Difference between revisions of "Date A Live:Tome 3 Chapitre 3"

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A cet instant, à côté de Shidou, Kotori, qui était restée assise en face de Mana, se leva et prit, pour des raisons inconnues, la tasse de thé que Mana avait utilisée.
 
A cet instant, à côté de Shidou, Kotori, qui était restée assise en face de Mana, se leva et prit, pour des raisons inconnues, la tasse de thé que Mana avait utilisée.
 
   
 
=== Partie 2 ===
 
=== Partie 2 ===

Revision as of 14:11, 5 February 2014

Chapitre 3: Guerre entre Soeurs

Partie 1

« Ohh, alors c’est ta maison actuelle !? »

En arrivant à la porte de la résidence Itsuka avec beaucoup de difficulté, la fille fit bouger ses cheveux qui étaient attachés en queue de cheval, elle prononça ces mots de manière polie qui ne se conformaient toujours pas au keigo.

Il s’agissait de l’auto-proclamée sœur de Shidou dont le nom était Takamiya Mana.

Bien que cette fille ne pouvait être plus suspecte… lorsqu’elle avait étreint Shidou dans la rue, elle s’était tenue là avec des larmes aux yeux et avait passionnément décrit à quel point elle avait espéré cette rencontre avec lui, il n’avait eu d’autre choix que de la ramener avec lui.

Bien sûr, Kotori avait donné son consentement. Pour dire la vérité… la personne qui avait suggéré de ramener Mana à la résidence Itsuka était Kotori elle-même.

« Mu, mais c’est vraiment choquant ! Shidou a en fait une autre sœur… »

« Non… je n’ai aucun souvenir de tout ça. »

« Vraiment ? Je pense toujours qu’elle te ressemble… »

« Ça va sans dire ! Puisque je suis sa sœur ! »

Lorsque Tohka eut fini, Mana s’agrippa aux bras de Shidou avec assurance.

Néanmoins son regard changea soudainement, elle regarda Shidou et Tohka avec une expression complexe.

« … Mais Nii-sama. Je dois vraiment te le dire. »

« Ha ? A propos de quoi ? »

« Bien sûr ! Tobiichi… Ce n’est pas juste... c’est… à part belle-sœur, pourquoi tu es encore fourré avec d’autres femelles… »

Mana s’éclaircit la gorge tout en rougissant frénétiquement pendant qu’elle parlait.

« Ha… Haa ? »

Shidou ouvrit grand ses yeux alors qu’il s’écria de la sorte.

« Il y a quelque chose qui cloche ? »

« Il y a trop de questions même pour un tsukkomi[1]! Avant tout, il y aurait un ‘qu’est-ce que c’était que ça’ ? Est-ce que tu connais Origami ? »

« Nn, eh bien. Est-ce étrange ? »

En même temps que Mana prononça ces mots, elle porta un regard aux alentours comme si elle essayait de chercher une excuse. Bien qu’il fût particulièrement intéressé de savoir comment elles s’étaient connues toutes les deux, il y avait autre chose de prioritaire.

« Et donc…Pourquoi l’appelles-tu belle-sœur… ? »

« Non, ce n’est pas comme si je n’avais pas quelque retenue à l’appeler ainsi, c’est pour me préparer pour le futur… »

« Il n’y aucun projet en ce sens-là !? »

« Vrai, vraiment… ? »

Elle fronça des sourcils d’un air inquiet.

« Mais, Nii-sama, tu es suspecté d’infidélité conjugale… »

« Infidélité conjugale ? Qu’est-ce que c’est ? »

Tohka pencha la tête. Il semblait qu’elle avait encore appris un autre mot dangereux.

Mais alors justement que Shidou allait lui expliquer… ce qui voulait dire qu’il était au cœur de sa propre confusion, Mana en profita pour poser des questions à Tohka.

« Je vais être directe. Tu es bien Tohka-san, non ? Est-ce que tu sors avec Nii-sama ? »

« Quo… ! »

Shidou s’interposa entre les deux avec un visage terriblement rouge.

« Qu, qu’est-ce que tu viens de dire, comment ça pourrait être possible !? »

Mana jeta à Tohka un regard surpris.

« … Tohka-san ? Est-ce que tu as eu un rendez-vous avec Nii-sama auparavant ? »

Elle avait fait dépasser sa tête à côté de Shidou et avait posé cette question à Tohka.

« Aaah, tout à fait ! »

« … »

Mana dirigea un regard perçant tel un *Ji* vers Shidou.

« Ce, ce n’est pas…à propos de ça… »

Il ne mentait pas mais c’était difficile pour lui de le renier. Shidou fit un pas en arrière alors que des gouttes de sueurs s’écoulaient le long de son dos.

A ce stade, Mana rougit et employa un ton de absolument sérieux, elle posa à Tohka une autre question.

« Tohka-san. Ne me dis pas que tu as déjà *Chu~* ? »

« *Chu~* ? »

« Je, je parle de s’embrasser ! »

« Nn, nous l’avons fait ? »

« … !! »

Face à la réponse calme de Tohka, Mana ouvrit grand ses yeux.

« Im, impure ! »

« Hey, calme-toi… »

« Nii-sama a vraiment agi comme un gigolo… ! C’est trop bouleversant ! Reforme ! Tu dois être corrigé ! »

« Shidou, qu’est-ce que c’est un gigolo ? »

Demanda une nouvelle fois Tohka pleine de curiosité. A la place, Shidou dit « AH… Que c’est pénible ! » et il se gratta furieusement la tête, tout en poussant Tohka vers la porte de l’appartement voisin.

« Nu ? Pourquoi est-ce que tu me pousses ? »

« C’est pénible à expliquer, avant tout tu dois retourner dans ta chambre. »

« Muu, mais… »

« Je vais préparer des hamburgers pour le dîner de ce soir, ça sera suffisant ! »

« Oooh, vraiment !? »

Après ces mots de Shidou, les yeux de Tohka pétillèrent et se promenèrent partout dans l’appartement alors que ses mains s’agitaient.

« Shidou ! Je veux des œufs frits par-dessus ! »

Shidou répondit par un « oui, oui », tout en agitant sa main, puis la regarda s’éloigner.

« … Il semblerait que tu sois très habitué à traiter avec le sexe opposé. »

Venait de dire Mana avec des yeux plissés. De son côté, Shidou agissait comme s’il ne l’avait pas entendu, il la contourna et passa le portail de la résidence Itsuka.

Saisissant la poignée de la porte, il ouvrit la porte d’entrée. Puis…

« …Bienvenue, O•Nii•Chan ! »

Kotori attendait à l’entrée dans des vêtements communs (bien sûr, les rubans étaient toujours noirs). Ce qui était différent, c’était la manière forcée dont elle avait dit « Onii-chan ».

Dans le but de recevoir l’invitée, elle était rentrée du <Fraxinus> et avait attendu.

