur le toit...

De ces dernières, un nombre incalculable de mains blanches s’en extirpèrent simultanément.

Et, ce n’était pas tout. Jusqu’à présent, ces mains pâles n’avaient dévoilées au-dessus du sol que leurs coudes, mais là, elles révélaient, lentement mais sûrement, leur silhouette tout entière.

« Quoi… ce, ce genre de… !! »

La voix de Shidou sortit involontairement de sa gorge.

C’était inévitable, puisque ces mains blanches…

…Appartenaient toutes à Kurumi.

Des Kurumis qui portaient toutes des Tenues Astrales sortirent des ombres.

Il y en avait un nombre incalculable, à tel point qu’elles débordaient presque de l’enceinte du toit.

« Fufu » « Ara, ara » « Ufufu. »


« Ara ara ara. » « Est-ce que je vous fais peur ? »

« Shidou-san. » « Maintenant, que faire ? » « Ahahahaha ! »

« Kihihi. » « Ça semble délicieux. »

« Bon, maintenant. » « Allons-nous jouer ? »

« Venez maintenant ? » « Fufu. » « Kihihi. »

« Fufufufufu. » « Qu’est-ce qu’il y a ? »

D’innombrables Kurumis sourirent tout en parlant de la sorte.

« C’est… »

S’écria Mana. La Kurumi, qui empoignait toujours ses armes, tendit les bras tout en levant son menton.

« Ufufu, fufu. Comment était-ce ? Spectaculaire, n’est-ce pas ? C’est mon passé. Mes expériences. Elles sont les moi de différentes époques, vous savez ? »

« Quo… »

« Ufufu… Au final, Nous ne sommes rien d’autres que des clones de moi-même, des simples copies. Mais elles n’ont pas la même force que moi-même, rassurez-vous. »

Puis, Kurumi poursuivit :

« Mana-san, est-ce que tu comprends maintenant ? C’est la raison pour laquelle tu ne peux définitivement pas me tuer. »

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… Mana retint son souffle. En même temps, Tohka, Origami… ainsi que Shidou en firent de même.

« Ça suffit, à l’attaque. »

« … Ne plaisante pas avec moi… !! »

Celle qui venait de crier n’était autre que Mana. Elle employa son territory pour mouvoir son corps blessé dans les airs, puis son équipement se modifia et projeta de multiples rayons laser.

Les rayons transpercèrent les corps de quelques Kurumis autour d’elle, elles s’effondrèrent au sol.

Cependant, celles qui parvinrent à éviter l’attaque s’envolèrent dans les airs et commencèrent à l’attaquer.

« Hmph… ! »

L’équipement de Mana commença à se modifier et découpa la tête, les bras, le torse des Kurumis qui s’approchaient d’elle. Des morceaux de Kurumi se répandirent sur tout le toit.

Néanmoins, la Kurumi qui se tenait avec ses deux pistolets devant Zafkiel, <l’Empereur du temps>, venait de finir le rechargement de Zayin, la Septième Balle, et elle tira sur Mana… Tout comme précédemment, le corps de Mana s’immobilisa immédiatement dans les airs.

« Mana… »

Shidou cria aussi fort que ses poumons le lui permirent. Toutefois, il était impuissant.

Tohka et Origami parurent toutes deux protéger Shidou alors qu’elles agitèrent leurs épées… Mais, la différence du nombre était tout simplement trop importante. Elles furent contournées par la gauche et par la droite au moment-même où l’arrière céda, les Kurumis les maîtrisèrent sur place.

Sur ce, Shidou n’avait plus aucune carte à jouer. Ses deux bras furent saisis par Kurumi et il fut jeté à terre.

Tout cela s’était déroulé en l’espace de cinq minutes.

Il fallait s’y attendre. Tohka n’était pas dans un état où elle pouvait faire sortir son plein pouvoir… Origami ne pouvait pas non plus utiliser son arsenal au complet.

Mana était actuellement la seule à voir la capacité de concourir avec un Esprit, mais, au moment où elle avait été immobilisée par l’Ange, la victoire était déjà toute décidée.

« Tohka… Origami… Mana… !! »

Les deux bras retenus au sol, Shidou avait à peine été capable de produire de tels sons.