« Oh, Oo… Je suis rentré. »

Shidou transpirait sous le poids de l’inexplicable pression, il leva sa main légèrement en guise de réponse.

« Ara. Qui est-ce ? »

Cela semblait être une formulation bien ancienne pour le demander. Mais on ne pouvait s’y soustraire. Kotori, qui était restée à la maison tout ce temps (Disons ça comme ça), savait déjà ce qui s’était passé dans la rue quelques instants auparavant, elle paraissait extrêmement suspicieuse.

« Aa, aaah… Nous nous sommes rencontrés dans la rue. Peu importe ce que… »

« Est-ce qu’il y a encore quelqu’un d’autre dans la maison !? Merci d’avoir pris soin de Nii-sama! »

Mana venait de dire cela avec un large sourire, tout en serrant avec force la main de Kotori et en la secouant vigoureusement.

Kotori, dans un de ces rares moments, fut troublée au point de transpirer.

« Nii-sama ? Shidou ? »

« Oui ! Mon nom est Takamiya Mana ! La sœur de Nii-sama. »

Kotori soupira par le nez, relâcha la main de Mana et conduit cette dernière dans la maison.

« Eh bien, pourquoi n’entrerions-nous pas d’abord. Nous pourrons discuter des détails plus tard. »

« Oui ! »

Mana répondit avec enthousiasme tout en suivant Kotori.

« …Haaaa. »

Tout cela avait semblé mener vers une situation compliquée mais, heureusement, ce ne fut pas le cas.

Shidou soupira légèrement, retira ses chaussures et suivit les deux dans le couloir.

Le thé et les friandises avaient déjà été disposés sur la table, Kotori et Mana se firent face l’une l’autre et s’assirent sur le canapé.

Kotori utilisa son menton pour pointer la place à côté de Mana. C’était comme s’ils allaient tenir une conférence à trois.

« …Eh bien. Pouvons-nous l’entendre de ta bouche ? »

« Oui ! »

En réponse aux paroles de Kotori, Mana donna une réponse résolue.

« Mana, c’est bien ton nom, n’est-ce pas ? Tu…te désignes toi-même comme la sœur de Shidou ? »

« C’est bien le cas. »

Mana dit cela en hochant vigoureusement la tête. Kotori pencha le bâtonnet de sa sucette qui, auparavant, se trouvait dans sa bouche vers le haut, c’était comme si elle essayait de déterminer la réaction de Mana alors qu’elle continuait de parler.

« Mon nom est Itsuka Kotori… Je suis aussi la sœur de Shidou. »

« … ? »

Mana pencha sa tête suite aux mots de Kotori…

« Ha… ! Si tu affirmes ça alors ne me dis pas que tu es ma nee-sama… !? »

« Je ne le suis pas ! »

« Aa, mes excuses… Désolé Kotori. En tant que ta sœur ainée je vais… »

« Qui diable est ta petite sœur !? »

Kotori, en mode commandant, laissa échapper ce rare cri. Shidou ne put s’empêcher de jeter un regard étonné, Kotori toussota faussement.

« Yaahaha, il ne me semble pas me souvenir une seule seconde… d’avoir une sœur. »

« Vraiment… »

Kotori eut un regard perturbé alors qu’elle se gratta la tête en soupirant. Il semblait que son rythme avait été sévèrement interrompu.

« Mais…petite sœur, huh. »

Kotori ferma à moitié ses yeux et fixa Mana.

En y pensant normalement, s’entendre dire soudainement « Je suis ta sœur » ou quelque chose comme ça, ce serait incroyable. Néanmoins, puisqu’il s’agissait de Shidou, nous ne pouvons exclure un tel cas.

Pour le moins, Shidou n’avait aucun souvenir d’avoir une autre sœur en dehors de Kotori.

Néanmoins… La vérité était qu’il n’était pas né au sein de la famille Itsuka.

Abandonné par sa mère en bas âge, il fut élevé comme membre de cette famille.

Par conséquence, les mots de Mana ne pouvaient pas être vus comme un mensonge complet, même si Shidou ne s’en souvenait pas, la possibilité que Mana soit sa sœur de sang…ne pouvait pas être écartée.

Mais si les souvenirs de Shidou étaient flous, le fait que Mana, qui était encore plus jeune que lui à cette époque, fût capable de se les remémorer était plutôt suspicieux.

« A ce propos…Mana, est-ce que je peux te poser une question ? »

« Oui ! Qu’est-ce que c’est, Nii-sama ? »

Face aux mots de Shidou, Mana avait exprimé un sincère contentement venu du plus profond de son cœur, utilisant un ton exubérant pour répondre. Kotori, mécontente, laissa échapper un « Humph ! » pour des raisons inconnues.

« A propos de…Désolé. Mais je n’ai aucun souvenir de toi… »

« Il fallait s’y attendre. »

Mana croisa les bras et hocha de la tête.

Shidou engloutit et posa la question qui occupait son esprit.

« Bien que j’aie voulu le demander dès le départ… Ta mère…est en ce moment… »

Si Mana était réellement la sœur de sang de Shidou… elle devait savoir quelque chose à ce propos.

Celle qui avait abandonné Shidou, sa mère biologique.

Néanmoins…

« Ah ? »

Mana pencha la tête en même temps que cette réponse vague.

Les sourcils de Shidou se levèrent…

C’est pas vrai ! Mana a été également abandonnée après Shidou ?

A ce moment-là, comme percevant les pensées de Shidou à travers son expression, Mana secoua la tête.

« Ah, c’est pas ça, c’est pas comme ça. Ce genre de choses n’arrive pas… »

Mana, embarrassée, sourit amèrement tout en buvant d’un trait le thé rouge à côté d’elle, puis elle poursuivit.

« Je…pour être sincère, je n’ai aucun souvenir de mon passé. »

« …Comment ? »

A ces mots, Kotori afficha une expression de total mécontentement. Elle ajusta sa position afin de faire face à Mana et prit la parole une fois de plus.

« Ce passé que tu as mentionné, à quel point l’as-tu perdu ? »

« C’est vrai. Je ne me souviens pas de ce qui s’est passé avant deux-trois ans mais je me rappelle encore des incidents survenus depuis cette période. »

Suite aux paroles de Kotori, Mana sortit le médaillon d’argent qui se trouvait sur sa poitrine, à l’intérieur il y avait une photographie extrêmement décolorée. Sur cette dernière, il y avait les visages de Shidou et de Mana lorsqu’ils étaient encore enfants.

« Est-ce que c’est…moi ? »

Shidou laissa échapper ces paroles de surprise, néanmoins… Kotori eut une expression choquée.

« Attends une minute. Sur cette photo, Shidou devait être âgé d’environ dix ans, non ? A cette époque, il ne devait pas déjà être arrivé à notre maison ? »

« Ah, maintenant que tu le mentionnes, c’est vrai. »

Il se gratta le visage alors qu’il prononça ces mots. Néanmoins, le garçon sur l’image ressemblait à n’en point douter à Shidou, c’était la vérité.