« Guh… »

« … »

Non loin les uns des autres, Tohka et Origami, ainsi que Shidou, étaient retenus au sol, chacun d’eux blessés un peu partout, ils avaient des respirations douloureuses.

Depuis la position de Shidou, il était incapable d’établir l’état de Mana. Il savait seulement qu’elle était tombée des airs et qu’elle avait été immobilisée par plusieurs Kurumis.

« Ufufu, fufu. »

Au milieu de tout ça, Kurumi commença à se rapprocher de lui, elle avait toujours ses armes à la main et souriait calmement.

« Aaah, aaah. J’ai attendu trop longtemps. Je peux finalement commencer à goûter Shidou-san. »

« Ar…arrête, Kurumi ! Ne t’approche pas de Shidou ! »

« … Lâche-le… »

En dépit de leurs efforts, Tohka et Origami furent incapables de s’échapper de leurs liens.

Kurumi ricana tout en marchant vers lui, soudain elle s’arrêta.

A ce moment-là, les sourcils de Kurumi se levèrent comme si elle venait de se souvenir de quelque chose.

« Fufu… C’est vrai. »

Tout en prononçant ces mots, elle passa le pistolet de sa main droite à sa main gauche ; après quoi, elle leva la main en l’air.

Exactement comme précédemment, l’alarme d’une autre déchirure spatiale commença à se faire entendre.

« Quo… Kurumi, qu’est-ce que tu prévois de… »

« Ufufu, fufu. La même chose qu’avant, bien sûr. Tout le monde n’est pas encore réveillé… Ufufu, ils mourront tous, c’est certain. »

« Ar, arrête ça… ! Si tu as l’intention de faire une telle chose, je vais me mordre la langue… »

Au moment où il formula ces mots, les Kurumis qui le retenaient insérèrent, des deux côtés de sa bouche, leurs doigts fins dans celle-ci et appuyèrent sur sa mâchoire et sa langue.

« Hugu… ?! »

« Se mordre la langue… ? Laisse-moi voir comment tu vas faire ça maintenant ? »

Kurumi rigola tout en gardant fermement en position sa main droite. De même que la fois précédente, un son perçant commença à résonner dans les alentours.

« Fufu, hihihi, hihihi ! Maintenant ! Pour que tu ne me trompes plus jamais, je vais te plonger dans le plus profond des désespoirs ! »

« Arrête ça… ! »

Bien qu’il ne fût pas capable de correctement prononcer ces mots, il put produire un son.

Kurumi ignora sa demande et elle baissa sa main droite.

Kurumi… elle souriait. Puis, elle gloussa et s’esclaffa.

« Ah…hahahahahahahahahahaha… ! »

En un instant, les alentours du lycée Raizen commencèrent à émettre un bruit terrifiant… l’air trembla comme s’il s’agissait d’un tremblement de terre.


Cependant.

« Ah….Haa… ? »

Après quelques secondes, ce rire s’arrêta sur une intonation interrogative.

Kurumi regarda autour d’elle surprise.

C’était tout. Le ciel avait, effectivement, été divisé. Le bruit perçant sonnait toujours. L’air vibrait encore comme si une explosion s’était produite.

Toutefois… c’était tout.

« … ? »

Shidou avait également remarqué l’irrégularité et il sourcilla.

Il avait vu les sites des déchirures spatiales d’innombrables fois. C’était comme si l’espace lui-même avait été consommé. Quoi que ce fût, il avait toujours disparu sans laisser de traces.

Les alentours du lycée Raizen et la ville étaient toujours intacts.

« C’est… Que se passe-t-il… ? »

Kurumi, prise de confusion, secoua sa tête.

Suite à quoi…

« … Tu ne le savais pas ? Les déchirures spatiales… si tu déclenches une autre déchirure spatiale au même moment et à la même magnitude, tu peux annuler la première. »

C’était comme si on avait expliqué ce qui venait de se passer. Au-dessus de leurs têtes, une voix calme se fit entendre.

« … Qui es-tu ? »

Le visage de Kurumi convulsa, sa main droite saisit à nouveau son pistolet alors qu’elle regardait au-dessus d’elle.

Shidou leva également la tête… et ouvrit grand ses yeux.

Le ciel était rouge.

Ce fut sa première impression.

Sur le toit, au-dessus des têtes de Shidou et de Kurumi, flottait une masse de flammes.