« Vraiment? C’est réellement incroyable. »

« Incroyable tu dis… est-ce que ça pourrait être quelqu’un d’autre qui lui ressemble ? Mais, il est vrai qu’ils correspondent. »

« Non, il n’y a pas d’erreur. Nii-sama est mon grand frère. »

« … Comment peux-tu l’affirmer aussi sûrement ? »

Suite à cette question de Kotori, Mana tapota sa poitrine.

« C’est ce qu’on appelle les liens entre frères et sœurs ! »

« … »

Kotori hausse des épaules avec une expression muette, elle poussa un soupir… Pour diverses raisons, elle paraissait soulagée.

Néanmoins, Mana ferma ses paupières et continua de parler avec passion.

« Non, j’en suis surprise moi-même. J’ai vraiment eu un choc. Lorsque j’ai vu Nii-sama, mon cœur ne s’arrêtait plus de palpiter. »

« Qu’est-ce que c’est que ça ? N’est-ce pas plutôt un coup un coup de foudre ? »

« Ha ! Peut-être c’est vraiment un coup de foudre… Kotori-san, laisse-moi avoir Nii-sama. »

« Comment pourrais-je !? »

Kotori cria instinctivement. Après cela, elle laissa échapper un toussement peu naturel.

« Quoi qu’il en soit. C’est perturbant de ta part de dire que tu es sa sœur avec de si faibles raisons. Avant tout, Shidou fait déjà partie de cette famille, et maintenant tu dis que tu veux nous l’enlever… »

« Je n’ai pas une telle intention, tu sais ? »

« Eh ? »

En réaction à la réponse indifférente de Mana, Kotori écarquilla les yeux.

« Je suis vraiment reconnaissante envers tous les membres de cette famille qui ont acceptés Nii-sama parmi eux. Aussi longtemps que Nii-sama peut vivre une vie heureuse, je serais satisfaite. »

En disant cela, Mana passa son bras par-dessus la table et saisit la main de Kotori une fois de plus.

Kotori, mécontente, courba sa bouche en forme de *へ*.

« Humph… Qu’est-ce que… Tu sembles bien connaître ton sujet. »

« Nn… Même si ce sont des souvenirs confus, néanmoins je peux seulement me rappeler que Nii-sama est parti vers un endroit inconnu. Cette fois-là, j’étais réellement inquiète mais, encore plus que cela, j’étais préoccupée de savoir si Nii-sama allait bien… Donc, maintenant que je sais que Nii-sama mène une vie tranquille, je suis vraiment contente. Et il a également une sœur adoptive si mignonne. »

Sur ces mots, Mana sourit. Le visage de Kotori rougit et détourna tristement son regard.

« Qu, qu’est-ce qui cloche chez toi, dire soudainement ce genre de choses… »

« Eh bien, c’est sûr. »

A ce stade de la conversation, Mana avait interrompu Kotori et avait prononcé ces mots.

« Après tout, tu ne peux pas battre une vraie sœur. »

« … »

Instantanément, un bruit de *Pi !*, comme si l’air venait de se fendre en deux, se fit entendre.

« Hey, hey, Kotori. »

Kotori ne semblait plus écouter le moindre mot de Shidou. Les muscles de son visage convulsèrent et révélèrent un sourire crispé.

« Heeeh… Tu crois ? »

« Ah, le pourquoi est évident. Il n’y a rien qui peut battre les liens de sang. »

« Mais, ne dit-on pas ‘qu’il vaut mieux un ami proche qu’un parent éloigné’[2]? »

Au moment où Kotori acheva sa phrase, Mana, qui souriait depuis le début, vit ses tempes convulser une seconde.

Après une période d’étourdissement, Mana laissa la main de Kotori et posa les siennes sur la table.

« Yahaha…Qu’en est-il de ça ? A la toute fin, il devra toujours être avec sa vraie sœur, je me trompe ? Ne dit-on pas que ‘ta destinée est fixée lorsque tu atteins l’âge de trois ans’[3]? »

« …Gu. Heh, heheh. Néanmoins, même si vous êtes liés tous les deux, c’est celui avec qui il a passé le plus de temps ensemble qui a l’avantage ! »

« Non, non, à la fin, tu resteras toujours une étrangère, une vraie sœur signifie être lié par le sang. Les liens du sang sont plus épais que l’eau ! Depuis le début, les points de petite sœur de chacune de nous deux sont radicalement différents ! »

Affirma Mana tout en criant. Les points de petite sœur. Un concept qui était totalement inconnu.

Néanmoins, Kotori ne le remit pas en cause alors qu’elle protesta.

« Les liens de sang, les liens de sang, tu sais dire quoi d’autre ? Tu peux parler des liens entre frères et sœurs mais j’ai vécu en tant que petite sœur pendant plus de dix ans ! N’est-ce pas évident qui a le plus de points de petite sœur !? »

« Ridicule ! Les frères et sœurs qui ont été séparés de force à l’enfance finissent par se réunir à travers l’espace et le temps ! Est-ce que cela n’atteint pas ton cœur ? Face aux réels obstacles, le temps et les autres trucs du genre, cela importe peu ! »

« Tais-toi ! Qu’en est-il des liens de sang !? Une vraie sœur ne peut même pas se marier avec lui ! »

« Eh… ? »

Les voix de Shidou et de Mana se chevauchèrent. Les joues de Kotori se teignirent de cramoisie, elle heurta la surface de la table alors qu’elle tenta de protester.

« Quoi, quoi qu’il en soit ! Pour le moment, la petite sœur ici c’est moi ! »

« Qu’est-ce que… ? Il devrait appartenir à sa vraie sœur qui est ici ! »

« Eh, eh bien, pourquoi est-ce que nous ne nous calmerions pas d’abord, toutes les deux vous êtes… »

Shidou tenta de calmer ces deux personnes alors que son visage suintait de sueur, Kotori et Mana se tournèrent vers lui accompagnée d’un *Pa !*.

« Shidou, quel est ton avis !? »

« Vraie sœur, sœur adoptive, quelle faction vas-tu choisir !? »

« E, eh, eh !? »

Face à une question qui était au-delà de ses attentes, Shidou poussa un cri pitoyable.

« Non, ce n’est pas à propos de…quelle faction… »

« … »

Kotori et Mana fixaient Shidou en produisant un *Jii*. C’était évident au premier coup d’œil, quel que soit le camp qu’il choisirait, il ne s’en tirerait pas si facilement. Il devait au moins essayer de détourner le sujet, pensa-t-il.

« C’est, c’est vrai, Mana ! »

« Oui ? »

Tout en posant cette question, Mana joignit ses mains et pencha sa tête en guise d’interrogation.

« Tu as dit avant que tu n’as pas de souvenirs de ton passé, n’est-ce pas ? »

« Nn, c’est le cas. »

« Alors où est-ce que tu vis maintenant ? Tu ne vis pas avec ta famille ? »

« Aah... C’est… »

A cet instant, Mana, qui avait été fluide avec ses mots jusqu’à présent, hésita.

« Eh, eh bien, il y a beaucoup de raisons à cela. »

« Beaucoup de raisons ? »

« Quelque chose…comme ça. Si je dois vraiment le dire… c’est parce que je travaille à un poste avec des logements fournis. »

« Travail… ? Mana, à cet âge ? Tu n’as pas le même que Kotori ? Qu’en est-il de l’école ? »

Même si Kotori avait un poste de commandement dans une organisation secrète… elle assistait toujours assidument à l’école.

Les yeux de Mana regardaient autour pleins de détresse.

« Ce, c’est…eeh…um…Par, pardonne-moi ! »

« Eh… ? Attends, attends une… »

Avait dit Mana. Avant que Shidou parvint à l’arrêter, elle courut et s’enfuit tel un lièvre.

« Qu… Qu’est-ce qui se passe avec elle, qu’est-ce que… »

Tout en se grattant le visage, il regarda confus l’entrée par laquelle Mana venait de disparaître.

A cet instant, à côté de Shidou, Kotori, qui était restée assise en face de Mana, se leva et prit, pour des raisons inconnues, la tasse de thé que Mana avait utilisée.

Partie 2

Le jour suivant. *Kiin Koon Kaan Kooon*, la sonnerie habituelle résonnait dans ses oreilles.

Les aiguilles de la montre affichaient 8h30, c’était l’heure de l’appel du matin. Les camarades de classe, qui bavardaient un peu partout, se bousculèrent les uns les autres pour revenir à leurs places.

« …Aare ? »

Au milieu de ce chaos, Shidou, qui était revenu à sa place à l’avance, pencha sa tête légèrement.

Même si la sonnerie avait déjà sonné, Kurumi n’était pas encore apparue dans la salle de classe.

Tohka semblait penser la même chose, elle regardait autour d’elle.

« Muu, cette Kurumi, elle est en retard le second jour de son transfert. »

En même temps que Tohka prononça ces mots…

« …Elle ne viendra pas. »

De la gauche de Shidou, une voix calme se fit entendre.

Origami ne tournait pas sa tête partout, elle dirigeait simplement ses yeux pour regarder Tohka alors qu’elle lui parlait.

« Nu ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« Ça veut dire ce que ça veut dire. Tokisaki Kurumi n’assistera plus au cours. »

« Eh ? Ça signifie… »

Alors que Shidou ouvrit sa bouche pour parler, la porte de la salle de classe s’ouvrit avec un bruit de *kacha*, Tama-chan-sensei entra dans la pièce avec entre ses mains le cahier d’appel. Après ça, le délégué de classe donna le signal pour le salut.

« A ce propos… »

Bien qu’il fût très intrigué par les propos d’Origami, il ne pouvait pas ignorer le signal. Shidou et la classe s’assirent après le salut.

« Ok, bonjour tout le monde, commençons à présent l’appel. »

Tout en disant cela, Tama-chan-sensei ouvrit le cahier et commença à lire les noms des étudiants.

« Tokisaki-san. »

Tama-chan lu le nom de Kurumi. Néanmoins, il n’y eut aucune réponse.

« Aare, Tokisaki-san n’est pas là ? Vraiment... si elle avait l’intention d’être absente, elle aurait pû nous appeler bien avant pour nous en informer. »

Tama-chan gonfla ses joues et tourna la page du cahier d’appel.

A cet instant.

« …Présente. »

A l’arrière de la salle de classe, une voix familière résonna.

« Kurumi ? »

En regardant derrière lui, les yeux de Shidou s’écarquillèrent. En effet, la porte arrière de la salle de classe avait été ouverte silencieusement, devant elle se tenait Kurumi avec un sourire chaleureux et sa main légèrement levée.

« Vraiment, Tokisaki-san, tu es en retard ! »

« Je suis sincèrement désolée. Je me suis sentie mal sur le chemin de l’école. »

« Eh ? Est, est-ce que tu vas bien ? Tu veux aller à l’infirmerie… ? »

« Non, je vais bien maintenant. Je vous ai inquiétée. »

Kurumi fit une révérence et marcha jusqu’à sa place à petits pas.

« Qu’est-ce que…N’est-elle pas là ? »

Tout en laissant échapper un soupir et en se retournant pour regarder Origami qui venait de formuler ces mots malheureux,…

« Eh… ? »

…Shidou, choqué, fronça des sourcils.

Origami sourcilla légèrement alors qu’elle fixa Kurumi.

Néanmoins, il n’y eu pas de changement évident dans son expression. Mais…Shidou connaissait très clairement la raison. A l’instant, Origami était invraisemblablement choquée.

« Ori…gami ? »

Shidou l’appela doucement par son nom.

Les doigts d’Origami tremblèrent légèrement, elle détourna rapidement son regard de Kurumi.

« …Très bien, ce sera tout en ce qui concerne les questions de communication. »

Peu de temps après, Tama-chan-sensei acheva l’appel et quitta la salle de classe.

A ce stade, pile à cet instant, le portable dans la poche de Shidou émit une sonnerie rafraichissante. Pourquoi à ce moment-là ? Il aurait été confisqué s’il avait sonné dix secondes plus tôt.

En regardant sur l’écran, le nom d’Itsuka Kotori s’affichait.

« Allo ? Kotori ? »

« …Nn. Shidou. »

« Qu’est-ce qu’il y a cette fois ? Ça aurait été désastreux si tu avais appelé dix secondes avant. »

« Aare ? ‘Tu aurais dû correctement le passer en mode silencieux’, n’est-ce pas ce que mon excellent frère m’avait dit la dernière fois ? »

« Guh… »

« Eh bien, oublie ça… A part ça, Shidou, une terrible chose est arrivée. Pour le dire délicatement, c’est la pire des situations. »

« Est-ce qu’il s’est passé quelque chose… ? »

« Nn… Ça me donne vraiment mal à la tête. Je n’imaginais franchement pas que de telles choses arrivaient dans la vraie vie. »

Face à une manière de parler si négative, la panique monta en lui. Shidou tenta de réduire le volume en utilisant sa main pour couvrir le portable alors qu’il poursuivit.

« Qu’est-ce qui s’est passé exactement ? »

« Nn, la vérité c’est… »

A cet instant, les épaules de Shidou furent tapotées. Kurumi pencha sa tête avec une expression perplexe.

« Qu’est-ce que tu fais ? Shidou-san ? »

« … ! Aa, aaah…Je suis au téléphone, est-ce que tu pourrais attendre un instant ? »

Alors que Shidou prononça ces mots, Kurumi afficha sa surprise avec des mouvements exagérés, elle s’inclina bien bas.