Et, au sein de ces dernières, se tenait la silhouette d’une jeune fille.

Elle ressemblait à une fille en cosplay : ses manches flottaient au vent, la moitié de son corps paraissait fusionnée aux flammes vacillantes, son taille était munie d’une ceinture de flammes, comme s’il s’agissait-là de la robe céleste d’une vierge divine.

Et, sur sa tête, il y avait deux cornes inorganiques. Cette apparence n’était pas celle d’une princesse… mais plutôt celle d’un oni[26].

Cependant, la raison pour laquelle le regard de Shidou fut captivé par cette fille, ce ne fut pas simplement à cause de tout cela.

Il ouvrit la bouche confusément.

« Koto…ri… ? »

En effet, la sœur de Shidou, le commandant de <Ratatoskr>.

L’allure de la fille qui était vêtu de flammes… c’était sans conteste celle de Itsuka Kotori.

Elle descendit lentement et regarda en direction de Shidou.

« … Juste pour un moment, je vais te le reprendre, Shidou. »

« Eh… ? »

Sans comprendre les mots de Kotori, Shidou sourcilla.

« … C’est… »

A ce stade, sans comprendre pourquoi, le visage de Origami afficha une expression de peur que Shidou ne lui avait jamais vu auparavant.

« … Brûle, Camael[27], <Démon Annihilateur de Feu> ! »

Après qu’elle eut prononcé ce nom, des flammes apparurent autour de son corps et formèrent quelque chose de similaire à une énorme massue.

Au moment où elle s’en saisit, une lame vermeille se dévoila de l’autre côté.

En effet, elle semblait être… une énorme et absurde hache d’armes.

Shidou resta sans voix. Kotori agita légèrement l’énorme hache d’armes et regarda Kurumi.


« A présent… Commençons notre combat. »



Postface[edit]

Cela faisait longtemps, c’est Tachibana Koushi qui vous parle.

Dans cette conclusion du tome 3, je vous remercie pour votre achat et, pour ceux qui commencent, je me présente, je suis l’auteur Tachibana Koushi Fitzgerald.

« Date a Live 3 – Killer Kurumi » est enfin sorti.

Est-ce qu’il n’y a pas une légère différence de structure par rapport au tome précédent, non ? Comment l’avez-vous trouvé ?

Je serais ravi qu’il vous ait plu.

A ce propos, le kanji [狂三] se lit [くるみ] et pas [きようそう][28]. Sinon, ce serait clairement le nom d’un grand-père…

Pour information, je suis en plein dans le projet d’écriture de l’anime Date A Live ! C’est trop rapide, n’est-ce pas ? Ce n’est que le troisième volume, non ? Ça m’a surpris aussi !

Pour plus de détails, veuillez attendre les prochaines annonces.

Cela dit, moi aussi, pas plus tard qu’il y a deux jours alors que j’écrivais, j’ai été surpris en l’apprenant.

Mu… Ah bon, un anime ? C’est une extraordinaire sensation, alors que jusqu’à il y a 3 ans, j’étais encore un amateur. Mais en y repensant, on pouvait tout de même compter 10 tomes depuis le début de « Soukyuu no Karma ». D’une manière ou d’une autre, c’est vraiment remarquable.

Mais le plus grand mérite revient aux magnifiques illustrations de Tsunako-san, aux éditeurs qui ont donné de leur mieux à chaque tome, je remercie également les différentes personnes de la maison d’édition qui ont apporté leurs influences, ainsi que tous les lecteurs qui tiennent actuellement ce livre entre leurs mains.

Bien que je sente que je devrais être satisfait de cela, je crois que je vais viser encore plus haut. Je m’en remets à vous pour la suite.

Eh bien, ceux qui l’ont lu auront certainement pensé et compris que dans le prochain volume l’histoire sera plus intense que jamais.

Puis, dans le prochain tome, enfin, cette killer fera la couverture. Cela laissera sûrement perplexes ceux qui n’ont pas lu ce tome.

Sur ce, j’espère que nous nous reverrons une prochaine fois.

Tachibana Koushi.