« Toutes mes excuses. Je suis sincèrement désolée de t’interrompre. »

« Aaah… Ça va. Ne t’inquiète pas. »

Venait de dire Shidou avec un sourire de détresse. Il se concentra à nouveau sur la conversation téléphonique.

« …Eh bien, Kotori ? Qu’est-ce qui s’est passé exactement… »

« Attends un moment, Shidou. A l’instant…avec qui étais-tu en train de parler ? »

« Eh, qui… ? »

Face au ton de voix soudainement si sérieux de Kotori, Shidou renvoya la question.

« Comme je l’ai dit, à l’instant, tu parlais avec quelqu’un près de toi. Du coup, je te demande qui est cette personne. Tohka ? Tobiichi Origami ? Ou étais-ce Tonomachi Hiroto ? »

C’était comme si Kotori était en train d’interroger un suspect, Shidou contrarié protesta.

« Qu, qu’est-ce qu’il y a avec toi ? Tu n’as pas besoin d’être si furieuse. Quelqu’un a essayé de me parler, c’est tout. »

« C’est bon, réponds-moi simplement. »

« C’est Kurumi. »

Suite à cela, Kotori resta sans voix.

« Kotori ? Quelque chose ne va pas ? »

Demanda Shidou plein de confusion.

Kotori parla avec quelqu’un à ses côtés pendant un moment avant de poursuivre.

« Shidou. Viens au laboratoire de physique pendant la pause déjeuner. J’ai quelque chose à te faire voir. »

« Le laboratoire de physique… ? Pourquoi cet… »

« Très bien, très bien, sois sûr d’y être. »

« Quo, qu’est-ce qui se passe bon sang… ?»

Alors que Shidou se trouvait en pleine confusion et qu’il grommelait, il parut insatisfait.

Partie 3

Dans l’après-midi, à 13h20. La cloche qui annonçait la fin de la quatrième période sonna.

Après que les étudiants se soient inclinés, avant que le professeur ne quitte la pièce, ils étaient déjà en plein préparatifs du déjeuner.

Bien sûr, Tohka n’était pas une exception. Sans parler, elle rapprochait les tables ensemble avec des yeux pétillants.

« Shidou ! C’est l’heure du déjeuner ! »

En formulant ces mots, elle sortit son bento de son sac à déjeuner. Sur ce…Shidou inclina sa tête.

D’habitude la table de gauche était accolée également, créant ainsi une jonction entre trois tables… Néanmoins, Origami n’avait pas encore déplacé sa table aujourd’hui.

Il regarda dans sa direction de manière déconcertée. Origami avait une expression pensive, elle fixait sa main depuis tout ce temps.

« … ? »

Même si ça l’inquiétait, prendre son déjeuner ou non, c’était un choix d’Origami. Shidou était en train de sortir son bento de son sac…lorsque son mouvement fut soudainement interrompu.

« Ah…C’est vrai. »

A ce propos, il avait affirmé qu’il irait au laboratoire de physique pendant la pause déjeuner. Même si l’heure n’était pas spécifiée…il s’agissait de Kotori. Il sentait bien que diverses punitions l’attendaient s’il arrivait trop en retard.

« Désolé, Tohka. Je dois m’absenter un moment. »

« Nu ? »

Tohka, qui avait déjà ouvert son bento, le regardait avec une expression d’égarement.

« Où est-ce que tu vas ? Je veux venir aussi ! »

« Ah… »

Shidou, préoccupé, se gratta le visage. Si Kotori voulait qu’il se rende au laboratoire de physique, cela devait avoir à faire avec <Ratatoskr>. Cela pouvait être quelque chose que Tohka ne devait pas savoir.

« Désolé, je ne peux pas t’amener aujourd’hui. Commence à manger. D’accord ? »

Shidou dit cela en joignant les paumes de ses mains et en marchant vers le couloir.

« Ah…Shidou… »

La voix désolée de Tohka se fit entendre derrière lui. Un fort sentiment de culpabilité grandit en lui. Shidou secoua légèrement sa tête et marcha vers le couloir.

Et c’est ainsi qu’il se déplaça à travers le campus, qu’il monta les escaliers et qu’il atteignit le laboratoire de physique après nombre de difficultés.

Shidou frappa à la porte, après quoi, alors qu’il attendait, la porte s’ouvrit avec un bruit de *kacha*.

« …Tu es en retard. »

Kotori, qui portait son uniforme d’écolière, afficha son mécontentement sur son visage, tout en faisant la moue avec ses lèvres.

« C’est impossible ! Je suis venu ici sans même manger mon déjeuner. »

« Oublie-ça, dépêche-toi et viens-là. Le temps est précieux. »

Alors qu’elle prononça ces mots, Kotori fit signe avec son menton et laissa entrer Shidou dans la pièce.

A ce moment-là, Shidou réalisa soudainement que, sur la poitrine de Kotori, l’habituel passe visiteur manquait. En y regardant de plus près, les chaussons qu’elle portait n’étaient pas ceux des visiteurs mais ceux du collège.

« Ne me dis pas que tu es entrée ici en douce aujourd’hui ? »

« C’est le cas. A l’instant-même, les collégiens ne seraient même pas accepter à l’intérieur du lycée, et encore moins après les cours ! »

« Aahh, c’est exact. »

Shidou hocha de la tête et approuva, puis il regarda le laboratoire de physique.

Dans la partie la plus éloignée du laboratoire, sur une chaise pivotante, sans surprise, une personne était déjà assise là…il s’agissait de Murasame Reine, l’Officier Analyste de <Ratatoskr> et professeur de physique du lycée Raizen.

« …Nn, tu es arrivé, Shin. »

Comme d’habitude, un surnom qui n’avait rien à voir avec son vrai nom (il était trop fainéant pour la corriger). Reine désigna le siège à côté d’elle, elle devait vouloir qu’il s’asseye là.

Après quoi, Kotori s’assit à côté de lui comme si elle cherchait à l’encercler…C’était la même disposition de places qu’il y a deux mois, lorsqu’il avait fini l’entraînement au galge. Cela fit remonter à la surface quelques souvenirs involontaires.

« …Bon alors, la chose que tu voulais me montrer ? »

Alors que Shidou finit de parler, Kotori lui montra l’écran sur la table.

Lorsque Reine déplaça la souris avec sa main, l’écran afficha une image.

Un enchaînement de belles filles aux cheveux de toutes les couleurs apparut sur celle-ci et, au-dessus, s’afficha le titre [Tombe amoureux•My•Little•Shidou2[4]~L’amour, est-ce effrayant ?~].

« Une suite… !? »

« Aah, c’était une erreur. Le voilà ! »

Le corps de Shidou trembla sous le choc, Reine agita une fois encore la souris. L’image s’assombrit.

« Att, attends un peu ! Qu’est-ce que c’était à l’instant ?! »

« Tu deviendras chauve si tu continues de te soucier des petits détails, Shidou. »

*Hafuu*, Kotori soupira comme si c’était-là chose pénible.

« C’est pas un détail mineur ! Est-ce que je vais avoir un nouvel entraînement au galge ?! C’est comme la fois où… »

A ce moment-là, Shidou se tût. L’écran, qui venait de s’obscurcir, afficha une autre image.

…Dans une ruelle étroite, pour une raison méconnue, Kurumi faisait face à une fille avec une queue de cheval.

« Nn ? C’est…Mana ? »

En effet, les filles à l’image étaient Mana et Kurumi.

« Ouais, c’est un enregistrement d’hier… Regarde l’environnement. »

« Quo… ? »

Shidou fronça des sourcils. Au coin de la zone résidentielle d’apparence ordinaire, on pouvait distinguer plusieurs humains portant des armures mécaniques.

« AS…T ? »

A moitié étourdit, il laissa échapper cette interrogation.

AST, Anti-Spirit Team, les super-humains qui revêtent des armures mécanisées en vue de détruire les Esprits, ces dangereuses créatures qui considèrent le monde et les humains comme leurs ennemis. Il ne pouvait se tromper après les avoir rencontrés deux ou trois fois par le passé.

Sur l’enregistrement, on pouvait distinguer le visage de Tobiichi Origami, la camarade de classe de Shidou.

Chaque membre de l’unité était équipé d’armes lourdes exagérées. Oui… de la même manière qu’à l’apparition d’un Esprit au cours d’une déchirure spatiale.

« Nn. Je ne sais pas pourquoi il y avait un contingent de l’AST dans la rue, hier. Un de nos membres d’équipage avait apporté une caméra et a filmé la scène… J’ai eu un choc après l’avoir regardée, tu sais ? »

« Po, Pourquoi l’AST ferait… »

« Il y a de fortes chances que ce soit à cause de la présence d’un Esprit. »

Kotori l’avait formulé comme si tout cela ne la concernait pas. Shidou engloutit bruyamment.

« Mais, maintenant, que tu le dis…il n’y a pas eu de déchirures spatiales, pas vrai ? Les citoyens des environs n’ont pas été évacués, si l’Esprit se déchaînait… »

« …Eh bien, ils devaient avoir la certitude qu’ils l’auraient tué avant qu’il ne se déchaîne. »

« … »

Au vue des mots de Reine, Shidou retint sa respiration.

Cependant…cette incompréhension le laissa perplexe.

En effet, pourquoi se tenait-elle là, cette forme d’existence, cette fille qui se prétendait être la sœur de Shidou, Takamiya Mana ?

« Mais, pourquoi Mana ? »

L’instant qui suivi la question de Shidou, le visage de Mana rayonna d’une lumière floue, suite à quoi une armure mécanique blanche apparut sur tout son corps.

« Quo… »

Elle avait une apparence légèrement différente de celles des autres membres de l’AST mais, sans aucun doute, c’était une combinaison mécanisée.

Comme si elle répondait à son adversaire, Kurumi étendit ses bras, en même temps que les ombres à ses pieds s’approchèrent silencieusement de son corps pour former une robe.

Des décorations apparurent dans ses cheveux, son torse s’enveloppa d’un bustier, elle s’habilla d’une robe qui avait des jabots et des dentelles. Tout cela était mis en valeur par une couleur noire, qui n’était pas sans rappeler celle du peuple de l’obscurité, ainsi que par du rouge vif comme le sang.

Ses cheveux étaient attachés en couettes de longueur inégales.

C’était tout simplement comme… les aiguilles des minutes et des heures d’une horloge.

« Tenue…astrale. »

Shidou avait dit ceci sur un ton stupéfait.

Tenue astrale. Le Personnal Territory possédé par les Esprits. Une membrane de pouvoir divin qui les protège.

Kurumi leva sa main droite au-dessus de sa tête.

Répondant à cette dernière, les ombres, une fois de plus, s’approchèrent de son corps et enveloppèrent sa main droite.

A cet instant, le corps de Kurumi fut projeté en l’air.

« Eh… ? »

Incapable de comprendre ce qui venait à l’instant de se dérouler à l’image, Shidou laissa échapper ce son stupide.

Néanmoins, l’instant d’après, Shidou comprit.

L’équipement sur les épaules de Mana avait émis une faible lueur et avait frappé l’estomac de Kurumi.

…Le corps de Kurumi trembla.

Mais, pourquoi ? La cause n’était pas de la peur ou de la terreur, c’était bien plus comme si elle avait ri sottement.

Elle se releva après quelques secondes.

Kurumi lança une attaque surprise, comme si elle essayait de contre-attaquer ; néanmoins, bien avant qu’elle ne touche, l’attaque de Mana lui transperça le corps.

A ce moment-là, dans la ruelle étroite, du sang frais éclaboussa.

Suite à quoi, l’épée de lumière de Mana découpa la tête de Kurumi qui était couchée au sol, le corps tourné vers le haut.

Elle n’avait pas même eut la possibilité d’attaquer Mana.

C’est ainsi que la vie de Kurumi lui fut arrachée.

« Guh… »

Il ne put s’empêcher de tourner sa tête, tout en se couvrant la bouche.

A cause du surréalisme de la scène, la vraisemblance de celle-ci lui arriva un peu après. Après que Mana ait achevé la dissection de Kurumi, Shidou se rendit compte de cette sensation de vomi au fond de sa gorge.

Ses dents émettaient des sons de *kachi kachi* et, même s’il ne faisait pas froid, son corps n’arrêtait pas de trembler.

Voir un humain mourir…même si à proprement parler, on ne pouvait pas dire que ce fût-là un humain, mais une forme d’existence avec une apparence proche de l’humain.

Même si c’était juste une image, voir cette scène… Personne ne pouvait reprocher à Shidou d’agir de la sorte.

…A l’écran, Mana se retourna comme si elle avait achevé sa mission. Après avoir dissipé la CR-Unit qu’elle portait, elle revint à sa tenue initiale.

Shidou sourcilla. Il sentait qu’il y avait quelque chose qui clochait.

Il n’y avait pas d’odeur, pas de sensation, simplement voir cette scène avait eu cet impact sur lui ; pourtant Mana, qui était coupable de cet incident, ne semblait pas du tout se soucier de ce qu’elle venait de faire.

C’est une bonne chose de se sentir coupable.

C’est normal d’être frustré.

C’est logique de désespérer.

Malgré tout, elle ne semblait pas même ressentir une parcelle d’accomplissement.

Un devoir brutal, pour dire cela en quelques mots… En effet, elle avait été habituée à tout ça.

A force de répéter une telle mission, un nombre incalculable de fois, comme à l’instant, Mana ne ressentait plus rien.

« C’est… »

La voix de Shidou se fit entendre, après avoir ravalé ce sentiment dégoutant.