Notes de traduction[edit]

  1. Nii-sama est une version très respectueuse pour désigner un grand frère. En général, on utilise plutôt Nii-san voire Nii-chan qui est une version encore moins formelle.
  2. Le keigo est l’ensemble des règles de politesse du langage japonais. Pour plus d’informations à ce sujet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Keigo.
  3. Le suffixe –dono est très peu utilisé actuellement. Il apparaît parfois dans certaines notices officielles. Par contre, il était très employé pour les nobles et les samouraïs. Une fois encore, il faut prendre cela comme une forme d’ironie.
  4. Comme précisé plus loin, c’est un entraînement phonétique, des sons sans signification destiné à faire travailler la prononciation. Cet ensemble est spécifique à la langue japonaise.
  5. Référence aux évènements qui parsèment les romances des visuals novels. Le terme anglais est utilisé dans la version japonaise afin de souligner un vocabulaire propre à ce domaine.
  6. Kouhai est le terme inverse de Senpai. Il est utilisé pour se référer à quelqu’un de socialement inférieur. Ici, en l’occurrence, il s’agit d’une élève plus jeune que Shidou (ou du moins d’une année inférieure à la sienne).
  7. Au sens littéral, ai ai gasa signifie partager son parapluie. Grâce au jeu de mot sur le sens de –ai-, signifiant également amour, on souligne par là le fait de partager amoureusement son parapluie. Pour plus d’informations : http://en.wikipedia.org/wiki/Ai_Ai_Gasa.
  8. Terme de l’argot internet, principalement utilisé par les otakus, pour désigner des personnes qui ont ‘de bonnes vies’, soit en général les personnes populaires ou qui sont en couples.
  9. Il s’agit de la région de Tokyo.
  10. Computer Graphics. Encore une référence aux galges, il s’agit des illustrations couleurs qui se retrouvent à divers moments-clés dans ces derniers.
  11. En anglais dans le texte original. Il faut comprendre par là des lieux propices à des events dignes d’un galge.
  12. Rôle de second dans les duos comiques des comédies japonaises. Il est normalement le plus intelligent et le plus sage du duo. Pour plus d’informations : http://en.wikipedia.org/wiki/Glossary_of_owarai_terms#owarai.
  13. " 遠い親戚より近くの他人". Littéralement, cette expression voudrait dire: “Un étranger proche est préférable à un parent éloigné”.
  14. " 三つ子の魂百まで". C’est une expression qui est formulée lorsqu’un enfant atteint l’âge de 3 ans pour signifier que ses aptitudes détermineront ce qu’il deviendra dans le futur.
  15. En anglais dans le texte original
  16. Le diminutif du nom du chien de Shibuya est ハチ (Hachi). Ici, les gens appellent la statue du chien パチ (Pachi).
  17. Recette italienne, d’origine napolitaine, à base de poisson, ail, huile, tomate, etc.
  18. SM Joou-sama dans la version original du texte. Joou-sama signifie Reine.
  19. Acronyme du latin Deus Ex Machina qui signifie « Dieu issu de la machine ». C’est principalement un terme utilisé en théâtre pour désigner un dieu dénouant de manière impromptue l’intrigue. Pour plus d’information : http://fr.wikipedia.org/wiki/Deus_ex_machina.
  20. Le nom de la Tenue Astrale de Kurumi signifie Dieu ou Dieux en hébreu.
  21. Le nom de l’Ange de Kurumi est celui d’un des sept archanges. Pour plus d’informations : http://fr.wikipedia.org/wiki/Tsadqiel.
  22. Il s’agit de la quatrième lettre de l’alphabet hébreu.
  23. Première lettre de l’alphabet hébreu.
  24. Septième lettre de l’alphabet hébreu.
  25. Il s’agit des armes à feu utilisées avant 1850. Ces anciens modèles demandaient qu’on réarme manuellement le chien de l’arme. Les armes de Kurumi semblent, en plus, exiger un rechargement balle par balle par l’avant, comme c’était le cas des premiers modèles d’arme à feu à silex ou à percussion. Pour plus d’informations sur le fonctionnement des armes à feu simple action : http://fr.wikipedia.org/wiki/Platine_%28arme%29#Simple_action.
  26. Démons du folklore japonais.
  27. L’un des sept archanges. Son nom signifie : « Celui qui voit Dieu. »
  28. 狂三 peut se lire くるみ (Kurumi) ou bien きようそう (Kyousou). Dans la version japonaise, la lecture est donnée pour chaque personnage lors de sa première apparition.