« …Comme tu l’as vu, hier, Tokisaki Kurumi a été tuée par Takamiya Mana de l’AST. Ce n’était pas suite à des blessures graves, ni même de la noyade, c’était un acte totalement, parfaitement, sans aucune hésitation. Son existence a été annihilée. »

« Mais, c’est… »

Néanmoins, Shidou ne parvint pas à continuer.

Parce qu’à l’instant, il l’avait vu de ses propres yeux, Kurumi être impitoyablement tuée…

Les épaules de Shidou tremblèrent, en cet instant précis.

A cause du choc de la vidéo, il avait presque oublié qu’il y avait clairement une contradiction.

« Mais, Kurumi est venue à l’école aujourd’hui, comme d’habitude… »

Alors que Shidou parla, Reine et Kotori croisèrent leurs bras en même temps.

« …En effet. Nous sommes également sans indices. »

« Après que Shidou ait mentionné Kurumi, je pensais encore qu’une illusion était apparue. »

Kotori haussa les épaules, comme si elle venait de faire une blague.

Néanmoins, Shidou ne répondit pas à ces réactions. Pensant profondément, il finit par dire :

« Après tout ça…elle aurait ressuscité ? »

Shidou jeta un œil à l’écran ; sur cette séquence, les membres de l’AST s’occupaient du corps de Kurumi et des flaques de sang.

En voyant le visage d’Origami sur la vidéo, il comprit finalement sa réaction de ce matin.

Etre choqué était tout naturel. La fille, qui avait été tuée sous ses yeux hier, était calmement réapparue aujourd’hui.

« Que faisons-nous, huh …? Pour le moment, il n’y a rien que nous puissions te dire. »

« Vraiment… ? »

Les images précédentes refaisaient toujours surface dans son esprit, mais son souffle et son rythme cardiaque étaient plus ou moins revenus à la normale. Shidou avait posé ses poings serrés sur ses genoux, tout en prononçant ces mots.

En même temps, Kotori ajusta sa position.

« … Mais nous devons quand même faire quelque chose… »

Tout en disant cela, elle laissa tomber ses bras et utilisa l’index de sa main droite pour désigner Shidou.

« Puisque Kurumi est toujours en vie, nous devons continuer le combat. Si je me souviens bien, dans ton école, c’est l’inauguration d’anniversaire aujourd’hui, n’est-ce pas ? C’est aujourd’hui que tu lui demanderas un rendez-vous. Si tu travailles dur et que tu as suffisamment de chance, tu scelleras peut-être ses pouvoirs du premier coup. »

« …Ha ? »

Shidou tira de sa gorge cette exclamation, tout en ayant des yeux ronds comme des points.

« N, non, une telle chose a déjà eu lieu… »

« Tais-toi. »

Les protestations de Shidou furent interrompues en plein milieu par Kotori.

« C’est précisément parce qu’une telle chose a eu lieu, tu comprends ? C’est comme je te l’ai déjà dit, le pouvoir de Kurumi est toujours inconnu. C’est possible qu’il demande certaines circonstances pour se réveiller ou alors il est limité à cette utilisation miraculeuse… Il est fort possible que la prochaine fois qu’elle meurt, ce soit pour de bon. »

« Uu… »

C’était vrai, Kurumi s’en était tirée cette fois (même si c’est bizarre de le dire de cette façon), mais elle pourrait ne pas pouvoir ressusciter la prochaine fois.

« Comme je l’ai dit, nous ne pourrons pas le faire si nous n’agissons pas vite. Le fait que Kurumi soit toujours en vie a été constaté par Tobiichi Origami. Très certainement, la nouvelle a été relayée à l’AST… Bien sûr, cela comprend Takamiya Mana. »

« …Ss. »

En entendant ce nom, Shidou afficha une expression affligée.

Il se rappela la scène de tout à l’heure. Même s’ils ne s’étaient rencontrés qu’hier, il était impensable que cette fille, qui s’était elle-même présentée comme sa sœur, emploie, sans aucune émotion, ces méthodes expérimentées pour assassiner Kurumi…

« …Entendu. Je vais essayer. »

Avant que Kurumi ne soit tuée à nouveau.

Avant que Mana ne l’assassine à nouveau.

« …Séduisons Kurumi ! »

Bien qu’il éprouvât une profonde détermination, il sentait également du dégoût pour diverses raisons.

Partie 4

Après confirmer du coin de l’œil que Shidou avait quitté la salle de classe, Origami se leva lentement.

Le fait que Shidou ne mangeât pas, laissant Yatogami Tohka seule, était, en effet, une source de préoccupation…Néanmoins, laissant ça de côté, il y avait quelque chose qu’elle devait faire à l’instant-même.

Passant à côté de Tohka, qui baissa les épaules d’un air découragé, elle marcha en direction du siège de la cible.

« …J’ai quelque chose à te dire. »

Puis, lançant un regard froid, elle s’adressa au propriétaire de la place.

« Vous êtes…Origami-san, n’est-ce pas ? Que me voulez-vous ? »

« Viens. »

Origami répondit de manière courte et quitta tout simplement la salle de classe.

Kurumi utilisa son doigt pour soutenir son menton et hésita quelques secondes, mais, lorsqu’Origami marcha dans le couloir, elle se dépêcha de se lever avec un air paniqué.

« S’il, s’il-vous-plaît, attendez. Qu’est-ce que c’est ? »

« … »

Origami jeta un œil derrière elle.

Elle aperçut le visage de la fille essayant de faire de son mieux pour la suivre, bougeant ses membres sveltes qui semblaient capables de se briser au moindre coup. Elle était vraiment la fille mignonne que tout le monde voudrait la cajoler et protéger.

Néanmoins, maintenant qu’Origami connaissait sa vraie identité, elle ressentait à son égard seulement du mécontentement.

C’est pourquoi Origami ne ralentit pas, elle se hâta vers la porte du toit.

Auparavant, elle avait déjà amené Shidou à cet endroit. Généralement non fréquenté par les élèves, c’était le lieu idéal où parler sans aucune intervention.

« Haa…Haaa… »

Peut-être parce qu’elle avait couru les escaliers un à un, les épaules de Kurumi se levèrent alors que ses mains s’appuyaient sur la rampe.

Dix secondes plus tard, lorsque sa respiration revint à la normale, Kurumi dit :

« A ce propos… de quoi est-il question ? Je n’ai pas encore mangé… »

Origami fit face à Kurumi, son expression ne changea pas alors qu’elle répondit :

« Toi, pourquoi es-tu encore en vie ? »

« Eh… ? »

« …Tu aurais dû mourir hier. »

En effet, hier, Origami l’avait vraiment vue mourir.

Kurumi, dont les quatre membres avaient été amputés et dont la tête avait été explosée par Mana, avait été résolument tuée.

Bien qu’elle connaisse la force de Mana, Ryoko avait tout de même réuni Origami et les autres membres de l’AST pour encercler l’Esprit, au cas où Mana ne fût pas capable de la capturer.

« … »

Les sourcils de Kurumi se levèrent.

Quelques secondes après, tout en déplaçant son œil droit qui n’était pas masqué, elle observa le visage d’Origami.

« …Aah, aah, vous…C’est vous ! Vous étiez sans aucun doute là hier avec Mana-san. »

« … ! »

A l’instant où Kurumi eut fini sa phrase, Origami recula de sa place initiale.

Il n’y avait aucun raison derrière son action. C’était simplement son cerveau qui sentait que quelque chose n’allait pas et l’avertissait de s’enfuir.

« En bien ! Eh bien ! Cette réaction n’était pas mal du tout ! Splendide ! Vraiment splendide ! Néanmoins… »

« …Ss !! »

Origami retint son souffle. Avant qu’elle n’ait pu s’enfuir, quelque chose agrippa sa cheville.

En observant de plus près, l’ombre de Kurumi s’était allongée sans qu’Origami s’en rende compte… De cette dernière, deux mains blanches s’en étaient extraites.

De plus, l’ombre continuait lentement de grandir en surface, allant jusqu’à grimper sur les murs.

Et là, d’innombrables mains s’extirpèrent et immobilisèrent fermement, par derrière, les bras et la tête d’Origami.

« Ku… »

Même si elle se débattait, ces minces doigts ne la laissaient pas s’échapper. Au contraire, leur force augmenta jusqu’à pousser Origami contre le mur.

« Kihihi, hihi, c’est inutile ! Même si vous vous débattez, c’est inutile. »

Kurumi riait.

Elle eut un sourire tortueux sur le visage, qu’on ne pouvait imaginer quelques minutes auparavant, et elle laissa échapper un rire qui aurait provoqué un profond frisson chez tous ceux qui l’eussent entendu.

« J’étais à votre merci, hier. Est-ce que vous vous en êtes bien occupés ? De mon corps… »

Kurumi s’approcha d’Origami, tout en lui caressant les cheveux. Soudainement, l’œil gauche caché derrière sa frange fut révélé. Il était de couleur or pur. La pupille ne semblait pas être celle d’un organe normal, les motifs de douze chiffres et de deux aiguilles y étaient imprimés. En effet…C’était tout simplement comme une horloge.

« Vous vouliez en savoir plus sur moi, et vous vouliez entrer en contact seule avec moi, ne pensez-vous pas avoir été imprudente ? Et vous avez même pris la peine de choisir un endroit où les gens ne viennent que rarement. »

« … »

C’était exactement comme Kurumi venait de dire. Au final, avait-elle été trompée par la vitesse à laquelle tout cela s’était fini hier ? Ou alors, s’était-elle trompée d’être allé la voir à l’école aujourd’hui ? Quoi qu’il en soit, Origami avait mal calculé son coup, parler à un Esprit avec de tels propos, elle avait été trop imprudente.

« Toi…quelles sont tes…motivations ? »

Même si sa gorge avait été saisie, elle fut toujours capable d’émettre ces sons. Sur ces mots, le coin des lèvres de Kurumi se leva.

« Ufufu, je voulais aller à l’école, je suppose, je ne mens pas lorsque je dis ça, n’est-ce pas ? Mais, malgré tout, la plus forte raison reste toujours… »

Après avoir marqué une pause pendant un moment, Kurumi approcha son visage plus près d’Origami, à une distance telle où elle put sentir son souffle.

« …Shidou-san, n’est-ce pas ? »

« … !! »

En entendant le nom de Shidou, Origami ne put que rester silencieuse.

Face à cette réaction, Kurumi sembla extrêmement satisfaite, son sourire devint bien plus large.

« Il est parfait, tu sais ? Il est le meilleur. Il semble…vraiment…très…délicieux…n’est-ce pas ? Aah, Aah, je suis impatiente. Je ne peux pas attendre plus longtemps. Je le veux. Je veux son pouvoir. Pour l’avoir, pour ne faire qu’un avec lui, je suis venue dans cette école. »

…Un frisson. Origami sentit son dos baigné de sueurs froides. Elle n’avait pas du tout réalisé qu’un Esprit pouvait cibler un simple individu…et encore moins que celui-ci pouvait être Shidou, c’était totalement hors de ses calculs.

Néanmoins, une question vint à l’esprit d’Origami à ce moment-là.

Dans la phrase que Kurumi avait prononcée à l’instant, quel était exactement « son pouvoir » ?

« … »

Le cours de ces pensées fut interrompu par Kurumi.

La main de cette dernière commença à se déplacer sur le corps d’Origami.

« Origami-san. Tobiichi, Origami-san. Tu es également… très bien, tu sais? Si délicieuse, tu as l’air si délicieuse. Aah, je ne peux pas le supporter. Je ne peux pas le croire. Je veux te dévorer maintenant-même. »

Ses joues rougeoyaient, son souffle était lourd, sa main gauche se déplaçait sur la poitrine d’Origami alors que sa main droite jouait avec sa jupe.

Tout en disant cela, elle tira sa langue et laissa une trainée de salive sur le visage de cette dernière.

« Ku… »

« Aah, aah, mais je ne peux pas. Je ne dois pas. Même si c’est un gâchis, je dois garder ce plaisir jusqu’à la dernière partie. »

Kurumi secoua exagérément sa tête, déposa un baiser sur le cou d’Origami, puis s’éloigna d’elle.

« Toi, je te garde pour après Shidou-san… Puisses-tu devenir encore plus délicieuse. »

Sur ces mots, Kurumi se retourna et descendit les escaliers.

Une fois sa silhouette disparue, les bras, qui lui étaient reliés, retournèrent à nouveau dans les ombres.

« …Cough, guh. »

Origami s’accroupit au sol et commença à tousser.

L’ombre qui avait englobé toute la cage d’escalier, commença à se réduire en direction du couloir, comme si elle s’en retournait à son maître.

« Shi…dou… »

Même si elle ignorait pourquoi Kurumi ciblait Shidou, cela aurait été une mauvaise chose de ne pas informer le quartier général de tout cela. Non, peu importe la manière de considérer tout ça, ils n’auraient jamais cru qu’un Esprit puisse prendre pour cible un civil.

… Si Origami était incapable de protéger Shidou, cette fois…

Origami grinça des dents, tout en fermant bien fort son poing.

Partie 5

Partie 6

Notes de traduction

  1. Rôle de second dans les duos comiques des comédies japonaises. Il est normalement le plus intelligent et le plus sage du duo. Pour plus d’informations : http://en.wikipedia.org/wiki/Glossary_of_owarai_terms#owarai.
  2. " 遠い親戚より近くの他人". Littéralement, cette expression voudrait dire: “Un étranger proche est préférable à un parent éloigné”.
  3. " 三つ子の魂百まで". C’est une expression qui est formulée lorsqu’un enfant atteint l’âge de 3 ans pour signifier que ses aptitudes détermineront ce qu’il deviendra dans le futur.
  4. En anglais dans le texte original